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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

VIVRE SANS FAIRE DU MAL EST POSSIBLE (Religion et autres)


Publié le 27/09/2015 à 23:06:15
MONDE/ VATICAN/ PAPE FRANCOIS/ VOYAGE PASTORAL : le pape François en Amérique (Cuba, Etats-Unis d’Amérique)




0.1 – « Le pape François à Cuba, bilan d’un voyage : Dans une société qui se prépare à de grands bouleversements depuis son rapprochement avec les États-Unis, la visite du pape François veut donner toute sa place à l’Église catholique cubaine. Le pape François a effectué un voyage à Cuba du 19 au 22 septembre. Ses trois étapes: La Havane, Holguin et Santiago. Par cette visite, le pape marque le rapprochement entre l’île et les États-Unis et les meilleures relations entre le gouvernement cubain et le Vatican. Dès son arrivée à La Havane, le pape François a présenté la normalisation en cours entre Cuba et les États-Unis « comme exemple de réconciliation pour le monde entier ». Il a rencontré le père de la révolution cubaine, Fidel Castro, le dimanche 20 septembre. »

 

 

   

0.2 – « Entre deux grands discours, celui devant le Congrès à Washington et celui au siège des Nations unies à New York, vendredi 25 septembre, le pape François a prononcé d’autres allocutions, cette fois pastorales. Et devant des auditoires très différents. À Washington, à peine sorti du Capitole, où l’avaient applaudi les élus américains, le pape a retrouvé des sans-abri dans l’église Saint-Patrick, au centre de la capitale fédérale. L’occasion d’une brève méditation, lue cette fois dans son espagnol natal – traduit en simultané – devant une assistance où siégeaient beaucoup de Noirs américains. Le « pape des pauvres » a cherché à soutenir leur foi et leur courage, comparant leur sort à celui de Joseph qui n’avait nul endroit où amener Marie lorsqu’elle devait enfanter. Avec eux, il a prié le Notre Père. »

 

 

   

0.3 – « RENCONTRE INTERRELIGIEUSE AU MÉMORIAL DE GROUND ZERO/  DISCOURS DU SAINT-PÈRE : Etre au Ground Zero, où des milliers de vie ont été arrachées dans un acte insensé de destruction, suscite en moi divers sentiments, diverses émotions. Ici, la douleur est palpable. L’eau que nous voyons s’écouler vers ce centre vide nous rappelle toutes ces vies qui s’en sont allées sous le pouvoir de ceux qui croient que la destruction est l’unique façon d’apporter une solution aux conflits. C’est le cri silencieux  de ceux qui ont souffert dans leur chair de la logique de la violence, de la haine, de la revanche. »

 


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1 - Le pape François à Cuba, bilan d’un voyage

 

Dans une société qui se prépare à de grands bouleversements depuis son rapprochement avec les États-Unis, la visite du pape François veut donner toute sa place à l’Église catholique cubaine. Le pape François a effectué un voyage à Cuba du 19 au 22 septembre. Ses trois étapes: La Havane, Holguin et Santiago. Par cette visite, le pape marque le rapprochement entre l’île et les États-Unis et les meilleures relations entre le gouvernement cubain et le Vatican. Dès son arrivée à La Havane, le pape François a présenté la normalisation en cours entre Cuba et les États-Unis « comme exemple de réconciliation pour le monde entier ». Il a rencontré le père de la révolution cubaine, Fidel Castro, le dimanche 20 septembre.

 

Ce voyage a aussi été l’occasion d’affirmer que l’Église catholique attend de ces changements dans le pays une plus grande liberté pour exercer sa mission. À travers ses rencontres avec les catholiques cubains et particulièrement avec les jeunes, le pape cherche à faire de l’Église catholique un acteur majeur des transformations en cours.

 

22/9/15 La Croix

 

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-pape-Francois-a-Cuba-bilan-d-un-voyage-2015-09-22-1359558


 


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2 - A son arrivée à La Havane, le pape François appelle à plus de liberté pour l’Eglise cubaine

 

A peine arrivé à Cuba, samedi 19 septembre en fin d’après-midi, le pape François s’est adressé à tous les Cubains, qu’ils vivent dans l’île ou qu’ils l’aient fuie, qu’ils soutiennent le régime castriste ou qu’ils le combattent. A sa descente d’avion, à l’aéroport de La Havane où l’a accueilli le président Raul Castro, Jorge Bergoglio a salué « tout le peuple cubain », y compris « toutes ces personnes que, pour divers motifs, [il] ne pourra pas rencontrer » – cela concerne notamment la dissidence – et « tous les Cubains dispersés à travers le monde ». Le pontife argentin a chargé Raul Castro de transmettre à son frère Fidel, qu’il pourrait rencontrer pendant son séjour, ses « sentiments de considération spéciale et de respect ». Cette visite de deux jours et demi intervient en plein processus de normalisation entre La Havane et Washington, en faveur duquel l’ancien archevêque de Buenos Aires a œuvré en 2014. Le pape a encouragé « les responsables politiques à continuer d’avancer » vers la réconciliation.

 

Troisième pape à se rendre dans l’île en dix-sept ans, François vient conforter une Eglise catholique à la fois affaiblie en termes de fidèles mais forte de relations jamais rompues, malgré les vicissitudes, avec le pouvoir castriste. Le pape ne vient pas pour mettre celui-ci en difficulté mais, dans son premier discours, il a tenu à citer les impératifs de « liberté », de « dignité de l’homme », de « réconciliation » et de « justice ». « Aujourd’hui, nous voulons renouveler ces liens de coopération et d’amitié pour que l’Eglise continue d’accompagner et d’encourager le peuple cubain dans ses espérances et dans ses préoccupations, dans la liberté ainsi que par les moyens et dans les conditions nécessaires », a-il déclaré.

En effet, les « conditions » faites à l’Eglise par le pouvoir cubain restreignent aujourd’hui beaucoup sa capacité d’intervention dans le champ social, et le Vatican veut peser pour qu’elles s’améliorent. Sortant de son discours écrit, il a insisté sur l’importance de l’esprit de « réconciliation » dans « cette atmosphère de troisième guerre mondiale ».



Félicitations de Raul Castro

Auparavant, Raul Castro avait accueilli le pape en portant à son crédit son encyclique sur le climat, publiée en juin, et son discours de Santa Cruz, en Bolivie, en juillet, dans lequel François avait attaqué très durement l’actuel système économique mondial. Il a mis en avant les revendications traditionnelles de La Havane, au premier rang desquelles la fin du « blocus », l’embargo économique américain, ou encore la rétrocession de la base militaire américaine de Guantanamo.

 

La visite pastorale commencera véritablement dimanche matin, avec une première messe place de la Révolution, là même où Jean-Paul II (en 1998) et Benoît XVI (en 2012) en avaient eux aussi célébré. Puis François s’entretiendra dans l’après-midi avec Raul Castro, avant de rencontrer le clergé de La Havane dans la cathédrale et des jeunes dans le centre culturel catholique Felix-Varela, qui la jouxte. Le séjour du pape à Cuba se poursuivra ensuite par une étape à Holguin, lundi, et à Santiago, la principale ville de l’est de l’île.


