Publié le : 13-05-2019 à 14:58:49 Synthèse, compilation et textes réunis (David N'DJA Boka)

MONDE/ GOUVERNANCE/ CRISES : anticiper les changements et réformes attendus par les populations pour éviter de les subir


« Vénézuéla/ L’ONU prévoit 5,3 millions de réfugiés et migrants vénézuéliens fin 2019 : 5,3 millions c’est le nombre estimé de migrants et réfugiés vénézuéliens d’ici fin 2019. Une estimation importante qui s’explique par la crise politique et économique qui touche actuellement le pays. L’ONU a indiqué vendredi s’attendre à 5,3 millions de migrants et réfugiés vénézuéliens fin 2019, en raison de la crise politique et économique, à l’occasion de la publication de son premier appel de fonds pour la région.Lancé à Genève par l'ONU, le Plan régional d’aide pour les réfugiés et les migrants (RMRP) du Venezuela est « une première dans les Amériques », ont indiqué le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans un communiqué commun. »

 

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1 - Soudan : les raisons d'une crise

 

D'abord motivée par des revendications économiques, la colère des manifestants soudanais s'est muée en révolte contre le régime autoritaire conduit par Omar el-Béchir. Les Soudanais de nouveau mobilisés. Un appel à une marche en direction du palais présidentiel, à Khartoum, a été lancé à l'initiative de l'Association des professionnels soudanais. «  Nous appelons nos partisans à se rassembler en quatre différents endroits à Khartoum avant de marcher vers le palais  », a ainsi indiqué l'organisation composée d'enseignants, de médecins et d'ingénieurs. Le collectif est déjà à l'origine de plusieurs manifestations organisées ces dernières semaines, et dispersées par les forces antiémeutes à coups de gaz lacrymogènes. Hier, la police était d'ailleurs déployée sur plusieurs places de la capitale, a constaté l'AFP.

. Témoins oculaires : les forces de sécurité soudanaises tirent à balles réelles en l'air pour disperser certaines communautés dans les quartiers avant d'arriver aux manifestations dans le centre de Khartoum. 

 

C'est donc vers une nouvelle journée de contestations que se sont dirigés les manifestants, énième démonstration de leur exaspération. Des contestations durement réprimées, qui, d'après les autorités, ont déjà fait 19 morts quand l'ONG Amnesty International en compte, elle, près de 37. Des constats qui ont poussé l'ONU à appeler à une enquête indépendante sur la répression orchestrée par les autorités. Plusieurs leaders de l'opposition soudanaise, des militants et des journalistes ont également été arrêtés par le Service national du renseignement et de la sécurité (NISS) depuis le début des protestations, le 19 décembre.

 

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_ Les raisons de la colère

Ce jour-là, les premiers manifestants font entendre leur colère. La raison ? Le gouvernement vient d'annoncer une série de hausses des prix pour faire face à l'inflation. Depuis 2011 et l'indépendance du Soudan du Sud qui a amputé le Soudan des trois quarts de ses réserves de pétrole, son taux s'élève à près de 70 % par an. Plusieurs villes du pays souffrent d'une pénurie de pain et de carburant, et une importante carence en devises étrangères a compliqué l'importation de certains médicaments par les entreprises pharmaceutiques soudanaises. Le pouvoir d'achat des Soudanais est donc, à l'annonce de ces mesures, déjà bien mis à mal.

 

Pour Omar el-Béchir, cette crise économique est avant tout liée aux sanctions occidentales qui visent son pays, à cause notamment de son implication présumée dans des crimes de génocide, des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre au Darfour. Depuis 2010, le président soudanais est d'ailleurs sous mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale. Une demande qui n'a cependant jamais été satisfaite, les différents pays visités par le chef d'État – comme le Kenya, la Chine ou encore l'Afrique du Sud – n'ayant jamais donné suite.

 

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_ La fin de l'ère Béchir ?

Si Omar el-Béchir est visiblement épargné par ses homologues à l'international, le sera-t-il par son peuple ? Car pour plusieurs observateurs, ces manifestations d'abord organisées contre la vie chère se sont rapidement muées en révolte contre le régime. Certains y voient d'ailleurs une similitude avec les protestations du Printemps arabe. La foule soudanaise scande d'ailleurs des slogans empruntés aux mouvements égyptien et libyen. La fronde, conséquence d'un marasme économique, s'est transformée, tout comme en 2011, en un mécontentement populaire contre un dirigeant autoritaire en place depuis 1989.

