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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

ECONOMIE ET FINANCES


Publié le 17/08/2015 à 03:28:47
AFRIQUE/ BANQUES ET ETABLISSEMENTS FINANCIERS : réformes, développement et perspectives




0.1 – « Parmi tous les secteurs économiques du continent africain, le secteur bancaire est sans nul doute l'un de ceux ayant connu les mutations les plus importantes depuis les indépendances. Ces vingt dernières années, les banques africaines ont été en effet particulièrement ambitieuses, émergeant sans doute plus vite que leurs économies respectives. Le secteur bancaire africain, en mutation constante durant toutes ces années, a réussi son ancrage territorial national, mais aussi son développement régional, continental et international. »



0.2 – « La Banque centrale du Soudan a reçu un total de 1 milliard de dollars de la part de l’Arabie Saoudite sous forme de dépôts en juillet et août, a annoncé le  ministre soudanais des Finances, Abdulrahman Dirar, le 12 août. «La Banque centrale du Soudan a reçu un dépôt d'un milliard de dollars de la part du Royaume de l'Arabie Saoudite. Le mois dernier, nous avons reçu 500 millions de dollars et le reste ce mois-ci», a-t-il déclaré au cours d’une Conférence de presse. Depuis le début de l’offensive militaire saoudienne contre les rebelles houthis chiites au Yémen, Riyadh a promis des aides et des investissements au Soudan. Les autorités soudanaises ont précisé récemment que les aides saoudiennes ne sont pas liées au soutien de Karthoum à cette offensive. »


 

 

0.3 – « Avec plus de 628 000 clients particuliers et 60 000 clients professionnels, CIB est la première banque privée égyptienne, s'appuyant sur un vaste réseau de distribution composé de 166 succursales et 10 000 points de vente. La banque a bâti une image de marque bénéficiant d'une excellente réputation, ainsi qu'un positionnement concurrentiel de premier ordre, avec la volonté d'accroître sa présence sur le segment de la banque de détail. A cet égard, CIB représente un partenaire de choix permettant à AXA de bénéficier pleinement des fortes perspectives de croissance du marché égyptien. »

 

 

 

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1 - Réformer les banques publiques tunisiennes, mission impossible ?

 

Il y a urgence pour le secteur bancaire, plombé par des créances douteuses. Mais le nouveau plan de recapitalisation des trois plus grands établissements financiers détenus par l'État ne convainc pas. « Tardif et insuffisant », soutiennent en choeur les analystes du secteur financier tunisien. Dévoilé le 16 mars par Chedly Ayari, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), le plan de recapitalisation des trois plus grandes banques publiques du pays, d’un montant de 1 milliard de dinars (478 millions d’euros), n’a pas convaincu. L’enveloppe prévue – 800 millions de dinars pour la Société tunisienne de banque (STB), 120 à 150 millions de dinars pour la Banque nationale agricole (BNA) et 50 à 80 millions de dinars pour la Banque de l’habitat (BH) – est de loin inférieure à la somme globale requise : selon l’évaluation réalisée par le Fonds monétaire international (FMI), les besoins de recapitalisation des banques publiques atteignent 2,6 % du PIB tunisien, soit 871 millions d’euros.

« Même en tenant compte de l’émission de 100 millions de dinars de dette subordonnée annoncée par la BH, les sommes mobilisées suffisent à peine pour la mettre en conformité avec le ratio de solvabilité fixé à 10 % en 2015″, explique Samirah Mensah, spécialiste du secteur bancaire chez Standard & Poor’s.

 

 


Risque systémique

Négociée depuis trois ans, la réforme des banques publiques tunisiennes, budgétisée déjà en partie – sans grand résultat – dans les lois de finances 2013 et 2014, ne semble pas près d’avancer. Il faut dire que la succession de six gouvernements transitoires depuis la révolution de 2011 n’a pas beaucoup aidé. Pourtant, le sujet est d’une importance capitale : en plus d’avoir une rentabilité en dessous de la moyenne nationale et plus de 21 % de leurs créances en souffrance (contre 15 % en moyenne en 2014), STB, BNA et BH rassemblent plus d’un tiers (34,1 % fin 2013) des actifs du secteur bancaire tunisien.

 

De fait, leur faillite représenterait un risque systémique. C’est l’inadéquation du plan de restructuration, plus que celle des ressources annoncées, qui pose problème. Le programme exposé par Chedly Ayari doit être financé par un fonds de restructuration des banques publiques, alimenté par les recettes de la cession des participations minoritaires de l’État dans huit autres établissements bancaires tunisiens. Mais la création de cette institution, annoncée en décembre par Hakim Ben Hammouda, alors ministre des Finances, est restée lettre morte. De même, Standard & Poor’s, qui, début avril, a dégradé la note du secteur bancaire tunisien au niveau 9 (sur une échelle de risque de 10), signale « l’important retard pris dans la création de la Société de gestion d’actifs [Asset management Company, AMC] ».

Cette structure est censée absorber les créances classées du secteur touristique (plus de 25 % de l’ensemble des actifs de ce type) qui plombent le bilan des trois principales banques publiques depuis de nombreuses années. Concrètement, l’AMC doit acquérir à leur valeur de marché les actifs en souffrance des établissements touristiques, les restructurer et éventuellement les céder.

 

Mais les acteurs du secteur se sont mobilisés contre une telle proposition, brandissant l’épouvantail des « fonds vautours » qui pourraient s’emparer de ces actifs. D’après un observateur du milieu financier, cette levée de boucliers tient aussi au fait que l’AMC n’entend négocier qu’avec des opérateurs touristiques formellement agréés, alors qu’un tiers des professionnels ne le seraient pas. Résultat, la commission des finances de l’Assemblée nationale constituante, cédant à une intense campagne de lobbying, a tout bonnement refusé fin 2014 de prendre une quelconque décision. Et dans la nouvelle Assemblée, en place depuis novembre, la présidence de cette commission, censée entériner la création de l’AMC et qui revient au premier parti d’opposition, est au centre d’une foire d’empoigne.

  



Profondeur

Quelle que soit l’architecture du programme de restructuration du secteur bancaire qui sera retenu, ce qui est en jeu ce sont les modalités de « l’intervention publique dans le financement de l’économie tunisienne », se contente d’énoncer le financier Hakim El Karoui, associé chez Roland Berger. Les résultats de l’audit des banques publiques tunisiennes mené notamment par les équipes de ce cabinet allemand et par le groupement PwC/MTBF, associé au cabinet britannique, plaident pour une revue en profondeur de la gouvernance, du positionnement commercial, de la politique de ressources humaines et même du système informatique des banques publiques tunisiennes, selon une note du ministère des Finances.

Des recommandations que la Banque de l’habitat – « la moins problématique des grandes banques publiques tunisiennes », selon Salma Zammit Hitchri, chef du département recherches et analyse du courtier MAC SA – s’efforce de mettre en application. Son conseil d’administration a entériné début 2015 des réformes, dont la séparation des postes de directeur général et de président du conseil d’administration et un programme de formation du personnel.

 

Quant à la Banque centrale de Tunisie, dont le gouverneur a publiquement dénoncé la lenteur des réformes économiques, qui ont empêché « l’État de profiter des financements mis à sa disposition sous forme d’emprunts par les institutions financières internationales », elle est loin d’être exempte de tout blâme. Pour Standard & Poor’s, « en permettant aux établissements publics d’opérer en dépit d’une violation continue du ratio minimum d’adéquation des fonds propres », la BCT a « augmenté les distorsions existant sur le marché bancaire ». L’évaluation de la qualité de la régulation bancaire en Tunisie par l’agence de notation est passée du niveau « intermédiaire » au niveau « faible ». Une note qui sonne comme un avertissement. 

 

Par Joël Té-Léssia/ 13 avril 2015 

 

http://www.jeuneafrique.com/229728/economie/reformer-les-banques-publiques-tunisiennes-mission-impossible/



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2 - Développement/ 2015-2025 : les banquiers bâtisseurs de l’émergence de l’Afrique

 

Parmi tous les secteurs économiques du continent africain, le secteur bancaire est sans nul doute l'un de ceux ayant connu les mutations les plus importantes depuis les indépendances. Ces vingt dernières années, les banques africaines ont été en effet particulièrement ambitieuses, émergeant sans doute plus vite que leurs économies respectives. Le secteur bancaire africain, en mutation constante durant toutes ces années, a réussi son ancrage territorial national, mais aussi son développement régional, continental et international.

