Publié le : 19-11-2020 à 11:29:02 Synthèse, compilation et textes réunis (David N'DJA Boka)

POLITIQUE/ GOUVERNANCE : ces régimes politiques non démocratiques d’ici et d’ailleurs



« Top 12 des pires dictateurs dans le monde : Mao Tsé-Toung, Hitler, Pol Pot, Tito, Saddam Hussein, Gengis Khan, toutes les époques ont connu leurs dictateurs et la nôtre ne fait pas exception. Voici les portraits de 12 dictateurs qui règnent présentement sur leurs pays en maîtres absolus, aussi cruels et avides les uns que les autres, au détriment de leur peuple souvent miséreux et misérable. »

 

No more Khmer Rouge prosecutions, says Cambodia | Cambodia | The Guardian


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Rise and fall in the Third Reich: Nazi party members and social advancement


1 - Nazisme

 

Le national-socialisme (en allemand Nationalsozialismus), plus couramment désigné en français sous l'abréviation nazisme, est l'idéologie politique du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), parti politique d'extrême droite fondé en Allemagne en 1920 et dirigé par Adolf Hitler1,2,3,4. Cette idéologie théorise une hiérarchie au sein d'une espèce humaine divisée en « races », au sommet de laquelle elle place la « race aryenne », les races les plus détestées, juifs, slaves, tziganes, formant la classe des sous-hommes, les Untermenschen. Le nazisme est le seul type de fascisme incorporant à la fois racisme biologique et antisémitisme5. Par extension, le terme nazisme désigne le régime politique inspiré de cette idéologie, dictature totalitaire et expansionniste dirigée par Adolf Hitler de 1933 à 1945 et connue sous les noms de Troisième Reich ou d'Allemagne nazie.

 

En tant que sujet de science politique, les définitions du nazisme varient selon les historiens6. En particulier, reste ouverte la question de savoir si le nazisme ne fut que l'une des formes du fascisme ou doit être considéré, parce qu'ayant fait du racisme une doctrine d'État, comme un phénomène historique et idéologique unique.


Encyclopédie Larousse en ligne - national-socialisme allemand National -Sozialismus


En effet, l'antisémitisme officiel du régime nazi, l'élimination des personnes handicapées et la persécution des opposants politiques, des homosexuels, des Roms, etc., se concrétisent dès 1933, par la mise en place d'une législation raciale et fortement discriminatoire, par une politique de spoliation des juifs, et par l'internement des opposants et des indésirables dans les premiers camps de concentration en Allemagne.


The Holocaust | The National WWII Museum | New Orleans


Cette politique ne fait que s'amplifier du début de la Seconde Guerre mondiale, lorsque la Shoah par balles est déclenchée et que sont créés les camps d’extermination nazis, jusqu'à la défaite militaire du Troisième Reich en 1945. Ainsi plus de six millions de personnes, dont une majorité de Juifs, périssent dans les camps de concentration et d'extermination, ou lors des innombrables massacres commis par les troupes nazies et leurs collaborateurs7. Le régime nazi, censé « durer mille ans », en dure douze et laisse l'Europe exsangue et l'Allemagne en ruines.

 

Source : //fr.wikipedia.org/ Novembre 2020

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nazisme/


How American Racism Influenced Hitler — Bunk

 

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Argentine' man splurges at Nazi relics auction | The Times of Israel


2 - Troisième Reich

 

Le Troisième Reich désigne l'État allemand nazi dirigé par Adolf Hitler de 1933 à 1945. Ce terme est souvent utilisé en alternance avec celui d'« Allemagne nazie ». La République n'étant pas abrogée en droit durant l'année 1933, le terme « Reich allemand » (Deutsches Reich) continue d'être le nom officiel donné à l’État allemand, dans l'ensemble des documents administratifs et politiques produits par l'Allemagne jusqu'en 1945. Toutefois, à partir de l'automne 1943, le terme « Grand Reich allemand » (Grossdeutsches Reich) lui est préféré par certains représentants du régime.

 

Why Hitler was such a successful orator - Business Insider


Adolf Hitler, le chef du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (abrégé en « NSDAP », pour l'allemand Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei) est nommé chancelier par le président de la République de Weimar Paul von Hindenburg le 30 janvier 1933. Après son arrivée au pouvoir, le parti commence à anéantir toute opposition politique dans le pays et à consolider son pouvoir ; l'Allemagne devient un État totalitaire. Après le décès de Hindenburg le 2 août 1934, Hitler établit un pouvoir absolu en fusionnant les fonctions de chancelier et de président. Le 19 août 1934, il se fait appeler le « Führer ».

 

À partir de la fin des années 1930, l'Allemagne nazie fait des revendications territoriales et menace d'une guerre. L'Autriche est annexée en 1938 et la Tchécoslovaquie en 1939. Une alliance est signée avec l'URSS et la Pologne est envahie en septembre 1939. L'alliance est rompu par l'Allemagne nazie deux ans plus tard avec l'opération Barbarossa. Une autre alliance est signée avec l'Italie fasciste et les pays de l'Axe. L'Allemagne nazie occupera la majeure partie de l'Europe, jusqu'à être défaite le 8 mai 1945. Le 23 mai, le dernier gouvernement nazi de Karl Dönitz est arrêté. La propagande nazie destinait le Troisième Reich à durer « mille ans », il en dura douze, la république de Weimar n'ayant d'ailleurs jamais été formellement abrogée par les nazis.


Top Infamous Nazi Party Members - Holocaust Matters


État policier de type totalitaire, reposant avant tout sur le pouvoir absolu exercé par Adolf Hitler, le Troisième Reich est responsable du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Il laisse l'Allemagne et l'Europe en ruines. L'idéologie du Troisième Reich reposait sur le racisme, sur l'antisémitisme, la promotion du Lebensraum et la croyance dans l'existence d'une « race aryenne ». Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le régime met en place un système génocidaire, composé de camps d'extermination, de camps de concentration, de ghettos et de massacres par des unités mobiles. L'Allemagne nazie commet ainsi la Shoah, le génocide des Juifs, le génocide des Roms d'Europe (Porajmos), la mise à mort systématique des handicapés, ainsi que la déportation des personnes homosexuelles et des opposants politiques au régime.