 

Un pouvoir que le chef d'État ne semble pas prompt à lâcher, un avant l'élection présidentielle. En 2013 déjà, de grandes manifestations avaient secoué le pays. Une répression violente des autorités avait fait près de 200 morts. La situation avait amené la démission de l'un des plus proches conseillers du président, Ghazi Salah Al Din. Aujourd'hui, l'homme devenu figure de proue d'une coalition de 22 partis politiques composée de nombreux anciens alliés du chef d'État appelle à sa démission.

 

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_ La réaction du gouvernement

Pour le moment, donc, difficile d'imaginer un départ d'Omar el-Béchir. En réponse au mouvement, le ministre de la Santé Mohamed Abouzaid Moustafa a été limogé, et remplacé par Al Kheir Al Nour, d'après une déclaration de l'agence officielle Suna. Le ministère de l'Éducation a également ordonné la réouverture des écoles à Khartoum à partir de mardi, fermées depuis le 23 décembre dans la capitale après des violences lors des manifestations. D'autres établissements scolaires restent portes closes dans d'autres villes du pays. Après plusieurs semaines de révolte, le président a déclaré jeudi que son gouvernement avait augmenté les salaires des travailleurs du secteur public, qu'il pourrait également étendre les prestations de l'assurance maladie et améliorer les pensions de ces personnes. Reste à savoir si cela suffira à apaiser une colère enracinée depuis plusieurs années.

 

PAR MARLÈNE PANARA/ Publié le 06/01/2019 / Le Point Afrique

 

http://afrique.lepoint.fr/actualites/soudan-les-raisons-d-une-crise-06-01-2019-2283650_2365.php


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2 - Soudan. Le grondement de colère de la jeunesse

 

Cette insurrection dont les médias parlent si peu · Voilà un mois que le Soudan est en insurrection, et la jeunesse est en première ligne. Elle se révolte contre un régime militaire en place depuis trente ans et dont la faillite est totale sur les plans économique, social et politique. Pourtant, ce mouvement, similaire à celui qui a saisi le monde arabe à l’hiver 2010-2011 rencontre peu d’échos à l’étranger. Le 25 décembre 2018 au matin, dans la province d’Al-Jazira, proche de la capitale Khartoum, le cortège présidentiel d’Omar Al-Bachir, voitures sombres aux vitres fumées, fonce à toute allure sur la route. Il vient d’être interpellé sur son passage par un groupe de femmes qui crient : « Dégage ! Dégage ! », tandis que plusieurs jeunes clament : « Liberté, paix, justice » et : « La révolution est le choix du peuple ».

 

L’instant marque un basculement dans la vie du Soudan. La terre semble soudain se dérober sous les pieds du chef de l’État. Il entend pour la première fois depuis son coup d’État de juin 1989, et de la manière la plus directe et la plus claire qui soit, la voix de son peuple s’exprimer à travers ces femmes et ces jeunes. Et cette voix est une alerte suffisante pour que le président quitte précipitamment le lieu de la cérémonie à laquelle il assistait, pour rejoindre la capitale… où la situation n’est guère préférable à celle qui prévaut dans les 25 autres villes où le peuple se rebellait contre le pouvoir dans une saisissante simultanéité.

 

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_ « TA CHUTE ! RIEN D’AUTRE ! »

Chaque jour qui passe renforce la conviction des Soudanais : la page Omar Al-Bachir est en train d’être tournée. Le président n’a plus devant lui tout le champ du possible qu’il a sillonné pendant trois décennies, jusqu’à la veille du soulèvement, le 19 décembre 2018. Un grondement de colère semblable à un tremblement de terre a saisi les villes du pays, grandes ou petites, faisant retentir à l’unisson la même clameur : « Dégage ! Dégage ! » Avec le temps, non seulement le mur de la peur semble s’être effondré, mais la peur elle-même a changé de camp, atteignant les forces du régime qui laissent désormais paraître leur désarroi et commettent de faux pas. L’audace des rassemblements en est galvanisée.

