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Publié le 22/09/2014 à 02:25:13
AFRIQUE/ POLLUTION ET ENVIRONNEMENT/ SANTE PUBLIQUE : crise environnementale et menaces




1 – « Dans la lagune Ébrié, autour de laquelle Abidjan s'est construite, on trouve de moins en moins de poissons. Normal : ils ont été remplacés par des déchets en tout genre : ménagers, chimiques, industriels et pharmaceutiques... Une surpollution et un vrai problème de santé publique auquel le ministère de l’Environnement tente, depuis mars, de trouver une solution. »


 


2 – « L’uranium est une ressource essentielle à la production d’énergie en France, mais les réserves nationales étant épuisées, l’essentiel du minerai provient de l’étranger, qui paient bien trop souvent le prix de leur extraction au niveau sanitaire et environnemental : surexposition aux radiations pour les mineurs, dispersion par le vent de poussières radioactives et de gaz nocifs tels que le radon, pollution des eaux et des sols, développement de maladies liées à l’exposition par la population et les mineurs… Un exemple emblématique avec les activités minières du géant nucléaire français AREVA au Gabon et au Niger. »

 


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1 - La lagune Ébrié à Abidjan, mini mer Morte de Côte d'Ivoire

 

Dans la lagune Ébrié, autour de laquelle Abidjan s'est construite, on trouve de moins en moins de poissons. Normal : ils ont été remplacés par des déchets en tout genre : ménagers, chimiques, industriels et pharmaceutiques... Une surpollution et un vrai problème de santé publique auquel le ministère de l’Environnement tente, depuis mars, de trouver une solution. Reportage.


Non loin du pont Félix Houphouët Boigny, un pêcheur s’apprête à lancer un filet dans la lagune Ébrié. Autour de lui, des bidons, des bouteilles et des sachets en plastique flottent sur une eau dont l’odeur nauséabonde indispose souvent les Abidjanais. Partout, des couches de déchets recouvrent le bord de la lagune. Pourtant, du poisson continue d’y être pêché. Georges Ano tente sa chance à Blockhaus, un quartier populaire situé au pied de la tour de l’hôtel Ivoire. « Maintenant on ne peut même plus jeter nos filets, quand on les remonte il n’y a que des déchets et, en plus, la ferraille les déchire », raconte ce pêcheur qui a désormais besoin de sept heures au lieu d’une pour ramener la quantité de poisson qui le fait vivre. Sous l’eau, de moins en moins de poissons et de plus en plus de carcasses de voitures, d’appareils électroménagers et de tonnes de ferrailles en tout genre. De plus, l’accumulation de sédiments diminue la profondeur de la lagune et en complique la navigation par endroit.

 

Au début des années 1990, on pratiquait encore le ski nautique dans la baie de Cocody. Aujourd’hui, la végétation prolifère sur le rivage. Et c’est à cet endroit que le Centre ivoirien anti-pollution s’est installé, avec pour ambition de dépolluer 125 hectares de lagune. Le programme a débuté en mars 2013 et doit s’achever dans quatre ans. Financé à 90% par l’ONG Eco Africa group et à 10% par l’État, le projet coûtera en tout 10,5 milliards de francs CFA. LObjectif : défricher, retirer les sédiments lourds et absorber les déchets.


 

Le problème des eaux usées non traitées

En 2008 déjà, sous la présidence de Laurent Gbagbo, l’État s’était essayé à dépolluer la lagune, sans succès. Aujourd’hui, l’absence de traitement des déchets domestiques, industriels et pharmaceutiques pose de réels problèmes de santé publique. Un document du ministère de l’Environnement, daté de janvier 2012, rapporte par exemple que « le réseau des eaux usées des quartiers d’Adjamé, du Plateau et de Riviéra n’est pas connecté sur le collecteur principal des eaux usées de l’émissaire en mer ». Il verse donc directement son contenu dans la baie de Cocody.

 

À ce jour, selon le ministère, les eaux usées de ces quartiers se déversent toujours dans la lagune. Ce même rapport souligne que le « drainage des eaux usées issues des ménages, de stations services et des installations hospitalières déversent en permanence leurs effluents non-traités dans la baie de Cocody ». Sur ce dernier point, des avancées ont cependant été constatées, selon le gouvernement. « Dès janvier nous avons commencé à conseiller ces structures pour le traitement de leurs déchets. On les aide soit à mettre en place des stations de traitement, soit à dévier leurs déchets dans le collecteur principal qui se jette dans la mer », dit un agent du ministère.

 

De son côté, Jules Loukou, président du conseil d’administration de la Fédération des réseaux, ONG, associations ivoiriennes de l’environnement et du développement durable (Feread), estime « très alarmant » l’état de la lagune. « Pas besoin d’être spécialiste pour le constater. C’est à l’État de veiller sur l’environnement et c’est à l’État d’interdire aux structures hospitalières le déversement direct de leurs eaux dans la lagune ».

 


Contamination de la chaîne alimentaire

Autre problème, la dégradation des bassins de rétention de la capitale économique. Ceux-ci sont trop rarement curés. Déchets et boue s’y entassent, rendant le mécanisme de rétention peu efficace. Le maquis de Herman Deschamps, dans le quartier de Blockauss, fait par exemple les frais de cette situation. « Quand il pleut beaucoup, l'eau de ruissellement qui quitte la commune d’Abobo vient stagner au bord de mon restaurant, avec son lot de sachets plastique et de bidons d’huile, attirant les moustiques et les cafards », raconte le gérant, qui vient justement de construire des murets autour de son espace, pour ne pas dégoûter les clients.

 

Résultat de cette pollution, un risque de contamination à grande échelle. « Nous avons trouvé une accumulation de traces métalliques dans les escargots pris autour de la lagune Ebrié. Il y a donc eu transfert de la pollution du milieu aquatique vers la chaîne alimentaire », explique Lacina Coulibaly, enseignant-chercheur en science et gestion de l'environnement à l’université d’Abobo-Adjamé, à Abidjan. Georges Ano, le pêcheur de Blockhaus, essaie quant à lui de rester positif. Il prétend vendre aujourd'hui plus de poissons : la pollution leur donnerait meilleur goût. Mais il explique aussi qu’il vaut mieux éviter de tomber à l’eau. « Si une seule goutte t’arrive dans ta bouche, tu as envie de vomir ».