 

Source : https://fr.wikipedia.org/ Novembre 2020

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_Reich/

 

Third Reich | Facts & History | Britannica


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French govt to use Arabic 'Daesh' for Islamic State group

 

3 - État islamique (organisation)

 

L'État islamique (EI ; en arabe : الدولة الإسلامية, ad-dawla al-islāmiyya), aussi appelé Daesh, est une organisation terroristemilitaire et politique, d'idéologie salafiste djihadiste ayant proclamé le 29 juin 2014 l'instauration d'un califat sur les territoires sous son contrôle. De l'été 2014 au printemps 2019, il forme un proto-État en Irak et en Syrie où il met en place un système totalitaire. Son essor est notamment lié aux déstabilisations géopolitiques causées par la guerre d'Irak et la guerre civile syrienne.


Daesh in Pakistan: The allure for the urban militant – Part II | Strife


Sa création remonte à 2006, lorsqu'Al-Qaïda en Irak forme, avec cinq autres groupes djihadistes, le Conseil consultatif des moudjahidines en Irak. Le 13 octobre 2006, le Conseil consultatif proclame l'État islamique d'Irak (EII ; en arabe : دولة العراق الإسلامية, dawlat al-ʿirāq al-islāmiyya), lequel se considère à partir de cette date comme le gouvernement légitime de l’Irak. En 2012, l'EII commence à s'étendre en Syrie et, le 9 avril 2013, il devient l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL ; en arabe : الدولة الاسلامية في العراق والشام, ad-dawla al-islāmiyya fi-l-ʿirāq wa-š-šām, littéralement « État islamique en Irak et dans le Cham »), souvent désigné par son acronyme anglais ISIS (Islamic State of Iraq and Sham) ou par son acronyme arabe داعش (Dāʿiš), prononcé [ˈdaːʕiʃ ] et transcrit Daʿech (en anglais Daʿesh), bien que cette dernière appellation soit rejetée par l'organisation.

 

Egyptian Airstrikes in Libya Were Not Coordinated With US: Sources - ABC  News


Le 29 juin 2014, l'EIIL annonce le « rétablissement du califat » dans les territoires sous son contrôle, prend le nom d'« État islamique » et proclame son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, « calife et successeur de Mahomet », sous le nom d'Ibrahim. Désormais rival d'Al-Qaïda, avec qui il est en conflit depuis janvier 2014, l'État islamique voit son influence s'étendre à plusieurs pays du monde musulman avec l'allégeance de nombreux groupes djihadistes ; les plus importants étant le Boko Haram au NigeriaAnsar Bait al-Maqdis dans le Sinaï égyptien et le Majilis Choura Chabab al-Islam en Libye. Il apparaît également en Afghanistan où il tente de supplanter les talibans. À partir de 2015, l'EIIL mène des attentats jusqu'en Europe et en Amérique du Nord.


Why West is calling Islamic State 'Daesh' | Explained News,The Indian  Express


En Irak et en Syrie, l'EI atteint son expansion territoriale maximale en 2014 et 2015 avec la prise de nombreuses villes comme FalloujahRaqqaManbijBoukamalMossoulTall AfarAl-QaïmTikritHit et Ramadi. À partir de 2015, avec une première défaite symbolique à Kobané, l'EI commence à perdre tout ou partie de ses conquêtes sous la pression de ses nombreux adversaires : les forces armées des gouvernements de l'Irak, de la Syrie et de la Turquie, les rebelles syriens, les milices chiites parrainées par l'Iran, les peshmergas du GRK, les groupes kurdes des YPG et du PKK et diverses autres milices.


Maroc : plus de 200 ex-combattants de l'État islamique sont de retour dans  le pays – Jeune Afrique

 

À partir d'août 2014, une coalition internationale de vingt-deux pays menée par les États-Unis procède à une campagne de frappes aériennes contre l'EI. La Russie intervient à son tour en Syrie en septembre 2015. Mossoul, la plus grande ville contrôlée par l'État islamique, est reprise par l'armée irakienne en juillet 2017, tandis que Raqqa, sa « capitale » syrienne, est prise par les Forces démocratiques syriennes en octobre de la même année. L'EI perd ses derniers territoires en Irak en décembre 2017 et en Syrie en mars 2019. 


Le chef de Daesh appelle à poursuivre le


Le chef de l'organisation, Abou Bakr al-Baghdadi, trouve la mort lors d'une opération menée par les forces spéciales américaines à Baricha, en Syrie, le 27 octobre 2019. L'État islamique est classé comme organisation terroriste par de nombreux États et est accusé par les Nations unies, la Ligue arabe, les États-Unis et l'Union européenne d'être responsable de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité, de nettoyage ethnique et de génocide. Il pratique également la destruction de vestiges archéologiques millénaires dans les territoires qu'il contrôle.

 

Source : https://fr.wikipedia.org/ Novembre 2020

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat_islamique_(organisation)/

 

Ce que Daesh signifie pour moi, musulman pratiquant -


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La «guerre contre le terrorisme», le cadeau de Bush à Ben Laden | Slate.fr


4 - Al-Qaïda

 

Al-Qaïda (arabe : القاعدة al-qāʿida, littéralement « la base ») est une organisation terroriste islamiste fondée en 1987 par le cheikh Abdullah Yusuf Azzam et son élève Oussama ben Laden. D'inspiration salafiste djihadiste, Al-Qaïda a ses racines chez des penseurs musulmans radicaux tels qu'Abou QatadaAbou Moussab al-Souri ou Abou Mohammed al-Maqdissi. Il considère que les gouvernements « croisés » (occidentaux), avec à leur tête celui des États-Unis, interfèrent dans les affaires intérieures des nations islamiques et ce dans l'intérêt unique des sociétés occidentales. Il a recours au terrorisme pour faire entendre ses revendications. Al-Qaïda a émergé de l'organisation Maktab al-Khadamāt, constituée pendant la première guerre d'Afghanistan par Azzam pour alimenter la résistance afghane contre les forces armées d'URSS. Maktab al-Khadamāt servait à relayer de multiples dons en provenance de pays islamiques.

