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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

VIVRE SANS FAIRE DU MAL EST POSSIBLE (Religion et autres)


Publié le 30/10/2018 à 15:42:03
AFRIQUE/ TERRORISME/ VIOLENCES POLITIQUES ET RELIGIEUSES : qui est responsable des violences meurtrières et destructrices en Afrique ?



  

0.1 – « En Centrafrique, la religion n’est plus un prétexte aux violences : Les groupes armés prolifèrent en Centrafrique pour le contrôle du territoire et de ses ressources, selon un rapport publié le jeudi 10 août par un groupe de réflexion Enough Project. Chez les combattants, la soif de pillage prime sur défense d’une communauté religieuse. Le rapport publié jeudi 10 août par Enough Project, un groupe de réflexion sur les crises humanitaires, montre l’évolution des groupes présents en Centrafrique (RCA), et de leurs préoccupations. Après les affrontements à caractère ethnique et religieux qui avaient ensanglanté le pays de 2013 à 2016, la priorité des groupes armés est désormais le contrôle des ressources et donc du territoire, sous les yeux d’une armée moribonde. »

 

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0.2 – « DJIHADISME EN AFRIQUE : Du Sahel à la Corne de l’Afrique, en passant par le Nigéria et le Cameroun, l'Afrique est devenue la base arrière de divers groupes djihadistes et le théâtre de nombreuses attaques terroristes ces derrières années. Un phénomène qui s'est amplifié après les printemps arabes. Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), Boko Haram, Al-Shebab, Al-Mourabitoune, Ansar al-Charia et d'autres groupuscules jihadistes sévissent régulièrement sur le continent… »

 

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1 - 3000 À 4000 TERRORISTES DE DAESH SONT EN LIBYE : Le rapport de l'ONU qui fait peur

 

Sachant que l'Algérie partage près de 900 km de frontières avec la Libye, ces terroristes constituent de ce fait une menace directe pour notre sécurité. Selon un rapport des Nations unies, présenté le 13 août dernier, entre 20.000 et 30.000 terroristes affiliés à l'organisation transnationale criminelle Daesh sont encore actifs en Syrie et en Irak, sachant qu'au départ on en comptait au moins 70.000. Le chiffre a certes diminué, mais reste important aux yeux des spécialistes et experts dans les questions sécuritaires qui n'écartent pas le fait que l'organisation, vu les défaites de plus en plus avérées en Orient, va contraindre ces terroristes à cibler les zones de tension et conflit pour y trouver refuge.

 

La Libye et la zone du Sahel semblent être les prochaines destinations pour Daesh où elle a déjà envoyé des émissaires via la Turquie. L'on compte au moins jusqu'à 6000 terroristes qui ont rejoint la Libye, selon des sources sécuritaires, alors qu'on parle d'une autre vague qui est actuellement au Sahel. Une menace pour la sécurité des frontières de l'Algérie qui mène depuis 2011 une lutte acharnée contre les groupes terroristes qui tentent de s'infiltrer sur le territoire, d'où le dispositif sécuritaire de prévention qui a donné des résultats probants.


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En effet, l'ANP a avorté plusieurs tentatives d'infiltrations de terroristes en provenance des frontières sud et sud-est où elle a pu même intercepter des terroristes libyens. Ces derniers qui travaillent de concert avec les narcotrafiquants et les contrebandiers n'ont pas réussi à trouver un soutien en Algérie et les seuls groupuscules qui ont fait allégeance à la nébuleuse ont été anéantis. Selon des chiffres officieux, quelque 200 à 300 terroristes d'origine algérienne avaient rejoint progressivement Daesh en 2014.


Dans son rapport, l'ONU reconnaît la défaite de Daesh suite aux opérations lancées par l'armée irakienne et l'armée syrienne, néanmoins elle avertit sur le nombre qui n'est pas à négliger et constitue une menace, non seulement pour les pays de l'Afrique du Nord, mais certainement pour l'Europe qui compte aussi des enrôlés au sein de cette organisation criminelle qui a brillé par sa cruauté. La même source reconnaît la présence en Libye de 3000 à 4000 éléments de l'EI basés en Libye, alors que les principaux responsables de l'organisation armée opèrent désormais depuis l'Afghanistan.

 

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Pour l'ONU, «Daesh a perdu le contrôle de la plupart de son califat autoproclamé, notamment après avoir été chassé en 2017 de Mossoul et Raqa, les deux places fortes du groupe en Irak et en Syrie». Néanmoins pour l'ONU, «l'Etat islamique est toujours capable de mener des attaques sur le territoire syrien. Il ne contrôle plus totalement de territoire en Irak, mais reste actif grâce à des cellules dormantes, notamment des agents cachés dans le désert, précise le rapport». Le rapport parle «de la possibilité de voir se créer des cellules de Daesh dans le camp de réfugiés de Rokbane, situé dans la zone contrôlée par les Etats-Unis, dans le sud de la Syrie, et où vivent des familles de terroristes». Concernant les éléments armés qui quittent le territoire contrôlé par l'EI, leur nombre «reste plus bas qu'attendu». Mais parmi eux, ils sont nombreux à s'être rendus en Afghanistan aussi. Dire que cette organisation menace toute la planète.

 

L'Algérie demeure quant à elle très vigilante et observe les développements du contexte sécuritaire dans le monde. Elle s'implique quand il le faut et quand il s'agit de la lutte contre cette nébuleuse, qui même désorientée, constitue un risque. Pour l'Algérie, tout est basé sur le renseignement, c'est ce qui lui a permis d'ailleurs de maintenir ce monstre au-delà de ses frontières.

 

Par Ikram GHIOUA (Source l'expression)/ 15 Août 2018/

 

http://lesavoire.over-blog.com/2018/08/3000-a-4000-terroristes-de-daesh-sont-en-libye-le-rapport-de-l-onu-qui-fait-peu.html


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2 - DJIHADISME EN AFRIQUE

 

Du Sahel à la Corne de l’Afrique, en passant par le Nigéria et le Cameroun, l'Afrique est devenue la base arrière de divers groupes djihadistes et le théâtre de nombreuses attaques terroristes ces derrières années. Un phénomène qui s'est amplifié après les printemps arabes. Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), Boko Haram, Al-Shebab, Al-Mourabitoune, Ansar al-Charia et d'autres groupuscules jihadistes sévissent régulièrement sur le continent, un territoire en première ligne de la lutte contre le terrorisme.

