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Publié le 21/04/2017 à 15:13:44
AFRIQUE/ RENOUVEAU : perspectives politiques, perspectives économique et sociale





« Afrique/ Le chômage des jeunes à l’ombre de la croissance économique : Selon la Banque mondiale, les jeunes représentent 60 % de l’ensemble des chômeurs africains. En Afrique du Nord, le taux de chômage des jeunes est de 25 %, mais ce taux est encore plus élevé  au Botswana, en République du Congo, au Sénégal et en Afrique du Sud, entre autres pays. Avec 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans, l’Afrique compte le plus de jeunes au monde. Dans la plupart des pays africains, le chômage des jeunes « est au moins deux fois supérieur à celui des adultes », souligne la BAD. Les jeunes femmes sont plus durement touchées. La BAD a constaté que dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne et dans tous ceux de l’Afrique du Nord, il est plus facile pour les hommes que pour les femmes d’obtenir un emploi, même si celles-ci possèdent le même  niveau d’expérience et de compétences. Les statistiques du chômage en Afrique ne tiennent pas compte des emplois précaires  ni du sous-emploi dans le secteur informel. »

 

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1 - Nana Akufo-Addo : « L’Afrique de l’Ouest manque de grands projets communs »

 

Un peu plus de trois mois après son investiture, le président ghanéen, Nana Akufo-Addo pose les grandes lignes de sa politique : modernisation de l’économie, lutte contre la corruption et coopération avec ses voisins de la sous-région. Longtemps il s’est approché du pouvoir sans parvenir à décrocher le Graal. Candidat malheureux aux élections de 2008 et de 2012, Nana Akufo-Addo aura dû attendre décembre 2016 pour s’imposer, enfin, dans les urnes. À la tête du pays de Nkrumah, pionnier des indépendances au sud du Sahara, cet ancien ministre de la Justice puis des Affaires étrangères se réjouit d’exercer la fonction suprême au sein d’un club ouest-africain qui, depuis le départ du Gambien Yahya Jammeh, se revendique comme pleinement démocratique. À peine élu, le nouveau président a surpris son monde en nommant pas moins de 110 ministres, laissant perplexe plus d’un Ghanéen. À l’en croire, ce gouvernement pléthorique se justifierait par l’ampleur des chantiers prioritaires, dans un pays dont la croissance a chuté de 14 % en 2011 à 3,3 % en 2016. Soucieux de consolider les acquis démocratiques, notamment en renforçant les pouvoirs du Parlement, Akufo-Addo saura-t-il redonner au Ghana l’aura dont il jouissait au temps de son père fondateur ?

  

_ Jeune Afrique : Les pays d’Afrique de l’Ouest parviennent aujourd’hui à dénouer de concert des crises politiques, comme on l’a vu récemment en Gambie. Pourtant, l’intégration économique y est moins avancée qu’en Afrique australe ou en Afrique orientale. Comment l’expliquez-vous ?

. Nana Akufo-Addo : L’élection d’Adama Barrow en Gambie a valeur de symbole : pour la première fois depuis les indépendances, tous les dirigeants ouest-africains sont élus démocratiquement. Je ne suis en fonction que depuis le 7 janvier, mais les interactions que j’ai pu avoir avec mes pairs me font ressentir un climat de confiance encourageant. Tous disposent de la légitimité requise pour prendre les bonnes décisions. Ce climat politique favorisera nécessairement la progression de notre région vers l’intégration économique. Ce qui nous fait encore défaut, contrairement à l’Afrique australe ou à l’Afrique orientale, c’est la mise en œuvre conjointe de grands projets, notamment sur le plan des infrastructures : un système ferroviaire unifié, des routes connectées… C’est ce développement commun de nos ressources que nous devons maintenant privilégier.

  

_ Le Ghana occupe une place particulière dans l’histoire de l’Afrique subsaharienne, ayant été la première nation à obtenir son indépendance, en 1957. Peut-il encore jouer un rôle diplomatique important ?

. C’est vrai, nous avons été les premiers à nous libérer du joug colonial, et le reste du continent avait alors les yeux rivés sur nous. Nous avons ensuite aidé nos frères et sœurs africains à frayer leur propre chemin vers l’indépendance. Cela nous a conféré une certaine aura et nous a donné les moyens de nous faire entendre sur le plan international. Si nous ne sommes plus dans le contexte qui avait fait de Kwame Nkrumah un modèle, nous avons puisé une nouvelle force dans la consolidation démocratique du pays. Cela donne un écho renouvelé à notre voix.