  

L'histoire contemporaine des banques africaines est caractérisée par deux temps forts. Si la période 2010-2015 est celle de l’effort et de la réforme consacrés à un élargissement géographique des banques, principalement basé sur la recherche d’économies d’échelle, la décennie 2015-2025 correspond à l’effort qui reste à déployer pour bâtir et confirmer l’émergence du modèle panafricain de banque, fondé sur le principe « agir local et penser global ». C’est aussi la période de la concurrence entre les champions panafricains, à la recherche de la taille optimale dans la banque de détail et dans la banque de financement. Durant cette période, les banques africaines doivent saisir l’opportunité de l’émergence de l’Afrique… et celle de la mondialisation.

 

Ce qui reste donc encore à bâtir entre 2015-2025 est un modèle bancaire basé sur une « raison d’être ». Se pose aux banques du continent africain un véritable problème de choix économique, basé sur la recherche d’économies de variété [1]. C’est ce modèle de banque universelle diversifiée qui est adapté à l’émergence de l’Afrique. Sans cette diversification basée sur l’innovation technologique (NTIC), il est à craindre une érosion du produit net bancaire, qui pourrait subir un ralentissement. De nouvelles lignes de métiers sont donc à explorer.


 

(Casablanca Finance City/


L’Afrique : le continent des grandes espérances

Selon Donald Kaberuka, président de la Banque Africaine de Développement, « au lieu de simplement exporter des matières premières, l’Afrique doit atteindre le palier des chaînes de valeur mondiales de produits sophistiqués [2] ». En effet, la tendance future est favorable aux économies émergentes (voir Graphique 1). Le taux de croissance prévisionnel qui ressort du consensus affiche, pour les économies émergentes, un niveau supérieur à celui des économies industrielles. Tous les éléments macroéconomiques prévisionnels donnent l’Afrique comme le continent de toutes les espérances pour ce XXIesiècle [3]. La consommation et l'investissement, principaux moteurs économiques, n’attendent qu’à être allumés pour assurer le grand décollage économique du continent. Mais pour réussir cet arrimage à l’économie réelle, les banques doivent être au rendez-vous.

 

Des mutations démographiques, urbaines et économiques sans précédent

 Les mutations en cours en Afrique sont une chance. Mais si l’économie réelle n’évolue pas, grâce notamment à un financement adapté, elles risquent de se transformer en « printemps arabes », face aux exigences des populations.

 

. La croissance africaine concerne deux aspects [4] :

_ le PIB : depuis 10 ans, l’Afrique est l’une des zones de croissance économique les plus dynamiques au monde, soit 6,5 % par an (hors Afrique du Sud) ;

_ la population : de 1 milliard d’Africains aujourd’hui, les 2 milliards seront atteints en 2050 et l'Afrique sera alors le continent le plus jeune. D’un espace vide et rural il y a 30 ans, l’Afrique évolue vers un continent dense et urbain. D’ici 2040, le continent arbitrera 20 % de la population mondiale. La classe moyenne africaine représentera environ 250 millions de personnes, soit un marché de 2 000 milliards de dollars. Notons qu’en 1980, sur les 300 millions d’Africains, 30 millions seulement avaient un niveau suffisant de consommation.

  

. L’émergence en Afrique : quelques faits

Une économie émergente se caractérise par une croissance forte, rapide et respectant un train de mesures de réformes dans tous les secteurs instaurant les mécanismes du marché, le désengagement de l’État et la vérité des prix.

L’émergence en Afrique sera portée par des fondamentaux dont la tendance actuelle et future semble positive et rapide. L’Afrique fait des progrès considérables et est entrée dans une période de grandes espérances (voir Encadré). Demain est une opportunité pour le continent, comme l’indique la tendance du PIB à horizon de 2014, comparé à celui de l’Europe Centrale et de l'Est (voir Graphique 2). Mais il faut tenir compte aussi de la réalité du terrain. L’Afrique a besoin de rattraper rapidement des retards pour réussir ce défi : infrastructures routières et ferroviaires, besoins de base, éducation… Cet effet de rattrapage est indispensable : dans certains pays d’Europe, la consommation annuelle d’électricité par citoyen, par exemple, avoisine les 13 000 kWh. En Afrique, on atteint difficilement les 800 kWh aujourd’hui !

  

. La nouvelle industrie financière africaine : comment accompagner l’émergence économique ?

L’industrie bancaire africaine connaît encore de grandes mutations. Sa mise à niveau est indispensable pour faire face aux exigences qui se profilent en matière de consommation et d’investissement.

Les banques du continent ont encore des problèmes à régler : gestion de la crise de la dette souveraine des années 1980, réduction des crédits accrochés, fragmentation du marché bancaire peu développé, restructuration bancaire insuffisante pour mettre en place une industrie financière capable de répondre aux besoins du futur. La restructuration du système bancaire se poursuit : arrivée des banques arabes, confirmation de la position des marocaines et des égyptiennes, retrait puis retour des françaises, offensive des banques sud-africaines.

 

. L’Afrique commence à se doter de champions bancaires

À l’échelle de l’Afrique, le poids du système bancaire nord-africain (Egypte, Libye, Tunisie, Maroc, Algérie, Mauritanie) et sud africain est important (voir Graphiques 4 et 5). Selon le classement 2014 d’African Banker, sur les 100 plus grandes banques africaines en termes de bilan, environ 47 sont situées en Afrique du Nord. Ces banques représentent presque 40 % du total des actifs des banques en Afrique soit 456 milliards dollars d’actifs sur un total de 1 183 milliards en 2013 pour l’ensemble du continent. Ce pourcentage passe à plus de 80 % si on inclut les banques sud africaines. L’Égypte représente à elle seule 16 % des actifs totaux, le Maroc 13 %, l’Algérie 7 % enfin la Tunisie 2,5 %.

 


La nouvelle banque africaine de l’émergence : les principaux changements

La nouvelle banque africaine subira une double mutation : de l’intérieur (changement de business model) et de l’extérieur (adaptation au nouvel environnement réglementaire). Les banques africaines sont en train de changer de l'intérieur par rapport à la clientèle et au CRM (Customer Relationship Management).

 

Quatre défis sont en train d’être relevés ; ils visent l’amélioration dans quatre domaines :

- proximité du terrain et des individus, via le multicanal dont le mobile ;

- taux de bancarisation, mais aussi le maillage bancaire ;

- qualité et variété de la production ;

- gestion des risques.

 

Cette adaptation est aujourd’hui est en marche. Il est indispensable de la consolider afin d’accompagner la croissance de l’épargne et sa canalisation vers les projets productifs (voir Graphique 6). Les changements de l'intérieur concernent aussi le nouveau modèle de banque qui se profile. Les banques africaines sont en train de considérer deux éléments stratégiques : le premier concerne l’optimisation des coûts, le second à trait à la culture et à l’identité de la banque.

En effet la stratégie d'optimisation des coûts vise la baisse du coût du risque mais aussi la compétitivité via la définition de la taille optimale. La taille optimale passe par les économies d'échelle et la réduction des coûts moyens suivie de la diversification conduisant à des économies d'envergure.

 

La construction du nouveau modèle de banque repose aussi sur des mutations qui relèvent de l’environnement extérieur et du rôle que devra jouer l'État. Par rapport à la réglementation quatre questions majeures doivent être traitées par le régulateur bancaire africain :

-         Quelle réglementation pour une stabilité systémique et comment implémenter la réglementation bâloise ?

-         Comment veiller à la bonne gouvernance et à l'absence de conflit d'intérêt ?

-         Comment assurer une intermédiation financière orientée vers les projets de long terme ?

-         Comment éviter l'aléa moral entre banques commerciales et État en tant que prêteur en dernier ressort ?

  

La réingénierie du réseau de détail, le rôle des NTIC et la nouvelle banque de financement

La nouvelle banque de détail africaine est en train de subir une mutation au niveau de son mode de distribution. Trois séries de chiffres illustrent cette évolution notamment grâce aux nouvelles technologies d’information et de communication (NTIC) : 7/7 ; 24/24 ; 360°. Elle devient en effet une banque omnisciente, grâce au multicanal se traduisant par trois concepts « Brick, Bip, Click » permettant une connaissance approfondie, permanente et continue (7/7 et 24/24) et multicritère (360°) de la clientèle (voir Tableau 7).