 

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Somalie : nouvel attentat à la voiture piégée dans le centre de Mogadiscio

 

Au moins quatre personnes, dont deux civils, ont été tuées dimanche 25 mars 2018  par l'explosion d'une voiture piégée conduite par un kamikaze dans le centre de Mogadiscio. Jeudi, un attentat similaire a fait 14 morts et plusieurs blessés. "Il y a eu une explosion à un point de contrôle situé près du ministère de l'Intérieur et quatre personnes sont décédées, dont deux membres des forces de sécurité", a déclaré un responsable policier de la capitale, Abdulahi Mohamed. "Nous n'avons pas tous les détails pour le moment mais les premières indications montrent que l'auteur essayait de franchir le check-point."

Selon ce responsable et des témoins, la voiture a explosé avant que les forces de sécurité n'aient pu l'inspecter. "J'ai vu les cadavres de deux soldats et de deux civils. L'explosion était importante et la voiture a été réduite en morceaux. Elle a explosé entre deux barrières de béton" du check-point, a pour sa part rapporté un témoin de la scène, Cise Abdurahman.

 

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_ Deux attaques en une semaine

Il s'agit du deuxième attentat cette semaine à la voiture piégée dans la capitale somalienne après celui qui a fait 14 morts et plusieurs blessés jeudi 22 mars 2018, devant un hôtel populaire. L'explosion "énorme" selon les témoins, a eu lieu à l'heure de pointe dans Maka Al Mukaram, une des artères les plus fréquentées de la capitale, juste en face d'un hôtel au dispositif sécuritaire important car fréquenté par de nombreux responsables du gouvernement. Les islamistes shebab, affiliés aux jihadistes d'Al-Qaïda et coutumiers de ce genre d'attaque, ont immédiatement revendiqué l'attentat de jeudi, et il est fort probable qu'ils soient aussi impliqués dans l'attentat de dimanche.


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_ Des attaques perpétrées par les Shebab

Les shebab tentent depuis 2007 de renverser le fragile gouvernement central somalien, soutenu par la communauté internationale et par les plus de 20.000 hommes de la force de l'Union africaine (Amisom), venus d'Ouganda, du Burundi, de Djibouti, du Kenya et d'Éthiopie. Chassés de Mogadiscio en août 2011, les shebab ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, jusque dans la capitale et contre des bases militaires, somaliennes ou étrangères. Même s'ils ne l'ont pas revendiqué, ils sont tenus responsables de l'attentat au camion piégé du 14 octobre dans le centre de Mogadiscio, le plus meurtrier de l'histoire de la Somalie, qui a fait au moins 512 morts.

 

Réunis début mars à Kampala, les dirigeants est-africains ont appelé l'ONU à revenir sur son projet de retirer les troupes de l'Amisom de Somalie d'ici à 2020. Selon eux, ce retrait exposerait les troupes somaliennes et permettrait aux shebab de regagner du terrain. Car l'embryon d'armée nationale somalienne, mal équipée et désorganisée, n'a pour l'instant pas fait la preuve de sa capacité à assurer la paix, malgré l'entraînement qui lui est fourni par plusieurs pays étrangers.

 

25 MAR 2018/  Mise à jour 29.03.2018/ TV5MONDE avec AFP/

 

https://information.tv5monde.com/afrique/somalie-nouvel-attentat-la-voiture-piegee-dans-le-centre-de-mogadiscio-227948


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3 - En Centrafrique, la religion n’est plus un prétexte aux violences

 

Les groupes armés prolifèrent en Centrafrique pour le contrôle du territoire et de ses ressources, selon un rapport publié le jeudi 10 août par un groupe de réflexion Enough Project. Chez les combattants, la soif de pillage prime sur défense d’une communauté religieuse. Le rapport publié jeudi 10 août par Enough Project, un groupe de réflexion sur les crises humanitaires, montre l’évolution des groupes présents en Centrafrique (RCA), et de leurs préoccupations.

 

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_ Quand la religion laisse place à l’économie

Alors qu’on résumait jusqu’alors le conflit à une opposition entre combattants ex-Seleka (majoritairement musulmans) et anti-balaka (majoritairement chrétiens), le nouvel état des lieux des belligérants montre que cette opposition religieuse, souvent exagérée, a été relayée au second plan. Après les affrontements à caractère ethnique et religieux qui avaient ensanglanté le pays de 2013 à 2016, la priorité des groupes armés est désormais le contrôle des ressources et donc du territoire, sous les yeux d’une armée moribonde.

En tête des richesses convoitées, le diamant, très présent dans le pays, et dont l’exploitation échappait déjà partiellement au contrôle de l’État avant le conflit. Puis viennent les gisements d’or, de cuivre, d’uranium, de pétrole, de coltan et autres minerais rares. Dans son rapport, Enough Project explique que « ces groupes ont proliféré, imposant de facto une partition (du pays) et faisant de la prédation économique un élément central de leur stratégie ».

 

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_ De nouveaux acteurs et des alliances de circonstances

Alors qu’on estimait les acteurs du conflit à deux principales factions et quelques milices de second plan, le rapport cartographie quatorze milices et quatre groupes politico-militaires, et prévient de l’émergence « à une fréquence alarmante » d’autres factions. Les ex-Seleka seraient aujourd’hui répartis entre huit groupes armés, et les anti-balaka en quatre bien distincts, tous s’entre-tuant et s’associant selon leur intérêt. La coalition des « Nairobistes » qui est depuis 10 mois la principale source des violences contre les civils, a été « formée par trois factions de l’ex-Seleka et un groupe anti-balaka ». Le rapport expose qu’en « contrôlant de larges parties du territoire, ces chefs de groupes armés ont imposé un système qui leur bénéficie ainsi qu’à leurs soutiens, au détriment de la population ».


