Publié le : 01-04-2019 à 15:04:56 Synthèse, compilation et textes réunis (David N'DJA Boka)

RELIGION CATHOLIQUE/ DIALOGUE INTERRELIGIEUX : visite de paix et de dialogue interreligieux du pape François au Maroc


 

« Afrique/ Au Maroc, le pape François prône la "solidarité" des croyants contre le "fanatisme" : Devant le roi du Maroc, Mohammed VI et près de 25 000 personnes rassemblées sur la grande esplanade de Rabat, le pape François a défendu, samedi 30 mars, "la liberté de conscience" et "la liberté religieuse", permettant à chacun de vivre selon sa propre conviction religieuse. "Il est indispensable d'opposer au fanatisme et au fondamentalisme la solidarité de tous les croyants, ayant comme références inestimables de notre manière d'agir les valeurs qui nous sont communes", a-t-il également déclaré, en ajoutant qu'une "préparation appropriée des futurs guides religieux [était] nécessaire". »


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1 - Le pape François termine sa visite au Maroc par une grande messe à Rabat

 

Au cours du second jour de sa visite officielle au Maroc, le pape François a célébré, ce dimanche 31 mars, une messe géante dans un complexe sportif de Rabat, en présence de la communauté catholique du royaume chérifien, composée de nombreux fidèles d'origine subsaharienne. Une visite de moins de 48 heures pour le pape en terre marocaine, l’occasion de faire passer plusieurs messages. Le premier était à destination d’un peuple musulman et de leur Commandeur des croyants, le roi Mohamed VI. François a salué dans le Maroc une terre féconde pour le dialogue interreligieux, et sa formation d’imams dans un esprit de tolérance et d’ouverture.

 

Deuxième message à destination des migrants dont il ne faut pas oublier la dignité, il faut a dit le pape « se laisser remuer et toucher par celui qui frappe à la porte ». Ces migrants venant pour beaucoup des pays d’Afrique subsaharienne ont d’ailleurs transformé le visage de l’Eglise marocaine ces dernières années et ont été en première ligne dans ce voyage, présents à toutes les manifestations comme dans la chorale de la messe finale. Enfin le pape a souhaité conforter la petite communauté catholique dans le pays, dans la cathédrale de Rabat il a eu une rencontre émouvante avec ces religieux comme le frère Jean-Pierre Schumacher dernier survivant des moines de Tibéhirine ou ces sœurs, dont l’une presque centenaire, qui ont dédié leur vie au dialogue et aux plus pauvres. La mission ne passe pas par le prosélytisme leur a dit le souverain pontife. Leur charité est le meilleur chemin pour poursuivre le dialogue avec les musulmans, rapporte notre envoyé spécial à Rabat, Eric Sénanque.

 

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_ Une grande messe au stade Moulay Abdellah de Rabat

Le pape a conclu sa visite officielle au Maroc ce dimanche par une grande messe au stade Moulay Abdellah de Rabat, marquée par des appels pour le droit des migrants, la tolérance religieuse et la liberté de conscience, avec un avertissement contre le prosélytisme. François a invité les fidèles à dépasser les tentations de haine et de division, à « contempler le Père pour se redécouvrir frères ». 10 000 personnes et une chorale composée de centaines de fidèles pour accompagner le Notre Père énoncé en espagnol par le pape François. Dans les gradins de la salle omnisport du stade de Rabat, la salle est comble. Drapeau à la main, Dominique, catholique native du Maroc, jubile de cette communion spirituelle. « Ça m'émeut énormément parce qu'en fait, ce qu'on recherche tous c'est la paix, l'harmonie, la fraternité. C'est un moment exceptionnel, je trouve », dit-elle.