 

18/07/2013/ Par Aurélie Fontaine, à Abidjan


http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130718175128/

 


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2 - Des quartiers d’Alger débordent d’ordures, en dépit des campagnes de nettoyage

 

Alger montre beaucoup de lacunes en matière de gestion et de collecte des ordures ménagères au vu des déchets qui jonchent ses rues, en dépit des campagnes de nettoyage menées récemment dans plusieurs de ses quartiers, a constaté l’APS. Plusieurs ruelles et artères d’Alger ont perdu de leur esthétique, en raison des amas de déchets qui jonchent les trottoirs, notamment dans les zones abritant des marchés anarchiques, comme El Harrach (Boumaati), Bab Ezzouar (marché Dubaï et El Djorf), Bab el Oued, Bouzaréah, l’Eucalyptus et Baraki où l’insalubrité fait désormais partie du décor, entraînant la prolifération d’insectes, de rats et chiens errants en quête de nourriture.



Au quartier des cent logements de "Bouhamam" Bouzaréah, les habitants ont indiqué à l’APS que "les déchets ménagers n’ont pas été collectés depuis plus d’une semaine", engendrant "des points noirs nocifs pour la santé et l’environnement", exhortant les autorités concernées à intervenir pour pallier cette situation. A Bab Ezzouar, les marchés anarchiques sont la principale cause du cumul des ordures dans les rues et les espaces verts notamment dans les cités Sorecal et El Djorf. L’entreprise de collecte et d’enlèvement des déchets domestiques de la wilaya d’Alger NETCOM a consacré, à cette zone en particulier, 43 camions et mobilisé 300 agents d’entretien, selon un agent de cette entreprise qui a estimé la quantité d’ordures collectées au quotidien dans les quartiers de cette commune à 350 tonnes.


Vulgarisation de l’utilisation des grandes bennes pour la collecte et de tri des ordures

Dans ce sens, Houria Oulebsir, membre du comité de santé, de l’hygiène et de l’environnement à l’Assemblée populaire de la wilaya (APW) d’Alger a insisté dans une déclaration à l’APS sur la nécessité "d’installer au niveau des quartiers et agglomérations de bennes gigantesques" pour la collecte et le tri des déchets.
Mme Oulebsir a évoqué le projet pilote lancé au niveau du quartier Dely Brahim où des bennes jaunes ont été installées pour la collecte des déchets secs et d’autres vertes pour ceux humides.



La même responsable a souligné l’importance de la nouvelle entreprise "EXTRANET" créée en avril dernier pour compléter le rôle de "Netcom", créée en 1995, pour assurer l’assainissement de 29 communes sur 57 au niveau de la wilaya. Elle a, dans ce sens, mis l’accent sur le rôle de cette nouvelle entreprise qui prendra en charge "28 autres communes", ajoutant que la wilaya a consacré 3 milliards 600 millions DA de son budget au soutien de toutes les entreprises spécialisées dans la gestion et la collecte des ordures ménagères.



L’entreprise "extranet" qui sera opérationnelle début janvier 2014 va employer 2600 agents qui travaillaient dans différentes communes de la wilaya.
Elle a, en outre, souligné la nécessité de créer de nouveaux Centres d’enfouissement technique (CET) qui respectent toutes les normes de tri sélectif des déchets, rappelant que le CET de Hamissi "Maalma", ouvert récemment reçoit actuellement 100 tonnes d’ordures sur un total 3500 tonnes/jour collectées dans toutes les communes de la wilaya. Elle a également préconisé de créer des unités pour le traitement et le tri des ordures en plastique, en papier, en carton ou en verre, indiquant que l’entreprise spécialisée dans la gestion des centres de tri et d’enfouissement technique "EGCTAL", créée récemment par la wilaya veille au tri sélectif des ordures au niveau du centre de Hamissi.


 


Le rôle de Netcom consiste à collecter les déchets et à assainir la ville

Nassima Yaakoubi, responsable technique à Netcom, estime, quant à elle, que "la dégradation de l’environnement à Alger est le résultat des attitudes des habitants qui ne respectent pas les horaires fixées pour le dépôt des ordures (21h)". Plusieurs habitants ne mettent pas leurs ordures dans les bacs, a-t-elle indiqué, soulignant l’acquisition de plus de 35.000 bacs depuis 2004. Cependant, la majorité de ces bacs, dont le prix varie entre 7000 et 35.000 DA sont volés ou saccagés, a constaté l’APS dans plusieurs quartiers de la capitale.

Netcom mobilise au quotidien une moyenne de 5500 agents et 350 camions poubelles pour le transport des déchets au centre d’enfouissement technique d’Ouled Fayet.
Mme Yaakoubi a estimé la quantité d’ordures collectée quotidiennement dans 29 communes à 2000 tonnes/jour, avec une hausse de 40 % pendant le mois de Ramadhan et les fêtes de l’Aïd. Elle a estimé à "205 le nombre de points noirs qui disparaissent parfois mais sont vite ressuscités par le manque de civisme de certains citoyens et commerçants des marchés de gros". Pour sa part, Nacer Djabi, sociologue a appelé toutes les autorités concernées à contribuer aux opérations de sensibilisation, visant à ancrer la culture de l’éducation environnementale chez les générations montantes.

Il a indiqué que le citoyen algérien "respecte les règles d’hygiène lorsqu’il voyage et chez lui, mais il jette ses ordures ménagères dans la rue, car il s’est habitué à le faire par insouciance", ajoutant néanmoins que "l’acquisition d’une éducation et d’une culture environnementale n’est qu’une question de temps".

Un médecin spécialiste des maladies respiratoires au CHU de Beni Messous a quant à elle, appelé à pallier la dégradation de l’environnement, à travers l’amélioration des moyens de collecte et de tri des ordures ménagères, imputant la prolifération de certaines maladies dermatologiques et respiratoires, comme les allergies et l’asthme, à la pollution due à l’amoncellement des ordures dans les rues et sur les trottoirs.

 

DzActu.Com avec Le Temps d'Algérie | Vendredi 08 Novembre 2013

 

http://www.dzactu.com/des-quartiers-d-alger-debordent-d-ordures-en-depit-des-campagnes-de-nettoyage-actualite-2461.html

 

 


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3 - Les 5 villes d’Afrique les plus touchées par la pollution automobile

 

La pollution a plusieurs causes en Afrique mais la grande responsable provient de la production et l’utilisation des sources d’énergie et les activités industrielles.
Cinq villes sont particulièrement polluées sur le continent Africain. Elles sont victimes de substances chimiques polluantes et souvent d’une forte concentration de véhicules usagés qui entraînent une pollution dans l’air par le dioxyde de carbone élevée.