LE MONDE/ 20.09.2015/ Mis à jour le 20.09.2015/ Par Cécile Chambraud

 

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/09/20/a-son-arrivee-a-cuba-le-pape-francois-appelle-a-la-reconciliation_4764142_3222.html#



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3 - Le pape François laisse aux Cubains un message de courage et d’unité

 

Durant la visite à Cuba qu’il achève mardi 22 septembre au sanctuaire marial national d’El Cobre, le pape François n’a cessé d’inviter à la réconciliation un peuple cubain en proie au désespoir. « Marie protège nos racines, notre identité pour que nous ne nous perdions pas sur les chemins du désespoir. » Ces chemins, le pape François a pu les croiser au long de ces trois jours à Cuba, qu’il quitte mardi 22 septembre après une messe finale dans le sanctuaire de Notre-Dame de la Charité d’El Cobre.

Sur une île où les familles, souvent éclatées, voient leurs voisins partir, où la prostitution est un moyen de subsistance, où la pénurie est quotidienne, le pape a délivré un message de courage et d’unité aux Cubains. En donnant pour mission à son Église, dans ce contexte, d’« établir des ponts, abattre les murs, semer la réconciliation, (…) accompagner toutes les situations “embarrassantes” de nos gens ». En somme d’accomplir à Cuba, cette fois, « la révolution de la tendresse ».

 



Lever le sentiment de soupçon envers les catholiques

« Notre société a besoin de surmonter ses fractures », reconnaît le P. Luis de Castillo, jésuite établi à Santiago. Fractures entre Cubains de l’île et ceux de la diaspora. Entre la petite minorité de catholiques pratiquants et ceux qui s’en rapprochent après avoir longtemps caché leur religion pour étudier ou trouver du travail dans un pays où, jusqu’aux dernières années, l’État était l’unique employeur.

Dans son homélie, lundi, à Holguin (dans l’est du pays), le pape a invité les autorités à lever le sentiment de soupçon envers les catholiques. Dans l’autre sens, « il a encouragé les laïcs catholiques à investir les structures du pays où manque leur présence active », souligne le P. de Castillo, retenant le « message de pardon et de réconciliation du pape » et son appel, lancé en particulier à La Havane devant les jeunes, « à travailler ensemble en regardant d’abord ce qui unit ».



Renforcer l’identité cubaine

Un sanctuaire marial populaire se prêtait, comme dans d’autres pays, à un message d’unité plus large. Celui d’El Cobre attire chrétiens de toutes confessions, non-croyants et adeptes de la « santeria », religion afro-cubaine, présents mardi à la messe. Un lieu où, comme ses prédécesseurs, le pape pouvait renforcer l’identité cubaine, décrire « l’âme du peuple cubain (…) forgée dans les douleurs et les privations qui n’ont pas réussi à éteindre la foi ». Y rappeler aussi le soutien de la Vierge de la Charité dans « la lutte de tous les peuples qui ont souffert pour défendre les droits de leurs fils », en possible allusion aux Dames en blanc, ces parents de dissidents emprisonnés par le régime castriste.

 

Forte de cette identité ravivée aussi par la bénédiction d’Holguin, depuis le sommet d’une colline, la réconciliation doit permettre d’oser rêver un avenir pour Cuba. Elle doit aider à faire face à l’inévitable bouleversement de la société que va entraîner la normalisation en cours avec les États-Unis, l’autre réconciliation que soutient ce voyage.

 

À Cuba, on espère maintenant que le pape François demandera au Congrès, où il s’exprime jeudi 24 septembre, la levée de l’embargo économique, selon une position constante de l’Église catholique. Y compris des évêques américains, dont plusieurs ont accompagné la visite du pape à Cuba, tel l’archevêque de Boston, le cardinal Sean O’Malley, avec leurs homologues cubains. En manque de lieux de culte et de sécurité juridique, « l’Église de Cuba a reçu un grand service par cette visite du pape », a estimé le porte-parole du Vatican, le P. Federico Lombardi. Le régime castriste au final également. La visite d’une autorité morale comme le pape lui procure inévitablement un appui. Mais aussi une douce et discrète pression pour évoluer.

 

22/9/15 / Sébastien Maillard, à SANTIAGO DE CUBA

 

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-pape-Francois-laisse-aux-Cubains-un-message-de-courage-et-d-unite-2015-09-22-1359591



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http://thecubaneconomy.com/wp-content/uploads/2015/09/Pope-3.jpg

 

4 - En visite à Cuba, le pape garde ses distances avec le régime castriste

 

Du samedi 19 au lundi 21 septembre, le pape François rend visite à Cuba avant son voyage aux États-Unis. Avec délicatesse, il a adressé plusieurs reproches de fond dans ses allocutions à Cuba. Il souhaite que l’Église puisse œuvrer plus librement à sa mission dans le pays.

Une visite du pape François à Fidel Castro était fortement attendue dimanche 20 septembre. Mais ce détour auprès du vieux Lider Maximo, fait par ses prédécesseurs, ne valait pas appui à son régime. Depuis son arrivée samedi 19 septembre à Cuba, le pape fait passer au contraire des messages dont la critique, bien que subtilement amenée, n’en est pas moins flagrante.

Ainsi, s’il a pris soin, dans son premier discours après son atterrissage à La Havane, de demander au président Raul Castro de transmettre ses respects « à (son) frère Fidel », il a enchaîné en saluant « tous ceux que, pour des motifs variés, je ne pourrai pas rencontrer ». Une marque d’attention envers les Cubains trop pauvres pour se déplacer dans les trois villes qu’il visite durant son séjour mais aussi une claire allusion aux dissidents au régime castriste écartés.


 


Régime inquiet

De fait, aucun rendez-vous avec eux ne figure à l’agenda officiel du pape durant ses trois jours sur l’île, comme lors des visites de ses prédécesseurs. Mais dans l’entourage du pape, on espère cette fois qu’il puisse malgré tout, en accord avec le régime, rencontrer quelques dissidents. On murmure par exemple l’hypothèse d’un entretien avec des représentants des Dames en blanc, parents d’opposants emprisonnés.

Au Saint-Siège, on a compris que cette troisième visite papale sur l’île survient à un moment où le régime castriste est inquiet de sa capacité à se maintenir et cherche un soutien de l’Église catholique. Il souhaite qu’elle appuie la levée de l’embargo commercial américain – elle le fait déjà – et qu’elle aide à mettre fin à la présence américaine sur la base navale de Guantanamo. Dans un long discours d’accueil samedi, Raul Castro a tenté de montrer comment les droits au travail, au logement et à la terre, que le pape avait réclamés en juillet à Santa Cruz (Bolivie), se retrouvaient dans l’œuvre de la révolution cubaine.



Une homélie spirituelle et critique

 « Le service n’est jamais idéologique », a fait valoir Jorge Bergoglio, rétif à toute idéologie, dans son homélie dimanche. Un texte, à teneur toute spirituelle, qui critiquait assez implicitement le détournement du service revendiqué pour le peuple au profit de quelques-uns, comme cela s’observe dans les dictatures communistes.

 « (Le service) ne sert pas les idées, mais les personnes », a résumé le pape argentin, célébrant la messe dominicale, comme ses prédécesseurs, sur la place de la Révolution, sous l’immanquable représentation d’un autre Argentin, Ernesto Che Guevara. Et dans un environnement d’immeubles souvent couverts, à leur sommet, de slogans révolutionnaires. Plus que des idées, Jorge Bergoglio a rappelé, dans ses allocutions, la dignité de toute personne humaine et la liberté qui y est liée.


