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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

VIVRE SANS FAIRE DU MAL EST POSSIBLE (Religion et autres)


Publié le 28/12/2015 à 18:57:09
MONDE/ RELIGION CATHOLIQUE : Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme



 

0.1 – « Qui est Jésus Christ ? Les trente-deux premières années de la vie du Christ nous sont inconnues. Après sa naissance saluée par tous les anges du ciel, plus rien. Ou presque. Que savons-nous de l’enfance de Jésus, de son éducation, de ses jeux et de ses mots d’enfant ? Rien ou presque. Jésus est mort vers l’âge de trente-cinq ans, mais les trente-deux premières années de sa vie sont presque inconnues. Que savons-nous de l'enfance de Jésus, de son éducation, de ses jeux et de ses mots d'enfant ? Rien, ou presque. Jésus est mort vers l'âge de trente-cinq ans, mais les trente-deux premières années de sa vie sont presque inconnues. Après sa naissance saluée en fanfare par tous les anges du ciel, plus rien, ou presque. Comme le souligne non sans humour John P. Meier dans Un certain Juif (Cerf, 2005), "il n'est pas nécessaire d'être freudien de stricte obédience pour saisir qu'il nous manque des données permettant de comprendre le Jésus adulte"…»


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0.2 – « La religion chrétienne n'est pas seulement, par essence, la religion d'amour : Certes, le prophète juif du nom de Jésus condamne, sans appel, la violence. Il appelle à la miséricorde des siens pour tous les exclus et marginaux de son temps, pour les «simples d’esprit», les lépreux, les collecteurs d’impôts, les étrangers (les fameux Samaritains), les prostituées, la femme adultère, les pécheurs, bref tous ceux que les juifs pieux ne voulaient jamais accueillir à leur table de peur d’être souillés. C’est la principale provocation de son message : «Je ne suis pas venu pour les justes, mais pour les pécheurs». Soit un retournement de valeurs qui résonne jusqu’à aujourd’hui : «Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Et bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis» (évangéliste Matthieu 5, 43-44). L’apôtre Paul qui, avant sa conversion, persécutait les premiers chrétiens, surenchérissait: «Ne rendez à personne le mal pour le mal. S’il est possible, vivez en paix avec tous les hommes» (épitre aux Romains 12, 17-18).

Par son arrestation, son procès et sa mort sur une croix –le supplice le plus cruel à l’époque–, Jésus a été victime d’une extrême violence. Mais il n’est pas un pacifiste bêlant, contrairement à ce que dit l’image d’Epinal. Il frappe, au contraire, par la virulence de son langage : Jésus traite ses contemporains de «race de vipères», manie l’imprécation, chasse les marchands du temple de Jérusalem. »

 

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1 - La double nature du Christ : un mystère

 

Depuis ses tous débuts, dans sa prière comme dans ses professions de foi, l’Église a toujours confessé la double nature de Jésus de Nazareth. Elle a toujours affirmé que l’on ne peut se dire chrétien si l’on ne professe pas cette vérité : "Le Christ est vrai Dieu et vrai homme".

  

Un mystère souvent attaqué, dans le passé…
Pourtant il lui a fallu se battre sans cesse pour maintenir le mystère de la double nature de Celui qui, homme à part entière, appelle aussi Dieu son "Père". En effet, au cours des siècles, il y a toujours eu des chrétiens pour réduire ou mettre en doute tantôt la divinité du Christ, tantôt son humanité, ce qui a donné naissance à de multiples hérésies, à chaque fois combattues par un Concile. La crise la plus terrible fut, au 4ème siècle, celle de l’arianisme, qui faisait du Christ une simple créature de Dieu et niait ainsi sa divinité.

La réponse de l’Église fut sans appel. Le concile tenu à Nicée en 325 affirme l’unité divine du Père et du Fils. Il exprime leur "consubstantialité" dans le "Symbole de Nicée". Un peu plus tard en 451, le concile de Chalcédoine est sur ce point d’une importance capitale. Il confesse que "Jésus est vraiment homme et vraiment Dieu.... . Un seul et même en deux natures... sans confusion sans changement, sans division et sans séparation".

  

… et encore de nos jours
Or cette erreur de l’arianisme, qui porte atteinte à la divinité du Christ, n’est pas morte. Elle est la grande tentation de notre époque et connaît de multiples variantes.

§ Il y a ceux qui réduisent la personne du Christ en voulant faire une distinction entre le "Jésus de la foi" et "celui de l’histoire".
(Le "Jésus de la foi" ne serait qu’une construction mentale des premiers chrétiens, élaborée "a posteriori", à partir de leurs souvenirs enjolivés, et le "Jésus de l’histoire", personnage historiquement connu).

 

§ Ceux qui, fascinés par le culte de l’homme, font du christianisme une religion où l’humain absorbe tout.

§ D’autres, uniquement sensibles au "personnage" de Jésus, ont du christianisme une conception sentimentale sans aucune réflexion doctrinale, ce qui les conduit insensiblement à prendre leurs distances avec le corps ecclésial, le Credo et même l’Incarnation.

C’est pourquoi le Temps de Noël doit être l’occasion de réaffirmer à la suite de Pierre : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant " (Mt 16,16). Tout ce que l’Eglise affirme sur la double nature du Christ, elle le tient des Écritures, notamment des Évangiles et des Épîtres de Saint Paul (Ph 2, 6), ce que nous allons voir maintenant.

 

 

 

1 - Sa nature divine transparaît tout au long des textes

Ceux qui le suivent voient d’abord en Lui un personnage hors du commun, puis un envoyé de Dieu (Jn 4, 34), le Messie attendu. Peu à peu ils découvrent que de Lui émane la puissance divine.

 

Ses pouvoirs sont surnaturels

Il commande aux éléments qui lui obéissent (Lc 8, 24-25 )
Il effectue de nombreuses guérisons
Il nourrit la foule en multipliant les pains (Mc 6, 30-44)
Il réveille les morts (Mc 5, 35-43 ).

Mais surtout Il pardonne, pouvoir qui n’appartient qu’à Dieu (Mc 2, 7)

Il se présente comme Maître du Temple, du Sabbat et de la Loi qu’il n’hésite pas à compléter.

Il se révèle maître de l’avenir, en annonçant à Pierre son reniement, et Judas sa trahison, et en décrivant sa mort et en annonçant en termes mystérieux sa Résurrection, enfin en parlant de la fin du monde et de l’avenir de l’Église.

Il fait connaître le Seigneur Dieu et révèle que s’Il est Unique, Il n’est pas solitaire, mais qu’Il est Père, Fils et Saint Esprit (Jean 16). Il révèle également que, s’Il est le Souverain Maître de toute chose, Il possède aussi un amour immense et une miséricorde sans limites.

 

Assez rapidement, les disciples constatent que le Christ est "chez lui" dans le mystère divin et que, à l’inverse de Moïse, la sainteté et la justice de Dieu ne l’accablent pas.

Bien au contraire, Il parle à Dieu comme à Son Père et vit en parfaite intimité avec Lui. Il lui donne beaucoup de temps et toujours dans la discrétion. Il l’appelle Abba et demande à ses disciples d’en faire autant.

Il s’est occupé très tôt des affaires de son Père (Lc 2, 39).
Il agit en son Nom et pareillement à Lui (Jn 5, 12-47).
Cette intimité est la manifestation d’un amour réciproque qui apparaît dans toute sa force sur la Croix.

