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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

ECONOMIE ET FINANCES


Publié le 07/08/2014 à 15:01:24
MONDE/ ONU/ SANCTIONS ECONOMIQUES : la Russie répond aux sanctions économiques occidentales




« Il est de bon ton depuis plusieurs années quand on parle de la puissance retrouvée de la Russie, de le faire au travers de l’étude du secteur énergétique. En effet, les impressionnantes ressources russes en matière d’hydrocarbures, 30 % des réserves mondiales de gaz, 6 % de celles de pétrole, ainsi que le gigantisme des entreprises du secteur, le gazier Gazprom et le pétrolier Rosneft pour ne citer que les principaux, apparaissent comme des instruments de domination économique. Néanmoins, depuis quelques temps, on assiste à la montée en puissance d’un nouveau secteur appelé à fortement se développer, celui de l’extraction et de la mise en valeur des métaux rares et non-ferreux. »

  

 


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1 - RUSSIE – OCCIDENT : Sévère embargo russe sur l’alimentaire européen et américain en réponse aux sanctions occidentales

Pour répondre aux sanctions occidentales la punissant pour son rôle dans la crise ukrainienne, Moscou a annoncé un « embargo total » de la majeure partie des produits alimentaires originaires de l’Union Européenne et des Etats-Unis.

 

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev l’a révélé ce matin, Vladimir Poutine a signé mercredi un décret bannissant des étals russes et pendant un an tous les fruits et légumes, le lait, le fromage, le poisson, le bœuf et le porc et la volaille en provenance de l’Union européenne, des Etats-Unis, du Canada, de l’Australie et de la Norvège. Un peu moins de 10% des exportations agricoles de l’Union européenne vont à la Russie d’après la Commission Européenne, soit l’équivalent de 11 milliards par an.

 

Le pays importait en 2013 pour près de 1.5 milliard de dollars de produits alimentaires venant des Etats-Unis, parmi lesquels 276.000 tonnes de volailles, soit près de 8 % des exportations américaines du secteur. La France, elle, destinait 6,5 % de ses exportations alimentaires à la Russie en 2012, et a expédié 1,17 milliard d’euros l’année dernière de produits agro-alimentaires. Certaines entreprises françaises sont aussi très présentes sur le marché russe, à l’instar de l’enseigne de distribution Auchan .




La Russie devrait à la place augmenter son importation de produits d’Amérique du Sud et notamment du Brésil, de l’Argentine, du Chili et de l’Equateur, d’après l’agence de sécurité sanitaire (VPSS) qui serait en discussion avec les ambassadeurs de ces pays. La Biélorussie, elle, se dit prête à se substituer à l’UE et à exporter vers la Russie ses propres produits alimentaires. Le premier vice-ministre de l’Agriculture biélorusse déclarait jeudi à l’agence RIA Novosti «avoir de tout» et vouloir augmenter de manière significative ses livraisons de fromage, de lait et de viande.

 

M. Medvedev, dans une allocution télévisée, s’est dit prêt à lever cet embargo si leurs «partenaires font preuve d’une approche constructive» et estime que «toutes ces mesures ne sont purement qu’une réponse» aux sanctions occidentales, tout en affirmant ne pas avoir voulu «d’un tel développement de la situation» puisqu’il «n’y a rien de positif dans les sanctions». Il a ensuite ajouté «espérer sincèrement que le pragmatisme économique prévaudra sur les considérations politiques stupides chez nos partenaires, et qu’ils penseront à ne pas isoler ou faire peur à la Russie». Les experts considèrent quant à eux que ces mesures, bien que favorisant les producteurs locaux, provoqueraient une hausse du taux d’inflation en Russie (qui était le mois dernier de 7,8% sur un an).

 

L’Union Européenne, après avoir pris connaissance de ces nouvelles sanctions, a déclaré se réserver «le droit de prendre des mesures» à l’encontre de la Russie et va examiner la décision russe, d’après Frédéric Vincent, un porte-parole de l’institution. Il a dénoncé une décision «clairement politique» de la part des autorités russes et a pris soin de rappeler que les sanctions européennes à l’encontre de la Russie étaient «directement liées à l’annexion illégale de la Crimée et à la déstabilisation de l’Ukraine» avant d’ajouter que «l’Union européenne reste déterminée à la désescalade de la situation en Ukraine».

