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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

VIVRE SANS FAIRE DU MAL EST POSSIBLE (Religion et autres)


Publié le 06/10/2016 à 01:28:45
MONDE/ VATICAN/ PAPE FRANCOIS : visite du pape François dans le Caucase



 

« Le Pape François revient sur son voyage en Géorgie et en Azerbaïdjan : (RV) «Que Dieu bénisse l’Arménie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan». Ce mercredi 5 octobre, le Pape a consacré sa catéchèse à son récent voyage dans le Caucase, du 30 septembre au 2 octobre 2016. Il a rendu grâce au Seigneur pour ce déplacement et exprimé sa reconnaissance aux autorités civiles et religieuses de Géorgie et d’Azerbaïdjan. Deux pays où il souhaitait non seulement soutenir les communautés catholiques qui y vivent en minorité, mais aussi encourager les populations locales sur le chemin de la paix et de la fraternité. La Géorgie et l’Azerbaïdjan fêtent tous les deux cette année les 25 ans de leur indépendance. Une nouvelle phase aux nombreuses difficultés, sociales notamment. Dans ce contexte, l’Église est appelée à être présente spécialement par le signe de la charité et de la promotion humaine, en communion avec les autres Églises et Communautés chrétiennes en Géorgie, en dialogue avec les autres religions en Azerbaïdjan. Car, nous sommes tous frères. »

  


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1 - En Géorgie, le pape pèlerin de paix entre Caucase et Moyen-Orient

 

Le pape François est arrivé vendredi 30 septembre à Tbilissi (Géorgie), première étape d’un voyage dans le Caucase qui le mène dimanche 2 octobre en Azerbaïdjan. Aux confins de l’Europe et du Moyen-Orient, il est venu plaider une nouvelle fois pour la paix et la réconciliation. Un tonnerre d’applaudissements accueille François au moment où il rentre dans la petite église Saint-Simon-Bar-Sabba et remonte l’allée drapée de jeune et blanc, couleurs du Vatican, aux côtés du patriarche chaldéen Louis Sako. Des applaudissements longs et nourris, à la mesure de l’événement pour cette petite communauté : pour la première fois, un pape entre dans une église chaldéenne.

 

 « Et cela se passe ici », se réjouit, les yeux brillants, le P. Pierre Dumoulin. « Ici », c’est-à-dire à un jet de pierre de la Syrie et de l’Irak, cette antique Mésopotamie, terre d’origine de l’antique Église d’Orient dont les Chaldéens sont les héritiers. « Passage entre l’Est et l’Ouest, sur la route de la soie, la Géorgie a toujours été un lieu de refuge », explique ce prêtre de Marseille qui œuvre depuis 20 ans dans l’ex-Union soviétique et connaît bien la Géorgie où il vient régulièrement donner des cours à l’université.

 

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_ « Relève de la dévastation l’Irak et la Syrie »

De fait, les Assyro-Chaldéens sont présents dans le Caucase depuis le XVIIIe siècle et la communauté s’est agrandie au fil des persécutions dans sa terre d’origine, du génocide de 1915 aux toutes dernières guerres du Moyen-Orient. Cet Orient, si proche dans les cœurs comme dans les esprits, le pape l’évoque dès que se taisent les chants araméens qui s’élèvent en longues mélopées dans la petite église de briques, construite en 2009 dans le style mésopotamien au milieu d’immeubles soviétiques décrépis, au bout d’une ruelle défoncée bordée de fragiles échoppes. « Seigneur Jésus, fais goûter la joie de ta résurrection aux peuples épuisés par les bombes, relève de la dévastation l’Irak et la Syrie, soutiens les chrétiens de la diaspora », supplie le pape, dans une émouvante prière en italien, nouvel appel presque désespéré à la paix et à la réconciliation après ceux lancés ces derniers jours. Et tout au long de cette première journée sur le sol géorgien, le thème de la paix aura été présent.

