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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

VIVRE SANS FAIRE DU MAL EST POSSIBLE (Religion et autres)


Publié le 01/08/2016 à 02:06:39
MONDE/ VATICAN/ PAPE FRANCOIS/ JMJ Cracovie 2016 : les messages des jeunes au pape François



 

0.1 – « JMJ Cracovie 2016 : les messages des jeunes au pape François : Des milliers de jeunes, venus des quatre coins du monde, sont à Cracovie où les Journées mondiales de la jeunesse ont débuté mardi 26 juillet. « La Croix » a recueilli leurs messages pour la paix adressés au pape François. Dès le premier contact avec les jeunes du monde entier, massés sous la fenêtre de l’archevêché de Cracovie, mercredi soir, le pape François est entré dans le vif du sujet. Interrompant leurs acclamations, il leur a demandé quelques instants de silence, en hommage à un volontaire polonais de 22 ans mort d’un cancer foudroyant quelques jours seulement avant l’ouverture de cet événement qu’il préparait depuis plusieurs mois avec ardeur. »

 

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0.2 – « Pape François : «La cruauté n'a pas pris fin à Auschwitz ou à Birkenau» : Vendredi soir, le Pape est revenu, sous la forme d'une libre improvisation, sur sa visite à Auschwitz qu'il avait tenu à accomplir le matin en silence. Chaque soir après son dîner le pape François salue quelques minutes la foule depuis la résidence de l'archevêché de Cracovie et tire le bilan de sa journée. Vendredi 29 juillet, il est revenu sous la forme d'une libre improvisation sur sa visite à Auschwitz qu'il avait tenu à accomplir le matin en silence«Je suis allé à Auschwitz, à Birkenau, rappeler les douleurs d'il y a 70 ans. Combien de douleurs! Combien de cruauté ! Mais, est-il possible que nous, les hommes, créés à la ressemblance de Dieu, nous soyons capables de faire ces choses ?   Mais ces choses ont été faites. Je ne voudrais pas vous attrister, mais je dois dire la vérité: la cruauté n'a pas pris fin à Auschwitz ou à Birkenau. Aujourd'hui on torture les gens! De nombreux prisonniers sont torturés, immédiatement, afin de les faire parler. C'est terrible. Aujourd'hui, il y a des hommes et des femmes dans des prisons surpeuplées. Ils vivent, pardonnez l'expression, comme des animaux. »

 

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1 - À Cracovie, le «n'ayez pas peur» du pape François aux jeunes

 

REPORTAGE/INFOGRAPHIES - En Pologne, le Pape a appelé la jeunesse à ne pas avoir peur et à «ne jamais céder à la tentation de s'isoler». La Pologne est une montagne de foi. Son sommet est dans le secret du sanctuaire de Czestochowa, à 317 mètres d'altitude. Il est dans l'obscurité même de la chapelle de la Vierge noire. Un archéologue religieux pourrait y compter les couches d'un indestructible limon spirituel. Il a consolidé, siècle après siècle, souvent dans l'adversité, ce pays à 97 % catholique où près de la moitié de la population pratique avec une ferveur unique. C'est un bastion de l'Église en Europe, une forteresse imprenable où il faut montrer patte blanche. Même un pape, s'il n'est pas polonais, doit s'y résoudre. François l'Argentin avance donc à pas de velours. Il sait que près de 15 % des catholiques le rejettent. Il est très conscient que ses messages insistants pour accueillir les immigrés en Europe agacent une opinion polonaise très majoritairement opposée à cette perspective. Et encore plus un gouvernement qui milite à l'inverse.

 

La Pologne a d'ailleurs «son pape». Un pape définitif, c'est saint Jean-Paul II. «C'est notre pape, on ne peut rien y faire, explique Daniel Luka, un religieux. Les Polonais accueillent François comme le chef de l'Église catholique mais il touche plutôt les jeunes générations.» Le respect est donc réciproque mais la franche sympathie n'est pas au rendez-vous. Jeudi matin, au deuxième jour de sa visite, François s'est donc présenté avec beaucoup d'humilité devant l'icône de la Vierge de Czestochowa. Ce familier de la spiritualité mariale s'est même montré très ému quand le bouclier d'argent qui la protège s'est lentement levé au son triomphal des trompettes. La densité de cette scène fut palpable quand François posa son regard sur un cadre de verre, fixé à gauche de l'icône vénérée. Il contient l'étole blanche de Jean-Paul II portée lors de l'attentat en 1981. Les taches de sang sont encore nettement visibles.

  

Le sang… Il coule à flots dans le monde. Le Pape, qui a parlé mercredi de «guerre mondiale par morceaux», le sait mieux que quiconque. Il venait d'évoquer dans l'avion la mémoire du «saint prêtre» français assassiné en pleine messe. «Un parmi tant d'autres», a tristement noté François. Ce qui donne à ce voyage, et à ces Journées mondiales de la jeunesse, une note très particulière, entre joie et anxiété. Mgr Henryk Hoser, l'un des deux évêques de la capitale, Varsovie, l'exprime: «Le meurtre de ce prêtre est une horreur incompréhensible. Nous devons maintenant nous rendre compte que Daech agit en Europe comme un cancer: ses cellules malignes s'infiltrent par métastase. Il sera impossible de le combattre sans l'aide de la diaspora musulmane présente en Europe. Les jeunes venus ici savent tout cela. Heureusement, ils peuvent vivre la joie de leur rencontre mondiale, en dehors de ce danger, comme dans une bulle.»

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 «Je suis meurtri de rencontrer des jeunes qui ont l'air de “retraités”»/ François

  

Le pape François voit pourtant les choses autrement. Il a commencé à le dire jeudi, à la Pologne et aux jeunes. Sa montre n'est pas réglée sur l'heure européenne - et encore moins sur le cadran polonais - mais sur l'horloge mondiale. Il a d'ailleurs prévenu alors qu'il célébrait, jeudi matin sur l'esplanade de Czestochowa, la messe anniversaire des 1050 années du baptême de la nation polonaise: «Le temps se resserre…»

Au contraire donc d'un repli sur le bastion du catholicisme et d'un durcissement, François a instamment demandé aux catholiques de «ne jamais céder à la tentation de s'isoler et de s'imposer» et de ne pas se laisser «attirer par la puissance, la grandeur et par la visibilité, ce qui est tragiquement humain». Il a plutôt proposé à ces chrétiens de vivre «une Pâque du cœur», c'est-à-dire un «passage intérieur» qui abandonnerait «l'arrogance de la vie qui vient du monde» en vue «de la contagion positive d'une foi authentique».