 

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_ Dans cet élan de consolidation démocratique, vous avez déclaré vouloir déléguer et décentraliser le pouvoir. Entendez-vous réduire les attributions du président ?

. Je suis résolument en faveur d’une réorganisation institutionnelle. Il est primordial de mieux équilibrer, dans notre Constitution, les prérogatives respectives des pouvoirs exécutif et législatif. La réforme que nous préparons vise donc à renforcer le Parlement, dont le rôle apparaît aujourd’hui trop limité, notamment en matière budgétaire. Un Parlement qui n’exerce pas de véritable contrôle sur les finances de l’État est un Parlement au rabais… Si l’un de mes ministres était impliqué dans une affaire de corruption, ce serait un échec terrible pour moi

  

_ Vous fondez vos futures réformes sur la modernisation de l’économie et sur l’industrialisation du pays. Comment convaincrez-vous les entreprises qui ont intérêt au statu quo ?

. Pour résoudre les problèmes de pauvreté, nous devons transformer structurellement notre économie afin de sortir d’un modèle focalisé sur les matières premières. Ma politique économique sera donc cohérente et continue, et j’attends des chefs d’entreprise qu’ils la suivent. Je compte faire adopter et appliquer des règles du jeu claires, à tous les niveaux, y compris gouvernemental. Si l’un de mes ministres était impliqué dans une affaire de corruption, ce serait un échec terrible pour moi.

  

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_ Vous comptez d’ailleurs criminaliser le délit de corruption…

. Ce n’est pas la seule mesure que nous envisageons. Un parquet indépendant spécialisé sur cette question sera opérationnel sous peu. Nous lui donnerons les moyens de fonctionner, mais ne nous leurrons pas : le procureur spécial ne pourra, à lui seul, endiguer ce fléau. Cependant, en promouvant une approche vertueuse jusqu’au sommet de l’État, par exemple en recourant systématiquement à des appels d’offres transparents, nous progresserons. La corruption se nichant le plus souvent dans les hautes sphères, il nous faudra nous montrer exemplaires. Au Ghana comme ailleurs, les citoyens réclament ardemment une gestion désintéressée de l’argent public.

  

_ Vous êtes réputé proche d’Alassane Ouattara. Cela augure-t-il une résolution prochaine du litige frontalier entre le Ghana et la Côte d’Ivoire ?

. Lors de nos premières discussions sur le sujet avec le président Ouattara, nous nous sommes accordés sur une chose : quelle que soit la décision du Tribunal international du droit de la mer, qui doit être rendue à Hambourg en septembre, nous l’accepterons et continuerons de coopérer, pour le bien de nos deux pays. La Côte d’Ivoire est notre grand voisin de l’Ouest, nous ne pouvons donc nous permettre de connaître des périodes de tension avec elle.

  

_ Le Maroc vient de renouer avec l’Union africaine. Qu’est-ce que ce retour va changer pour le reste du continent ?

. D’abord, cela permet à l’Union africaine de retrouver une pleine légitimité en englobant tous les pays du continent. Par ailleurs, la contribution du Maroc est essentielle car c’est un pays relativement développé, engagé de longue date aux côtés du reste de l’Afrique. En tant qu’Africains, il nous incombe de trouver une solution à nos propres problèmes. Rappelez-vous le rôle que Mohammed V, le grand-père du roi actuel, a joué dans nos luttes de libération. Il n’était pas envisageable que cette grande nation africaine demeure plus longtemps en marge de l’organisation continentale. Sans oublier que le Maroc est concerné par le conflit du Sahara occidental, lequel doit, à mon sens, être réglé au sein de l’UA. En tant qu’Africains, il nous incombe de trouver une solution à nos propres problèmes.

  

_ Brexit, élection de Donald Trump, menace d’une élection de Marine Le Pen en France… Quelles sont les conséquences pour l’Afrique en général, et le Ghana en particulier, du repli nationaliste des puissances occidentales ?