 

Dès son arrivée à Tbilissi, accueilli au palais présidentiel par le président Giorgi Margvelashvili, le pape avait appelé au « respect des prérogatives souveraines de chaque pays dans le cadre du droit international ». Une allusion voilée, mais directe, à la politique russe qui occupe une partie du territoire géorgien, en Abkhazie et en Ossétie du Sud. Mais pour le pape, dont ce voyage dans le Caucase fait suite à celui effectué en juin dernier en Arménie, cet appel à des « relations justes et stables entre les États » et à la « cohabitation concrète, ordonnée et pacifique entre les nations », doit aussi être entendu par l’Arménie et l’Azerbaïdjan – dernier pays qu’il visitera dimanche – qui s’affrontent depuis 25 ans au Haut-Karabakh.

 

 

_ « Vivre en paix sur sa terre »

Et sans doute faut-il encore élargir le champ de vision pour entrer dans celui de François pour qui la collaboration pacifique entre les États est d’autant plus nécessaire « en ce moment historique, où ne manquent pas non plus les extrémismes violents qui manipulent et déforment des principes de nature civile et religieuse pour les asservir à des projets obscurs de domination et de mort ». Allusion, directe cette fois, à Daech mais dans une logique où le pape veut éviter toute confrontation religieuse.

« Toute distinction de caractère ethnique, linguistique, politique ou religieux, loin d’être utilisée comme prétexte pour transformer les divergences en conflits et les conflits en d’interminables tragédies, peut et doit être pour tous une source d’enrichissement réciproque en faveur du bien commun, a-t-il insisté. Cela exige que chacun puisse mettre pleinement à profit ses spécificités propres, en ayant avant tout la possibilité de vivre en paix sur sa terre ou d’y retourner librement si, pour quelque motif, il a été contraint de l’abandonner. »

 

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_ Signe de paix

Un nouveau plaidoyer en faveur des chrétiens du Moyen-Orient qui, depuis tant d’années, espèrent en vain une réelle citoyenneté dans leur pays. Le pape sera-t-il entendu ? En quittant, encore sous les youyous et de chaleureux applaudissements, la petite église Saint-Simon, François a lâché une colombe, en signe de paix. Mais, prudemment, celle-ci est restée dans le giron du pape, refusant de quitter la chaleureuse petite communauté chaldéenne. Semer la paix est décidément une tâche ardue.

 

Nicolas Senèze, à Tbilissi (Géorgie)/ 30/09/2016/  

 

http://www.la-croix.com/Religion/Pape/En-Georgie-le-pape-Francois-pelerin-de-paix-entre-Caucase-et-Moyen-Orient-2016-09-30-1200793008


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2 - Audience générale : le Pape revient sur son voyage en Géorgie et en Azerbaïdjan

 

(RV) «Que Dieu bénisse l’Arménie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan». Ce mercredi 5 octobre, le Pape a consacré sa catéchèse à son récent voyage dans le Caucase, du 30 septembre au 2 octobre 2016. Il a rendu grâce au Seigneur pour ce déplacement et exprimé sa reconnaissance aux autorités civiles et religieuses de Géorgie et d’Azerbaïdjan. Deux pays où il souhaitait non seulement soutenir les communautés catholiques qui y vivent en minorité, mais aussi encourager les populations locales sur le chemin de la paix et de la fraternité. La Géorgie et l’Azerbaïdjan fêtent tous les deux cette année les 25 ans de leur indépendance. Une nouvelle phase aux nombreuses difficultés, sociales notamment. Dans ce contexte, l’Église est appelée à être présente spécialement par le signe de la charité et de la promotion humaine, en communion avec les autres Églises et Communautés chrétiennes en Géorgie, en dialogue avec les autres religions en Azerbaïdjan. Car, nous sommes tous frères.