Lagos, ancienne capitale du Nigeria et deuxième ville d’Afrique après le Caire, est victime d’une énorme pollution atmosphérique. La forte concentration de voitures est responsable mais en plus, tous les déchets sont brûlés. La fumée recouvre tout le nord de la ville. A peu prés un quart des cas soignés dans les hôpitaux proviennent de problèmes respiratoires.


 


Dakar, la capitale sénégalaise est aussi très polluée, il y a une prise de conscience, le ministre de l’environnement annonce tous les jours le degré de pollution de l’air. Il essaie de sensibiliser la population et surtout les conducteurs de véhicules. Il est certain que l’auto usagée augmente la pollution.
La voiture a une grande importance dans la vie des Sénégalais, le Rallye Paris Dakar a encore plus poussé leur admiration. Par www.auto123.com, ils peuvent se tenir au courant de tout ce qui se fait de nouveau dans l’univers de la voiture. Ils prendront aussi conscience qu’un véhicule mal entretenu pollue beaucoup.

 

Brazzaville, la capitale du Congo est très marquée par la pollution. Ce sont les fumées des voitures d’occasions en mauvais état qui en sont responsables. Elles sont massivement importées d’Asie et d’Europe ont un kilométrage important et roulent le plus souvent avec de l’essence frelatée.

 

Gaborone au Botswana se révèle être une destination qui grimpe pour les amateurs de safari. Pourtant, l’air y est réellement malsain, elle est la huitième ville la plus polluée du monde. C’est une ville dynamique mais les véhicules d’occasion en mauvais état sont responsables de la pollution tout comme les feux de veld (pour l’agriculture).

 

De Mars à avril et d’octobre à novembre, le Caire, la capitale de l’Egypte est sous un nuage noir de pollution. Il est du en grande partie à la voiture et à l’industrie. La ville qui compte plus de 17 millions d’habitants et de nombreux véhicules très vieux. Ils sont abîmés et polluants. Les habitants de la ville, habitués à ce nuage de pollution lui ont même donné un nom : « Black Cloud »…

La liste des villes polluées sur le continent africain et dans le monde est longue. De nombreux progrès sont à faire mais pour pouvoir les réaliser, il faudrait une prise de conscience des populations qui pour beaucoup sont immergées dans d’autres problèmes.

 

Jul 16, 2014

 

http://www.africansecurity.org/fr/les-5-villes-dafrique-les-plus-touchees-par-la-pollution-automobile/

 


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 A-man-and-his-son-walk-through-polluted-farmland-in-the-Kalaba-community-in-Bayelsa-State-on-November-26-2012.-Reuters

 

4 - Pollution pétrolière : le Nigeria et Shell n’ont toujours rien fait, selon Amnesty

 

Lagos (AFP) – Le Nigeria et Shell n’ont pratiquement rien fait contre la pollution pétrolière dans l’Ogoniland, au coeur du delta du Niger, trois ans après un retentissant report de l’ONU, a accusé lundi Amnesty International. Les dégâts dans cette région symbolisent pour beaucoup la tragédie que représente le pétrole pour le Nigeria, qui en est pourtant le premier producteur africain. Des décennies de production ont rempli les poches d’importants responsables gouvernementaux et généré des profits énormes pour des compagnies comme le géant anglo-néerlandais Shell, mais causé une pollution si vaste qu’elle empêche des habitants de cette région de cultiver ou pêcher.

 

Il y a exactement trois ans, une enquête scientifique sans précédent de l’ONU avait établi l’étendue et l’impact de la pollution pétrolière dans l’Ogoniland. Elle estimait qu’elle pourrait nécessiter l’opération de nettoyage la plus vaste jamais entreprise au monde et durer 25 à 30 ans, et appelait industrie pétrolière et gouvernement nigérian à y participer à hauteur d’un milliard de dollars. Trois ans après, les rares dispositions prises par Abuja et Shell « ne sont qu’une façon de cacher que rien n’a changé », a déclaré Godwin Ojo de Friends of the Earth Nigeria, qui s’est associé à Amnesty et trois autres organisations pour un rapport intitulé « Shell: aucun progrès ».

 

Shell avait été forcé en 1993 de cesser ses activités dans la région où vivent les Ogoni, à la suite de manifestations et de protestations. La minorité ogonie – dont neuf militants, parmi lesquels l’écrivain Ken Saro-Wiwa, ont été pendus en 1995 – réclame une juste répartition des richesses héritées du pétrole et des indemnisations pour l’exploitation à outrance du sous-sol de leur région. « Shell s’est jusqu’à présent dérobé devant la nécessité de nettoyer les dégâts qu’il a causés », a estimé Audrey Gaughran, d’Amnesty International.

 

En avril 2013, Shell avait dépêché du personnel dans l’Ogoniland pour la première fois en deux décennies afin de faire un inventaire de ses installations. La compagnie avait alors affirmé qu’il s’agissait d’une « étape-clé » pour se conformer au rapport de l’ONU de 2011. Le Nigeria produit environ 2 millions de barils par jour, mais une grande partie de la population vit sous le seuil de pauvreté, notamment à cause de la corruption endémique dans le secteur pétrolier.

 

AFP/ 5/8/2014

 

http://www.goodplanet.info/actualite/2014/08/05/pollution-petroliere-le-nigeria-shell-nont-toujours-rien-fait-selon-amnesty/


 


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5 - Mission d’inspection à la décharge d’Akouédo : Les députés, de plain-pied dans les ordures, hier

 

Les députés membres de la Commission de la recherche, de la science, de la technologie et de l’environnement ont conduit, hier, une mission d’inspection à la décharge d’Akouédo.