 


Demande de liberté pour l’Église

Il cherche aussi à redonner confiance au peuple cubain dans son identité propre, avec une visite, rythmée au son de musique cubaine, cultivant les racines chrétiennes. Soutenant la dévotion mariale populaire, le pape latino-américain a souligné que sa venue marquait « le 1er centenaire de la déclaration de la Vierge de la Charité del Cobre comme patronne de Cuba par Benoît XV »: « Depuis lors, elle a accompagné l’histoire du peuple cubain, en soutenant l’espérance qui préserve la dignité des personnes dans les situations les plus difficiles. » 

De cette visite, qui se poursuit jusqu’à mardi 22 septembre, l’Église catholique attend qu’elle conforte sa place toujours délicate dans la société cubaine. Dans le contexte actuel de normalisation en cours des relations avec les États-Unis, qu’elle a aidée, elle espère des changements dans le pays qu’ils lui permettent de se retrouver, elle aussi, plus à son aise pour agir dans sa mission.

En présence du cardinal Jaime Ortega, archevêque de La Havane, respecté du régime, le pape a demandé que son Église puisse avoir à Cuba «E la liberté, les moyens et l’espace nécessaire pour apporter la proclamation du Royaume ». 

  

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Extrait de l’homélie du pape François, au cours de la messe célébrée dimanche 20 septembre à La Havane : « Le service n’est jamais idéologique » 

 

« L’invitation au service possède une particularité à laquelle nous devons être attentifs. Servir signifie, en grande partie, prendre soin de la fragilité. Prendre soin des membres fragiles de nos familles, de notre société, de notre peuple. (…) Être chrétien implique servir la dignité de vos frères, lutter pour la dignité de vos frères et vivre pour la dignité de vos frères. C’est pourquoi le chrétien est toujours invité à laisser de côté ses aspirations, ses envies, ses désirs de toute-puissance, en voyant concrètement les plus fragiles.

 

Il y a un “service” qui sert; mais nous devons nous prémunir contre l’autre service, contre la tentation du “service” qui “se” sert. Il y a une façon d’exercer le service qui vise comme intérêt le bénéfice des “miens”, au nom de ce qui est “nôtre”. (…) Nous sommes tous appelés par vocation chrétienne au service qui sert et à nous aider mutuellement à ne pas tomber dans les tentations du “service qui se sert” (…).

Cette prise en charge mutuelle par amour ne vise pas à asservir, au contraire, elle met le frère au centre de la question: le service vise toujours le visage du frère, il touche sa chair, il sent sa proximité et même dans certains cas la “souffre” et cherche sa promotion. Voilà pourquoi le service n’est jamais idéologique, puisqu’il ne sert pas les idées, mais les personnes.

 

N’oublions pas la Bonne Nouvelle d’aujourd’hui: l’importance d’un peuple, d’une nation, l’importance d’une personne se fonde toujours sur la façon dont elle sert la fragilité de ses frères. En cela, nous trouvons l’un des fruits d’une vraie humanité. La vie de celui qui ne vit pas pour servir ne vaut pas la peine d’être vécue. »

 

20/9/15/ Sébastien Maillard, à La Havane

 

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/En-visite-a-Cuba-le-pape-garde-ses-distances-avec-le-regime-castriste-2015-09-20-1358712



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5 - Cuba : Fidel a reçu le pape François

 

Mgr Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, a annoncé en conférence de presse ce dimanche que le Pape François a eu un entretien avec le chef historique de la Révolution, Fidel Castro Ruz, au terme de la Sainte Messe. Selon Federico, la conversation entre le Pape François et Fidel a été agréable et a duré entre 30 et 40 minutes.

Le Souverain pontife et Fidel ont échangé des présents : le Pape a offert des livres au commandant en Chef, tandis que Le leader cubain a remis à Sa Sainteté un exemplaire du livre Fidel et la religion, dont la première édition est parue il y a 30 ans.

 

22 septembre 2015

 

http://cubasifranceprovence.over-blog.com/2015/09/cuba-fidel-a-rencontre-le-pape-francois.html


 


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Pope Francis holds a Mass in the Plaza de la Revolution on September 21, 2015 in Holguin, Cuba. Pope Francis is spending his second day of a three-day trip before moving on to the United States.   


6 - De Cuba aux Etats-Unis, un voyage pour la réconciliation

 

Le pape François, qui est arrivé samedi 19 septembre sur l’île des Caraïbes, a présenté la normalisation en cours des relations entre Cuba et les États-Unis « comme exemple de réconciliation pour le monde entier ». Aux États-Unis, où il arrive lundi 21 septembre, il devra dépasser les clivages d’un pays dans lequel plusieurs de ses prises de position divisent. « Cuba, c’est facile pour le pape; les États-Unis, plus difficile », résumait un de ses proches avant le départ. En combinant les deux destinations, le pape François met d’abord en avant un « exemple de réconciliation pour le monde entier », selon ses paroles à son arrivée à La Havane, samedi 19 septembre. « Le monde a besoin de réconciliation devant la troisième guerre mondiale en morceaux que nous sommes en train de vivre », a-t-il justifié. « Le monde est assoiffé de paix », avait-il indiqué plus tôt à la presse dans l’avion.

Dans ces circonstances internationales qui le préoccupent, la normalisation en cours des relations entre Cuba et les États-Unis est « un événement qui nous remplit d’espérance », a-t-il souligné depuis la capitale cubaine.



Cuba, un « point de rencontre »

Dans son premier discours, il n’a pas manqué de reprendre l’appel aux accents prophétiques qu’avait lancés Jean-Paul II, en 1998: « Que Cuba avec tout son magnifique potentiel s’ouvre au monde et que le monde s’ouvre à Cuba. » Le pape François lit même dans la géographie de l’île une « vocation naturelle » à servir de « point de rencontre pour que tous les peuples se réunissent dans l’amitié », entre les Amériques du Nord et du Sud.

 

Son voyage qui se poursuit à partir de demain aux États-Unis trace en soi cette rencontre. Elle est une première pour Jorge Bergoglio lui-même. En arrivant mardi à Washington, le pape argentin, qui a privilégié jusqu’ici les petits pays dans ses déplacements, pose le pied pour la première fois de sa vie sur le sol de la première puissance mondiale.

Comme une réconciliation? Même si l’ancien archevêque de Buenos Aires a grandi sur un continent traditionnellement méfiant envers ce qui est perçu comme le grand voisin impérialiste du Nord, même s’il n’a nommé aucun Nord-Américain a des postes de premier plan au Saint-Siège, et même s’il arrivera aux États-Unis après trois jours à Cuba, il ne vient pas y jouer le grand leader latino-américain hostile aux Yankees. 


 


Les États-Unis, pays d’immigration

Le pape devrait au contraire chercher à toucher d’emblée le cœur patriotique des Américains en évoquant la grandeur de la constitution de leur peuple, leur diversité ethnique et leur capacité historique à intégrer.

Lors de sa visite au collège pontifical nord-américain de Rome, le 2 mai, le pape présentait déjà le franciscain espagnol Junipero Serra, qu’il canonisera mercredi comme « un des pères fondateurs des États-Unis » et le « patron spécial du peuple hispanique de ce pays », composante qu’il rencontrera avec d’autres immigrés à Philadelphie. Le pape latino-américain, qui prononcera plusieurs discours en espagnol, bénéficie d’une audience considérable auprès des hispaniques – aujourd’hui 17 % de la population américaine.

