Publié le : 05-08-2014 à 15:54:07 Synthèse, compilation et textes réunis (David N'DJA Boka)

USA- AFRIQUE/ PARTENARIAT STRATEGIQUE : Washington veut combler son retard commercial


« Au menu des discussions, la prolongation, au-delà de 2015, de l'Agoa, le programme américain accordant des avantages commerciaux à certains produits africains, ou encore l'initiative «Power Africa» qui vise, en associant agences gouvernementales et secteur privé, à doubler l'accès à l'électricité en Afrique subsaharienne. Aucune rencontre bilatérale entre le Président américain et tel ou tel de ses homologues africains n'a été programmée. Le sommet sera précédé d'un forum autour d'entrepreneurs américains et africains. Le 4 août, des rencontres seront organisées autour de la société civile, sur la sécurité alimentaire, sur la lutte contre le changement climatique et sur la lutte contre le trafic d'espèces protégées. »

   

 


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1 - Sommet USA-Afrique : Washington veut combler son retard commercial

 

Distancés notamment par la Chine, les Etats-Unis, qui ont invité 50 chefs d’Etat africains pour un sommet s’ouvrant lundi à Washington, cherchent à combler leur retard commercial en Afrique, mais le continent n’est pas le nouveau lieu de compétition avec Pékin, selon les experts. En 2013, les échanges commerciaux entre l’Afrique et la Chine ont totalisé 210 milliards de dollars, plus du double de ceux entre les Etats-Unis et le continent (85 milliards). Les Etats-Unis, première économie du monde, sont seulement le troisième partenaire économique de l’Afrique, après l’Union européenne - dont plusieurs membres ont des liens post-coloniaux avec des pays africains -, et la Chine, assoiffée des ressources naturelles du continent. En outre, les grands projets menés par la Chine en Afrique éclipsent largement les efforts américains plus discrets, selon des analystes.


Washington cherche à «recadrer» son engagement envers l’Afrique en raison de la «nouvelle concurrence de la Chine» qui se rend «très visible» avec d’importants projets d’infrastructures, estime James Shikwati, directeur du centre de réflexion économique Inter Region Economic Network, basé au Kenya. Les Etats-Unis ont dans le passé surtout «parlé de démocratie et de droits de l’Homme», estime M. Shikwati. Il s’attend à ce que Washington «ajoute désormais à cela des projets solides et visibles (...) tels qu’un grand barrage fournissant de l’électricité».

«Les projets massifs en matière d’infrastructures de la Chine rendent en quelque sorte minuscule l’effort américain», confirme Christopher Wood, de l’Institut sud-africain des Affaires internationales. «De plus en plus, nous voyons un effort des Etats-Unis pour tenter de revenir dans la course, par exemple, via des tentatives de développer les capacités énergétiques sur le continent». Mais, selon de nombreux experts, il est faux d’analyser les efforts américains actuels en matière de commerce avec l’Afrique via le prisme de la compétition avec la Chine.


 

 

- 'Plus on est nombreux, mieux c’est' -

«Cette platitude sans cesse répétée et inexacte déforme à la fois les réalités géopolitiques actuelles et les opportunités commerciales», écrivait récemment Dane Erickson, de l’Université du Colorado, dans le magazine American Interest. Selon lui, «les intérêts américains, chinois et africains se rejoignent». «L’administration Obama est sous une pression croissante des milieux d’affaires américains afin qu’elle fasse de la politique africaine une priorité. Ce sommet Etats-Unis/Afrique est plus une réponse à cela qu’un concours de beauté avec la Chine», affirme Alex Vines, analyste de l’institut de recherches britannique Chatham House. Selon Dane Erickson, «les investissements chinois dans les infrastructures - sur un continent qui a terriblement besoin de routes, de ponts, de ports afin de soutenir la croissance économique et les populations - peuvent bénéficier aux Africains, aux Américains et à d’autres investisseurs étrangers».

«Il est devenu extrêmement difficile pour un cadre international de faire des affaires en Afrique aujourd’hui sans conduire sur une route chinoise, avoir une réunion dans un centre de conférence de construction chinoise ou transporter du matériel sur un chemin de fer fabriqué par les Chinois», souligne-t-il.


Will Stevens, porte-parole du Bureau des Affaires africaines du département d’Etat américain, nie que ce Sommet de trois jours à Washington soit destiné à contrer le rôle croissant des autres pays sur le continent. «Nous nous réjouissons de l’attention que l’Afrique reçoit d’autres pays tels que la Chine, le Brésil, l’Inde et la Turquie», a assuré M. Stevens, «plus on est nombreux, mieux c’est».