. Ces tendances globales s’imposent à nous, car nous sommes tous interdépendants. Mais je crois qu’en fin de compte le nationalisme et l’autoritarisme finissent toujours par s’incliner. En Afrique, nous avons commencé à écrire notre histoire contemporaine sous la coupe d’États autoritaires. Peu après son indépendance, le Ghana est tombé dans un régime de parti unique qui a décimé l’opposition. Beaucoup de personnalités politiques ont opté pour l’exil, d’autres ont été jetées en prison. Cela fut le prélude à une série de coups de force successifs qui ont marqué l’histoire de notre pays. En vingt ans, nous avons connu quatre Républiques successives.

À la suite de ces périodes troublées, les Ghanéens ont jugé qu’ils seraient mieux lotis dans une démocratie garantissant les libertés individuelles. Ce modèle de société ouverte, mis en place au début des années 1990, est demeuré depuis. Bien sûr, nous pouvons encore progresser, notamment en améliorant la gouvernance et la gestion de notre économie. Mais je crois que les Ghanéens sont confiants car ils peuvent s’exprimer librement et assumer les décisions qu’ils jugent bonnes pour eux.

 

Publié le 21 avril 2017/ Mis à jour le 21 avril 2017/ Par Patrick Smith

 

http://www.jeuneafrique.com/mag/426247/politique/nana-akufo-addo-lafrique-de-louest-manque-de-grands-projets-communs/


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2 - L’avenir dépend de la jeunesse

 

Ahmad Alhendawi a été l’Envoyé du Secrétaire général de l’ONU pour la jeunesse de 2013 à 2017. Durant cette période, il a parcouru le monde, se rendant en Afrique 15 fois et plaidant pour l’autonomisation des jeunes. M. Alhendawi a quitté ses fonctions à l’ONU en février dernier pour occuper le poste de Secrétaire général de l’Organisation mondiale du mouvement scout. Avant de quitter New York, il a accordé un entretien à Kingsley Ighobor d’Afrique Renouveau pour parler de ses réalisations et des difficultés qu'il a rencontrées à l’ONU, ainsi que des espoirs qu'il nourrit pour la jeunesse africaine.

  

_ Afrique Renouveau : Comment résumeriez-vous vos quatre années passées comme Envoyé du Secrétaire général pour la jeunesse ?

. M. Alhendawi : Ce fut une expérience sans pareil. J’ai intégré l’ONU à l’âge de 27 ans, en tant que conseiller principal auprès du Secrétaire général. L’ONU travaillait déjà sur les questions liées à la jeunesse, mais ma nomination a mis en évidence l’importance croissante de ces questions au sein du Secrétariat de l’ONU. Lorsque les jeunes entrepreneurs me demandaient quel était mon travail, je leur répondais que « j’étais à la tête d’une start-up ». C’était mon sentiment, car nous étions partis de pas grand-chose. Nous n’avions pas de personnel, pas de budget ni de mandat, et tout était à faire. Nous avons heureusement bénéficié d’un soutien considérable. Nous avons vu la question de la jeunesse gagner en ampleur et en reconnaissance. J'ai  également parcouru le monde, pour rencontrer des jeunes et impliquer les États membres et cela a été une expérience incroyablement enrichissante.  

 

Étiez-vous dépassé au départ ?

J’étais totalement dépassé lors de mon arrivée. Je savais qu’il s’agissait d’une tâche colossale, mais je n’avais pas pris la pleine mesure de sa complexité. Vous en faites davantage quand vous n’êtes pas intimidé par la structure.

 

Qu’entendez-vous par « intimidé par la structure » ?

Je veux dire que de nombreuses personnes talentueuses travaillant dans de grandes organisations se laissent décourager par les structures, par la bureaucratie, par le fait que bon nombre de personnes vous disent : « Non, cela ne fonctionne pas, cela ne fonctionnera pas. » 

 

Avez-vous été découragé  par la structure des Nations Unies ?

Lorsque j’ai intégré l’ONU, je croyais beaucoup en l’institution, et j’y crois encore plus aujourd’hui. Il n’est toutefois pas simple de travailler avec les bureaucraties. Il y a beaucoup de points complexes dont il faut tenir compte. J’en devenais parfois dingue. Cependant, la plupart du temps, je m’en sortais, bâtissais une coalition appropriée, me faisais des amis et parvenais à quelque chose. 

 

Quelles sont vos deux ou trois réalisations les plus importantes ?