 

La rue s’organise désormais, dans une résolution sans faille, pour renverser le pouvoir. Les promesses de réformes du président n’y font plus rien, pas plus que les accusations portées contre les traîtres à la nation, les saboteurs et autres agents provocateurs. Le peuple a résumé sa détermination par une expression adressée au président Al-Bachir qui en dit long et qui a fait le tour du pays : « Ta chute ! Rien d’autre ! » Autrement dit, en finir avec trente ans d’un pouvoir autocratique des plus sanguinaires, des plus destructeurs et des plus douloureux de l’histoire du pays, avec des guerres meurtrières dans trois régions, le Darfour, le Kordofan du Sud et le sud du Nil Bleu. La fin de cette époque aura clos l’expérience la plus ratée d’un pouvoir de Frères musulmans dans le monde arabe.

 

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_ LE SOUTIEN DES PARTIS D’OPPOSITION

Avec la montée en puissance du mouvement populaire s’est accélérée l’action des principaux partis politiques d’opposition et leur coordination, notamment le Front révolutionnaire soudanais (Nidaa As-Soudan) conduit par le parti nationaliste Oumma dirigé par Sadek Al-Mahdi et la coalition des forces du Consensus national (I’jmaa) conduit par le Parti communiste, alliés aux forces du Rassemblement des professionnels et autres forces diverses. La pression se fait plus forte chaque jour sur le parti du Congrès national au pouvoir et son chef Omar Al-Bachir pour obtenir la destitution.

 

Cette action des forces politiques réitère la méthode éprouvée lors des deux précédentes révolutions populaires, celle d’octobre 1964 qui a renversé le gouvernement du maréchal Ibrahim Abboud et celle d’avril 1985 qui a balayé le pouvoir du général Gaafar Nimeiry, mais avec une nouvelle configuration : dans le passé la révolution éclatait dans la capitale et était conduite par les syndicats et l’intelligentsia, soutenus par les partis politiques, et ces composantes étaient sans doute plus mûres que le soulèvement actuel. La révolution actuelle représente cependant un phénomène étonnant par la détermination inédite des forces de la jeunesse. Le soulèvement a pris de court le gouvernement par sa vigueur, par le niveau de conscience et l’organisation des masses, accompagnées par les partis politiques de l’opposition.

 

Un mouvement populaire aux objectifs clairs et à la volonté affirmée de bâtir un autre avenir. Les villes et les provinces du pays ont surpassé par leur mobilisation la capitale Khartoum et la deuxième plus grande ville du Soudan, Wad Madani, apparaissant comme la véritable force motrice du changement face à un pouvoir de fer et de feu. Et c’est l’émergence de la jeunesse qui a surtout marqué ce soulèvement, surprenant tous les protagonistes, au pouvoir comme dans l’opposition.

 

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_ UNE LONGUE PÉRIODE DE MATURATION

Le pouvoir avait cru modeler à sa guise la jeune génération par un véritable matraquage idéologique à travers les programmes scolaires, directement inspirés des idées des Frères musulmans. La pensée religieuse était omniprésente, diffusée de manière constante, et servait à masquer la corruption au profit d’une classe parasitaire de nouveaux riches qui avaient fait main basse sur les ressources du pays. L’enseignement introduisait une rupture avec l’histoire du pays. L’endoctrinement religieux conjugué à la répression des libertés était tel que l’ancienne génération désespérait d’une relève, estimant que la jeunesse avait sans doute perdu sa boussole. Et pourtant, trente ans plus tard, tel un génie échappé de sa bouteille, la jeunesse est bien là, mue par une forte volonté de changement, selon un programme conforme à son mot d’ordre :« liberté, paix, justice ».

 

Les jeunes, notamment les étudiants, ont toujours été étroitement associés aux mouvements de lutte. En 1948, le mouvement pour l’indépendance avait façonné leur action. Le mouvement des « diplômés » (khirrijine) est né des séquelles du soulèvement de 1924 férocement réprimé par les forces coloniales britanniques. La révolte armée brutalement écrasée avait laissé un goût amer et produit un temps de latence avant que la jeunesse ne se réveille de nouveau, à travers un mouvement pacifique inspiré de la lutte du Mahatma Gandhi, adoptant même l’appellation de « congrès » des diplômés. Cette longue période de maturation devait durer plus de deux décennies avant de déboucher sur une nouvelle explosion, six ans après la formation de ce mouvement du Congrès des diplômés, explosion qui devait ensuite aboutir à l’indépendance du Soudan en 1956.