 

 

- 'Gâteau africain' -

Selon les analystes, l’heure est partout à la redéfinition des relations avec le continent africain dont le taux de croissance a, selon le Fonds monétaire international (FMI), désormais dépassé celui de l’Asie. Il s’agit de modifier l’image de l’Afrique, perçue comme ravagée par la guerre et où l’essentiel des liens se limite à de l’aide. «L’objectif n’est plus l’aide et l’assistance humanitaire (...) nous avons trop longtemps tardé à faire évoluer cette relation vers la sphère économique, où l’on peut quasiment arriver à un partenariat», a expliqué à l’AFP la ministre kényane des Affaires étrangères Amina Mohamed.

 

Pour l’Afrique, cette concurrence pour «sa part du gâteau africain» offre autant d’opportunités que de risques, estime M. Shikwati. «La concurrence donne aux pays africains du poids pour négocier et obtenir ce qu’ils veulent (...) mais c’est aussi une menace (...) l’histoire nous a appris qu’en 1884, quand les pays européens avaient des intérêts en Afrique, la concurrence les a conduits à se partager le gâteau entre eux».

 

AFP / 3 août 2014  

 

http://www.liberation.fr/economie/2014/08/03/sommet-usa-afrique-washington-veut-combler-son-retard-commercial_1074933

 

 


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2 - Sommet Afrique-USA à Washington : Une rencontre à forte connotation économique

 

Les menaces qui pèsent sur le continent, et elles sont nombreuses, à l’image des attaques de Boko Haram au Nigeria, de la guerre civile au Soudan du Sud, des offensives meurtrières des shebab somaliens au Kenya, de l’épidémie du virus Ebola…, seront nécessairement abordées lors de ce sommet qui aura lieu du 5 au 6 août à Washington. Selon l’AFP, c'est une crise sanitaire, celle du virus Ebola, qui pourrait s'inviter au cœur des débats. L'épidémie, qui s'est déclarée au début de l'année en Guinée, a fait plus de 670 morts en Afrique de l'Ouest. Cette fièvre hémorragique et souvent mortelle pourrait se propager «comme un incendie de forêt», ont mis en garde cette semaine les autorités sanitaires américaines.

 

Le sommet aura une forte coloration économique, avec un programme centré sur les opportunités d'un continent où 60% de la population a moins de 35 ans et avec des perspectives de croissance supérieures à celles du reste du monde (5,4% pour l'année en cours et de 5,8% pour 2015, selon le FMI). «Je vois l'Afrique comme la prochaine grande success-story mondiale et les États-Unis veulent être un partenaire de ce succès», lançait M. Obama il y a un an lors de sa tournée africaine qui l’avait mené au Sénégal, en Afrique du Sud et en Tanzanie, rappelle l’AFP.


 

Les USA, 3e partenaire commercial en Afrique

Les États-Unis ne pointent désormais qu'à la troisième place au tableau des échanges commerciaux avec l'Afrique, loin derrière l'Union européenne, solidement en tête, et la Chine, avide de matières premières. Évoquant une image de l'Afrique trop souvent associée «aux conflits, à la maladie et la pauvreté», Susan Rice, conseillère à la sécurité nationale de la Maison Blanche, a reconnu mercredi que son pays avait «encore beaucoup de travail pour faire évoluer une vision dépassée dans laquelle l'Afrique est souvent marginalisée».


Dans ce contexte, le grand rassemblement de Washington, auquel la Centrafrique, l'Érythrée, le Soudan et le Zimbabwe n'ont pas été conviés, est-il avant tout une réponse à la fulgurante offensive de Pékin ? À cette interrogation, Deborah Brautigam, qui dirige le China Africa Research Initiative (CARI) à l'Université Johns-Hopkins, répond à l’AFP : «Il est difficile de le lire autrement, ne serait-ce que parce que c'est la même méthode qui a été employée par les Chinois».

 

Au menu des discussions, la prolongation, au-delà de 2015, de l'Agoa, le programme américain accordant des avantages commerciaux à certains produits africains, ou encore l'initiative «Power Africa» qui vise, en associant agences gouvernementales et secteur privé, à doubler l'accès à l'électricité en Afrique subsaharienne. Aucune rencontre bilatérale entre le Président américain et tel ou tel de ses homologues africains n'a été programmée. Le sommet sera précédé d'un forum autour d'entrepreneurs américains et africains. Le 4 août, des rencontres seront organisées autour de la société civile, sur la sécurité alimentaire, sur la lutte contre le changement climatique et sur la lutte contre le trafic d'espèces protégées.

 

Publié le : 31 juillet 2014 - Avec agences, LE MATIN

 

http://www.lematin.ma/journal/2014/sommet-afrique-usa-a-washington_une-rencontre-a-forte--connotation-economique/206829.html

  

 


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