Publié le : 02-04-2021 à 22:24:51 Synthèse, compilation et textes réunis (David N'DJA Boka)

RELIGION CATHOLIQUE/RELIGION CHRETIENNE : le pape François pour la paix entre les religions (le pape en Irak)



0.1 – « Le message d’espoir du pape François en Irak : Lors de sa visite historique, le souverain pontife a multiplié les appels à la tolérance et à la justice. Une démarche qui ne peut porter ses fruits sans l’implication de la communauté internationale dans les processus de reconstruction et de réconciliation nationale.

Quatre ans après la fin de la guerre contre l’EI, le pèlerinage que le pape François a effectué du 5 au 8 mars de Bagdad à Mossoul, en passant par Nadjaf, Our, Erbil et Karakoch, est un geste bienvenu de solidarité et d’espoir. Celui-ci s’adresse aux chrétiens d’Irak, qui ont été décimés par des conflits successifs… »

 

Pope Francis celebrates largest mass of his Iraq visit


0.2 – « Religion : Jésus, modèle de non-violence ? : Le Christ a subi la violence sans y répondre, tout en luttant contre les injustices. La non-violence évangélique n'exclut ni les conflits ni la «sainte colère», mais ne porte pas atteinte à la vie. «Vous avez entendu qu'il a été dit : «Oeil pour oeil et dent pour dent» (Ex 21, 24). Eh bien ! moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant »

 

Christianisme: Jésus n'est pas le pacifiste que vous croyez et sa religion  est persécutrice | Slate.fr


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Pope Francis embarks on historic visit to Iraq | Religion News | Al Jazeera


1 - Moyen-Orient/ "Que se taisent les armes" : l'appel à la paix du pape François en Irak

 

L'avion transportant l'évêque de Rome de 84 ans, qui avait déclaré venir en "pèlerin de la paix", a atterri à Bagdad, point de départ d'une visite de trois jours durant laquelle il tendra aussi la main aux musulmans en rencontrant, dans la ville sainte de Najaf, le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse pour de nombreux chiites d'Irak et du monde.

 

Le président irakien Barham Saleh a accueilli le pape François en "invité apprécié", tandis que le souverain pontife argentin disait avoir "attendu longtemps" sa visite, la première de l'histoire d'un pape en Irak, qui abrite l'une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde. "Que se taisent les armes ! Que la diffusion en soit limitée, ici et partout !", a lancé, vendredi, le pape François en Irak, pays déchiré depuis 40 ans par la violence.

 

Pope Francis visits Iraq's war-ravaged north on last day of tour | Middle  East News | Al Jazeera


_ "Assez de violences, d'extrémismes, de factions, d'intolérances !"

"Que cessent les intérêts partisans, ces intérêts extérieurs qui se désintéressent de la population locale. Assez de violences, d'extrémismes, de factions, d'intolérances !", a martelé le souverain pontife. Le pape François a notamment dénoncé les "barbaries insensées" du groupe État islamique en 2014 contre la minorité yazidie, dont des milliers de femmes ont été réduites à l'esclavage sexuel. "Je ne peux pas ne pas rappeler les Yazidis, victimes innocentes de barbaries insensées et inhumaines, persécutés en raison de leur appartenance religieuse dont l'identité même et la survie ont été menacées", a-t-il dit dans un discours aux autorités irakiennes.

 

Il a, en outre, plaidé devant les autorités irakiennes pour que "personne ne soit considéré comme citoyen de deuxième classe" dans un pays musulman où les chrétiens ne sont plus que 1 % des 40 millions d'habitants. "Il est indispensable d'assurer la participation de tous les groupes politiques, sociaux et religieux, et de garantir les droits fondamentaux de tous les citoyens", a-t-il ajouté.

 

Le pape François a également appelé à "lutter contre la plaie de la corruption, les abus de pouvoir et l'illégalité" au début de sa visite en Irak, l'un des pays les plus corrompus au monde. Il s'est ensuite rendu à la cathédrale Notre-Dame du Secours perpétuel à Bagdad, visée à la veille de la Toussaint 2010 par la prise d'otages la plus sanglante contre des chrétiens d'Irak qui a fait 53 morts. Le pape a ainsi salué la mémoire de "nos frères et sœurs morts [...] et dont la cause de béatification est en cours". "Je vous remercie, frères évêques et prêtres, d'être demeurés proches de votre peuple, en le soutenant", a-t-il ajouté.

 

La communauté chrétienne d'Irak est passée de près d'un million et demi de membres en 2003 à moins de 400 000 aujourd'hui mais, a poursuivi le pape, "la communauté catholique en Irak, bien que petite comme une graine de moutarde, (doit continuer) à enrichir la marche du pays dans son ensemble".

 

'Peace more powerful than war', Pope Francis says in Iraq's ruined city of  Mosul – EURACTIV.com


_ Un voyage aux quatre coins du pays, en pleine pandémie

Le pape François entamera ensuite en voiture blindée ou en avion un voyage sans bain de foule, "virtuel" pour les Irakiens qui le suivront à la télévision. Bagdad a assuré avoir pris toutes les mesures de sécurité "terrestres et aériennes" pour cette visite. François sera souvent seul sur les routes, refaites pour l'occasion, en raison d'un confinement total décrété après que le nombre de contaminations a battu cette semaine un record, avec plus de 5 000 cas de Covid-19 recensés par jour. "J'essaierai de suivre les indications et de ne pas donner la main à chacun, mais je ne veux pas rester loin", a déclaré le pape argentin dans l'avion.

 

Ses étapes aux quatre coins du pays rassembleront quelques centaines de personnes seulement, à l'exception d'une messe, dimanche, dans un stade d'Erbil au Kurdistan, en présence de plusieurs milliers de fidèles ayant réservé leur place à l'avance.

 

Pope Francis declares hope 'more powerful than hatred' during visit to Iraq  - CNN


_ "Le pape arrive dans un pays en faillite"

Quand en 2014, le groupe État islamique a pris la plaine de Ninive, bastion chrétien du nord, des dizaines de milliers d'habitants ont fui et peu font désormais confiance à des forces de l'ordre qui les ont alors abandonnés, disent-ils. "Certains ont eu quelques minutes pour décider s'ils voulaient partir ou être décapités", rappelle le père Karam Qacha. "On a dû tout laisser, sauf notre foi", résume ce prêtre chaldéen à Ninive, dénonçant le peu d'aide du gouvernement aux chrétiens pour récupérer leurs maisons ou leurs terres, souvent accaparées par des miliciens – parfois chrétiens eux-mêmes – ou des proches de politiciens.