 

Le soulèvement conduit par la jeunesse aujourd’hui se produit quasiment au moment où le pays célèbre le 63e anniversaire de son indépendance. Le mouvement actuel a lui aussi connu une lente maturation de trente ans avant que la jeunesse ne sorte dans les rues dans une explosion de colère contre le règne des Frères musulmans portés au pouvoir par un coup d’État. À une différence près : paradoxalement, le mouvement des diplômés avait autrefois, au temps du colonisateur, pu mettre à profit une éducation reçue dans les établissements d’un État moderne, et bénéficier de libertés relatives. Toutes choses que le mouvement islamiste s’est acharné à déconstruire, et cela dès les premiers jours de sa prise de pouvoir, triste exemple de gâchis et d’abus à l’échelle d’un pays.

 

La jeunesse qui a grandi sous sa férule a pu constater une dégradation incessante de ses conditions de vie. Elle a vécu dans deux mondes parallèles, celui dont parlent les anciens, celui du récit populaire d’un « Soudan prospère » selon les termes d’Omar Al-Bachir, et celui de la dure réalité : régression de l’éducation, effondrement de la production, recul de la santé publique, cherté de l’alimentation. Si les précédentes révolutions avaient fini par installer un pouvoir religieux féodal, le soulèvement actuel emmené par les jeunes veut construire une nouvelle société qui ne soit pas otage du religieux, un État où prévaudraient la liberté, la justice et la paix. Si cette révolution arrive à ses fins, elle pourra briser le cercle vicieux : coup d’État/révolution/coup d’État qui a fait tant de tort au développement de la vie politique au Soudan.

 

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_ DESSERRER L’EMPRISE DU RELIGIEUX

Les jeunes demeurent cependant exposés aux tiraillements entre les diverses forces de la révolution, parmi lesquelles se trouvent des éléments de l’ancien système, dominé par les deux plus grands partis du Soudan, celui de l’Oumma dirigé par Sadek Al-Mahdi et le Parti démocratique unioniste conduit par Ahmed Al-Mirghani. Les deux communautés religieuses représentées par ces deux partis sont les dignes héritières des régimes renversés au Soudan. Une bonne partie des groupes de jeunes au sein du mouvement révolutionnaire estime que ces deux formations ne sont pas étrangères à la dégradation du pays et à sa régression. Ils pensent que la réussite de l’actuelle révolution dépendra de sa capacité à desserrer, dans toute la mesure du possible, l’emprise du religieux sur le pouvoir.

 

Ces jeunes rejettent avec force la vision de Sadek Al-Mahdi qui préconise un atterrissage en douceur, à savoir : un démantèlement de la structure de l’ancien régime, mais un maintien du personnel politique en place dans la nouvelle architecture. Ils considèrent la présence des deux fils respectifs de Sadek Al-Mahdi et d’Al-Mirghani auprès du président Omar Al-Bachir, en tant que collaborateurs dans le système actuel, comme le signe d’une alliance invisible et une trahison des aspirations du peuple à un changement véritable. Ils décèlent dans l’agenda des deux partis religieux et du mouvement islamiste un accord tacite pour lutter contre toute réelle volonté d’affranchissement de la société et de construction d’un État moderne.

 

D’où la route tortueuse qui s’ouvre devant le mouvement des jeunes. Les slogans que répètent les rassemblements, les chansons et les poèmes qui circulent sur les réseaux sociaux font écho à la littérature du Parti communiste opposé au pouvoir, ce qui attise les craintes non seulement du pouvoir, mais également des deux grandes formations à caractère religieux. Celles-ci hésitent à soutenir un soulèvement où leurs propres militants se trouvent pourtant engagés. Il était tout naturel que les jeunes se retrouvent dans les mots d’ordre et les thèmes de l’abondante littérature révolutionnaire du Parti communiste, connu pour sa longue résistance. Il était tout naturel de les voir s’inspirer de figures légendaires telles que le poète Mahjoub Chérif et Houmeid. Ce qui rapproche également ces jeunes de la vision du Parti communiste et d’autres partis progressistes, c’est leur profonde conviction que la seule issue possible aux crises du Soudan réside dans l’édification d’un État séculier fondé sur le respect du droit, respectueux de toutes les ethnies, de toutes les composantes tribales et de toutes les cultures.


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_ UNE RÉVOLUTION TOURNÉE VERS LE MONDE

Comparée à celles qui l’ont précédée, cette révolution est singulière, différente à bien des égards, par son moteur comme par ses aspirations. Une vision réaliste du monde la guide, une vision qui entend adopter certains éléments de l’environnement mondial, pour peu qu’ils soient synonymes de progrès et de lumières. Elle marque un renversement des notions et des valeurs : la jeunesse s’adresse à toutes les classes sociales, comme au monde entier, et dans toutes les langues.

