EVEIL


Publié le 07/11/2015 à 19:46:13
AFRIQUE/ BURKINA FASO/ THOMAS SANKARA : le Burkina Faso redécouvre son ancien leader, 28 ans après (mieux vaut tard que jamais)




0.1 – « L'ancien président du Burkina Faso Thomas Sankara a été "criblé de balles" lors de son assassinat en 1987 selon le rapport d'autopsie présenté mardi à Ouagadougou, alors que les premières inculpations ont été annoncées 28 ans après sa mort. Icône du panafricanisme, le capitaine Thoma Sankara a été tué, après 4 années au pouvoir, le 15 octobre 1987 lors d'un putsch qui a porté son compagnon d'armes Blaise Compaoré au pouvoir. L'enquête sur sa mort a été ouverte fin mars 2015, cinq mois après le renversement de Compaoré, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir. Les ossements de Thomas Sankara ont été exhumés fin mai et sont en cours d'authentification par une expertise ADN. »


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0.2 – « Thomas Sankara : Aujourd’hui, on ne peut que remercier les dirigeants actuels du Burkina Faso, qui essayent de réhabiliter ce grand Africain, mort trop tôt pour nous, pour le Faso, pour l’Afrique. Son combat et son génie politique ont toutefois  pris corps dans chacun de nous, capables désormais de servir à ce continent, la gouvernance la plus avancée qui soit, en matière de gestion des affaires d’Etat. Thomas Sankara réhabilité 28 ans après, mieux vaut tard que jamais. »


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0.3 – « Il y a trente ans exactement, le 4 août 1983, un politicien anti-impérialiste et chantre du panafricanisme accédait au pouvoir dans son pays qui s’appelait alors la Haute-Volta. Thomas Sankara, le bien nommé, ne sera resté au devant de la scène que quatre ans avant d’être lâchement assassiné le 15 octobre 1987 par Blaise Compaoré, encore au pouvoir. Trente ans après, certains s’interrogent encore sur l’héritage de la Révolution dont il a été l’instigateur. Même si cela ne se voit pas comme on le souhaite, il est immense, cet héritage ! Emanciper la population de l’influence de l’ancienne puissance coloniale française dans tous les domaines ! Telle était la quintessence de la Révolution lancée le 4 août 1983 par le Capitaine Thomas Isidore Sankara. Une révolution qui avait réussi à métamorphoser la société burkinabè et à redonner confiance et espoir à la jeunesse panafricaine. »

 

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1 - Le Burkina Faso redécouvre son ancien leader, 28 ans après (mieux vaut tard que jamais)

 

Que retenir de l’oeuvre politique de l'ancien Président du Burkina Faso 28 ans après sa mort ?

Le Président du Faso a essayé d’aider de façon absolue son pays, l’un des plus défavorisés du monde. C’est l’un des dirigeants africains qui a très tôt pris conscience de la pauvreté et du retard de l’Afrique en matière de développement économique et social. De son vivant et en tant que Chef de l’Etat, il a tout donné pour l’émancipation politique, économique, sociale et culturelle de son pays (et du continent africain). Il s’est consacré à son pays et lui a tout donné sans regret : son temps, son énergie, son intelligence, ses maigres moyens financiers, sa vie. Il a servi son pays de façon pleine et entière et s’est gardé de le voler ou de l’exploiter (par tous les moyens), dans un continent où les détournements, le vol des biens publics, la corruption, sont d’une normalité déconcertante.

 

L’intégrité absolue de Thomas Sankara découle de la claire vision de la grande pauvreté de son pays. Il a servi loyalement et efficacement le Burkina Faso, au lieu de se servir et de profiter indûment des ressources financières de son pays. Sa principale force a été également sa jeunesse, sa vision, sa gouvernance. Il ne faut pas oublier qu’en matière de gestion des affaires publiques et dans le meilleur des cas, « si on gère, on consolide et on stabilise à 60 ans, 70 ans et 80 ans », à « 30 ans, 40 ans et 50 ans, on révolutionne ». Et l’Afrique aujourd’hui, continent jeune, a plus besoin de révolution : révolution informatique, révolution technologique, révolution sociale et économique, révolution financière et monétaire. Le tout étant de concilier cette révolution avec son environnement, pour évoluer…

Thomas Sankara, sans le savoir peut-être, a œuvré au changement et à la prise de conscience du continent. Tel Jésus Christ, il prophétise : on vous a dit de faire ceci, et moi, je vous demande de faire cela.