 

Pope Francis urges Iraq's Muslims, Christians to unite for peace | Religion  News | Al Jazeera


_ Main tendue aux chiites

Mais, se lamente le cardinal Leonardo Sandri, qui chapeaute la "Congrégation pour les églises orientales" au Vatican et accompagne le pape, "un Moyen-Orient sans les chrétiens, c'est un Moyen-Orient qui a la farine, mais pas le levain ni le sel". C'est pour ça, dit-il, que le pape François ne manquera pas de les appeler à rester ou à revenir en Irak. Un appel au retour "obligatoire", mais "difficile", convient le cardinal Sandri, tant l'Irak va depuis quarante ans de guerre en crise politique ou économique.

 

Selon la fondation "Aide à l'Église en détresse", seuls 36 000 des 102 000 chrétiens partis de Ninive sont revenus. Et parmi eux, un tiers dit prévoir de quitter le pays d'ici à 2024 par peur des miliciens et en raison du chômage, de la corruption et des discriminations.

 

Source : www.france24.com/fr/ Avec AFP/ Vatican Media, via Reuters/ Texte par FRANCE 24/ Publié le : 05/03/2021/

 

https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20210305-malgr%C3%A9-les-violences-et-la-pand%C3%A9mie-le-pape-fran%C3%A7ois-entame-une-visite-historique-en-irak/

 

Christian Militia Celebrates in Reclaimed Iraqi City | Faithkeepers


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May the weapons be silenced': Pope calls for an end to extremism on  historic Iraq visit

 

2 - Moyen-Orient : Le départ des chrétiens du Moyen-Orient, "un dommage incalculable" pour le pape François

 

Pour son dernier jour en Irak, le pape François se rend dans le nord pour rencontrer certains des 400 000 chrétiens toujours présents dans ce pays. Lors d'une prière à Mossoul, le pape a estimé que le départ des chrétiens du Moyen-Orient était "un dommage incalculable". Au milieu des décombres laissés par les jihadistes, le pape François a prié, dimanche 7 mars, pour les "victimes de la guerre" contre l'organisation État islamique (EI) dans la ville irakienne de Mossoul, la "capitale du califat" défait il y a trois ans.

 

Sous très haute protection pour le dernier jour de son voyage historique en Irak, le pape est revenu sur le sort de la communauté chrétienne dans le pays, l'une des plus vieilles au monde, mais aussi l'une de celles qui a connu le plus d'exils. "La diminution tragique des disciples du Christ, ici et dans tout le Moyen-Orient, est un dommage incalculable, non seulement pour les personnes et les communautés intéressées, mais pour la société elle-même qu'ils laissent derrière eux", a-t-il lancé.

 

Amid Mosul church ruins, Pope laments 'barbarous blow' of extremism in Iraq  | The Times of Israel


À Mossoul, prospère ville patricienne et commerciale depuis des siècles, les autorités catholiques ne sont pas parvenues à trouver une église en état pour accueillir le pape François, qui effectue la première visite d'un souverain pontife en Irak. Au total, 14 églises de la province de Ninive, dont Mossoul est le chef-lieu, ont été détruites, dont sept remontant aux Ve, VIe et VIIe siècles et il a donc fallu construire une scène dans les ruines de quatre églises de différentes obédiences, dont l'église al-Tahira de Mossoul, vieille de plus de 1 000 ans.

 

C'est de là que le pape s'est adressé à une petite foule sous les youyous et les cris de "Viva papa". Aux alentours gardes et barrages de sécurité étaient partout dans la province, où se terrent encore des jihadistes malgré la défaite militaire de l'EI fin 2017.

 

Pope Francis' message from Qaraqosh, stronghold of Christianity in Iraq |  Today24 News English


_ Qaraqosh, localité chrétienne à l'histoire multimillénaire

Le souverain pontife de 84 ans s'est ensuite rendu à Qaraqosh, localité martyre qui s'est parée de mille couleurs pour le recevoir. Le chef des 1,3 milliard de catholiques du monde s'est rendu dans l'église al-Tahira, entièrement brûlée par l'EI, mais remise en état, entièrement nettoyée et redécorée pour sa venue.

 

Sous une immense croix, son convoi de voitures blindées entourées de gardes du corps a été accueilli par des centaines d'Irakiens. Le pape, qui marche avec difficulté en raison d'une sciatique, a tenu néanmoins à prier avec les fidèles revenus dans la ville pour le voir. Là, il a prié l'angélus devant une foule émue qu'il a appelé à "reconstruire" et à "ne pas se décourager" dans un pays où le nombre de chrétiens est passé en 20 ans de 6 % à 1 % de la population. Jusqu'au dernier moment, entre répétitions pour les chorales, nettoyage des dalles de marbre des églises et décorations installées dans les rues, les habitants de Qaraqosh n'ont ménagé aucun effort.

 

_ Les habitants de Qaraqosh à pied d'œuvre

C'est là, dans la plaine de Ninive, que vivaient la plupart des chrétiens du pays. Ils ont fui leurs villages en 2014, trouvant refuge au Kurdistan irakien. Seules quelques dizaines de milliers d'entre eux sont revenus depuis.

 

Exultant crowds gather for pope's Erbil Mass, despite coronavirus


_ Forces de l'ordre en alerte

Si la visite du pape est historique, le dispositif sécuritaire déployé pour l'accueillir l'est tout autant. Les rares kilomètres que le pape a parcourus par la route l'ont été à bord de voitures blindées. Pour la majorité des 1 445 km de son parcours entamé vendredi après-midi, le souverain pontife est dans un avion ou un hélicoptère pour survoler plutôt que traverser des zones où se terrent encore des cellules jihadistes clandestines.

Et tout cela, au beau milieu d'un confinement total décrété jusqu'à lundi – le pape repartira lundi matin – face à des contaminations au Covid-19 qui atteignent ces jours-ci des records en Irak.

 

In Erbil, thousands attend largest mass of Pope's historic trip to Iraq


_ Messe dans un stade à Erbil

Les mots dits samedi au pape par l'ayatollah Ali Sistani, grande figure du chiisme en Irak et au-delà, assurant œuvrer pour que les chrétiens d'Irak vivent en "paix", en "sécurité" et avec "tous leurs droits constitutionnels", pourraient toutefois leur apporter un soutien réconfortant. Moment phare de la journée de dimanche, la messe que doit célébrer le pape dans l'après-midi dans un stade d'Erbil devant des milliers de fidèles.