 

Quant à la genèse de la nouvelle banque de financement, elle repose sur une double logique : celle du marché, par la recherche d’investissements rentables, et celle du développement économique. Cette double mission est plus qu’indispensable et peut éclore grâce à un partenariat public privé (PPP). Cependant, la banque de financement (et d’investissement) en Afrique est une banque dont le périmètre est encore mouvant. Ses missions restent à définir notamment pour les PME.

 

L’un des éléments stratégiques de ce changement concerne la restructuration et la redéfinition de l'identité des banques. Il convient d’intégrer les notions de « banque à l’engagement », de « banque partenaire » et de « banque utile à la société », à l’instar des conglomérats industriels et financiers avec les Hausbank en Allemagne, les Zaibastu au Japon ou encore les Chaelbols en Corée du Sud. La nouvelle banque africaine est en fait une banque endogène, qui donnera aussi sa place à la micro-finance et aux IMF.

 

Les banques vont devoir aussi changer de l'intérieur, en reconsidérant leur rapport au marché financier et aux places boursières régionales. Sur ce plan, beaucoup de questions restent d’ailleurs en suspens. Deux grandes familles d’interrogations dominent :

- Quel rôle des banques par rapport au marché financier ? Quelle organisation ? Quelle place ? Bref, quelle nouvelle intermédiation financière en Afrique ? Quel nouveau système financier ? Comment améliorer la complémentarité entre banque et marché ? Comment les banquiers africains peuvent-ils devenir les acteurs du marché financier, afin de le rendre plus profond et d'augmenter les ressources pour l'économie ?

- Comment les marchés financiers peuvent-ils se développer sans menacer la stabilité économique des systèmes financiers ?

 

La nouvelle banque africaine sera donc une banque endogène, qui donne sa place à la micro-finance par « downscaling », c’est-à-dire par l’adaptation des outils de financement aux besoins des PME et des TPE, qui constituent la base du tissu économique domestique. La banque africaine de financement a pour rôle de gagner, mais aussi de valoriser, la PME africaine et son rôle central en termes de création de richesses et d’emplois – mais qui peinent à se développer, faute de financement. Il s’agit de financer et dialoguer avec les petites entreprises dans le domaine des bâtiments et travaux publics, de l’agriculture, de la petite industrie et de l’artisanat… La banque africaine de financement devra aussi adopter la stratégie du « upscaling » : il s’agit de s’adapter aux besoins sophistiqués des 10 % de corporate locales et régionales, qui constituent l’ouverture à l’économie mondiale.

 

   


Vers des banques africaines durables

Comment construire le modèle africain de banque de troisième génération, celui du XXIe siècle affranchi et africanisé après celui des comptoirs coloniaux des XIXe et XXe siècles, et celui des banques post-coloniales de la fin du XXe siècle ?

 

Quel modèle de banque en Afrique au XXIe siècle ? La réponse n’est pas simple. En première approximation, il s’agirait d’une banque durable et engagée pour accompagner la croissance en perspective. Elle devrait reposer sur un certain nombre de conditions, dont les deux principales suivantes :

- d’un point de vue macroprudentiel, les banques de l’Afrique doivent offrir la sécurité pour tous les acteurs économiques. Leur contribution à la stabilité du système financier est fondamentale. Il est important de ne pas dupliquer les dérapages systémiques qu’à connu le système financier des pays développés ;

- d’un point de vue micro-économique, les banques de l’Afrique doivent observer des marges d’intermédiation suffisantes, avec comme priorité les fondamentaux de l’intermédiation financière. Elles doivent être une réponse endogène aux besoins des consommateurs et des producteurs. Leur responsabilité sociale est importante, notamment contre l’exclusion. Ce devoir peut tout à fait être conciliable avec des profits acceptables situés dans la moyenne du marché.

  







Le 13/04/2015/  

 

http://www.revue-banque.fr/banque-detail-assurance/article/2015-2025-les-banquiers-batisseurs-emergence-afriq


 


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​Maîtrise de risques : BMCE Bank sera évoluée par ESG 

 

3 - En Afrique, révolution numérique et restructurations transforment la finance

 

Paul Derreumaux : « Les services bancaires mobiles (mobile banking), la gestion des données ou Internet, les assurances en ligne, sont des moyens d’assurer le relais de croissance ». En Afrique, le total de bilan des banques a beaucoup progressé ces dernières années. Mais ce rythme pourrait ralentir à l’avenir. Pour Paul Derreumaux, président d’honneur (et administrateur de filiales) de Bank of Africa (BOA), le secteur est toutefois à l’aube de nouvelles évolutions capitalistiques et techniques.

 

Vous prévoyez une année 2015 agitée dans le secteur bancaire africain. Pourquoi ?

Il devrait y avoir de nouvelles prises de participation et des acquisitions. L’actionnariat régional accuse souvent un repli face à l’offensive des capitaux des étrangers. En 2014, l’américain Carlyle a investi dans Diamond Bank. Et la Banque nationale du Qatar (QNB) est entrée en force dans Ecobank, présente dans 36 pays. La banque qatarie avait déjà montré son appétit en reprenant, en 2012, la filiale locale de la Société générale en Egypte. En Afrique australe, le groupe African Banking Corporation (ABC) vient aussi de connaître une reconfiguration capitalistique à travers la reprise de la totalité du capital de sa société mère par la holding Atlas Mara. Ce fonds a levé, depuis fin 2013, d’importants capitaux sur le marché londonien. Il a aussi pris une participation minoritaire dans une banque nigériane et dans un établissement rwandais. Son ambition semble être de construire un groupe panafricain décentralisé, structuré autour de « hubs » régionaux qui couvriraient chacun une des grandes parties du continent, s’érigeant ainsi en rival des réseaux actuellement les plus étendus. Atlas Mara reste cependant, pour l’instant, encore très discret sur son développement et son orientation commerciale.

 

Les Chinois et les Indiens vont-ils accroître leur présence dans les banques en Afrique ?

Les Chinois sont présents dans la plus grande banque sud-africaine, Standard Bank, avec 20 % du capital. Compte tenu de leurs réserves financières, ils pourraient créer leurs propres réseaux bancaires dans les années à venir. Mais leur stratégie demeure opaque et je ne pense pas qu’ils emprunteront cette voie. Quant aux banques indiennes, elles sont très implantées en Afrique de l’Est et Australe. Sur 45 banques kényanes, une dizaine sont des filiales indiennes ou ont des capitaux indiens. En fait, les établissements indiens sont présents là où leurs opérateurs économiques travaillent. Elles devraient bientôt pénétrer le marché francophone.

 

N’est-ce pas une erreur pour les banques françaises de ne pas réinvestir sur le continent ?

Sans conteste, c’est une erreur. Elle remonte au grand cataclysme bancaire des années 1980 où les banques françaises ont arrêté d’investir en Afrique. Depuis, elles n’ont pas opéré de retour. Les Français disposent encore d’un tissu bancaire à travers la Société générale et BNP Paribas, mais elles sont peu agressives en termes d’implantations nouvelles. Certains pensent même que BNP Paribas pourrait se désengager à moyen terme mais je ne le crois pas. La BPCE annonce, pour sa part, qu’elle va revenir en force, mais on n’en voit pas la traduction sur le terrain. Plus le temps passe et plus le retour sera difficile d’autant que les banques françaises sont plutôt rigides en matière d’investissement et de fonctionnement. Elles ont des difficultés à répondre aux besoins et aux contraintes des petites entreprises et des particuliers africains, qui sont la clientèle à gagner.


 


Comment se portent les banques africaines ?

Les deux dernières années auront été très bonnes en termes de progression des activités et de résultats. L’augmentation des bilans et des bénéfices sera souvent à deux chiffres à l’image du groupe BOA dans plusieurs pays. Cela doit être relié à la forte croissance économique et à l’extension du réseau bancaire et du nombre de clients. Le ratio des crédits par rapport aux dépôts augmente généralement, ce qui prouve que les banques sont de plus en plus audacieuses. Elles abordent aussi des domaines de financement nouveaux, particulièrement le logement où le crédit à l’habitat est un secteur très porteur. Il faut faire davantage maintenant pour les PME, sous financées. Cette année, la chute des cours du pétrole devrait toutefois avoir un impact négatif sur l’activité dans les pays du Golfe de Guinée et d’Afrique du Nord – Ecobank a annoncé que ses résultats seraient affectés par les cours du pétrole – alors que les Etats non pétroliers pourraient bénéficier de cette baisse des cours pour investir davantage dans les infrastructures.

