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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

VIVRE SANS FAIRE DU MAL EST POSSIBLE (Religion et autres)


Publié le 19/10/2014 à 20:05:44
VATICAN/ EGLISE CATHOLIQUE/ SYNODE SUR LA FAMILLE : vers quelles réformes ?





1 – « Ce dimanche 19 octobre s'achève le synode sur la famille voulu par le pape François. Premier exercice du genre de ce pontificat, le synode a réuni pendant deux semaines près de 200 évêques à huis clos. Objectif : débattre et échanger sur différents thèmes liés à la famille pour essayer de se rapprocher des fidèles. Car le pape actuel l'a bien compris, aujourd'hui, comme cela peut d'ailleurs être le cas dans d'autres religions, il existe un réel fossé entre la manière dont l'Eglise conçoit la famille et la manière dont les fidèles la vivent, en particulier en Occident. Divorces, familles recomposées, concubinages, couples homosexuels, autant de cas de figure qui ne correspondent pas au dogme de l'église catholique. Or, pour François, comme il l'a déclaré à l'ouverture du synode, il est nécessaire d'"entendre le cri du peuple" et de "s'imprégner de l'odeur des réalités". »

  

 


2 – « Synode sur la famille/ pas d'accord au Vatican sur les divorcés et les homosexuels : Le synode sur la famille, convoqué par le pape François depuis presque deux semaines, a rendu samedi son rapport final, intitulé «relatio synodi». Loin de la première synthèse des débats publiée lundi, qui prônait la «miséricorde», le texte prend en compte les réticences des évêques les plus conservateurs et n'intègre finalement aucun accord sur les cas des divorcés et des homosexuels. »

 

 

 

3 – « Le Synode des évêques sur les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation est la IIIe assemblée générale extraordinaire du synode des évêques, qui se déroule au Vatican du 5 au 19 octobre 20141, date de la béatification de Paul VI2. La tenue du synode est annoncée par le pape François début octobre 2013, après la première réunion du conseil des cardinaux.

Le 13 octobre, un document de travail est publié, qui propose un assouplissement de la position de l’Église envers les divorcés-remariés et les homosexuels, en reprenant notamment des propositions du cardinal réformateur allemand Walter Kasper, proche du pape François. Cette évolution de la doctrine est dénoncée par une partie des participants au synode, dont le cardinal conservateur américain Raymond Leo Burke, un des principaux représentants de l'opposition conservatrice au pape François9.

Le 18 octobre, est publié le rapport final, moins audacieux que le texte intermédiaire. Il est amputé de trois paragraphes sur soixante-deux, chaque paragraphe devant recevoir la majorité des deux tiers pour être adopté. Un des paragraphes rejeté porte sur l'homosexualité, et les deux autres sur les divorcés-remariés, sujets qui ont fortement divisé les prélats durant toute la durée du synode. Ces paragraphes obtiennent tous, néanmoins, la majorité simple : le paragraphe sur l'homosexualité est rejeté à 118 voix pour (64 %), 62 contre et 3 abstentions, et les deux autres paragraphes respectivement à 112 (61 %) et 104 (57 %) voix pour. Le pape François précise, à l'issue du synode, que ce document, incluant les trois paragraphes rejetés qui n'ont pas été retirés du texte final12, reste un « document de travail », qui servira de point de départ pour la seconde étape du synode, en octobre 201513,14,15. Le synode est clôt par la béatification de Paul VI, en présence des 253 pères synodaux et du pape émérite Benoît XVI. »

 

 

 

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1 - Synode des évêques sur la famille

 

Le Synode des évêques sur les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation est la IIIe assemblée générale extraordinaire du synode des évêques, qui se déroule au Vatican du 5 au 19 octobre 20141, date de la béatification de Paul VI2.

 

Préparation

La tenue du synode est annoncée par le pape François début octobre 2013, après la première réunion du conseil des cardinaux. Le même sujet de la famille est également à l'ordre du jour du consistoire réuni en février 2014 et du synode ordinaire des évêques de 2015. Un document préparatoire est réalisé par le Vatican, ainsi qu'un questionnaire envoyé à toutes les conférences épiscopales3.

Les consultations des fidèles par les évêques ont lieu fin 2013, et un résumé des réponses est envoyé au Saint-Siège par chaque conférence épiscopale au début de 2014, avant le consistoire des 20 et 21 février. Les premières réponses, rendues publiques par les conférences épiscopales suisse, allemande et autrichienne, montrent un décalage net entre l'enseignement du magistère et les réalités vécues par les fidèles4,5,6,7.

En particulier, il apparaît chez les fidèles d'Europe un décalage entre « l'enseignement de l’Église et les choix des couples », décalage qui apparaît « tout particulièrement à propos de la contraception et des demandes que les divorcés-remariés adressent à l’Église à propos des sacrements de l'Eucharistie et de la réconciliation8 ».

 

 

Liste des participants (Article détaillé : Liste des participants du Synode des évêques sur la famille.)

Le pape François a nommé trois cardinaux pour présider tour à tour les différents travaux. Ils sont aidés dans leur tâche par un rapporteur général assisté par un secrétaire spécial et un secrétaire général.

Dans la liste des participants, on trouve les primats des églises orientales catholiques (13 personnes), les présidents des conférences épiscopales (114 personnes), les membres de la Curie (25 personnes) et les participants nommés par le pape (26 personnes), 3 représentants des instituts religieux de clercs, ainsi que de nombreux experts.


 

Conclusions

Le 13 octobre, un document de travail est publié, qui propose un assouplissement de la position de l’Église envers les divorcés-remariés et les homosexuels, en reprenant notamment des propositions du cardinal réformateur allemand Walter Kasper, proche du pape François. Cette évolution de la doctrine est dénoncée par une partie des participants au synode, dont le cardinal conservateur américain Raymond Leo Burke, un des principaux représentants de l'opposition conservatrice au pape François9. Le texte reconnaissait des « qualités » et des « aspects positifs » aux unions et couples habituellement non reconnus par l’Église : personnes mariées civilement, en concubinage, divorcées-remariées, ou bien encore homosexuelles10,11.