Je dirais que la question de la jeunesse n’a jamais été aussi reconnue qu’à l’heure actuelle, à en juger par le Forum de la jeunesse de l’ECOSOC [Conseil économique et social] qui s’est tenu en janvier. Pour la première fois, l’ONU a organisé un forum qui a réuni les ministres de la Jeunesse des États Membres et a accueilli 129 ministres de la Jeunesse. Il s’agit là d’une réussite parce que l’ONU doit  offrir cet espace afin de faciliter le dialogue et  l'organisation de débats, définir des normes et encourager un renforcement de l'entraide. Le contenu des objectifs de développement durable est aussi une réussite : 60 indicateurs (sur un total de 230) se rapportent au développement des jeunes. Cela parce que les jeunes avaient énormément contribué  au processus qui a précédé l'adoption des objectifs de développement durable. Ce n’était pas le cas pour les OMD. 

 Nous avons aussi la Résolution 2250 du Conseil de sécurité sur la jeunesse, la paix et la sécurité. Pour la première fois de son histoire, le  Conseil des droits de l’homme a adopté  une résolution sur les jeunes et les droits de l’homme. À Addis-Abeba (Éthiopie), le premier résultat de la Conférence sur le financement du développement met l’accent sur les politiques  en faveur de la jeunesse et sur l’épanouissement des jeunes. Pour la première fois, la Commission de consolidation de la paix a mis en place un fonds pour les jeunes et la  consolidation de la paix. Et la liste ne s’arrête pas là. Tous les aspects des opérations de l’ONU prêtent désormais attention aux questions relatives aux jeunes. 


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. Quel est l’impact de ces résolutions ou de ces cadres sur les jeunes dans les collectivités locales ?  

En fin de compte, on ne peut pas résoudre un problème si on n'en parle pas, pas plus qu'on ne peut  le résoudre si on se contente d'en parler. Mon travail consistait à faire en sorte  que l’on parle de ces sujets de façon concrète. Maintenant, si vous me demandez si la situation des jeunes s’est améliorée dans les pays, je ne pense pas que l’amélioration soit considérable pour le moment, et c’est pourquoi nous devons en faire davantage. 

 

. Près de 60 % des chômeurs en Afrique sont des jeunes. Quelles sont les conséquences d’un tel chiffre ?

Le potentiel de l’Afrique et de sa jeunesse est gaspillé. Si les pays se désintéressent de leurs jeunes, ils finissent par devenir des États défaillants. L’Afrique compte le plus grand pourcentage  de jeunes au monde. On parle d’un dividende démographique pour l’Afrique. Ce que nous avons maintenant en Afrique n’est pas le « dividende », c’est juste un renflement de la population de jeunes.

 

. Pourquoi pas un dividende ?

Le dividende est le résultat de vos investissements. Si vous investissez bien, vous obtenez des résultats : vous obtenez un dividende de la paix et un dividende du développement. Mais cela ne se produit pas tout seul. 

 

. Vous voulez dire que le manque d’investissements dans la jeunesse mettra en péril les perspectives de paix ou de développement ?

Oui. De tout temps, il y a eu une corrélation entre la hausse du nombre de jeunes et les transitions. Lorsque les tigres asiatiques avaient trop de jeunes, ils connaissaient une transition économique. L’Europe de l’Est et le Printemps arabe : il s'agissait là de transitions politiques. Je pense qu’il appartient à l’Afrique et à ses dirigeants de décider quelle sera la transition. 

 

. Ceux qui défendent les droits des jeunes, portent-ils une attention accrue  aux perspectives de développement des femmes et des filles ? 

Absolument ! En Afrique du Nord, par exemple, le taux de chômage chez les jeunes femmes et les filles est deux fois plus élevé que chez les jeunes hommes. L’Ouganda enregistre un taux élevé de grossesses chez les adolescentes. C’est simple, les jeunes femmes et les filles ne peuvent pas être nombreuses à garder un emploi et à faire carrière si elles sont victimes de mariages précoces, de grossesses précoces ou de mortalité maternelle élevée. Veiller à ce que les filles soient scolarisées et puissent profiter de leur enfance est crucial pour le développement. Je pense qu’il n’y a plus d’espoir pour une jeune fille mariée ou enceinte à 13 ans. Cela signifie qu’elle va abandonner l’école et qu'elle risque d’être prise dans le cercle vicieux de la pauvreté et de l’analphabétisme.