 

Terrorism in Africa: The Rise of Islamist Extremism and Jihadism, Articles  Hayat Alvi | Insight Turkey


Les actions revendiquées au nom d'Al-Qaïda sont considérées comme des actes terroristes par l'essentiel des États et des observateurs de l'ONU. Le groupe est placé sur la liste officielle des organisations terroristes des États-Unis, du Canada, de l'Union européenne3, du Royaume-Uni4, de l'Australie, de la Russie, de l'Inde et de la Turquie5. Sans dresser de liste officielle, la France considère elle aussi Al-Qaïda comme groupe terroriste6. L'ONU fait paraître une liste des entités et des personnes proche d'Al-Qaïda, à ce titre sanctionnées par le Conseil de sécurité des Nations unies7. L'Union européenne met elle aussi en place des « mesures restrictives » contre Al-Qaïda et les groupes associés8.


When al-Qaida brought terror to East Africa | Africa | DW | 06.08.2018


La plus retentissante opération menée par Al-Qaïda a eu lieu sur le sol américain le 11 septembre 2001. Viennent ensuite les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca9, les attentats du 11 mars 2004 à Madrid10 et ceux du 7 juillet 2005 à Londres11. Bien qu’Al-Qaïda soit le nom le plus communément utilisé, le groupe s'est exprimé en 2003 sous le nom de Qaïda Al-Jihad, soit : « La base du jihad.» (arabe قَاعِدَة ٱلْجِهَاد, qāʿida al-jihād)

 

Source : https://fr.wikipedia.org/ Novembre 2020

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Qa%C3%AFda/

 

Five al-Qaida terrorists arrested in Pakistan's Punjab province - The  Financial Express


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Françafrique I : La raison d'État | Humanity


 5 – Françafrique (système politique et économique)

 

Ne doit pas être confondu avec l'Afrique française, qui désigne l'ensemble des colonies africaines ayant appartenu à la France. L’expression « Françafrique » est utilisée, en général de façon péjorative, pour désigner la relation spéciale, qualifiée de néo-coloniale par ses détracteurs, établie entre la France et ses anciennes colonies en Afrique subsaharienne. Les fondements de cette relation sont mis en place à la demande du général De Gaulle par Jacques Foccart, nommé secrétaire général de l'Élysée aux affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974, et se caractérise par le rôle des réseaux extra-diplomatiques (services de renseignement, entreprises, "barbouzes", militaires etc.) et l'ingérence directe des autorités françaises dans les affaires intérieures des anciennes colonies.

 

Afrikarabia » Djibouti : « la France doit discuter avec l'opposition »


Aujourd'hui, le terme « Françafrique », consacré du fait de son utilisation régulière par les médias, notamment Le MondeLibération ou L'Express, est utilisé plus généralement pour dénoncer la politique étrangère de la France en Afrique, non seulement avec ses anciennes colonies mais aussi avec d'autres pays francophones (comme le Burundi, le Rwanda et la République démocratique du Congo), visant ses interventions militaires dans les pays en crise (Côte d'IvoireMaliCentrafrique), son rôle prépondérant dans certains épisodes dramatiques de l'histoire africaine (soutien apporté aux Hutu responsables du génocide des Tutsi au Rwanda en 19941,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11) ou encore des scandales financiers (affaire Elf). À propos de la Françafrique, l'essayiste congolais Gaspard-Hubert Lonsi Koko a fait allusion aux « rayons de lumière qui [ramèneraient] à la surface un certain nombre d’affaires africaines – récentes mais efficaces – propres à la Mitterrandie à travers les réseaux d’origine foccardienne »12

 

Ali Bongo à l'Elysée : un arrière-goût de Françafrique | L'Humanité


_ Principales affaires politico-financières liées à la Françafrique 

. Affaire Elf

L'entreprise d'extraction et de distribution pétrolière Elf-Aquitaine est impliquée dans de nombreuses affaires médiatiques comme l'affaire des avions renifleurs au début des années 1980. Ce que l'on nomme l'« affaire Elf » est une vaste et longue affaire politico-financière qui éclate en 1994, à la suite d'une enquête de la commission des opérations boursières (aujourd'hui AMF) sur le financement de l'entreprise textile Bidermann par Elf entre 1989 et 1993. L'instruction du juge Eva Joly va rapidement mettre au jour un impressionnant réseau de corruption, mettant en cause des personnalités politiques et des grands patrons. L'entreprise, basée en France, est devenue au fil des fusions un géant du pétrole et aurait bénéficié de la bienveillance de l'exécutif français qui considère l'approvisionnement en pétrole comme un domaine stratégique.

 

L'argent fou de la Françafrique. L'affaire des biens mal acquis, par Cédric  Gouverneur (Le Monde diplomatique, mai 2019)


. Affaire des biens mal acquis

Les « biens mal acquis » concernent des activités délictuelles ou criminelles qui ont permis à des dirigeants africains un enrichissement que leurs revenus ne peuvent justifier. Ils sont le résultat de détournements de fonds, de vols ou de transferts illicites d’argent public entre les comptes nationaux et les comptes personnels des intéressés, de la corruption et de l’octroi de rétrocommissions. Les auteurs des infractions utilisent souvent les mécanismes d’évaporation des capitaux, garante d’impunité, grâce notamment aux paradis fiscaux et judiciaires et à la complicité de pays développés.