 

Le 18 octobre, est publié le rapport final, moins audacieux que le texte intermédiaire. Il est amputé de trois paragraphes sur soixante-deux, chaque paragraphe devant recevoir la majorité des deux tiers pour être adopté. Un des paragraphes rejeté porte sur l'homosexualité, et les deux autres sur les divorcés-remariés, sujets qui ont fortement divisé les prélats durant toute la durée du synode. Ces paragraphes obtiennent tous, néanmoins, la majorité simple : le paragraphe sur l'homosexualité est rejeté à 118 voix pour (64 %), 62 contre et 3 abstentions, et les deux autres paragraphes respectivement à 112 (61 %) et 104 (57 %) voix pour. Le pape François précise, à l'issue du synode, que ce document, incluant les trois paragraphes rejetés qui n'ont pas été retirés du texte final12, reste un « document de travail », qui servira de point de départ pour la seconde étape du synode, en octobre 201513,14,15.

Le synode est clôt par la béatification de Paul VI, en présence des 253 pères synodaux et du pape émérite Benoît XVI.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Synode_des_%C3%A9v%C3%AAques_sur_la_famille

 


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2 - Synode sur la famille : divorce, place des femmes, homosexualité... les fossés entre l'Eglise et la société

 

RELIGION - Il a été présenté comme un moment "historique" pour l'Eglise. Ce dimanche 19 octobre s'achève le synode sur la famille voulu par le pape François. Premier exercice du genre de ce pontificat, le synode a réuni pendant deux semaines près de 200 évêques à huis clos. Objectif : débattre et échanger sur différents thèmes liés à la famille pour essayer de se rapprocher des fidèles.

Car le pape actuel l'a bien compris, aujourd'hui, comme cela peut d'ailleurs être le cas dans d'autres religions, il existe un réel fossé entre la manière dont l'Eglise conçoit la famille et la manière dont les fidèles la vivent, en particulier en Occident. Divorces, familles recomposées, concubinages, couples homosexuels, autant de cas de figure qui ne correspondent pas au dogme de l'église catholique. Or, pour François, comme il l'a déclaré à l'ouverture du synode, il est nécessaire d'"entendre le cri du peuple" et de "s'imprégner de l'odeur des réalités".

 

Cette orientation voulue par le Pape, qui va plutôt dans le sens d'un assouplissement, est loin de faire l'unanimité au sein des prélats. Si certains estiment qu'un rapprochement avec la base est nécessaire car "il y va de la crédibilité de l'Eglise qui risquerait de perdre le contact avec les fidèles", d'autres pensent que "tout l'édifice risque de s'écrouler".

 

Cette divergence de points de vue s'est notamment fait sentir après la publication d'une synthèse d'une dizaine de pages à l'issue de la première semaine du synode. Esquissant de possibles inflexions notamment au sujet des divorcés remariés, le texte provisoire -dont la presse a souligné le "ton nouveau"- n'a pas fait l'unanimité auprès des évêques qui se sont d'ailleurs attelés à sa modification tout au long de la seconde semaine. Certains ont ainsi regretté "la quasi-absence dans le texte du mot "péché" et rappelé "combien le Christ a fortement condamné le danger de céder à la mentalité du monde".

A l'occasion de la fin du synode, Le HuffPost élargit le champ et revient sur ces sujets de fracture entre l'Eglise et la société car ce fossé ne concerne pas que la famille.

 

 


La place des femmes

C'est une des rares occupations auxquelles les femmes ne peuvent toujours pas prétendre : exercer un ministère sacré. Alors que la société civile s'escrime, depuis plusieurs décennies, à améliorer la condition féminine, l'Eglise, elle, n'a pas encore entamé de réforme à ce sujet. En France, pourtant, les catholiques ne seraient pas contre. Dans un sondage publié par La Croix en 2009, 79% des catholiques et 67% des catholiques pratiquants étaient favorables aux femmes prêtres.

Ce mouvement en faveur des femmes, le pape François n'y est pas hostile. En avril 2013, le pape a rappelé le rôle "primordial, fondamental" des femmes en tant que "premiers témoins de la Résurrection". Quelques jours plus tard, le cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga à la tête d'un comité de réforme du Vatican avait affirmé qu'il soutiendrait la nomination de femmes au sein de la curie. Une intention soutenue par le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican: "C'est une étape naturelle. On s'oriente vers davantage de femmes nommées à des rôles clés pour lesquels elles sont qualifiées". Toutefois, depuis ces déclarations, aucune action concrète n'a été enclenchée.

Par ailleurs, le texte provisoire du synode n'aborde la condition féminine qu'au détour d'une phrase et limite la question à la sphère de la famille. "La condition de la femme a encore besoin d’être défendue et promue parce que de nombreuses situations de violence s'enregistrent à l'intérieur des familles", souligne le texte.

 

 

Le remariage des divorcés

C'est sans doute la question qui a suscité le plus de débat pendant le synode: faut-il permettre aux divorcés remariés l'accès à la communion ? Selon Romilda Ferrauto, journaliste de Radio Vatican chargée de rapporter les débats à la presse en respectant l'anonymat des intervenants, le sujet a donné lieu a des échanges "intenses et passionnés" entre les partisans d'une ouverture et ceux souhaitant garder les choses telles quelles sont.

 

D'après la journaliste, une grande majorité située entre ces deux groupes ne s'est pas prononcée sur la question mais a plaidé pour la recherche de solutions pratiques: groupes d'accompagnement, pastorale familiale, préparation au mariage, assouplissement des règles d'annulation devant les tribunaux ecclésiastiques, etc. Romilda Ferrauto a cependant fait remarquer que l'assemblée défendait dans son ensemble l'indissolubilité du mariage religieux et que personne ne plaidait pour un accès de tous les divorcés remariés à la communion.