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_ Un gouvernement désemparé et des ONG débordées

La force de l’ONU en Centrafrique, la MINUSCA, regroupe plus de 12 500 militaires et policiers, ainsi que des centaines de professionnels mobilisés pour stabiliser la situation et appuyer l’État déchu de son autorité. L’intervention de la MINUSCA, et de la France de 2013 à 2016, a permis d’apaiser la situation dans la capitale Bangui, isolée du reste du pays. Au côté des civils, les ONG sur place comme la Croix-Rouge ou Médecins Sans Frontières (MSF), en plus de ne pas avoir suffisamment de moyens, sont devenues des cibles de choix pour ces milices qui sillonnent le pays en quête de ressources, et répandent le feu et le sang sur leur passage. Les auteurs du rapport s’inquiètent de l’arrivée dans ce nouvel éventail de combattants, de la LRA (Armée de Résistance du Seigneur), groupe armé chrétien considéré comme terroriste par de très nombreux pays. Son chef, le « Messie sanglant » Joseph Koni, est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crime contre l’humanité, renforçant les craintes de « génocide » de l’ONU.

 

Karim Lemond , le 11/08/2017/ Mis à jour le 11/08/2017/

 

https://www.la-croix.com/Monde/Afrique/En-Centrafrique-religion-nest-pretexte-violences-2017-08-11-1200869121


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4 - Boko Haram, comprendre les origines du mal

 

Le réalisateur Xavier Muntz signe une remarquable enquête sur la génèse du groupe terroriste islamiste et sa sanglante dérive. A voir ce soir, sur Arte.

La haine est souvent à l’origine du mal. Mais d’où vient la haine ? Dans son documentaire Boko Haram, les origines du mal, le réalisateur Xavier Muntz cherche à comprendre comment cette secte religieuse, dont le nom se traduit par « l’éducation occidentale est un péché », est devenue un groupe terroriste qui a déjà fait 32 000 morts, plus de 2 millions de personnes déplacées et qui sévit actuellement au Nigeria, au Cameroun, et aussi au Niger et au Tchad.

 

Le reportage, qui montre des images d’une rare violence, tient sa promesse. Il ne pouvait le faire sans remonter à la source, à Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno et berceau du groupe djihadiste né dans les années 2000. Rythmé par l’intervention d’acteurs locaux (professeurs, directeur de programme…), de spécialistes du continent et d’images d’archives, le documentaire raconte la genèse du mouvement.

 

Un groupe terroriste ne peut se développer sans un chef charismatique, un gourou. Mohamed Yusuf, fondateur du mouvement qui s’appelle à ses débuts « Yusufiyya » soit « l’idéologie de Yusuf », est un excellent orateur.

 

 

_ « Tordre l’esprit des gens »

L’une des forces du documentaire est de donner la parole à Fulan Nasrullah, présenté comme un proche des milieux djihadistes nigérians et qui raconte avoir rencontré plusieurs fois le leader. « Yusuf était un type bien. Il avait ce don pour parler en public, cette capacité de tordre l’esprit des gens, raconte Fulan Nasrullah, filmé à contre-jour. Il dénonçait les dirigeants politiques, leur hypocrisie et le fait qu’ils manipulaient le peuple pour mieux le tromper et arriver au pouvoir. »

 

Mais s’inspirer du wahhabisme et du salafisme ne suffit pas pour manipuler les masses. Pour que le mouvement s’enracine, il lui faut un terreau. Boko Haram va le trouver dans l’extrême pauvreté de la région du Borno. Si le Nigeria est la première puissance économique du continent africain, plus de la moitié de sa population vit sous le seuil de pauvreté.

 

Dans le nord-est du pays, le taux de scolarisation ne dépasse pas 5 %. Les habitants, et en majorité les jeunes, vont donc adhérer au discours populiste, parce qu’ils pensent que Mohamed Yusuf va enfin les défendre. Il le fait déjà en s’occupant des orphelins et des gamins des rues. « On vend un Etat islamique rêvé où, grâce à la charia, les riches ne pourront plus détourner l’argent public », explique Marc-Antoine Pérouse de Montclos, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement.

 

 

_ Accueilli en héros à Maiduguri

Dans la mosquée de Mohamed Yusuf, située près de la gare de Maiduguri, on se presse pour écouter ses prêches enflammés à la fin des années 2000. Les hommes politiques n’y sont pas insensibles. Ali Modu Sheriff, riche gouverneur de l’Etat du Borno, propose à Mohamed Yusuf d’étendre la charia, en échange d’un éventuel soutien.

 

Mais, une fois élu, le politique ne tient pas ses engagements. « Ils [les politiques] parlent de paix, ils font des promesses, dénonce Mohamed Yusuf dans un sermon. Mais en fait, ils n’ont pas de pitié une fois qu’ils ont pris le pouvoir. » La colère monte chez les sympathisants, le leader est emprisonné à Abuja, la capitale.

 

A son retour à Maiduguri, il est accueilli en héros. Mais le pouvoir qu’il prend inquiète les autorités qui multiplient les incidents avec ses fidèles. Une fusillade éclate en juillet 2009 et provoque un bain de sang : près de 1 000 personnes, en majorité des civils, perdent la vie. Mohamed Yusuf est capturé par la police et tué en pleine rue, menottes aux poignets.

 

Il n’en fallait pas plus pour embraser le mouvement et pour que l’aile dure, incarnée par Abubakar Shekau, ne prenne le pouvoir. Aujourd’hui contesté au sein du groupe, c’est lui qui, en mars 2015, fera allégeance à l’organisation Etat islamique (EI). C’est aussi lui qui revendiquera le rapt des 276 lycéennes de Chibok, en avril 2014 : « J’ai enlevé vos filles. Je vais les vendre au marché pour qu’elles soient traitées en esclaves et mariées de force. »

 

 

_ Situation sanitaire « catastrophique »

Le soutien militaire des Etats voisins (Niger, Cameroun, Tchad) et l’élection de Muhammadu Buhari à la présidence, fin mars 2015, ont amélioré la sécurité à Maiduguri, mais la situation sanitaire dans la région est « catastrophique », selon Médecins sans frontières.