Erbil est la capitale du Kurdistan irakien, qui passe pour un havre de paix au milieu d'un Moyen-Orient déchiré par les guerres. La sécurité et les infrastructures y sont meilleures qu'à Bagdad ou Mossoul. Le pape, qui aime tant les bains de foule et en a été privé depuis son arrivée en Irak, pourra retrouver des fidèles et probablement les saluer depuis la papamobile qui jusqu'ici n'a pas été utilisée.


Pope Francis on Iraq visit calls for end to violence and extremism - BBC  News

 

_ Le programme du pape François

Le programme du pape François en Irak est ambitieux : Bagdad, Najaf, Ur, Mossoul, Qaraqosh, Erbil. De vendredi à lundi, il parcourra 1 445 km dans un pays marqué par des tensions irano-américaines toujours latentes et un nombre record de contaminations au Covid-19. Le trajet se déroulera en voiture blindée et sans bain de foule alors que l'hélicoptère ou l'avion du pape survolera parfois des zones où sont encore présents des jihadistes de l'organisation État islamique. Les Irakiens devront le suivre à la télévision.

 

2nd Egypt Christian murdered in a week – Video | The Greater Middle East


L'évêque de Rome commencera vendredi à Bagdad par un discours devant les dirigeants du pays, abordant les difficultés sécuritaires ou économiques que subissent les 40 millions d'Irakiens. La situation de la minorité chrétienne sera sûrement évoquée. Il sera ensuite reçu samedi dans la ville sainte de Najaf par le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse pour de nombreux chiites d'Irak et du monde. Le pape se rendra ensuite dans la cité antique d'Ur, le lieu de naissance, selon la Bible, du patriarche Abraham, personnage commun aux trois religions monothéistes. Il y priera avec des musulmans, des Yazidis et des Sanéens (monothéismes préchrétiens).

 

François poursuivra son voyage dimanche dans la province de Ninive (nord de l'Irak), le berceau des chrétiens d'Irak. Il se rendra à Mossoul et Qaraqoch, deux villes marquées par les destructions du groupe État islamique. Le souverain pontife présidera dimanche une messe en plein air, en présence de milliers de fidèles, à Erbil, capitale du Kurdistan irakien. Ce bastion kurde musulman avait ouvert grand ses portes aux centaines de milliers de chrétiens, Yazidis et musulmans fuyant les jihadistes.

 

Source : www.france24.com/fr/ Avec AFP/ Publié le : 07/03/2021/ Modifié le : 07/03/2021/

 

https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20210307-le-pape-fran%C3%A7ois-%C3%A0-la-rencontre-des-chr%C3%A9tiens-du-nord-de-l-irak-ravag%C3%A9-par-l-ei


Pope Francis denounces extremism on historic visit to Iraq - BBC News

 

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Amid Mosul's Ruins, Pope Denounces Religious Fanaticism: Live Updates - The  New York Times


3 - Le message d’espoir du pape François en Irak

 

Lors de sa visite historique, le souverain pontife a multiplié les appels à la tolérance et à la justice. Une démarche qui ne peut porter ses fruits sans l’implication de la communauté internationale dans les processus de reconstruction et de réconciliation nationale.

 

Face à la tragédie provoquée par la conquête d’un tiers de l’Irak par l’organisation Etat islamique (EI) en juin 2014, l’exil forcé de plus de 120 000 chrétiens de Mossoul et de la province de Ninive, le massacre et l’enlèvement de milliers de yézidis et la mise en place d’un régime barbare, le pape François avait fait la promesse de se rendre en Irak. Alors que le pays vit toujours sous la menace de groupes armés – milices chiites et djihadistes sunnites – et reste confronté à l’urgence sanitaire liée au coronavirus, l’opiniâtreté du souverain pontife à honorer cet engagement force le respect.


What is ISIS? What you need to know about Islamic State in Iraq and Syria


Quatre ans après la fin de la guerre contre l’EI, le pèlerinage que le pape François a effectué du 5 au 8 mars de Bagdad à Mossoul, en passant par Nadjaf, Our, Erbil et Karakoch, est un geste bienvenu de solidarité et d’espoir. Celui-ci s’adresse aux chrétiens d’Irak, qui ont été décimés par des conflits successifs depuis l’invasion américaine de 2003, mais aussi à l’ensemble de la population irakienne. L’appel à la tolérance, au pluralisme, à la citoyenneté et à la justice qu’il a lancé aux responsables politiques et religieux du pays constitue un précieux relais pour ceux qui, en Irak, se battent, envers et contre tout, pour ces valeurs.


Irak : nouvelles manifestations pour la


Les dizaines de milliers de manifestants qui ont défié, à Bagdad et dans le sud chiite du pays, durant des mois, dès octobre 2019, la répression des forces de sécurité et des milices chiites, au prix de plus de 600 morts, ne demandaient qu’à pouvoir vivre en paix et en sécurité dans un « Etat de tous ses citoyens », purgé du confessionnalisme politique, de la corruption, de la menace des groupes armés et des ingérences étrangères qui le rongent de l’intérieur.

 

Alors que leurs revendications n’ont pas été entendues, et que la contestation couve toujours, la visite qu’a rendue le souverain pontife à l’ayatollah Ali Al-Sistani, la plus haute autorité chiite d’Irak, dans la ville sainte de Nadjaf, est une marque de respect envers celui qui s’est imposé comme leur plus influent porte-voix et soutien.

 

Pope Francis Visits Iraq Despite Pandemic and Security Issues | PEOPLE.com


_ Renforcement de l’Etat de droit

Cette première rencontre du souverain pontife avec un haut dignitaire chiite honore également l’engagement de l’ayatollah Sistani envers la défense des minorités, le dialogue et la coexistence entre communautés. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Barham Saleh et du premier ministre Mustafa Al-Kadhimi, les gestes et les promesses se sont multipliés envers les communautés meurtries par la guerre contre l’EI et les manifestants. Le vote par le Parlement, le 1er mars, du projet de loi pour la compensation des survivantes yézidies réduites en esclavage par l’EI, ainsi que de toutes les minorités religieuses et ethniques victimes du groupe djihadiste, en est une concrétisation.