 

La révolution actuelle ne mise pas sur un environnement arabe dont les gouvernements se taisent par peur du changement et de la contagion d’un mouvement pourtant pacifique. C’est une révolution qui recherche plutôt la solidarité internationale de toutes les forces de paix, dans un monde post-industriel, et qui tente de faire entendre son message à travers les médias. Cette révolution des masses et le mouvement des jeunes qui la porte sont toutefois promis à des moments difficiles. Ils devront relever de nombreux défis, tant au niveau domestique qu’international. Ils se heurteront sans nul doute aux forces contre-révolutionnaires, farouchement opposées à tout vrai changement, qu’elles soient locales, régionales ou mondiales.

 

TAREK CHEIKH/ Journaliste soudanais/ Traductions: français عربي/ POLITIQUES / TAREK CHEIKH/ 22 JANVIER 2019

 

https://orientxxi.info/magazine/soudan-le-grondement-de-colere-de-la-jeunesse,2865


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3 - Ethiopie/ Nouveau Premier ministre : Abiy Ahmed sonne le glas des conflits en Éthiopie

 

Alors que l'Éthiopie subit de vives tensions internes et internationales, un nouveau premier ministre prône un nouveau départ. Assermenté le 2 avril 2018, Abiy Ahmed a officiellement reçu l'aval du Conseil des représentants des peuples afin d'exercer le rôle de chef du gouvernement (1). Il s'agit du premier Oromo, une communauté ethnique d'Éthiopie, qui accède au pouvoir, faisant de son assermentation un moment historique pour le deuxième pays le plus populeux d'Afrique (2).

 

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_ Une démission étonnante en temps de crise

Son prédécesseur, Hailemariam Desalegn, a surpris la population éthiopienne en annonçant sa démission le 15 février 2018 (3). Il a alors expliqué qu'il resterait en poste jusqu'à ce que la coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), désigne son remplaçant, qui devait également être approuvé par la chambre basse du pays (4). À ce moment-là, l'Éthiopie est aux prises avec de vives tensions civiles, alors qu'un mouvement protestataire violent crée des affrontements depuis 2015 (5). Les altercations, qui opposent militaires et contestataires, mènent à de nombreuses arrestations et morts (6). Formée de quatre partis et dirigée par Hailemariam Desalegn, l'EPRDF subit également des problèmes internes (7).

 

De plus, le pouvoir doit gérer des problématiques ethniques et territoriales. En effet, le gouvernement de l'Éthiopie, un pays basé sur un fédéralisme multiculturel, tente de calmer des affrontements meurtriers entre deux des groupes ethniques importants du pays : les Oromos et les Somalis (8). Ces tensions évoluent également sur un fond d'affrontements extraterritoriaux. Le pays convoite le territoire de l'Érythrée, un État d'Afrique devenu indépendant de l'Éthiopie en avril 1993 (9). Une violente lutte entre les deux pays s'enclenche alors, provoquant une guerre dévastatrice de longue durée.

 

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_ Abiy Ahmed : l'espoir de la réconciliation

Abiy Ahmed prend les rênes du pouvoir alors que de vives tensions et de sérieux problèmes écorchent son pays. Selon plusieurs analystes, son origine ethnique est un atout majeur pour la gouverne du pays (10). D'origine oromo, il permet, pour la toute première fois, la représentation au pouvoir du groupe ethnique le plus populeux de l'Éthiopie. Le nouveau premier ministre est également issu d'une famille peu conventionnelle, puisque son père était musulman omoro et sa mère chrétienne amhara (11). Il s'agit également d'un avantage, dans ce pays aux grandes divergences religieuses et culturelles (12).

 

Abiy Ahmed possède également une feuille de route politique intéressante, assurément utile pour la gouvernance du pays. Dirigeant d'un des quatre partis formant la coalition au pouvoir, l'Organisation démocratique des peuples Oromo (OPDO), il a, entre autres, servi dans l'armée éthiopienne. Il y a obtenu le grade de lieutenant-colonel, et a participé à la mission des casques bleus des Nations unies (ONU) au Rwanda (13). Il a également participé à l'organisation des services de renseignements éthiopiens et dirigé l'agence de cybersécurité du pays, qu'il avait d'ailleurs créée en 2009 (14). Ces expériences font de lui un candidat parfait pour l'énorme tâche qui accompagne sa nomination : sauver un pays en déroute. Plusieurs le voient donc comme celui qui réussira à stabiliser la situation du pays, en instaurant un consensus social.