 

Les États-Unis sont « un pays qui a une longue histoire d’immigration et, dans le même temps, également une grande histoire d’ouverture, d’accueil et d’intégration des diverses vagues d’immigrés qui sont arrivés », a rappelé le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, qui accompagne toujours le pape lors de ses voyages: « Tout cela peut véritablement constituer une base, un patrimoine social et culturel à partir duquel affronter également les défis actuels de la migration et résoudre les cas qui sont douloureusement ouverts. »



Drames de l’immigration à la frontière mexicaine

À plusieurs reprises, à l’unisson des évêques américains qui appuient le projet de réforme du système migratoire aux États-Unis, le pape François a déjà décrié les conditions « inhumaines » de ceux qui traversent la frontière mexicaine. Et ce, alors que Donald Trump en tête des sondages dans le camp du Parti républicain pour l’élection présidentielle de l’an prochain, multiplie les déclarations hostiles aux immigrants et promet de construire un mur avec le Mexique.

 

Les trafics d’armes et de drogue, qui sévissent aux États-Unis, figurent aussi parmi les thèmes sensibles dont le pape devrait parler. Tout comme sa dénonciation répétée du « dieu argent », de la spéculation financière et du « capitalisme sauvage qui a enseigné la logique du profit à tout prix ».

Des critiques qu’à Cuba le président Raul Castro a reprises à son compte, mais qui sont perçues plus au Nord comme une remise en cause de l’« American way of life » bien que les Américains ne polémiquent plus comme il y a deux ans sur le prétendu « marxisme » du pape, imputé à ses critiques de l’économie libérale. Le pape pourrait d’ailleurs rappeler que la liberté d’entreprendre n’a rien de contradictoire avec la doctrine sociale de l’Église.



Désaccords diplomatiques

Il ne vient toutefois pas pour avancer un compromis entre conservateurs et libéraux, clivage qui divise la vie politique, culturelle et religieuse américaine auquel il devra échapper. Il veut d’abord que les États-Unis « aient le courage d’un profond examen de conscience devant les situations d’injustice, d’inégalités et de violence », estimait Guzman ­Carriquiry, vice-président de la commission pontificale pour l’Amérique latine, devant un parterre de journalistes avant le départ de François pour Cuba.

De même, pour ce professeur écouté du pape, celui-ci évoquera la défense de la vie, de sa conception à sa fin, et le mariage entre un homme et une femme « mais pas de façon à raviver la guerre culturelle » sur ces sujets, alors que la Cour suprême a validé la légalisation dans tout le pays du mariage homosexuel, et que la Californie a adopté un projet de loi sur le suicide assisté.

 

La parole du pape est guettée dans d’autres domaines sensibles. En politique étrangère, où la diplomatie vaticane n’est pas du goût des élus du Parti républicain sur bien des sujets, comme la reconnaissance par le Saint-Siège de l’État de Palestine ou le soutien à l’accord conclu par l’administration Obama sur le nucléaire iranien. Et bien sûr, l’engagement personnel du pape François dans la reprise des relations diplomatiques avec Cuba, jugée prématurée pour le « Grand Old Party ».


 


Premier discours d’un pape au Capitole

La publication de l’encyclique Laudato si’pour une « écologie intégrale », un des sujets qui divisent le plus outre-Atlantique, embarrasse aussi le camp républicain et ses climato-sceptiques. Plusieurs candidats républicains aux primaires pour la présidentielle de 2016, comme les catholiques Rick Santorum ou Jeb Bush, n’avaient pas manqué de souligner poliment que ce sujet était du ressort des scientifiques et des politiques, et que le pape ferait mieux de s’occuper de religion. Reste que le discours jeudi 24 septembre au Congrès, le premier d’un pape au Capitole, représente un honneur suprême pour une visite officielle aux États-Unis. Une telle éventualité aurait été inenvisageable encore récemment dans un pays en majorité protestant, très critique vis-à-vis de la papauté.


  


Un pape populaire aux États-Unis

L’invitation montre la place prise aujourd’hui par les catholiques: un Américain sur cinq, un tiers du Congrès, six des neuf juges de la Cour suprême. Même si elle a enregistré une légère baisse (66 % d’opinions favorables contre 76 % début juin dans les sondages), la cote de popularité de « Pope Francis » reste forte auprès d’Américains touchés comme ailleurs par son style simple, personnel et direct, qu’il ne manquera pas d’avoir avec eux.

 

21/9/15/ Céline Hoyeau et Sébastien Maillard

 

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/De-Cuba-aux-Etats-Unis-un-voyage-pour-la-reconciliation-2015-09-21-1358802



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7 - Le pape en visite aux Etats-Unis, où la population catholique est en perte de vitesse

 

Arrivant directement de Cuba, le pape François a atterri mardi soir 22 septembre 2015 aux Etats-Unis pour une première − et longue − visite diplomatique, politique et pastorale. Pour éviter tout problème de circulation, une partie des fonctionnaires de Washington, la capitale fédérale, ont été priés de rester travailler chez eux, mercredi 23 et jeudi 24 septembre. Philadelphie (Pennsylvanie), où le pape assistera ce week-end à la Rencontre mondiale des familles, se prépare tant bien que mal à accueillir plus d’un million de personnes.

 

Contraints de sécuriser les multiples lieux visités par le pape dans ces deux villes et à New York − où il s’exprimera devant l’Assemblée générale des Nations unies −, les services fédéraux assurent faire face à une situation quasi inédite dans l’histoire des Etats-Unis. Côté politique et protocolaire, l’agenda du vice-président, le catholique Joe Biden, est calé sur celui des messes et des discours, tandis que, pour la première fois de son histoire, le Congrès américain s’apprête à recevoir un pape. François, lui, vient découvrir un pays chrétien qu’il ne connaît pas, où les catholiques représentent 21 % de la population, soit environ 51 millions de personnes.


 


_ Une population catholique en perte de vitesse

Selon une récente enquête du Pew Research Center, la population catholique est, avec celle des protestants traditionnels, celle qui a connu l’une des plus fortes baisses ces dernières années. Dans un pays où le nombre de personnes non affiliées à une confession augmente régulièrement, atteignant 23 % des adultes en 2014, la part des catholiques est passée de 24 % à 21 % entre 2007 et 2014, perdant entre 1 et 3 millions de fidèles.

L’augmentation de la population hispanique avait permis ces dernières années le maintien des catholiques à la deuxième place derrière les protestants évangéliques (25 %), mais les latinos, à l’image de l’ensemble de la population américaine, changent désormais d’affiliation religieuse ou quittent toute religion. La popularité du pape − 70 % de la population américaine et 86 % des catholiques ont une bonne image de François − suffira-t-elle à inverser la tendance ?



_ Une Eglise marquée par la pédophilie

Après des années rythmées par la succession de scandales de pédophilie dans le clergé américain, l’image de l’Eglise semble se redresser, y compris chez les catholiques. Trente-six pour cent d’entre eux pensent que l’institution se porte mieux qu’avant, contre seulement 17 % en 2013, peu avant l’élection de François. Depuis une vingtaine d’années, la révélation d’affaires d’abus sexuels et de leur dissimulation par la hiérarchie américaine et vaticane a valu à l’Eglise catholique aux Etats-Unis une vague de défiance. Cela l’a aussi amenée à être la première à travers le monde à prôner la « tolérance zéro » à partir du début des années 2000.

De nombreux diocèses ont dû se déclarer en faillite pour pouvoir financer les compensations versées aux victimes, évaluées à plusieurs centaines de millions de dollars. Le processus n’est pas achevé et les associations de victimes demandent que le pape soit plus ferme encore dans la condamnation des faits, de leurs auteurs et, surtout, de ceux, dans la hiérarchie, qui les ont couverts.