 

Full text: Pope Francis' address at Baghdad's Cathedral of Our Lady of  Salvation - Catholic News Agency


Malgré tout, dans cet environnement où l’autorité de l’Etat est minée par les groupes armés, les intérêts partisans étriqués d’élites prédatrices et les ingérences étrangères, les bonnes volontés seules ne suffiront pas. Aussi fort et symbolique qu’il soit, le message du pape François ne pourra porter ses fruits sans un engagement renouvelé et déterminé de la communauté internationale à accompagner l’Irak sur le chemin de la reconstruction et de la réconciliation nationale.

 

Celui-ci passe par le renforcement de l’Etat de droit et de la démocratie, à commencer par le soutien à l’organisation d’élections législatives – prévues en octobre – qui puissent permettre l’expression libre des voix qui appellent au changement.

 

Source : www.lemonde.fr/ Publié le 08 mars 2021/ Mis à jour le 08 mars 2021/ Le Monde

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/08/le-message-d-espoir-du-pape-francois-en-irak_6072337_3232.html

 

Pope Francis Offers a Salve for Iraq's Wounds - The New York Times


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Will they stop at burning an empty church?': Anti-Christian attacks rise in  Europe


4 - Chrétiens d'Orient, de l'inquiétude à l'exil

 

Les chrétiens d'Orient, dont le Pape a dit samedi craindre l'effacement de la présence dans une région où ils sont enracinés depuis les débuts du christianisme, sont des communautés minoritaires, confrontées à des conflits régionaux et à des attaques jihadistes. Le pourcentage de chrétiens au Moyen-Orient est passé de 20% avant la Première Guerre mondiale, à 4%, selon le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour l'union des chrétiens.

 

Attentats contre les Coptes : la colère des musulmans d'Égypte - Le Point


- Egypte -

Les coptes orthodoxes constituent la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient et l'une des plus anciennes. Ils représentent 10% des plus de 96 millions d'Egyptiens et sont présents dans tout le pays, avec des concentrations plus fortes dans le centre. Ils sont faiblement représentés au gouvernement et se disent marginalisés. Les coptes sont depuis longtemps la cible de violences, aggravées depuis l'apparition d'organisations jihadistes comme le groupe Etat islamique (EI). Depuis décembre 2016, plus d'une centaine de personnes sont mortes dans des attaques anti-chrétiennes revendiquées par l'EI.

 

En avril 2017, les coptes ont été visés lors d'attaques par des kamikazes contre deux églises qui ont fait 45 morts, en pleine célébration du dimanche des Rameaux, conduisant les autorités à déclarer l'Etat d'urgence. Le mois suivant, 28 pèlerins chrétiens se rendant dans un monastère ont été tués dans un attentat contre leur bus. La communauté copte soutient le président Abdel Fattah al-Sissi, qui a fait du retour de la sécurité sa priorité.

 

Combien de chrétiens reste-t-il en Irak ?


- Irak -

L'Irak comptait 1,5 million de chrétiens avant la chute de Saddam Hussein en 2003 et depuis la communauté s'est réduite, pour s'établir entre 400.000 et 500.000 personnes, selon le patriarche de l'Eglise catholique chaldéenne, Louis Raphael Sako, nommé cardinal par le pape fin juin. Beaucoup de chrétiens irakiens ont fui les violences qui ont ensanglanté leur pays depuis 15 ans. Qaraqosh, qui était la plus grande agglomération chrétienne d'Irak, a été reprise à l'EI en octobre 2016.


Les Syriens chrétiens face au risque de la marginalisation

 

- Syrie -

En Syrie, les chrétiens représentaient entre 5 et 9% des 22 millions d'habitants avant la guerre déclenchée en 2011. Mais selon l'évêque chaldéen d'Alep, Mgr Antoine Audo, la moitié des 1,5 million de chrétiens de Syrie auraient quitté le pays, fuyant la guerre. Les chrétiens ont très souvent essayé de se tenir à l'écart du conflit, mais nombre d'entre eux ont pris le parti du président Bachar al-Assad, notamment par crainte de l'islamisme de certains groupes rebelles. Ils ont été pris pour cibles par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui a eu recours aux enlèvements de masse et à la destruction d'églises avant qu'il ne soit chassé de tous les centres urbains d'Irak en 2017.

 

LEBANON Christian fears and hopes in the year of the Synod of Middle  Eastern Churches


- Liban -

Les chrétiens libanais, essentiellement maronites, sont la deuxième plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient. Le Liban, où le partage du pouvoir est fondé sur des quotas communautaires, est le seul pays de la région à être traditionnellement dirigé par un président chrétien.

Depuis l'indépendance en 1943, le système politique garantit une parité entre musulmans et chrétiens, alors que la communauté chrétienne est devenue minoritaire au fil des décennies. Elle représente aujourd'hui moins de 35% de la population, même si aucune statistique officielle n'est publiée à ce sujet en raison de la sensibilité de la question.

 

Christian leaders urge Israel to repeal 'Jewish nation-state' law – Middle  East Monitor


- Territoires palestiniens et Israël -

En Cisjordanie occupée et à Jérusalem, on dénombre près de 50.000 chrétiens, principalement implantés à Bethléem et Ramallah. Lieu de naissance du Christ selon la tradition, Bethléem, à majorité chrétienne il y a un demi-siècle, est aujourd'hui à majorité musulmane. Mais les chrétiens ont un rôle central dans d'importants secteurs de l'économie palestinienne.

Dans la bande de Gaza, leur nombre est en baisse régulière, notamment depuis la prise du pouvoir par le mouvement islamiste Hamas en 2007.

Israël compte environ 160.000 chrétiens (2% de la population), dont près de 80% appartiennent à la minorité arabe formée des descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948.

 

Iraqi Christians flee IS to find refuge inside Jordan churches | Middle East  Eye


- Jordanie -

Les chrétiens représentent 6% de la population jordanienne, évaluée à 9,5 millions d'habitants. Des chrétiens occupent des postes importants et cette communauté a droit à une représentation parlementaire.

