Publié le : 25-12-2014 à 01:08:46 Synthèse, compilation et textes réunis (David N'DJA Boka)

MONDE/ JAPON/ POLITIQUE/ GOUVERNANCE/ ECONOMIE : Triomphe de la politique économique Abenomics de M. SHINZO ABE


1 – « Élu pour la troisième fois de sa carrière à la tête de l’archipel nippon, Shinzo Abe entend poursuivre son programme avant tout économique. Le Premier ministre Shinzo Abe a été réélu sans surprise mercredi par le Parlement, s’offrant un nouveau mandat pour mettre en oeuvre ses «abenomics» et son ambition de redonner fierté et puissance à son pays. Dix jours après la victoire sans appel de son Parti Libéral-Démocrate (PLD, droite) à un scrutin législatif anticipé, Shinzo Abe a rassemblé 328 voix sur 470 votes exprimés à la chambre basse et 135 sur 240 à la chambre haute, ce qui le place pour la troisième fois de sa carrière à la tête de l’archipel nippon. Shinzo Abe, lui-même député, a salué ses collègues lors de l’annonce des résultats dans l’hémicycle, sous les applaudissements nourris des élus de sa formation. La réélection de ce meneur conservateur sans réel rival était une formalité, le PLD ayant 291 députés et son allié centriste Nouveau Komeito 35. Shinzo Abe, dont le parti domine aussi le Sénat, a rassemblé tout son camp et même au-delà. Il faisait face à quatre autres candidats qui n’avaient aucune chance. Le deuxième, Katsuya Okada, un ténor du Parti Démocrate du Japon (PDJ, centre gauche), a obtenu pour sa part 73 voix de députés et 61 de sénateurs. »


 

 

2 – « Lors de sa récente visite au Japon, François Hollande n’a pas caché son intérêt pour le programme de relance économique du Premier ministre du Japon, Shinzo Abe, au pouvoir depuis décembre dernier. Ce programme, surnommé « Abenomics » (Abe + economics), repose sur trois piliers :
2.1- une politique budgétaire expansive qui consiste en une série de relances, dont celle votée en janvier 2013 pour un montant d’environ 80 milliards d’euros (10 300 milliards de yen) ;

2.2 - une politique monétaire non conventionnelle destinée à sortir le Japon de la déflation qu’il connaît depuis plus de quinze ans. Cette politique comprend notamment des achats très soutenus d’obligations souveraines de long terme et le doublement de la base monétaire d’ici 2014. Cette nouvelle stratégie monétaire, similaire à celle menée par la Fed depuis 2008, est un vrai tournant par rapport à la politique monétaire menée par le Japon au début des années 2000, ainsi que pendant la crise récente avant la nomination du nouveau gouverneur Haruhiko Kuroda (cf le billet du 25 mars 2013) ;

2.3 - des réformes structurelles destinées à élever la croissance japonaise à long terme. Il s’agit, entre autres, de participer à plusieurs accords de libre-échange, nécessitant la dérégulation de certains secteurs, ainsi que d’augmenter la participation des femmes au marché de travail pour faire face au vieillissement de la population. »


 


3 – « La rechute de l'économie japonaise au 3° trimestre 2014 s’explique par un fort destockage, la reprise insuffisante de la consommation et un nouveau recul de l’investissement. S'il est trop tôt pour parler d'échec, la réussite de l'Abenomics est suspendue à l'effet de la nouvelle baisse du Yen et, à plus long terme, des réformes structurelles. L’économie japonaise a rechuté en récession. Le volume du PIB a reculé de 1,6% au taux annuel au troisième trimestre (-1,1% sur un an). Cette contraction s’explique par plusieurs facteurs : un fort déstockage, l’absence de redressement franc de la consommation des ménages après la hausse de la TVA et un nouveau recul de l’investissement. En réaction, la Banque du Japon a annoncé, fin octobre, la poursuite au-delà de 2014, en l'amplifiant, de sa politique monétaire ultra expansionniste. La dépréciation du yen qui a suivi est bienvenue pour les exportateurs qui peinent à gagner des parts de marché. »

   


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1 - Japon : Shinzo Abe réélu Premier ministre par le Parlement

 

Élu pour la troisième fois de sa carrière à la tête de l’archipel nippon, Shinzo Abe entend poursuivre son programme avant tout économique.