 

La filiation divine de Jésus est confirmée à deux reprises par Dieu Lui ?même : lors du Baptême par Jean-Baptiste et lors de la Transfiguration.

Mais il faut attendre la Résurrection pour que les yeux des Apôtres s’ouvrent totalement et qu’ils affirment que Jésus est le Fils de Dieu et Dieu Lui-même, ce que, pourtant, Celui ?ci leur avait répété à plusieurs reprises (Jn 10, 25).

 

Les derniers mots de la reconnaissance de Jésus de Nazareth comme Dieu appartiennent au centurion romain qui, voyant ce qui se passe autour du Corps Crucifié s’exclame :

"Vraiment cet homme était le Fils de Dieu" (Mt 27, 54)

Ils appartiennent aussi à Thomas qui ne peut rien dire d’autre que

"Mon Seigneur et mon Dieu " (Jn 20, 27).

Mais c’est seulement après la Pentecôte, que les disciples auront le courage d’affirmer bien haut toutes ces choses... au mépris du martyre.

 

 

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2 - Son humanité est, elle aussi, bien réelle

Son existence historique est vérifiable.

• . Il apparaît à une époque connue : 750 ans après la fondation de Rome, alors qu’Auguste fait procéder au recensement de son empire ; au temps de Tite ?Live et de Sénèque, peu après Virgile, un peu avant Tacite.
• . Il naît à Bethléem en Judée, au sein d’un peuple connu, sous le règne d’Hérode ler, surnommé le Grand ou le Cruel.
• . Son enfance se passe à Nazareth dans la discrétion, puis on le voit prêcher sur les routes de Palestine.
• . Il meurt crucifié à Jérusalem, sous le procurateur Ponce ?Pilate, pendant le règne de l’empereur Tibère. Il est enseveli et mis dans un tombeau.

 

 

Il est vraiment un homme.

•. On le connaît comme le fils du charpentier.
• . Il a une forte personnalité qui dit et fait ce qu’elle pense.
• . Il est attentif aux détails de la vie quotidienne (Mc 12, 4] et pose des questions bien concrètes
(Mc 6, 8 et Jn 13, 34 ).
• . Il n’apparaît jamais comme un surhomme,
mais ressent la fatigue et la soif (Jn 4, 6 ), la tristesse (Luc 19, 41).

 

 

Il a une vie sociale indéniable

• . Il partage sa vie avec ses amis et chemine avec eux à travers les villages de Galilée (Mc 8,27 ).
• . Il aime les fêtes de familles et les invitations (Lc 7, 3).
• . Les enfants viennent à lui avec joie (Mc 10, 13-16).
• . Il s’intéresse à tout le monde et se moque du qu’en dira ?t ?on (Lc 7, 37 et 19, 1-10).

 

 

Les plus grandes épreuves ne lui sont pas épargnées :

• . Il connaît l’incompréhension, la séparation, la solitude et la mort.

L’humanité de Jésus ?Christ est donc bien "palpable", ce que résume Gaudium et Spes :
"Le Fils de Dieu a travaillé avec des mains d’homme. Il a pensé avec une intelligence d’homme. Il a agi avec une volonté d’homme, et aimé avec un cœur d’homme.
Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l’un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché. (GS 22, 2).

L’Incarnation du Fils de Dieu est un événement unique et tout à fait singulier. Son mystère est celui de Dieu fait homme, un homme comme les autres. Il est le mystère de l’unité de deux natures...

Et, comme devant tous les mystères divins, on ne peut que contempler, admirer et aimer.

 

 

3 - Ce qu’en dit le Catéchisme

L’Incarnation
Reprenant l’expression de saint Jean : Le Verbe s’est fait chair » (Jn 1, 14), l’Eglise appelle Incarnation le fait que le Fils de Dieu ait assumé une nature humaine pour accomplir en elle notre salut. (...) :

Ayez entre vous les mêmes sentiments qui furent dans le Christ Jésus : Lui, qui était de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui L’égalait à Dieu. Mais Il s’anéantit Lui-même, prenant la condition d’esclave et se faisant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur la Croix ! (Ph 2, 5-8)

 

L’épître aux Hébreux parle du même mystère :

En entrant dans le monde, le Christ dit : "Tu n’as voulu ni sacrifice ni oblation ; mais tu m’a façonné un corps. Tu n’as agréé ni holocauste ni sacrifices pour les péchés. Alors j’ai dit : voici, je viens (…) pour faire ta volonté (Heb 10, 5-7, citant Ps 40, 7-9)

La foi en l’Incarnation véritable du Fils de Dieu est le signe distinctif de la foi chrétienne :

 

A ceci reconnaissez l’esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu dans la chair est de Dieu.(1 Jn 4, 2).

Telle est la joyeuse conviction de l’Eglise dès son commencement, lorsqu’elle chante le grand mystère de la piété : Il a été manifesté dans la chair. (1 Tm 3, 16) (CEC 461 à 463)

 

Vrai Dieu et vrai homme.
L’événement unique et tout à fait singulier de l’Incarnation du Fils de Dieu ne signifie pas que Jésus-Christ soit en partie Dieu et en partie homme, ni le résultat du mélange confus entre le divin et l’humain. Il s’est fait vraiment homme en restant vraiment Dieu. Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme. Cette vérité de foi, l’Eglise a dû la défendre et la clarifier au cours des premiers siècles face à des hérésies qui la falsifiaient. (CEC 464)

 

Les paragraphes suivants du Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC) - § 464 à 469 - détaillent les différentes hérésies qui n’ont pas tardé à surgir pour falsifier cette vérité de foi ,et comment elles ont été réfutées par les Conciles et les Pères de l’Eglise. Si cette question vous intéresse, vous devez vous y reporter.

 

 

4 - Deux citations fondamentales

4ème Concile œcuménique à Chalcédoine ? en 451 (Cité dans CEC 467)

.... Un seul et même Christ, Seigneur, Fils Unique, que nous devons reconnaître en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation.
La différence des natures n’est nullement supprimée par leur union, mais plutôt les propriétés de chacune sont sauvegardées et réunies en une seule personne…

Épître aux Philippiens 2, 6 (déjà cité dans CEC 461)

 

Lui, qui était de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui L’égalait à Dieu. Mais Il s’anéantit Lui-même, prenant la condition d’esclave et se faisant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur la Croix ! Aussi Dieu L’a-t-il exalté et Lui a-t-il donné le nom qui est au dessus de tout nom.". (Ph 2, 5-8)

 

http://saintsymphorien.net/Jesus-Christ-vrai-Dieu-et-vrai


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2 - Noël : Jésus, qui es-tu ?

 

Les trente-deux premières années de la vie du Christ nous sont inconnues. Après sa naissance saluée par tous les anges du ciel, plus rien. Ou presque. Que savons-nous de l’enfance de Jésus, de son éducation, de ses jeux et de ses mots d’enfant ? Rien ou presque. Jésus est mort vers l’âge de trente-cinq ans, mais les trente-deux premières années de sa vie sont presque inconnues.

Que savons-nous de l'enfance de Jésus, de son éducation, de ses jeux et de ses mots d'enfant ? Rien, ou presque. Jésus est mort vers l'âge de trente-cinq ans, mais les trente-deux premières années de sa vie sont presque inconnues. Après sa naissance saluée en fanfare par tous les anges du ciel, plus rien, ou presque. Comme le souligne non sans humour John P. Meier dans Un certain Juif (Cerf, 2005), "il n'est pas nécessaire d'être freudien de stricte obédience pour saisir qu'il nous manque des données permettant de comprendre le Jésus adulte"...