 

Source : www.la-croix.com/ afp, le 07/07/2018/ Modifié le 07/07/2018/

 

https://www.la-croix.com/Monde/Chretiens-Orient-inquietude-exil-2018-07-07-1300953339

 

There Are No Girls Left': Syria's Christian Villages Hollowed Out by ISIS -  The New York Times


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Why Christians Should be the Biggest Advocates of Religious Freedom For  Muslims Read | A Center of Christian-Muslim Engagement for Peace and  Justice:

 

5 - Inquiétude sur la cohabitation entre chrétiens et musulmans

 

Les attaques récentes des djihadistes contre des chrétiens du Burkina Faso ébranlent la cohabitation harmonieuse entre religions dans ce pays pauvre du Sahel où des violences intercommunautaires ont déjà commencé à émerger. "Le Burkina a toujours été réputé comme un pays de tolérance. Nous devons travailler à maintenir cette richesse que nos ancêtres nous ont léguée", a déclaré le président Roch Marc Christian Kaboré.


Dans le nord du Burkina Faso, quatre catholiques tués en marge d'une  procession mariale


Le "pays des Hommes intègres" compte 65% de musulmans pour 35% de chrétiens, selon des chiffres de 2018, et était jusque-là souvent cité en exemple pour la coexistence pacifique entre les deux communautés. Depuis quatre ans, le Burkina est confronté à des attaques fréquentes et meurtrières, attribuées à des groupes djihadistes, dont Ansarul Islam, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et l'organisation État islamique au grand Sahara (EIGS). D'abord concentrées dans le Nord, elles ont ensuite visé la capitale Ouagadougou et d'autres régions, notamment l'Est, et fait depuis 2015 près de 400 morts, selon un comptage de l'AFP.

 

Mariages Mixtes Islamo-Chrétiens le cas du Mali


- Moins de couples mixtes ? -

Depuis deux semaines, les chrétiens sont particulièrement ciblés. Trois attaques récentes semblent prouver qu'il s'agit d'une nouvelle stratégie. Quatre catholiques ont été tués lundi dans le Nord lors d'une procession, alors que deux églises, une protestante et une catholique, ont été attaquées dans les jours qui précédaient (12 morts). "Les attaques prennent de plus en plus pour cibles édifices et responsables religieux, visant ainsi à opposer les différentes confessions", estime Aboubacar Hugo, de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB). Les appels au calme et à l'union contre le terrorisme de toutes les ethnies et confessions se multiplient.

 

Burkina Faso : les jihadistes cherchent à allumer un conflit religieux


"La nouvelle tactique de notre ennemi commun consiste à nous diviser, à nous opposer. Il nous appartient d'éviter ce piège, en travaillant à renforcer la tolérance légendaire qui a toujours caractérisé les relations entre toutes les confessions religieuses dans notre pays", a réagi le chef de file de l'opposition Zéphyrin Diabré. "Nous devons, les confessions religieuses et l'ensemble du peuple, dire +non on ne nous embourbera pas dans cette dynamique, ce dérapage ethniciste, religieux+", dit Mgr Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou. "Nous sommes un peuple, nous resterons un peuple, les grains d'un seul panier." Mais les fissures sont apparues. Les différences ethniques se confondent parfois avec la religion.

 

Les peuls (qui sont musulmans) sont de plus en plus stigmatisés. De nombreux djihadistes appartiennent à cette ethnie, provoquant un amalgame entre peuls et djihadistes et même entre musulmans et djihadistes. Les litiges historiques (nomades-éleveurs peuls traversant les champs de populations sédentaires) favorisent d'autant plus le phénomène. Début janvier, 48 personnes selon le gouvernement et plus de 200 selon la société civile, ont été tuées lors de représailles contre des Peuls après l'attaque du village de Yirgou (centre) attribuée aux djihadistes. Début avril, 62 personnes ont été tuées lors d'attaques djihadistes suivies d'affrontements intercommunautaires à Arbinda (nord).

 

The Horrific Killing of Christians in Nigeria | The Heritage Foundation


-Manipulations et violences-

"Avec ce qui arrive, la peur gagne tout le monde. On ne sait pas vers quoi ceux qui attaquent et les mosquées et les églises veulent pousser les fidèles de ces religions si ce n'est à se détester. Cela peut conduire à un conflit inter religieux comme dans d'autres pays", souligne Cheick Abdoulaye Ouédraogo, maitre coranique à Ouagadougou. Une tension et une méfiance qui se répercutent dans la vie de tous les jours.

 

"Moi, j'ai dû me séparer de mon copain après quatre ans, car il était catholique", raconte Adissa Kaboré, commerçante de 27 ans, musulmane. "Mes parents se sont opposés à notre mariage. Il y a beaucoup de couples mixtes mais des cas de refus d'union sont plus nombreux. C'est une forme d'intolérance courante. Ce n'est pas seulement quand il y a des assassinats ou des attaques d'église ou de mosquée qu'il faut s'indigner."

 

Christians persecuted in Nigeria amid deafening silence - Vatican News


-Radicalisation-

"Il y a longtemps, lors des fêtes chrétiennes, les voisins musulmans égorgeaient les poulets. Aujourd'hui, cela tend à disparaitre. Chacun est plus ou moins replié sur ses croyances à tel point que dans certains quartiers périphériques de Ouagadougou, il y a des zones où n'habitent que des gens d'une même confrérie. On laisse faire. Ça commence ainsi. Ensuite on se radicalise au fur et à mesure."

 

Source : www.voaafrique.com/ Avec AFP/ 17 mai 2019

 

https://www.voaafrique.com/a/inquietude-sur-la-cohabitation-entre-chretiens-et-musulmans/4921304.html

 

Burkina Faso : préserver l'équilibre religieux | Crisis Group


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Anti-Christian religious persecution on the rise | The Japan Times


6 - Les chrétiens, premières victimes des violences religieuses dans le monde, dans l’indifférence complice de l’Occident

 

Noël, fête chrétienne de la naissance du Christ sauveur et donc de la joie, ne doit pas faire oublier que les violences religieuses dans le monde frappent majoritairement les chrétiens, comme l'a reconnu le Parlement européen en 2011. Les persécutions anti-chrétiennes sont tantôt officielles, en pays musulman, communiste ou hindouïste, tantôt le fait de groupes radicaux, islamistes, hindous ou bouddhistes. Les zones les plus touchées sont l'Afrique musulmane, le Moyen-Orient et l'Asie. 

Pour notre chroniqueur Alexandre del Valle, le “bilan”  2020 confirme le fait que, comme chaque année depuis des décennies, la “solution finale des chrétiens” se poursuit dans la quasi-indifférence générale.