 

Une étude du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), publiée en mars 200761, évalue entre 100 et 180 milliards de dollars les avoirs détournés par des dirigeants au cours des dernières décennies. Ainsi Mobutu, dirigeant du Zaïre de 1965 à 1997, avait une fortune personnelle estimée à sa mort en 1997 entre 5 et 6 milliards de dollars, et a laissé à l’État une dette publique de 13 milliards.

 

En France, après les mobilisations des associations Survie et Sherpa, soutenues par des organisations de la société civile congolaise et gabonaise, une plainte est déposée en décembre 2008 par l’ONG Transparency International62. Elle vise les conditions d’acquisition d’un important patrimoine immobilier et mobilier en France par trois chefs d’État africains, Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang de Guinée équatoriale et le défunt chef d’État gabonais Omar Bongo, ainsi que par certains de leurs proches. D’après l’ONG, le patrimoine immobilier des trois chefs d’État en France s’élève à 160 millions d’euros. Le clan Bongo possèderait, à lui seul, une trentaine de luxueux appartements ou maisons.

 

Cette plainte est jugée irrecevable par la chambre d’instruction de la Cour d'Appel de Paris, bloquant par là l’enquête voulue par la doyenne des juges du pôle financier de Paris, Françoise Desset, estimant que le plaignant n’avait juridiquement pas d’intérêt à agir. Pour Transparency International, « il n’y a aucun doute sur le fait que ce patrimoine n’a pu être constitué grâce aux seuls salaires et émoluments de ces chefs d’État au sujet desquels il existe de sérieuses présomptions de détournements de fonds publics ».

Rivalités étrangères

 

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7afrique/ Novembre 2020

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7afrique

 

La françafrique: Amazon.fr: Giscard, d'Estaing Valéry, Chirac, Jacques,  Benquet, Patrick, Giscard, d'Estaing Valéry, Chirac, Jacques: DVD & Blu-ray


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Avant la démolition des quartiers à risques/ Des agents municipaux font de  l'intox et rackettent - Le Point Sur  


6 - La Françafrique : ce système politique criminel qui perdure… 

 

Il était de plus en plus clair, surtout à partir de la victoire sur le nazisme, à laquelle avaient participé de nombreux enrôlés originaires des colonies françaises, que la France ne pourrait plus maintenir longtemps sa domination coloniale directe, face à une aspiration indépendantiste grandissante qui s’est exprimée dès 1945 en Algérie, voir les massacres perpétrés en mai 1945 par les forces policières et armées françaises à l’encontre des Algériens de Sétif, Guelma, Kherrata qui avaient osé revendiquer leur liberté le 8 mai de la même année, ou encore à partir de 1946 en Indochine - essentiellement au Viet Nam - dès 1946 (jusqu’en 1954).

 

Et comment ne pas penser à la Conférence anticoloniale de Bandung (Indonésie), en avril 1955, réunissant pour la première fois les représentants de vingt-neuf pays africains et asiatiques, où sont revendiquée, exigée solennellement l’indépendance politique et économique des pays du "Tiers-Monde". Pour ce qui est de la France, De Gaulle perçoit très vite qu’un tournant doit être pris. Dès la Conférence de Brazzaville (1944). Il est décidé d’octroyer l’indépendance aux pays africains sous tutelle coloniale française en 1960, en prenant bien soin de confier le pouvoir à une bourgeoisie et à des hommes comme Houphouët-Boigny en Côte-d’Ivoire, Léopold Senghor au Sénégal, ou encore Ahidjo au Cameroun, prêts à servir les intérêts de l’ex-métropole.


 Sommet de Bamako: Quand les élites africaines se rebiffent contre la  Françafrique


Les leaders et peuples qui essaient de résister sont impitoyablement éliminés. Ainsi Sékou Touré, leader guinéen qui veut mettre fin à de nombreux signes et privilèges coloniaux, ce qui provoque aussitôt le départ de trois mille Français qui se mirent, avant de partir, à détruire bâtiments administratifs, voitures, livres, médicaments, tracteurs, chevaux, vaches, dépôts alimentaires, pour punir les Guinéens de cette audace. Quant à Silvanus Olimpio, premier président de la République du Togo, il ose refuser de signer le pacte néocolonial proposé par De Gaulle ; il est très vite exécuté par une escouade de soldats payés par la France. Ou encore les révoltes des peuples malgache ou camerounais, avant 1960, qui sont réprimées au prix de dizaines de milliers de morts.

 

C’est précisément pour éviter ce type de contestation et de résistance et pour maintenir envers et contre tout une domination néocoloniale, économique et politique que De Gaulle demande à Jacques Foccart, nommé secrétaire général de l’Elysée aux affaires africaines de 1960 à 1974, de mettre sur pied tout un dispositif secret sur base de réseaux extra-diplomatiques (services de renseignements, conseillers français auprès des futurs chefs d’Etat, entreprises…) permettant une ingérence directe des autorités françaises dans les affaires intérieures des anciennes colonies.

 

La françafrique : le nouveau visage de l'impérialisme et ses conséquences  sur les rapports nord/sud. - Maghreb Online


_ L’origine de l’expression "Françafrique", ce système mafieux…

Tout d’abord, l’expression "France-Afrique" est employée, dès 1955, par le président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, pour définir le souhait d’un certain nombre de membres de l’"élite" africaine de conserver des relations privilégiées avec la France après l’accession de leur pays, anciennes colonies françaises, à l’indépendance.

 

Quant à l’expression "Françafrique" et au système mafieux auquel elle renvoie, elle est nommée et mise à jour, décryptée pour la première fois par François-Xavier Verschave à travers son ouvrage "La Françafrique. Le plus long scandale de la République" (1988, Stock), et par l’association Survie, dont F. X. Verschave fut l’un des présidents historiques, de 1995 jusqu’à sa mort en 2005. Dans son ouvrage, complété par : "Noir silence : qui arrêtera la Françafrique" en 2000, Verschave décrit un système caractérisé par des pratiques de soutien aux dictatures, de coups d’Etat et d’assassinats politiques mais aussi de détournements de fonds et de financement illégal de partis politiques.