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Quant aux jeunes qu'il est allé rencontrer dans la soirée de jeudi pour la traditionnelle cérémonie d'«accueil du Pape», en utilisant une nouvelle rame écologique du tram de la ville peinte aux couleurs jaune et blanc du Vatican, il leur a d'abord passé un savon: «Je suis meurtri de rencontrer des jeunes qui ont l'air de “retraités” précoces qui ont “jeté” l'éponge avant de commencer la partie. Ils sont des jeunes fondamentalement ennuyés et… ennuyeux.»

 

Mais François les a surtout appelés, dans le même esprit d'ouverture, à se «lancer dans l'aventure de la miséricorde». Elle consiste à «construire des ponts et à abattre des murs de séparation» pour «secourir le pauvre» et «écouter ceux que nous ne comprenons pas, qui viennent d'autres cultures, d'autres peuples, ceux que nous craignons parce que nous croyons qu'ils peuvent nous faire du mal». Un «cœur miséricordieux, a-t-il martelé, s'ouvre pour recevoir le réfugié et le migrant.» Loin d'un monde en rose, ou d'un monde en gris, le Pape appelle fondamentalement les jeunes et les Polonais à vivre sans repli cette époque tourmentée. En s'adressant à foule, à son arrivée, il avait observé: «La vérité est que nous devons nous habituer aux choses bonnes comme aux choses brutales. La vie est ainsi, chers jeunes. (…) Donc n'ayez pas peur! Dieu est grand, Dieu est bon, et nous avons tous quelque chose de bon en nous.»

 

Par Jean-Marie Guénois / Envoyé spécial à Cracovie/ Mis à jour le 29/07/2016/ Publié le 28/07/2016 

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/07/28/01016-20160728ARTFIG00319-francois-a-cracovie-en-pensant-a-saint-etienne-du-rouvray.php


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2 - Pape François : «La cruauté n'a pas pris fin à Auschwitz ou à Birkenau»

 

Vendredi soir, le Pape est revenu, sous la forme d'une libre improvisation, sur sa visite à Auschwitz qu'il avait tenu à accomplir le matin en silence. Chaque soir après son dîner le pape François salue quelques minutes la foule depuis la résidence de l'archevêché de Cracovie et tire le bilan de sa journée. Vendredi 29 juillet, il est revenu sous la forme d'une libre improvisation sur sa visite à Auschwitz qu'il avait tenu à accomplir le matin en silence. «Je suis allé à Auschwitz, à Birkenau, rappeler les douleurs d'il y a 70 ans. Combien de douleurs! Combien de cruauté! Mais, est-il possible que nous, les hommes, créés à la ressemblance de Dieu, nous soyons capables de faire ces choses ?


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Mais ces choses ont été faites. Je ne voudrais pas vous attrister, mais je dois dire la vérité: la cruauté n'a pas pris fin à Auschwitz ou à Birkenau. Aujourd'hui on torture les gens! De nombreux prisonniers sont torturés, immédiatement, afin de les faire parler. C'est terrible. Aujourd'hui, il y a des hommes et des femmes dans des prisons surpeuplées. Ils vivent, pardonnez l'expression, comme des animaux. Aujourd'hui il y a cette cruauté. Nous disons: en visitant le camp nous avons vu la cruauté d'il y a 70 ans. Comment ils étaient fusillés, pendus, ou par le gaz… Mais, aujourd'hui, en de nombreux lieux à travers le monde où la guerre se déroule, on voit la même chose.»

 

Le pape a ensuite demandé «de prier pour cette réalité» car «Jésus est venu la porter sur ces épaules et il nous demande de prier». Il a alors lancé: «Prions donc pour tous les ‘Jésus' dans le monde: les affamés, les assoiffés, ceux qui doutent, les malades qui sont seuls, ceux qui sentent le poids de tant de doutes et de tant de fautes. Ils souffrent tant. Prions pour tant d'enfants malades innocents, des enfants qui portent la croix. Prions pour tant d'hommes et de femmes qui sont aujourd'hui torturés dans tellement de pays à travers le monde. Pour les prisonniers qui sont tous amassés comme s'ils étaient des animaux.»

 

Par Jean-Marie Guénois / Mis à jour le 30/07/2016/ Publié le 29/07/2016 

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/07/29/01016-20160729ARTFIG00372-pour-le-pape-francois-la-cruaute-ne-s-est-pas-arretee-a-auschwitz-ou-a-birkenau.php


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3 - Pour le pape, « le monde est en guerre », mais ce n’est pas une « guerre de religions »

 

Un prêtre est mort égorgé dans son église, à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), et ce tragique événement n’a fait que conforter le pape François dans le diagnostic qu’il a posé dès les débuts de son pontificat. « N’ayons pas peur de dire cette vérité : le monde est en guerre », a-t-il affirmé, mercredi 27 juillet, dans l’avion qui le conduisait de Rome à Cracovie, où se tiennent jusqu’à dimanche les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). Mais, a-t-il aussitôt précisé, il ne s’agit « pas d’une guerre de religions », car « toutes les religions veulent la paix ». Instituées par Jean Paul II dans les années 1980, les JMJ sont d’abord un immense rassemblement (ils pourraient être jusqu’à deux millions, dimanche, dans la seconde ville polonaise) de jeunes catholiques venus du monde entier pour deux semaines de prières, de rencontres et d’échanges sur leur foi. Comme ses prédécesseurs, François les rejoindra vendredi soir pour les cérémonies religieuses du dernier week-end de leur séjour et aussi pour y puiser un bain de « jeunesse et d’espérance », selon les mots qu’il a employés mercredi.