 

 

Le mariage civil et le concubinage

Le texte provisoire du synode insiste d'abord sur le fait qu'il faut améliorer l'image du mariage catholique. Il ne doit plus être vu "comme une tradition culturelle ou une exigence sociale" mais doit devenir une "décision vocationnelle assumée". Les pères synodaux ont également évoqué la question du mariage civil et du concubinage. Loin d'être assimilées à une "vie dans le péché" dans la synthèse provisoire, ces deux situations ont été réévaluées.

 

"Une nouvelle sensibilité" de l'Eglise cherche à "comprendre la réalité positive des mariages civils, et, compte tenu des différences, des concubinages", peut-on lire dans le texte. Relevant que, pour beaucoup, "se marier est un luxe", et que des unions de fait se nouent souvent dans "l'attente d'une sécurité existentielle", le synode relève dans nombre de celles-ci "des valeurs familiales authentiques".

 

 

L'homosexualité

Certes, l'homosexualité est loin d'être admise dans toutes les sociétés mais petit à petite l'idée que deux personnes du même sexe puissent vivre ensemble, se marier et avoir des enfants fait son chemin. Alors que l'homosexualité est souvent assimilée par les conservateurs de l'Eglise à un "comportement intrinsèquement désordonné", l'orientation du synode sur ce thème était particulièrement attendu. Là encore, comme pour les divorcés remariés, la presse a souligné le changement de ton sur ce thème dans le compte-rendu provisoire.

 

"Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne", peut-on y lire. Toutefois, l'Eglise s'interroge: "Sommes-nous en mesure d’accueillir ces personnes en leur garantissant un espace de fraternité dans nos communautés? Souvent elles souhaitent rencontrer une Église qui soit une maison accueillante. Nos communautés peuvent-elles l’être en acceptant et en évaluant leur orientation sexuelle, sans compromettre la doctrine catholique sur la famille et le mariage?"

 

"La question homosexuelle nous appelle à une réflexion sérieuse sur comment élaborer des chemins réalistes de croissance affective et de maturité humaine et évangélique en intégrant la dimension sexuelle: elle se présente donc comme un défi éducatif important", souligne encore le compte-rendu qui ajoute: "Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte qu’il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires".

 

Si le texte dit bien que le terme mariage est réservé à l'union d'un homme et d'une femme, le simple fait de s'interroger sur l'accueil des homosexuels dans l'Eglise peut être considéré comme une avancée. Un esprit d'ouverture que certains cardinaux ont souhaité atténuer dès la publication du texte. "Une compréhension prudente des homosexuels" ne doit en aucun cas donner "l'impression d'admettre leur orientation sexuelle" ont précisé certains.

 

 

La contraception

La contraception n'a pas fait partie des thèmes largement évoqués pendant le synode. Si l'expression "mentalité contraceptive" n'est pas utilisée dans le texte, la synthèse fait tout de même référence à "la diffusion d’une mentalité qui réduit l’engendrement de la vie à une variable des projets individuels ou de couple".

"Sans doute faut-il, dans ce domaine aussi, un langage réaliste, qui se base sur l’écoute des personnes et qui sache expliquer que la beauté et la vérité d’une ouverture sans réserve à la vie est ce dont l’amour humain a besoin pour être vécu en plénitude", considère l'Eglise. C'est en partant de ce principe que le synode préconise "un enseignement sur les méthodes naturelles, permettant aux époux de vivre leur communication de manière harmonieuse et consciente, dans toutes ses dimensions, avec la responsabilité d’engendrer".

Des "méthodes naturelles" dont le texte ne dit rien de plus. La question de la contraception a donc été "éludée" estime Le Monde qui s'interroge dans son édition du 15 octobre: "Peut-être la béatification dimanche du pape Paul VI, auteur de l'encyclique Humanae vitae qui avait rejeté l'usage de la pilule en 1968, n'y est-elle pas étrangère?".

 

 

Le mariage des prêtres

L'Eglise peut-elle être proche de ses fidèles si le modèle qu'elle propose ne leur ressemble pas? La question se pose notamment à propos du mariage des prêtres qui est toujours interdit aujourd'hui. Un schéma que les Français, y compris les pratiquants, aimeraient voir changer. Le sondage de La Croix mentionné plus haut indiquait également que 83% des catholiques et 73% des catholiques pratiquants étaient favorables au mariage des prêtres.

 

Le texte provisoire du synode n'aborde pas du tout ce cas de figure. En revanche, Romilda Ferrauto, la journaliste qui a eu accès aux débats, a rapporté les propos d'un religieux à ce sujet. "Un évêque a estimé que les prêtres mariés (comme par exemple ceux des églises orientales) étaient mieux placés pour comprendre le problème des familles: ils connaissent le prix d'une baguette ou d'un kilo de sucre, la difficulté d'élever des enfants soumis à des pressions contraires", a-t-elle indiqué, preuve que certains religieux n'oublient pas cette question. De là à ce que l'Eglise entame une réforme, il faudra sans doute attendre un moment.

 

Le HuffPost avec AFP / Publication : 18/10/2014 / Mis à jour : 18/10/2014

 

http://www.huffingtonpost.fr/2014/10/18/synode-sur-la-famille-mariage-divorces-femmes-homosexualite_n_5995936.html

 

 

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3 - Vatican : non, la montagne synodale n'a pas accouché d'une souris pastorale !

 

 

Le synode n'a pas trouvé d'accord sur la communion pour les divorcés remariés ni sur la place des homosexuels dans l'Église. Mais le chantier ouvert par le pape François va de l'avant.

 

C'est une église divisée sur les questions de la communion aux divorcés remariés et sur la place des homosexuels qui émerge du synode sur la famille. Les pères synodaux ont décidé... de ne pas décider. Les trois articles de la relation conclusive qui portaient sur ces thèmes n'ont pas obtenu la majorité des deux tiers nécessaire pour être adoptés. Il s'agissait pourtant de résolutions timides au regard des espoirs suscités chez les divorcés remariés et les homosexuels par la "relation intermédiaire" publiée lundi dernier. Sur la communion aux divorcés remariés, le texte évoquait "la possibilité que des divorcés accèdent aux sacrements de la pénitence et à l'eucharistie", mais il relevait que "divers pères synodaux ont insisté en faveur de la discipline actuelle". Et si la relation finale stipulait que "les homosexuels doivent être accueillis avec respect et délicatesse", elle ne manquait de réaffirmer qu'il n'y a "aucune analogie entre le mariage hétérosexuel et les unions entre personnes du même sexe".