 

Le temps fort de la visite du pape François fût sa rencontre avec les populations migrantes du Maroc. Depuis deux ans, le Maroc est devenu le premier pays de départ des clandestins vers l'Europe. « Il faut sortir de la problématique des migrants et faire comme dit le pape : accueillir des personnes. Si l'on veut un monde qui soit fraternel, il faut toujours partir des plus marginalisés, des plus démunis d'où l'insistance du pape - qui est petit fils de migrant - qui parle de sa chair et non pas d'un problème que l'on peut résoudre en restant assis dans un bureau », souligne Père Daniel Nourrissat, curé de Rabat.

 

Pour Marie-Louise, originaire d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, l'Eglise l'a beaucoup aidée, à son arrivée dans le royaume. « Tu ne te sens pas isolée, tu ne te sens pas rejetée. Même en sachant que nous sommes dans un pays où il y a la discrimination, le racisme, quand tu t'attaches à l'Eglise, tu te sens en sécurité », précise-t-elle. Si la conversion est toujours punie par la loi pour les Marocains, le roi Mohamed VI s'est posé en protecteur des minorités chrétiennes étrangères sur son sol.

 

Par RFI/ Publié le 31-03-2019/ Modifié le 01-04-2019/

 

http://www.rfi.fr/afrique/20190331-maroc-grande-messe-pape-francois-rabat


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2 - L'appel surprise du pape François et du roi du Maroc Mohamed VI pour Jérusalem

 

Le souverain pontife est arrivé samedi au Maroc. Les deux chefs d'État appellent à «conserver» et «promouvoir le caractère spécifique multi-religieux, la dimension spirituelle et l'identité culturelle particulière de Jérusalem».

 

Le secret a été bien gardé. Comme Le Figaro l'avait annoncé ce samedi, le pape François, en visite de deux jours au Maroc, s'est entretenu dès son arrivée de la question de Jérusalem avec le roi du Maroc Mohammed VI. La publication en revanche, samedi après-midi, juste après leur rencontre à Rabat d'un appel commun sur le statut de la ville de Jérusalem, est une surprise. Elle ne sera pas du goût des autorités israéliennes.

 

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Voici ce que dit ce court appel solennel : 

«Nous pensons important de préserver la Ville sainte de Jérusalem / Al Qods Acharif comme patrimoine commun de l'humanité et, par-dessus tout pour les fidèles des trois religions monothéistes, comme lieu de rencontre et symbole de coexistence pacifique, où se cultivent le respect réciproque et le dialogue.

Dans ce but, doivent être conservés et promus le caractère spécifique multi-religieux, la dimension spirituelle et l'identité culturelle particulière de Jérusalem / Al Qods Acharif.

Nous souhaitons, par conséquent, que dans la Ville sainte soient pleinement garantis la pleine liberté d'accès aux fidèles des trois religions monothéistes et le droit de chacune d'y exercer son propre culte, de sorte qu'à Jérusalem / Al Qods Acharif s'élève, de la part de leurs fidèles, la prière à Dieu, Créateur de tous, pour un avenir de paix et de fraternité sur la terre».

En introduction, le Saint-Siège, associé au Royaume du Maroc, expliquent qu'ils «partagent cet appel» parce qu'ils «reconnaissent l'unicité et la sacralité de Jérusalem / Al Qods Acharif» et qu'ils ont «à coeur sa signification spirituelle et sa vocation particulière de Ville de la Paix». 


Cet appel intervient alors qu'une tension nouvelle entre les Israéliens et les Palestiniens est intervenue à la suite d'échanges de tirs récents. Le pape François avait consacré son second voyage apostolique - après les JMJ de Rio - à la Terre sainte et à Jérusalem en mai 2014. Un voyage qui fut difficile notamment parce que le pape n'avait pas hésité à provoquer à plusieurs reprises l'Etat d'Israël, notamment sur la question du mur.

Pour sa part, le roi du Maroc est aussi le président du comité Al Qods. Al Qods - «Ville Sainte» -, est le nom que les arabes donnent à Jérusalem. Le comité a été créé en 1975, au sein de l'Organisation de la Conférence islamique (OCI) qui regroupe les pays musulmans de la Ligue arabe et qui s'oppose à la souveraineté d'Israël sur Jérusalem.