 

Les changements révolutionnaires concernent ces aspects :

_ les mentalités,

_ l’intégrité et la responsabilité dans la gestion des affaires publiques,

_ la création des richesses,

_ l’utilisation au mieux des forces et potentialités des Etats,

_ la solidarité et la bienveillance,

_ la réponse immédiate aux grandes préoccupations africaines,

_ la décolonisation et le panafricanisme,

_ la passion et le rêve de grandeur (pour son pays, pour l’Afrique)…

  

Aujourd’hui, on ne peut que remercier les dirigeants actuels du Burkina Faso, qui essayent de réhabiliter ce grand Africain, mort trop tôt pour nous, pour le Faso, pour l’Afrique. Son combat et son génie politique ont toutefois pris corps dans chacun de nous, capables désormais de servir à ce continent, la gouvernance la plus avancée qui soit, en matière de gestion des affaires d’Etat. Thomas Sankara réhabilité 28 ans après, mieux vaut tard que jamais…

 

Fait à Abidjan, le 15/10/2015

 

Sources : www.paixetdeveloppement.com/ et www.paixetdeveloppement.net/


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2- Burkina Faso : 28 ans après, premières inculpations dans l'assassinat de Thomas Sankara, "criblé de balles"

 

L'ancien président du Burkina Faso Thomas Sankara a été "criblé de balles" lors de son assassinat en 1987 selon le rapport d'autopsie présenté mardi à Ouagadougou, alors que les premières inculpations ont été annoncées 28 ans après sa mort. Icône du panafricanisme, le capitaine Thoma Sankara a été tué, après 4 années au pouvoir, le 15 octobre 1987 lors d'un putsch qui a porté son compagnon d'armes Blaise Compaoré au pouvoir. L'enquête sur sa mort a été ouverte fin mars 2015, cinq mois après le renversement de Compaoré, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir. Les ossements de Thomas Sankara ont été exhumés fin mai et sont en cours d'authentification par une expertise ADN.

 

Cette enquête, dont les résultats étaient très attendus, vise à lever le voile sur le mystère entourant les circonstances de la mort de Thomas Sankara. Le sujet était entièrement tabou pendant l'ère Compaoré, qui a été soupçonné d'avoir commandité son assassinat. Officiellement, Sankara était décédé "de mort naturelle", à 37 ans. En réalité, selon plusieurs témoignages publiés, un commando a abattu le "père de la révolution" le jeudi 15 octobre au Conseil de l'Entente, siège du gouvernement en plein centre de Ouagadougou.

 

L'un des avocats de la famille Sankara, Me Bénéwendé Stanislas Sankara (sans lien de parenté) a indiqué mardi que les premières inculpations avaient été prononcées par la justice. "Il y a huit ou neuf inculpés", dont certains "sont déjà déférés", a-t-il déclaré, précisant que parmi les inculpés figurent "des militaires de l'ex-RSP (Régiment de sécurité présidentielle)", l'unité qui a perpétré le coup d'Etat avorté du 17 septembre et qui a été dissoute.

 

Le chef des putschistes, le général Gilbert Diendéré, est largement soupçonné d'avoir été à la tête du commando qui a abattu Sankara en 1987. Il était alors l'homme de l'ombre et le bras droit de Blaise Compaoré. Il est actuellement écroué à Ouagadougou, inculpé "d'attentat à la sûreté de l'Etat" et de "haute trahison" pour le putsch avorté. Le médecin colonel-major Fidèle Guébré, qui avait établi le certificat de décès de "mort naturelle" en 1987, en tant que directeur de la santé militaire à l'époque, a été inculpé pour "faux en écriture publique".

 

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L'autopsie a révélé que Sankara a été "criblé de balles". 