 

Ce serait pourtant une erreur de croire que la montagne synodale a accouché d'une souris pastorale. Le synode qui vient de se dérouler ouvre une nouvelle page pour l'Église catholique. Tout d'abord parce que les thèmes abordés étaient jusqu'en février dernier - date de la convocation du synode par le pape François - des tabous pour l'Église. Jean-Paul II et Benoit XVI avaient opposé un "non possumus" (nous ne pouvons pas) qui semblait définitif aux requêtes des divorcés remariés et des homosexuels. Or, même si elle n'a pas obtenu les deux tiers des voix, la résolution sur les homosexuels a recueilli 118 suffrages sur 191. Ceci illustre à quel point les lignes ont bougé depuis l'accession de Jorge Bergoglio au trône de Pierre.

 


Une Église "vivante et sincère"

Mais également parce que le pape François a fait entrer la "glasnost" au Vatican. Contrairement à la tradition séculaire, l'évêque de Rome a tout fait pour que le débat se déroule au grand jour. Alors que la relation définitive ne devait être connue que dans quelques jours et sans le détail des scrutins, c'est lui qui a exigé samedi après-midi que l'intégralité des travaux soit immédiatement divulguée à la presse. Orchestrées en haut lieu, des fuites ont même révélé que les conservateurs avaient tenté de rallier à leur cause le pape émérite Benoît XVI... et reçu une fin de non-recevoir.

Il en ressort l'image d'une Église divisée entre une majorité favorable aux changements et une minorité contraire, comme dans un parti politique divisé en courants. La majorité des conservateurs provient des rangs de la curie romaine, très critique envers l'autoritarisme du pape François, mais également des Églises africaines et nord-américaines alors que l'Europe est plus progressiste. Une Église divisée mais "vivante et sincère", comme l'avait appelé de ses voeux pape François.

 

Les regards se portent désormais sur l'évêque de Rome, qui tirera les sommes du chantier de la morale sexuelle de l'Église à la fin du prochain synode d'octobre 2015. Durant son discours de clôture, salué par une "standing ovation" de 5 minutes des 191 pères synodaux, il a semblé renvoyer les deux camps dos à dos. Il a condamné la tentation "de descendre de la croix pour satisfaire l'esprit mondain et l'air du temps", mais également dénoncé "la rigidité hostile de ceux qui veulent s'enfermer dans les écritures." Sans doute l'ébauche de la synthèse qu'il devra trouver.

Le pape François sera durant les prochains mois davantage à l'écoute de ses évêques qu'à celle de l'opinion publique. Mais un message s'est imposé : miséricorde et accueil seront les maîtres mots de son pontificat.

 

Le Point/ Publié le 19/10/2014

 

 

http://www.lepoint.fr/monde/vatican-non-la-montagne-synodale-n-a-pas-accouche-d-une-souris-pastorale-19-10-2014-1873871_24.php

 


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4 - Synode sur la famille : les propositions du pape François déclenchent une tempête

 

La confusion règne au Vatican. Un jour après sa publication, le rapport intermédiaire du synode sur la famille a mis le feu aux poudres. Sont particulièrement incriminés les passages sur l'homosexualité mais aussi sur l'admission, dans certains cas, de divorcés remariés à la communion eucharistique. Ils sèment le trouble au sein des pères du synode qui travaillent cette semaine, non plus en assemblée plénière mais en groupes linguistiques, pour amender ce texte qui sera ensuite transmis au pape François. Mais le document propage l'impression, dans le grand public, que l'Église catholique change subitement certaines règles morales fondamentales. Ce qui provoque la satisfaction de milieux non pratiquants ou de chrétiens progressistes mais aussi la stupéfaction de milieux catholiques classiques et conservateurs.

 

En fait, l'onde de choc ressentie mardi à Rome revient comme un boomerang des États-Unis où les catholiques sont très organisés pour la défense de la vie, d'Afrique où ces préoccupations occidentales apparaissent surréalistes, mais aussi de bastions catholiques comme la Pologne qui n'admet pas une telle volte-face romaine après trois décennies d'enseignements de Jean-Paul II et Benoît XVI.

 


Éteindre l'incendie

Très embarrassé, le Saint-Siège a tenté lors d'une conférence de presse, tenue mardi à la mi-journée, d'éteindre l'incendie en clamant haut et fort que le document publié lundi n'était qu'un «document de travail», non définitif, «destiné à être corrigé» et à être remis dans les mains du Pape qui demeure le décideur. Les cardinaux Filoni, un Italien, et Napier, un Sud-Africain, n'ont toutefois pas caché à cette occasion que «certaines formulations», notamment «sur les homosexuels», ne passaient effectivement pas dans leurs groupes de travail linguistique respectifs, italophone ou anglophone.

Le père Lombardi, pour sa part, porte-parole du Saint-Siège, a rappelé que le synode donnerait lieu l'an prochain à «une seconde session» et qu'il fallait attendre dans l'immédiat «la fin de cette semaine» pour avoir «une idée complète» des «conclusions» de la présente session. Il a précisé que cette conférence de presse n'était pas non plus un coup de frein à la dynamique du synode qui reste «substantiellement contenue dans le document», même si des «corrections» pourront intervenir ici ou là. Le Vatican regrettant enfin que les deux sujets, homosexualité et divorcés remariés, couvrent toute l'actualité «d'un synode beaucoup plus ample visant à aider les familles chrétiennes dans la société actuelle».