Le Comité Al Qods se veut ouvert et son objectif est de préserver l'essence de Jérusalem, c'est-à-dire son caractère de lieu saint qui fédère les trois grandes religions monothéistes.

 

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Voici le texte intégral de cette déclaration :

 

«A l'occasion de la visite au Royaume du Maroc, Sa Sainteté le Pape François et Sa Majesté le Roi Mohammed VI, reconnaissant l'unicité et la sacralité de Jérusalem / Al Qods Acharif et ayant à coeur sa signification spirituelle et sa vocation particulière de Ville de la Paix, partagent l'appel suivant :«Nous pensons important de préserver la Ville sainte de Jérusalem / Al Qods Acharif comme patrimoine commun de l'humanité et, par-dessus tout pour les fidèles des trois religions monothéistes, comme lieu de rencontre et symbole de coexistence pacifique, où se cultivent le respect réciproque et le dialogue.

 

Dans ce but, doivent être conservés et promus le caractère spécifique multi-religieux, la dimension spirituelle et l'identité culturelle particulière de Jérusalem / Al Qods Acharif. Nous souhaitons, par conséquent, que dans la Ville sainte soient pleinement garantis la pleine liberté d'accès aux fidèles des trois religions monothéistes et le droit de chacune d'y exercer son propre culte, de sorte qu'à Jérusalem / Al Qods Acharif s'élève, de la part de leurs fidèles, la prière à Dieu, Créateur de tous, pour un avenir de paix et de fraternité sur la terre».»

 

Par  Jean-Marie Guénois/ Envoyé spécial au Maroc/ Publié le 30/03/2019

 

http://www.lefigaro.fr/international/2019/03/30/01003-20190330ARTFIG00052-l-appel-surprise-du-pape-francois-et-du-roi-du-maroc-mohamed-vi-pour-jerusalem.php


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3 - Afrique : Au Maroc, le pape François prône la "solidarité" des croyants contre le "fanatisme"

 

En visite au Maroc à l'invitation du roi Mohammed VI, le pape François a défendu, devant 25 000 personnes, "la liberté de conscience" et "la liberté religieuse", permettant à chacun de vivre selon sa propre conviction religieuse. Devant le roi du Maroc, Mohammed VI et près de 25 000 personnes rassemblées sur la grande esplanade de Rabat, le pape François a défendu, samedi 30 mars, "la liberté de conscience" et "la liberté religieuse", permettant à chacun de vivre selon sa propre conviction religieuse. "Il est indispensable d'opposer au fanatisme et au fondamentalisme la solidarité de tous les croyants, ayant comme références inestimables de notre manière d'agir les valeurs qui nous sont communes", a-t-il également déclaré, en ajoutant qu'une "préparation appropriée des futurs guides religieux [était] nécessaire".

 

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_ Jérusalem, "patrimoine commun" des trois religions monothéistes

Le chef de l'Église catholique, le premier à se rendre au Maroc depuis Jean Paul II en août 1985, a également appuyé l'action de Mohammed VI en faveur d'une forme modérée de l'islam qui favorise le dialogue entre les confessions et rejette toute forme de terrorisme ou de violence prétendument commise au nom de Dieu. Dans un texte commun diffusé plus tard dans la journée, le pape et le roi ont également appelé à "préserver" Jérusalem comme "patrimoine commun des trois religions monothéistes". "Nous pensons important de préserver la Ville sainte de Jérusalem/Al Qods Acharif [Jérusalem la sainte, en arabe] comme patrimoine commun de l'humanité et, par dessus tout, pour les fidèles des trois religions monothéistes", ont-ils écrit, soulignant son "unicité et [sa] sacralité".

 

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_ Grande pompe

Invité par Mohammed VIle pape François effectue une courte visite au Maroc, centrée sur le dialogue avec l'islam et la problématique des migrations, deux priorités de son pontificat. Bâtiments repeints, rues pavoisées, pelouses tondues, forces de l'ordre renforcées… Tout a été fait pour recevoir le souverain pontife en grande pompe à Rabat, capitale d'un pays à 99 % musulman.