 

Death Toll From Nigerian Violence Rises to 500 - The New York Times


Chaque année, l’index publié par l’association chrétienne PORTE OUVERTES dresse un état des lieux qui ne cesse de se détériorer. Sur 50 pays étudiés, l’ONG évalue à 260 millions le nombre de chrétiens persécutés, soit une augmentation de 16% depuis 2014. Depuis 2017, après le pic terrible des massacres perpétrés par Daech en 2015, le nombre de chrétiens tués chaque année dans le monde oscille entre 3 000 et 4 000 âmes. La « première place » revient à la Corée du Nord communiste, où 50 000 chrétiens sont retenus dans les camps de concentration du régime. Vient ensuite le Nigeria, où des dizaines de milliers de chrétiens ont été assassinés par les islamistes depuis les années 1990. Les chrétiens d’Afrique subsaharienne sont aujourd’hui les plus persécutés au monde. Mais leur sort fait bien moins souvent la une que celui des musulmans en Occident, soi-disant victimes de « l’islamophobie ».

 

Plus de 4 300 chrétiens tués dans le monde en 2018 en raison de leur foi -  Le Parisien


. Les chrétiens des pays islamiques, diabolisés comme « 5e colonne des Croisés » alors qu’ils étaient là avant les musulmans

Les populations chrétiennes sont en déclin dans la totalité des pays du Proche-Orient, Liban compris, et ils sont voie de disparition en Irak, où leur nombre est passé de 1,5 million en 2003 à moins de 200 000 aujourd’hui… soit une baisse de 87% en 20 ans. En 2010, un attentat perpétré dans l’église Notre-Dame du Salut, à Bagdad, fit 50 morts.

 

Les chrétiens de Syrie, bien que protégés par Bachar el-Assad, sont aujourd’hui moins de 745 000, contre 2,2 millions avant la guerre civile. En Turquie, depuis les assassinats du leader arménien protestant Hrant Dink (2006), du père Andrea Santoro, tué à Trébizonde, le 5 février 2006, du père Adriano Franchini, poignardé à Smyrne en décembre 2007, de Mgr Luigi Padovese, vicaire apostolique d’Anatolie, décapité à Iskenderun par son chauffeur en juin 2010, et depuis le massacre de dizaines de chrétiens turcs évangéliques à Malatya, en mars 2007, le peu de chrétiens resté dans ce pays a peur. Ils sont aujourd’hui 90 000, contre trois millions en 1900. Et la Turquie négatrice du génocide de 1915 des Arméniens et Syriaques « continue le travail » en Azerbaïdjan, en massacrant les Arméniens du Haut-Karabakh.

 

The Land of One Faith: Christians Living in Saudi Arabia, the Home of Islam  | Egyptian Streets


_ Aucun pays islamique ne tolère la liberté de choisir sa religion

Dans tous les pays musulmans, la conversion au christianisme est un crime (apostasie) que la charia punit de mort et que tous les pays musulmans – exceptée l’Albanie – répriment. En Afghanistan, au Soudan, en Arabie saoudite, en Mauritanie, en Iran, en Somalie, au Pakistan, la conversion au christianisme est passible de la peine de mort. En Algérie, les lieux de culte évangéliques sont systématiquement fermés, les pasteurs emprisonnés ou expulsés s’ils sont étrangers, et les autochtones convertis traînés en justice. Au Maroc, autre pays qui cogère l’islam en France en y exigeant plus de mosquées, un sujet du roi n’a pas le droit de devenir chrétien, et les missionnaires ou convertis sont condamnés ou expulsés.

 

Mais les bien-pensants anti-racistes occidentaux pro-Black Lives Matter ou les indigénistes dénoncent mille fois moins cet anti-christianisme d’Etat, et même celui des djihadistes, que les propos des populistes honnis à la Trump ou Orban. En Arabie saoudite, pays « ami » de l’Occident, la charia wahhabite stipule que toute religion autre que musulmane est interdite aux musulmans de naissance, saoudiens ou pas. Les étrangers chrétiens ne sont tolérés que s’ils ne donnent aucun signe de leur foi. La simple possession de la Bible y est un crime, comme en Corée du Nord communiste. Malgré cela, ce pays christianophobe ne cesse de dénoncer, comme le Pakistan, le Qatar, la Turquie ou les pays du Maghreb, « l’islamophobie » d’un Occident où les musulmans ont tellement de droits que les islamistes y prêchent librement leur fanatisme.

 

Nigerian Christians fear a bloody holiday at hands of terrorists


_ Le lourd tribut de sang payé par l’Afrique noire

– Au Nigeria, l’organisation djihadiste Boko Haram, qui veut expulser les chrétiens du nord du pays et y imposer un califat islamique, attaque régulièrement les chrétiens en pleine messe.

– En Somalie, en 1989, l’évêque de Mogadiscio a été tué et sa cathédrale a été rasée en 2008. Toute pratique religieuse non-musulmane est interdite. Des convertis chrétiens sont régulièrement décapités.

– Au Soudan, dans les années 1990-2000, le conflit entre le nord du pays majoritairement arabo-musulman et le sud chrétien-animiste a alimenté pendant 40 ans une guerre civile qui a conduit à l’indépendance du Soudan du Sud en 2011, après un génocide de plus d’un million de chrétiens. Ceux restés dans le nord du pays sont persécutés. On se souvient de l’histoire tragique de Mariam Yehya Ibrahim, femme de 27 ans condamnée à mort en 2014 au huitième mois de grossesse simplement pour sa foi chrétienne. Son cas a ému très peu de bien-pensants occidentaux.


Christians fear Islamists and common Pakistanis alike | Asia| An in-depth  look at news from across the continent | DW | 11.03.2013


_ Ailleurs dans le monde…

– Aux îles Maldives, que nombre d’Occidentaux fréquentent en touristes alors qu’il s’agit d’un des pays les plus anti-chrétiens au monde, la « loi d’unité religieuse » de 1994 interdit la promotion de toute religion autre que l’islam. Noël et Pâques sont interdits.

 

– Au Pakistan, la loi contre le blasphème est utilisée comme prétexte pour persécuter les chrétiens : professer la foi chrétienne est un « blasphème » passible de la peine de mort. Tout le monde connaît le triste cas d’Asia Bibi, condamnée à mort en 2010 puis incarcérée 10 ans avant d’être extradée vers l’Occident. La même année, à Gorja, au Pendjab, une foule d’un millier de personnes a attaqué un quartier chrétien, brûlant six personnes vives, dont un enfant, et le gouverneur du Penjab puis l’ancien ministre des minorités ont été assassinés pour avoir défendu Asia Bibi.