 

 

«Le Dieu des surprises»

S'ajoute à ce tumulte une suspicion qui s'installe de jour en jour sur les méthodes de rédaction de ce texte qui semble avoir échappé aux membres du synode eux-mêmes. Doute renforcé par la création décidée par le Pape la semaine dernière d'une commission, tout à fait inédite dans l'histoire des synodes, de six prélats tous proches du pape - dont son mentor en théologie, l'Argentin Mgr Fernandez, mais aussi, encore jamais vu à ce niveau, du général mondial des… Jésuites, le père Adolfo Nicolas. Ils sont chargés de rédiger la synthèse finale!

 

Les opposants à la ligne voulue par François font donc entendre leur voix, même s'ils sont aussitôt qualifiés de «minoritaires». Ainsi le cardinal Müller, préfet de la Doctrine de la foi, qui accuse publiquement, sur la forme, le Saint-Siège «de manipuler l'information sur le synode de façon à ne donner du relief qu'à une seule thèse plutôt que de reporter fidèlement les différentes positions». Ou, sur le fond, le cardinal américain Burke qui dénonce la même «manipulation» et qui parle de «trahison» quant aux «vérités de la foi». Au diapason du président des évêques polonais, Mgr Stanislaw Gadecki, qui juge «inacceptable» le rapport intermédiaire «parce qu'il s'éloigne en particulier de l'enseignement de Jean-Paul II».

 

Sans doute François était-il, lundi matin, déjà très bien informé de ce tirage interne pour avoir fustigé, dans son homélie matinale sur l'Évangile, ceux qui «ne comprenaient pas les signes du temps parce qu'ils étaient trop enfermés dans un système», observant que Jésus apparaissait à certains comme «dangereux» parce que «la doctrine était en danger». Et concluant: «Dieu est le Dieu de la loi, mais il est aussi le Dieu des surprises. Il ne dit jamais que ce qu'il avait déjà dit était faux, mais il nous surprend toujours.» Et François de poser ces questions: «Suis-je attaché à mes idées, suis-je fermé? Ou suis-je ouvert au Dieu des surprises?»

 

Par Jean-Marie Guénois/ Mis à jour le 15/10/2014 / Publié le 14/10/2014

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/10/14/01016-20141014ARTFIG00402-synode-sur-la-famille-francois-en-pleine-tempete.php

 


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5 - Synode sur la famille : pas d'accord au Vatican sur les divorcés et les homosexuels

 

Le synode sur la famille, convoqué par le pape François depuis presque deux semaines, a rendu samedi son rapport final, intitulé «relatio synodi». Loin de la première synthèse des débats publiée lundi, qui prônait la «misérocorde», le texte prend en compte les réticences des évêques les plus conservateurs et n'intègre finalement aucun accord sur les cas des divorcés et des homosexuels.



Une ligne réaliste largement suivie
François avait convoqué dès 2013 ce synode dit «extraordinaire»"(réunissant les présidents de conférences épiscopales) pour sonder les évêques sur les réponses à apporter aux défis de la famille, sans rompre avec l'indissolubilité du mariage. L'approbation du document final montre que la ligne réaliste du pape est assez largement suivie. Elle lui a permis, paragraphe par paragraphe, de voir la force des camps en présence, partisans et adversaires de ses réformes.

Ce synode agité, le premier convoqué par François, est la première phase d'un long processus de consultations. Un deuxième synode «ordinaire», chargé d'élaborer des propositions, est prévu pour octobre 2015. Ses conclusions seront remises au pape, qui aura le dernier mot. Certains cardinaux craignent que l'édifice de l'Eglise ne s'écroule tout entier en cas d'ouvertures majeures sur le divorce, l'union libre ou l'homosexualité. Les évêques du Sud se plaignent notammen que certaines ONG, l'Union européenne ou l'ONU soumettent certaines aides  l'acceptation de programmes contraires à leur conception des moeurs et de la vie, comme la contraception et l'homosexualité.

 

 

 

Le terme de «mariage» réservé à l'union homme-femme
Le rapport fait un inventaire des problèmes très divers de la famille catholique sur les cinq continents, tels que l'accueil dans l'Eglise des personnes en union libre, homosexuelles et divorcées, dans le cadre du processus d'ouverture voulu par François. En septembre 2013, le pape François avait expliqué qu'il n'était «personne pour juger» une personne homosexuelle. 

Les 183 pères synodaux ont participé au vote final sur chacun des 62 paragraphes. Pour être approuvés, chacun devait être voté aux deux-tiers. Trois paragraphes n'ont pas obtenu cette majorité qualifiée. Deux concernent certains aspects du texte initial sur l'accès aux sacrements des divorcés remariés (104 et 112 pour, 74 et 64 contre) et le troisième sur l'accueil des homosexuels (118 pour, 62 contre). «Sur ces points, on ne peut considérer qu'il y a un consensus du synode. Mais cela ne veut pas dire qu'ils sont complètement rejetés», ont expliqué ensuite plusieurs porte-paroles.

Les paragraphes en question n'ont d'ailleurs pas été retirés du texte final. Celui-ci avait été qualifié de «séisme pastoral» par le vaticaniste américain John Tavis. Il ne proposait toutefois pas de modifier la doctrine condamnant l'acte homosexuel. Et les évêques restent également unanimes pour réserver le terme de «mariage» à l'union homme-femme. De même sur l'homoparentalité, l'Eglise indique que «les droits des petits doivent être toujours au premier rang».

 

Des tensions après la publication du premier texte
Dans le premier document de lundi, la reconnaissance d'«aspects positifs» dans les unions stables hors mariage et chez les homosexuels, avait suscité une avalanche de réactions inquiètes de prélats, des Etats-Unis à l'Afrique. Tous dénonçaient le fait que ces thèmes aient été mis en avant alors qu'ils avaient été peu abordés. Ils n'ont pas été repris sous cette forme dans le texte final.