Les producteurs européens craignent notamment que la production originellement destinée au marché russe se rabatte sur les pays de l’Europe et crée une situation de crise. Pour Luc Barbier, président de la fédération des producteurs de fruits français (FNPF), interrogé par l’AFP, «le risque pour les Européens est aussi de se voir confisquer des parts de marché au profit de l’Asie ou de l’Amérique Latine, qu’il sera ensuite très difficile de reconquérir».

 

 


Le survol de la Russie interdit aux compagnies aériennes occidentales ?

En outre, Medvedev a menacé jeudi la fermeture de l’espace aérien russe aux compagnies aériennes effectuant la liaison entre l’Europe et l’Asie, dont la route la plus courte passe par la Sibérie. Cette interdiction du survol de la Russie provoquerait un surcoût en carburant pour les compagnies, une « mesure grave » d’après le Premier ministre russe en réponse à l’arrêt des activités du transporteur russe Dobrolet, imposé par les sanctions occidentales.

 

Source AFP/ Les Echos | 07/08 2014/ Mis à jour 07/08/2014

 

http://www.lesechos.fr/monde/europe/0203690263042-la-russie-decrete-un-embargo-total-sur-les-produits-alimentaires-deurope-et-des-etats-unis-1031183.php

 

 


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2 - Les métaux, nouvelle arme économique russe ?

 

Il est de bon ton depuis plusieurs années quand on parle de la puissance retrouvée de la Russie, de le faire au travers de l’étude du secteur énergétique. En effet, les impressionnantes ressources russes en matière d’hydrocarbures, 30 % des réserves mondiales de gaz, 6 % de celles de pétrole, ainsi que le gigantisme des entreprises du secteur, le gazier Gazprom et le pétrolier Rosneft pour ne citer que les principaux, apparaissent comme des instruments de domination économique.

Néanmoins, depuis quelques temps, on assiste à la montée en puissance d’un nouveau secteur appelé à fortement se développer, celui de l’extraction et de la mise en valeur des métaux rares et non-ferreux. 

 

 


Des réserves stratégiques 

Contrairement à certains pays comme l’Australie (nickel) ou le Chili (cuivre), la Russie ne dispose pas d’une mono-spécialisation métallique, ni même de la première place mondiale en terme de réserves. Ce qui fait l’originalité et la puissance de la métallurgie russe, c’est son incroyable variété, puisque quasiment tous les métaux de retrouvent en quantités significatives en Russie. L’immensité du territoire russe, couvrant onze fuseaux horaires, se révèle, pour une fois, plus un avantage qu’un inconvénient. En effet, dispersés sur les quelques 17 millions de km², de nombreux gisements de minerais métallifères existent, parfois dans des zones difficilement accessibles.  

La Russie disposerait de 16 % des réserves mondiales de béryllium, 11 % du chrome, 22 % du cuivre, 38 % du manganèse, 79 % du mercure, 15 % du nickel, 16 % du niobium, 10 % du platine, 7 % du tantale, 49 % du vanadium, 24 % du zinc, ainsi que de réserves importantes en métaux rares comme le rhodium.  

 

Ces gisements sont très largement dispersés à l’intérieur du pays. Parmi les principaux bassins métallifères on note tout particulièrement la péninsule de Kola, le sud de l’Oural, la Transbaïkalie et le Kamtchatka. La péninsule de Kola, position stratégique située à l’extrême nord de la Russie occidentale dans le prolongement de la Finlande, couvre 1,5 millions de km² et dispose de nombreuses ressources en cuivre, nickel et aluminium. Les monts Khibin, culminant à 1191 mètres d’altitude sont riches non seulement de fer mais aussi de métaux rares (columbium et tantale). C’est le principal lieu d’exploitation de Norilsk Nickel en Russie occidentale, qui extrayait en 2005 près de 14 millions de tonnes de cuivre et 300 000 tonnes de nickel (1). 