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De son déplacement à Tbilissi, le Pape se dit ému de sa rencontre avec le patriarche orthodoxe de toute la Géorgie, venu même le chercher à l’aéroport. «Son témoignage m’a fait bop de bien tant au cœur qu’à l’âme». François a évoqué l’unité symbolisée par la tunique du Christ, et cet œcuménisme du sang constaté au Moyen-Orient. Il se souvient de cet intense moment de prière pour la paix avec la communauté assyro-chaldéenne de Géorgie. Il y a aussi eu cette messe au stade de Tbilissi, célébrée en mémoire de Sainte Thérèse, patronne des missions. «La vraie mission n’est pas le prosélytisme, a rappelé François, mais l’attraction au Christ à partir d’une forte unité avec Lui dans la prière, l’adoration et la charité concrète».

 

En Azerbaïdjan, pays majoritairement musulman, le Pape a encouragé les quelques centaines de catholiques à être solides dans la foi. «La communion au Christ nous pousse à chercher la rencontre et le dialogue avec tous ceux qui croient en Dieu, pour construire ensemble un monde plus juste et plus fraternel». Il a également souhaité auprès des autorités azéries, «que les questions ouvertes puissent trouver de bonnes solutions et que toutes les populations du Caucase vivent dans la paix et le respect réciproque».

 

(BH-MD)/ 05/10/2016 12:46

 

http://fr.radiovaticana.va/news/2016/10/05/audience_g%C3%A9n%C3%A9rale__le_pape_revient_sur_son_voyage_en_g%C3%A9orgie_et_en_azerba%C3%AFdjan/1262973


Le pape François lors d'une messe en plein air à Tbilisi en Géorgie, le 1er octobre 2016   The faithful attend Pope Francis' celebration of Mass at the Church of the Immaculate Conception in Baku, Azerbaijan, Oct. 2. (CNS photo/Paul Haring)


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Pope Francis arrives to lead a mass at the Immaculate Conception church in Baku, Azerbaijan, Oct. 2, 2016.  

   

3 - François de retour à Rome après un voyage dans le Caucase

 

(RV) Entretien - Le Pape François est rentré au Vatican hier soir, après un voyage dans le Caucase, en Géorgie et en Azerbaidjan, un voyage sous le signe de l’œcuménisme et de la tolérance. François y a rencontré les communauté chrétiennes mais aussi les représentants des autres religions. Le Saint Père a aussi visité les périphéries de son Eglise. En Géorgie, le déplacement du Pape a eu une dimension œcuménique du voyage qui s’est manifestée par sa rencontre avec le catholicos Ilia II, patriarche orthodoxe de toute la Géorgie, au siège du patriarcat à Tbilissi. Une rencontre qui s’est déroulée en présence des métropolites, archevêques et évêques membres du Saint Synode de l’Eglise géorgienne. Les deux chefs spirituels ont échangé un baiser de paix. En Azerbaidjan, le Pape a lancé un appel pour la paix devant les autorités du pays et pris part à une rencontre interreligieuse avec le cheick des musulmans du Caucase. Ce voyage du Pape dans les deux pays a donc été marquée par la tolérance religieuse mais aussi par la rencontre avec les périphéries de son Eglise. Les précisions de Marie Duhamel. 

 

03/10/2016

 

http://fr.radiovaticana.va/news/2016/10/03/fran%C3%A7ois_de_retour_%C3%A0_rome_apr%C3%A8s_un_voyage_dans_le_caucase_/1262454


 


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4 - La visite fraternelle du Pape François au patriarcat orthodoxe de Géorgie

 

(RV) La dimension œcuménique du voyage du Pape s’est manifestée ce vendredi après-midi dans la rencontre du Pape avec le catholicos Ilia II, patriarche orthodoxe de toute la Géorgie, au siège du patriarcat à Tbilissi. Une rencontre qui s’est déroulée en présence des métropolites, archevêques et évêques membres du Saint Synode de l’Eglise géorgienne. Les deux chefs spirituels ont échangé un baiser de paix.

