Publié le : 05-06-2019 à 11:09:16 Synthèse, compilation et textes réunis (David N'DJA Boka)

AFRIQUE/ ECONOMIE/ CROISSANCE/ GOUVERNANCE : vue contrastée des performances économiques et sociales du continent


« La croissance économique de l’Afrique continue de se renforcer, atteignant 3,5 % en 2018, soit un niveau comparable à 2017 et en hausse par rapport aux 2,1 % enregistrés en 2016, souligne le rapport Les perspectives économiques de l'Afrique publié aujourd'hui par la Banque africaine de développement (BAD). L’Afrique de l’Est est en tête avec une croissance du PIB estimée à 5,7% en 2018, suivie de l’Afrique du Nord à 4,9%, de l’Afrique de l’Ouest à 3,3 %, de l’Afrique centrale à 2,2% et de l’Afrique australe à 1,2%. A moyen terme, la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 4% en 2019 et 4,1% en 2020.

Bien qu’inférieure à celle de la Chine ou de l’Inde, la croissance de l’Afrique devrait être supérieure à celle d’autres pays émergents et en développement, lit-on. Elle est toutefois insuffisante pour réduire le chômage et la pauvreté. »

 

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1 - Développement économique et social : Pourquoi l’Afrique ne décolle plus ?

 

Très sensible au cours des matières premières et au contexte économique mondial, le continent peine à réaliser les investissements indispensables à son développement à long terme. Souvent présentée ces dernières années comme le « continent montant » et la « nouvelle frontière de la mondialisation », l’Afrique subsaharienne peine à confirmer les espoirs placés en elle. Après quinze ans de croissance rapide à près de 3 % l’an, le produit intérieur brut (PIB) par habitant a cessé de progresser depuis 2015 (voir graphique).

 

Certes, la performance de la région est plombée par les déboires du Nigeria et de l’Afrique du Sud. A eux seuls, ces deux pays réalisent près de la moitié du PIB régional, pour le quart de sa population. Le premier, en proie à la guerre civile, a subi avec l’Angola, le Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale l’effondrement en 2014-2015 des cours du pétrole brut. Le second, miné par la corruption et la dégradation de ses infrastructures, peine à émerger d’une décennie de stagnation économique.

 

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_ Résultats insuffisants

Hors Nigeria et Afrique du Sud, la progression du PIB est de l’ordre de 4 % par an. Un rythme significatif, mais qui doit être relativisé par une croissance démographique encore explosive (2,5 % par an). A 1,5 % par an, la progression du revenu moyen par habitant dans le reste du sous-continent est inférieure de moitié à celle observée dans la première partie de la décennie. Elle est insuffisante pour générer les 20 millions d’emplois qui doivent être créés chaque année pour absorber le flux des nouveaux entrants sur le marché du travail.

 

En moins de vingt ans, la Chine est devenue le premier partenaire économique de l’Afrique, avec 10 000 firmes, privées dans leur immense majorité, opérant aux quatre coins du continent. Depuis le début du siècle, les échanges sino-africains ont crû de 20 % par an, trois fois plus vite que le commerce mondial, tandis que les investissements directs étrangers (IDE) progressaient au rythme extravagant de 40 % l’an.

 

Avec un stock d’IDE estimé à 40 milliards de dollars en 2016, la Chine se rapproche à grands pas des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France, dont les stocks sont de l’ordre de 60 et 80 milliards. La Chine est aussi la première source d’aide publique au continent et de financement pour le développement de ses infrastructures, telle la ligne de chemin de fer reliant Addis-Abeba à Djibouti, inaugurée en janvier 2018.


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Lors du sixième sommet sino-africain en septembre dernier, le président chinois, Xi Jinping, a annoncé le déblocage d’une nouvelle tranche de 60 milliards de dollars sur trois ans, dont 15 milliards de dons et de prêts à taux d’intérêt symbolique ou nul. Pour Pékin, investir en Afrique permet de déployer son influence dans une région vitale pour ses approvisionnements en matières premières, tout en avançant ses pions au niveau stratégique (déploiement de sa flotte dans le golfe d’Aden, base militaire à Djibouti).