 

Conduits par la présidente de ladite Commission, l’honorable Kayo Slaha Clarisse, ils ont indiqué sur-place l’objectif de cette «descente sur le terrain». «En tant qu’élus de la nation, nous sommes venus voir les conditions de vie des riverains, faire le constat, voir ce qui se passe concernant, surtout, l’impact des déchets déversés sur le site pour faire le point au gouvernement et l’inciter à changer la situation», a déclaré, au nom de la délégation des parlementaires, la présidente Kayo Slaha Clarisse. Mise en exploitation depuis 1965, la décharge d’Akouédo reçoit, selon l’Agence nationale de la Salubrité urbaine (Anasur), environ 800.000 tonnes d’ordures ménagères sur 1,2 million de tonnes de déchets produits par an et un peu plus du tiers des déchets industriels et certains déchets dangereux.

 

A cela s’ajoute la non-conformité de la décharge avec, notamment, l’absence de clôture, de scanner, de dispositif de captage des gaz et de traitement des lixiviats, la construction illicite sur le site et la présence des «fouineurs» sur les zones d’enfouissement des déchets. Pour réduire les effets incontrôlés produits sur le site, des projets sont en cours. Pour le dégazage de la décharge (torchage des gaz), construction d’une unité de tri et de compostage industriel de 1000 tonnes (projet conduit par le Fonds mondial de l’environnement). En réponse à cette visite des parlementaires, la communauté villageoise d’Akouédo (conduite par leur chef, Djoro Danho Paul) a réclamé la prise en compte du cas du village dans le budget d’Etat 2013.

 

Par SAIDICUS LEBERGER

 

SYLVAIN TAKOUE/ Copyright Le Nouveau Réveil

 

http://ivoirescoop.net/axps/permalink/12587.html

 


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6 - Tunisie - Environnement : La fermeture de Jradou cache-t-elle une autre problématique environnementale?

 

"L'Agence nationale de gestion des déchets (ANGED) vient de résilier le contrat de la société allemande "Nehlson" exploitant le Centre de traitement des déchets industriels et spéciaux de Jradou, en arrêt depuis le 28 février 2011", a indiqué, à l'agence TAP, Kamel El Eir, avocat chargé de la défense des habitants de Jradou. Les riverains avaient porté plainte contre l'ANGED, autorité de tutelle, le 22 juin 2011. Le centre avait été mis en arrêt, en vertu d'un verdict prononcé, le 19 mars 2013, par le Tribunal de première instance de Zaghouan, qui a ordonné sa fermeture, jusqu'à sa restructuration.

 

La justice, qui a tranché en faveur des habitants de Jradou, sur la base d'un rapport d'experts confirmant des défaillances dans la conception des installations du centre et reconnaissant ses éventuels impacts surtout sur la nappe phréatique, a, notamment, ordonné, la suppression définitive des bassins des eaux polluées "lixiviats" et l'évacuation des déchets entreposés. Kamel El Eir a fait savoir que l'ANGED a retiré sa demande de recours présenté à la Cour d'appel de Nabeul, qui devait statuer sur cette affaire, le 21 janvier 2014. Après ce retrait, les habitants de Jradou ont demandé, par le biais de leurs avocats, à la Cour d'appel de Nabeul, de statuer sur le sort final du centre, resté à l'abandon depuis presque trois ans, et dont l'état actuel présente des dangers sur la nappe phréatique de la région.

 

Maitre El Eir a précisé qu'il s'agit là d'une demande "d'éclaircissement sur la situation, pour savoir ce qui va se passer, après la décision de l'ANGED". Entré en activité en novembre 2009, le centre a permis, jusqu'à son arrêt en février 2011, de traiter 12.000 tonnes de déchets industriels spéciaux, sachant que le volume national des déchets industriels dangereux, autres que le phosphogypse, est estimé à 150.000 tonnes par an, selon "sweepnet", rapport sur les déchets dans les pays du Maghreb et du Mashreq, réalisé en collaboration entre l'ANGED et la GIZ (coopération allemande).

 

Le centre de Jradou, premier établissement du genre en Tunisie et en Afrique, situé à 20 km au sud de Zaghouan, éloigné de seulement 830 mètres des lieux d'habitation de Jradou, a été contraint de fermer ses portes, fin février 2011, en raison du sit-in organisé par ses 54 ouvriers et aussi de la pression exercée par les citoyens de la région. Plusieurs habitants de la région ont déclaré que leur santé est mise en péril à cause des activités du centre, soupçonnant même que "des polluants très dangereux auraient été dissimulés dans les déchets enfouis dans le site d'une superficie de 87 hectares". Les citoyens de Jradou, soutenus par des ingénieurs et des avocats, ont écrit des pétitions mentionnant "la possibilité de fuites et d'infiltration de polluants dans la nappe phréatique en raison des cassures des réservoirs d'eaux polluées et des défauts de construction de ces ouvrages, situés non loin de carrières utilisant des explosifs".

Certains accusent l'établissement de recevoir des déchets dangereux importés de l'étranger, imputation démentie par l'Ambassade d'Allemagne, qui a tenu à préciser, le 10 mars 2011, dans un communiqué, que "le centre ne reçoit de déchets importés ni d'Allemagne, ni d'autres pays".

A rappeler à ce propos que la Tunisie est l'un pays signataires de la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et de leur élimination.

 


Déchets dangereux : les entreprises face à des difficultés de stockage

Avant l'arrêt du centre de Jradou, 150 à 160 entreprises industrielles déposaient leurs déchets spéciaux dans le centre, en vertu de contrats et de processus de traçabilité bien déterminés. Ces entreprises se sont trouvées, aujourd'hui, devant des difficultés énormes pour la gestion de leurs déchets, alors que leurs espaces de stockage sont limités. Dans cette conjoncture marquée par une perturbation des systèmes de contrôle et de gestion des déchets en Tunisie, déjà mal conçus dès le départ, d'après des experts, les pratiques irresponsables et les atteintes à l'environnement se multiplient dans l'impunité totale.

 

Le DG de l'Agence nationale de la protection de l'environnement (ANPE), Habib Ben Moussa, reconnaît une "méconnaissance, aujourd'hui, des quantités et de la destinée des déchets industriels dangereux, après la fermeture du centre de Jradou". C'est pourquoi, une étude ou un inventaire sur le devenir de ces déchets est actuellement, indispensable. Il a avancé que l'ANPE a "déposé, auprès du ministère des Finances, une demande de financement pour l'élaboration d'une étude ou d'un inventaire sur la destinée des déchets en l'absence du centre de Jradou, laquelle n'a pas été prise en considération dans le cadre de la loi de finances pour 2014, à cause des pressions sur le budget de l'Etat". Il évalue le coût de cette étude à 100 mille dinars. "Nous allons chercher un financement extérieur et voulons que cette étude soit réalisée en commun entre le ministère de l'équipement et de l'environnement, l'ANGED et l'ANPE. Le centre de Jradou était la solution pour les industriels engagés sur la voie de la compétitivité environnementale et appelés à respecter les normes européennes", a encore, ajouté le premier responsable de l'ANPE.