 

Les djihadistes, estimés à 7 000 d’après la CIA, se sont notamment déplacés à Diffa, une ville au sud-est du Niger. « On ne peut pas comprendre la violence de Boko Haram si on méconnaît celle que l’armée a exercée pour le combattre dans l’Etat de Borno… Les militaires représentent autant une cause du problème qu’une solution. On leur attribue près de la moitié des 32 000 morts de civils recensées depuis le début du conflit », assure Xavier Muntz, dont le documentaire ne donne pas la parole aux membres de la secte, qu’ils soient d’anciens combattants en détention ou des repentis.

 

Il faut dire que les conditions de tournage ont été rudes. « Il y a toujours du danger à travailler dans la région, assure Xavier Muntz. L’armée a constamment cherché à entraver mon travail. J’ai attendu mon visa de journaliste pendant neuf mois. »

 

Par Pierre Lepidi/ LE MONDE/ Le 28.06.2016/ Mis à jour le 28.06.2016/

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/06/28/boko-haram-comprendre-les-origines-du-mal_4959484_3212.html

 

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5 - L’extension de Boko Haram dans les pays voisins et au-delà

 

En mars 2012 à la suite du sommet de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le chef d’état major des armées nigérian a déclaré que Boko Haram n’était plus un problème uniquement endogène mais qu’il concernait l’ensemble des pays du Lac Tchad, autrement dit le Cameroun, le Tchad et le Niger. Cela suppose une extension de la menace hors des frontières.

 

Cependant, la présence de Boko Haram dans ces pays n’est pas nouvelle et remonterait à son origine. Le groupe a pu profiter de l’extrême proximité géographique mais aussi culturelle entre ces pays et son bastion le Nord-Est du Nigeria. En effet, celui-ci partage 3 200 kilomètres de frontières avec le Niger, le Tchad et le Cameroun et la porosité de celles-ci rend les déplacements faciles. Ainsi, dans les premières années de la secte, il n’était pas rare que des Camerounais, des Tchadiens et des Nigériens traversent la frontière pour aller écouter les prêches de Mohammed Yusuf à Maiduguri.

 

Ce dernier aurait même installé des amirs au Cameroun et au Tchad[xxv]. Les pays voisins constituaient alors des bases-arrières pour échapper aux raids des forces de sécurité nigérianes. Néanmoins, à partir de 2012-2013, le groupe va lancer des attaques transfrontalières de plus en plus nombreuses, étendant sa zone d’action. A titre d’exemple, entre 2014 et 2016, on observe une escalade de la violence au Cameroun avec plus d’une centaine d’attaques de la secte qui aurait causé la mort d’au moins 1 400 civils et l’enlèvement de plus de 1 000 personnes[xxvi]. Boko Haram ne se contente plus d’attaques locales mais « s’extra-territorialise ».

 

Par ailleurs, le rayon d’action des insurgés ne se limite probablement pas à la sous-région du bassin du lac Tchad mais est plus étendu. En effet, en 2012, selon des responsables maliens une centaine de militants de Boko Haram auraient combattu au côté du MUJAO à Gao, et en avril, ceux-ci auraient aussi participé à l’attaque contre le Consulat algérien de cette ville et à l’enlèvement de sept diplomates algériens dont le consul. Une interview de la RFI d’un commandant d’une faction du MUJAO corrobore ces faits en révélant que des membres de Boko Haram sont présents en nombre à Gao[xxvii].

 

Des déplacés de la ville révèlent eux aussi que ceux-ci s’entraîneraient dans des camps du MUJAO[xxviii]. Des combattants auraient aussi participé à d’autres combats en 2012 et en 2013 au Mali aux côtés du MUJAO, AQMI et Ansar-al-Dine[xxix]. Enfin en 2013, des combattants du groupe dissident Ansaru auraient participé avec Mokhtar Belmokhtar aux attaques contre le site gazier d’In Amenas en Algérie en janvier et contre la mine d’uranium d’Arlit au Niger en juin[xxx].

 

En outre, les pays occidentaux sont également concernés par la menace d’une extension du terrorisme nigérian. En effet, Boko Haram et Ansaru s’en prennent désormais aux Occidentaux, notamment par le biais des enlèvements. Potentiellement en lien avec d’autres groupes islamistes sahéliens, même si des doutes subsistent, les deux entités nigérianes participent à la déstabilisation sécuritaire de la zone sahélienne où les Occidentaux possèdent des intérêts économiques et stratégiques. Les puissances occidentales auraient peur que la région ne devienne une nouvelle base de départ pour des attaques en Occident.

 

Ainsi, à partir de 2010, Boko Haram va proférer des menaces contre les Etats-Unis en les désignant comme une nouvelle cible. À ce titre, la commission sur la sécurité intérieure du Congrès publie un document intitulé « Boko Haram – Emerging Threat to the US Homeland » dans lequel elle relaie les inquiétudes de certaines agences sécuritaires qui considèrent que Boko Haram va se transformer en une menace internationale pouvant toucher le territoire américain[xxxi]. En 2013, les inquiétudes sont réaffirmées dans un second rapport sur une potentielle menace sur le territoire américain[xxxii].

 

Même si les menaces contre les pays occidentaux sont réelles, il est néanmoins possible d’émettre des doutes sur la capacité de Boko Haram d’attaquer ces pays sur leur territoire national. La véritable menace concerne l’enlèvement de ressortissants étrangers et l’apparition d’Ansaru ayant pour cibles les Occidentaux.

 

 

Né dans le Nord-Est du Nigeria, le groupe terroriste Boko Haram a réussi à s’étendre territorialement et à sortir de son rayon d’action originel. Le groupe se pare désormais d’une dimension régionale. Longtemps considérée comme purement nigériane, la menace devient progressivement globale. La régionalisation de la secte s’étend au-delà de la « sous-région » du lac Tchad. La proximité avec le Sahel peut faire craindre d’une extension et de la création d’un arc islamiste avec d’autres groupes djihadistes sahéliens.