 

Wake up Africa - LES 11 ACCORDS SECRETS SIGNÉS ENTRE LA... | Facebook


_ Caractéristiques de la Françafrique

On peut en dégager au moins cinq :

1.      Une politique africaine occulte, totalement anti-démocratique, qui ne relève pas du Ministère des Affaires étrangères mais qui est à la discrétion de la Présidence, notamment à travers la cellule africaine de l’Elysée et, dans une moindre mesure, le ministère de la coopération, aujourd’hui disparu. Cette politique est largement occulte et échappe à tout contrôle démocratique.

2.      Une présence très importante de fonctionnaires français ou d’attachés techniques dans les pays africains concernés, pour "conseiller", "guider" les responsables africains.

3.      Une ingérence, notamment militaire, dans les affaires intérieures des pays concernés (défense ou renversement d’un gouvernement) rendue possible car l’armée française n’a jamais quitté l’Afrique. A la différence des autres anciennes puissances coloniales, la France a conservé des troupes dans ses colonies devenues indépendantes, en vertu de divers accords militaires plus ou moins secrets. Ce fut même une condition imposée par la France dès 1960. Au 1er janvier 2017, la présence militaire française reste très importante et est composée des forces françaises à Djibouti (2 000 hommes), en Côte d’Ivoire (450 hommes), au Gabon (900 hommes), au Sénégal (300 hommes), et bien sûr au Mali (Opération Serval-Barkhane) pour soi-disant "pacifier" ce pays face aux menaces djihadistes… mais aussi en réalité pour sauvegarder des intérêts économiques et géopolitiques.

4.      Des relations économiques, financières, bancaires permettant aux entreprises et multinationales françaises et à l’Etat français d’exploiter et de piller les richesses agricoles et minières des pays africains. A souligner l’imposition, dès le début des indépendances du franc CFA, interdisant ainsi d’emblée toute autonomie monétaire.

5.      Des liens financiers occultes entre certains Etats africains et des partis politiques français, sur base de corruption de responsables politiques français, et d’acquisition mafieuse par des responsables africains de "biens mal acquis"…

 

Sans oublier la politique de la France au Rwanda, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle joua un rôle complice dans le génocide perpétré en avril 1994, ne serait-ce que par le soutien politique et militaire apporté au régime de Juvénal Habyarimana de 1973 à 1994, et la protection apportée aux milices hutues pendant et après le génocide. 


REVELATIONS: comment la françafrique a vampirisé les dictatures africaines


Refonder complètement la politique africaine de la France

Les interventions militaires françaises récentes en Côte d’Ivoire, en Libye, au Mali ou en Centrafrique, présentées comme exclusivement humanitaires, pour venir au secours de populations menacées, peuvent donner l’impression d’une politique africaine radicalement nouvelle, sur la base d’interventions présentées comme "nécessaires" voire inévitables. Dans une lecture dépolitisée et à dominante humanitaire, la politique française est présentée par la quasi-totalité des grands médias comme "désintéressée" et "indiscutable"… Alors qu’il faudrait souligner au contraire la responsabilité historique de la France dans le pourrissement des situations dans de nombreux pays africains, l’importance de gagner des parts de marchés, de préserver les intérêts français dans certaines zones, au Niger par exemple où Areva exploite ses mines d’uranium au mépris de la santé des populations.

 

La relégitimation de la place et de la politique de la France en Afrique, cette nouvelle Françafrique, c’est à nous citoyen.ne.s français.e.s - en lien avec des associations comme Survie, Attac, le CADTM, les associations africaines de la diaspora, et avec les peuples africains.- de nous mobiliser pour la décrypter et faire cesser le pillage des ressources du continent africain par les puissances occidentales et leurs multinationales, Et d’agir pour une toute autre politique africaine, transparente, décidée démocratiquement, fondée sur les droits économiques et politiques des populations africaines.

 

Source : www.ritimo.org/ 27 mars 2018, par CIIP

 

https://www.ritimo.org/La-Francafrique-ce-systeme-politique-criminel-qui-perdure/

 

Françafrique – News, Research and Analysis – The Conversation – page 1


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Alassane Ouattara « TANIKO Madagascar

  

7 – COTE D’IVOIRE/ CANADA/ CRISE POLITIQUE IVOIRIENNE : RÉVÉLATIONS FROIDES SUR LE RÉGIME OUATTARA-RHDP

 

À la suite du décès du premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le président Alassane Ouattara décidait de concourir pour un controversé troisième mandat. Il y aurait eu près d’une centaine de morts lors de manifestations entre août et novembre 2020 selon certaines estimations. Tandis que l’alliance politique qu’il avait construite se délite, le président fait face à une contestation grandissante produisant un véritable blocage politique, recourant crescendo à la coercition contre l’opposition politique. Face à une forme de resserrement autoritaire dans le contexte de ce troisième mandat suite à l’élection du 31 octobre 2020, la question centrale est celle de la légitimité de son pouvoir, source de fortes tensions sociopolitiques.


 Côte d'Ivoire : 3e mandat d'Alassane Ouattara, manifestations éclatées de  l'opposition, des jours sombres s'annoncent pour le pays ! - AfrikMag


Construite sur une rupture politique, celle de la chute de Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, l’expérience ivoirienne « post-conflit » illustre les véritables enjeux de la consolidation de la paix contemporaine, focalisée sur la « stabilité » soutenue par les acteurs internationaux, dont la durabilité est pour le moins douteuse. Depuis 2011, les élites politiques au pouvoir cherchent à coopter via la carotte et le bâton d’éventuels opposants, grâce aux immenses ressources à leur disposition. Si la « politique du ventre» ne fonctionne pas, la « chicotte » prend le relais. Ces modalités du pouvoir demeurent ainsi centrales en Côte d’Ivoire, entre négociations et tensions.