 

Mais au lendemain de l’assassinat du prêtre Jacques Hamel, après la série d’attentats djihadistes qui, ces dernières semaines, ont ensanglanté la Belgique, la France et l’Allemagne et ont nourri des tensions politiques et des mouvements populistes dans de nombreux pays européens, la priorité était décidément tout autre. Aussi, le chef de l’Eglise catholique a employé les premières heures de ce déplacement à tenter d’éviter que la situation ne débouche sur des antagonismes religieux. Cette guerre, telle que la définit le pontife argentin, ne ressemble sans doute pas à celles qui l’ont précédée, mais elle n’en est pas moins bien réelle à ses yeux. « Il y a eu celle de 1914, puis celle de 1939-1945, et maintenant celle-là. Elle n’est peut-être pas aussi organique. Organisée, oui, mais pas aussi organique. Mais c’est une guerre. » Elle trouve ses racines non pas dans les religions, donc, mais dans des questions « d’intérêt, d’argent, d’accès aux ressources naturelles, de domination des peuples » dont il dénonce avec constance les effets dramatiques et déstabilisants sur de nombreux Etats.

 

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_ « Le président de la France m’a parlé comme un frère »

L’assassinat du Père Jacques Hamel, « ce saint prêtre, mort au moment même ou il offrait des prières pour toute l’Eglise », qui a trouvé un écho immense en Italie, est donc le dernier fait en date d’un conflit qui embrase une bonne partie du monde.« Il est l’une [des victimes de cette guerre], a-t-il déclaré. Mais combien de chrétiens, combien d’innocents, d’enfants ! Pensons au Nigeria, par exemple. » Depuis des mois, le pape s’insurge contre le sort fait aux chrétiens du Proche-Orient et dans certains pays d’Afrique, mais aussi à des populations musulmanes de nombreux pays. Il a remercié au passage tous ceux qui ont manifesté à l’Eglise catholique des témoignages de soutien « et, de façon spéciale, le président de la France, qui a voulu [lui] parler au téléphone comme un frère ». La veille, après l’assassinat du Père Jacques Hamel, François Hollande avait appelé Jorge Bergoglio pour lui transmettre ses condoléances.

 

L’une des conséquences les plus dramatiques de ce conflit dépeint par le pape est la crise des réfugiés, qui, depuis des mois, a divisé les Européens et les a bien souvent placés en contradiction avec leurs propres principes. En se rendant dans l’île italienne de Lampedusa dès juillet 2013, puis dans l’île grecque de Lesbos, en avril 2016, en accueillant au Vatican quelques réfugiés, en demandant à toutes les paroisses de se charger d’une famille, François n’a cessé d’exhorter les Européens à assumer leurs responsabilités envers les migrants. Le gouvernement conservateur polonais est l’un des plus hostiles à l’idée d’ouvrir largement les portes de l’Union à ceux qui parviennent à gagner l’Europe, ce qui met les autorités de ce pays en porte à faux. Proche de l’Eglise catholique, le pouvoir polonais est bien éloigné des objurgations du pape François en faveur du secours aux migrants.

 

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_ « Accueillir tous ceux qui fuient la guerre et la faim »

Le chef de l’Eglise catholique s’est exprimé sur ce sujet à son arrivée à Cracovie, où il a été accueilli à l’aéroport par le président Andrzej Duda. A l’occasion de sa traditionnelle rencontre avec les autorités politiques et sociales, au château royal de Wawel, où il s’est rendu en papamobile, François a appelé le gouvernement à « accueillir tous ceux qui fuient la guerre et la faim » et à faire preuve de « solidarité envers ceux qui sont privés de leurs droits fondamentaux, parmi lesquels celui de professer en liberté et sécurité leur propre foi ».

Le pape a reconnu que les migrations sont un « phénomène complexe » qui« demande un supplément de sagesse et de miséricorde, pour dépasser les peurs et réaliser le plus grand bien ». Mais il a pressé les gouvernants de « faire le possible pour alléger les souffrances [des réfugiés], sans se lasser d’agir avec intelligence et continuité pour la justice et la paix, en témoignant dans les faits des valeurs humaines et chrétiennes ».

 

Deux jours avant d’aller se recueillir au camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau, vendredi, François a aussi engagé une réflexion sur la mémoire et l’histoire. « Il y a deux types de mémoire, a-t-il affirmé : la bonne et la mauvaise, la positive et la négative. (…) La mémoire négative est celle qui tient le regard de l’esprit et du cœur fixé avec obsession sur le mal, surtout sur celui commis par les autres. » La Pologne, a-t-il affirmé, a su « faire prévaloir la mémoire bonne », par exemple à travers le« pardon réciproquement offert et reçu entre les épiscopats polonais et allemand après la seconde guerre mondiale ».

 

LE MONDE/ 27.07.2016/ Mis à jour le 28.07.2016/ Par Cécile Chambraud (Cracovie, envoyée spéciale) /

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/07/27/pour-le-pape-le-monde-est-en-guerre-mais-ce-n-est-pas-une-guerre-de-religions_4975498_3224.html


Many young pilgrims from various countries cheer in front of the memorial to Polish poet Adam Mickiewicz at World Youth Day in Krakow, Poland, 26 July 2016. Photo: EPA/ARMIN WEIGEL.Afficher l'image d'origine  


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4 - Aux JMJ, le pape François récuse les «jeunes-divans»

 

Le pape François a lancé un appel provoquant, samedi soir, à Cracovie, lors de la soirée finale des JMJ, exhortant les jeunes à ne pas vivre comme des «abrutis» mais à quitter «le divan» et chausser des «crampons» pour «changer le monde» car «notre réponse à la guerre» est «la fraternité». «Jésus est le Seigneur du risque!» François, samedi soir, devant des centaines de milliers de jeunes réunis dans la banlieue de Cracovie, en Pologne, pour la veillée point d'orgue de ces 31e JMJ a, une nouvelle fois, rivalisé d'inventivité verbale pour convaincre les jeunes catholiques venus de 187 pays de s'engager avec le Christ pour «changer le monde». Ils les a surtout provoqué en dénonçant une «dangereuse paralysie lorsqu'on confond le bonheur avec un divan!».

 

En effet, «le temps qu'aujourd'hui nous vivons n'a pas besoin de jeunes-divan, mais de jeunes avec des chaussures, mieux encore, chaussant des crampons. Il n'accepte que des joueurs titulaires sur le terrain, il n'y a pas de place pour des réservistes.» Pour François, l'enjeu est de taille: «Si tu n'y mets pas le meilleur de toi-même, le monde ne sera pas différent». Et «l'histoire aujourd'hui nous demande de défendre notre dignité et de ne pas permettre que ce soient d'autres qui décident notre avenir.»