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. Certaines sociétés africaines tolèrent le mariage des enfants et la grossesse des adolescentes. Comment pouvons-nous faire tomber ces barrières culturelles ? 

Il faut  que les dirigeants locaux, religieux et communautaires, ainsi que les hommes politiques, disent la vérité : laisser les filles terminer leur scolarité et faire des choix éclairés pour leurs vies est essentiel. 

 

. Bon nombre de pays africains ont élaboré des stratégies pour l’épanouissement  de leurs jeunes, mais ces stratégies ne se traduisent pas nécessairement par une vie meilleure pour ces derniers. Qu’est-ce qui fait défaut ?

Il n’existe pas un seul profil d’échec en ce qui concerne les politiques pour la jeunesse, mais des points communs qui incluent, fondamentalement, un manque de volonté politique sérieuse, un manque de financement et l'absence d'engagement véritable  auprès des jeunes. Il y a aussi la faiblesse des structures : les cadres juridiques, la fiscalité, l’accès au crédit, entre autres. 


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. L’innovation et la technologie peuvent-elles changer la donne pour les jeunes ?

Bien sûr. La technologie de l’information possède un énorme potentiel. Mais il faut une main-d’œuvre plus qualifiée, des jeunes plus qualifiés et plus d’investissements dans la jeunesse. Nous voyons de formidables start-ups émerger de l’Afrique, avec de nouveaux individus qui influencent notre manière  de travailler. 

 

. De quelle manière votre nouveau poste concorde-t-il avec  vos fonctions à l’ONU ?

Je serai à la tête d’une organisation qui compte  40 millions de membres. En fait, je suis allé voir  le Secrétaire général pour lui faire savoir que j’allais accepter ce poste [Mouvement scout]. Il m’a dit qu’il s’agissait d’une très bonne affaire pour les Nations Unies. « Nous en perdons un, mais en gagnons 40 millions », a-t-il dit. Je pense qu’il a raison. Il faut passer aux choses sérieuses ; nous ne pouvons pas nous contenter de  parler des objectifs de développement durable. 

 

. Comment voyez-vous l’avenir des jeunes en Afrique en particulier ?

Je suis convaincu qu’il sera radieux, car l’énergie que j’ai vue là-bas, ainsi que les talents, sont  sans égal.   

 

Topics: youth envoy/ Par Kingsley Ighobor/ Afrique Renouveau : Édition spéciale jeune 2017

 

http://www.un.org/africarenewal/fr/magazine/%C3%A9dition-sp%C3%A9ciale-sur-la-jeunesse-2017/l%E2%80%99avenir-d%C3%A9pend-de-la-jeunesse


Ahmad Alhendawi.     Africa Renewal/Eleni Mourdoukoutas Résultat de recherche d'images pour "africa, jobs, young, 2017"


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3 - Le chômage des jeunes à l’ombre de la croissance économique

 

Les gouvernements africains luttent contre le chômage à plusieurs niveaux. Au Sénégal, 200 000 Sénégalais arrivant chaque année sur le marché du travail, le président Macky Sall a lancé en février 2013 un programme visant à créer 30 000 emplois en un an et éventuellement 300 000 avant 2017. La Banque africaine de développement (BAD) finance certains de ces programmes qui visent à l’auto-emploi des jeunes et des femmes. Selon la Banque mondiale, les jeunes représentent 60 % de l’ensemble des chômeurs africains. En Afrique du Nord, le taux de chômage des jeunes est de 25 %, mais ce taux est encore plus élevé  au Botswana, en République du Congo, au Sénégal et en Afrique du Sud, entre autres pays. Avec 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans, l’Afrique compte le plus de jeunes au monde. Dans la plupart des pays africains, le chômage des jeunes « est au moins deux fois supérieur à celui des adultes », souligne la BAD.