 

Aujourd'hui en l'absence de cet établissement, les espaces de stockage des déchets de ces entreprises vont arriver, tôt ou tard à saturation, que feront-t-elles alors?, s'est-il interrogé. D'après lui, la mission de contrôle devient de plus en plus difficile et les 30 contrôleurs de l'agence "trouvent du mal à se déplacer pour rédiger des procès verbaux contre les transgresseurs des lois en vigueur. L'agence a rédigé 3 ou 4 procès verbaux contre des industriels contrevenants, un seul parmi eux, a été sanctionné pour non respect de l'étude d'impact sur l'environnement".

 

"Les interventions pour le contrôle doivent se faire à travers des analyses pour vérifier la nocivité des déchets et la manière de les traiter mais aussi pour déterminer la source de ces déchets, ce qui est parfois, difficile", d'après ses dires. Pour M. Ben Moussa, "il ne s'agit pas seulement d'un problème de contrôle, mais aussi d'un manque de sensibilisation, de maturité, de citoyenneté et de responsabilité envers l'environnement, de la part de certains industriels".

"Ceux qui jettent leurs déchets dans le milieu naturel sont indéfendables, mais, il faut reconnaître, au même temps, que les industriels se trouvent aujourd'hui dans l'impasse avec des capacités de stockage saturées et d'autres contraintes financières et conjoncturelles. Travailler en l'absence du centre de Jradou est un grand problème pour les entreprises et pour l'agence, car elle se trouve devant des entreprises en difficulté et un système en arrêt".

 

Du côté de l'ANGED, Fethi Chob, sous-directeur de la gestion des déchets industriels et spéciaux, a, aussi, convenu que depuis la mise en arrêt du centre de Jradou, "les industriels, notamment, ceux liés par des contrats avec l'établissement se sont trouvés devant l'impasse". Il a expliqué que "beaucoup d'entreprises ont trouvé des difficultés dans la gestion de leurs déchets. Elles ne peuvent ni créer leurs propres installations pour le traitement seulement, de petites quantités, ni les exporter, vu les coûts exorbitants de l'exportation des déchets pour le traitement".

 

D'après ses dires, "l'ANGED a effectué des visites sur terrain, à la demande des industriels et constaté que la capacité de stockage de certaines sociétés est saturée et qu'elles se trouvent devant des risques d'incidents, de fuites ou d'incendies, en raison des mauvaises conditions d'autogestion de leurs déchets (bassins remplis, acide détériorant les installations de l'entreprise, des difficultés de manœuvre au sein des entrepôts….).

 

http://www.webmanagercenter.com/actualite/economie/2014/01/15/145017/tunisie-environnement-la-fermeture-de-jradou-cache-t-elle-une-autre-problematique-environnementale

 


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7 - Lutte contre la pollution / Affaire Probo Koala : les sites de déversement des déchets toxiques dépollués avant fin 2014

 

Le vendredi 27 décembre 2013, s’est ténu à l’hôtel Manhattan Suite situé à la Riviera Attoban un atelier sur la restitution des activités relatives au projet de dépollution complémentaire des sites de déversements des déchets toxiques du Probo Koala dans le district d’Abidjan.

 

Cet atelier a vu la participation de toutes les structures impliquées dans le projet de dépollution complémentaire des sites de déversement des déchets toxiques. Le but de cette rencontre était de faire le point sur l’état d’avancement des travaux, communiquer sur les différents résultats obtenus, présenter les perspectives aux autorités ivoiriennes.

« Il était plus que nécessaire de faire le point sur l’avancement des travaux de dépollution définitive des sites impactés par les déchets toxiques », a déclaré Nasséré Kaba, directeur de cabinet du ministre de l’Environnement de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable pour justifier la tenue du dit atelier. Le colonel Diby, directeur du Ciapol dont la mission est de veiller au respect scrupuleux des contrats de dépollution et de restauration des sites impactés a rassuré la représentante du ministre de l’Environnement de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable sur la fin des travaux : «L’opération de dépollution des sites prendra fin avant le 31 décembre 2014».

Notons que c’est suite au déversement de 530 mètres cubes(m3) de déchets toxiques en août 2006 sur 17 sites dans le district d’Abidjan qu’une Cellule de coordination du plan nation de lutte contre les déchets toxiques a été mise en place pour mettre un terme à la catastrophe multiforme ( sanitaire, sociale, environnement et économique) dont était victimes les populations habitants près des espaces infectés.

 

A.H

 

http://www.lebabi.net/actualite-abidjan/lutte-contre-la-pollution-affaire-probo-koala-les-sites-de-deversement-des-dechets-toxiques-depollues-avant-fin-2014-9355.html

 


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8 - Lutte contre la pollution lagunaire : Les végétaux aquatiques traqués

 

L’on ne verra pas en cette fin d’année les végétaux aquatiques qui inondent la surface de la lagune. Notamment au niveau des deux ponts. En tout cas, pas en grand nombre comme les années précédentes.

La raison, depuis trois semaines, le centre antipollution (Ciapol), a engagé la traque de ces végétaux, également appelés salades d’eaux douces en amont. Plus précisément du côté de Moossou, à Grand-Bassam et d’Ebra, zone de Bingerville.

 

La presse a pu assister à ces ‘‘ manœuvres’’ le vendredi 25 octobre 2013, à Moossou. C’est le bateau « Watermaster », effectuant le désensablement de la baie lagunaire qui est chargé de l’opération. L’objectif, a expliqué le colonel Martin Dibi, Directeur général du Ciapol est de faire en sorte que le gros lot des salades soit détruit déjà au niveau des zones de transit que sont Moossou et Ebra. « A défaut d’empêcher totalement leur arrivée sur Abidjan, nous faisons en sorte qu’elles ne soient pas nombreuses », a-t-il commenté. Avant de préciser que ces plantes aquatiques sont dûes à l’utilisation des engrais dans l’agriculture et viendraient du fleuve Comoé.