 

Le cabinet Roland Berger a récemment interrogé trente dirigeants de banques africaines qui estiment que leurs marges vont se réduire dans le futur…

C’est probable. Les banques bien gérées, et où la proportion des crédits douteux est faible, ont des rentabilités très élevées (cela peut atteindre plus de 20 %) qui ne sont pas durables. Les marges sur les nouveaux clients, au pouvoir d’achat plus réduit, seront plus faibles. Comme dans les télécommunications, ces marges devraient donc baisser au fur et à mesure que le public grandit. En outre, les taux débiteurs sont encore élevés. Il est nécessaire que ces taux baissent pour que les entreprises soient mieux à même d’investir, que les crédits aux logements soient accessibles aux individus. Dans le moyen terme, ces taux pourront se réduire si les risques des banques sont moins élevés et si la récupération des crédits douteux devient plus facile à l’aide d’une justice efficace. Les provisions pour créances douteuses pèsent pour l’instant lourdement.



Avec un total d’actifs moyen des banques nettement inférieur au PIB, les banques africaines ont-elles toutefois de belles marges de progression ?

Hormis en Afrique du Sud et du Nord, ce ratio est largement inférieur à 1 alors qu’il est beaucoup plus élevé dans les pays du Nord, en Asie ou au Moyen-Orient, ce qui prouve qu’il existe de grands espaces de croissance. Un autre indicateur l’atteste : le taux de bancarisation n’est encore que de 10 % en Afrique de l’Ouest, d’au moins 30 % en Afrique de l’Est et 60 % en Afrique du Nord. On est encore loin des 90 % des pays avancés.

 

En Afrique du Nord, les banques marocaines vont-elles continuer leur offensive ?

Les deux grands groupes, Attijariwafabank et la BMCE Bank, ont beaucoup investi sur le continent. Le premier reste encore cantonné à l’Afrique francophone mais le second touche aussi l’Afrique anglophone grâce au réseau BOA. Ces groupes accompagnent aussi les entreprises du royaume qui se développent en Afrique subsaharienne. Au fil des ans, ces banques ont découvert un environnement difficile et sont en phase de restructuration et de consolidation importante. Leur offensive de bancarisation et d’implantation d’agences est bonne mais elles doivent être vigilantes pour la mener à bien. La Banque centrale populaire (BCP), dernière venue des banques marocaines en Afrique, a racheté 50 % du capital de la Banque Atlantique mais devrait prochainement monter à 65 % du capital de la holding de ce réseau bancaire et elle annonce la création d’une filiale de micro-finance. Dans les autres pays d’Afrique du Nord, on ne voit pas les banques venir en Afrique subsaharienne. Le secteur bancaire a résisté à la crise politico-économique en Tunisie, mais doit d’abord effacer les traces de cette crise. En Algérie, les banques devraient souffrir de la baisse du cours du pétrole d’autant que les établissements sont peu dynamiques.


 


Comment voyez-vous le développement du « mobile banking » ?

Les paiements par téléphone portable en Afrique se sont surtout développés à partir de 2007 au Kenya à travers le système M-Pesa – M comme mobile et Pesa comme monnaie en swahili – de l’entreprise Safaricom. En sept ans, M-Pesa a convaincu 17 millions d’abonnés – soit un Kényan sur trois – pour plus de deux millions de transactions quotidiennes, soit le dixième du PIB annuel. Ce système s’est répandu dans les pays voisins et maintenant en Afrique de l’Ouest par les « majors » comme l’indien Airtel, l’émirati Etisalat, le sud-africain MTN et le français Orange. Orange Money, lancé avec prudence en décembre 2008 en Côte d’Ivoire, connaît, depuis les années 2010, une croissance exponentielle après un démarrage poussif. Le produit est présent dans quatorze pays d’Afrique et du Moyen-Orient où il compte 12 millions d’abonnés. Tous ces groupes voient dans le mobile banking un moyen de progression de leur activité et de fidélisation de leur clientèle à un moment où la téléphonie mobile, avec un taux de pénétration d’environ 70 %, approche de sa maturité. Le mobile banking, comme la gestion des données ou Internet, les assurances en ligne, sont des moyens d’assurer le relais de croissance. A terme, les sociétés de télécommunications, qui fonctionnent avec les banques, pourraient proposer ce service de manière indépendante avec des licences de monnaie électronique.

  

Publié le jeudi 12 février 2015/ Mis à jour le mardi 17 février 2015/ Par Pascal Airault

 

http://www.lopinion.fr/12-fevrier-2015/en-afrique-revolution-numerique-restructurations-transforment-finance-21304



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4 - Afrique : Le «mercato» bancaire

 

Avec un peu d’imagination, l’actualité des acquisitions et restructurations bancaires apparait aussi passionnante que celle du « mercato » pour les transferts footballistiques. Comme prévu, la reconstruction du système bancaire africain se poursuit en effet activement et, durant ces derniers mois, quelques opérations méritent d’être soulignées en raison de leur nouveauté. L’Afrique du Nord était restée jusqu’ici en dehors des principales tendances qui ont marqué le système bancaire subsaharien des dix dernières années. Elle en occupe cette fois l’avant-scène.

 

Deux grandes banques françaises viennent d’abord de céder leur implantation respective en Egypte  à de grands établissements bancaires du Moyen Orient, confortant la présence de cette dernière région dans une zone qui leur est familière. La BNP a vendu sa filiale égyptienne à la banque émiratie NBD et la Société Générale quitte Le Caire laissant la place à l’institution qatarie National Bank. Certes, les sociétés françaises insistent sur l’étroite coopération qui sera nouée avec les entrants et sur le renforcement des activités qu’elles en attendent eux-mêmes pour leur réseau. Mais ce départ physique est aussi le signe que la BNP et la Société Générale ne prévoyaient pas une reprise à court terme du développement de leur implantation cairote.

 

La situation économique reste en effet particulièrement difficile dans ce grand pays fortement ouvert sur l’extérieur : les effets de la crise internationale, toujours pesants, y sont accentués par les tensions sociales fortes qui résultent de la nouvelle majorité islamiste issue des élections présidentielles et qui mettent pour l’instant le développement économique au second plan des priorités. Des transformations de l’environnement législatif, réglementaire et fiscal peuvent être craintes, générant des incertitudes que n’aiment pas les investisseurs étrangers. Enfin, la montée en puissance probable des produits bancaires islamiques dans ce nouveau contexte politique n’est pas un avantage comparatif pour les banques françaises. Les banques du Moyen Orient sont au contraire expertes en la matière. Elles peuvent mieux s’accommoder des nouvelles orientations politiques majeures qu’est susceptible de connaitre l’Egypte. Leurs fonds propres élevés leur permettent enfin, sans dommage significatif pour leurs ratios réglementaires, d’attendre des jours meilleurs de la conjoncture nationale pour partir à la conquête de l’Afrique subsaharienne pour laquelle le pays dispose d’une bonne position géostratégique et peut être une excellente base.

 

C’est probablement cette même visée de long terme vers le Sud du Sahara qui explique les discussions annoncées entre Attijariwafa Bank et le fonds Kuweit Investment Authority. C’est en effet de ses installations sur le reste du continent que Attijariwafa, comme ses deux autres grandes consœurs marocaines, espère tirer une bonne part de sa croissance dans les années à venir, face à un marché national dont le développement est actuellement nettement ralenti. Pour une expansion géographique qu’elle a annoncée en termes ambitieux, la banque marocaine a besoin d’importants fonds propres pour donner toutes assurances à sa Banque Centrale. Le fonds Koweitien dispose de ces larges ressources, et connait bien les banques et l’économie marocaines. Il considère aussi, comme beaucoup, l’Afrique subsaharienne comme l’une des « nouvelles frontières » pour les grands investisseurs, et le secteur bancaire des pays qui s’y trouvent comme mûr pour la venue de nouveaux opérateurs modernes et puissants.