 

Néanmoins, une coopération opérationnelle reste de l’ordre de l’hypothèse mais il est indéniable qu’il y a eu des échanges de conseils et de matériels ce qui auraient permis à la secte de s’étendre territorialement.

 

De plus, l’allégeance à l’Etat islamique en 2015 donne à Boko Haram une dimension globale car l’Afrique de l’Ouest pourrait alors constituer un nouveau front pour l’Etat islamique. En effet, ces derniers en perte de vitesse en Syrie et en Irak pourraient trouver au Nord-Est du Nigeria un nouveau point d’appui pour lancer des attaques. Malgré tout, les revendications de Boko Haram restent majoritairement locales, et son extension se trouve principalement au niveau de la sous-région du bassin du lac Tchad.

 

Si la branche historique conserverait donc un agenda plus national et/ou sous régional, Ansaru, plus proche des groupes terroristes internationaux, serait en mesure d’agir en dehors de la sous-région du Lac Tchad. La principale menace d’une globalisation viendrait plutôt de cette branche dissidente. Le terrorisme islamiste nigérian peut alors être considéré comment un danger extra-nigérian et appelle de facto à une réponse anti-terroriste plus globale.

 

Marie-Charlotte Varennes, étudiante du Master 2 en 2017-2018

 

Source : etudesgeostrategiques.com/

 

https://etudesgeostrategiques.com/2018/02/18/le-terrorisme-nigerian-une-extension-de-la-menace-au-dela-du-nigeria/

 

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6 - En Egypte, la « guerre contre le terrorisme » a cinq ans

 

Plus de 27 000 personnes auraient été arrêtées dans le cadre d’opérations antiterroristes en 5 ans selon le TIMEP. En Egypte, on le sait, le terrorisme a bon dos. Afin de museler l’opposition et éteindre les voix qui dérangent, le régime d’Abdel Fattah al-Sissi n’hésite pas à charger de simples manifestants ou blogueurs d’actes terroristes. Raison pour laquelle, aujourd’hui, « des centaines de militants politiques, de journalistes, de défenseurs des droits humains, d’opposants, d’artistes et de fans de football sont actuellement derrière les barreaux pour avoir osé s’exprimer » explique Amnesty International France dans un billet posté jeudi dernier.

 

L’ONG d’informer que, depuis décembre 2017, elle a recensé au moins 111 cas de personnes détenues par l’Agence de sécurité nationale pour avoir critiqué le président et la situation des droits humains en Egypte. « Un pays qui se transforme en prison à ciel ouvert » selon l’organisation.

 

S’il est « actuellement plus dangereux que jamais dans l’histoire récente de l’Egypte de critiquer le gouvernement », c’est que ce dernier, sous couvert de lutte contre le terrorisme, s’est attribué des droits exorbitants. Dont il use et abuse. Selon Reporters sans frontières (RSF), qui n’a pas manqué d’égratigner Le Caire, en avril dernier, au moment de la publication de son traditionnel classement mondial de la liberté de la presse, cet « arsenal répressif » est souvent utilisé contre les journalistes ou les médias eux-mêmes.

 

« Bien souvent, il s’agit d’accusations d’appartenance à un groupe terroriste ou de diffusion de fausses informations » d’après l’organisme. « Le pouvoir prend conscience de l’importance de répandre la morale militaire en tant qu’idéologie pour tous les aspects de la vie, en particulier la production médiatique et culturelle » abondait à l’époque Mohamed Adam, journaliste égyptien et cofondateur du pure player indépendant Mada Masr.

 

 

_ « Evolution des menaces »

Réelle volonté pédagogique, de la part des autorités égyptiennes, ou bien glissement vers un Etat répressif – davantage encore que sous l’ère Hosni Moubarak ? Sans doute un peu des deux. L’Egypte est en tout cas confrontée, depuis plusieurs années, à un terrorisme récurrent, pour ne pas dire omniprésent. Des milliers d’opérations de lutte contre de tels actes ont ainsi été rapportés, aussi bien par les médias officiels égyptiens que d’autres médias.

 

Depuis juillet 2013, selon le Tahrir Institue for Middle East Policy (TIMEP), « les ministères ont officiellement fait état de 1 800 opérations de sécurité dans toute l’Egypte, tandis que 1 672 autres opérations ont été signalées dans les médias, avec environ 39 % des interventions signalées dans le nord du Sinaï. » Fin novembre dernier, c’est dans cette vaste région désertique qu’un attentat avait été commis contre la mosquée soufie de Bir al-Abed, où plus de 300 personnes ont perdu la vie.

 

Le TIMEP, une organisation basée à Washington qui analyse la transition démocratique à l’œuvre dans les pays du Moyen-Orient, a publié cet été un rapport sur les « 5 ans de la lutte antiterroriste égyptienne ». Le 24 juillet 2013, Abdel Fattah al-Sissi, alors ministre de la Défense, déclarait effectivement la « guerre au terrorisme » lors du discours du tafweed (« mandat »).

 

Et, un an plus tard, l’Institut américain, qui nourrissait déjà des craintes sur d’éventuels excès de pouvoir de la part du régime, lançait le projet Egypt Security Watch, afin d’étudier l’adéquation entre l’importance du fait terroriste et les méthodes employées par le gouvernement pour y répondre. Verdict : « Ceux qui gouvernent l’Egypte n’ont pas su adapter leurs tactiques à l’évolution des menaces qui pèsent sur la sécurité, élaborer une politique stratégique à long terme de lutte contre le terrorisme ou mettre en œuvre un programme global de prévention de la radicalisation. »

 

 

_ Paris dans le viseur d’ONG

A la place, des lois nouvelles ou modifiées ont élargi la portée des crimes et des acteurs susceptibles d’être poursuivis pour rétablir la sécurité nationales, renseigne le TIMEP. A l’arrivée, plus de 27 000 personnes auraient été arrêtées dans le cadre d’opérations antiterroristes en 5 ans, avec un pic atteignant jusqu’à 3 000 arrestations rien qu’en mai 2015. Et « environ la moitié d’entre elles ont été décrites comme étant membres des Frères musulmans, organisation classée terroriste en 2013, tandis que 11 500 autres ont été arrêtées sans que les autorités aient reconnu publiquement qu’elles faisaient partie d’une organisation terroriste » selon l’Institut.