 

Seuls les évangiles de Matthieu et Luc s'intéressent à son enfance et particulièrement à ses premiers mois. Chez Matthieu, l'enfant est visité par des mages (épisode célébré par la fête de l'Épiphanie). Mais, menacée dès sa naissance par la cruauté du roi Hérode, la famille doit fuir en Égypte pour éviter le massacre des enfants de moins de deux ans ordonné par le roi. Le danger passé, elle revient à Nazareth. Chez Luc (Lc, 2, 22-24), cette famille manifestement d'un judaïsme fervent demeure à Jérusalem le temps de respecter les règles traditionnelles associées à la naissance d'un fils aîné (Lévitique, 12 ; 1-8) : circoncision le 8e jour après la naissance et purification au temple de Jérusalem le 14e jour. Il n'existe toutefois aucun document historiquement solide. Les récits de l'enfance de Matthieu et de Luc relèvent des récits merveilleux consacrés dans l'Antiquité à la naissance d'un héros.

 

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_ "L'enfant grandissait, se fortifiait..."

Ensuite, c'est le trou noir. Luc évoque seulement un pèlerinage à Jérusalem quand Jésus a douze ans (Lc 2, 41-47). Puis, jusqu'à trente-deux ans, silence. Faut-il s'étonner si ces années-là sont aussi celles qui ont le plus inspiré les auteurs des évangiles apocryphes, d'origine souvent gnostique, et plus tard certains romanciers ? De nombreux récits sur l'enfance de Jésus ont ainsi été retrouvés, comme l'Évangile de l'enfance selon Thomas ou Histoire de l'enfance de Jésus (III ou IVe siècle) qui montre un Jésus surdoué et insupportable (voir encadré), l'Évangile arabe de l'enfance (Ve-VIe siècle ?) qui évoque longuement la vie de la Sainte Famille en Égypte ou, plus tardif, l'évangile du Pseudo-Matthieu (fin du VIe ou début du VIIe siècle) qui fait de cet exode un chemin de roses pavé de miracles.

 

Mais, face au vide des canoniques et au trop-plein des apocryphes, l'historien en est réduit aux suppositions. La vie de Jésus enfant ? Celle d'un enfant normal, probablement, puisque Luc se contente d'un : "L'enfant grandissait, se fortifiait" (2,40). Normalité que justifie ainsi plus tard l'Épître aux Hébreux (2,17): "Il a dû devenir en tout semblable à ses frères afin de devenir dans leurs rapports avec Dieu un grand prêtre miséricordieux." L'épisode du pèlerinage à Jérusalem raconté par le seul Luc (2, 41-47) contredit pourtant cette image d'un enfant comme les autres. "Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de Pâque. Et, lorsqu'il eut douze ans, ils y montèrent comme c'était la coutume pour la fête. Une fois les jours écoulés, alors qu'ils s'en retournaient, l'enfant resta à Jérusalem à l'insu de ses parents. (...) Et il advint, au bout de trois jours, qu'ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Et tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses." Jésus, un surdoué ?

 

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_ "Celui-ci n'est-il pas le charpentier ?"

Ce fils aîné, qui a dû faire l'objet de toutes les sollicitudes de sa famille conformément à la tradition, a dû étudier un minimum, peut-être jusqu'à douze ans, à la synagogue de Nazareth. Il est moins certain qu'il ait fréquenté la bet ha-midrash, l'université religieuse où les meilleurs élèves apprenaient la Loi auprès des savants du temple, même si son habileté à débattre avec les plus érudits était reconnue. Dans ce cas, en effet, pourquoi des Juifs se seraient-ils étonnés qu'il connaisse l'écriture sans avoir étudié dans les règles (Jn 7,15) ? Quant à parler le grec, la lingua franca de l'Empire romain, peut-être le connaissait-il suffisamment pour s'exprimer dans la vie courante, mais il y a fort peu de chances qu'il l'ait maîtrisé, alors qu'il parlait sûrement l'araméen et probablement l'hébreu.

 

Reçut-il vraiment une formation de charpentier ? Marc est le seul à évoquer son métier (6,3a) : "Celui-ci n'est-il pas le charpentier (artisan du bois, tekton, en grec) ?" demandent les habitants de Nazareth quand Jésus, l'enfant du pays, revient prêcher dans leur synagogue. Joseph, lui aussi présenté comme charpentier, a pu former son fils à ce métier. Mais, si l'on en croit l'archéologie, les maisons de Palestine étaient en pierre ou en terre, et seules les poutres et les portes étaient en bois. Joseph et Jésus n'étaient-ils alors pas plutôt des tailleurs de pierres ?

 

C'est ce qu'assure James Tabor, archéologue et professeur à l'université de Caroline du Nord, dans La Véritable Histoire de Jésus. Une enquête historique et scientifique sur l'homme et sa lignée (Robert Laffont, 2007). Pour lui, d'ailleurs, Jésus n'était pas un ouvrier qualifié, mais un journalier, ce que traduit mieux le mot grec tekton. Nazareth étant à moins de deux heures à pied de Sepphoris, la ville qu'était alors en train de reconstruire le roi Hérode Antipas, Jésus a pu connaître la dure vie de chantier. Si Joseph est mort tôt – il disparaît rapidement des évangiles canoniques –, Jésus a dû se retrouver chargé de famille. Ce qui expliquerait qu'il ne commence sa vie publique que passé la trentaine. Mais tout n'est que supposition...

 

Cet article est paru dans Le Point Hors série Jésus, que vous pouvez retrouver ici / Consultez notre dossier : Le Journal de Noël

 

Par Catherine Golliau / Publié le 25/12/2015/ Le Point.fr

 

http://www.lepoint.fr/culture/noel-jesus-qui-es-tu-25-12-2015-2005221_3.php#xtor=CS3-190


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3 - JÉSUS EST-IL DIEU ?

 

Le défi incroyable de l’historicité de Jésus, c’est que cet homme a son nom associé à l’éventualité d’être Dieu. C’est peut être l’une des raisons pour lesquelles tant d’hommes intelligents ont des difficultés énormes à reconnaître l’historicité de Jésus : ils ont peur en disant “oui” de se trouver entraînés à reconnaître sa divinité. Jésus, parmi toutes les personnes de l’histoire, est celle qui entraîne le plus de réactions. Sa question : “Et vous, qui dites-vous que je suis?” dépasse l’histoire et l’existence. Ce n’est plus seulement Jésus, c’est nous qui sommes en question.

 

Nous n’avons pas l’intention de répondre en quelques pages, et pour chacun, à ce problème. Nous proposons seulement d’ouvrir une porte sur le mystère. Voici les points que nous soulèverons :

Jésus prétend-il être Dieu ? Renonce-t-il à être homme ?

Jésus et l’idée de Dieu des philosophes.

Le paradoxe de Jésus-homme et Jésus-Dieu.

Pourquoi ce Dieu là et pas un autre ?

Quelle image de Dieu donne-t-il ? Jésus-Christ ?

 

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I - JESUS-CHRIST A-T-Il PRETENDU ETRE DIEU ?

Lorsque l’on prend au sérieux l’existence historique de Jésus-Christ on peut se demander, tellement on le voit comme un homme véritable, s’il a vraiment prétendu être Dieu.

 

Un certain nombre de penseurs actuels prétendent que Jésus-Christ ne se disait pas Dieu : ce sont ses disciples qui auraient enjolivé l’histoire après sa mort.