 

C’est ce même raisonnement qui a prévalu depuis quelques années dans le secteur des télécommunications mobiles et qui a conduit à l’arrivée, et parfois ensuite au repli après de belles plus-values, de plusieurs groupes de téléphonie du Moyen Orient dans cette partie du continent. La banque devrait être un domaine plus stratégique et donc d’implantation plus durable.


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La convergence d’intérêts entre les deux parties possibles de ce « deal » en discussion est certaine et, même si la transaction évoquée ne se conclut pas, des rapprochements de ce genre paraissent très probables à terme rapproché entre les principales banques marocaines et des groupes financiers ou bancaires du Moyen-Orient. Il est vrai que l’épopée subsaharienne des banques marocaine les rend de plus en plus « appétissantes ». Les récents résultats pour l’exercice 2012 de Attijariwafa Bank et, surtout, de la Banque Marocaine du Commerce Extérieur (BMCE), affichent les bons résultats de cette politique : en 2012, dans leur bilan consolidé respectif, la contribution des établissements du Sud du Sahara est en progression. C’est particulièrement vrai pour la BMCE, pionnière dans cette voie, où ce pourcentage, grâce aux BANK OF AFRICA, dépasse  40%  du bénéfice net contre quelque 35% en 2011. La Banque Populaire du Maroc s’engagera normalement en 2013 sur ce même chemin après son entrée majoritaire dans la Banque Atlantique.

 

A l’autre bout du continent, les lignes bougent également, toujours selon la double stratégie du décloisonnement géographique et de la construction de grands réseaux. La quatrième banque sud-africaine, First Rand Bank, à travers sa filiale d’investissement Rand Merchant Bank, vient d’obtenir au Nigéria une nouvelle licence bancaire. L’évènement n’est pas anodin en raison du leadership politico-économique que se disputent les deux plus grands pays subsahariens, et du fait que la Banque Centrale du Nigéria n’avait accordé aucune licence à une banque étrangère depuis plus de dix ans. Il exprime d’abord la sérénité des Autorités monétaires nigérianes qui terminent plusieurs phases, toujours brutales et parfois douloureuses, d’assainissement du système bancaire national : celui-ci est maintenant redevenu parfaitement crédible à l’étranger et, compte tenu de son renforcement, devrait reprendre à bref délai l’expansion sur le continent qu’il avait engagée à partir de 2005 et quasiment stoppée vers 2010 sous la pression de ses instances de supervision. Il traduit aussi la volonté des plus grands groupes sud-africains, mastodontes du secteur bancaire de toute l’Afrique, de se déployer davantage et hors de leurs places traditionnelles d’intérêt : le choix du Nigéria, où l’accès est cher et la concurrence rude, comme l’une de ces cibles possibles d’expansion montre la  détermination des acteurs bancaires de Pretoria et l’envergure de leur stratégie de conquête de nouveaux territoires.

 

Cette opération ne devrait pas rester  isolée. Certains concurrents nationaux de la First Rand Bank pourraient vouloir suivre le même chemin. Les Autorités nigérianes annoncent par ailleurs que trois banques placées  en 2011 sous la coupe de la structure nationale de défaisance AMCON (Asset Management Corp of Nigéria,), par suite notamment de la détérioration de leur portefeuille de crédits et de la faiblesse de leurs fonds propres, sont désormais assainies et prêtes pour une dénationalisation dès cette année. L’entrée possible de partenaires stratégiques étrangers au capital de ces établissements constituerait un indicateur supplémentaire de l’ouverture au processus de décloisonnement d’un pays majeur, jusqu’ici très réservé vis-à-vis de la venue d’investisseurs extérieurs. Dans le même temps, en Afrique du Sud, la banque ABSA, premier groupe bancaire du continent, réorganise ses relations capitalistiques avec sa maison mère Barclays. La banque londonienne cède toutes ses filiales africaines en échange d’une augmentation de sa participation déjà majoritaire dans ABSA: le dispositif africain devrait en revanche être rebaptisé Barclays Africa Bank, ce qui annonce bien la couleur quant à la vigueur d’une politique expansionniste de cet établissement sur le continent, mais aussi à la volonté de relier celle-ci à l’appartenance à très grand groupe international, ce qui lui donnera plus de crédibilité.

Enfin, la montée en puissance de Nedbank au capital d’Ecobank, déjà connue, coïncide avec des résultats en forte progression de ce dernier groupe pour 2012 : de futures visées expansionnistes peuvent ainsi être également attendues de ce côté si la mise en commun des moyens de ces deux grands acteurs s’effectue avec efficacité.

 

La restructuration du système bancaire africain se poursuit donc avec l’intensité prévue. La position plus offensive de banques sud-africaines, d’une part, et l’entrée sur le terrain de joueurs arabes, d’autre part, constituent en revanche deux évènements nouveaux de la période  récente. La seconde est aussi  une relative surprise puisque beaucoup d’observateurs attendaient plutôt les banques chinoises et indiennes que les institutions arabes. Les faits viennent ici nous rappeler à la fois l’influence de la géographie et le poids croissant que les pays du Moyen Orient, grâce à leurs gigantesques moyens financiers, souhaitent occuper en Afrique, en raison des perspectives très positives que celle-ci parait offrir à long terme.

 

Paul Derreumaux/ Regard d'Afrique/ Contribution publiée dans le magazine African Banker n°15 (avril/juin 2013)

 

http://www.paul-derreumaux.com/le-mercato-bancaire/



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5 - BMCE Bank réorganise son pôle africain de banque d’affaires

 

BMCE Bank, maison mère du groupe bancaire Bank of Africa (BOA), vient de  finaliser la réorganisation de son pôle de banque d’affaires en Afrique autour d’une  plateforme ad hoc basée à Casablanca, rapporte l’hebdomadaire marocain la Vie Eco. Le troisième groupe bancaire marocain a, en effet, regroupé les deux entités Actibourse et BOA Asset Management, qui  sont respectivement  les filiales spécialisées l’intermédiation boursière et de gestion d’actifs du groupe BOA, au sein de la holding BOA Capital. L’opération s’est matérialisée par une augmentation du capital de BOA Capital entièrement réservée au groupe BOA à hauteur de 34 milliards de dirhams marocains (1 dirham = 0,092 euro), en contrepartie de son apport de 95% du capital d’Actibourse et de 100% du capital de BOA Asset Management.


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Annoncée par Othman Benjelloun (photo) dès octobre 2011 et validée en 2013 par le conseil d'administration de Bank of Africa,  la holding BOA Capital a obtenu récemment le statut Casablanca Finance City (CFC). Présidé par Khalid Nasr, BOA Capital a vocation à contribuer au développement et au dynamisme des marchés des capitaux en Afrique subsaharienne, en capitalisant sur l’étendue du réseau de sa maison mère dans la région ainsi que sur l’expertise métier de BMCE Capital,  le pôle banque d’affaires de BMCE Bank.

 

lundi, 02 février 2015/ (Agence Ecofin)

 

http://www.agenceecofin.com/banque/0202-26263-bmce-bank-reorganise-son-pole-africain-de-banque-d-affaires



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6 - L'Afrique subsaharienne a constitué un relais de croissance confirmé pour le groupe BMCE Bank

 

Le réseau des banques contrôlé par le groupe marocain BMCE Bank a constitué un relais de croissance affirmé, durant la période d'exploitation allant du premier janvier au 30 juin 2014. En tête de liste des filiales concernées par cette catégorie, on retrouve le groupe Bank of Africa. Avec un produit net bancaire en progression de 14% à 182,8 millions €, un revenu brut d'exploitation en appréciation de 14,8% à 79 millions €, et un résultat net part du groupe de 30,6 millions €, en croissance de 33,5%, le groupe qui a son siège à Dakar a contribué pour près d’un quart dans les résultats de BMCE Bank tout au long du premier semestre, peut-on constater à la lecture des résultats consolidés du deuxième groupe bancaire marocain.