 

_ Des fidèles divisés

Le Congrès, où le pape est attendu jeudi 24 septembre, compte 30 % d’élus catholiques, 69 républicains et 68 démocrates. En 2012, 50 % des catholiques ont voté pour le démocrate Barack Obama, 48 % pour son adversaire républicain, Mitt Romney. Ce clivage partisan se retrouve sur des thèmes chers à l’Eglise, qu’il s’agisse de la morale sexuelle (avortement, contraception, mariage gay…), de l’immigration ou plus récemment du climat. Contrairement au pape, qui en a fait le cœur de sa dernière encyclique, seuls 51 % des catholiques républicains sont convaincus de la réalité du réchauffement climatique et seulement 24 % pensent qu’il relève de l’activité humaine. Chez les catholiques démocrates, en revanche, les proportions sont bien plus élevées (85 % et 62 %) et même supérieures à la moyenne de la population (68 % et 45 %).


 


_ Un épiscopat conservateur

Les évêques américains comptent dans leurs rangs une large proportion de prélats conservateurs, aux vues souvent plus traditionnelles que leurs fidèles. En décalage avec le pape actuel, qui sans remettre en cause la doctrine, se montre moins insistant que ses prédécesseurs sur la morale sexuelle, eux sont souvent enclins à mettre en avant ces questions. Or, quand Rome et les évêques américains s’opposent avec force au mariage homosexuel, 66 % des catholiques américains jugent « acceptable » que des enfants soient élevés dans une famille homoparentale, selon un sondage du Pew Research Center, publié début septembre. Quarante-six pour cent estiment même que l’Eglise devrait reconnaître les unions homosexuelles. La visite du pape, qui s’achève par la Rencontre mondiale des familles à Philadelphie pourrait être l’occasion d’aborder des sujets marquants, comme le sort des divorcés remariés ou l’accueil des familles non traditionnelles.


 


_ Des sujets qui fâchent

Au cours de ses 18 discours, dont 14 seront prononcés en espagnol, le pape ne manquera pas de dénoncer les excès du capitalisme, du consumérisme, le gaspillage ou les injustices sociales, criants aux Etats-Unis. Sur le climat ou l’immigration, il apparaîtra sans doute comme un soutien du camp démocrate. Reste à savoir la place qu’il octroiera à « la défense de la vie » (c’est-à-dire la lutte contre l’avortement) et à la liberté religieuse, chères aux républicains et qu’illustrent la bataille menée au Congrès contre le financement du Planning familial par des fonds fédéraux, ou le bref emprisonnement dans le Kentucky d’une fonctionnaire refusant de délivrer des certificats de mariage aux couples homosexuels.

 

Le Monde.fr/ Mis à jour le 22.09.2015/ Par Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)

 

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/09/22/visite-historique-du-pape-aux-etats-unis_4766356_3222.html



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8 - Du Congrès à l’ONU, d’un discours du pape François à l’autre

 

À la veille de prononcer son discours aux Nations unies, le pape François est arrivé à New York, jeudi 24 septembre. À Washington, après s’être adressé au Congrès il a rencontré les sans-abri de la capitale fédérale. À Saint-Patrick’s, la cathédrale de New York, il s’est adressé avec une grande affection aux religieuses américaines. Entre deux grands discours, celui devant le Congrès à Washington et celui au siège des Nations unies à New York, vendredi 25 septembre, le pape François a prononcé d’autres allocutions, cette fois pastorales. Et devant des auditoires très différents.

À Washington, à peine sorti du Capitole, où l’avaient applaudi les élus américains, le pape a retrouvé des sans-abri dans l’église Saint-Patrick, au centre de la capitale fédérale. L’occasion d’une brève méditation, lue cette fois dans son espagnol natal – traduit en simultané – devant une assistance où siégeaient beaucoup de Noirs américains. Le « pape des pauvres » a cherché à soutenir leur foi et leur courage, comparant leur sort à celui de Joseph qui n’avait nul endroit où amener Marie lorsqu’elle devait enfanter. Avec eux, il a prié le Notre Père.

 

 

   

Aucune justification au manque de logement

Mais ses propos ont eu aussi une forte tonalité sociale. « Nous ne pouvons trouver aucune justification sociale ou morale, aucune justification quelle qu’elle soit, pour le manque de logement », a-t-il déclaré: « Il y a beaucoup de situations injustes ». En sortant de l’église, le pape a béni le repas offert aux démunis et souhaité un « bon appétit » avant de prendre congé pour gagner New York par avion. Là, il s’est retrouvé d’emblée au cœur de Manhattan, où une foule l’attendait – et un dispositif impressionnant de forces de police –, impatiente qu’il troque sa petite Fiat 500 pour une papamobile et les salue. Brièvement toutefois, pour des raisons de sécurité.

Sur la 5e avenue, le pape a été accueilli par le maire Bill DeBlasio devant un autre Saint-Patrick’s, plus connu: la cathédrale de New York. Un tout autre public l’y attendait. L’archevêque de New York, le cardinal Timothy Dolan, avait convié les riches donateurs de la toute récente restauration de ce qui est considéré comme l’église-mère des catholiques américains.


 


Aux religieuses américaines, « je vous apprécie beaucoup »

Les prêtres et religieux du diocèse étaient aussi présents en nombre. C’est à eux que le pape François s’est adressé durant un office des vêpres très musical. En particulier aux religieuses américaines. « Femmes fortes, combatives; armées de cet esprit de courage qui vous place en première ligne dans l’annonce de l’Évangile », les a-t-il décrites: « À vous, religieuses, sœurs et mères de ce peuple, je voudrais dire « merci », un « merci » très grand…, et vous dire aussi que je vous apprécie beaucoup ». Ces paroles du pape étaient attendues après les récentes années de controverse et procédures entre Rome et les congrégations féminines du pays. À New York, le pape François a tourné la page.

 

Autre parole de réconfort, celle survenue après les crimes de pédophilie qui ont éclaboussé l’Église outre-Atlantique. « Vous avez beaucoup souffert dans un passé récent, en prenant sur vous la honte de certains de vos frères qui ont porté préjudice à l’Église et l’ont scandalisée dans les plus vulnérables de ses membres », a-t-il dit, sans référence explicite aux abus sexuels, comme le regrettent les défenseurs des victimes. Le pape avait abordé aussi cette douleur dans son discours la veille aux évêques américains.


 


Prière pour les musulmans après la tragédie de La Mecque

Au début de l’office, le pape s’est aussi associé en prière à la souffrance de la communauté musulmane, endeuillée en pleine fête du sacrifice après la tragédie survenue plus tôt à La Mecque, qui a fait plus de 700 morts. Vendredi 25 septembre, le pape doit participer à une cérémonie interreligieuse prévue à Ground Zero juste après son discours devant l’ONU.

 

Sébastien Maillard (à New York)/ 25/9/15/ Mis à jour le 25/9/15 - 13 H 47

 

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Du-Congres-a-l-ONU-d-un-discours-du-pape-Francois-a-l-autre-2015-09-25-1360892



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9 - Le pape François canonise un « défenseur de la dignité des autochtones »

 

Le pape François a célébré mercredi 23 septembre la messe de canonisation de Junipero Serra, évangélisateur de la Californie où il fait toujours débat. Le pape a ensuite rencontré des représentants de la communauté des « native Americans ». Au Capitole, où il est attendu le 24 septembre, le pape François passera devant la statue de Junipero Serra, évangélisateur de la Californie du XVIIIe siècle qu’il a canonisé la veille. Avec une première lecture en chochenyo, langue de la communauté autochtone de cet État, la seconde en anglais, l’Évangile en espagnol, la prière universelle en créole, tagalog, coréen ou encore vietnamien, une litanie latine et des chants gospel… la diversité ethnique des États-Unis était à l’honneur au cours de cette célébration. La première canonisation sur sol américain et la première messe du pape François aux États-Unis, en présence des évêques de tout le pays.