 

Le sud de l’Oural présente plusieurs particularités. La vieille montagne, entre Iekaterinbourg et Orenbourg, traditionnel lieu d’exploitation du bois, recèle des richesses métalliques importantes. En effet on y extrairait plus de 50 éléments de la classification de Mendeleïev (2). Cuivre, titane, tantale, vanadium, mercure, amiante, bauxite, manganèse, nickel… La liste des métaux extraits des 12 000 gisements de la région est longue et explique que Moscou considère cette région à la frontière du Kazakhstan comme particulièrement précieuse. En outre, elle présente le grand avantage d’être bien mieux desservie en matière de transports que les autres régions métallifères russes puisque la proximité d’Iekaterinbourg, capitale du district fédéral de l’Oural, permet une interconnexion avec un important réseau ferré. 

 

Le long du trajet du transsibérien, la Transbaïkalie se révèle, elle aussi, riche en métaux divers. A côté du bassin charbonnier du Kouzbass, dans l’oblast de Novossibirsk, on extrait de l’aluminium, du zinc, du tungstène. Plus loin vers l’est, dans l’oblast de Tchita, se trouve le gigantesque gisement de cuivre de l’Oudokan qui serait selon les estimations le 3e gisement mondial de cuivre. 

 

Enfin dans l’Extrême-Orient russe, où les difficultés tant de transport que de travail transforment l’exploitation en aventure, le Kamtchatka est riche en toutes sortes de métaux : rhodium, colombium, tantale, etc. Ne doutons pas que la hausse quasi-continue du cours des métaux depuis quelques années pousse bientôt à une exploitation massive de ces réserves, les coûts d’extraction étant maintenant compensés par les profits réalisables sur le marché des matières premières. 


 

 

De puissants groupes industriels 

En plus de pouvoir compter sur l’imposante diversité de ses richesses métalliques, la Russie possède l’infrastructure industrielle nécessaire à leur mise en valeur au travers de ses groupes métallurgiques. Issus des anciens « mangeurs de métal » de l’époque brejnévienne, les puissants groupes actuels apparaissent, suite à leur restructuration au tournant des années 2000, comme une force sur le marché international. 

 

Norilsk Nickel est le principal d’entre eux. L’entreprise de l’oligarque Vladimir Potanine bénéficie d’une large surface financière, ayant vendu en 2007 pour près de 16 milliards de dollars de métaux divers (nickel, cuivre, platine, palladium, rhodium, iridium, tellurium, ruthénium).

 

Les ventes en valeur de l’entreprise sont en croissance constante depuis 2002 (même si cette année risque d’être plus difficile) grâce à l’envolée du cours de certains métaux, le cuivre par exemple avait atteint son maximum en juillet 2008 à 8980 dollars la tonne après une croissance continue depuis 2004. Cette manne financière, bien qu’actuellement remise en cause suite à la crise, a permis à Norilsk Nickel de se développer à l’international : Australie, Botswana, Afrique du Sud, Canada (après le rachat en 2007 de LionOre, un des principaux producteurs mondiaux de nickel). Aujourd’hui, ce géant des métaux revoit ses ambitions à la baisse, mais la diversité de ses productions (14 minerais différents) et de ses implantations devrait lui permettre de facilement rebondir. 

 

Rusal est le premier producteur mondial d’aluminium. Présent dans 19 pays dispersés sur l’ensemble des continents (Nigeria, Guyana, Italie, Guinée, Arménie, Australie, etc.) le groupe russe se diversifie dans l’extraction de métaux rares comme le gallium, utilisé dans l’électronique de pointe et l’aérospatiale. Employant 90 000 personnes, Rusal apparaît comme un groupe particulièrement offensif, d’autant plus que, comme Norilsk,  depuis quelques années il s’étend en Europe.

 

On pourrait croire que la crise actuelle va remettre en cause ce bel édifice, mais ce serait mal connaître le Kremlin et sa volonté de puissance. En effet, malgré la baisse des cours des métaux, la tonne de nickel a chuté de 33 250 dollars en février 2008 à 8800 dollars au mois de novembre, l’Etat russe porte à bout de bras ses champions nationaux. Le manque de liquidités obligeant les grands groupes nationaux à faire appel à la générosité du Kremlin a renforcé la mainmise de ce dernier sur l’économie russe toute entière (3). 