Bank of Africa représente aussi une perspective de croissance de revenus, au regard du renforcement de son maillage territorial suite à l’ouverture sur une année glissante de 38 nouvelles agences dans les différents pays d’implantation du groupe, portant la taille de  son réseau à 425 unités à fin juin 2014, chiffre qui a plus que doublé depuis son acquisition par BMCE Bank en 2008. Les autres banques du groupe BMCE Bank située en Afrique au sud du Sahara ne sont pas moins bien comportées. La Congolaise de Banque a contribué, durant la période, à hauteur de 11,2 millions de dirhams au RNPG en progression de +21%, atteignant 11,2 millions de dirhams, contre 9,3 millions de dirhams au 1er semestre 2013. Pour sa part, Banque de développement du Mali a contribué au RNPG à hauteur de 25,1 MDH à fin juin 2014, en hausse de 23%.

 

Idriss Linge/ lundi, 06 octobre 2014/ (Agence Ecofin)

 

http://www.agenceecofin.com/banque/0610-23302-l-afrique-subsaharienne-a-constitue-un-relais-de-croissance-confirme-pour-le-groupe-bmce-bank


 


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7 - Le Zimbabwe a reçu des prêts extérieurs d’un montant de 210 millions $ au 1er semestre 2015

 

Le Zimbabwe a reçu des prêts extérieurs d’un montant  cumulé de 210 millions de dollars pour financer plusieurs projets d'infrastructures au cours du premier semestre 2015, a annoncé la Banque centrale le 5 août. La Reserve Bank of Zimbabwe a précisé dans un communiqué avoir négocié des prêts avec plusieurs institutions financières, dont des banques panafricaines et la Banque biélorusse du développement.

 

La Banque mondiale, le Fonds monétaire international et les bailleurs de fonds occidentaux traditionnels ont suspendu depuis une quinzaine d’années leur aide budgétaire directe au Zimbabwe en signe de protestation contre la violence politique et les atteintes aux droits de l'homme dont ils accusaient le régime du président Robert Mugabe. La dette extérieure de ce pays d’Afrique australe, dont l’économie a été fortement anémiée par une politique dite «d’indigénisation» qui oblige les entreprises étrangères à céder une participation majoritaire dans leurs filiales zimbabwéennes à des partenaires locaux, s’élève actuellement à environ 9 milliards de dollars.

 

jeudi, 06 août 2015/ (Agence Ecofin)

 

http://www.agenceecofin.com/aide-au-developpement/0608-31204-le-zimbabwe-a-recu-des-prets-exterieurs-d-un-montant-de-210-millions-au-1er-semestre-2015


 


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8 - Le Zimbabwe sollicite le soutien d'Afrexim Bank pour restructurer son système bancaire

 

Le gouvernement zimbabwéen serait en  discussion avec l'agence multilatérale de financement Afrexim Bank, afin que celle-ci lui procure des fonds qui lui permettront de restaurer la stabilité au sein de son système bancaire, a-t-on appris d'une information donnée par The Financial Gazette, un média local, qui cite John Mangudya, le gouverneur de la banque centrale du Zimbabwe. Le montant sollicité n'a pas été divulgué, mais l'argent obtenu permettra de racheter les créances douteuses assorties de garanties, ou alors susceptibles d'un recouvrement effectif, et qui plombent aujourd'hui la capacité des banques à financer l'économie au Zimbabwe. Le problème préoccupe le gouvernement de ce pays qui , pour faire face, a créé en 2014 une structure spécialisée, Zimbabwe Asset Management Corporation, sur le modèle nigérian de AMCON, et qui au mois d'août 2014, a absorbé pour près de 45 millions $ de créances douteuses auprès des banques.


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L'intervention du gouvernement risque toutefois de ne pas être facile. Dans certains cas les créances douteuses sont survenues du fait que les banques ont accordé de nombreux crédits à des salariés, misant sur le fait qu'elles collectaient ces salaires et pourraient se payer aux termes convenus. Mais dans un contexte marqué par une faible liquidité dans le pays, ce recouvrement est devenu plus difficile, conduisant parfois à des ventes forcées de propriétés immobilières. Dans d’autres cas, la situation est née d'un problème de gouvernance au sein de certaines banques, qui ont accordé des prêts à des actionnaires ou des proches de ceux-ci, parfois sans véritables garanties. Dans tous les cas, plusieurs d’entre elles ne seront plus là pour bénéficier du secours gouvernemental. Vendredi 9 janvier dernier, la Banque centrale a procédé au retrait d'agrément à Allied Bank, mettant fin à son droit d'exercer dans le secteur.

 

Idriss Linge/ lundi, 12 janvier 2015 / (Agence Ecofin)

 

http://www.agenceecofin.com/gestion-publique/1201-25702-le-zimbabwe-sollicite-le-soutien-dafrexim-bank-pour-restructurer-son-systeme-bancaire



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9 - La Tanzanie va investir 380 millions $ sur 8 ans dans une banque dédiée à l’agriculture

 

Le gouvernement tanzanien a annoncé, le 8 août, qu’il allait investir 800 milliards de shillings (380 millions de dollars) durant les huit prochaines années dans une nouvelle banque étatique dédiée au développement de l'agriculture en vue de stimuler la croissance de ce secteur, qui a été longtemps plombé par une faible productivité et un manque de financement. L’annonce a été faite en marge du lancement par le président Jakaya Kikwete (photo) de la Tanzania Agricultural Development Bank (TADB), dont le capital initial s’élève à 60 milliards de shillings. «Environ 75% des Tanzaniens dépendent de l'agriculture pour leur subsistance, et le secteur contribue à hauteur de 25% à notre produit intérieur brut (PIB) et représente 34% des recettes d'exportation», a déclaré M. Kikwete, cité dans un communiqué distribué à la presse. Le gouvernement a précisé, de son côté, que la nouvelle banque  contribuera à moderniser le secteur agricole en améliorant la productivité et en fournissant aux agriculteurs des financements à court, moyen et long termes.

La Tanzanie ambitionne notamment d’augmenter sa production du maïs, du riz, de la canne à sucre, d’oléagineux, de viandes et de produits laitiers. L’intérêt du gouvernement se porte aussi sur le développement de  l'horticulture, de la pisciculture et de l'apiculture.

 

(Agence Ecofin)

 

http://www.agenceecofin.com/banque/1008-31274-la-tanzanie-va-investir-380-millions-sur-8-ans-dans-une-banque-dediee-a-l-agriculture


 


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10 - La Tanzanie lancera sa bourse des matières premières agricoles en juin prochain

 

Juin 2016 est l’échéance à laquelle ouvrira la Commodity Exchange Market (CEM), la bourse des matières premières agricoles  de la Tanzanie. L’annonce de cette nouvelle, fait suite à l’approbation du ministère de l’industrie et du commerce. Selon Uledi Musa qui est le secrétaire permanent de ce ministère, « la mise en place de cette infrastructure, boostera les revenus du gouvernement puisqu’elle permettra une plus grande transparence dans le processus des ventes et des acquisitions de matières premières agricoles». De son côté Nassama Masinda (photo) qui dirige la Capital Market and Security Authority (CMSA) qui est le régulateur tanzanien des marché, l’automatisation du système de négoce est l’autre avantage offert par cette bourse. Ainsi, indique-t-elle, « les acheteurs, les vendeurs et autres intermédiaires pourront maintenant disposer d’informations sur les grandes tendances du marché sans avoir à se déplacer sur les sites comme auparavant».

Si les dirigeants travaillent encore sur une liste finale des cultures qui auront priorité sur les productions vivrières à la CEM, il apparaît clairement aux yeux de Mme Masinda que l’anacarde, le tournesol, le riz et le maïs figureront parmi ces cultures prioritaires.

 

Aaron Akinocho / samedi, 29 novembre 2014/ (Agence Ecofin)

 

http://www.agenceecofin.com/bourses/2911-24718-la-tanzanie-lancera-sa-bourse-des-matieres-premieres-agricoles-en-juin-prochain


 


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11 - Soudan : l’Arabie saoudite dépose un milliard de dollars à la Banque centrale

 

La Banque centrale du Soudan a reçu un total de 1 milliard de dollars de la part de l’Arabie Saoudite sous forme de dépôts en juillet et août, a annoncé le  ministre soudanais des Finances, Abdulrahman Dirar, le 12 août. «La Banque centrale du Soudan a reçu un dépôt d'un milliard de dollars de la part du Royaume de l'Arabie Saoudite. Le mois dernier, nous avons reçu 500 millions de dollars et le reste ce mois-ci», a-t-il déclaré au cours d’une Conférence de presse.