 

« Junipero Serra a su quitter sa terre, ses coutumes, il a eu le courage d’ouvrir des chemins, il a su aller à la rencontre de tant de personnes en apprenant à respecter leurs coutumes et leurs particularités », a-t-il fait valoir dans son homélie lue espagnol. « Junípero a cherché à défendre la dignité de la communauté autochtone, en la protégeant de ceux qui avaient abusé d’elle », a-t-il encore justifié tandis que les médias américains insistent sur la controverse qu’a fait renaître cette canonisation d’un franciscain espagnol aux méthodes estimées violentes par certains. Le pape François a voulu au contraire se faire le défenseur de la communauté autochtone américaine actuelle, dénonçant, toujours dans son homélie, « des abus qui continuent aujourd’hui de susciter en nous un dégoût ». À la fin de la messe en plein air était prévue une rencontre privée avec vingt représentants de « Native Americans » de Californie.


 


Le patron des migrants

Mais les 20 000 fidèles rassemblés pour l’occasion devant le sanctuaire marial national de Washington n’avaient pas fait le déplacement pour la seule canonisation en ce lieu lui-même très peu fréquenté dans le pays. Ils étaient là d’abord pour le pape François. Comme un couple du Maryland voisin Bangladesh d’origine, venu avec leurs trois enfants et heureux d’avoir été tirés au sort dans leur paroisse pour avoir les billets d’entrée. « Ce pape touche nos cœurs, la paix est dans ses yeux », témoigne ravie l’épouse, Nilu.

 

Même émotion chez sa voisine, Trudy, originaire des Philippines, patientant pour recevoir la bénédiction au passage d’un pape qui « (lui) donne la chair de poule »: « Il donne un message d’unité dont la nation a besoin. »  Plutôt qu’une controverse, l’Église catholique voulait que la canonisation de Junipero Serra valorise les racines hispaniques du pays. Le pape François l’avait à cet égard même qualifié à Rome de « père fondateur des États-Unis ». Dans la foule multiethnique rassemblée dans la douceur d’un été qui n’a jamais tant mérité d’être qualifié d’indien, le franciscain espagnol devenait une sorte de patron des migrants, thème que n’a pas abordé le pape dans son homélie mais sur lequel il est très attendu dans son discours jeudi matin au Congrès.

 

Son homélie a été davantage l’occasion de dépeindre de manière plus générale une Église missionnaire, en sortie auprès de tous, comme la veut le pape: « Jésus ne nous donne pas une liste sélective de celui qui est digne ou pas, de ceux qui sont dignes ou pas de recevoir son message, sa présence. Au contraire, il a toujours embrassé la vie comme elle se présentait à lui. » « Allez à la croisée des chemins, allez… annoncer sans peur, sans préjugés, sans supériorité, sans se montrer excessivement puriste à tous ceux qui ont perdu la joie de vivre », a-t-il insisté.


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Liberté religieuse

Avant la messe, le pape François a ajouté une visite non prévue à son agenda officiel à Washington auprès d’une congrégation religieuse, les Petites sœurs des pauvres. Une manière, a indiqué le Vatican, de soutenir leur procès contre l’administration fédérale à propos d’une législation obligeant tout employeur – y compris leur congrégation – à proposer à leurs salariés une assurance-maladie couvrant la contraception et l’avortement, obligation qui compromet, selon les religieuses, leurs convictions. Dans son discours plus tôt à la Maison-Blanche, le pape a critiqué dans le même sens ce que les évêques américains considèrent des atteintes dans le pays à la liberté religieuse.

 

Sébastien Maillard (à Washington) / 24/9/15

 

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-pape-Francois-canonise-un-defenseur-de-la-dignite-des-autochtones-2015-09-24-1360387


 


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10 - A 'Ground Zero', le pape assure que la vie l’emporte toujours

 

New York, 25.09.2015 (cath.ch-apic) Le pape François a présidé, le 25 septembre 2015 à New York, aux Etats-Unis, une rencontre interreligieuse à Ground Zero, le mémorial des attentats du 11 septembre 2001. Le chef de l’Eglise catholique y a prêché la réconciliation face à la haine, soutenant que la vie triomphe toujours sur les prophètes de la destruction.

 

I.MEDIA

 

http://www.cath.ch/newsf/a-ground-zero-le-pape-assure-que-la-vie-lemporte-toujours/



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11 - RENCONTRE INTERRELIGIEUSE AU MÉMORIAL DE GROUND ZERO : DISCOURS DU SAINT-PÈRE

 

Etre au Ground Zero, où des milliers de vie ont été arrachées dans un acte insensé de destruction, suscite en moi divers sentiments, diverses émotions. Ici, la douleur est palpable. L’eau que nous voyons s’écouler vers ce centre vide nous rappelle toutes ces vies qui s’en sont allées sous le pouvoir de ceux qui croient que la destruction est l’unique façon d’apporter une solution aux conflits. C’est le cri silencieux  de ceux qui ont souffert dans leur chair de la logique de la violence, de la haine, de la revanche.

 

Une logique qui ne peut que causer douleur, souffrance, destruction, larmes. L’eau qui tombe est aussi un symbole de nos larmes. Des larmes pour les destructions d’hier, qui s’unissent aux nombreuses destructions d’aujourd’hui. C’est un lieu où nous pleurons, nous pleurons la douleur que provoque le sentiment d’impuissance face à l’injustice, face au fratricide, face à l’incapacité d’apporter une solution à nos différences en dialoguant. En ce lieu, nous pleurons la perte injuste et gratuite d’innocents pour n’être pas en mesure de trouver des solutions en faveur du bien commun. C’est une eau qui nous rappelle les pleurs d’hier et les pleurs d’aujourd’hui.

 

Il y a un instant, j’ai rencontré quelques familles des premiers secouristes tombés en service. Au cours de cette rencontre, j’ai pu constater une fois encore combien la destruction n’est jamais impersonnelle, abstraite ou matérielle,  mais que surtout elle a un visage et une histoire, elle est concrète, elle a des noms. Chez les proches de ces victimes, on peut voir le visage de la douleur, une douleur qui nous laisse sans voix et crie vers le ciel.

 

Mais à leur tour, ils ont su me montrer l’autre face de cet attentat, l’autre face de la douleur : le pouvoir de l’amour et du souvenir. Un souvenir qui ne nous laisse pas vides. Les noms de tant d’êtres chers sont inscrits ici en ce qui était les bases des tours ; ainsi, nous pouvons les voir, les toucher et ne jamais les oublier. Ici, au milieu de la douleur déchirante, nous pouvons toucher la capacité de bonté héroïque dont l’être humain est aussi capable, la force cachée à laquelle nous devons toujours recourir.

 

Au moment d’une douleur, d’une souffrance immenses, vous avez été témoins d’actes exceptionnels de don et d’aide. Des mains tendues, des vies livrées. Dans une métropole qui peut paraître impersonnelle, anonyme, où il y a de grandes solitudes, ils ont été capables de montrer la puissante solidarité de l’aide mutuelle, de l’amour et du sacrifice personnel. À ce moment-là, il n’était pas question de sang, d’origine, de quartier, de religion ou d’option politique ; il était question de solidarité, d’urgence, de fraternité. Il était question d’humanité. Les pompiers de New York sont entrés dans les tours qui étaient en train de tomber sans prêter attention à leur propre vie. Beaucoup sont tombés en service et par leur sacrifice ils ont sauvé la vie de tant d’autres.