 

«La période de crue du fleuve correspondant aux mois d’octobre, novembre et décembre, ces végétaux se déversent donc dans la lagune et recouvrent toute la surface du plan d’eau. Ils ont un impact économique et biologique. Ils empêchent l’activité de pêche et entravent la circulation des bateaux-bus. De plus, en recouvrant toute la surface de l’eau, ils bloquent le champ de lumière entre le ciel et la lagune. Les poissons n’ont donc pas suffisamment d’oxygène », a indiqué le colonel Martin Dibi. Avant la fermeture de l’embouchure de Grand-Bassam, ces végétaux, a-t-il confié, se déversaient directement dans la mer.

 

La solution idéale selon lui serait donc la réouverture de l’embouchure, où à défaut, la combinaison de la lutte mécanique à la lutte biologique, avec le lâchage d’insectes dévorateurs de ces plantes, comme cela se faisait par le passé. Mais le site d’élevage des insectes, a annoncé le colonel Dibi, a été détruit à la faveur de la crise post-électorale. L’opération doit s’étendre sur 6 semaines, mais si le Ciapol obtient suffisamment de moyen, elle ira jusqu’en décembre, a-t-il assuré.

Dao Maïmouna/ Le Patriote | Société | Publié le Lundi 28 Octobre 2013 

 

http://www.imatin.net/article/societe/lutte-contre-la-pollution-lagunaire--les-vegetaux-aquatiques-traques_13775_1382946320.html

  


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9 - Les décideurs africains s'attaquent à la pollution atmosphérique pour bénéficier d'un air plus pur et protéger le climat

 

Des délégués ministériels et des experts scientifiques se sont réunis pour travailler sur le programme africain de lutte contre les polluants climatiques à courte durée

 

Des responsables gouvernementaux, des décideurs, des experts environnementaux et des intervenants industriels, venant du monde entier, se sont réunis aujourd'hui pour trouver des moyens de réduire les émissions de polluants climatiques de courte durée de vie en Afrique.

Les polluants climatiques de courte durée de vie sont des agents chimiques qui ont une durée de vie relativement courte dans l'atmosphère - de quelques jours quelques décennies - et qui ont une influence sur le réchauffement du climat. Les principaux polluants de courte durée de vie sont le carbone noir (suie), le méthane, l'ozone troposphérique et les hydrofluorocarbures (HFC). Ces polluants contribuent à l'effet de serre d'origine humaine et ont des impacts néfastes sur la santé humaine, l'agriculture et les écosystèmes.

 

Dès lors, mettre en place des mesures pour réduire leurs émissions permettrait de produire des bénéfices immédiats et substantiels sur la santé humaine, le rendement des cultures et plus généralement sur l'environnement du continent africain. En plus de ces bénéfices, cela permettrait également de lutter, à court terme, au cours des prochaines décennies, contre le réchauffement climatique et ses impacts en Afrique (et ailleurs dans le monde).

 

Cette manifestation de trois jours est organisée par les ministères de l'environnement du Ghana et du Nigeria, avec le soutien de la Coalition pour un climat et un air pur, du Centre africain pour les politiques climatique et du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). Elle portera sur le besoin urgent d'agir pour atténuer rapidement les impacts nocifs des polluants climatiques de courte durée. En plus des deux pays hôtes, le Ghana et le Nigeria, des représentants du Bénin, de Côte d'Ivoire, du Gabon, d'Ethiopie, du Niger, du Malawi, du Sénégal, du Togo et du Zimbabwe ont fait le déplacement pour participer à l'événement.

 

Lors du gala d'ouverture, Sherry Ayittey, le ministre de l'Environnement du Ghana, a déclaré : "En agissant sur ces polluants, dès maintenant, les pays africains pourront bénéficier d'un grand nombre de bénéfices concrets sur la santé, sur l'agriculture et sur la sécurité de l'approvisionnement énergétique en Afrique. Parallèlement, cela permettra de réduire d'un demi degré le réchauffement de la planète au cours des prochaines décennies, diminuant de moitié le taux projeté du réchauffement en Afrique et dans le monde". L'action contre ce type de polluant promeut également l'égalité entre les sexes et les droits des femmes, notamment en luttant contre la pollution de l'air a l'intérieur des habitations, poursuit-elle.

 

Sous la présidence de Mme. Bahijjahtu Abubakar, du Nigeria, les participants pourront explorer des méthodes de réduction des émissions de polluants climatique de courte durée de vie destinées aux pays africains : tels que la promotion des meilleures pratiques ; la mise en valeur des efforts fructueux en ce concerne la réduction des émissions de carbone noir issus des fourneaux traditionnels, des exploitations pétrolières et gazières, et du transport ; et la réduction des émissions de méthane provenant de la production de combustibles fossiles et des secteurs de l'agriculture et des déchets. La réunion portera également sur la sensibilisation à la question des polluants climatique de courte durée de vie en Afrique ; sur l'amélioration de la compréhension scientifique des impacts des polluants climatique de courte durée de vie ; et enfin sur les avantages socio-économiques des stratégies de mitigation. Un autre objectif sera d'améliorer et de développer la capacité des décideurs à prendre des mesures efficaces aux niveaux national et régional.

Les participants pourront formuler des recommandations en ce qui concerne le suivi des activités sur le continent africain et l'engagement futur avec la Coalition pour un climat et un air pur.

 

Accra (Ghana), le 19 septembre 2012 -

 

http://www.unep.org/newscentre/default.aspx?DocumentID=2694&ArticleID=9279&l=fr




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10 - Pollution minière à Kambove : Bavon N’sa Mputu interpellé à l’Assemblée nationale

 

Le ministre de l’Environnement, Bavon N’sa Mputu, a été interrogé mercredi 16 avril à l’Assemblée nationale sur la pollution par les entreprises minières basées dans le territoire de Kambove, au Katanga, et le non-respect des engagements de l’étude d’impact environnemental. L’exploitation minière dans cette région affecte la production des poissons et les cultures maraichères. Le ministre a assuré que le Gouvernement était déjà à pied d’œuvre pour résoudre ce problème.