 

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_ Lutter contre "les discours radicaux"

Après un tête-à-tête avec Mohammed VI au palais royal, le pape s'est rendu à l'Institut de formation des imams qui accueille des Marocains et des étrangers d'une dizaine de pays, dont la France. Ils sont 1 300 étudiants, hommes et femmes, à suivre des cursus dans cet établissement, fer de lance de "l'islam modéré" prôné par le roi. Les uns deviendront imams, les autres prédicatrices. La mission du centre, placé sous la tutelle du roi Mohammed VI et levier de sa diplomatie religieuse, est de lutter "contre les discours radicaux", selon son directeur Abdeslam Lazaar. "C'est un événement très significatif, la première fois qu'un pape est accueilli dans un institut de formation d'imams", a souligné avant la visite le porte-parole du souverain pontife, Alessandro Gisotti, alors que le pape François dénonce régulièrement toute forme d'extrémisme religieux.

 

Frappé par une vague d'attentats qui a fait 33 morts à Casablanca en 2003, le Maroc s'efforce depuis d'encadrer le champ religieux, à travers la promotion d'un islam "tolérant", après avoir longtemps soutenu les courants islamistes pour contrer l'influence de la gauche, creuset de contestation. Mais l'enjeu est aussi diplomatique pour le Maroc. Le pays se positionne en effet dans le monde musulman – en particulier en Afrique – comme un maillon fort de la lutte antijihadiste.

 

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_ Favoriser "la culture de la tolérance"

En février, lors d'une visite historique aux Émirats arabes unis, le pape et le grand imam de l'institution de l'islam sunnite Al-Azhar au Caire, cheikh Ahmed al-Tayeb, avaient cosigné un "document sur la fraternité humaine", appelant notamment à la liberté de croyance et d'expression et à la pleine citoyenneté pour les "minorités" discriminées. Le texte valorise "la culture de la tolérance", sans toutefois aller jusqu'à admettre le droit à ne pas adhérer à une religion. Le pape ne manquera pas d'évoquer ce document qu'il distribue désormais à tous les chefs d'État, selon Alessandro Gisotti. Au Maroc, où l'islam est la religion d'État, les autorités aiment souligner la "tolérance religieuse" qui permet aux chrétiens étrangers et aux juifs d'exercer librement leur religion.

Reste que pour les Marocains considérés automatiquement comme musulmans quand ils n'appartiennent pas à la communauté juive, l'apostasie est désapprouvée par la société et le prosélytisme en faveur d'une autre religion condamné par la loi. Si le renoncement à l'islam n'est pas explicitement mentionné dans le code pénal, ceux qui sont soupçonnés d'"ébranler la foi d'un musulman ou de le convertir à une autre religion" peuvent être poursuivis. Longtemps dans l'ombre, la petite minorité des convertis plaide ouvertement depuis 2017 pour vivre sa foi "sans persécution" et "sans discrimination".

 

Avec AFP/ Texte par : FRANCE 24/ Première publication : 30/03/2019/ Dernière modification : 31/03/2019/

 

https://www.france24.com/fr/20190330-maroc-pape-francois-liberte-religieuse-solidarite-fanatisme


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4 - Au Maroc, le pape François soutient les migrants africains en marche vers l'Europe

 

Le souverain pontife appelle mettre en œuvre «avec rapidité» les engagements du pacte de Marrakech notamment par «l'élargissement de canaux migratoires réguliers». La première journée du voyage du pape au Maroc aura été marquée par l'appel surprise commun lancé, avec le roi Mohammed VI, pour protéger le «caractère spécifique multireligieux» de Jérusalem, la «ville Sainte». Mais encore plus par un discours presque sans précédent de François, directement adressé «aux migrants», où il a une nouvelle fois tempêté contre «l'indifférence et le silence» car «personne ne peut être indifférent devant cette souffrance». Il ne faut pas «se laisser conditionner par les peurs et par l'ignorance», a-t-il recommandé, et devenir de «vrais compagnons de voyage» des migrants.