 

Pour ces Egyptiens, direction les tribunaux, militaires parfois, pénaux la plupart du temps. Ce qui explique, selon Amnesty International France, que « des centaines de militants et d’opposants [quittent] le pays pour éviter toute arrestation arbitraire. » Les autres, ceux qui restent sur le sol égyptien, « font preuve de courage » indique l’ONG.

 

Quant aux Etats partenaires du Caire, le TIMEP d’affirmer que « malgré la persistance de l’insécurité et des violations des droits, les acteurs nationaux et internationaux ont continué à soutenir la guerre de l’Egypte contre le terrorisme ». Dans le viseur de l’Institut de Washington : le Parlement égyptien, qui n’a « pas agi comme un frein ou un contrepoids à la domination du politique » ; les pays qui, comme les Etats-Unis ou la France, donnent (indirectement) leur blanc-seing à Abdel Fattah al-Sissi pour qu’il poursuive sa politique répressive.

 

« Depuis 2013, les Etats-Unis se sont engagés à verser près de 4 milliards de dollars en aide à la sécurité, auxquels s’ajoutent près de 5 milliards de dollars d’armes venues du monde entier. » A ce titre, de nombreuses ONG ont pointé du doigt les agissements de Paris, qui a renforcé en 2014 sa coopération sécuritaire et militaire avec Le Caire, alors que divers textes internationaux interdisent les ventes d’armes à des pays susceptibles de bafouer certains droits.

 

Stanislas Tain/ Rédacteur en chef/ STANISLAS TAIN/ 22.09.2018/ EGYPTE

 

https://lemonde-arabe.fr/22/09/2018/egypte-guerre-terrorisme-cinq-ans/

 

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Egypte: peine capitale prononcée contre 36 personnes jugées pour terrorisme

 

Un tribunal militaire a condamné à mort 36 personnes pour une série d'attentats contre des églises coptes au Caire, à Tanta dans le Delta, ainsi qu'à Alexandrie. Ils ont fait près de 80 morts en 2016 et 2017. Les attentats avaient été revendiqués par le groupe Etat islamique du Sinaï. C'est la première fois qu'un tribunal égyptien condamne un aussi grand nombre de personnes dans des attentats anti-chrétiens. Jusque-là, les attentats n'étaient pas élucidés, comme dans le cas de l'église d'Alexandrie en 2010, qui avait fait une trentaine de morts.

 

Dans les cas d'agressions mortelles contre des chrétiens, les tribunaux prononçaient généralement des peines de prison après « une réconciliation » plus ou moins forcée. Cela avait été le cas quand une douzaine de chrétiens avaient été lynchés à mort par une foule fanatisée en 2000. Une semi-impunité qui n'est visiblement plus de mise depuis que le président Sissi a décrété une « guerre totale » contre le terrorisme islamiste.

 

Près de 60 000 militaires et policiers sont engagés dans une vaste campagne visant à éradiquer le groupe Etat islamique de son fief du Nord-Sinaï. Les condamnations doivent encore être confirmées par le grand mufti le 15 mai.

 

Par RFI / Publié le 11-04-2018 / Modifié le 10-06-2018/ Avec notre correspondant au Caire,  Alexandre Buccianti

 

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20180411-egypte-peine-capitale-36-personnes-terrorisme-ei-coptes/

 

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7 - Terrorisme/ G5 Sahel : l’espoir est-il encore permis ?

 

Le G5 sahel a été lancé en grande pompe et son avènement était porteur d’espoir. Il donnait tous les signes évidents d’une bonne solution africaine pour venir à bout du terrorisme dans le sahel. Cependant à ce jour, cette lueur semble vacillante. Les regards sont tournés vers les puissances occidentales pour réveiller cette force qui se targuait d’être une initiative africaine. Le dernier Sommet de l’Union africaine s’en est en fait une préoccupation. Etait-il possible d’envisager déjà dès sa naissance que cette force se heurterait au mur ? Le G5 Sahel peut-il honorer les espoirs ? Faut-il envisager les choses autrement ?

 

 

_ Le G5 Sahel aux origines

Le G5 Sahel ou « G5S » est un cadre institutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité. Il a été créé lors d’un sommet du 15 au 17 février 2014 par cinq États du Sahel à savoir le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad.  Ces 5 Etats s’étaient mis en commun pour venir à bout de la menace terroriste commune. En effet, la région du Sahel est souvent aux prises avec des forces terroristes telles qu’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique), MUJAO (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest), Al Mourabitoune, l’Etat islamique dans le Grand Sahara, Ansar Dine, Boko Haram.

 

Il  trouve donc sa justification dans la volonté des chefs de ses Etats membres d’éradiquer la menace terroriste et amorcer une marche commune vers le développement, persuadés que les questions du développement économique et de la sécurité étaient interdépendantes. Toutefois, le G5 Sahel est-elle la seule et la première organisation régionale à se pencher sur la question ?

 

 

_ Multiplicité des organisations régionales sur la question du terrorisme

Le G5 Sahel n’est pas la première organisation à lutter contre la menace terroriste en Afrique. Chacun de ses Etats membres fait partie d’au moins une organisation régionale travaillant sur les mêmes thématiques que le G5 Sahel.

 

Ainsi, sur le plan de développement (et de l’intégration économique), on peut énumérer l’UEMOA et la CEDEAO en Afrique de l’Ouest, la CEMAC pour l’Afrique centrale et l’UMA pour l’Afrique maghrébine. Il faut toutefois rappeler que l’Union du Maghreb Arabe dont est membre la Mauritanie avec les autres pays du Maghreb arabe n’existe aujourd’hui que de nom en raison de ses difficultés à décoller réellement. Cela plante déjà le décor de l’efficacité relative de l’UMA et de sa capacité à faire face à la menace terroriste.