 

Il est bien possible que le régime Ouattara cherche à faire baisser la pression après l’élection présidentielle. Mais les problèmes profonds ne sont toujours pas résolus, pour un régime politique qui s’enfonce dans une logique d’« autocratie électorale » de plus en plus risquée. En juillet dernier, avec leur chanson « On dit quoi ?», les célèbres zougloumen Yodé et Siro se sont adressés à l’actuel président de la République de la Côte d’Ivoire pour faire le bilan de ses deux mandats. Ces artistes dénonçaient dans cette chanson les inégalités sociales et politiques de l’ère Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011.


Manifestations contre un 3e mandat de Ouattara : voici le bilan.


Au même moment, le dauphin du président pour l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, le premier ministre Amadou Gon Coulibaly, décéda subitement. Alors que les conditions d’organisation de cette élection étaient déjà contestées par l’opposition le président décida de concourir pour un controversé troisième mandat. L’espoir d’une première passation pacifique du pouvoir en Côte d’Ivoire 30 ans après l’ouverture au multipartisme s’est ainsi éloigné.

 

Depuis neuf ans, Alassane Ouattara a réussi à construire une forme de « stabilité » politique : mais à qui profite-t-elle et pour quelle finalité ? Depuis 2011, les élites politiques au pouvoir cherchent à coopter via la carotte et le bâton d’éventuels opposants, grâce aux immenses ressources à leur disposition. Si la « politique du ventre » ne fonctionne pas, la « chicotte » prend le relais. Ces modalités du pouvoir demeurent ainsi centrales en Côte d’Ivoire, entre négociations et tensions. Tandis que l’alliance politique qu’il avait construite se délite, le président fait face à une contestation grandissante produisant un véritable blocage politique, recourant crescendo à la coercition contre ses adversaires.

 

Une manifestation de l`opposition sur la CEI dispersée par la police -  Abidjan.net Photos


_ LES VIOLENCES PREELECTORALES CAUSERENT UNE TRENTAINE DE MORTS D’AOUT A OCTOBRE 2020.

Entre le jour de l’élection et le 10 novembre 2020, le Conseil national des droits de l’homme évoque 55 morts et 282 blessés, tandis que le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a déclaré que 8000 réfugiés ont fui le pays. Pourtant lors de la campagne électorale boycottée par la quasi-totalité de l’opposition, Alassane Ouattara s’est présenté comme « le meilleur  » pour répondre aux attentes des Ivoiriens, en s’appuyant sur un bilan qu’il perçoit comme positif. Face à une forme de resserrement autoritaire dans le contexte de ce troisième mandat, la question centrale est celle de la légitimité de son pouvoir, source de fortes tensions sociopolitiques.

 

Manifestations anti-3è mandat: « L'opposition a peur parce qu'elle ne peut  pas gagner contre moi» (Ouattara) - Journal du Mali


_ LA «STABILITE». POUR QUI ET POUR QUOI ?

Le régime d’Alassane Ouattara est construit sur une rupture politique, celle de la chute de Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, sous la pression des ex-Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) et du Conseil de sécurité (Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire, opération française Licorne). Ces acteurs souhaitaient faire respecter les résultats électoraux certifiés par l’opération onusienne, que le président Laurent Gbagbo refusait de reconnaître. Les blessures dans le corps social ont été profondes, et l’on s’attendait à des politiques publiques visant une réconciliation après une décennie de « ni-guerre, ni-paix ». Les dimensions centrales de la justice transitionnelle promue par l’ingénierie internationale de la construction de la paix sont les politiques publiques de vérité, pardon, réparation, et de justice punitive.

 

Créée en juillet 2011 par décret présidentiel, la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) et les initiatives qui s’en sont suivies sur la thématique de la « cohésion sociale » ou de la «compensation des victimes » ont été des pratiques principalement cosmétiques pour répondre à la « checklist » internationale et des outils de dépolitisation. La dimension punitive a été une justice des vainqueurs, en ne s’attaquant qu’aux responsables d’un camp. Les juges de la Cour pénale internationale n’ont pas validé cette approche. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont été relaxés en première instance et sont aujourd’hui légalement autorisés à rentrer en Côte d’Ivoire, malgré une instance en appel contre eux. L’État ivoirien en sortie de conflit a été, bien loin des clichés sur les pays «  post-conflit  » souvent décrits comme « faillis » ou « faibles », dans une phase de réaffirmation depuis 2011.

 

L’Autorité pour le désarmement, démobilisation et réintégration (ADDR) prétend avoir réintégré près de 60000 ex-combattants entre 2012 et 2015. Si ce programme a certainement eu des limites, illustrées par la répression contre les associations d’ex-combattants réclamant leurs droits, l’ADDR a été financée à 75% par l’État ivoirien et a contrôlé le processus, tandis que les acteurs internationaux, dont en premier lieu l’ONUCI, étaient largement spectateurs.

 

Le Plan présidentiel d’urgence (PPU) et le Plan national de développement (PND) illustrent la dimension socio-économique de cette réaffirmation de l’État sur le processus de reconstruction en sortie de conflit. Le réinvestissement dans les infrastructures, en particulier routières, est l’une des marques de l’ère Ouattara, mais ce réinvestissement est déséquilibré en défaveur des infrastructures socio-économiques de base comme dans la santé et l’éducation.

 

Incidents à Daoukro, entre partisans de l'ex-chef d'Etat Bédié et jeunes du  RHDP


La fenêtre d’opportunité pour les élites ivoiriennes au pouvoir a été rendue possible par des marges de manœuvre budgétaires inédites dans le cadre de l’achèvement du processus Pays pauvres très endettés (PPTE) du Fonds monétaire international. Ceci illustre le soutien international sans faille lors de la sortie de conflit ivoirienne. Le nouveau pouvoir a aussi indéniablement réussi à remettre rapidement en marche l’économie.