La médiatisation du synode a été aussi jugée responsable des tensions. «Ce qui a été publié par les médias sur les unions homosexuelles, est une tentative pour pousser l'Eglise à changer sa doctrine», a ainsi jugé le cardinal guinéen Robert Sarah. L'archevêque de Malines-Bruxelles André Léonard avait de son côté déploré «l'incident» qu'a représenté, selon lui, la décision de rendre public lundi ce texte provisoire. «On a dû alors se focaliser sur les questions qui intéressent la presse au lieu de travailler sur celles qui intéressent les familles», avait-il dit à Radio Vatican.

 

Publié le 18.10.2014/ Mise à jour : 19.10.2014

 

http://www.leparisien.fr/societe/vatican-pas-d-accord-sur-les-divorces-et-les-homosexuels-lors-du-synode-18-10-2014-4223877.php

 


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6 - Le Pape François clôture le Synode par un discours percutant

 

En conclusion du Synode extraordinaire sur les défis pastoraux de la famille, sans rien cacher des difficultés vécues durant ces deux semaines de débats, le Pape François a tiré un bilan positif de cette expérience synodale, vécue dans une liberté de parole inédite.

 

« Avec un esprit de collégialité et de synodalité, nous avons vécu vraiment une expérience de Synode, un parcours solidaire, un chemin ensemble. Comme dans chaque chemin, il y a eu des moments de course rapide, quasiment à vouloir vaincre le temps et arriver le plus vite possible au milieu, et des moments de fatigue (...),d'autres moments d’enthousiasme et d’ardeur. Il y a eu des moments de profonde consolation, en écoutant le témoignage des vrais pasteurs qui portent sagement dans le cœur les joies et les larmes de leurs fidèles. Des moments de consolation et de grâce en écoutant les témoignages des familles qui ont participé au Synode et ont partagé avec nous la beauté et la joie de leur vie maritale. (...) Et puisque c’est un chemin d’hommes, avec les consolations il y a eu aussi d’autres moments de désolation, de tensions et de tentations. »

 

Le Pape François a alors énoncé une série de tentations qu'il a pu percevoir en écoutant les pères synodaux.

Première tentation : « La tentation du raidissement hostile, c’est-à-dire de vouloir s’enfermer dans la lettre(...), à l’intérieur de la loi, dans la certitude de ce que nous connaissons et non de ce que devons encore apprendre et atteindre. Du temps de Jésus, c’est la tentation des zélotes, des scrupuleux, des empressés et aujourd'hui de ceux qu’on appelle aujourd’hui des "traditionnalistes" ou aussi des "intellectualistes". »

 

Deuxième tentation : « La tentation d’un angélisme destructeur, qui au nom d’une miséricorde traîtressse met un pansement sur les blessures sans d’abord les soigner, qui traite les symptômes et non les causes et les racines. C’est la tentation des timorés, et aussi de ceux qu’on nomme les progressistes et les libéraux. »

Troisème tentation : « La tentation de transformer la pierre en pain pour rompre un long jeûne, pesant et douloureux (Lc 4, 1-4) et aussi de transformer le pain en pierre et la jeter contre les –pécheurs, les faibles, les malades (Jn 8,7) c’est-à-dire de les transformer en fardeau insupportable (Lc 10, 27). »

 

Quatrième tentation : « La tentation de descendre de la Croix, pour contenter les gens, de ne pas rester à accomplir la volonté du Père, de se plier à l’esprit mondain au lieu de le purifier et de le plier à l’Esprit de Dieu. »

 

Cinquième tentation : « La tentation de négliger le depositum fidei (ndlr : le dépôt de la foi) en se considérant non comme les gardiens mais les propriétaires et les maîtres ou, de l’autre part, la tentation de négliger la réalité en utilisant une langue minutieuse et un langage pour dire tant de choses et ne rien dire. Nous appelons "bizantinisme" je crois, ces choses. »

 

 

Mais le Pape François a répété que ces tentations et ces contradictions étaient naturelles : « Les tentations ne doivent ni nous effrayer ni nous déconcerter et encore moins nous décourager, parce qu’aucun disciple n’est plus grand que son maitre. Donc si Jésus a été tenté, ses disciples ne doivent pas s’attendre à un traitement meilleur. Personnellement j’aurai été très préoccupé et attristé s’il n’y avait pas eu ces tentations et ces discussions animées, ces mouvements de l’esprit, comme les appelait Saint-Ignace-de-Loyola, si tous étaient d’accord ou taciturnes dans une fausse et quiétiste paix. Au lieu de cela, j’ai vu et j’ai écouté, avec joie et reconnaissance, des discours et des interventions pleines de foi, de zèle pastoral et doctrinal, de sagesse, de franchise, de courage, et de "parresia". (...) Et ceci toujours, je l’ai dit ici dans l’Aula, sans mettre en discussion les vérités fondamentales du sacrement du mariage : l’indissolubilité, l’unité, la fidélité et la procréativité, l’ouverture à la vie. »

 

 

Ainsi le Pape considérée que cette expérience synodale représentait une véritable expérience d'Église. « Ceci est l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique et composée des pècheurs, qui ont besoin de sa miséricorde. Ceci est l’Église, la vraie épouse du Christ, qui cherche à être fidèle à son époux et à sa doctrine. C’est l’Église qui n’a pas peur de manger et de boire avec les prostituées et les publicains, l’Église qui a les portes grandes ouvertes pour recevoir ceux qui sont dans le besoin, les repentis et pas seulement les justes ou ceux qui croient être parfaits ! »

 

Il a fait allusion aux échos médiatiques suscités par les discussions synodales : «Tant de commentateurs, ou de gens qui parlent, ont imaginé de voir une Eglise en conflit où une partie contre l’autre, en doutant même de l’Esprit Saint, le vrai promoteur et garant de l’unitè et de l’harmonie dans l’Église. L’Esprit Saint qui au long de l’Histoire a toujours mené la barque, à travers ses ministres, aussi quand la mer était contraire et agitée et les ministres infidèles et pécheurs. Et comme je vous l’ai dit au début du Synode, c’était nécessaire de vivre tout cela avec tranquillité, avec paix intérieure ausssi parce que le Synode se déroule cum Petro et sub Petro et que la présence du Pape est garantie pour tous. »

 