 

 


Une nouvelle raison de se rapprocher ? 

De fait, le secteur des métaux rares et non-ferreux est particulièrement stratégique pour Moscou. Depuis les métaux communs, comme le cuivre et le nickel, jusqu’aux métaux rares, comme le rhodium et le gallium, l’ensemble des productions nationales peut permettre à la Russie de disposer d’une nouvelle arme économique pour de futures négociations.

 

En effet, la plupart de ces métaux trouve une application dans les secteurs de l’électronique, de l’informatique, de la mécanique de précision, voire de l’aérospatiale et du nucléaire. Ainsi, le cuivre a une importance majeure dans les composants électroniques et les câblages, le rhodium entre dans la composition des catalyseurs de voiture et des appareils à rayons x, le gallium et le tellurium sont utilisés dans les semi-conducteurs, le niobium est utilisé en industrie nucléaire et aérospatiale et le ruthénium sert à fabriquer des disques durs et des supraconducteurs. 

 

Ainsi l’on voit bien toutes les potentialités que recèlent les métaux russes en matière géopolitique ; des économies voulant se diversifier dans les secteurs de l’électronique et de l’informatique ont tout intérêt à se rapprocher de la Russie pour bénéficier de tarifs avantageux sur ces matières premières. L’Inde, traditionnellement proche de la Russie depuis la Guerre Froide, et la Chine, qui se rapproche depuis quelques temps de son voisin russe, sont les deux Etats qui semblent le plus intéressés par ces possibilités.

 

En effet, l’économie indienne qui se développe de plus en plus dans l’informatique, grâce à sa capacité de formation d’ingénieurs, a besoin des matières premières qu’elle ne produit pas pour garder un avantage compétitif. De son côté la Chine, bien qu’encore peu concernée par ce phénomène, lorgne du côté de la Russie dans une optique de développement à moyen-long terme d’entreprises de haute technologie capable de lui servir tant de vitrines que d’armes économiques. Russes et Chinois, en pleine coopération pétrolière, semblent enclins à se rapprocher encore plus à l’avenir ; et l’on se demande quelle en sera la conséquence pour l’Occident ?  

 

Nicolas Mazzucchi /  25-12-2008 dans Industries et souveraineté

 

http://www.infoguerre.fr/industries-et-souverainete/les-metaux-nouvelle-arme-economique-russe/

 

 


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3 - AIRBUS GROUP : Airbus étudie des alternatives pour ses achats de titane

 

BERLIN (Dow Jones)--Airbus Group a commencé à rechercher de nouvelles options pour ses approvisionnements en titane, pour être prêt dans le cas où les sanctions des pays occidentaux à l'encontre de la Russie perturberaient des livraisons cruciales pour la construction de son dernier appareil. "Pour l'heure, nous ne discernons aucun impact concret à court terme" des tensions avec la Russie, a souligné Günther Butschek, le directeur général délégué d'Airbus, la division avions commerciaux du groupe, lors du salon aéronautique ILA de Berlin.

 

Airbus a cependant engagé des négociations avec d'autres fournisseurs au cas où l'avionneur rencontrerait des difficultés pour s'approvisionner en Russie, a expliqué le dirigeant. La structure de la nouvelle version de l'A350 d'Airbus, qui fait actuellement l'objet d'essais en vol, contient 14% de titane. Airbus et Boeing (BA) dépendent fortement de leurs fournisseurs russes pour ce matériau.

Les sanctions occidentales contre la Russie, même si elles pèsent sur l'économie locale, n'ont pour l'instant pas affecté la demande d'avions, a affirmé John Leahy, le directeur commercial d'Airbus.

 

John Leahy a par ailleurs indiqué que le constructeur européen regagnerait du terrain après des prises de commandes assez faibles sur les quatre premiers mois de l'année, période à laquelle Boeing s'est emparé de 59% du marché. Airbus terminera 2014 à égalité avec Boeing, voire avec une légère avance, a-t-il estimé.