 

«Nous sommes en train d’expérimenter des petites équipes sur le terrain pour voir comment elles peuvent intégrer toutes ces questions de pollution et d’impact environnemental, vis-à-vis des écosystèmes et à l’endroit des populations riveraines à toutes ces exploitations [minières]», a déclaré Bavon N’sa Mputu. Il répondait ainsi à la question d’actualité que lui a adressée par le député Jean Muzinga. Ce dernier cherchait à connaître notamment les mesures prises par ce ministère pour mettre un terme à la pollution générée par l’exploitation minière. Il a également demandé au ministre s’il suivait réellement les études sur l’impact environnemental de cette exploitation.

 

«Nous nous acheminons également vers la dotation de notre pays d’un arsenal légal et réglementaire pour prendre en charge durablement cette problématique de la pollution. Cet arsenal est encore lacunaire. Nous sommes en train d’y travailler», a avoué le ministre de l’Environnement. Il a affirmé travailler en collaboration avec son collègue des Mines qui, à ce jour, gère encore la problématique de la pollution minière, conformément aux dispositions du Code minier.

 

En outre, le ministre de l’Environnement a affirmé avoir pris des contacts avec le gouvernement provincial du Katanga pour organiser, dans les mois à venir, des matinées de sensibilisation à Lubumbashi. L’objectif de ces assises, selon lui, est de « prendre en charge durablement la problématique de la pollution minière. »

Dans un rapport publié en octobre 2013 dans la ville de Likasi, l’ONG Umoja avait accusé quatorze entreprises minières de polluer le sol et les rivières de la ville de Likasi et du territoire de Kambove.  Selon cette organisation, ces entreprises jettent leurs déchets et d’autres matières acides dans les rivières ou «ailleurs dans la nature».

 


Cri d’alarme des ONG du Katanga

Ce jeudi 17 avril, trois organisations de la société civile ont organisé une conférence de presse pour dénoncer l’impact négatif de l’exploitation minière au Katanga tant sur le plan social qu’environnemental. Il s’agit de l’Association africaine de défense de droit de l’homme (Asadho), du Réseau ressources naturelles et de la plateforme des organisations de la société civile, qui ont évoqué notamment «la persistance  de la pollution de l’eau, du sol et de l’atmosphère, causée par les activités minières.»

Dans leur déclaration, lue par Maître Sabin Mande point focal du Réseau ressources naturelles au Katanga, ces organisations accusent les sociétés minières de plusieurs manquements : «Le faible niveau de réalisations sociales des entreprises  pour le compte des communautés locales, les délocalisations des populations sans respect des normes, la faible contribution de l’exploitation minière au Budget de l’Etat… »

 

http://radiookapi.net/actualite/2014/04/17/pollution-miniere-kambove-bavon-nsa-mputu-interpelle-lassemblee-nationale/

 


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11 - Santé des mineurs de l’uranium sur les sites d’AREVA au Gabon et au Niger

 

Le Contexte

L’uranium est une ressource essentielle à la production d’énergie en France, mais les réserves nationales étant épuisées, l’essentiel du minerai provient de l’étranger, qui paient bien trop souvent le prix de leur extraction au niveau sanitaire et environnemental : surexposition aux radiations pour les mineurs, dispersion par le vent de poussières radioactives et de gaz nocifs tels que le radon, pollution des eaux et des sols, développement de maladies liées à l’exposition par la population et les mineurs… Un exemple emblématique avec les activités minières du géant nucléaire français AREVA au Gabon et au Niger.

 

Le géant français du nucléaire AREVA est implanté depuis plus de 40 ans au Gabon et au Niger, deux pays disposant d’importantes ressources en uranium. Le groupe exploite le site de Mounana de 1958 à 1999 au Gabon, par l’intermédiaire de sa filiale gabonaise la COMUF, et exploite depuis 1968 le site d’Arlit au Niger, par l’intermédiaire de filiales nigériennes Somaïr et Cominak. En janvier 2009, AREVA signait un accord avec le gouvernement du Niger pour l’exploitation du site d’Imouraren considéré comme le deuxième plus grand gisement d’uranium du monde. Alors que l’exploitation de ce dernier site a commencé en 2012, l’extraction d’uranium débutera vers 2014.

 

 


L’action de Sherpa

2003-2007 : Les rapports

En 2003, une association nigérienne de protection de l’environnement, Aghir In’Man, alerte Sherpa et la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité) de l’impact sanitaire et environnemental important de l’extraction d’uranium autour du site d’Arlit, au Niger. Les associations se rendent sur place pour procéder à un état des lieux des conditions d’opérations d’AREVA. En 2005 est publié un premier rapport faisant état des dommages sociaux et environnementaux causés par l’exploitation d’uranium au Niger.

Suite à ce rapport, l’association Mounana réunissant d’anciens travailleurs de la COMUF, filiale d’AREVA au Gabon, informe Sherpa d’une situation similaire autour des mines gabonaises d’AREVA. En 2007, Sherpa et la CRIIRAD, rejoints par Médecins du Monde, publient un deuxième rapport sur l’impact social et environnemental de l’extraction d’uranium au Gabon.

 

Au Niger comme au Gabon, les travailleurs sont surexposés aux radiations, les populations riveraines utilisent des matériaux radioactifs pour la construction de bâtiments (hôpitaux, maternité, école), les ressources en eau sont accaparées par l’activité d’extraction, etc. De plus, un nombre important de mineurs et leur famille ont contracté des pathologies pulmonaires, mais également d’autres pathologies telles que maladies dermatologiques, ophtalmologiques ou cardiovasculaires ainsi que l’existence de malformations chez les nourrissons.

Enfin, les rapports dénoncent la négligence coupable du groupe AREVA : manque d’information des travailleurs quant à la dangerosité du minerai exploité, absence de protections adaptées, manque de fiabilité des dispositifs de contrôles radiologiques, dépassement des normes sanitaires conduisant à l’exposition des populations à un risque sanitaire inacceptable.

 

 

2007-2009 : Les négociations

Sur la base de ces rapports, Sherpa et la CRIIRAD annoncent leur intention de porter plainte au pénal contre AREVA sur les chefs d’accusation d’homicides et blessures involontaires, de mise en danger d’autrui et de faute inexcusable. Les associations entendent d’une part dénoncer l’existence de risques liés à l’irradiation connus par AREVA, l’absence coupable d’information à l’égard des employés, et la volonté de maintenir les populations affectées dans l’ignorance de ces risques, et d’autre part obtenir réparation pour les victimes ayant contracté des maladies radio-induites.