 

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_ Pape François : «La question des migrants ne se résoudra pas avec des barrières»

En visite au Maroc, le pape François a plaidé en faveur des migrants africains en marche vers l'Europe ce 30 mars. Ils sont nombreux, Africains, en transit au Maroc pour l'Europe. Il leur a parlé, samedi soir, dans un centre de la Caritas (nom international du Secours catholique) à Rabat. Un discours non retransmis par les canaux officiels du pays, alors même qu'il devait l'être, en forme d'encouragement à une «immigration sûre, ordonnée et régulière», dans l'esprit du «pacte de Marrakech» de l'Onu, signé le 10 décembre dernier au Maroc. Cette initiative a toujours été appuyée par le Vatican: le cardinal Pietro Parolin, premier ministre du Saint-Siège, était venu en personne signer ce texte au nom du Pape.

 

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_ «Considérer les migrants comme des personnes»

Cette intervention de François n'était du reste pas prévue sous cette forme dans le premier programme initial du voyage. Elle a été renforcée tant ce sujet est capital pour lui. «Vous savez combien j'ai à cœur le sort, souvent terrible, de ces personnes, qui, en grande partie, ne laisseraient pas leurs pays s'ils n'y étaient pas contraints», avait-il confié, deux heures plus tôt, au roi du Maroc. Il avait alors appelé «à passer des engagements pris» à des «actions concrètes» pour considérer les «migrants comme des personnes et non comme des numéros». Il avait alors critiqué le repli occidental sur ce thème: «Ce phénomène ne trouvera jamais de solutions dans la construction de barrières» ou «dans la diffusion de la peur de l'autre».

 

Dans la simple salle blanche de ce centre, et devant 60 réfugiés, essentiellement de l'Afrique subsaharienne, dont des petits enfants vêtus en rouge qui ont interprété une danse, François a assuré: «Vous n'êtes pas des marginaux, vous êtes au centre du cœur de l'Église.» Car «pour le chrétien» un «migrant» est «le Christ lui-même qui frappe à nos portes». Il a donc chaleureusement félicité les responsables du centre pour leur action dont une jeune française, Fanny Curet, responsable du département migration de Caritas Rabat.

 

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_ «Accueillir»

Commentant le pacte de Marrakech, François a donc estimé qu'il était un «pas en avant» notamment pour «prendre conscience» que ces réfugiés ne sont «pas seulement des migrants, comme si leurs vies étaient une réalité étrangère ou marginale qui n'aurait rien à voir avec le reste de la société». Il faut donc «se laisser remuer et toucher par celui qui frappe à la porte». Sans quoi, la société perd sa capacité de compassion» et devient une «société sans cœur… une mère stérile». Le Pape a alors repris ses «quatre verbe» favoris pour expliciter sa position sur l'immigration. «Accueillir» en premier lieu. Ce qui «signifie offrir avant tout aux migrants et aux réfugiés de plus grandes possibilités d'entrée sûre et légale dans les pays de destination». Il a alors proposé «un élargissement des canaux migratoires réguliers» pour contrer «les marchands de chairs humaines qui spéculent sur les migrants».

 

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_ «Protéger»

Mais il a aussi fortement attaqué «les formes d'expulsion collective» qui ne «doivent pas être acceptées». Sans la désigner publiquement, le souverain pontife faisait notamment référence au blocage actuel de ce que l'on appelle «la route marocaine» en raison de la politique européenne d'externalisation des frontières qui interdit tout passage, notamment par les enclaves espagnoles au Maroc de Ceuta et Melilla, désormais protégées par des murs infranchissables.