 

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_ D'ambitieuses réformes en seulement six mois

Même si les attentes sont ambitieuses, force est de constater qu'en six mois, Abiy Ahmed n'a pas chômé. Il semble accroché à l'idée de reconstruire l'Éthiopie de A à Z. Il a d'abord réussi à calmer certaines révoltes populaires en poursuivant les libérations entamées par Hailemariam Desalegn. En mai dernier, ce sont plus de 500 prisonniers qui ont été libérés et plusieurs poursuites abandonnées (15). Le Front de libération Oromo a aussi accepté de signer avec le gouvernement un accord décrétant la fin des hostilités (16). La crise entre l'Éthiopie et l'Érythrée a également été au centre des préoccupations du nouveau premier ministre. 


Le 9 juillet 2018, il a d'abord signé avec le président de l'Érythrée, Issaias Afeworki, une «déclaration mettant officiellement fin à vingt ans d'état de guerre (17)». Abiy Ahmed a de plus nommé un ambassadeur en Érythrée, montrant son réel désir de créer des liens entre les deux pays (18). Deux postes-frontières fermés depuis 20 ans ont également été rouverts, permettant aux citoyens des deux pays d'utiliser les routes qui les lient (29). Abiy Ahmed respecte donc une promesse qu'il avait faite, celle de tenir compte du jugement émis par une commission internationale de l'ONU. Ce jugement exigeait que l'Éthiopie quitte l'Érythrée et considérait le territoire disputé comme appartenant au peuple érythréen (20). En outre, le premier ministre a déclaré vouloir instaurer de réels changements électoraux, afin de proposer aux citoyens de son pays des élections démocratiques, «libres et justes (21)». Ce redressement étatique a permis à l'Éthiopie d'obtenir une aide économique de la Banque mondiale (22). Cette aide d'un milliard de dollars est la première reçue par le pays en 13 ans. Pour le chercheur indépendant Gérard Prunier, spécialiste de la Corne de l'Afrique, il s'agit d'une validation internationale sur l'amélioration de la situation du pays.


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_ Des changements majeurs qui déplaisent à quelques-uns

Ces réformes illustrent la voie de changement que compte emprunter Abiy Ahmed. Néanmoins, certains semblent moins convaincus. Au-delà du doute que plusieurs sentent face à la pérennité et à la réalisation des promesses du premier ministre, des analystes et l'opposition officielle clament qu'en dehors des grands centres urbains, l'anarchie persiste (23). Des lois et des institutions basiques sont réclamées (24). Sur un autre plan, des radicaux ne veulent simplement pas voir naître ces nouvelles réformes éthiopiennes. Le 24 juin 2018, alors que le premier ministre donnait son premier discours public, une bombe a explosé, faisant deux morts et plusieurs blessés (25). L'attaque visait le premier ministre, qui s'en est sorti indemne (26). L'Éthiopie peut cependant se réjouir parce que l'heure est visiblement au changement. Après le premier Oromo aux rênes du pouvoir, une femme a été élue à la présidence du Parlement éthiopien pour la première fois, mettant en lumière l'évolution politique de l'Éthiopie (27).

 

Olivier Brisebois-Bérubé/2 octobre 2018

 

http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=2498


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4 - En Ethiopie, Abiy Ahmed nomme un gouvernement pour la première fois paritaire

 

Le ministère de la défense et celui de la paix, chapeautant la police et le renseignement, ont été attribués à des femmes. Le premier ministre réformateur éthiopien Abiy Ahmed a nommé, mardi 16 octobre, un nouveau gouvernement dans lequel, pour la première fois, la parité est strictement respectée et le portefeuille de la défense confié à une femme. L’Ethiopie n’est que le deuxième pays africain après le Rwanda à établir la parité au gouvernement, ce que très peu de pays dans le monde ont réussi à imposer.

 

Les femmes occupent certains postes clés de ce gouvernement réduit à 20 postes, dont celui nouvellement créé de ministre de la paix chargé de chapeauter la police fédérale et les services de renseignement, a indiqué le chef de cabinet de M. Abiy, Fitsum Arega, sur Twitter. « Des femmes ont reçu des portefeuilles clés, dont celui de la paix, du commerce et de l’industrie, et de la défense », a-t-il tweeté. La nouvelle ministre de la défense, Aisha Mohammed, est la première femme à occuper ce poste dans ce pays de la Corne de l’Afrique. Elle était auparavant ministre de la construction et avant cela du tourisme.