« Parlons un peu du Pape, maintenant, en relation avec les évêques, a lancé François, suscitant des rires parmi les pères synodaux. Donc, le devoir du Pape est celui de garantir l’unité de l'Église. Et celui de rappeler aux fidèles leur devoir de suivre fidèlement l’Évangile du Christ, et celui de rappeler aux pasteurs que leur premier devoir est de nourrir le troupeau que le Seigneur leur a confié et de chercher à accueillir avec paternité et miséricorde et sans fausse peur les brebis égarées. »

« Nous avons encore un an pour mûrir, avec un vrai discernement spirituel, les idées proposées et trouver des solutions concrètes à tant de difficultés et d’innombrables défis que les familles doivent affronter, à donner des réponses à tant de découragements qui entourent et étouffent les familles. » Et le Pape a précisé que la "Relatio Synodi" votée ce samedi après-midi servirait de "Lineamenta", donc de fil rouge pour la réflexion des conférences épiscopales dans la perspective du Synode de 2015.

 

http://fr.radiovaticana.va/news/2014/10/18/le_pape_fran%C3%A7ois_cl%C3%B4ture_le_synode_par_un_discours_percutant/1108943

 

 


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7 - Synode : le message de l'Assemblée aux familles du monde

 

(RV) A une large majorité, l'assemblée du synode des évêques a approuvé le message conclusif des travaux. Adressé aux familles du monde, et en particulier à celles chrétiennes, le document contient également un appel aux institutions afin qu'elles promeuvent les droits de la famille, et rappelle la réflexion consacrée à l'accès à la communion pour les divorcés-remariés.

  

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L'intégralité du message de la IIIe Assemblée générale extraordinaire du synode des évêques :

 

Nous, Pères synodaux réunis à Rome autour du Pape François pour l'Assemblée générale extraordinaire du Synode des évêques, nous nous adressons à toutes les familles des divers continents, et en particulier à celles qui suivent le Christ, Chemin, Vérité et Vie. Nous manifestons notre admiration et notre gratitude pour le témoignage quotidien que vous nous offrez, ainsi qu’au monde, par votre fidélité, votre foi, votre espérance et votre amour.

 

Nous aussi, pasteurs de l'Église, nous sommes nés et avons grandi dans des familles aux histoires et vicissitudes les plus diverses. En tant que prêtres et évêques, nous avons rencontré et avons vécu aux côtés de familles qui nous ont raconté en parole et révélé en actes toute une série de merveilles mais aussi de difficultés.

La préparation même de cette assemblée synodale, à partir des réponses au questionnaire envoyé aux Églises du monde entier, nous a permis de nous mettre à l’écoute de nombreuses expériences familiales. Notre dialogue durant les jours du Synode nous a ainsi enrichis mutuellement, nous aidant à regarder la réalité vivante et complexe dans laquelle évoluent les familles.

 

À vous, nous proposons cette parole du Christ : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » (Ap 3, 20). Comme il le faisait durant ses pérégrinations sur les routes de la Terre Sainte, entrant dans les maisons des villages, Jésus continue à passer aussi aujourd’hui par les rues de nos villes. Dans vos foyers, vous faites l’expérience d’ombres et de lumières, de défis exaltants, mais parfois aussi d’épreuves dramatiques. L'obscurité se fait encore plus épaisse, jusqu'à devenir ténèbres, lorsque le mal et le péché s'insinuent au cœur même de la famille.

 

Il y a, avant tout, le grand défi de la fidélité dans l'amour conjugal. L’affaiblissement de la foi et des valeurs, l'individualisme, l'appauvrissement des relations, le stress d’une frénésie qui empêche la réflexion marquent aussi la vie familiale. On assiste alors à de nombreuses crises matrimoniales, affrontées souvent de façon expéditive, sans avoir le courage de la patience, de la remise en question, du pardon mutuel, de la réconciliation et même du sacrifice. Ces échecs sont ainsi à l’origine de nouvelles relations, de nouveaux couples, de nouvelles unions et de nouveaux mariages, qui créent des situations familiales complexes et problématiques quant au choix de la vie chrétienne.

 

Parmi ces défis, nous souhaitons ensuite évoquer les épreuves de l’existence même. Pensons à la souffrance qui peut apparaître lorsque qu’un enfant est handicapé, lors d’une grave maladie, lors de la dégénérescence neurologique due à la vieillesse, lors de la mort d'une personne chère. La fidélité généreuse de tant de familles qui vivent ces épreuves avec courage, foi et amour est admirable, lorsqu’elles les considèrent non comme quelque chose qui leur a été arrachée ou imposée, mais comme quelque chose qui leur a été donné et qu'ils offrent à leur tour, voyant en toutes ces personnes éprouvées le Christ souffrant lui-même.

 

Nous pensons aux difficultés économiques causées par des systèmes pervers, par le « fétichisme de l'argent » et par « la dictature de l’économie sans visage et sans un but véritablement humain » (Evangelii gaudium, 55) qui humilie la dignité de la personne. Nous pensons aux pères et aux mères sans emploi, impuissants face aux besoins les plus élémentaires de leur famille ; et à ces jeunes qui se trouvent devant des journées désœuvrées et sans espérance, proies potentielles des dérives de la drogue et de la criminalité.

 

Nous pensons enfin à la foule des familles pauvres, à celles qui s'agrippent à une barque pour atteindre des moyens de survie, aux familles de réfugiés qui émigrent sans espoir à travers des déserts, à celles qui sont persécutées simplement à cause de leur foi et de leurs valeurs spirituelles et humaines, à celles qui sont frappées par la brutalité des guerres et des oppressions. Nous pensons aussi aux femmes qui subissent la violence et sont soumises à l’exploitation, à la traite des personnes, aux enfants et aux jeunes victimes d’abus même de la part de ceux qui devraient en prendre soin et les faire grandir en confiance, aux membres de tant de familles humiliées et en difficulté. «La culture du bien-être nous anesthésie et […] toutes ces vies brisées par manque de possibilités nous semblent un simple spectacle qui ne nous trouble en aucune façon. (Evangelii gaudium, 54). Nous faisons appel aux gouvernements et aux organisations internationales pour promouvoir les droits de la famille en vue du bien commun.