«Nous sommes convaincus que grâce à votre visite les rapports entre nos deux Eglises seront renforcés» a dit Ilia II au chef de l’Église catholique. Le Pape a fait part de sa grande joie d’être reçus par l’Église orthodoxe géorgienne. «Les liens significatifs qui existent entre nous depuis les premiers siècles du christianisme ont pu ainsi se renforcer. Ils se sont développés, et ils se maintiennent respectueux et cordiaux» a souligné le Souverain pontife dans son discours de remerciement, qui a précisé qu’il était «venu sur cette terre bénie en tant que pèlerin et ami alors que, pour les catholiques, l’Année jubilaire de la Miséricorde atteint son apogée». François a rappelé que Saint Jean-Paul II était lui venu au seuil de l’année jubilaire 2000 et était déjà venu pour renforcer des liens profonds et forts avec le siège de Rome.

 

«La Providence divine nous fait nous rencontrer de nouveau et, face à un monde assoiffé de miséricorde, d’unité et de paix, a expliqué le Pape, elle nous demande que ces liens entre nous reçoivent un nouvel élan, connaissent une ferveur renouvelée. L’Église orthodoxe de Géorgie, à la suite de la figure de l’Apôtre André, et l’Eglise de Rome, fondée sur le martyre de l’Apôtre Pierre, ont ainsi la grâce de renouveler aujourd’hui, au nom du Christ et à sa gloire, la beauté de la fraternité apostolique», a-t-il souligné, demandant au Seigneur d’être toujours des annonciateurs de sa présence. Ces Apôtres ont été transformés par l’amour du Seigneur, un amour qui soutient.  Ainsi, a dit François, «l’amour permet de nous élever au-dessus des incompréhensions du passé, des calculs du présent et des craintes de l’avenir».


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Le Pape a ainsi rappelé que «le peuple géorgien a témoigné au cours des siècles de la grandeur de cet amour. Il y a trouvé la force de se relever après d’innombrables épreuves», il a rendu hommage à Sainte Nino, l’Evangélisatrice du pays qui a diffusé la foi avec le signe particulier de la croix faite en bois de vigne. Pour que l’Évangile porte du fruit encore aujourd’hui, il nous est demandé, cher Frère, de rester encore plus fermes dans le Seigneur et uni entre nous a encore dit le pape au patriarche Ilia II, rappelant que «les difficultés ne sont pas des empêchements mais des stimulants à mieux nous connaître, à partager la sève vitale de la foi, à intensifier la prière les uns pour les autres et à collaborer avec charité apostolique dans le témoignage commun».

Le Saint-Père a fait part de son désir «d’être un ami sincère de cette terre et de cette chère population». Avec la paix et le pardon nous sommes appelés à vaincre nos vrais ennemis, qui ne sont pas de chair ni de sang, mais qui sont les esprits du mal, en nous et en dehors de nous, a conclu le Pape, qui a rendu hommage aux nombreux saints et martyrs que cette terre a donné, souhaitant que leur intercession renforce le désir d’être unis pour annoncer l’Évangile. 

 

(CV-OB)/ 30/09/2016/

 

http://fr.radiovaticana.va/news/2016/09/30/la_visite_fraternelle_du_pape_fran%C3%A7ois_au_patriarcat_orthodoxe_de_g%C3%A9orgie/1261885/


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Georgien Tbilisi - Papst Franziskus im Stadion in Mikheil Meshki (Reuters/D. Mdzinarishvili)  


 5 - Géorgie : Le texte intégral de l'intervention du Pape François :

 

Je vous remercie, Votre Sainteté : je suis profondément bouleversé d'entendre l'Ave Maria que Sa Sainteté a composé. Une chose si belle ne peut sortir que d'un cœur qui aime tellement la Sainte Mère de Dieu, un cœur de fils et aussi d'enfant. C’est pour moi une grande joie et une grâce particulière de rencontrer Votre Sainteté et Béatitude, ainsi que les vénérables Métropolites, Archevêques et Evêques membres du Saint Synode. Je salue Monsieur le Premier Ministre et vous aussi, illustres représentants du monde académique et de la culture.