 

Sur la question de la lutte contre le terrorisme (et par là-même du blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme), les Etats du G5 Sahel appartiennent encore à d’autres organisations. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont membres du GIABA ou Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent (et le financement du terrorisme) en Afrique de l’Ouest qui regroupe 16 pays d’Afrique de l’Ouest, par ailleurs membres de la CEDEAO, la Mauritanie est membre de l’organisation GAFIMOA / MENAFATF avec les pays du Maghreb et du monde arabe et le Tchad est membre du GABAC, une organisation dépendant de la CEMAC et créée en 2000.

 

 

_ Fortes ambitions et faibles moyens

Parmi les principaux objectifs du G5 Sahel, il y a entre autres, la création d’une force d’intervention commune, la création d’une école de guerre en Mauritanie, le lancement d’une compagnie aérienne, la construction d’une voie ferroviaire reliant les cinq pays et la suppression des visas entre les pays de la région. Seulement, faire face à la menace terroriste n’est pas sans susciter des difficultés d’ordres financiers et logistiques. La forte ambition économique du G5 Sahel a donc été freinée par les difficultés à réunir les fonds nécessaires à la réalisation des projets, d’où la nécessité de se tourner vers l’extérieur.

 

Le coût de fonctionnement du G5 Sahel pour est estimé à environ 350 millions d’euros par an. Celui-ci a été au niveau des promesses, plus que rempli, puisqu’il y a eu plus de 400 millions d’euros de financements promis. La force ambitionne compter un effectif de 5000 hommes et la moitié n’est pas encore atteinte. La force conjointe souhaite être pleinement opérationnelle au printemps 2018 pour appuyer les 4 000 hommes de l’opération Barkhane et les 12 000 soldats de la MINUSMA (Mission onusienne au Mali). A ce jour, sur les 480 millions d’euros nécessaires, 414 millions sont disponibles.

 

La campagne pour le financement de la force a abouti à l’appui, de l’Union européenne (UE), les États-Unis, de l’Arabie saoudite et de quelques pays du Golfe. Cependant, cette aide, ne pourra permettre au G5 Sahel d’être opérationnel que lorsqu’elle sera réellement versée. En outre, le problème se pose au niveau des effectifs. Les militaires formés et affectés au G5 Sahel sont déjà en service soit au MINUSMA, soit dans leur armée d’origine, ce qui suppose la constitution d’effectifs de remplacements. Un défi humain en perspective pour chacun des Etats membres. La France quant à elle soutient sans réserve le G5 Sahel et encourage à une prise en main africaine de la question du terrorisme sur le continent, ce qui permettra à terme à un retrait de l’Opération Barkhane.

 

 

_ Réactivité et ingéniosité des groupes terroristes

Les groupes terroristes ne semblent pas manquer de réactivité. En effet, les cinq groupes terroristes en activité dans le Sahel ont créé ensemble une nouvelle entité « Jamaât Nosrat Al-Islam Wal Mouslimine » (groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, principale alliance djihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda). Et alors que le Sommet de l’Union Africaine prenait ses marques à Nouakchott, un attentat suicide a été perpétré vendredi 29 juin 2018 contre le quartier général de la force du G5 Sahel au Mali.

 

L’attentat a été revendiqué par le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans. Dans le même sillage, des militaires  français de l’opération Barkhane ont été victimes d’un attentat à la voiture piégée le dimanche 1er juillet.  Cela repose avec une toute nouvelle acuité la question de la sécurité dans la région du Sahel et appelle à la mobilisation de moyens nécessaires.

 

 

_ La menace terroriste au Sahel, un frein au développement

La menace terroriste dans le Sahel se fait de plus en plus lourde et les groupes terroristes semblent être de plus en plus organisés. L’effort entrepris pour la lutte contre ce fléau détourne sans doute des priorités en matière de développement. Le terrorisme a transformé la configuration internationale d’autant qu’elle laisse encore le droit international tétanisé et pantois.

 

A ce fléau, de solutions nouvelles devraient être proposées. La question du terrorisme au Sahel ne manque pas certainement d’avoir des ramifications avec des questions d’ordre économiques et politiques relatifs avec l’immigration aux portes de l’Europe, le chômage. Les Etats membres du G5 Sahel, n’étant pas des Etats économiquement avancés, la lutte contre le terrorisme pourrait faire dépenser une précieuse énergie utile au développement.

 

 

_ Perspectives incertaines

La question du G5 Sahel était à l’ordre du jour des discussions prévues pour le 31 Sommet de Nouakchott (du 1er au 2 juillet 2018) et le président français était attendu pour redynamiser cette alliance militaire. En réalité, la France qui conduit dans la région l’opération Barkhane, voit dans la force du G5 Sahel un possible modèle de prise en main par les Etats africains de leur propre sécurité. Seulement la question du financement pérenne reste une équation difficile à résoudre  et ce en raison du véto américain au financement par les Nations Unies de la force anti djihadiste. Si le Conseil de Sécurité avait pu réussir à placer l’activité du G5 Sahel sous le chapitre VII de la Charte des Nations Unies, cela aurait résolu durablement la question du financement.

 

En revanche, le G5 Sahel pourrait s’inspirer du modèle de la Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF), qui lutte contre Boko Haram dans le bassin du lac Tchad. La forte collaboration de ces Etats membres et la mobilisation des moyens conséquents ont permis d’avoir des réduire la capacité de nuisance de la secte et la confiner dans ses retranchements.

 

Si la question se pose autrement pour le G5 Sahel avec des enjeux qui affectent nécessairement les pays occidentaux, il semble tout de même contre-indiqué, au vu des récents développements d’envisager la prise en main totale du G5 Sahel par ses initiateurs.