Il est exact que dans les débuts de sa vie publique Jésus évite soigneusement d’être appelé le « Messie » un terme mystérieux, mais très important pour les Juifs de son époque. Il cache et essaie de cacher qu’il est « le Saint d’Israël », « le Messie », « le Fils de Dieu. »

 

Ceci s’explique très bien. En effet, les Juifs, au 1er siècle, espéraient un Messie dont on ne savait pas bien qui il serait, et “Christ” est un mot grec pour dire “Messie”, celui qui a reçu un signe avec de l’huile bénie par Dieu comme le Roi David. Mais cette “espérance d’Israël” était bien différente selon les personnes : pour les nationalistes-religieux (chez eux il n’y avait pas de différence), le Messie devait être un libérateur politique pour redonner l’indépendance à Israël par rapport aux Romains. Pour certains autres comme la Vierge Marie, Élisabeth, Siméon, Anne, etc., c’est beaucoup plus profond. C’est l’attente de la Promesse de Dieu, promesse de salut, promesse de résurrection (les Pharisiens aussi, dont on parle beaucoup dans les Évangiles et les Actes des Apôtres, croient en la résurrection des morts).

Mais cette promesse de Dieu, personne ne connaît encore ce qu’elle sera : Jésus va la révéler peu à peu, en évitant de donner du poids aux fausses images du Messie.

 

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« LE FILS DE L’HOMME »

A plusieurs reprises dans l’Evangile, Jésus va parler du « Fils de l’homme », en s’appliquant à lui-même progressivement cette expression. Que voulait-elle dire ?

Il y a dans un livre de l’Ancien Testament, le livre du prophète Daniel, l’expression et l’image de ce Fils de l’homme. (Daniel, ch.7 verset 9 à 14 et 15 à 28). Cette expression désigne à la fois un homme fils d’homme, de la condition humaine, et en même temps, un homme dépassant mystérieusement la condition humaine, « son Empire est un Empire éternel qui ne passera point » : et « voici venant sur les nuées du ciel comme un Fils d’Homme »...

 

Déjà le prophète Ezéchiel (ch.1 verset 26) avait parlé d’un être assis sur le fameux « char d’Ezéchiel », cet être a « une apparence humaine » et en même temps, il a « la gloire de Dieu. »

Donc, toute mystérieuse que soit cette figure du Fils de l’homme au temps de Jésus, c’est ce titre là qu’il va revendiquer devant ses Juges du Grand Tribunal Juif, le Sanhédrin : « Désormais le Fils de l’homme siégera à la droite de la Puissance de Dieu » (Luc, ch.22 verset 69).

 

Et alors, continue le récit « tous dirent « Tu es donc le Fils de Dieu ! « Et il leur déclara : « Vous le dites, je le suis. » (Luc ch.22 verset 70).

Résumons, Jésus a bien revendiqué, à son heure, le fait d’être Dieu. Et au même moment il revendique aussi le fait d’être véritablement un homme : « en moi, dit-il en substance, Dieu s’est fait homme pour vous rencontrer ». (11) Il fait solennellement cette déclaration au moment où il sait que cela va le condamner à mort.

 

 

II - LE DIEU DE JESUS-CHRIST EST LE DIEU DES PHILOSOPHES ?

Certains pourraient penser que lorsque Jésus-Christ revendique d’être Dieu, c’est seulement selon la pensée théologique des Juifs. Quels rapports aurait ce Dieu avec le Dieu des philosophes ? Le Dieu sur lequel les gens de tous les temps se sont accordés pour des qualités minimum, s’il existe.

 

Jésus-Christ semble bien avoir prévu cette question. Il a revendiqué d’être à la fois le Dieu d’Israël et le Dieu universel selon la raison. Il y a un passage dans l’Evangile significatif à ce sujet (Saint Jean, ch.8 versets 56 à 58). Les Juifs discutent avec lui, voici le passage essentiel :

« Abraham, votre père, exulta à la pensée qu’il verrait mon jour. Il l’a vu, et fut dans la joie. »

Les Juifs lui dirent alors : « Tu n’as pas cinquante ans et tu as vu Abraham ! »

Jésus leur dit : « En vérité, en vérité, Je vous le dit : avant qu’Abraham existât, Je suis ! »

En entendant cela, les Juifs prennent des pierres pour lapider Jésus, parce qu’il prétend à la divinité, il se déclare Dieu. Comme ils ne l’acceptent pas comme Dieu, ils ne leur reste qu’à juger qu’il blasphème, c’est-à-dire qu’il insulte très gravement Dieu.

Mais ce qui nous intéresse, ce n’est pas le refus des Juifs et ses conséquences, mais la déclaration de Jésus.

 

Et cette déclaration-affirmation de divinité est très étonnante. Elle fait à la fois référence aux textes anciens spécifiques d’Israël, et en même temps renvoie au Dieu que tout homme peut exiger. Le renvoi au contexte biblique spécifique d’Israël, c’est que Dieu dans l’Ancien Testament s’est présenté à Moïse sous le nom de « Je suis celui qui est » (Exode, ch.3 verset 14), et comme le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob (Ex.ch.3, verset 6).

 

En affirmant « Je suis » au delà du temps, Jésus revendique la divinité selon les exigences des philosophes, c’est-à-dire l’éternité ou l’éternel présent. Dieu n’a ni naissance ni fin. Il est celui dont l’existence ne dépend de personne. Il est à la fois le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, Le Dieu des Israélites, et le Dieu de la création.

 

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III - COMMENT JESUS-CHRIST ASSUME T-IL LE PARADOXE : DIEU ET HOMME ?

Pour aider à comprendre, choisissons une image dans l’Ancien Testament, précisément au moment où Dieu s’est révélé à Moïse comme « Celui qui est » : l’histoire du buisson ardent.

 

C’est une très belle manifestation de Dieu, et qui annonce environ 1500 ans à l’avance, le mystère de Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme.

Moïse, qui garde les troupeaux de son beau-père Jethro, voit dans la campagne du Sinaï un buisson qui brûle sans se consumer. (Livre de l’Exode, ch.3) Il s’approche pour voir cette merveille, et du buisson une voix lui parle :

« Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob. »

Moïse peu après lui demande son nom, et c’est là qu’il répond : « Je suis celui qui est. » C’est bien à cette parole que Jésus faisait référence dans la discussion avec les Juifs citée ci-dessus « Je suis. » Mais cette image fantastique du buisson qui brûle sans se consumer est aussi l’image du Dieu créateur. Le Dieu tout-puissant qui vient dans la création, dans ce buisson. Et qui, au lieu de tout brûler, de tout faire exploser tellement il est puissant, est capable de montrer sa présence symbolisée par le feu, sans qu’aucune feuille ni tige du buisson ne soit détruite.

 

Donc, de même, quand Dieu s’est fait homme en Jésus-Christ, sa toute-puissance n’a rien fait exploser de la nature humaine. C’est ce que l’Eglise reconnaît lorsqu’elle dit que Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme.

« Vrai Dieu né du vrai Dieu, de même nature que le Père »

« Pour nous les hommes et pour notre salut, Il descendit du ciel, par l’Esprit Saint, Il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme »

Credo de « Nicée - Constantinople », qui résume la foi chrétienne.

 

 

IV - POURQUOI LE DIEU DE JESUS-CHRIST ET PAS UN AUTRE ?