Au début 2014, Airbus avait annoncé qu'il livrerait environ 630 nouveaux avions cette année, et qu'il enregistrerait un nombre de commandes supérieur. Les ventes au second semestre pourraient se révéler plus importantes qu'attendu, et porter le total des commandes cette année à plus de 800 avions, a ajouté John Leahy.

 

-Robert Wall et Daniel Michaels, Dow Jones Newswires / (Version française Emilie Palvadeau) / Dow Jones Newswires

 

http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/infos-conseils-valeurs/infos/airbus-etudie-des-alternatives-pour-ses-achats-de-titane-973878.php


 


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4 - Russie vs Etats-Unis, une histoire de Titane…

 

Jusqu’où les pays occidentaux, avec à leur tête les États-Unis, sont ils prêt à punir la Russie pour avoir osé défendre ses intérêts dans le Caucase ? Loin des palabres diplomatiques, une approche pour le moins inattendue est donnée par un métal dont on parle peu, mais qui est très important, voire stratégique : le Titane.

 

Faisons un petit retour en arrière. A la mi-2006, les États-unis avait déjà fait les gros yeux à la Russie pour des ventes d’armes à l’Iran : les termes d’ « irresponsabilité diplomatique » et de « nouvelle guerre froide » étaient le refrain de la rhétorique américaine d’alors. Les Etats-Unis avouent avoir imposé des sanctions contre sept sociétés étrangères, dont le fabricant russe d’appareils militaires Soukhoï, au motif qu’elles auraient fourni à l’Iran des matériels potentiellement exploitables pour développer des armes de destruction massive.

 

Les sanctions, qui étaient entrées en vigueur le 28 juillet 2006, visaient également le fabricant d’armes russe Rosoboronexport. Pourtant le soufflet est retombé aussi vite qu’il est monté : le conflit s’est terminé par un accord sur le titane, matériau d’un enjeu majeur pour la construction – notamment – du Boeing 787 Dreamliner.

 

Depuis lors, cette coopération n’a cessé de s’approfondir : en août 2007, Boeing et VSMPO-Avisma, producteur russe de Titane, ont signé un contrat prévoyant la création d’une entreprise conjointe pour l’usinage de pièces de titane destinées à la construction de l’avion Boeing 787 Dreamliner.

 

Il ne faut pas oublier que le nouvel Airbus A380 est lui aussi friand de titane… ce qui va sûrement faire réfléchir l’union européenne quant aux conséquences de son activisme diplomatique atlantiste.

 

Publié leaoût 27, 2008 | ParAMIFr/ Par Altermedia

 

http://www.altermedia.info/france-belgique/gnral/russie-vs-etats-unis-une-histoire-de-titane_15654.html

 

 

 

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5 - L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE CONDAMNE POUR LA VINGT-DEUXIÈME FOIS LE BLOCUS AMÉRICAIN CONTRE CUBA, DÉCRÉTÉ « À UNE ÉPOQUE OÙ LA MAJORITÉ DE LA POPULATION ACTUELLE N’ÉTAIT PAS NÉE  »

 

Pour la vingt-deuxième année consécutive, l’Assemblée générale a adopté aujourd’hui une résolution* sur « la nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis d’Amérique », décrété après « un différend qui a vu le jour alors que la majorité de la population actuelle n’était même pas née », a dit le représentant de la Zambie.  Le texte a été présenté par le Ministre cubain des affaires étrangères, M. Bruno Rodriguez Parilla, qui a affirmé que le blocus avait été encore renforcé sous la présidence de M. Barack Obama, « particulièrement dans le secteur financier ».

 

Adoptée par 188 voix pour, l’opposition des États-Unis et d’Israël et les abstentions des Palaos, des Îles Marshall et de la Micronésie, la résolution exprime la préoccupation de l’Assemblée générale face à l’adoption et à l’application de nouvelles mesures pour durcir et élargir le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba.  Elle « exhorte de nouveau tous les États à s’abstenir d’adopter ou d’appliquer » de telles mesures et « demande de nouveau instamment » à tous les États de faire le nécessaire pour les abroger ou pour en annuler l’effet dès que possible.