 

Ce lieu de mort se transforme aussi en un lieu de vie, de vies sauvées, en un chant qui nous conduit à affirmer que la vie est toujours destinée à triompher sur les prophètes de la destruction, sur la mort, que le bien l’emportera toujours sur le mal, que la réconciliation et l’unité vaincront la haine et la division.

 

En ce lieu de douleur et de souvenir,  l’opportunité de m’associer aux leaders représentant de nombreuses traditions religieuses, qui enrichissent la vie de cette grande ville, me remplit d’espérance. J’espère que notre présence ici est un signe puissant de nos volontés de partager et de réaffirmer le désir d’être des forces de réconciliation, des forces de paix et de justice dans cette communauté et partout dans notre monde. Dans les différences, dans les désaccords, il est possible d’expérimenter un monde de paix. Face à toute tentative uniformisatrice, il est possible et nécessaire de nous réunir à partir des différentes langues, cultures, religions, et  d’élever la voix contre tout ce qui veut l’empêcher. Ensemble, aujourd’hui, nous sommes invités à dire : ‘‘non’’ à toute tentative d’uniformiser et ‘‘oui’’ à une différence acceptée et réconciliée.

 

Et pour cela, nous avons besoin de nous libérer de nos sentiments de haine, de vengeance, de rancœur. Et nous savons que c’est possible seulement comme un don du ciel. Ici, en ce lieu de la mémoire, chacun à sa manière, mais ensemble, je vous propose que nous observions un moment de silence et de prière. Demandons au ciel le don d’œuvrer pour la cause de la paix. Paix dans nos maisons, dans nos familles, dans nos écoles, dans nos communautés. Paix en ces endroits où la guerre semble sans fin. Paix sur ces visages qui ont connu uniquement la douleur. Paix dans ce vaste monde que Dieu nous a donné comme maison de tous et pour tous. Seulement, PAIX. Prions en silence.


 


[Moment di silence]

Ainsi, la vie de nos êtres chers ne sera pas une vie qui demeurera dans l’oubli, mais elle se fera présente chaque fois que nous luttons pour être prophètes de construction, prophètes de réconciliation, prophètes de paix.

 

New York / Vendredi 25 septembre 2015/  Copyright - Libreria Editrice Vaticana

 

https://w2.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2015/september/documents/papa-francesco_20150925_usa-ground-zero.html


 


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12 - À Philadelphie, le pape rencontre des victimes de prêtres pédophiles

 

Le pape François a annoncé lui-même avoir rencontré, dimanche 27 septembre, à Philadelphie, cinq victimes d’actes pédophiles dont certains commis par des prêtres. Devant les évêques participant à la 8e Rencontre mondiale des familles, le pape a fait part de sa « honte » face aux actes pédophiles de certains prêtres et promis que « tous les responsables rendront des comptes ».

 

Avec gravité, le pape François a évoqué devant 300 évêques participant à la 8e Rencontre mondiale des familles, dimanche 27 septembre, la souffrance et la douleur des enfants victimes d’actes pédophiles de la part de prêtres, ainsi que sa honte. « Dieu pleure », a-t-il lancé à Philadelphie, avant d’assurer que « les crimes et les péchés des actes pédophiles contre des mineurs ne peuvent être tenus secrets plus longtemps.»  « Je promets que tous les responsables rendront des comptes », a-t-il déclaré avant de poursuivre: « Je dis cela parce que je viens de rencontrer un groupe de personnes victimes d’actes pédophiles lorsqu’elles étaient enfants, assistées ici à Philadelphie avec une attention spéciale par Mgr Chaput », l’évêque de Philadelphie.



Engagement renouvelé contre la pédophilie

Un peu plus tôt, a indiqué le Bureau de presse du Saint-Siège, le pape avait rencontré au séminaire Saint-Charles-Borromée, pendant près d’une demi-heure, certaines victimes d’actes sexuels commis par des membres du clergé, des membres de leur famille ou des éducateurs. Il s’est agi de cinq adultes – trois femmes et deux hommes – accompagnés par l’archevêque de Boston, le cardinal américain Sean Patrick O’Malley, président de la commission instituée par le pape pour la protection des mineurs.

 

Le pape a écouté le témoignage des victimes et prononcé quelques mots, a indiqué le Vatican, faisant part de sa participation à leur souffrance, sa douleur et sa honte, en particulier dans le cas des blessures infligées par des membres du clergé ou des collaborateurs de l’Église. Le pape François a également « renouvelé son engagement et celui de l’Église afin que toutes les victimes soient écoutées et traitées avec justice, que les coupables soient punis et que les crimes pédophiles soient combattus avec une action de prévention efficace, dans l’Église et la société ».


 


Un diocèse miné par les scandales

Plusieurs dizaines de cas de prêtres pédophiles ont été mis au jour au milieu des années 2000 dans le diocèse de Philadelphie. En 2012, Mgr William Lynn, en charge du personnel du diocèse, avait été accusé d’avoir dissimulé des cas d’agressions sexuelles et condamné à une peine de 3 à 6 ans de prison. Le diocèse a versé des dizaines de milliers de dollars pour dédommager des victimes.

C’est officiellement la deuxième fois que le pape François rencontrait des victimes d’actes pédophiles commis par des membres du clergé, mais la première fois hors du Vatican. Ainsi, le 7 juillet 2014, il avait longuement rencontré, individuellement, six victimes de prêtres pédophiles, trois hommes et trois femmes, originaires d’Allemagne, du Royaume-Uni et d’Irlande, après avoir célébré la messe en leur présence, à la Maison Sainte-Marthe.

 

27/9/15/ Apic/I.Media

 

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/A-Philadelphie-le-pape-rencontre-des-victimes-de-pretres-pedophiles-2015-09-27-1361723



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13 - À Philadelphie, le pape défend la place des religions, des familles et des laïcs

 

Le pape François a présenté la famille comme « une usine d’espérance » dans une intervention improvisée, samedi 26 septembre à Philadelphie, à la soirée festive marquant la rencontre internationale des familles. Dans la ville de l’indépendance américaine, il a aussi défendu la place des religions dans la société au nom du droit à la liberté religieuse. Il a également plaidé pour celle des laïcs dans l’Église au cours d’une messe célébrée à la cathédrale.

 

Place des religions dans la société, place de la famille et place des laïcs dans l’Église ont été au cœur du message du pape François, samedi 26 septembre, à Philadelphie, dernière étape d’une visite américaine très suivie outre-Atlantique. Entre religions et société, le pape a souhaité que les rapports soient moins violents. Lors d’une rencontre sur la liberté religieuse à l’Independance Hall, lieu de naissance historique des États-Unis, il a dénoncé « un monde où diverses formes de tyrannie moderne cherchent à supprimer la liberté religieuse, ou bien cherchent à la réduire à une sous-culture sans droit d’expression dans la sphère publique, ou encore cherchent à utiliser la religion comme prétexte à la haine et à la brutalité », en référence aux fondamentalistes terroristes.

 

« Nos diverses traditions religieuses servent en premier lieu la société par le message qu’elles proclament », a défendu le pape. Elles appellent « au souci de l’avenir de la société ». Elles empêchent aussi que ne prévale une mondialisation uniformisatrice, a-t-il ajouté, réitérant la mise en garde de son exhortation Evangelii gaudium . L’arrivée de migrants renouvelle ces rapports entre religions et société, comme le pape l’a expliqué en s’exprimant en espagnol devant un public comptant de nombreux Hispaniques. Le pape a rendu hommage à leur « foi vibrante », à leur « sens profond de la vie familiale et à toutes ces autres valeurs dont (ils ont) hérité ».