 

Massif, l’engagement chinois n’est pas exempt de critiques, notamment en matière d’environnement ou de conditions de travail de la main-d’oeuvre africaine. Il a toutefois le mérite d’être concentré sur les faiblesses structurelles du continent en matière d’infrastructures et de développement industriel.

 

Attirées par un coût du travail qui correspond au dixième de ce qu’elles paient dans leur pays, les firmes chinoises ont créé plusieurs millions d’emplois, forment dans la majorité des cas leurs employés et seraient responsables, selon un rapport du McKinsey Global Institute, de 12 % de la production industrielle africaine.

 

Toujours aussi dépendante de ses exportations de matières premières non transformées, l’Afrique subsaharienne accuse, tout d’abord, le coup de la chute des cours des métaux et des produits agricoles intervenue de 2012 à 2016 (- 31 % en dollars). Si un redressement s’est opéré en 2017-2018, les cours demeurent inférieurs d’un quart en moyenne à ce qu’ils étaient au début de la décennie.


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Imputable pour partie au ralentissement de la demande chinoise, la baisse des prix s’accompagne d’une baisse des volumes exportés. Résultat : le montant des exportations de biens et services était revenu en 2017 à son niveau de 2010 en dollars courants. Une régression qui pèse lourdement sur la formation des revenus, les besoins de financement des Etats et les balances des paiements.

 

Par ailleurs, si l’aide publique et les investissements directs demeurent les principales composantes du financement extérieur des pays de la région, les émissions obligataires et les prêts bancaires internationaux se sont fortement accrus dans la première partie de la décennie, dans un contexte de faibles taux d’intérêt sur les marchés mondiaux et d’accélération des flux financiers vers l’ensemble des marchés émergents. Entre 2010 et 2017, l’encours de la dette envers les créanciers privés est passé de 119 à 245 milliards de dollars, soit de 30 % à 63 % des recettes d’exportations de biens et services.

 

De façon significative, les pays faiblement dotés en produits de base, comme l’île Maurice, le Mozambique, le Liberia, l’Ethiopie, le Kenya, le Rwanda ou l’Ouganda figurent parmi ceux qui ont bénéficié de l’afflux de capitaux privés le plus important relativement à leur PIB. Ce sont aussi ceux où la croissance demeure la plus soutenue, à plus de 6 % du PIB en 2017-2018. Pour les autres pays toutefois, et notamment pour le Nigeria et l’Afrique du Sud, l’augmentation rapide de la dette est synonyme, dans un contexte de remontée des taux d’intérêt américains, de vulnérabilité accrue au niveau financier.


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_ Le retour des exportations de biens et services à leur niveau de 2010 pèse lourdement sur la croissance du continent

 La dégradation de l’environnement économique international met ainsi en évidence un clivage de plus en plus net entre les pays d’Afrique qui se sont engagés dans la diversification de leur base productive et ceux – le plus grand nombre – qui se sont contentés de continuer à exploiter les rentes minérales ou agricoles dont ils sont dotés. Pour ces derniers, même quand la croissance est au rendez-vous, la transformation du tissu économique s’opère lentement. De ce fait, lorsque la manne des produits de base s’épuise et que les capitaux étrangers cessent d’affluer, les faiblesses structurelles réapparaissent au grand jour.

 

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_ Sous-investissement plombant

C’est le cas des infrastructures : en effet, plus de 600 millions de personnes vivent sans électricité dans l’ensemble du sous-continent et le réseau routier présente une densité qui régresse sur longue période. Selon les estimations de la Banque mondiale, le manque d’infrastructures amputerait l’activité de la région de deux points de croissance par an.