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_ Volonté réformatrice

Si elle la première femme à occuper le portefeuille de la défense en Ethiopie, elle n’est pas la première sur le continent. La Kényane Raychelle Omamo remplit ainsi actuellement ces fonctions, alors que l’Afrique du Sud, la Guinée-Bissau, le Cap-Vert, Madagascar, São Tomé-Et-Príncipe, le Gabon, le Nigeria et la République centrafricaine ont par le passé nommé des femmes à ce poste. Le nouveau ministère de la paix a également été confié à une femme, Muferiat Kamil, qui est l’ancienne présidente du Parlement. L’ancien gouvernement comptait 28 ministres, dont seulement cinq femmes. Avec ce gouvernement paritaire, M. Abiy, 42 ans, qui a pris ses fonctions en avril après plus de deux années de manifestations antigouvernementales ayant provoqué la chute de son prédécesseur Hailemariam Desalegn, donne une nouvelle preuve de sa volonté réformatrice.

 

Depuis sa nomination, il a multiplié les réformes majeures, libérant des milliers de dissidents et de journalistes, faisant la paix avec le voisin ennemi, l’Erythrée, et annonçant la privatisation de grandes compagnies publiques. Mais la multiplication des affrontements intercommunautaires dans la capitale et des régions plus reculées a terni son action et fait craindre que le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique ne sombre dans la violence. Près d’un million de personnes ont été forcées de fuir leur foyer après de violents combats entre les Oromo et la minorité ethnique des Gedeo dans le Sud, qui ont éclaté peu après sa nomination.

 

Le Monde avec AFP / Publié le 17 octobre 2018/ Mis à jour le 17 octobre 2018/

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/10/17/en-ethiopie-abiy-ahmed-nomme-un-gouvernement-pour-la-premiere-fois-paritaire_5370575_3212.html


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5 - Crise au Venezuela: les Etats-Unis se rallient à Guaido, Moscou soutient Maduro

 

Les réactions se multiplient à l’étranger après la décision de Juan Guadio de se proclamer chef de l’Etat par intérim au Venezuela. Si les réactions sont prudentes dans les pays européens, Juan Guaido bénéficie du soutien entier des Etats-Unis et de plusieurs pays d’Amérique latine. Le président élu Nicolas Maduro peut, en revanche, compter sur le soutien de la Turquie et bien sûr de la Russie, devenue l’un de ses plus fidèles alliés. 

 

Donald Trump reconnaît Juan Guaido comme le « président par intérim » du Venezuela. Annonce faite mercredi 23 janvier 2019 par un communiqué de la Maison Blanche. Aussi officiel qu’inhabituel, le texte de la présidence américaine a été diffusé peu après l’autoproclamation du jeune opposant contre Nicolas Maduro, rapporte notre correspondant aux Etats-Unis, Eric de Salve. « Je reconnais officiellement le président de l’Assemblée nationale Juan Guaido comme président du Venezuela. » Une déclaration écrite de Donald Trump, qui appelle tous les pays occidentaux à faire de même. Selon le président américain, cette Assemblée, contrôlée par l’opposition depuis 2015 et en concurrence avec une Constituante pro-chaviste depuis 2017, « est la seule branche légitime du gouvernement élue par le peuple ».

 

Donald Trump salue d’ailleurs la décision de déclarer Nicolas Maduro illégitime. « Décision qui rend vacant le bureau du président », écrit-il. Les Vénézuéliens « souffrent depuis trop longtemps », déplore le numéro un américain. « Je continuerai d'utiliser toute la puissance économique et diplomatique des Etats-Unis en faveur du rétablissement de la démocratie vénézuélienne », peut-on lire dans le communiqué de la Maison Blanche. Les Etats-Unis iront-ils jusqu’à un éventuel soutien militaire, menace déjà brandie par le passé par le président ? « Nous n’avons rien prévu, répond Donald Trump, mais toutes les options sont sur la table. »

 

De son côté, Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, appelle l’armée vénézuélienne à protéger la démocratie et la population civile. Et le vice-président Pence appelle, lui, sur Twitter à restaurer la libertad. La réponse de Caracas a aussitôt fusé. Le Venezuela rompt ses relations diplomatiques avec les Etats-Unis. Nicolas Maduro a donné 72 heures aux diplomates américains pour quitter le pays.