"Au niveau des impacts, ce qu'on a pu relever en ce qui concerne le corps de Thomas Sankara, c'est vraiment ahurissant. On peut dire qu'il a été purement et simplement criblé de balles", a déclaré Me Ambroise Farama, un des avocats de la famille. "En ce qui concerne les autres personnes assassinées en même temps que Sankara, on a pu retrouver par-ci, par-là un ou deux impacts de balles. Mais pour Thomas Sankara, il y en avait plus d'une dizaine à tous les niveaux, et même en bas des aisselles. Ce qui montre qu'il avait certainement levé les bras, si en tout cas c'est bien lui. Il y en avait partout, dans la poitrine, les jambes... Me Farama a souligné qu'il fallait attendre le résultat de tests ADN, en cours en France, pour formellement identifier l'ancien chef d'Etat.

 

Il avait été enterré en catimini au cimetière de Dagnoën, en banlieue est de Ouagadougou avec d'autres victimes. "A ce stade on ne peut pas être totalement affirmatif (...). Par contre, il y a des éléments qui ont été retrouvés dans les tombes qui portent à croire qu'effectivement ces tombes-là sont celles des personnes qui ont été assassinées le 15 octobre 1987", a-t-il précisé.

 

Dirigeant progressiste, réputé pour son honnêteté, Thomas Sankara est devenu après sa mort un mythe au Burkina Faso (littéralement le "pays des hommes intègres" ainsi qu'il l'avait rebaptisé en 1984) et au-delà dans toute l'Afrique, . Les jeunes burkinabè se réclamaient volontiers de lui lors de la "révolution" d'octobre 2014, qualifiant Blaise Compaoré de "Judas".

 

L'Humanité.fr avec AFP/ Mardi, 13 Octobre, 2015

 

http://www.humanite.fr/burkina-faso-28-ans-apres-premieres-inculpations-dans-lassassinat-de-thomas-sankara-crible-de-balles


Afficher l'image d'originePeople celebrate in Ouagadougou, 31 Oct


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3 - Burkina Faso : Thomas Sankara, la vérité 28 ans après

 

Les résultats de l'autopsie et de l'expertise balistique réalisées sur le corps de l'ancien président burkinabè Thomas Sankara (1983-1987) ont révélé qu'il avait été abattu de plus d'une dizaine de balles le 15 octobre 1987. La famille du «père de la révolution» est heureuse de se rapprocher de la vérité, enfin.

Qui voulait la peau de Thomas Sankara ? L'histoire ne le dit pas encore, mais commence à lever le voile sur un tabou de 28 ans au «pays des hommes intègres», tel qu’il l’avait rebaptisé en 1984. Les premiers résultats de l’enquête sur son assassinat, qui devaient être révélés le 17 septembre, jour du coup d’Etat manqué du général Diendéré, ont été annoncés lundi au Burkina Faso.

 

Sans surprise, la cause officielle du décès –«mort naturelle»-, établie en 1987, a été complètement démontée par l’autopsie et l’expertise balistique. Le «père de la révolution» burkinabè, icône du panafricanisme qui s’est notamment battue contre les tares de la Françafrique, a bel et bien été assassiné à l’âge de 37 ans. «Au niveau des impacts, ce qu'on a pu relever en ce qui concerne le corps de Thomas Sankara, c'est vraiment ahurissant. On peut dire qu'il a été purement et simplement criblé de balles», a déclaré Me Ambroise Farama, un des avocats de la famille. «En ce qui concerne les autres (personnes assassinées en même temps que Sankara), on a pu retrouver par-ci, par-là un ou deux impacts de balles. Mais pour Thomas Sankara, il y en avait plus d'une dizaine à tous les niveaux, et même en bas des aisselles, a-t-il ajouté, cité par l’AFP. Ce qui montre qu'il avait certainement levé les bras, si en tout cas c'est bien lui. Il y en avait partout, dans la poitrine, les jambes...» L’avocat a précisé à Burkina24 que des «G3, des Kalachnikovs, des pistolets automatiques» avaient été utilisées. «Des armes relevant de l’armée»…

 

Toutefois, Me Farama a souligné qu'il fallait attendre le résultat de tests ADN, en cours en France, pour formellement identifier l'ancien chef d'Etat. M. Sankara avait en effet été enterré en catimini au cimetière de Dagnoën, en banlieue est de Ouagadougou avec d'autres victimes. «A ce stade on ne peut pas être totalement affirmatif (...). Par contre, il y a des éléments qui ont été retrouvés dans les tombes qui portent à croire qu'effectivement ces tombes-là sont celles des personnes qui ont été assassinées le 15 octobre 1987», a-t-il précisé. «Dans certaines tombes, les parents des victimes qui étaient présentes (dans le cabinet du juge d'instruction) ont pu reconnaître les vêtements (qu'elles portaient) le jour de l'assassinat.»