Depuis le début de l’offensive militaire saoudienne contre les rebelles houthis chiites au Yémen, Riyadh a promis des aides et des investissements au Soudan. Les autorités soudanaises ont précisé récemment que les aides saoudiennes ne sont pas liées au soutien de Karthoum à cette offensive.

 

mercredi, 12 août 2015/ (Agence Ecofin)

 

http://www.agenceecofin.com/investissement/1208-31337-soudan-l-arabie-saoudite-depose-un-milliard-de-dollars-a-la-banque-centrale


 


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12 - Forum Africain de la Finance

 

L’Afrique représente une faible part de l’activité des banques d’investissement dans le monde, mais l’activité devrait progresser dans les années à venir, au vu des opportunités économiques déjà décelées.Selon Thomson Reuters, les commissions générées par les activités de banque d’investissement sur le continent africain ont atteint 318 millions de dollars en 2013, dont 232 millions de dollars pour la seule Afrique du Sud. C’est peu au regard de l’activité de ce secteur dans le reste du monde, qui a généré 82,6 milliards de dollars de commissions cette même année, retrouvant ses niveaux de 2007.

 

Globalement, les cinq plus grandes banques d’investissement sont domiciliées aux Etats-Unis, et leur part de marché a progressé de 2,5% en 2013. JP Morgan est la première banque d’investissement globale, générant 6,4 milliards de dollars de commissions (7,8% du total), suivie de Bank of America Merrill Lynch (5,8 milliards de dollars), Goldman Sachs (5,1 milliards de dollars), Morgan Stanley (4,7 milliards de dollars) et Citi (4,2 milliards de dollars). Les banques d’investissement opèrent principalement auprès de grands clients (entreprises, investisseurs, Etats) des activités de conseil (fusions et acquisitions), d’intermédiation (prêt) et d’exécution sur le haut de bilan (introduction en Bourse, émission de dette sous forme d’obligations). On distingue les opérations de Corporate Finance (finance d'entreprise), de Global Capital Markets (marchés financiers), et de Structured Finance (opérations de financement structuré).

 

 


Les perspectives de croissance du continent en font un lieu attractif pour les banques d’investissement 

La croissance économique du continent alimente assez logiquement les activités de financement, le développement des marchés de capitaux ainsi que des activités de conseil, domaines où interviennent les banques d’investissement. L’arrivée de groupes internationaux, la restructuration du secteur bancaire ou des télécommunications, l’exploitation de nouveaux gisements miniers, le lancement d'importants programmes d'investissements publics sont autant d’activités nécessitant l'intervention des banques d’investissement.

 

L’Afrique, comme le reste du monde entier, expérimente un changement de direction dans sa stratégie de mobilisation de fonds pour le développement. Les interventions traditionnelles des bailleurs de fonds sont en effet insuffisantes pour combler les besoins de capital pour financer les infrastructures, tandis que les moyens traditionnels de mobilisation de ressources au niveau des pays (fiscalité, etc) souffrent de défis importants. Le continent s’est alors tourné de plus en plus vers les marchés de capitaux locaux et globaux, pour accéder à de nouvelles ressources financières.

Les leaders mondiaux de la banque corporate (BNPP, SGCIB, Natixis, HSBC, Citibank, Standard Chartered) et de la banque d'affaires (Rothschild, JP Morgan, Goldman Sachs, Deutsche Bank, Crédit suisse) sont très actifs sur le continent. A leurs côtés, des acteurs locaux se sont également imposés, tels que Standard Bank, Rand Merchant Bank, Renaissance Capital, EFG Hermes ou encore Attijari Finances Corp. Ils sont suivis d’acteurs plus récents sur ce marché : United Bank for Africa (UBA), First Bank of Nigeria (FBN) ou encore Ecobank, qui ont créé leurs propres filiales spécialisées (UBA Capital, FBN Capital et Ecobank Capital). Les groupes africains dominent les mobilisations de fonds en monnaie locale.

 

Afin de s’adapter à l’évolution du marché et des opportunités grandissantes, de nombreuses banques ont annoncé le repositionnement de leur activité de banque d’investissement sur des marchés situés en dehors de l'Afrique du Sud : Nedbank a ainsi fusionné ses activités corporate et investissement, Standard Chartered Bank se redéploie en Afrique et Barclays Africa a annoncé attendre beaucoup de ses marchés africains en dehors de l'Afrique du Sud, qui demeure cependant le principal pôle d'attraction à ce jour. Aujourd’hui, on constate que les activités de banque d’investissement des banques internationales en Afrique s’effectuent à la fois en zone anglophone et francophone selon les opportunités, à la différence du secteur de la banque de détail, où l’on a pu constater une certaine préférence linguistique dans la stratégie d’expansion régionale.

 

 


Les activités de fusion-acquisition (M&A)

Le volume des objectifs annoncés de fusions et acquisitions sur le continent a ainsi progressé de 30% entre le premier semestre de 2012 et celui de 2013. Selon Mergermarket Group, les activités de fusions et acquisitions ciblant les compagnies d'Afrique subsaharienne ont totalisé 26,7 milliards de dollars en 2013, en hausse de 20% par rapport à 2012. Traditionnellement visées, les entreprises liées aux ressources naturelles, minières, pétrolières, gazières et aux infrastructures ont laissé place en 2014 à des cibles dans les secteurs télécoms, médias, banques, assurances et biens de consommation.

 

L’année 2013 avait été marquée par des opérations record, avec la vente de 28,6% d’ENI East Africa au chinois CNPC pour 4,2 milliards de dollars ou l’acquisition de 20% du gisement Rovuma Offshore Area 1 (au large du Mozambique) par l’indien ONGC Videsh pour un total d’environ 5 milliards de dollars. Aux côtés des investissements industriels classiques, les opérations de private equity se développent, via des fonds comme Helios, Emerging Capital Partners, Abraaj ou encore African Infrastructure Investment Managers (AIIM). Sur les onze premiers mois de 2014, la part des fusion-acquisitions effectuées à l’intérieur des marchés africains a atteint 29,2 milliards de dollars pour 413 opérations, alors que les opérations de fusion-acquisition plaçant l’Afrique comme cible ont atteint en valeur 40,7 milliards de dollars pour un total de 730 opérations. Le marché de l’année 2014 a connu en fin d’année quelques très grosses opérations comme le rachat de Pepkor, géant sud-africain de l’habillement par Steinhoff pour 5,7 milliards de dollars, le rachat des actifs tchadiens de chevron par l’Etat (1,3 milliard de dollars), la reprise des actifs sud africains et nigérians de Lafarge par Lafarge Wapco (appelé désormais Lafarge Africa) pour 1,35 milliard de dollars ou encore la vente par Shell pour 5 milliards de dollars de plusieurs puits pétroliers au Nigeria.



Une nécessaire rationalisation

Selon Konrad Reuss, responsable du département Afrique subsaharienne chez Standard&Poors, « Les beaux jours des obligations internationales émises par de nouveaux acteurs ou en provenance des marchés frontières, comme ceux des pays africains ces deux dernières années, font partie du passé. Les périodes où on assistait à des sursouscriptions ne sont également plus d'actualité ». La réduction de la politique d'assouplissement quantitatif (Quantitative Easing) de l'administration américaine est également en cause. Cette nouvelle politique est en effet en train de changer les conditions d'émission d'obligations pour les pays dont l'économie est en difficulté, selon S&P, qui anticipe une augmentation du coût des eurobonds.

 

Pour Miguel Azevedo, « l’Afrique du passé était davantage une terre de pionniers et d’aventuriers. Aujourd’hui, les grands joueurs viennent. Cela devient beaucoup plus grand-public ». L’histoire récente montre que, garanti par les multiples agences gouvernementales existantes et prêtes à intervenir sur l’Afrique (Banque Mondiale, BEI, AFD, BAD, KfW…), le risque africain n’est in fine pas beaucoup plus important que celui d’autres régions (Etats-Unis, Europe). La rentabilité reste très appétissante pour les projets à financer sur le continent.