 

Le Premier ministre Shinzo Abe a été réélu sans surprise mercredi par le Parlement, s’offrant un nouveau mandat pour mettre en oeuvre ses «abenomics» et son ambition de redonner fierté et puissance à son pays. Dix jours après la victoire sans appel de son Parti Libéral-Démocrate (PLD, droite) à un scrutin législatif anticipé, Shinzo Abe a rassemblé 328 voix sur 470 votes exprimés à la chambre basse et 135 sur 240 à la chambre haute, ce qui le place pour la troisième fois de sa carrière à la tête de l’archipel nippon.

Shinzo Abe, lui-même député, a salué ses collègues lors de l’annonce des résultats dans l’hémicycle, sous les applaudissements nourris des élus de sa formation. La réélection de ce meneur conservateur sans réel rival était une formalité, le PLD ayant 291 députés et son allié centriste Nouveau Komeito 35. Shinzo Abe, dont le parti domine aussi le Sénat, a rassemblé tout son camp et même au-delà. Il faisait face à quatre autres candidats qui n’avaient aucune chance. Le deuxième, Katsuya Okada, un ténor du Parti Démocrate du Japon (PDJ, centre gauche), a obtenu pour sa part 73 voix de députés et 61 de sénateurs. Sur fond d’abstention record (près de 48%), le Parti Libéral Démocrate (PLD) de Shinzo Abe avait remporté le 14 décembre haut la main les élections législatives. Cette victoire n’a étonné personne, tant l’opposition, divisée, était tout sauf en ordre de marche.

 

Shinzo Abe a formé son gouvernement dans la foulée en reconduisant tous les actuels ministres, à l’exception de celui de la Défense : Akinori Eto est remplacé par Gen Nakatani, un familier des questions de sécurité nationale et de lutte antiterroriste. L’empereur Akihito doit officiellement valider la composition de la nouvelle équipe, sans pour autant avoir son mot à dire. Le Premier ministre tiendra ensuite une conférence de presse, à 21 h 10 heure de Tokyo (12 h 10 GMT).

 


Plus de temps pour les réformes

Après être parvenu à rééchelonner le calendrier électoral à sa convenance et à s’octroyer deux ans de plus, Shinzo Abe entend poursuivre la politique lancée depuis décembre 2012, date de son retour au pouvoir après un premier mandat raté en 2006-2007. Son programme est d’abord économique, puisque le chef du gouvernement conservateur avait transformé le scrutin législatif en référendum pour ou contre les «abenomics». Depuis sa mise en œuvre fin 2012, cette stratégie de largesses budgétaires, souplesse monétaire et réformes structurelles a dans un premier temps eu des effets positifs (baisse du yen, retour d’une inflation modérée et regain de croissance), mais elle s’est essoufflée ensuite et le Japon est retombé en récession au troisième trimestre de cette année à la suite d’une hausse de la taxe sur la consommation début avril.

 

Un nouveau plan de relance de l’ordre de 3 500 milliards de yens (24 milliards d’euros) devrait être annoncé en fin de semaine. «L’économie est la priorité, mais je veux aussi renforcer le rôle diplomatique du Japon et assurer sa sécurité», aime répéter le Premier ministre. Shinzo Abe souhaite profiter des années qu’il a devant lui pour faire avancer son ambition de réformer la Constitution pacifiste de 1947, écrite par les Américains et jamais amendée depuis. A l’instar des nationalistes, il juge qu’elle empêche le Japon de tenir son rang sur la scène internationale, notamment face à une Chine puissante et sûre d’elle.

 


Un rôle plus important pour l'armée

Il voudrait inscrire dans la loi des textes qui lui tiennent particulièrement à coeur, notamment sur la sécurité nationale (protection des secrets d’Etat) et la défense collective (afin de permettre aux militaires nippons d’épauler dans certains cas un pays allié attaqué). La Chine a cependant d’ores et déjà mis en garde son voisin. «Shinzo Abe et son nouveau ministre de la Défense vont devoir avancer avec précaution», a relevé mercredi l’agence de presse officielle Xinhua (Chine Nouvelle).

«Tous deux prônent un rôle plus important pour les Forces d’auto-défense» (le nom officiel de l’armée japonaise), a-t-elle souligné. «La communauté internationale doit garder un oeil sur eux et leur rappeler sans cesse de ne pas aller trop loin».

 

AFP/ 24 décembre 2014