 

Pour «Thomas Sankara, la famille reconnaît que ce jour-là, il était habillé en survêtement rouge», dont des restes ont été retrouvés dans sa tombe. Celui que l’on surnomme parfois le «Che Burkinabè» a en effet été tué un jeudi, jour de sport de masse obligatoire pendant la révolution. Selon plusieurs témoignages publiés, c’est un commando qui a perpétré l’exécution au Conseil de l'Entente, siège du gouvernement en plein centre de Ouagadougou, il y a 28 ans quasiment jour pour jour.

 

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Au moins 8 personnes inculpées

Dans la foulée, «huit ou neuf» personnes ont été inculpées, dont certaines déjà déférées, selon l'un des avocats de la famille Sankara, Me Bénéwendé Stanislas Sankara (sans lien de parenté). Parmi elles, le médecin colonel-major Fidèle Guébré, qui avait établi le certificat de décès à l’époque, en tant que directeur de la santé militaire, a été mis en examen pour «faux en écriture publique». Mais aussi «des militaires de l'ex-RSP (Régiment de sécurité présidentielle)», l'unité d’élite de l’armée qui a mené le putsch du mois dernier, et qui a été dissoute. Rappelons que leur chef, le général Gilbert Diendéré - actuellement écroué à Ouagadougou, inculpé «d'attentat à la sûreté de l'Etat» et de «haute trahison»- est largement soupçonné d'avoir été à la tête du commando qui a abattu le capitaine Sankara. Il était alors l'homme de l'ombre et le bras droit de Blaise Compaoré, lui même étant à l’époque le lieutenant, et l’ami, de Sankara.

 

Compaoré avait été porté au pouvoir par le coup d’Etat de 1987 dans l’ex-colonie française. Il y est resté pendant 27 ans, avant d’être à son tour destitué le 31 octobre 2014 sous la pression populaire, à l’issue de 48 heures de manifestations qui ont fait 24 morts. Pendant tout son règne, la question de l’assassinat de Sankara est restée taboue. Il avait même refusé à Mariam Sankara, la veuve, l’ouverture d’une enquête malgré sa plainte contre X déposée au nom de ses deux enfants en France, où elle s’est installée en 1990. L'enquête sur sa mort a été ouverte en mars dernier par le régime de transition, cinq mois après le renversement de Compaoré.

 

Les ossements de M. Sankara ont été exhumés fin mai et sont donc en cours d'authentification dans l’Hexagone. «Je n'ai pas abandonné, je n'abandonnerai pas, jusqu'à ce que vérité soit faite», a-t-elle promis dans une interview à l’AFP en juin. Me Bénéwendé Sankara a dit être confiant quant à la suite de la procédure. «Ça fait déjà plus de 18 ans. On voit se profiler à l’horizon une instruction sérieuse, sereine où les droits de la défense sont garantis», s’est-il réjoui sur le site burkinabè. Initialement prévue le 11 octobre mais reportée en raison du coup d'Etat avorté –qui a tout de même fait 14 morts et 251 blessés-, l'élection présidentielle au Burkina Faso a été finalement été reportée, ce mardi, au 29 novembre.

 

PARIS MATCH/ Le 14 octobre 2015/ Mise à jour le 14 octobre 2015

 

http://www.parismatch.com/Actu/International/Thomas-Sankara-la-verite-28-ans-apres-846113


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4 - Gouvernance en Afrique : Que reste-t-il de la révolution Sankariste ?