 

Deux cents candidats par jour sont repoussés en moyenne. Ce sont donc par bus entiers que les migrants sont reconduits sans ménagements, du nord au sud du Maroc, où ils demeurent toutefois dans des conditions humanitaires déplorables quand ils ne se cachent pas dans les forêts du nord, près de Tanger. Cette situation provoque aussi de nouvelles prises de risques par les migrants: les victimes ont été multipliées par deux. D'où la demande explicite du pape pour «encourager» des «régularisations extraordinaires» notamment pour les «familles et les mineurs». «Protéger» a été le second verbe utilisé par le pape, en particulier pour cette «route marocaine» réputée très violente.

 

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_ «Promouvoir»

«Promouvoir» les migrants fut son troisième axe de réflexion car «personne n'est un déchet humain». Et que «les sociétés d'accueil seront enrichies si elles savent valoriser au mieux la contribution des migrants en prévenant tout type de discrimination et tout sentiment xénophobe». Ce qui aurait le mérite de créer «une forme positive de responsabilisation des migrants» notamment par «l'apprentissage de la langue locale», a-t-il souligné. Promouvoir a-t-il ajouté - avec une insistance nouvelle sur ce point - suppose aussi que «la promotion humaine des migrants et de leurs familles commence aussi par les communautés d'origine, là où doit être garanti, avec le droit d'émigrer, celui de ne pas être contraints à émigrer, c'est-à-dire le droit de trouver dans sa patrie des conditions qui permettent une vie digne».


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_ «Intégrer»

Dernier cap: «Intégrer». L'idée de François est de «construire une société interculturelle et ouverte» avec «des villes accueillantes, plurielles et attentives aux processus interculturels, des villes capables de valoriser la richesse des différences dans la rencontre de l'autre».

 

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_ Pape François : «Assumer la culture du dialogue pour construire une société ouverte»

En visite au Maroc, le pape François a plaidé pour une culture du dialogue le 30 mars devant des milliers de Marocains et le roi Mohammed VI. Pas question donc pour François dans ce discours central du voyage - et récurent de son pontificat - de considérer l'Europe comme un bastion chrétien à défendre. Au Maroc, pays symbolique de la frontière entre l'Afrique et le Vieux Continent, il voit une porte ouverte vers une société multiculturelle et non des murs de protection. Plusieurs, dans son entourage estiment que ce message est l'objet central de ce voyage. De fait, le Pape avait regretté ne pas avoir pu venir lui-même signer le pacte de Marrakech, en décembre 2018.

 

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_ «Il y a toute l'Europe pour distribuer les migrants»

Dans l'avion qui le ramenait du Maroc à Rome, dimanche soir, le pape est revenu, devant la presse, sur le thème de l'immigration: «Ceux qui construisent les murs finiront prisonniers des murs qu'ils construisent. J'ai pleuré en voyant des barbelés avec des lames qui sont utilisés pour les murs. J'ai pleuré parce que tant de cruauté ne rentre pas dans ma tête et dans mon cœur, et encore moins de voir des gens se noyer dans la Méditerranée. Il est vrai que beaucoup de gens de bonne volonté, pas seulement catholiques, sont un peu stressés par la peur. Cela vient des habituels prêches des populistes. On sème la peur. Mais la peur est le début des dictatures. L'Europe s'est faite d'immigrations et c'est sa richesse.

 

Les personnes qui émigrent en raison de la guerre, ou à cause de la faim, n'auraient pas cette nécessité, si l'Europe, tellement généreuse, ne vendait pas des armes au Yemen pour tuer des enfants! L'Europe doit chercher intelligemment à aider par l'éducation et par les investissements économiques. Empêcher donc l'immigration, non par la force mais par la générosité. Il est vrai qu'un pays ne peut pas recevoir tout le monde. Mais il y a toute l'Europe pour distribuer les migrants».

 

Par  Jean-Marie Guénois/ Mis à jour le 01/04/2019/ Publié le 30/03/2019/

 

http://www.lefigaro.fr/international/2019/03/30/01003-20190330ARTFIG00091-au-maroc-le-pape-francois-soutient-les-migrants-africains-en-marche-vers-l-europe.php


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