 

 

_ Voir au-delà de l’aspect militaire

En sept mois, la force a mené deux opérations dans la zone des trois frontières entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger où sévissent notamment le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et l’organisation Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). Les accusations de violations des droits de l’homme perpétrés par les militaires du G5 Sahel lors de l’Opération Hawbi amènent aussi à s’interroger sur la confiance qu’il peut susciter au plan international et même auprès des populations locales.  Il a été rapporté que des violations des droits de l’Homme ont été perpétrées. Ne serait-il pas temps de repenser la stratégie afin de ménager les populations locales ?

 

Ne faudrait-il pas voir au- delà de l’aspect militaire pour éduquer les populations civiles qui sont parfois victimes de bavures afin d’éviter qu’elles se radicalisent et ne rejoignent les rangs des terroristes ?

 

La lutte contre le terrorisme ne doit pas être perçue par les autochtones comme une lutte dirigée contre leurs religion ou groupes ethniques. Aussi la réponse militaire doit être respectueuse du Droit international et minimiser les risques pour les civils.

 

Seyram Adiakpo/ Le 18 juillet 2018

 

http://www.lafriquedesidees.org/g5-sahel-lespoir-permis/

 

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8 - Liste d'attaques terroristes islamistes

 

Depuis la fin du xxe siècle, des attaques terroristes islamistes sont perpétrées par les membres de diverses organisations fondamentalistes dans le cadre du djihad qu'elles mènent dans le monde entier. Les ambitions des terroristes diffèrent selon le pays où ils opèrent. Leurs actions s'inscrivent avant tout dans une radicalisation de la pratique de l'islam, que ce soit dans les pays à majorité musulmane ou non, et dans un contexte géopolitique marqué par le conflit israélo-palestinien, les guerres menées par les États-Unis au Moyen-Orient et en Afghanistan, les guerres de Tchétchénie.

 

Dans plusieurs pays, les agissements des islamistes peuvent rejoindre les revendications indépendantistes de certains peuples ou ethnies (Moros aux Philippines, Ouïghours en Chine, Touaregs au Mali, etc.). Enfin, les terroristes reçoivent parfois le soutien non déclaré d'États cherchant à déstabiliser un pays ou exercer une influence dans une région stratégique.

 

Dans ce contexte, les attaques terroristes islamistes listées ci-dessous s'inscrivent soit dans une démarche de déstabilisation d'un État en représailles à sa politique ou ses valeurs, soit dans une démarche de conquête de tout ou partie de son territoire. Les terroristes ont recours à différentes tactiques, dont les attentats-suicides, attentats à la bombe, tueries à la chaîne, détournements d'avions ou de bateaux, enlèvements et assassinats.


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Cette liste non exhaustive des attaques terroristes de l’année 2018 :

 

. Irak : le 15 janvier, deux attentats suicides à Bagdad causent la mort de 38 personnes. L'attaque est revendiquée par l'État islamique294,295.

 

. Russie : le 18 février, un homme a tué cinq femmes, lors d'une fusillade "à la sortie d'une église" orthodoxe à Kizliar, au Daguestan, république musulmane instable du Caucase russe, une attaque revendiquée par le groupe État islamique.

 

. Somalie : le 23 février, deux attaques à la voiture piégée dans le centre de Mogadiscio font 45 morts et 36 blessés, d’après un responsable politique anonyme296. Les attentats sont revendiqués par les shebabs, affiliés à Al Qaïda.

 

. France : le 23 mars, un homme tue 4 personnes lors d’ attaques et une prise d'otage dans un supermarché dans l'Aude, à Trèbes. L'homme, qui a été abattu, était un franco-marocain se réclamant de l'État islamique, qui a revendiqué l'attentat le jour même297.


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. Afghanistan : le 22 avril à Kaboul, une attaque à la bombe devant un établissement d’enregistrement pour les élections législatives fait 57 morts et 119 blessés. L’attaque est revendiquée par l’EI 298.

 

. Mali : le 26 avril à Aklaz et le 27 avril à Awakassa, 2 terroristes (probablement des djihadistes ayant prêté allégeance à l’EI) massacrent au total 43 civils, à proximité de la frontière Nigérienne299,300.

 

. France : le 12 mai 2018 à Paris, vers 21 h un individu attaque à l'arme blanche des passants en criant « Allah Akbar », il tue une personne, en blesse quatre autres dont deux gravement301, il se dirige ensuite vers une patrouille de police qui décide de l’abattre. Cette attaque est revendiquée par Daech302.

 

. Indonésie : le 13 mai à Surabaya, la deuxième ville du pays, ont lieu trois explosions devant trois églises catholiques, vers 7 h 30 du matin et à 10 minutes d’intervalle. Au moins 9 personnes sont tuées et 40 blessées (bilan provisoire). Un des assaillants est tué par la police303.

 

. Belgique : le 29 mai à Liège, un homme attaque au couteau deux policières qu'il tue avant de s'emparer de leurs armes de service. Il abat ensuite un jeune homme. L'homme prend ensuite une femme en otage dans un lycée avant de foncer sur la police en ouvrant le feu. Il est abattu par les forces de police304.

 

. Syrie : le 25 juillet 2018, l'État islamique lance une série d'attaques dans le gouvernorat de Soueïda, les attaques font plus de 220 morts305. La ville de Soueïda est ciblée, de même que plusieurs villages du nord-est de la province305.

 

. Tchétchénie : Le 20 août 2018, il est 10 heure du matin quand 2 assaillants sont abattus à Shali lors de l'attaque au couteau d'un commissariat, blessant 2 policiers. Au même moment, un kamikaze se fait exploser au nord de Shali. Dans l'heure suivante, ce sont deux attaques qui ont lieue à Grozny où des assaillants ouvrent le feu sur la police, laissant pour morts au moins deux assaillants et un policier ainsi que plusieurs blessés. Enfin, une attaque à la voiture bélier conduite par un jeune de 17 ans fait plusieurs blessés. L'assaillant est abattu. Les attaques sont revendiqués par l'État islamique pour 3 d'entre elles.

 

Source : fr.wikipedia.org/

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27attaques_terroristes_islamistes/


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