Par Jésus-Christ nous avons connu le Dieu-Trinité, Celui qui est un en trois personnes, le Père, le Fils (Jésus-Christ) et l’Esprit Saint. Mais sommes-nous obligés de croire en Jésus-Christ, ou pouvons-nous trouver d’autres Dieux ?

Il ne peut y avoir qu’un seul Dieu, donc si c’est Jésus-Christ, c’est lui (en trois personnes qui ont le même amour, la même volonté). Il ne peut pas y en avoir un autre en même temps, sinon le premier ne serait pas Dieu, l’Absolu.

 

Alors ? Suis-je libre de croire à un autre Dieu que Jésus-Christ ? Si vous trouvez un meilleur Dieu que Jésus-Christ, prenez-le. Quand à trouver une autre religion, voici ce qu’en disait Talleyrand. Un de ces « hommes des lumières » proposait pendant la Révolution une nouvelle religion de la raison, pour remplacer le christianisme. Et il voulait recueillir à son sujet les suffrages des députés. Au bout de cinq minutes Talleyrand l’interrompit en disant : « Nous vous croirons volontiers, monsieur, quand vous serez mort pour votre religion, et qu’après trois jours vous ressuscitiez. »

 

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V - QUELLE IMAGE DE DIEU DONNE JESUS-CHRIST ?

C’est la continuation de la réponse à la question précédente. Beaucoup de gens ont peur de Dieu. Un jour en Sibérie, peu de temps après la fin du communisme (1992), des étudiants nous posèrent cette question : « Maintenant que nous sommes libérés des communistes, allons-nous devenir les esclaves de Dieu ? »

 

Lorsqu’on pose cette question à Jésus-Christ, il répond non par des paroles mais par des actes, à peu près ceci :

Le Dieu que nous sommes, mon Père et Moi, je vous le montre à Noël, quand je viens naître parmi vous. Je viens dans le monde vous rencontrer comme un enfant, et non comme un dictateur tout puissant.

Alors comprenez-vous que ce que je cherche, c’est non pas à faire pression par la force ou la crainte sur votre liberté, mais à obtenir que vous m’aimiez. Et l’on n’aime pas si ce n’est librement.

 

Parmi beaucoup d’autres, l’image de Dieu que nous donne Jésus-Christ, c’est celle du pardon.

Sur la croix, alors qu’il meurt, mis à mort par nous les hommes Jésus dit à son Père : « Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » Et puis, sur la croix encore, au brigand, « le bon larron », qui lui dit : « Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras avec ton Royaume », Jésus répond :

« En vérité, en vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis. »

Luc ch.23 versets 39-43

Le Dieu qui pardonne et donne le ciel, y a-t-il un meilleur Dieu que Lui ?

 

 

 

**************

 

(11) Bien sûr, tout au long de sa vie publique, Jésus va employer différentes expressions et paraboles pour dire ce fait inouï : l’époux et l’épouse, le Royaume de Dieu, le Fils du Maître de la vigne, la Perle précieuse. Mais « Fils de l’homme » suffit ici à ouvrir la question.

 

http://www.1000questions.net/fr/histo2.html


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4 - BIBLE/ NOUVEAU TESTAMENT : Pourquoi quatre évangiles ?

 

Le Nouveau Testament débute par les quatre évangiles (Matthieu, Marc, Luc et Jean). Ces quatre évangiles sont la première et principale source d'informations sur la vie et le ministère de Jésus. Cependant, pourquoi avoir quatre évangiles et pourquoi n'avons-nous pas un seul livre ouvrant le Nouveau Testament et qui raconterait la vie de Jésus-Christ?

 

_ Pourquoi quatre évangiles?

Lorsque l'on regarde les dates de rédaction des évangiles, on remarque qu'ils n'ont pas été écrits juste après la mort et la résurrection de Jésus. Leur rédaction a commencé alors que les témoins de la vie de Jésus commençaient à mourir et alors que les premières communautés chrétiennes se développaient. Les évangiles sont donc là pour préserver ces témoignages.

 

Les auteurs des évangiles nous donnent des indications sur leurs raisons d'écrire. Luc précise qu'il souhaite présenter à son lecteur un récit le plus complet qui soit de la vie de Jésus (Luc 1:3). Jean précise que son souhait en écrivant cet évangile est de développer la foi de ses lecteurs (Jean 20:31).

 

Quand on lit une biographie, ce que l'on recherche c'est une présentation la plus complète possible de la vie d'une personne, présentation qui nous permette de tout connaitre pour autant que cela soit possible. En cela les évangiles ne sont pas comme nos biographies car aucun ne présente un récit complet comprenant tous les aspects de la vie de Jésus. Cependant, Luc prétend que son récit est digne de confiance et qu'il a interrogé les plus de témoins possibles avant de rédiger son évangile (Luc 1:1-4). Ainsi, les différents évangiles que nous possédons répondent à des objectifs qui sont différents et sont adressés à des personnes différentes.

 

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_ Les auteurs

Les quatre évangiles portent les noms de leurs auteurs. Quand on commence la lecture (Matthieu 1:1 ou Marc 1:1 par exemple), le nom de l'auteur n'est pas mentionné.

Comment donc les noms sont-ils apparus? Deux types d'arguments ont conduit à associer les noms aux auteurs des évangiles.

 

Parfois des éléments du texte des évangiles apportent des indices quant à l'auteur (comme par exemple en Jean 21:20-25).

Un autre type d'argument est le fait que les premiers chrétiens et en particulier les pères de l'église des premier et second siècles après Jésus Christ associaient déjà les textes des évangiles avec leurs auteurs.

 

Ainsi, Matthieu (aussi appelé Lévi) était l'un des disciples de Jésus et est considéré comme l'auteur du premier évangile. On pense qu'il a rédigé ce livre vers les années 50-60 de notre ère. Ce qui frappe lors de la lecture de cet évangile ce sont les nombreuses citations de l'Ancien Testament ce qui tend à montrer que les premiers lecteurs étaient des Juifs convertis auxquels Matthieu voulait montrer que Jésus est le Messie.

 

Marc est l'auteur du second évangile. C'était l'un des proches de l'apôtre Pierre (ce qui permet d'avoir une idée de ses sources pour la rédaction). Marc est aussi connu sous le nom de Jean-Marc et il apparait dans d'autres textes du Nouveau Testament (Actes 12:12; 1 Pierre 5:13). Il semble que son livre ait été rédigé plus tardivement aux environs de 63-68 après Jésus-Christ et que les lecteurs étaient des chrétiens non-Juifs.

L'évangile de Luc est le premier volume rédigé par Luc, un compagnon de l'apôtre Paul, le second étant les Actes des apôtres. Cet évangile aurait été rédigé entre 60 et 80 après Jésus-Christ. Un trait caractéristique de cet évangile est le fait que Jésus est présenté comme le Sauveur de tous les hommes. A cet effet Luc mentionne de nombreux exemples où Jésus exerce son ministère parmi les personnes en marge de la société du premier siècle.

 

Enfin, l'évangile de Jean est associé à Jean l'un des fils de Zébédée qui était un des douze disciples. La rédaction de cet évangile est plus tardive et se serait faite entre les années 80 et 100 c'est-à-dire à la fin du premier siècle.


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_ La rédaction des évangiles

Si on considère le début de l'évangile de Luc (Luc 1:1-4), on a une idée de la façon dont la rédaction des quatre évangiles s'est faite. Cette idée est d'ailleurs confirmée par les recherches faites par des universitaires.