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Les jeunes «perdent leur liberté» en passant «des heures de tranquillité pour se transférer dans le monde des jeux vidéo»/ Pape François

 

Il explique : tandis que les jeunes «perdent leur liberté» en passant «des heures de tranquillité pour se transférer dans le monde des jeux vidéo ou devant l'ordinateur» sans réaliser qu'ils sont «endormis étourdis et abrutis» - et sans oublier «d'autres drogues socialement acceptées» qui nous rend plus esclaves - ce sont «d'autres, peut-être plus éveillés, mais pas les meilleurs qui décident de l'avenir pour nous». Or a-t-il martelé «la vérité est autre» car «nous ne sommes pas venus au monde pour ‘végéter', pour vivre dans la facilité, pour faire de la vie un divan qui nous endorme ; au contraire, nous sommes venus pour autre chose, pour laisser une empreinte, une empreinte qui marque l'histoire».

 

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_ «Nous, nous ne voulons pas vaincre la haine par davantage de haine»

Le pape a donc invité les jeunes à suivre «Jésus et le Seigneur du risque, du toujours ‘‘au-delà'» qui «n'est pas le Seigneur du confort, de la sécurité et de la commodité» mais qui aide à comprendre que «rien n'est plus précieux que la personne que nous avons à côté». D'où cet appel dans un monde ravagé, pour partie par la guerre - un témoignage poignant d'une jeune syrienne avait introduit la soirée - ou par l'angoisse: «Nous ne voulons pas détruire (…) Nous, nous ne voulons pas vaincre la haine par davantage de haine, vaincre la violence par davantage de violence, vaincre la terreur par davantage de terreur. Et notre réponse à ce monde en guerre a un nom: elle s'appelle fraternité, elle s'appelle lien fraternel, elle s'appelle communion, elle s'appelle famille.»

 

«La peur mène à un seul endroit : à la fermeture»/ Pape François

 

Les chrétiens doivent donc sortir et ne pas rester «enfermés» en se sentant «menacés par un entourage» qui les «persécuterait», les «obligeant à demeurer figés et paralysés». «On voudrait nous faire croire que nous enfermer est la meilleure manière de nous protéger de ce qui fait mal», or, «la peur mène à un seul endroit: à la fermeture. Et lorsque la peur se terre dans la fermeture, elle est toujours accompagnée de sa ‘soeur jumelle', la paralysie» qui est «l'un des pires maux».

 

 

_ «Nous les adultes, nous avons besoin de vous»

D'où cet envoi: «Aller par les routes en suivant la “folie” de notre Dieu qui nous enseigne à le rencontrer en celui qui a faim, en celui qui a soif, en celui qui est nu, dans le malade, dans l'ami qui a mal tourné, dans le détenu, dans le réfugié et dans le migrant, dans le voisin qui est seul. Aller par les routes de notre Dieu qui nous invite à être des acteurs politiques, des personnes qui pensent, des animateurs sociaux. Il nous incite à penser à une économie plus solidaire.»

 

«Tous ensemble, demandons que vous exigiez de nous de parcourir les routes de la fraternité»/ Pape François

 

Car «aujourd'hui, nous les adultes, nous avons besoin de vous, pour nous enseigner à cohabiter dans la diversité, dans le dialogue, en partageant la multiculturalité non pas comme une menace mais comme une opportunité: ayez le courage de nous enseigner qu'il est plus facile construire des ponts que d'élever des murs! Et tous ensemble, demandons que vous exigiez de nous de parcourir les routes de la fraternité. Construire des ponts.»

 

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_ Dieu «t'invite à rêver»

Le pape a terminé sa longue intervention en livrant un «secret»: «Voilà le secret, chers amis. Dieu attend quelque chose de toi, Dieu veut quelque chose de toi, Dieu t'attend. Dieu vient rompre nos fermetures, il vient ouvrir les portes de nos vies, de nos visions, de nos regards. Dieu vient ouvrir tout ce qui t'enferme. Il t'invite à rêver, il veut te faire voir qu'avec toi le monde peut être différent.»  Et François d'assurer: «Le Seigneur, comme à la Pentecôte, veut réaliser l'un des plus grands miracles dont nous puissions faire l'expérience: faire en sorte que tes mains, mes mains, nos mains se transforment en signes de réconciliation, de communion, de création. Il veut tes mains pour continuer à construire le monde d'aujourd'hui. Il veut construire avec toi.»

 

Le pape a conclu en répondant à cette objection : «Tu me diras: Père, mais moi, j'ai bien des limites, je suis pécheur, que puis-je faire? Quand le Seigneur nous appelle, il ne pense pas à ce que nous sommes, à ce que nous étions, à ce que nous avons fait ou cessé de faire. Au contraire, au moment où il nous appelle, il regarde tout ce que nous pourrions faire, tout l'amour que nous sommes capables de propager. Lui parie toujours sur l'avenir, sur demain. Jésus te projette à l'horizon.»

 

Par Jean-Marie Guénois / Envoyé spécial à Cracovie (Pologne)/ Publié le 30/07/2016 

 

http://www.lefigaro.fr/international/2016/07/30/01003-20160730ARTFIG00139-aux-jmj-le-pape-francois-recuse-les-jeunes-divans.php


Faithful greet Pope Francis as he arrives to celebrate a mass at conclusion of the World Youth Day inKrakow, Poland, Sunday, July 31, 2016. The Mass was the ...  


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 5 - JMJ Cracovie 2016 : les messages des jeunes au pape François

 

Des milliers de jeunes, venus des quatre coins du monde, sont à Cracovie où les Journées mondiales de la jeunesse ont débuté mardi 26 juillet. « La Croix » a recueilli leurs messages pour la paix adressés au pape François. Dès le premier contact avec les jeunes du monde entier, massés sous la fenêtre de l’archevêché de Cracovie, mercredi soir, le pape François est entré dans le vif du sujet. Interrompant leurs acclamations, il leur a demandé quelques instants de silence, en hommage à un volontaire polonais de 22 ans mort d’un cancer foudroyant quelques jours seulement avant l’ouverture de cet événement qu’il préparait depuis plusieurs mois avec ardeur .