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Le sous-investissement est tout aussi flagrant dans le système éducatif, pourtant crucial dans une région dont la moitié de la population a moins de 20 ans, qui souffre d’un manque criant de ressources, de personnels qualifiés et de manuels adaptés et actualisés. Sur 54 millions d’enfants non scolarisés dans le primaire à l’échelle mondiale, la moitié se trouve en Afrique subsaharienne. Dans le secondaire, le taux officiel de scolarisation n’est que de 46 %, contre 75 % en moyenne dans l’ensemble des régions en développement.

 

Faute de croissance de l’investissement productif dans l’industrie, l’industrialisation du sous-continent ne progresse que de façon marginale, avec 10 % seulement des travailleurs employés dans l’industrie manufacturière, le plus souvent dans des entreprises informelles ou bien sous-équipées au niveau technologique. Selon les projections de la Banque mondiale, un quart seulement des jeunes trouveront des emplois dans les années à venir en tant que salariés. Une perspective alarmante pour une région dont la population devrait pratiquement doubler au cours des deux prochaines décennies et où plus de 400 millions de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour en équivalent de pouvoir d’achat.

 

Hors-série n°117 - 02/2019 / Jacques Adda/ 08/04/2019/ Hors-série n°117

 

https://www.alternatives-economiques.fr/lafrique-ne-decolle-plus/00088372/


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2 - Six des dix pays africains à plus forte croissance sont en Afrique de l'Ouest

 

La croissance économique de l’Afrique continue de se renforcer, atteignant 3,5 % en 2018, soit un niveau comparable à 2017 et en hausse par rapport aux 2,1 % enregistrés en 2016, souligne le rapport Les perspectives économiques de l'Afrique publié aujourd'hui par la Banque africaine de développement (BAD).

 

L’Afrique de l’Est est en tête avec une croissance du PIB estimée à 5,7% en 2018, suivie de l’Afrique du Nord à 4,9%, de l’Afrique de l’Ouest à 3,3 %, de l’Afrique centrale à 2,2% et de l’Afrique australe à 1,2%. A moyen terme, la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 4% en 2019 et 4,1% en 2020.

 

Bien qu’inférieure à celle de la Chine ou de l’Inde, la croissance de l’Afrique devrait être supérieure à celle d’autres pays émergents et en développement, lit-on. Elle est toutefois insuffisante pour réduire le chômage et la pauvreté. A noter que sur les 4 % de croissance projetés pour l’Afrique en 2019, l’Afrique du Nord devrait représenter 1,6 point de pourcentage, soit 40 %.


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"L’Afrique de l’Ouest a connu une forte croissance jusqu’en 2014, suivie par un ralentissement en raison de la forte baisse des prix des produits de base et de la crise d’Ebola. Le Nigeria, principale économie et plus gros exportateur de pétrole du continent, est entré en récession en 2016. Sa reprise graduelle en 2017 et 2018, favorisée par un rebond des prix du pétrole, restaure la croissance dans la région. D’autres pays, notamment le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée et le Sénégal, ont connu une croissance d’au moins 5 % ces deux dernières années, et devraient la maintenir en 2019 et 2020."

 

"La décision sans doute la plus importante prise par les dirigeants politiques africains l’année dernière aura été leur volonté collective de faire avancer l’intégration économique de l’Afrique", écrivent les auteurs du rapport.

 

"Une Afrique sans frontières n’est pas seulement un idéal politique. Elle pourrait également constituer le fondement d’un marché continental concurrentiel pour accélérer la croissance et rendre le continent plus compétitif dans le commerce mondial et les chaînes de valeur. Elle permettrait le développement d’industries transfrontalières, offrant ainsi des économies d’échelle aux investisseurs opérant alors dans de larges marchés intégrés."

 

Afrique/ 18 janvier 2019/ par Commodafrica

 

http://www.commodafrica.com/18-01-2019-six-des-10-pays-africains-plus-forte-croissance-sont-en-afrique-de-louest/


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