 

Les jeunes femmes sont plus durement touchées. La BAD a constaté que dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne et dans tous ceux de l’Afrique du Nord, il est plus facile pour les hommes que pour les femmes d’obtenir un emploi, même si celles-ci possèdent le même  niveau d’expérience et de compétences. Les statistiques du chômage en Afrique ne tiennent pas compte des emplois précaires  ni du sous-emploi dans le secteur informel. Selon un rapport de la Brookings Institution, un groupe de réflexion basé à Washington, « Les jeunes [africains] trouvent du travail, mais celui-ci est souvent mal rémunéré et ne leur permet pas de  perfectionner leurs compétences ni  de jouir d’une certaine sécurité de l’emploi ». La Brookings Institution considère le sous-emploi comme un grave problème, qui masque la réalité dans les pays qui affichent un  faible taux de chômage. Plus de 70 % des jeunes de la « République du Congo, de la République démocratique du Congo, de l’Éthiopie, du Ghana, du Malawi, du Mali, du Rwanda, du Sénégal et de l’Ouganda sont à leur compte ou contribuent au travail familial  », ajoute le rapport de la Brookings Institution.


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_ Sous-emploi masqué 

Gabriel Benjamin, chômeur diplômé de l’université de Lagos (Nigéria), explique qu’on rencontre souvent de jeunes Nigérians diplômés qui exercent  de petits boulots. « Ils nettoient les sols dans des hôtels, vendent des cartes téléphoniques ou sont même ouvriers dans des usines ». Cependant, le sous-emploi ne constitue pas une solution à la pauvreté, souligne l’Organisation internationale du Travail (OIT), qui a signalé en 2016 que jusqu’à 70 % des travailleurs africains sont des « travailleurs pauvres », le taux le plus élevé dans le monde. Et l’organisation d’ajouter que « la part de jeunes travailleurs pauvres a augmenté de près de  80 % ces 25 dernières années ».

 

Alexander Chikwanda, ancien ministre zambien des Finances, a résumé ainsi la situation lors d’un entretien : « Le chômage des jeunes est une bombe à retardement », qui semble maintenant dangereusement proche de l’explosion. M. Chikwanda entendait ainsi attirer l’attention sur les conséquences d’un taux de chômage des jeunes aussi important sur un continent où près de 10 à 12 millions de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail.  « Comme les événements en Afrique du Nord [le Printemps arabe] l’ont montré, le manque de possibilités  d’emploi peut fragiliser la cohésion sociale et la stabilité politique », avait mis en garde la BAD.


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_ Intervention des dirigeants

Un certain nombre de gouvernements africains, toutefois, se sont efforcés de joindre les actes à la parole. C'est ainsi que le  Ghana a mis en place un service national de la jeunesse et des programmes d’autonomisation visant à doter les diplômés de l’enseignement supérieur des compétences requises et à les aider à trouver un emploi. Maurice a élaboré un plan visant à inciter les jeunes à se tourner vers l’enseignement technique et la formation professionnelle. La Zambie a adopté une politique nationale pour la jeunesse et créé un fonds pour les jeunes entrepreneurs afin de stimuler la création d’emplois. L’effet de ces initiatives nationales sur le taux de chômage des jeunes reste à évaluer. Mais il n’y a « pas de solution miracle », a indiqué M. Ncube, qui a recommandé « de renforcer les mécanismes de création d’emplois ». La Banque mondiale propose une stratégie pour l’emploi qui accorde plus d’attention au développement rural. L’investissement dans l’agriculture ralentit l’exode rural des jeunes et les prépare au marché du travail. 

 

La Brookings Institution préconise de mettre l’accent sur la production industrielle, « le secteur le plus étroitement associé à une forte croissance de l’emploi ». Elle encourage aussi l’accroissement des investissements dans l’agriculture, le tourisme, le bâtiment et dans les projets qui emploient des jeunes. « Les programmes de travaux publics permettent  aux jeunes travailleurs, en particulier à ceux des zones rurales et aux personnes peu qualifiées,  d’acquérir une première expérience professionnelle. » L’Union africaine préconise également d’accroître les investissements dans l’agriculture et  demande à ses membres d'y  consacrer 15 % de leur budget national. Lors de l’élection présidentielle de décembre 2016, l’opposition ghanéenne a utilisé le taux élevé de chômage pour mobiliser les jeunes contre l’ancien Président Dramani Mahama. Pendant la campagne électorale, certains opposants politiques ghanéens ont  fréquemment cité le rapport 2016 de la Banque mondiale sur  la situation de l’emploi dans le pays. Ce rapport, rédigé par Maddalena Honorati et Sara Johansson de Silva,  indiquait que seuls « 52 % des jeunes  âgés de 15 à 24 ans travaillaient, contre 77 % pour l’ensemble de la population », signifiant que 48 % de ces jeunes étaient au chômage.