 

Non pour « gâcher la soirée ». Mais en les mettant devant les questions essentielles de la vie, de la mort, du mal, les inviter à une démarche plus profonde. Les JMJ ne sont pas le Wood­stock de la jeunesse catholique où l’on se griserait pour oublier le bruit et la fureur du monde. La joie à laquelle ils sont appelés – « Faites du boucan ! » – n’est pas naïveté, ni inconscience. De Colombie, de Terre sainte ou de Syrie, eux-mêmes en sont conscients. Certains viennent de pays en guerre ou frappés par le terrorisme. Comme ce groupe de Rouen, dont les premières heures à Cracovie ont été bouleversées par l’assassinat du P. Jacques Hamel. D’autres vivent des drames plus intimes. Lucides, ils ont pourtant fait le choix d’y répondre par la joie, propre à leur âge, mais aussi à leur foi. Plus que jamais, ces Journées mondiales où des jeunes de pays et de cultures si différents apprennent à bâtir « la civilisation de l’amour », se veulent un laboratoire de la fraternité pour un monde « en guerre », comme l’a rappelé le pape.

 

 

_ « Encouragez-nous à construire des familles solides »/ Irina, 29 ans, Ukraine

« En Ukraine, nous connaissons la guerre depuis plus de deux ans. Même si je viens d’une ville proche de la frontière occidentale, nous en subissons les conséquences car les hommes doivent partir au front. Nous vivons ces événements de loin, mais nous souffrons et souvent, nous avons l’impression qu’il n’y a pas de solution. Parfois, il semble que seule la violence peut contenir l’action des Russes, qui tuent sans le moindre état d’âme. Priez pour nous, afin que nous gardions espoir et foi en l’humanité. Encouragez-nous à construire des familles solides et chrétiennes, car elles sont au fondement de la paix. Par ailleurs, en tant que fille d’un père catholique et d’une mère orthodoxe, je suis heureuse des pas faits dans le sens de l’adoption d’une même date pour la fête de Pâques et je vous remercie… C’est une vraie démarche de paix ! »

 

 

_ « Nous sommes tous les mêmes sous le regard de Dieu »/ Violetta, 18 ans, Haut-Karabakh

« Je viens d’une région disputée depuis vingt ans par l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Le Haut-Karabakh est une enclave peuplée d’Arméniens mais située à l’intérieur des frontières du pays voisin. Chaque année, il y a plusieurs dizaines de morts, mais ce conflit caucasien est très peu connu. Cher pape François, je ne vous connais pas depuis très longtemps, car ma famille appartient à l’Église arménienne apostolique, et je ne suis devenue catholique que récemment. Votre figure ne m’est donc pas familière, mais j’ai commencé à vous apprécier et surtout à être curieuse d’entendre vos paroles, des paroles qui viennent de Dieu, des paroles de paix.

J’ai été touchée que vous évoquiez de façon explicite le génocide arménien, lors de votre récent voyage dans mon pays, en juin… Vous avez contribué à mettre sous les yeux de tous ce qui fut la pire catastrophe que mon peuple a connue. Alors que vous vous apprêtez à vous rendre en Azerbaïdjan au mois de septembre, je souhaite que vous puissiez parler en faveur de la paix dans la région, dire aux Azéris, musulmans, la même chose que ce que vous nous avez demandé, à nous, Arméniens chrétiens : la réconciliation. Rappelez-leur que nous sommes tous les mêmes sous le regard de Dieu, appelés à nous aimer. »

 

 

_ « Je suis parti de Syrie quand j’ai compris que je ne pouvais plus rien faire »/ Hanna (prénom masculin), 27 ans, Syrie

« Lorsque j’ai quitté Damas, il y a trois ans, je n’avais absolument aucune idée de ce que j’allais devenir. La guerre faisait rage depuis deux ans déjà. Aujourd’hui, je vis à Vienne, où je peux continuer d’exercer mon métier d’avocat dans une structure spécialisée dans les droits de l’homme. Je suis orthodoxe, mais vous êtes pour moi une référence, le père de tous les chrétiens. En venant aux JMJ, j’ai pris un livre d’icônes rapporté de mon pays et déjà fait signer par le patriarche copte Tawadros, par le patriarche orthodoxe de Jérusalem Theophilos… et même par le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne. Je voudrais tellement que, vous aussi, vous puissiez écrire dedans, en signe d’unité entre tous ceux qui suivent le Christ. 

 

Je sais que vous priez pour la Syrie et je vous suis reconnaissant de rappeler régulièrement au monde la situation dans mon pays. S’il vous plaît, continuez d’encourager les uns et les autres à trouver rapidement des solutions, pour sortir de cette tragédie. Je suis contre le régime et contre la rébellion, tous agissent mal, mais je suis parti quand j’ai compris que je ne pouvais plus rien faire, et que les menaces que je recevais sont devenues de plus en plus fréquentes, car j’intervenais parfois à la radio ou à la télévision dans le cadre de mon métier. Si je peux y revenir un jour, je souhaite m’engager pour cette paix dont l’absence cause tant de souffrances. »

 


 _ « Saint-Père, je vous demande de venir visiter le Nigeria »/ Ovo Otharigho, 33 ans, Nigeria

« Je suis volontaire pour la Croix-Rouge à Abuja. J’ai grandi dans une famille catholique et c’est ma foi qui m’a poussé à choisir ce métier, pour aider à sauver des vies, faciliter l’accès à des soins décents. C’est ma contribution à la paix dans mon pays déchiré par la violence islamiste. L’an dernier, lorsqu’il y a eu un gros attentat perpétré par Boko Haram à Abuja, j’étais parmi les sauveteurs envoyés auprès des victimes. Je n’ai pas peur de l’islamisme, car l’amour que Dieu met en mon cœur est plus fort que mes peurs. Mais Saint-Père, je vous demande de venir visiter notre pays. Votre présence serait un signe d’espoir, une lumière pour tant de chrétiens tentés de baisser les bras, fragilisés par des défis qui semblent nous dépasser. Je suis sûr que votre présence pourrait convertir le cœur de nombreux musulmans. Saint-Père, venez chez nous ! »

 

 

_ « Encouragez-nous dans nos rêves ! »/ Susana Cossio, 18 ans, Colombie

« J’arrive à ces JMJ très enthousiaste car mon pays est en train de signer des accords de paix après cinquante ans de guerre !