AREVA propose alors de trouver une solution négociée. En accord avec les associations partenaires (Médecins du Monde, Aghir In’Man et l’association Mounana), Sherpa rejoint la table des négociations pour représenter les victimes. La CRIIRAD renoncera à s’y joindre.

En 2009, après deux années de discussions, AREVA et Sherpa parviennent à la conclusion de deux accords inédits dont l’objectif est double : garantir l’indemnisation des victimes et prévenir l’irradiation sur les sites d’exploitation.

 

2009 : Les accords

Le premier accord conclu avec AREVA vise à la création d’observatoires locaux de santé pour chacun des sites d’extraction d’uranium d’AREVA à travers le monde. Ces observatoires sont chargés d’une part du suivi sanitaire des salariés du groupe ou des sous-traitants, français ou étrangers, travaillant ou ayant travaillé pour l’entreprise française ou ses filiales, et d’autre part d’étudier l’impact éventuel des activités minières d’AREVA sur la santé des populations environnantes. Chaque observatoire doit disposer d’un Conseil d’Administration et d’un Comité Médical, chacun étant composé de trois membres : un représentant d’ONG, un représentant de l’autorité publique locale et un représentant d’AREVA.

Tout travailleur qui pense avoir contracté une maladie professionnelle dans le cadre de son activité auprès d’AREVA peut saisir l’observatoire local de santé associé au site d’extraction d’uranium dont il était le salarié. Le Comité Médical étudie alors son dossier afin de déterminer si la maladie revêt ou non du caractère professionnel. Seule une maladie reconnue comme professionnelle par le Comité sera indemnisée par AREVA.

 

Le deuxième accord vise à la création d’un Groupe Pluraliste d’Observation de la Santé, conçu comme un outil d’étude et de prévention de l’irradiation autour des sites d’extraction d’uranium d’AREVA. Composé de 12 scientifiques spécialisés en radioprotection (6 nommés par AREVA et 6 par Sherpa et Médecins du Monde), le Groupe Pluraliste : Assure le suivi des activités des Observatoires : Partant des résultats des travaux des observatoires locaux de la santé, le Groupe Pluraliste peut faire des propositions en vue d’améliorer l’hygiène et la sécurité sanitaire des sites miniers. Ces recommandations sont publiées dans son rapport annuel.

Définit des méthodologies communes à tous les observatoires de santé quant au recueil et à l’analyse des données sanitaires.

 

Assiste AREVA dans la réalisation d’un point sanitaire initial de toute nouvelle zone d’exploitation : il cartographie l’état sanitaire des populations avant l’implantation d’activités minières, afin d’établir un étalon de référence et de mesurer précisément l’impact sanitaire des activités d’AREVA sur la durée. Un point sanitaire initial a été réalisé en 2009 pour le site d’Imouraren au Niger.

 

2009 – 2012 : La mise en œuvre des accords fait défaut

Sherpa s’est évertuée pendant plus de 3 ans à veiller à la stricte application de ces accords. C’était sans compter sur le manque de volonté d’AREVA, qui, semble-t-il, en a réduit la portée à une simple campagne de communication. Notamment, la lenteur de la mise en place des observatoires au Gabon et au Niger comme du processus d’indemnisation, malgré nos multiples relances, ne saurait être attribuée uniquement au contexte politique, aux lourdeurs bureaucratiques de l’entreprise et aux divergences entre les parties prenantes. Sherpa regrette en particulier que, plus de trois ans après la signature des accords, seules deux familles françaises sur 22 dossiers aient été indemnisées, et aucun travailleur nigérien ni gabonais ne s’est vu reconnaître atteint de maladie professionnelle.

 

Alors que 10% des travailleurs français auraient développé une maladie professionnelle liée aux radiations, aucun des 765 travailleurs africains examinés n’aurait contracté ce type de maladie ? Aucune explication scientifique ne justifiant ce résultat absurde, l’impartialité des examinateurs et le sérieux des méthodes de l’étude sont nécessairement mis en cause. Sur place, nos partenaires rapportent que les consultations sont conduites « à la va vite », que les moyens financiers et matériels font défaut, et que l’unique médecin chargé des examens au Gabon est régulièrement absent. Par conséquent, en concertation avec ses partenaires locaux, Sherpa a-t-elle décidé de dénoncer les accords signés avec AREVA, et étudie d’autres possibilités pour agir en faveur des anciens travailleurs gabonais et nigériens.

 

 


Le Bilan

Si l’application de ces accords n’a pas été à la hauteur espoirs qu’ils ont fait naître, Sherpa a néanmoins obtenu certains succès :

D’une part, l’indemnisation des deux familles, pour qui l’aboutissement de ce processus, après 12 ans de bataille, constitue un réel soulagement ;

D’autre part, la mise en place effective de deux observatoires de santé, l’Observatoire de la Santé de Mounana au Gabon et l’Observatoire de la Santé de la Région d’Agadez sur le site d’Arlit au Niger, qui ont permis d’une surveillance médicale inédite des travailleurs miniers de filiales du groupe AREVA. 650 anciens travailleurs gabonais et 115 travailleurs nigériens ont ainsi pu bénéficier d’un examen clinique, d’une analyse sanguine et d’une radiographie des poumons.

 

Qui plus est, notre initiative n’est pas sans lien avec la décision qui a été rendue par le Tribunal aux Affaires de la Sécurité Sociale (TASS) de Melun dans une affaire connexe : dans son jugement du 12 Mai 2012, le Tribunal a en effet reconnu la responsabilité d’AREVA en tant que société mère dans l’indemnisation de Serge VENEL, ancien travailleur expatrié, ayant contracté une maladie professionnelle alors qu’il était salarié de la COMINAK, filiale nigérienne du groupe. Le TASS a en effet considéré qu’en acceptant d’être partie aux accords, le groupe AREVA avait démontré son souci de veiller à la santé des travailleurs employés par ses filiales et s’était ainsi comporté comme employeur de fait sur les questions de santé et de sécurité.

Bien que cette décision concerne un travailleur français, elle n’en reste pas moins porteuse d’espoirs pour les victimes gabonaises et nigériennes.

 

Mis en ligne le 7 novembre 2013 dans la catégorie : Juridique

 

Source : http://www.asso-sherpa.org/sante-mineurs-luranium-les-sites-dareva-au-gabon-au-niger/#.VB8sG1efUdU

 

  


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Avis des internautes

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