 

Mais c’est un modèle à la durabilité incertaine, notamment parce que cette croissance «  post-conflit» était aussi liée à une forme de rattrapage des années de crise sociopolitique. De plus, les résultats macroéconomiques qui ont hissé la Côte d’Ivoire depuis 2011 parmi les pays aux plus forts taux de croissance au monde sont des gains inégalement répartis : « les progrès sur le plan de l’amélioration des conditions de vie, de la réduction de la pauvreté et des inégalités sont en effet très lents».

 

Même si quelques gestes politiques ont été réalisés lors des deux mandats, les stratégies principales de réconciliation furent donc principalement l’oubli et la croissance économique. Lors du départ de l’ONUCI en 2017, le cas ivoirien est présenté comme un succès pour la construction de la paix, tandis que l’économie ivoirienne serait « aux portes du paradis». Les acteurs internationaux ont développé depuis plusieurs années un véritable fétichisme pour les technocrates perçus comme capables de «  fournir des résultats».

 

L’État français a investi plusieurs milliards d’euros depuis 2011 en Côte d’Ivoire à travers différents «  contrats de désendettement et de développement (C2D) » liés au processus PPTE susmentionné, mais aussi en accordant des prêts concessionnels pour des projets majeurs comme le «  métro d’Abidjan ». Stratégiquement, la Côte d’Ivoire est d’une importance cruciale dans le cadre de l’opération Barkhane au Sahel, et plus globalement pour les puissances internationales comme les États-Unis dans la lutte contre le terrorisme dans la sous-région ouest-africaine. L’ancien ambassadeur français en Côte d’Ivoire (2017-2020), récemment rappelé par Paris, le disait sans ambages  : «  L’intérêt de la France, c’est la stabilité. Et ça, c’est Ouattara.»

 

Ainsi dans le contexte d’une manifeste focalisation des acteurs internationaux sur la «  stabilité», un ensemble d’acteurs « locaux/internationaux » en partie «  franco-africains» a construit un projet commun : non pas une paix positive ou une réconciliation comme cela a été présenté, mais une forme de «  stabilité  » dont la durabilité est pour le moins douteuse. Cette expérience ivoirienne «post-conflit  » illustre les véritables enjeux de la consolidation de la paix contemporaine : « des aspirations au statu quo, axées sur la stabilité régulatrice et la sécurité régionale et intérieure, plutôt que la transformation». Après les mutineries militaires de janvier et mai 2017, les acteurs internationaux ont commencé à hausser le ton, émettant notamment un rapport critique des ambassadeurs de l’Union européenne. Ils sont cependant globalement impuissants face à la dégradation de la situation lors des élections de 2020.

 

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_ VENTRE ET MAUX DE VENTRE

La violence matérielle et symbolique de la pauvreté a perduré pendant les deux mandats d’Alassane Ouattara. Cette violence a produit plus de désespoir dans ce pays que tout groupe armé. En 2018, l’espérance de vie des citoyens ivoiriens était similaire à celle des habitants de la Somalie ou du Soudan du Sud, malgré une croissance économique de près de 8% en moyenne entre 2011 et 2019. Selon l’indice de développement humain, le pays est classé 34ème sur 54 pays africains et 165ème sur 189 pays dans le monde, bien qu’il soit la première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

 

La capitale économique Abidjan a symbolisé ces contrastes et inégalités. Ce risque social est qualifié de construction d’un « apartheid économique» qu’illustrent les politiques de destruction de logements précaires. En zone rurale, malgré une volonté étatique de protéger les prix du cacao en partenariat avec le Ghana30, les infrastructures socioéconomiques de base (santé, éducation) restent très peu développées, dans un contexte d’«  épuisement31  » du modèle d’économie de plantation.

 

La politique de  revalorisation du salaire des fonctionnaires et l’accroissement significatif du salaire minimum touchent principalement les salariés du secteur «formel» privé et public. Or, le marché de l’emploi est dominé par le secteur dit «  informel  » représentant 90% des emplois, qui contribue à hauteur de 30 à 40% du PIB. En Côte d’Ivoire la «classe moyenne  » n’existe pas en tant qu’«appartenance collective  » au sens sociologique ou politique comme d’ailleurs dans la plupart des pays africains. Ceux que Berrou & al appellent « les gens du milieu » en Côte d’Ivoire cherchent avant tout « (…) la protection de leurs stratégies de promotion personnelle et familiale. Avec ces types de classes moyennes, les mobilisations collectives sont très limitées et l’altruisme politique réduit (…). ‘La classe moyenne’ a la particularité d’avoir été échaudée par les coûts de la crise politique et militaire, ce qui devrait favoriser dans l’ensemble une tendance au statu quo».


Politique: Conseil Politique du Rassemblement des Houphouëtistes pour la  Démocratie et la Paix - Abidjan.net Photos


Alassane Ouattara et son parti le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) pourraient conserver dans ce contexte une forme de base sociale, qui répondrait favorablement aux discours de « stabilité », qu’ils prétendent garantir. Mais si l’absence d’ouverture démocratique produit de plus en plus de tensions politiques et de la violence dans le pays, est-ce que ce discours peut être crédible ? Une pratique politique classique en Côte d’Ivoire, qui est centrale pour comprendre la longévité du régime d’Houphouët-Boigny, c’est la politique du ventre35, visant à travers des réseaux patrimoniaux diffusés dans la société à maintenir les équilibres sociopolitiques et à coopter. Dans ce cadre, le « processus d’assimilation réciproque des élites » est un outil classique de la domination politique. Le parti RHDP est l’outil privilégié pour réaliser cette volonté d’hégémonie dans la société.