 

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_ Soutien clair et net de Moscou

C’est un soutien clair et net qui est apporté par la Russie à Nicolas Maduro, rapporte notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot. Pour le porte-parole du Kremlin, Nicolas Maduro est le « président légitime » du Venezuela, « les tentatives pour usurper le pouvoir dans son pays sont contraires à la loi internationale », ajoute Dmiti Peskov. Même son de cloche au ministère russe des Affaires étrangères : cette crise pourrait conduire directement au « chaos et à la destruction de l’Etat vénézuélien », peut-on lire dans un communiqué publié ce jeudi 24 janvier au matin sur le site internet du ministère.

 

Ce soutien de la Russie à Nicolas Maduro n’est pas vraiment une surprise. Vladimir Poutine est devenu ces dernières années un allié important, indéfectible du président vénézuelien. Nicolas Maduro s’était d’ailleurs rendu à Moscou en décembre dernier. A la suite de ce déplacement, la coopération économique et militaire entre les deux pays s’était encore resserrée. En témoignent ces manœuvres militaires auxquelles deux bombardiers stratégiques russes avaient participé à la fin de l’année dernière. Des manœuvres qui avaient d’ailleurs, à l’époque, suscité la colère des Etats-Unis.

 

Par RFI / Publié le 24-01-2019/ Modifié le 24-01-2019/

 

http://www.rfi.fr/ameriques/20190124-crise-regime-venezuela-etats-unis-rallient-ligne-guaido


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6 - Vénézuéla : L’ONU prévoit 5,3 millions de réfugiés et migrants vénézuéliens fin 2019

 

5,3 millions c’est le nombre estimé de migrants et réfugiés vénézuéliens d’ici fin 2019. Une estimation importante qui s’explique par la crise politique et économique qui touche actuellement le pays. L’ONU a indiqué vendredi s’attendre à 5,3 millions de migrants et réfugiés vénézuéliens fin 2019, en raison de la crise politique et économique, à l’occasion de la publication de son premier appel de fonds pour la région.Lancé à Genève par l'ONU, le Plan régional d’aide pour les réfugiés et les migrants (RMRP) du Venezuela est « une première dans les Amériques », ont indiqué le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans un communiqué commun.

 

Selon les agences de l'ONU, quelque trois millions de Vénézuéliens vivent désormais à l’étranger, dont au moins 2,3 millions ont quitté le Venezuela depuis 2015. La majorité d’entre eux se rendent en Colombie et au Pérou.« Sur la base des chiffres du gouvernement, il est estimé qu’il y aura 5,3 millions de réfugiés et de migrants vénézuéliens à la fin de décembre 2019 », a indiqué l'ONU dans son Plan régional d’intervention. Bien que les Vénézuéliens quittent leur pays depuis plusieurs années, ces mouvements de population ont augmenté en 2017 et leur ampleur s’est encore accélérée en 2018, selon l'ONU. D’après les estimations dont disposent le HCR et l’OIM, environ 5 500 personnes ont quitté chaque jour le pays en 2018.

 

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_ Un « pic » prévu pour août 2019

« Nous faisons face à un séisme humanitaire », a déclaré l’envoyé spécial de l'ONU pour les réfugiés et migrants du Venezuela, Eduardo Stein, en conférence de presse. « Le pic » des départs a été atteint « au milieu du mois d’août, lorsque le nombre de Vénézuéliens quittant le pays a dépassé les 18 000 par jour. Aujourd’hui, il est descendu à moins de 5 000 par jour en moyenne », a-t-il ajouté.L’appel de fonds présenté par l'ONU se base sur l’hypothèse que la situation actuelle va perdurer. Les Nations unies ont demandé 738 millions de dollars (654 millions d’euros) pour venir en aide dans 16 pays à 2,7 millions de personnes (2,2 millions de Vénézuéliens et 500 000 personnes dans les communautés d’accueil).

 

L’exode des Vénézuéliens fuyant cette situation économique désastreuse est considéré par l'ONU comme le déplacement de personnes le plus massif de l’histoire récente de l’Amérique latine. Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole du monde, mais il est asphyxié par une profonde crise économique et se trouve sous le coup de sanctions financières des États-Unis.

 

Ouest-France avec AFP/ Publié le 14/12/2018/

 

https://www.ouest-france.fr/monde/venezuela/venezuela-l-onu-prevoit-5-3-millions-de-refugies-et-migrants-venezueliens-fin-2019-6130190


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