Pour rédiger les évangiles les auteurs se sont basés sur différentes sources c'est-à-dire des témoignages. L'utilisation de différentes sources se manifeste dans le fait que les deux généalogies de Jésus (Matthieu 1:1-17 et Luc 3:23-38) sont différentes et complémentaires.

Parmi les différentes sources à leur disposition, les auteurs ont choisi les évènements, les discours, les miracles de Jésus qui étaient susceptibles de répondre à leur objectifs. C'est ce qui explique les différences entre les quatre évangiles.

Enfin, comme l'enseigne Paul en 2 Timothée 3:16, ce processus de rédaction des évangiles s'est fait sous le contrôle du Saint-Esprit ce qui garantit que ces récits sont vrais.

 

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_ Les évangiles synoptiques

Lorsqu'on lit les évangiles il apparait que l'évangile de Jean est différent des trois autres (Matthieu, Marc et Luc). Ces derniers présentent en effet de très nombreuses ressemblances qui font penser que les auteurs ont eu des sources communes. En particulier on retrouve beaucoup d'épisodes communs à ces trois livres. 601 des 661 versets de l'évangile de Marc se retrouvent dans l'évangile de Matthieu et/ou dans l"évangile de Luc.

 

De nombreuses théories ont été proposées pour expliquer cela. Sans les détailler toutes, il semble que le premier évangile rédigé (Matthieu) ait servi de base pour la rédaction des deux autres. Les autres auteurs utilisèrent aussi d'autres sources pour compléter leur récit. Il est important de rappeler que les évangiles ne constituent pas des biographies mais avait pour fonction de préserver l'enseignement de Jésus et d'encourager les premières communautés chrétiennes.

 

S'il y a de nombreuses similitudes entre eux, ces trois évangiles synoptiques ont des thèmes centraux différents:

. L'évangile de Matthieu cherche à démontrer que Jésus est le Messie et il sert aussi à encourager les croyants d'origine juive à suivre l'enseignement du Christ.

. L'évangile de Marc met en avant les actes de Jésus (miracles, exorcismes) plutôt que les discours. On note aussi que la formation et l'enseignement des disciples prend une place importante.

. L'évangile de Luc d'abord destiné à Théophile insiste sur l'universalité du message de Jésus et montre le ministère de Jésus parmi les personnes en marge de la société de l'époque.


 

L'évangile de Jean

L'évangile de Jean présente plusieurs différences par rapport aux autres évangiles:

. Il n'y a pas de récit de la nativité ni de généalogie du Christ.

. Il n'y a pas de récit de la tentation de Jésus ni de son baptême.

. Le récit semble être construit autour de sept paroles importantes (les sept "Je suis") et sept miracles, et moins d'éléments du ministère du Christ nous sont rapportés.

Par contre, Jean semble beaucoup plus intéressé à montrer l'identité de Jésus et en particulier le fait qu'il est le Fils de Dieu. Pour certains, le fait que les questions de l'identité et de la divinité de Jésus soient centrales au texte traduit une rédaction plus tardive et montre la préoccupation qu'avaient les chrétiens de la fin du premier siècle.

 

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_ En conclusion

Nous avons quatre évangiles car plusieurs auteurs ont accompli le travail d'interroger les témoins de la vie de Jésus, ils l'ont fait pour plusieurs raisons et parce qu'ils voulaient encourager des communautés chrétiennes différentes.

La diversité dans les quatre évangiles permet de parler différemment à différentes communautés. Cela nous permet aussi de découvrir plusieurs facettes de Jésus. Une façon d'illustrer cela est de considérer les représentations symboliques des évangiles qui ont été faites il y a plusieurs siècles. Ce qu'on appelle le tétramorphe est le fait que quatre figures ont été choisies pour représenter les évangiles: l'homme pour l'évangile de Matthieu, le lion pour l'évangile de Marc, le taureau pour l'évangile de Luc et l'aigle pour l'évangile de Jean. Ces figures représentent aussi des aspects centraux de la vie de Jésus: sa naissance et son incarnation (l'homme), la tentation dans le désert (lion), sa mort (le taureau) et son ascension (l'aigle)

 

Enfin, s'il y a des différences entre les quatre évangiles et parfois des difficultés à les harmoniser, il y a aussi un message central commun à ces quatre livres: les évangiles nous racontent la naissance de Jésus le Fils de Dieu, sa vie et son ministère parmi les hommes, sa mort et sa résurrection. C'est cela le message de l'Évangile.

 

http://www.universdelabible.net/la-bible/une-bibliotheque/pourquoi-quatre-evangiles


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5 - Christianisme : Jésus n'est pas le pacifiste que vous croyez et sa religion est persécutrice

 

[VIOLENCE ET SACRÉ 2/3] La religion chrétienne n'est pas seulement, par essence, la religion d'amour que l'on croit parfois. Rien n’est plus faux par exemple que de brosser le portrait de Jésus-Christ, fondateur du christianisme, comme celui d’un prophète non-violent. Cet article fait partie d'une série en trois volets sur la violence et le sacré. A lire aussi: «Judaïsme : le Dieu jaloux et vengeur de la Bible». A venir: «Islam: une histoire de désert et de sang», le 10 septembre.

 

Il ne faut pas confondre toutes les formes d’intégrisme religieux. Il y a sans doute peu en commun entre le militant juif ultra-orthodoxe qui puise dans le messianisme biblique sa revendication en faveur du «Grand Israël», le musulman salafiste qui rêve d’un retour aux premiers temps idéalisés de l’islam et le protestant évangélique radical ou le traditionaliste catholique qui rêve d’une «reconquête» chrétienne du monde.

Le point commun est qu’ils sont en rupture avec la «modernité», identifiée à la sécularisation, la laïcisation, le prétendu déclin des valeurs familiales et morales, la moindre visibilité de la religion. Comme le judaïsme, le christianisme connaît –et on verra plus tard le cas de l'islam– des chocs en retour, des réaffirmations «communautaires», des discours et parfois des actes violents contre une modernité moralement permissive et étrangère à Dieu.

 

A partir d’une lecture fondamentaliste du texte biblique, des militants chrétiens radicaux condamnent l’homosexualité, l’avortement, la sexualité hors mariage, la recherche sur les cellules souches d’embryons ou l’euthanasie. Leur vision biblique du monde est binaire: d’un côté, les «purs» ou les forces du Bien; de l’autre, les «corrompus» ou les forces du Mal, auxquelles est parfois assimilé l’islam.  L’idéologie de «croisade», réactivée dans les années Bush après le 11-Septembre, n’a pas complètement disparu. Nouveau «peuple élu» par Dieu, les puissants courants évangéliques américains se disent encore dotés d’une mission universelle de conversion et de réforme du monde. 

 

Par ses textes de référence et par son histoire, le christianisme, qu’il soit protestant, catholique ou orthodoxe, a donc eu, lui aussi, maille à partir avec la violence. On en veut que pour preuve les déclarations de «repentir» des dirigeants des Eglises.   

 

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_ 1.Jésus n'était pas si pacifique

Rien n’est plus faux que de brosser le portrait de Jésus-Christ comme celui d’un prophète
non-violent

Rien n’est plus faux que de brosser le portrait de Jésus-Christ, fondateur du christianisme, comme celui d’un prophète non-violent, une sorte d’ancêtre de Gandhi ou de Martin Luther King. Rien n’est plus faux également d’affirmer que le Nouveau Testament (Evangile et premiers écrits chrétiens) est celui de la conversion au «Dieu d’amour», rompant ainsi avec l’Ancien Testament, les récits bibliques de guerre et d’extermination.