 

Par Dr Estelle Brack/ économiste/ 09.02.2015 

 

http://aff.mfw4a.org/fr/forum-africain-de-la-finance/time/2015/02/09/blogpost/banque-dinvestissement-en-afrique.html



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13 - Algérie : L’e-paiement sera introduit en juin 2015

 

D’après le directeur général du Groupement d’intérêt économique de monétique (GIE-Monétique), Mouatassem Boudiaf, plusieurs grandes sociétés se préparent pour l’introduction de l’e-payement dans leurs transactions avec leurs clients en fin juin 2015. 

Il faut noter qu’Algérie Télécom a lancé son service en janvier 2014. Le e-payement sera lancé, dans une première phase, pour la clientèle des sociétés de distribution d’eau, d’électricité et de gaz (Sonelgaz), de transport aérien, de téléphonie et Internet fixe et mobile. Il sera après élargi aux autres secteurs. Pour le DG de régulation monétique, le développement de la plate-forme interbancaire permettra, à l’avenir, de lancer également d’autres types de paiement notamment par le téléphone mobile.

 

by Rédaction / 27 avril, 2015

 

http://www.financialafrik.com/2015/04/27/algerie-le-paiement-sera-introduit-en-juin-2015/


 


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14 - AXA accélère son développement en Egypte

 

Grâce à un partenariat avec Commercial International Bank, AXA accélère son développement en Egypte, suite à l'obtention d'un agrément préliminaire en assurance dommages en mars 2015. AXA annonce aujourd'hui avoir conclu un accord de bancassurance exclusif d'une durée de 10 ans en assurance vie, épargne, retraite avec Commercial International Bank (« CIB »), première banque privée égyptienne. La transaction couvre également l'acquisition de 100% de Commercial International Life Insurance Company (« CIL »), entreprise leader du secteur de l'assurance vie, épargne, retraite en Egypte, co-détenue par Legal & General (55%) et CIB (45%).

 

Avec plus de 628 000 clients particuliers et 60 000 clients professionnels, CIB est la première banque privée égyptienne, s'appuyant sur un vaste réseau de distribution composé de 166 succursales et 10 000 points de vente. La banque a bâti une image de marque bénéficiant d'une excellente réputation, ainsi qu'un positionnement concurrentiel de premier ordre, avec la volonté d'accroître sa présence sur le segment de la banque de détail. A cet égard, CIB représente un partenaire de choix permettant à AXA de bénéficier pleinement des fortes perspectives de croissance du marché égyptien.

 

Avec ses 15% de parts de marché, CIL est le 3ème assureur dans le secteur de l'assurance vie, épargne, retraite en Egypte, proposant aussi bien des produits d'épargne en unités de compte que des produits de prévoyance. C'est une entreprise connaissant un développement accéléré, avec un taux de croissance annuel moyen de 23% entre 2012 et 2014, et dont la bonne performance s'est accrue sur les six premiers mois de l'année fiscale 20155.

 

Grâce au très bon positionnement de CIB en Egypte, cette transaction va permettre à AXA d'accélérer son implantation dans le pays, suite à l'obtention d'un agrément préliminaire en assurance dommages en mars 2015. Depuis cette date, le groupe a constitué une équipe de professionnels hautement qualifiés, et prévoit de démarrer ses activités en septembre. AXA prévoit de proposer des couvertures vie, santé et dommages aux particuliers, PME et grandes entreprises, tout en tirant profit de son positionnement global.

 

Plus globalement, cette transaction va également permettre de contribuer au renforcement de la présence d'AXA au Moyen-Orient et en Afrique. Elle vient aussi renforcer la diversification du portefeuille vers davantage de produits en unités de compte, plus de prévoyance et de santé, en ligne avec la stratégie Ambition AXA.

 

12/07/2015 /

 

http://www.axa.com/fr/actualites/2015/axa-accelere-son-developpement-en-egypte.aspx


 


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15 - Nigeria : le pari audacieux de la Zenith Bank

 

Dans une économie nigériane à la traîne marquée par la baisse mondiale du cours du pétrole, une insécurité grandissante et la hausse du taux directeur de la banque centrale à 13%, la ZENITH BANK a pris le risque d’augmenter ses concours à l’économie de 40,27% pour les porter à 1 580 milliards de naira (7,9 milliards de dollars), un pari audacieux. En effet cette banque enregistrée dans le DIDEX 20 a vu une croissance considérable de la part de ses prêts et avances à la clientèle dans le total de son bilan à hauteur de 46,15% en 2014 contre 39,14% en 2013. Cela a favorisé la hausse des revenus tirés des intérêts qui sont passés de 254 à 285 milliards de FCF A. Et par effet domino, la banque nigériane enregistre un bond de 10,87% de son résultat net qui a atteint 92,48 milliards de naira (461 millions de dollars).


La banque fondée en 1990 continue à développer son activité de placement qui a connu la plus forte hausse au sein de la rubrique des revenus, soit 342,83%, pour atteindre 10,15 milliards de naira en 2014. Cette croissance des activités parallèles arrive à point nommé car la hausse du taux directeur de la banque centrale nigériane va ralentir l’octroi de crédit en 2015. La publication des résultats de ZENITH BANK le 5 mars 2015 a eu un impact immédiat sur le cours de l’action coté au sein de la NIGERIA STOCK EXCHANGE. Le titre est passé de 19 à 21,79 nairas entre la date de publication et le 10 mars 2015, soit une hausse de 14,68% en 5 jours. C’est clair, le marché agrée les choix managériaux du groupe.

 

Demba Diallong / by Rédaction / 11 mars 2015

 

http://www.financialafrik.com/2015/03/11/nigeria-le-pari-audacieux-de-la-zenith-bank/



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16 - L’Egyptian Exchange, la Place la plus performante des marchés émergents

 

Dynamisé par d'importantes introductions et augmentations de capital, l'Egyptian Exchange s'est imposé l'an dernier comme la Place la plus performante des marchés émergents. Selon Morgan Stanley Capital International (MSCI), le marché boursier égyptien a été le plus performant des marchés émergents en 2014. L’Egyptian Exchange (EGX) compte 350 entreprises cotées, y compris celles de l’EGX 30 (ex-Case 30, indice regroupant les 30 titres les plus échangés au Caire), dont la cote globale était de 9 milliards de dollars (plus de 8 milliards d’euros) à la fin mai 2015, soit dix fois plus qu’en mai 2010. « Tout est une question de confiance. Cette tendance positive est un symbole fort, mais nous devons aller vite », souligne Mohamed Omran, président de l’institution financière.

 

 


EGX s’agrandit

Entre mai 2014 et mai 2015, une vingtaine d’entreprises ont fait leur entrée à l’EGX, mobilisant un montant global de 656 millions de dollars. Parmi les introductions les plus remarquées, celle d’Edita Food Industries, en avril, coorchestrée par Goldman Sachs et EFG Hermes, qui vaut à l’entreprise une capitalisation boursière de 890 millions de dollars. Un succès tel que d’autres groupes locaux ont annoncé leur entrée à l’EGX pour fin 2015-début 2016, notamment Arabian Food Industries (Domty). Les augmentations de capital au sein des sociétés cotées ont également été importantes en 2014 (1,3 milliard de dollars). Poids lourd de l’immobilier et de la construction, Sixth of October Development and Investment Company (Sodic) a ainsi levé plus de 138 millions de dollars. « Les rôles sont mieux définis, explique Mohamed Omran. L’État se charge des infrastructures, et le secteur privé – qui réalise 70 % du PIB – s’occupe de la croissance, avec des marchés qui tournent et des levées de fonds. »

 

 


Incitations

Pour inciter les investisseurs à participer à ces opérations, le gouvernement a décidé de repousser de deux ans, à 2017, l’entrée en vigueur de la taxe de 10 % sur les gains en capitaux. Par ailleurs, à partir du 1er août, un nouvel indice sera lancé, l’EGX 50, qui regroupera les 50 premières entreprises en termes de liquidités. Les entreprises seront autorisées à rejoindre l’EGX 30 avec un flottant minimum de 5 % (part des actions susceptibles d’être échangées en Bourse, qui doit être de 15 % actuellement), si la valeur de ce dernier est d’au moins 100 millions de livres égyptiennes (environ 11,7 millions d’euros).

 

Publié le 30 juillet 2015/ Par Cécile Manciaux et Frida Dahmani

 

http://www.jeuneafrique.com/mag/247885/economie/legyptian-exchange-la-place-la-plus-performante-des-marches-emergents/




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Avis des internautes

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