Le Christ a voulu que son Église soit une maison avec la porte toujours ouverte et accueillante, sans exclure personne. Nous sommes ainsi reconnaissants envers les pasteurs, les fidèles et les communautés prêts à accompagner et à porter les déchirures internes et sociales des couples et des familles.

 

 


***
Cependant, il y a également la lumière qui brille le soir derrière les fenêtres dans les maisons des villes, dans les modestes résidences des périphéries ou dans les villages et même dans les baraquements : celle-ci brille et réchauffe les corps et les âmes. Cette lumière, dans les vicissitudes de la vie nuptiale des conjoints, s'allume grâce à une rencontre : il s'agit d'un don, d'une grâce qui s'exprime -comme le dit la Genèse (2,18)- quand deux visages se retrouvent chacun l'un « en face » de l'autre, comme une «aide qui lui corresponde », c'est-à-dire à la fois semblable et complémentaire. L'amour de l'homme et de la femme nous enseigne que chacun des deux a besoin de l'autre pour être soi-même, chacun demeurant pourtant différent de l'autre dans son identité qui s'ouvre et se révèle dans le don réciproque. C’est ce qu’exprime de façon suggestive la femme du Cantique des Cantiques : « Mon bien-aimé est à moi, et moi, je suis à lui […] Je suis à mon bien-aimé, mon bien-aimé est à moi » (Ct 2, 16 ; 6,3).


Pour que cette rencontre soit authentique, le cheminement commence avec le temps des fiançailles, temps de l'attente et de la préparation. Il s'actualise pleinement dans le sacrement du mariage où Dieu appose son sceau, sa présence et sa grâce. Ce chemin passe aussi par la sexualité, la tendresse, la beauté, qui perdurent même au-delà de la vigueur et de la fraîcheur de la jeunesse. De par sa nature, l'amour tend à rimer avec toujours, jusqu'à donner sa vie pour la personne qu'on aime (cf. Jn 15,13). À cette lumière, l'amour conjugal, unique et indissoluble, persiste malgré les nombreuses difficultés des limites humaines ; c’est l’un des plus beaux miracles, bien qu’il soit aussi le plus commun.

 

Cet amour se déploie au travers de la fécondité et de la générativité qui ne sont pas seulement procréation mais aussi don de la vie divine dans le baptême, éducation et catéchèse des enfants. Il s'agit aussi d'une capacité à offrir la vie, de l'affection et des valeurs. Cette expérience est possible même pour ceux qui n'ont pu avoir d'enfant. Les familles qui vivent cette aventure lumineuse deviennent pour tous un témoignage, en particulier pour les jeunes.

 

Durant ce cheminement, qui s'avère parfois un sentier ardu avec ses difficultés et ses chutes, on retrouve toujours la présence et l'accompagnement de Dieu. La famille en fait l'expérience dans l'affection mutuelle et le dialogue entre époux et épouse, entre parents et enfants, entres frères et sœurs. Elle le vit aussi en se mettant ensemble à l’écoute de la Parole de Dieu et en partageant la prière commune : petite oasis spirituelle à mettre en place à un moment chaque jour. Il y a aussi l'engagement quotidien de l'éducation à la foi, à la beauté de la vie évangélique et à la sainteté. Ce devoir est souvent partagé et exercé avec beaucoup d'affection et de dévouement aussi par les grands-parents. Ainsi la famille se présente comme une authentique Église domestique, qui s'ouvre sur cette famille de familles qu'est la communauté ecclésiale. Les époux chrétiens sont alors appelés à devenir des maîtres dans la foi et dans l'amour également auprès des jeunes couples.


Il y a ensuite une autre expression de la communion fraternelle, celle de la charité, du don, de la proximité auprès des laissés pour compte, des marginalisés, des pauvres, des personnes seules, des malades, des étrangers, des familles en crise, gardant en mémoire la parole du Seigneur : « Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir » (Ac 20,35). Il s'agit d'un don de biens partagés, de présence, d'amour et de miséricorde et aussi d’un témoignage de vérité, de lumière, de sens donné à la vie.

 

Le sommet qui recueille et récapitule tous ces liens de la communion avec Dieu et le prochain est l'Eucharistie dominicale, lorsque, avec toute l’Église, la famille prend place à la table du Seigneur. Lui-même se donne à nous tous, pèlerins de l'histoire en route vers la rencontre ultime lorsque le «Christ sera tout en tous» (Col 3,11). Pour cela, dans la première étape de notre chemin synodal, nous avons réfléchi à l’accompagnement pastoral et à la question de l’accès aux sacrements des personnes divorcées-remariées.

 

 

Nous, pères synodaux, vous demandons de cheminer avec nous vers le prochain synode.

Que demeure sur vous la présence de la famille de Jésus, Marie et Joseph réunis dans leur modeste maison. Ensemble, tournés vers la Famille de Nazareth, faisons monter vers notre Père à tous notre invocation pour les familles de la terre.
Père, donne à toutes les familles la présence d'époux courageux et remplis de sagesse, qui soient source d'une famille libre et unie.


Père, donne aux parents d'avoir une maison où vivre dans la paix avec leur famille.
Père, donne aux enfants d'être signes de confiance et d'espérance, et aux jeunes le courage de l’engagement stable et fidèle.
Père, donne à tous de pouvoir gagner leur pain de leurs propres mains, de jouir de la sérénité d’esprit et de garder allumé le flambeau de la foi même dans les moments d'obscurité.

Père, donne-nous de voir fleurir une Église toujours plus fidèle et crédible, une cité juste et humaine, un monde qui aime la vérité, la justice et la miséricorde.


Vatican/ Documents/ 18/10/2014

 

http://fr.radiovaticana.va/news/2014/10/18/synode__le_message_de_lassembl%C3%A9e_aux_familles_du_monde/1108890

 


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