 

Bien que les auteurs aient attribué le taux élevé de chômage des jeunes au fait que près d’un tiers de ces derniers étaient actifs à l’école, ces chiffres ont toutefois mis en évidence le défi que doit relever le pays.  « J’ai peur pour l’avenir de ce pays », déclarait le candidat Addo avant les élections. « Nous devons faire en sorte de réduire le taux actuel de chômage  au Ghana, parce que si rien n’est fait, les conséquences pourraient être désastreuses. » Il faisait ainsi sans doute discrètement allusion  à certains pays africains (Nigéria et Somalie, par exemple), où les jeunes se laissent  facilement recruter  par des groupes armés ou des forces rebelles. Une enquête réalisée en 2011 par la Banque mondiale a montré qu’environ 40 % de ceux qui rejoignent des mouvements rebelles se disent motivés par le manque d’emplois.     

 

Topics : Jeunes & chômage/ Par Kingsley Ighobor/ Afrique Renouveau Édition spéciale jeune 2017

 

http://www.un.org/africarenewal/fr/magazine/%C3%A9dition-sp%C3%A9ciale-sur-la-jeunesse-2017/le-ch%C3%B4mage-des-jeunes-%C3%A0-l%E2%80%99ombre-de-la-croissance


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4 - Infrastructures : 2017, année de la métamorphose routière au Rwanda

 

Poursuivant son plan de développement national, le Rwanda veut en finir avec le problème de l’infrastructure routière. Face au boom du trafic urbain à Kigali, les autorités préparent un projet d’élargissement des routes de la capitale qui démarrera dès janvier 2017. La même année, le goudron devrait couler sur les principales dessertes en zones rurales. 2017 ou l'année de la métamorphose routière au Rwanda. Les autorités de la ville de Kigali ont finalisé le projet d'extension des routes stratégiques de la capitale et les travaux seront lancés en janvier 2017, selon la presse locale. Réparti en deux phases, le projet couvrira au total 54 Km et son financement nécessite environ 76 millions de dollars. De même dans les zones rurales, de nouvelles routes verront le jour sur les principales dessertes, couvrant 200 Km, où la circulation est difficile à cause de la poussière en saison sèche et de la boue en saison pluvieuse.

 

Si le premier projet de Kigali a vocation de dégager les goulots d'étranglement qui se forment aux heures de pointe dans la capitale rwandaise, le second vise à faciliter le déplacement des populations vivant en zones rurales, mais aussi et surtout à soutenir les activités agricoles. Rappelons que l'agriculture représente 32% du PIB du Rwanda. Malgré le boom des services qui constituent une considérable source d'emplois dans le pays, l'agriculture reste le premier employeur du pays avec plus 75% de la population active.

 

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_ Financement européen, maîtrise d'ouvrage chinoise...

La semaine dernière l'Union Européenne (UE) a débloqué 10 millions d'euros en faveur de ce projet, marquant le dernier décaissement sur les 40 millions d'euros nécessaires à la rénovation du routier en zone rurale rwandaise tel que conclu en 2013 entre Bruxelles et   Kigali. « C'est un projet qui devrait être achevé en Décembre 2017 », confiait alors Michael Ryan, chef de la délégation de l'Union européenne au Rwanda. Si la maîtrise d'ouvrage de ce projet en zone rural reste encore méconnue du grand public, celle de Kigali a été attribuée à la société chinoise, China Road & Bridge Corporation, un groupe investi dans de nombreux projets infrastructuraux à travers le continent, notamment au Kenya, au Sénégal, au Mozambique et au Gabon, pour ne citer que ceux-là.

La construction et la rénovation des routes au Rwanda s'inscrit dans le plan national de développement du Rwanda baptisé « Vision 2020 ». Outre les grandes métropoles, le gouvernement en tant élargir son action sur le long terme en incluant la construction des zones rurales dans les priorités du développement national, et ce, dans le cadre de la « Vision 2050 » encore en cours d'élaboration.

 

Par Ristel Tchounand/ 28/12/2016/

 

http://afrique.latribune.fr/entreprises/services/transport-/-logistique/2016-12-28/infrastructures-2017-annee-de-la-metamorphose-routiere-au-rwanda.html


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Avis des internautes

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