 

La Bible hébraïque ne se réduit pas, en effet, à un héritage de violences et c’est dans les Ecritures juives que Jésus –venu sur terre, disent les Evangiles, non pas pour «abolir» la Loi de Moïse, mais pour l'«accomplir»– a puisé ses commandements majeurs de l’amour de Dieu et du prochain. L’une des premières hérésies chrétiennes, rejetée par l’Eglise naissante, a d’ailleurs été le «marcionisme» –du nom du philosophe Marcion (85-160)– qui voulait couper le christianisme de ses racines juives en opposant le «méchant Dieu» de l’Ancien Testament au «gentil» du Nouveau.

 

Certes, le prophète juif du nom de Jésus condamne, sans appel, la violence. Il appelle à la miséricorde des siens pour tous les exclus et marginaux de son temps, pour les «simples d’esprit», les lépreux, les collecteurs d’impôts, les étrangers (les fameux Samaritains), les prostituées, la femme adultère, les pécheurs, bref tous ceux que les juifs pieux ne voulaient jamais accueillir à leur table de peur d’être souillés. C’est la principale provocation de son message : «Je ne suis pas venu pour les justes, mais pour les pécheurs».

 

Soit un retournement de valeurs qui résonne jusqu’à aujourd’hui : «Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Et bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis» (évangéliste Matthieu 5, 43-44). L’apôtre Paul qui, avant sa conversion, persécutait les premiers chrétiens, surenchérissait: «Ne rendez à personne le mal pour le mal. S’il est possible, vivez en paix avec tous les hommes» (épitre aux Romains 12, 17-18).

 

Par son arrestation, son procès et sa mort sur une croix –le supplice le plus cruel à l’époque–, Jésus a été victime d’une extrême violence. Mais il n’est pas un pacifiste bêlant, contrairement à ce que dit l’image d’Epinal. Il frappe, au contraire, par la virulence de son langage : Jésus traite ses contemporains de «race de vipères», manie l’imprécation, chasse les marchands du temple de Jérusalem.

 

«Je suis venu jeter le feu sur la terre» (Luc 12,49); «Je suis venu non pas pour apporter la paix, mais l’épée» (Matthieu 10,34). Jésus traite ses contemporains de «race de vipères» (Matthieu 12, 34), manie l’imprécation («Malheur à toi…»), chasse les marchands du temple de Jérusalem et les invective : «Ma maison sera une maison de prière, mais vous, vous en avez fait une caverne de bandits» (Luc 19,46). Il rudoie son premier disciple, Pierre, qui fait de lui le «Messie» annoncé par les prophètes juifs, mais un Messie «triomphant», en prononçant le fameux «Vade retro Satanas (Derrière moi, Satan)» (Marc 8,33). 

 

Jésus demande enfin à ses disciples de se munir d’une épée quand ils auront à témoigner de lui dans le monde.


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_ 2.Une religion persécutée devenue persécutrice

La religion chrétienne a été maintes fois persécutée dans son histoire: dans les trois premiers siècles de son expansion sous l’empire romain, jusqu’à sa reconnaissance par l’empereur Constantin (313). Et jusqu’aux «martyrs» de la Révolution française, des guerres civiles du Mexique (1920-1930) et d’Espagne (1936-1939), des dictatures d’extrême-droite en Amérique latine et surtout des totalitarismes nazi et du communisme. Plus grave que les persécutions de Néron, des centaines de milliers de chrétiens orthodoxes –évêques, prêtres, moines, laïcs– ont trouvé la mort en URSS au lendemain de la révolution bolchevique, puis dans les goulags de Staline et de Khrouchtchev.

 

C’est ce christianisme, persécuté puis triomphant, qui a creusé les fondements de la civilisation européenne, édifié des cathédrales, inspiré des chefs d’œuvre universellement admirés –architecture, musique, peinture, littérature–, créé des écoles, des hopitaux, des ordres mendiants et hospitaliers, des institutions charitables. Il a envoyé sur toutes les routes du monde des pèlerins, des bâtisseurs, des missionnaires, des prédicateurs.

 

Mais comment expliquer que cette religion qui, de son héritage juif et de l’Evangile, tire le commandement d’amour du prochain et de sainteté de la vie compte tant de pages d‘ombre et de sang? En effet, cette religion qui prône l’égalité entre les races, les classes, les castes, les sexes –«Il n’y a plus ni juif, ni grec; ni esclave, ni homme libre; ni homme, ni femme. Car vous êtes tous un en Jésus-Christ» (épitre de Paul aux Galates)– a nourri la haine du juif, brûlé des hérétiques, servi des pouvoirs monstrueux, saccagé des villes, tué des hommes lors des croisades ou des conquêtes évangélisatrices et coloniales.

 

La religion persécutée est devenue…persécutrice. Après la mort du Christ sur la croix, une image tronquée du peuple juif a été répandue par les premiers philosophes chrétiens, appelés «Pères» de l’Eglise: la «dispersion» du peuple juif, après la destruction du temple de Jérusalem par Titus (60 ap.J.C), serait la sanction de la faute commise pour n’avoir pas reconnu Jésus-Christ comme le Messie annoncé par les prophètes d’Israël. 

 

Les mots de «peuple déicide» et «infidèle» ont fait leur entrée dans le vocabulaire chrétien. L’«antijudaïsme» s’est transmis de génération en génération, avec les phases aigües des croisades et de l’Inquisition. Et si cet «antijudaïsme» des origines chrétiennes n’est pas directement responsable de l’antisémitisme païen et racial des nazis, il faudra attendre la Shoah, au XXe siècle, pour que les Eglises chrétiennes révisent leur «enseignement du mépris du juifs» (Jules Isaac) et fassent enfin place à l’estime, au dialogue et au repentir.

 

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_ 3.Croisade contre djihad

La mémoire chrétienne hérite aussi d’une idéologie de «guerre sainte». Il a fallu près de mille ans pour passer du «pacifisme», originel et relatif, de Jésus dans l’Evangile au concept chrétien majeur de «guerre juste», défini à la suite de Saint-Augustin et de Thomas d’Aquin. La guerre est «juste» quand elle vise à défendre un pays, à récupérer des terres et des biens. Ainsi, c’est au cri de «Dieu le veut» que les premiers croisés de l’Occident latin se lancent à l‘assaut des lieux saints chrétiens de Jérusalem profanés par les «infidèles».

 

La croisade n’est pas seulement une guerre «sainte», mais elle est aussi «sanctifiante» : le sang versé en terre infidèle ouvre au «martyr» la porte du paradis

 

La croisade n’est pas seulement une guerre «sainte», mais elle est aussi «sanctifiante»: elle fait du guerrier un saint et lui vaut des indulgences. Le sang versé en terre infidèle ouvre au «martyr» la porte du paradis et du salut éternel. Le concept de croisade va ouvrir la voie à un imaginaire d’exclusion mutuelle durable entre l’islam naissant et la chrétienté. Jusqu’à aujourd’hui, la confiscation, à des fins idéologiques, des termes de «croisade» et de «djihad» suscite encore dans le monde des amalgames meurtriers. On l’a vu après le 11-Septembre et la guerre américaine contre le terrorisme en Afghanisan et en Irak.