Nous, les jeunes, nous sommes très excités car nous entre-apercevons le bout du tunnel, des temps nouveaux, et nous savons que la Colombie a un potentiel incroyable, c’est un pays magnifique avec beaucoup de richesses. Priez pour nous et pour le monde ! Car ce ne sera pas facile du tout. Apprenez-nous à être des acteurs de paix actifs car il ne suffit pas de signer des accords de paix, il faut y travailler ensuite et cela demande toute une éducation. Mais on sait qu’on peut y arriver. Encouragez-nous dans nos rêves ! Beaucoup disent aujourd’hui que les jeunes sont perdus, que le monde est au bord de la guerre, donnez-nous de l’espérance ! »

 

 

_ « Ce n’est pas toujours facile »/ Edwin Kung Eu Win, 23 ans, Malaisie

« Je viens d’un pays multiculturel et tolérant où on trouve côte à côte la mosquée, le temple, l’église. Depuis notre indépendance, il y a cinquante ans, nous vivons bien ensemble. Cela me rend d’autant plus triste quand je vois les attentats en Europe. Saint-Père, encouragez-nous à vivre la tolérance, l’ouverture à l’autre. Et revenez en Asie ! On n’accorde peu d’attention à ce continent mais il est l’avenir du christianisme. Ce n’est pas toujours facile : à Cracovie, j’ai rencontré un prêtre chinois qui avait été arrêté par les autorités de son pays. J’aimerais que vous appeliez encore à promouvoir la liberté religieuse pour tous. »

 

  

_ « Croire qu’il est possible de sortir de cette violence »/ Charlie Johnson, 30 ans, États-Unis

« Je suis bien conscient que les États-Unis ne sont pas confrontés aux mêmes souffrances que beaucoup de pays en guerre. Mais notre nation est aujourd’hui très divisée. Nous connaissons de nouveau de fortes tensions raciales, des affrontements réguliers entre policiers blancs et Noirs… Beaucoup souffrent de la récession, ils se sentent laissés pour compte, ils n’ont plus l’impression d’être représentés par le gouvernement et sombrent dans la violence. J’habite à Birmingham en Alabama, l’une des villes les plus racialement divisées et où précisément le Mouvement afro-américain des droits civiques a été très puissant. En raison de l’histoire de notre État, l’ambiance est différente aujourd’hui : nous avons travaillé à guérir les blessures entre communautés.

 

Saint-Père, vous qui avez toujours les mots justes pour ceux qui se sentent oubliés, encouragez-nous à croire qu’il est possible de sortir de cette violence, apprenez-nous à voir dans le visage de l’autre celui du Christ, à nous aimer au-delà des différences quelles qu’elles soient. Si nous ne réussissons pas à le faire avec nos voisins, dans notre propre pays, comment serons-nous des artisans de paix pour le monde ? J’aimerais que, par vos paroles, vous nous donniez le goût de découvrir la relation personnelle à Dieu qui seule peut construire la paix. »

 

 

_ « Nourrir les pauvres, est-ce suffisant ? »/ Justyna Maleska, 23 ans, Pologne

« Porter la paix au monde, c’est aimer, donner de l’amour aux gens, les regarder avec bienveillance. Chercher le bien dans chaque homme, même celui qui, à première vue, ne le mérite pas. Le mépris, l’incompréhension sont souvent sources de conflit. L’amour, c’est leur contraire. Au quotidien, ces petites choses-là, quand on les met bout à bout, donnent quelque chose de grand. Cela ne transformera peut-être pas le monde dans l’immédiat, mais forme une chaîne de bons changements. C’est dans mes relations avec les gens et par la prière, que je peux œuvrer pour la paix. Quand je vois des mendiants, j’essaie de leur donner de l’amour, de la paix, de faire un geste. Mais j’ai un doute : jusqu’où devrais-je aller ? Si je leur donne à manger, est-ce bien ce dont ils ont besoin ? Est-ce suffisant ? Comment puis-je les aider efficacement, cher Père, toi qui nous enseignes comment nous occuper des pauvres ? »

 

 

_ « Montrez-nous la bonne attitude à avoir dans ce monde difficile »/ Capucine Métot, Marie Caron, 19 ans, France/ Joseph Muta, 20 ans, France/ Alexandre Couaillet, 21 ans, France

« Ce que nous avons vécu au début de ces JMJ nous a bouleversés. Lorsque nous avons appris l’assassinat du P. Jacques Hamel, certains d’entre nous se sont dit qu’ils allaient avoir peur d’aller à la messe. Mais aussitôt, nous avons pensé aussi que ce n’était pas la bonne attitude à avoir. Nous ne voulons pas nous laisser gagner par la peur, la subir, mais continuer d’avancer dans notre foi, sans perdre notre joie. La prière nous aide à chasser la crainte. Nous avons compris que notre seule réponse est de rester unis face à tout cela. De participer à ces JMJ, de prier pour ceux que nous aimons, de soutenir nos prêtres. Nous avons eu la chance jusqu’à présent dans notre pays de vivre notre foi comme nous le voulions. Cet événement nous fait prendre encore plus conscience que des chrétiens meurent tous les jours, au Proche-Orient notamment, et nous sentir davantage solidaires d’eux… Il y aura sans doute d’autres attentats dans notre pays, mais nous voulons rester confiants dans l’avenir.

 

Saint-Père, nous aimerions que vous priiez pour nous et pour les auteurs de ces attentats qui ont encore plus besoin de nos prières. Encouragez-nous à ne pas perdre notre foi, à rester dans la joie, envers et contre tout. Rassurez-nous en nous redonnant de l’espérance. Montrez-nous la bonne attitude à avoir dans ce monde difficile. Encouragez les Français à organiser partout dans les villes des démarches communes de prière, de partage avec les musulmans. »

 

 

_ « Sans vos encouragements, nous ne pourrons pas vivre ensemble »/ Salma, 18 ans, Israël

« Je viens de Beer-Sheva, une ville dans le désert du Néguev, dans le sud d’Israël. Chez nous, il y a très peu de chrétiens, et ce n’est pas tous les jours facile de vivre sa foi, mais notre petit groupe aux JMJ est un vrai espoir pour la paix : il y a des personnes d’origine russe, arabe, asiatique, libanaise… Tous réunis ! Et nous sommes si heureux de venir à votre rencontre. Pourtant, la réalité dans notre région est loin de ressembler à notre entente. En France, en Allemagne, au Moyen-Orient, les équilibres sont bouleversés. Quant à Israël, le pays est en paix avec seulement deux de ses voisins, l’Égypte et la Jordanie. Les relations avec les autres pays arabes sont très compliquées. C’est pour cela que les jeunes doivent tous faire un service militaire obligatoire. Pour ma part, je fais à la place un service civique dans un hôpital, ce qui m’apprend beaucoup, car je m’occupe de personnes issues de communautés très différentes.