 

Sainteté, vous avez inauguré une nouvelle page dans les relations entre l’Église Orthodoxe de Géorgie et l’Église Catholique, en accomplissant la première visite historique au Vatican d’un Patriarche géorgien. À cette occasion, vous avez échangé avec l’évêque de Rome le baiser de la paix ainsi que la promesse de prier l’un pour l’autre. Les liens significatifs qui existent entre nous depuis les premiers siècles du christianisme ont pu ainsi se renforcer. Ils se sont développés, et ils se maintiennent respectueux et cordiaux, comme le manifestent aussi l’accueil chaleureux réservé ici à mes envoyés et représentants, les activités d’étude et de recherche de fidèles orthodoxes géorgiens aux Archives vaticanes et dans les Universités pontificales, la présence à Rome d’une de vos communautés accueillie dans une église de mon diocèse, et la collaboration, surtout de caractère culturel, avec la communauté catholique locale.

 

En tant que pèlerin et ami, je suis arrivé sur cette terre bénie, alors que, pour les catholiques, l’Année jubilaire de la Miséricorde atteint son apogée. Le saint Pape Jean-Paul II lui aussi était venu ici - la première fois pour un successeur de Pierre - à un moment très important, au seuil du jubilé de l’an 2000 : il était venu renforcer «les liens profonds et forts»  avec le siège de Rome, et rappeler combien était nécessaire, au seuil du troisième millénaire, «la contribution de la Géorgie, antique carrefour de cultures et de traditions, pour l’édification […] d’une civilisation de l’amour».

 

À présent la Providence divine nous fait nous rencontrer de nouveau et, face à un monde assoiffé de miséricorde, d’unité et de paix, elle nous demande que ces liens entre nous reçoivent un nouvel élan, connaissent une ferveur renouvelée, ce dont le baiser de la paix et notre accolade fraternelle sont déjà un signe éloquent. L’Église orthodoxe de Géorgie, enracinée dans la prédication apostolique, en particulier dans la figure de l’Apôtre André, et l’Église de Rome, fondée sur le martyre de l’Apôtre Pierre, ont ainsi la grâce de renouveler aujourd’hui, au nom du Christ et à sa gloire, la beauté de la fraternité apostolique. Pierre et André, en effet, étaient frères : Jésus les a appelés à laisser les filets et à devenir, ensemble, pêcheurs d’hommes (cf. Mc 1, 16-17). Cher frère, laissons-nous regarder de nouveau par le Seigneur Jésus, laissons-nous attirer encore par son invitation à laisser ce qui nous empêche d’être ensemble des annonciateurs de sa présence.

 

Pour cela, l’amour qui a transformé la vie des Apôtres nous soutient. C’est l’amour sans égal que le Seigneur a incarné : «Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis» (Jn 15, 13) et qu’il nous a donné, afin que nous nous aimions les uns les autres comme lui nous a aimés (cf. Jn 15, 12). A ce sujet, le grand poète de cette terre semble aussi nous adresser quelques-unes de ses paroles célèbres : «As-tu lu comment les Apôtres écrivent au sujet de l’amour, comment ils disent, comment ils le louent ? Le connais-tu ? Tourne ton esprit vers ces paroles : "l’amour nous élève" et rien d’autre.» (S.  Rustaveli, Le Chevalier dans la peau de tigre, Tbilissi 1988, stance 785). Vraiment, l’amour du Seigneur nous élève parce qu’il nous permet de nous élever au-dessus des incompréhensions du passé, des calculs du présent et des craintes de l’avenir.

 

Le peuple géorgien a témoigné au cours des siècles de la grandeur de cet amour. Il y a trouvé la force de se relever après d’innombrables épreuves ; c’est en lui qu’il s’est élevé jusqu’aux sommets d’une extraordinaire beauté artistique. Sans l’amour, en effet, comme l’a écrit un autre grand poète, «Le soleil ne règne pas dans la coupole du ciel » et pour les hommes « Il n’existe ni beauté, ni immortalité» (G. Tabidze, «Sans l’amour» in Galaktion Tabidze, Tbilissi 1982, 25).