 

– En Indonésie, les chrétiens ont été victimes de pogroms : de 1975 à 1999, l’occupation militaire de la région chrétienne du Timor oriental a fait 200 000 victimes et 250 000 réfugiés sur une population totale de 900 000 habitants. En 1999, les massacres ont commencé dans l’archipel des Moluques, faisant 13 500 victimes et 500 000 réfugiés. D’innombrables destructions d’églises, écoles, hôpitaux, centres médicaux, et nombre de cas de conversions et circoncisions forcées sans anesthésie, viols, infibulations, émasculations et décapitations ont été dénoncés. Tout cela dans l’indifférence générale des leaders occidentaux qui, dans ces mêmes années 1990-2000, préféraient parler du génocide des musulmans albanais et bosniaques, victimes des Serbes, plutôt que du sort de leurs coreligionnaires tués en bien plus grand nombre au Soudan, en Somalie ou en Indonésie. Deux poids, deux mesures.

 

INDIA Record violence against Christians in Uttar Pradesh


_ Des pays asiatiques communistes ou de tradition bouddhiste-hindouïste aussi touchés

– En Inde, de nombreux chrétiens sont assassinés, attaqués ou (re)convertis de force par des fondamentalistes hindous. En 2008, dans l’État d’Orissa, les partisans de l’Hindutva, l’idéologie extrémiste du BJP au pouvoir, ont massacré mille chrétiens et contraint 20 000 autres à l’exil. D’après un rapport du Catholic Secular Forum, soutenu par l’archevêque de Bombay Oswald Gracias, entre 1 000 et 2 500 chrétiens sont agressés ou persécutés chaque année en Inde. Les cibles privilégiées sont les « Dalits (« intouchables ») ayant embrassé le christianisme pour échapper au statut inégalitaire des castes. Le plus souvent impunis, les agresseurs hindouistes s’abritent derrière les lois anti-prosélytisme et anti-blasphème.

 

Chinese Christians forced to replace images of Jesus with Communist leaders  - Indus Scrolls


– En Chine, des milliers de chrétiens ont été tués ces 20 dernières années, mais les trotsko-gauchistes français et occidentaux, qui dénoncent à raison les massacres de musulmans ouïgours, se contrefichent du sort de chrétiens chinois. Ceux qui ne se soumettent pas à l’« Eglise patriotique nationale », séparée de Rome par le gouvernement de Pékin, sont persécutés en tant qu’« agents d’une puissance étrangère ». Les récentes négociations entre la Chine et le Vatican sont loin d’avoir réglé le sort des prêtres et évêques incarcérés ou en procès. D’après China Aid, les persécutions ont d’ailleurs augmenté depuis Xi Jinping et son projet de « lutte contre la propagation du christianisme », qui s’est traduit par la démolition d’églises. Mais la cause des Tibétains plaît bien plus aux bobos-gauchos que celle des chrétiens qui ont adopté la religion du blanc occidental-impérialiste.

 

– En Corée du Nord, la dictature communiste de Kim Jong-un interdit toute appartenance au christianisme : 166 autres prêtres ont disparu et 70 000 chrétiens sont emprisonnés à vie dans des camps de travaux forcés avec tous « ceux qui ont de mauvaises opinions ». Mais pas de quoi susciter des dossiers dans Mediapart ou l’indignation de nos anti-racistes indigénistes.

 

– Au Vietnam communiste, tous les groupes religieux doivent être enregistrés auprès du gouvernement, et les chrétiens vivant dans les montagnes centrales et fréquentant des églises « non-enregistrées » ont été victimes d’une vague de violence, d’arrestations et d’intimidations.

 

ASIA/INDIA - Violence against Christians: the growing trend is confirmed -  Agenzia Fides


D’après le ministère de l’Intérieur, 1 100 faits anti-chrétiens sont commis annuellement en France. Ces derniers mois, les Loups gris turcs ont agressé les Arméniens en toute impunité, mais le fait que la victimologie chrétienne ne soit pas homologuée et que des cathophobes néo-gauchistes voient dans la dénonciation de la christianophobie un thème « d’extrême-droite », explique pourquoi les récurrentes décapitations de chrétiens en France, aux cris de « Allahu Akbar », parfois dans leurs églises, ne soient pas considérées comme « christianophobes ».

 

Source : www.valeursactuelles.com/ Par Alexandre del Valle/ Publié le 22 décembre 2020/

 

https://www.valeursactuelles.com/monde/del-valle-les-chretiens-premieres-victimes-des-violences-religieuses-dans-le-monde-dans-lindifference-complice-de-loccident/

 

Les violences antichrétiennes continuent d'augmenter en Inde malgré la  crise, selon Persecution Relief | Missions Étrangères de Paris


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jésus prêche | Paroisse Saints Pierre et Paul des Etangs


7 – Religion : Jésus, modèle de non-violence ?

 

Le Christ a subi la violence sans y répondre, tout en luttant contre les injustices. La non-violence évangélique n'exclut ni les conflits ni la «sainte colère», mais ne porte pas atteinte à la vie. «Vous avez entendu qu'il a été dit : «Oeil pour oeil et dent pour dent» (Ex 21, 24). Eh bien ! moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant ; au contraire, quelqu'un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l'autre ; veut-il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau ; te requiert-il pour une course d'un mille, fais-en deux avec lui. À qui te demande, donne ; à qui veut t'emprunter, ne tourne pas le dos » (Mt 5, 38-42).

 

Voici l'injonction non violente de Jésus dans les Évangiles. Elle est plutôt radicale, et pour certains peu crédible. Elle a même engendré une expression - tendre l'autre joue - sur laquelle plane immédiatement un soupçon de naïveté, d'angélisme mièvre, de passivité masochiste et inefficace. Ailleurs dans l'Évangile, Jésus va pourtant encore plus loin. Non seulement il faut « tendre l'autre joue », mais en plus, il faut « aimer ses ennemis ». « Vous avez entendu qu'il a été dit : «Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.» Eh bien ! moi je vous dis : aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est aux Cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5, 43-45).