Chacun a droit au même amour, au même respect, je le découvre un peu plus chaque jour. Notre grand problème vient du fait que Palestiniens et Israéliens ne se reconnaissent pas, n’acceptent pas l’autre comme une personne, mais seulement par le prisme politique. Priez pour nous, pour que tous puissent trouver Jésus, celui qui accepte chacun de façon inconditionnelle. Encouragez-nous à cela, à nous accepter les uns les autres, à nous faire confiance. Sans cela, nous ne pourrons pas vivre ensemble. »

 

Témoignages recueillis par Céline Hoyeau, Marie Malzac et Magda Viatteau, à Cracovie, le 31/07/2016 à 9h13

 

http://www.la-croix.com/Religion/Monde/JMJ-Cracovie-2016-messages-pape-jeunes-2016-07-31-1200779273

 

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6 - Messe pour la journée mondiale de la jeunesse : Homélie du Pape François

 

Homélie prononcée par Pape François à l’occasion de la messe pour la journée mondiale de la jeunesse, sur le campus Misericordiae à Cracovie, le dimanche 31 juillet 2016. Chers jeunes, vous êtes venus à Cracovie pour rencontrer Jésus. Et l’Évangile aujourd’hui nous parle justement de la rencontre entre Jésus et un homme, Zachée, à Jéricho (cf. Lc 19, 1-10). Là, Jésus ne se limite pas à prêcher, ou à saluer chacun, mais il veut – dit l’Évangéliste – traverser la ville (cf. v. 1). Jésus désire, en d’autres termes, s’approcher de la vie de chacun, parcourir notre chemin jusqu’au bout, afin que sa vie et notre vie se rencontrent vraiment.

 

Arrive ainsi la rencontre la plus surprenante, celle avec Zachée, le chef des “publicains”, c’est-à- dire des collecteurs d’impôts. Zachée était donc un riche collaborateur des occupants romains détestés ; c’était un exploiteur du peuple, quelqu’un qui, à cause de sa mauvaise réputation, ne pouvait même pas s’approcher du Maître. Mais la rencontre avec Jésus change sa vie, comme cela a été et peut être chaque jour pour chacun de nous. Zachée, cependant, a dû affronter certains obstacles pour rencontrer Jésus : au moins trois, qui peuvent nous dire quelque chose à nous aussi.

 

Le premier est la petite taille : Zachée ne réussissait pas à voir le Maître parce qu’il était petit. Aujourd’hui aussi nous pouvons courir le risque de rester à distance de Jésus parce que nous ne nous sentons pas à la hauteur, parce que nous avons une basse considération de nous-même. C’est une grande tentation, qui ne regarde pas seulement l’estime de soi, mais touche aussi la foi. Parce que la foi nous dit que nous sommes « enfants de Dieu et nous le sommes réellement » (1 Jn 3, 1) : nous avons été créés à son image ; Jésus a fait sienne notre humanité et son coeur ne se lassera jamais de nous ; l’Esprit Saint désire habiter en nous ; nous sommes appelés à la joie éternelle avec Dieu ! C’est notre “stature”, c’est notre identité spirituelle : nous sommes les enfants aimés de Dieu, toujours.

 

Vous comprenez alors que ne pas s’accepter, vivre mécontents et penser en négatif signifie ne pas reconnaitre notre identité la plus vraie : c’est comme se tourner d’un autre côté tandis que Dieu veut poser son regard sur moi, c’est vouloir effacer le rêve qu’il nourrit pour moi. Dieu nous aime ainsi comme nous sommes, et aucun péché, défaut ou erreur ne le fera changer d’idée. Pour Jésus – l’Évangile nous le montre -, personne n’est inférieur et distant, personne n’est insignifiant, mais nous sommes tous préférés et importants : tu es important !

 

Et Dieu compte sur toi pour ce que tu es, non pour ce que tu as : à ses yeux ne vaut vraiment rien le vêtement que tu portes ou le téléphone portable que tu utilises : que tu sois à la mode ne lui importe pas, ce qui lui importe, c’est toi. Tu as de la valeur à ses yeux et ta valeur est inestimable. Quand dans la vie, il nous arrive de viser en bas plutôt qu’en haut, cette grande vérité peut nous aider : Dieu est fidèle dans son amour pour nous, même obstiné. Cela nous aidera de penser qu’il nous aime plus que nous nous aimons nous-même, qu’il croit en nous plus que nous croyons en nous-même, qu’il “est toujours le supporter” pour nous comme le plus irréductible des supporters.

 

Il nous attend toujours avec espérance, même lorsque nous nous refermons sur nos tristesses, ruminant sans cesse sur les torts reçus et sur le passé. Mais s’attacher à la tristesse n’est pas digne de notre stature spirituelle ! C’est même un virus qui infecte et bloque tout, qui ferme toute porte, qui empêche de relancer la vie, de recommencer. Dieu, au contraire est obstinément plein d’espoir : il croit toujours que nous pouvons nous relever et ne se résigne pas à nous voir éteints et sans joie. Parce que nous sommes toujours ses enfants bien-aimés. Rappelons-nous de cela au début de chaque journée. Cela nous fera du bien chaque matin de le dire dans la prière : “Seigneur, je te remercie parce que tu m’aimes; fais-moi aimer ma vie !”.

 

Non pas mes défauts, qui se corrigent, mais la vie, qui est un grand don : c’est le temps pour aimer et pour être aimés. Zachée avait un second obstacle sur le chemin de la rencontre avec Jésus : la honte qui paralyse. Nous pouvons imaginer ce qui s’est passé dans le coeur de Zachée avant de monter sur ce sycomore, cela aura été une belle lutte : d’une part une bonne curiosité, celle de connaître Jésus ; de l’autre le risque de faire une terrible piètre figure. Zachée était un personnage public ; il savait qu’en essayant de monter sur l’arbre, il serait devenu ridicule aux yeux de tous, lui, un chef, un homme de pouvoir.

 

Mais il a surmonté la honte, parce que l’attraction de Jésus était plus forte. Vous aurez fait l’expérience de ce qui arrive lorsqu’une personne devient si attirante au point d’en tomber amoureux : il peut arriver alors de faire volontiers des choses qui ne se seraient jamais faites. Quelque chose de semblable arrive dans le coeur de Zachée, quand il sentit que Jésus était si important qu’il aurait fait n’importe quoi pour lui, parce qu’il était le seul qui pouvait le tirer hors des sables mouvants du péché et du mécontentement.