 

Dans le christianisme, le thème de la «pureté» de la foi et la peur de l’hérésie ont aussi conduit aux pires excès. L’Inquisition, avec ses conversions forcées, ses procès sommaires et ses bûchers, ouvre un nouveau chapitre peu glorieux de son histoire. Par sa procédure, son secret, par le pouvoir discrétionnaire de ses exécutants, l’Inquisition continue d‘obséder l’imagination jusqu’à aujourd’hui, par le climat de terreur qu’elle a pu créer en France, en Espagne, en Italie. Elle est devenue l’archétype de la violence religieuse, l’emblême effroyable d’une époque où l’Eglise condamnait à mort pour délits d’opinion, de mœurs et de religion.

 

Dans le même temps, l’Europe chrétienne se déchire. L’expansion de la Réforme protestante (Luther, Calvin), opposée à la corruption de l’Eglise romaine, la résistance des «papistes» et des pouvoirs catholiques s’accompagnent de violences inouïes, de soulèvements et de guerres intestines. Mais, dans le contexte de l’époque –celui de l’angoisse hérétique et eschatologique, où le salut s’achète avec le «trafic des indulgences» - la violence religieuse n’est pas perçue comme un vrai péché. C’est au contraire «une violence purificatrice qui répond à un appel jaloux du Dieu de l’Ancien Testament», comme écrit l’historien Denis Crouzet dans Les guerriers de Dieu (1990).

 

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_ 4. Contre l'hérésie et la démocratie

Après le fracas des armes, des excommunications et des anathèmes, il faudrait encore évoquer la longue lutte contre toute forme de «modernité» menée, après les Révolutions en Europe, par une Eglise romaine obscurantiste. Elle est illustrée par la violence des déclarations de guerres contre les idées libérales et sociales, contre les développements de la science, des Lumières, de la liberté et de la démocratie. En 1864, le pape Pie IX condamne les «monstrueuses erreurs de la société moderne»: la liberté de presse et d’opinion, le rationalisme, le scientisme, le libéralisme, le socialisme! Les Descartes, Spinoza, Diderot, Voltaire, qui en appelaient à la raison critique pour juger des Ecritures saintes, sont vilipendés. Les exégètes, dits «modernistes», protestants et catholiques qui, en partant de l’histoire archéologique et de la critique des textes, remettent en cause la «vérité» des sources anciennes (Bible) et de la foi prêchée, sont excommniés.

 

Au prix de la longue crise «moderniste», à cheval sur les deux siècles), l'Eglise catholique accepte de relire ses textes sacrés à la lumière des découvertes historiques et critiques

 

Il faudra attendre le XXe siècle et le concile Vatican II, dans les années 1960, pour que notamment l’Eglise catholique, infaillible et «intransigeante», se montre plus tolérante, se rapproche des protestants, des orthodoxes, des juifs, des musulmans, se rallie aux droits de l’homme et à la démocratie. Au prix d’une longue crise interne (la crise «moderniste» à cheval sur les deux siècles), elle accepte de relire ses textes sacrés à la lumière des découvertes historiques et critiques, «démythologise» la figure du Christ, rejette les contenus violents de la Bible. C’est ce travail d’interprétation des textes sacrés, de «contextualisation», qui a été fait dans le christianisme et qui manque tant, aujourd’hui, aux lecteurs du Coran.

 

Au tournant de l’an 2000, le pape Jean-Paul II a demandé pardon pour les crimes commis dans l’histoire du christianisme: antijudaïsme, croisades, inquisition, guerre de religion. Les protestants et orthodoxes ont aussi fait «repentance» pour la violence qui a marqué certaines étapes de leur histoire. Ainsi, la plupart des Eglises ont-elles tiré les conclusions de cette intolérance, se sont réconciliées avec leurs «frères aînés» du judaïsme, ont renoncé à la formule de «peuple déicide» et condamnent, énergiquement, toute forme d‘antisémitisme. De même, elles cherchent la voie difficile d’un dialogue avec les musulmans, handicapé par l’absence de partenaires représentatifs et par une image dégradée d’un islam démangé par la tentation radicale.

 

  

_ 5. Protestants évangéliques et catholiques intégristes

Après les protestants réformés, émancipés à la Révolution, devenus des fers de lance dans les combats européens pour la liberté, la démocratie et la laïcité, les catholiques ont donc retrouvé le meilleur de leur histoire, renoué avec les accents de leur fondateur, pris leur parti de la laïcisation du monde, redoublé d’efforts envers les populations les plus pauvres, les exclus, les migrants, tous les défavorisés. Mais comment ne pas voir aussi que ces progrès sont aujourd’hui menacés par des comportements qui défient l’esprit des Evangiles et les déclarations des chefs d’Eglise, et par une certaine fascination pour la violence.

 

Aux Etats-Unis, en Afrique, en Asie, en Amérique latine où ils ont le vent en poupe, des courants protestants évangéliques refusent par exemple de faire le travail d’interprétation du texte biblique et continuent de s’en prévaloir pour imposer leurs vues morales conservatrices. Jusqu’à contester, comme le font les «créationnistes», la théorie de l’évolution des espèces selon Darwin. Fondé sur une lecture littérale et intégrale de la Bible, sur un prosélytisme actif, sur des promesses de «guérison», de «conversion», de «prospérité», ce protestantisme évangélique ne cesse de progresser.

Il dispose de puissants circuits de financement, exploite cyniquement la crédulité des populations les plus pauvres, mène une lutte radicale contre la «permissivité» morale, contre l’homosexualité, l’homoparentalité, l’avortement, la recherche sur les embryons. Il rejette toutes les valeurs séculières et la morale laïque, conteste un modèle de société occidental à prétention universelle.

 

On retrouve de la violence dans des groupes protestants ou catholiques anti-avortement, dits «pro-vie». Des militants n’hésitent pas à s’enchaîner dans des cliniques pratiquant l’IVG aux Etats-Unis où, jusqu’en 2009, des médecins ont été tués. On brûle aussi des préservatifs en Afrique. A Paris, des intégristes ont incendié un cinéma qui diffusait un film de Scorsese sur La dernière tentation du Christ. C’était en 1988, mais depuis des manifestations bruyantes se sont multipliées contre des pièces de théâtre ou des œuvres artistiques accusés de porter atteinte à la foi des croyants. Elles viennent le plus souvent de ces courants catholiques d’extrême-droite qui hier avaient rompu avec la «Rome moderniste» du dernier concile, soutenu des régimes autoritaires, justifié la torture en Algérie. Leurs héritiers en France aujourd’hui se retrouvent dans un mouvement comme Civitas qui s’est fait connaître, en 2013, lors des mobilisations mssives contre le «mariage pour tous».

 

Ces mouvements radicaux du protestantisme et du catholicisme sont bien entendu hostiles au dialogue avec les juifs et les musulmans. Ils participent de la méfiance face à l'expansion de l’islam, rejettent les règles de la société laïque, se répandent en dénonciations du blasphème et de la «christianophobie». Ils rêvent d’une restauration d’un ordre ancien où l’Eglise régentait les moeurs, d’une «nouvelle chrétienté» conçue comme une «citadelle», une contre-société libérale et permissive et mènent des entreprises de «reconquête» de pouvoir et d’influence, dans le monde politique, dans les écoles, les universités, les corps d’Etat ou les affaires. Sans la surestimer, une certaine «intransigeance» chrétienne renaît donc, qui n’est pas exempte de violence au moins verbale, et qui s’éloigne à nouveau inexorablement du message central de Jésus-Christ: «Heureux les doux et les hommes de paix».

 

Henri Tincq / Monde/ 09.09.2015 / Mis à jour le 09.09.2015

 

http://www.slate.fr/story/106313/christianisme-jesus-pacifiste-et-religion-persecutrice


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