 

Selon M. Zeidan, des primes allant jusqu’à 1.500 dinars (1.200 dollars) vont être accordées aux soldats et aux thowars (les ex-rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi en 2011) qui acceptent de travailler dans cette région désertique au climat difficile. Il y a trente ans exactement, le 4 août 1983, un politicien anti-impérialiste et chantre du panafricanisme accédait au pouvoir dans son pays qui s’appelait alors la Haute-Volta. Thomas Sankara, le bien nommé, ne sera resté au devant de la scène que quatre ans avant d’être lâchement assassiné le 15 octobre 1987 par Blaise Compaoré, encore au pouvoir.

 

Trente ans après, certains s’interrogent encore sur l’héritage de la Révolution dont il a été l’instigateur. Même si cela ne se voit pas comme on le souhaite, il est immense, cet héritage ! Emanciper la population de l’influence de l’ancienne puissance coloniale française dans tous les domaines ! Telle était la quintessence de la Révolution lancée le 4 août 1983 par le Capitaine Thomas Isidore Sankara. Une révolution qui avait réussi à métamorphoser la société burkinabè et à redonner confiance et espoir à la jeunesse panafricaine.


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En quatre ans de règne, Thomas Sankara et son gouvernement avaient initié et lancé de nombreuses réformes, dans le secteur de l’éducation, de l’économie ou encore du statut des femmes, notamment. Et cela, afin de changer profondément la Haute Volta rebaptisée Burkina Faso, c’est-à-dire Pays des Hommes Intègres en moré. Un changement programmé d’abord dans la mentalité pour qu’il puisse réellement atteindre son but.

 

Malheureusement, cette révolution a brusquement pris fin le 15 octobre 1987, suite à un coup d’Etat qui a porté au pouvoir Blaise Compaoré, n°2 de la révolution. Thomas Sankara est assassiné durant ce coup d’Etat par des éléments de celui qui était considéré dans sa famille comme son frère. Qu’est-ce qui est resté de cette période glorieuse dans la gouvernance en Afrique ? « Il y avait la lutte contre la corruption et contre la désertification. Il y a eu aussi des réformes dans le domaine des logements à caractère social.

 

Un des piliers du combat de Thomas Sankara sur le plan économique était la décolonisation de l’économie », se rappelle Faustin Komsimbo, administrateur financier dans une entreprise à Ouagadougou cité par la presse nationale. Le 4 août 1983, lorsque le Capitaine Thomas Sankara lance la révolution démocratique et populaire au Burkina Faso, Faustin était encore un jeune lycéen. Le changement des mentalités et la lutte contre la corruption étaient deux axes majeurs de la Révolution Sankariste. Et pour traduire dans la réalité cet engagement révolutionnaire contre l’enrichissement illicite, des tribunaux populaires de la révolution ont été institués pour juger les agents indélicats. Et les procès retransmis à la radio.

 

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La révolution noyée par la bourgeoisie politico-affairiste ?

Aujourd’hui, si la grande majorité des Burkinabé se contentent de vivre en fonction de leurs maigres moyens, l’arrivée de Blaise Compaoré a favorisé l’émergence de bourgeoisie qui s’est accaparée du pouvoir et des richesses du pays. Est-ce à dire que la révolution a échoué ? Pas forcément car l’un des buts étaient aussi de démontrer aux peuples africains que nous sommes capables de prendre notre destin en main, donc que nous n’avons pas forcément besoin des relations paternalistes avec l’Occident pour nous affirmer dans le « monde civilisé » !

 

C’est d’ailleurs l’une des raisons de l’assassinat de Thom Sank, car certaines puissances occidentales et leurs fidèles serviteurs africains craignaient de perdre leur influence néocolonialiste en Afrique. « L’esprit de liberté, de la dignité, de compter sur ses propres forces, d’indépendance et de lutte anti-impérialiste… doit souffler du nord au sud, du sud au nord et franchir allègrement les frontières. D’autant plus que les peuples africains pâtissent des mêmes misères, nourrissent les mêmes sentiments, rêvent des mêmes lendemains meilleurs », avait déclaré Sankara dans l’un de ses nombreux discours qui restent encore des modèles d’engagement politiques et panafricanistes.