« En apportant vos dons, vous ne trouverez pas seulement votre place ici, vous aiderez à renouveler la société de l’intérieur », les a-t-il encouragés. Plus tôt le matin, il avait survolé Ellis Island, symbole de l’émigration en Amérique, en quittant Manhattan par hélicoptère.

 

En venant défendre à Philadelphie le droit à la liberté religieuse, le pape François reprenait un thème abordé trois jours plus tôt à la Maison-Blanche. Il faisait aussi appel, comme dans son discours au Congrès, aux références historiques des États-Unis, rappelant « à la démocratie américaine les idéaux pour lesquels elle a été fondée ».


 


« La famille, plus belle réalité que Dieu créa »

Le pape était venu dans la ville où fut signée la déclaration d’indépendance du pays du 4 juillet 1776 en raison de la rencontre internationale des familles qui s’y déroulait, un événement que l’Église catholique organise environ tous les trois ans dans une ville du monde. La veillée qu’il présida dans la soirée de samedi vit un pape François très en forme improviser en espagnol une brève mais vigoureuse et spirituelle défense de la famille définie comme « une usine d’espérance, une usine de Résurrection », malgré ses difficultés au quotidien – « les assiettes volent, les enfants donnent mal à la tête et je ne veux pas parler des belles-mères… »: « La famille a une citoyenneté qui est divine, sa carte d’identité est donnée par Dieu. C’est la plus belle réalité que Dieu créa. »

 

27/9/15/

 

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/A-Philadelphie-le-pape-defend-la-place-des-religions-des-familles-et-des-laics-2015-09-27-1361543


 


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14 - Le pape revient des Etats-Unis renforcé pour le Synode sur la famille

 

Au terme d’une visite plébiscitée par les Américains, le pape revient des États-Unis avec un leadership renforcé à la veille du second Synode sur la famille qui s’ouvrira dimanche 4 octobre.

À Philadelphie, il a clôturé la Rencontre mondiale des familles, dimanche 27 septembre, par une messe précédée d’une réunion avec les évêques. Dans ce diocèse américain qui fut durement frappé par le scandale de pédophilie, il a rencontré des victimes de ces abus. Les États-Unis ne représentent pas seulement la première puissance mondiale. Au sein de l’Église catholique, c’est aussi une force incontournable et influente. En y accomplissant un voyage qui a suscité un engouement populaire, médiatique et politique retentissant dans le pays, le pape François revient à Rome avec un leadership renforcé, à la veille du second Synode sur la famille, étape clé et délicate de son pontificat.



Témoins de la « Francis mania »

La rencontre mondiale des familles, dont il a célébré dimanche 28 septembre la messe de clôture à Philadelphie, a clairement établi le lien entre les deux événements. Les évêques américains attendus la semaine prochaine à Rome et, au-delà, les pères synodaux qui auront suivi à distance le voyage du pape commencé à Cuba, auront été témoins de la « Francis mania » qui a déferlé sur les États-Unis. Ils auront vu les retransmissions en boucle de sa visite sur les chaînes de télévision, entendu les standing ovations qu’il reçut au Congrès, à l’ONU et plus encore à la fin de la messe, vendredi soir, à Madison Square Garden.

 

Cette célébration avait été organisée dans cette salle prestigieuse de New York, et non au Yankee Stadium de la ville, initialement envisagé, afin de ne pas faire d’ombre à la messe finale de Philadelphie, dimanche après-midi, qui, précédée d’une soirée festive, la veille, se voulait le plus gros événement de la visite. Les trois jours du pape à Cuba s’étaient également achevés, mardi dernier, par une rencontre avec les familles. Thème qu’il a mentionné ensuite, à Washington, à la Maison-Blanche puis à la fin de son allocution au Capitole et, le lendemain à New York, au cours de son discours aux Nations unies, comme un fil conducteur de son itinéraire.


 


« Sans la famille, même l’Église n’existerait pas »

À Philadelphie, comme ailleurs, le pape s’est gardé toutefois d’effleurer les sujets épineux qui attendent les pères synodaux. Il a surtout posé les termes généraux de leurs débats à venir au Synode – dont le déroulement obéira à un schéma inédit qui sera présenté vendredi à Rome. Il n’a cessé de les inviter à regarder les situations familiales à l’œil nu, avec le plus sincère réalisme.

« Les familles parfaites n’existent pas », a-t-il répété, dépeignant leur quotidien. À Cuba, dans le ton de ses catéchèses hebdomadaires à Rome, il s’était ainsi attardé sur l’importance des soirées en famille dont on lui avait fait part. Ces moments où « on parlait de la journée, de ce que chacun avait fait, on mettait de l’ordre dans la maison, on rangeait les vêtements, on programmait les tâches importantes pour les jours suivants ».

 

Jorge Bergoglio témoignait alors de son expérience d’archevêque de Buenos Aires. De la même manière dimanche, aux divers évêques invités à la rencontre de Philadelphie, après avoir brossé un portrait sans complaisance d’une société dominée par le consumérisme et la solitude, il a recommandé de savoir « ”perdre” du temps avec les familles », comme il le conseille aux parents avec leurs enfants. Une image pour illustrer un accompagnement, une « proximité renouvelée entre la famille et l’Église » qu’il a demandée et qui s’entendait comme un objectif du prochain Synode.

« La famille est le lieu fondamental de l’alliance entre l’Église et la création de Dieu », a-t-il défini dimanche : « Sans la famille, même l’Église n’existerait pas. » « La famille est notre alliée, notre fenêtre sur le monde », a-t-il insisté devant les évêques. « La famille a une citoyenneté qui est divine, sa carte d’identité est donnée par Dieu. C’est la plus belle réalité que Dieu créa », avait-il improvisé la veille, lors d’une très musicale ‘fête des familles’.



Un pays où l’épiscopat est perçu comme trop crispé sur ces questions

Renouveler les rapports de la famille avec l’Église, dans un pays où l’épiscopat est largement perçu comme trop crispé sur ces questions, passe aussi par une place plus large accordée aux laïcs. Le pape François l’a déclaré de la manière la plus explicite depuis le début de son pontificat à l’occasion d’une messe, samedi matin, avec les prêtres et religieux de Pennsylvanie. « L’avenir de l’Église dans une société en évolution rapide appellera, et même appelle déjà, à un engagement beaucoup plus actif du laïcat », a-t-il averti tandis qu’est prévue la création d’une Congrégation pour les laïcs dans le cadre de la réforme de la Curie.

À partir de l’exemple de Catherine Drexel (1858-1955), religieuse américaine de Philadelphie canonisée en 2000, il a aussi invité à « évaluer l’immense contribution que chaque femme, laïque et religieuse, a apportée et continue d’apporter à la vie de nos communautés. »

 

S’ajoutant à son hommage appuyé aux religieuses américaines, jeudi soir, à la cathédrale Saint-Patrick de New York, ainsi qu’à sa demande, la veille, aux évêques du pays de revoir leur dialogue avec la société et de s’unir davantage à lui, le pape François a ouvert plus largement, par ce voyage, une nouvelle page des rapports des 71 millions de catholiques américains avec leurs évêques et avec Rome.

 

Sébastien Maillard, à Philadelphie/ 27/9/15 - 18 H 07

 

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-pape-revient-des-Etats-Unis-renforce-pour-le-Synode-sur-la-famille-2015-09-27-1361716


 


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