Trois Prières de Secours…* Pour Les Mourants * -


Et s'il fallait étayer encore un peu plus un « portrait du Jésus non violent » en s'appuyant sur l'Évangile, on pourrait bien sûr citer le Sermon sur la montagne, celui qui comporte les Béatitudes : « heureux les doux, car ils posséderont la terre », « heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » Rajoutons le récit de la Passion, et Jésus apparaît très nettement comme celui qui ne répond pas à la violence qui lui est faite, Jésus le non-violent, Jésus le doux.

 

The Passion of the Christ 2 to be titled The Resurrection, Mel Gibson  reveals | The Independent | The Independent


. Une «non-violence évangélique»

Ce n'est pas si simple. L'Évangile livre aussi, par ailleurs, le fameux épisode des marchands du Temple : « Jésus trouva dans le Temple les vendeurs de boeufs, de brebis et de colombes et les changeurs assis. Se faisant un fouet de cordes, il les chassa tous du temple, et les brebis et les boeufs ; il répandit la monnaie des changeurs et renversa leurs tables et aux vendeurs de colombes il dit : «Enlevez ça d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de commerce» » (Jn 2, 14-16). Épisode bien connu où Jésus se met dans une « sainte colère ». Autre contre-exemple ? « Je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais le glaive » (Mt 10, 34).

 

Jésus est-il donc vraiment non-violent ? « Oui et non », répond le P. Christian Mellon, jésuite, ancien secrétaire de la commission Justice et Paix-France, auteur d'un « Que sais-je ? » sur la non-violence : « Non, si l'on entend par là qu'il a un projet du type Gandhi ou Luther King. Oui, si l'on veut souligner qu'il refuse toute attitude, tout geste qui porte atteinte à la vie ou à la dignité des hommes, même ceux qui se conduisent en «ennemi». On peut donc parler d'une «non-violence évangélique», si l'on précise qu'elle ne signifie ni refus du conflit - comment faire régner la justice sans entrer en conflit ? - ni rêve naïf d'un monde qui ne serait traversé par le mal, la haine, la violence, le péché. »

 

D'ailleurs, le philosophe et théologien dominicain Bernard Quelquejeu définit la non-violence comme la « décision de principe de refuser toute pensée, toute action, toute institution visant à porter atteinte à la vie ou à la dignité d'autrui ».

 

DOES JESUS HAVE AUTHORITY IN YOUR LIFE? | Clear Bible


. «Il pouvait se mettre en colère (...) mais il n'a détruit personne»

Évêque de Cayenne (Guyane française) et ancien curé du ghetto noir de Soweto (Afrique du Sud) pendant les années d'apartheid, Mgr Emmanuel Lafont croit « profondément » à un Jésus non violent, « présenté comme le Prince de la paix ». « Dans la logique fondamentale de l'Évangile, ce ne sont ni la haine ni la violence qui peuvent juguler la haine et la violence, mais l'amour et la bienveillance. Jésus a certes été supprimé par la violence, mais sa mort est devenue source de vie », souligne-t-il, avant de préciser : « Cela ne veut pas dire que Jésus supportait passivement l'injustice. Il pouvait se mettre en colère, comme le montre l'épisode des marchands du Temple, mais il n'a détruit personne. La non-violence n'a rien à voir avec la résignation face à la violence. »

 

À ce sujet, Mgr Lafont a quelques souvenirs personnels. « À Soweto, plus j'ai rencontré la violence, plus je l'ai haïe. Je voyais qu'elle détruisait ceux qui s'en servaient. En août 1990, quand la violence s'est de nouveau emparée de Soweto (NDLR : faisant 600 morts, à la suite de la libération de Nelson Mandela), certains ne savaient plus quoi faire. C'est à ce moment-là que j'ai décidé de jeûner. La seule manière d'avoir une parole possible et audible, alors, c'était de se mettre en état de prière et de jeûne. Je l'ai fait pendant treize jours, et je n'ai jamais autant parlé que ces jours-là avec ceux qui sont venus me voir ! Vivre la non-violence radicalement, c'est pour moi le sens même de l'Évangile. »

 

Ponce Pilate et Jésus, une tension politique fondatrice | Slate.fr


. Un Dieu «étranger à toute vengeance»

La non-violence évangélique se joue au « coeur des conflits », souligne le P. Mellon, et « le chrétien doit d'abord réhabiliter la notion de conflit ». « Dans ses diatribes contre les scribes et les pharisiens, son expulsion des marchands du Temple, on voit que Jésus n'hésite pas à affronter ses ennemis avec vigueur, précise le jésuite. Il n'a jamais dit : «N'ayez pas d'ennemis», mais : «Aimez vos ennemis», ce qui suppose précisément qu'on en ait. » Mais, en invitant à « tendre l'autre joue », « Jésus invite à sortir de la logique proliférante de la violence ».

 

Une innovation fondamentale pour l'anthropologue René Girard, qui, dans toute son oeuvre - depuis son livre Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978) - montre que l'Évangile « présente un Dieu comme étranger à toute vengeance, désireux par conséquent de voir les hommes renoncer à la vengeance ». Il s'agit là d'une « pédagogie de la responsabilité », explique le théologien moraliste François Vaillant, auteur de La Non-Violence dans l'Évangile (Éd. de l'Atelier), se référant à l'épisode de la femme adultère : « Le Nazaréen a renversé le jeu. Il renvoie ses adversaires à leur propre conscience. C'est encore le propre de toute action non violente », insiste-t-il.


Jésus confie sa mère à Jean - Blog de chemin-de-croix


Une action qui n'est ni naïve ni passive, souligne encore Mgr Lafont, mais qui au contraire agit pour la justice et de manière « efficace », et « demande l'engagement de tout le monde : la non-violence suppose une solidarité beaucoup plus grande entre les gens ». Et l'évêque de Cayenne de citer le roi Christian X du Danemark qui, au cours de la Seconde Guerre mondiale, répondit à l'obligation des juifs de porter l'étoile jaune en arborant lui aussi l'insigne de la honte, suivi en cela par une part importante de la population. Mgr Lafont conclut : « Quand un peuple tout entier s'engage, que voulez-vous faire ? »

 

Source : www.la-croix.com/ La Croix le 21/12/2007/ Modifié le 21/12/2007/

 

https://www.la-croix.com/Religion/Spiritualite/Jesus-modele-de-non-violence-_NG_-2007-12-21-529069

 

Comment les chrétiens ont compris qu'ils n'étaient plus juifs


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Jésus non violent - Le point de vue philosophique - Nova Huma