 

Le Ministre cubain des affaires étrangères a confirmé que le blocus a été renforcé sous la présidence de M. Barack Obama, particulièrement dans le secteur financier.  Les États-Unis, a-t-il expliqué, ont utilisé l’énorme capacité technologique de leur système d’espionnage massif, dénoncé récemment, pour persécuter et contrôler les transactions financières et les relations économiques de Cuba. 

 

Entre janvier 2009 et septembre 2013, les amendes imposées à 30 entités américaines et étrangères pour leurs relations avec Cuba ont atteint 2,446 milliards de dollars, a affirmé M. Bruno Rodriguez Parilla.  Le blocus économique s’est resserré et se ressent sur les conditions de vie des familles cubaines.

 

Le Ministre a affirmé que Cuba ne représente en aucun cas une menace à la sécurité de « la superpuissance américaine ».  Il a rappelé que son pays était disposé à établir un dialogue sérieux et constructif dans le respect de la pleine indépendance de Cuba.  La reprise récente de certaines discussions sur la migration, le rétablissement de services postaux directs ou les discussions sur la lutte contre la pollution maritime ou les recherches et secours en mer montrent que cela est possible.


 


Les États-Unis se sont, une nouvelle fois opposés à la résolution.  Leur représentant a expliqué cette position par une volonté d’appuyer le désir de la population cubaine de déterminer son propre avenir.  La politique de sanction est une « mesure d’encouragement » en faveur du respect des droits civils et humains.  Le représentant a affirmé qu’en 2012, plus de 2 milliards de dollars ont transité vers Cuba et que les États-Unis sont le plus grand fournisseur de produits alimentaires et agricoles de l’île.

 

Selon les époques, a ironisé le représentant de l’Argentine, les Gouvernements américains ont mis en avant, devant l’opinion publique, une variété d’arguments pour justifier le blocus, mais les documents des différentes administrations montrent la raison réelle de ce blocus: augmenter le désarroi du peuple cubain et transformer son désespoir en opposition au Gouvernement.  Le projet a échoué, a tranché le représentant.

 

Les autres intervenants ont tous condamné l’embargo comme contraire à la Charte et aux relations commerciales internationales et qui a eu pour effet de ralentir fortement le développement économique de Cuba.  Selon les chiffres cités par Cuba dans le rapport du Secrétaire général et repris par certains intervenants, le blocus aurait coûté depuis son origine, en 1960, 1 126 milliards de dollars à Cuba.

 

Les délégations ont également dénoncé la portée extraterritoriale de la loi Helms-Burton qui oblige le Gouvernement américain à prendre des sanctions contre les entreprises et personnes qui font du commerce avec Cuba.  Le représentant de l’Union européenne a ainsi rappelé que la politique commerciale des États-Unis à l’égard de Cuba était par essence une question bilatérale mais que les effets extraterritoriaux de la législation américaine sont « inacceptables ». 

 

Le représentant de la Zambie a argué que l’embargo n’a pas sa place dans ce XXIe  siècle, ni de rôle à jouer alors que la communauté internationale s’apprête à « préparer le terrain » du programme de développement pour l’après-2015.  Le moment est venu pour Cuba et les États-Unis de « se libérer » d’un différend qui a vu le jour pendant une époque révolue où la majorité de leur population actuelle n’était même pas née. 

 

Certains États ont voulu voir « une lumière au bout du tunnel » dans les relations entre les États-Unis et Cuba.  Ont ainsi été cités les assouplissements récents des États-Unis sur les transferts de fonds et les visites familiales à Cuba.

 

La prochaine réunion plénière de l’Assemblée générale aura lieu demain, mercredi 30 octobre à partir de 10 heures.  Elle sera consacrée à l’élection de membres du Conseil économique et social (ECOSOC) et du Comité du programme et de la coordination (CPC).

 

Assemblée générale- AG/11445

 

http://www.un.org/News/fr-press/docs/2013/AG11445.doc.htm

 

 


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Avis des internautes

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