 

L’immortelle beauté de votre patrimoine culturel trouve sa raison  d’être dans l’amour. Beauté qui s’exprime sous de multiples formes parmi lesquelles, par exemple, la musique, la peinture, l’architecture et la danse. Vous en avez donné, cher frère, une digne expression, en composant en particulier de précieux hymnes sacrés, certains également en langue latine, particulièrement chers à la tradition catholique. Ils enrichissent votre trésor de foi et de culture, don unique fait à la chrétienté et à l’humanité, qui mérite d’être connu et apprécié de tous.

 

On doit surtout l’histoire glorieuse de l’Évangile sur cette terre à Sainte Nino, qui est assimilée aux Apôtres : elle a diffusé la foi avec le signe particulier de la croix faite en bois de vigne. Il ne s’agit pas d’une croix dépouillée, parce que l’image de la vigne, outre le fruit qui excelle sur cette terre, représente le Seigneur Jésus. En effet, il est «la vrai vigne», et il a demandé à ses Apôtres de rester fortement greffé sur lui, comme des sarments, pour porter du fruit (cf. Jn 15, 1-8).

 

Pour que l’Evangile porte du fruit encore aujourd’hui, il nous est demandé, cher Frère, de rester encore plus fermes dans le Seigneur et uni entre nous. Que la multitude des saints que compte ce pays nous encourage à mettre l’Évangile avant toute chose et à évangéliser comme par le passé, plus encore que par le passé, libres des liens des préjugés et ouverts à la nouveauté éternelle de Dieu. Les difficultés ne sont pas des empêchements mais des stimulants à mieux nous connaître, à partager la sève vitale de la foi, à intensifier la prière les uns pour les autres et à collaborer avec charité apostolique dans le témoignage commun, à la gloire de Dieu dans les cieux et au service de la paix sur la terre.

 

Le peuple géorgien aime célébrer, en trinquant avec le fruit de la vigne, les valeurs les plus chères. Avec l’amour qui élève, un rôle particulier est réservé à l’amitié. Le poète rappelle encore : «Celui qui ne cherche pas un ami est ennemi de lui-même» (S. Rustaveli, Le Chevalier dans la peau de tigre, stance 847). Je désire être un ami sincère de cette terre et de cette chère population, qui n’oublie pas le bien reçu et dont le trait hospitalier s’accorde avec un style de vie naturellement plein d’espérance, même dans les difficultés qui ne manquent jamais. Cet aspect positif trouve aussi ses racines dans la foi qui porte les Géorgiens à invoquer, autour de sa table, la paix pour tous et à se souvenir même des ennemis.

 

Avec la paix et le pardon nous sommes appelés à vaincre nos vrais ennemis, qui ne sont pas de chair ni de sang, mais qui sont les esprits du mal, en nous et en dehors de nous (cf. Ep 6, 12). Cette terre bénie est riche des valeureux héros selon l’Évangile qui, comme saint Georges ont su terrasser le mal. Je pense à tant de moines et en particulier aux nombreux martyrs dont la vie a triomphé «par la foi et la patience» (Ioane Sabanisze, Martyre d’Abel, III) : elle est passée par le pressoir de la souffrance en restant unie au Seigneur, et elle a, de cette manière, porté un fruit pascal, en irriguant le sol géorgien du sang versé par amour. Que leur intercession procure un soulagement à tant de chrétiens qui, encore aujourd’hui dans le monde, souffrent persécutions et outrages, et qu’elle renforce en nous le bon désir  d’être fraternellement unis pour annoncer l’Évangile de la paix.

 

30/09/2016/

 

http://fr.radiovaticana.va/news/2016/09/30/la_visite_fraternelle_du_pape_fran%C3%A7ois_au_patriarcat_orthodoxe_de_g%C3%A9orgie/1261885


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