 

Et ainsi la honte qui paralyse n’a pas eu le dessus : Zachée – dit l’Évangile- « courut en avant », « grimpa » et ensuite quand Jésus l’appela, « il descendit vite » (vv. 4.6). Il a risqué et il s’est mis en jeu. Cela est aussi pour nous le secret de la joie : ne pas éteindre la belle curiosité, mais se mettre en jeu, parce que la vie ne s’enferme pas dans un tiroir. Devant Jésus on ne peut rester assis en attendant les bras croisés ; à Lui, qui nous donne la vie, on ne peut répondre par une pensée ou un simple “petit message”!

 

Chers jeunes, n’ayez pas honte de tout lui porter, spécialement vos faiblesses, vos peines et vos péchés dans la confession : Lui saura vous surprendre avec son pardon et sa paix. N’ayez pas peur de lui dire “oui” avec tout l’élan de votre coeur, de lui répondre généreusement, de le suivre ! Ne vous laissez pas anesthésier l’âme, mais visez l’objectif du bel amour, qui demande aussi le renoncement, et un “non” fort au doping du succès à tout prix et à la drogue de penser seulement à soi et à ses propres aises. Après la basse stature et la honte qui paralyse, il y a un troisième obstacle que Zachée a dû affronter, non plus à l’intérieur de lui, mais autour de lui. C’est la foule qui murmure, qui l’a d’abord arrêté et puis l’a critiqué : Jésus ne devait pas entrer dans sa maison, la maison d’un pécheur !

 

Comme il est difficile d’accueillir vraiment Jésus, comme il est dur d’accepter un « Dieu, riche en miséricorde » (Ep 2, 4). Ils pourront vous empêcher, en cherchant à vous faire croire que Dieu est distant, raide et peu sensible, bon avec les bons et mauvais avec les mauvais. Au contraire, notre Père « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Mt 5, 45) et il nous invite au vrai courage : être plus forts que le mal en aimant chacun, même les ennemis. Ils pourront rire de vous, parce que vous croyez dans la force douce et humble de la miséricorde. N’ayez pas peur, mais pensez aux paroles de ces jours : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7). Ils pourront vous juger comme des rêveurs, parce que vous croyez en une humanité nouvelle, qui n’accepte pas la haine entre les peuples, ne voit pas les frontières des pays comme des barrières et garde ses propres traditions sans égoïsmes ni ressentiments. Ne vous découragez pas : avec votre sourire et avec vos bras ouverts, prêchez l’espérance et soyez une bénédiction pour l’unique famille humaine, qu’ici vous représentez si bien !

 

La foule, ce jour-là, a jugé Zachée, elle l’a regardé de haut en bas ; Jésus au contraire, a fait l’inverse : il a levé son regard vers lui (v. 5). Le regard de Jésus va au-delà des défauts et voit la personne ; il ne s’arrête pas au mal du passé, mais il entrevoit le bien dans l’avenir ; il ne se résigne pas devant les fermetures, mais il recherche la voie de l’unité et de la communion ; au milieu de tous, il ne s’arrête pas aux apparences, mais il regarde le coeur.

 

Avec ce regard de Jésus, vous pouvez faire croître une autre humanité, sans attendre qu’ils vous disent “bravo”, mais en cherchant le bien pour lui-même, heureux de garder le coeur intègre et de lutter pacifiquement pour l’honnêteté et la justice. Ne vous arrêtez pas à la superficie des choses et défiez-vous des liturgies mondaines du paraître, du maquillage de l’âme pour sembler meilleurs. Au contraire, installez bien la connexion la plus stable, celle d’un coeur qui voit et transmet le bien sans se lasser. Et cette joie que gratuitement vous avez reçu de Dieu, donnez-la gratuitement (cf. Mt 10, 8), parce que beaucoup l’attendent !


Enfin, écoutons les paroles de Jésus à Zachée, qui semblent dites spécialement pour nous aujourd’hui : « Descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison » (v. 5). Jésus t’adresse la même invitation : “Aujourd’hui, je dois demeurer dans ta maison”. Les JMJ, pourrions-nous dire, commencent aujourd’hui et continuent demain, à la maison, parce que c’est là que Jésus veut te rencontrer à partir de maintenant. Le Seigneur ne veut pas rester seulement dans cette belle ville ou dans de chers souvenirs, mais il désire venir chez toi, habiter ta vie de chaque jour : les études et les premières années de travail, les amitiés et les affections, les projets et les rêves. Comme il lui plaît que dans la prière, tout cela lui soit porté ! Comme il espère que parmi tous les contacts et les chat de chaque jour il y ait à la première place le fil d’or de la prière ! Comme il désire que sa Parole parle à chacune de tes journées, que son Évangile devienne tien, et qu’il soit ton “navigateur” sur les routes de la vie !


Pendant qu’il te demande de venir chez toi, Jésus, comme il a fait avec Zachée, t’appelle par ton nom. Ton nom est précieux pour Lui. Le nom de Zachée évoquait, dans la langue de l’époque, le souvenir de Dieu. Confiez-vous au souvenir de Dieu : sa mémoire n’est pas un “disque dur” qui enregistre et archive toutes nos données, mais un coeur tendre de compassion, qui se réjouit d’effacer définitivement toutes nos traces de mal. Essayons, nous aussi, maintenant, d’imiter la mémoire fidèle de Dieu et de conserver le bien que nous avons reçu en ces jours.

En silence, faisons mémoire de cette rencontre, gardons le souvenir de la présence de Dieu et de sa Parole, ravivons en nous la voix de Jésus qui nous appelle par notre nom. Ainsi prions en silence, en faisant mémoire, en remerciant le Seigneur qui ici nous a voulus et nous a rencontrés.

 

Publié le 31 juillet 2016 /

 

http://www.eglise.catholique.fr/actualites/dossiers/jmj-2016/424224-messe-pour-la-journee-mondiale-de-la-jeunesse-homelie-du-pape-francois/

 

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Prelates wait for the arrival of Pope Francis on the occasion of a mass at conclusion of the World Youth Day inKrakow, Poland, Sunday, July 31, 2016. The Mas...    

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