 

Et de nos jours, le peuple burkinabé commence à prendre conscience qu’il faut rapidement revenir aux valeurs prônées par la cette révolution. Il ne cesse de démontrer son ras-le-bol d’une dictature militaro-bourgeoise déguisée en démocratie sans alternance. Cela fait 26 ans que Blaise règne en maître absolu sur un pays pourtant culturellement décomplexé grâce à la révolution d’août 1983. Mais, pour combien de temps encore ?

 

Visiblement, pas pour longtemps, car les mouvements de révolte s’amplifient ces dernières années. À commencer par la jeunesse estudiantine qui refuse le diktat d’un régime qui se soucie peu de son avenir en lui refusant les conditions idoines d’études. Ainsi, depuis le 1er août dernier, les étudiants vivant dans les cités universitaires de Ouagadougou ont été chassés manu militari de leurs cités. Mais, les étudiants avaient manifesté leur mécontentement en saisissant des véhicules de l’Etat, pour demander un délai avant de quitter les cités. Comment un régime qui se soucie de sa jeunesse peut-il cautionner que des étudiants soient mis dans la rue en plein saison de pluie ?

 

Heureusement que pour pallier à l’irresponsabilité d’un régime répressif, une chaîne de solidarité s’est mise en place pour aider les étudiants chassés des cités universitaires. C’est ainsi qu’une grande majorité des déguerpis par la force ont pu intégrer des familles d’accueil. D’autres sont regroupés dans des résidences que des personnes de bonne volonté ont bien voulu leur offrir. Et l’opposition politique, de plus en plus courageuse, avait exigé « la libération des étudiants détenus, la restitution des objets confisqués et l’ouverture d’une concertation avec les responsables des étudiants pour résoudre pacifiquement leurs problèmes qui sont bien réels ».

 

Ces événements sont survenus quelques jours seulement après la marche-meeting- du 28 juillet 2013 contre le Sénat au Burkina Faso. Une réforme politique que seul le parti au pouvoir (CDP) voit l’utilité. Il y a déjà un mois, une première marche-meeting- avait été organisée par les partis politiques affiliés au chef de file de l’opposition pour dire « non à la mise en place du Sénat au Burkina Faso ». Et pour la seconde fois, ils étaient plusieurs dizaines de milliers de personnes à battre le macadam sur appel de l’opposition politique. « Non au Sénat », « Non à la modification de l’article 37 », « N’envoyez pas notre pays à l’abattoir », « A bas le sénat et les futurs sénateurs » ! Tels étaient, entre autres, les slogans criés et affichés sur les pancartes au cours de cette seconde marche de protestation.

 

Cette protestation découle visiblement d’une importante prise de conscience. « Il faut que l’on comprenne que personne d’autre à part nous ne viendra mener la lutte à notre place », a déclaré l’un des responsables de cette action politique d’envergure. « Face aux urgences du moment, la mise en place de cette institution est inopportune. C’est en vue de dénoncer cela que nous sommes là ce matin avec nos balais pour balayer le mal qui ronge ce pays… », s’était défendu Cheick Ouédraogo, mécanicien de son état, cité par des confrères du Faso. Quant à Mouniratou, étudiante en DEA citée par les mêmes sources, elle était venue dire non à la modification de l’article 37 car elle « souhaite le changement… » !


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Rupture avec la gouvernance actuelle et retour aux valeurs fondamentales de la révolution des « Hommes intègres ». D’où la diffusion de messages révolutionnaires qui ont tenu la foule en haleine avant le début de la marche. « Comme le 29 juin dernier, vous êtes encore sortis très nombreux pour dire une fois de plus non au Sénat, non à la révision de l’article 37 et non à la politique du gouvernement ! Contrairement aux gens du CDP, personne ne vous a donné des billets de 2 000 FCFA pour vous amener ici… », a laissé entendre Zéphirin Diabré, chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF). C’est dire que, comme le souhaitait le très regretté Thomas Sankara, les Burkinabé sont en train de prendre conscience qu’ils sont maîtres du destin de leur pays. Ne serait-ce que pour cela, la Révolution Sankariste a touché l’un de ses objectifs fondamentaux : l’éveil de la conscience du peuple !

 

Hamady TAMBA/ Source : http://maliactu.net/gouvernance-en-afrique-que-reste-t-il-de-la-revolution-sankariste/

 

http://www.thomassankara.net/spip.php?article1507


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