 

Ses ressources financières permettent à cette machine politique de se déployer partout dans le pays. Pour Alassane Ouattara, l’une des raisons principales du boycottage de l’opposition serait qu’elle n’a pas eu les moyens de réaliser une campagne électorale de grande ampleur comme le RHDP, telle celle de ce parti en 2015, qui aurait coûté quinze millions d’euros. Le président en plaisanta d’ailleurs, lors d’une récente rencontre à Man, et déclara à propos d’Henri Konan Bédié et d’Affi N’Guessan, les deux candidats majeurs appelant au boycottage actif: «  On va demander au  ministre des Finances de leur donner crédit.  » De plus, le RHDP coopte régulièrement des «  indépendants  » avant ou après les élections39. Cette politique a commencé dès 2011 lorsque de nombreux députés «  indépendants  » furent élus aux législatives de 2011 après la chute de Laurent Gbagbo. Cela a continué avec des initiatives visant notamment à siphonner les cadres du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), avec par exemple le mouvement «  PDCI renaissance ».

 

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_ LES IMMENSES RESSOURCES FINANCIERES DE LA FAMILLE OUATTARA SONT AUSSI UTILISEES POUR OBTENIR DU PRESTIGE OU DES SOUTIENS POLITIQUES.

La fondation Children of Africa dirigée par la première dame Dominique Ouattara, qui a géré dans le passé les biens immobiliers d’Omar Bongo et Félix Houphouët-Boigny, a inauguré en 2018 à Bingerville près d’Abidjan un établissement privé à but non lucratif, l’« Hôpital mère-enfant  », qui a coûté 50 millions de dollars américains. Cette fondation, ainsi que d’autres initiatives de la première dame comme le Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire qui fournit des microcrédits pour des activités génératrices de revenus, se déploient à de nombreux endroits, y compris dans des zones rurales reculées. La famille du couple présidentiel occupe aussi des positions économiques clés, comme dans le secteur des médias ou dans le commerce du cacao.

 

Depuis la rupture de l’alliance avec le PDCI d’Henri Konan Bédié ainsi que de Guillaume Soro (2018-2019), l’exécutif réprime ou harcèle les hauts fonctionnaires, politiciens locaux ou membres du gouvernement qui ne prêtent pas allégeance au RHDP. L’utilisation de la coercition devient de plus en plus fréquente, si la carotte ne fonctionne pas. Lors de la spectaculaire affaire Soro en décembre 2019, le régime fait emprisonner en Côte d’Ivoire 17 individus proches de l’ancien président de l’Assemblée nationale (certains sous la forme de disparitions forcées), dont plusieurs députés du groupe parlementaire qui le soutenait, en toute illégalité. En septembre 2020, certains députés ont été libérés provisoirement et plusieurs, comme Kanigui Soro, président du Rassemblement pour la Côte d’Ivoire (RACI), un parti politique satellite de la « sorosphère », s’est déclaré publiquement en faveur du RHDP.

 

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_ LA CHICOTTE

Avec le délitement de l’alliance politique qui lui avait permis une réélection facile en 2015, le régime a utilisé crescendo les ressources coercitives de l’État pour s’assurer de garder le contrôle. Mais la gouvernance politique en Côte d’Ivoire sous Ouattara ne peut se résumer à la répression et l’autoritarisme. Comme au temps d’Houphouët-Boigny, le régime s’appuie sur un dosage entre coercition et négociations politiques, utilisant la carotte et le bâton selon les circonstances. Après 2011 et les soubresauts de la sortie de crise, dans les différentes arènes locales tout autant que dans les coulisses du pouvoir, la construction de l’État est aussi un processus de négociation qui résiste aux grandes narrations et généralités. Le pouvoir d’État est certes focalisé sur un individu, mais cet État est aussi traversé par des négociations et des jeux d’alliance complexes.

 

Néanmoins différents outils «  illibéraux  » ont été utilisés par les élites nationales pour affirmer leur pouvoir depuis 2011, comme des détentions arbitraires, suspensions temporaires des journaux d’opposition, et interdictions stratégiques de manifestations. Ainsi, le bilan en matière de droits humains est donc décevant depuis bien longtemps sous l’ère Ouattara. Lors du départ de l’ONUCI, le gouvernement a résisté à la volonté des acteurs internationaux de créer un Bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, qui aurait suivi ces questions et permis une transition avec l’ONUCI.

 

Avant même le décès d’Amadou Gon Coulibaly et le choix du président de briguer un troisième mandat, la dégradation de l’espace civique était manifeste depuis plusieurs années, avec notamment l’adoption en 2019 d’un nouveau code pénal incluant «  la criminalisation des offenses au chef de l’État, la publication de fausses nouvelles, ‘les propos injurieux sur internet’ et ‘la publication de données pouvant porter atteinte à l’ordre public». N’guessan Koffi Toussaint, militant pro-opposition a été décapité à la machette et sa tête prise pour un ballon de football par des pro-Ouattara à Daoukro, sans que cela n’émeuve le régime d’Abidjan.

 

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L’organisation CIVICUS a ainsi rapporté que ces dernières années des journalistes ont été condamnés à des peines de prison ou de lourdes amendes, tandis que le cyberactiviste « Serge Koffi le Drone » a été torturé par l’Unité de lutte contre le grand banditisme. Il est en détention provisoire depuis mai 2020. Samba David, président de la Coalition des indignés de Côte d’Ivoire, a purgé trois ans de prison entre 2015 et 2018 pour avoir organisé des manifestations contre la hausse du prix des carburants et a été aussi victime de tortures.

 

À la suite de l’ordre de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, demandant la suspension du mandat d’arrêt contre Guillaume Soro et la remise en liberté provisoire de ses partisans, la Côte d’Ivoire a annoncé le retrait du droit de saisine aux particuliers et organisations non gouvernementales ivoiriens auprès de la Cour. Cette dernière a aussi, par plusieurs jugements, souligné le non-respect du droit dans l’organisation des élections, comme à la suite de la décision du Conseil constitutionnel de retenir quatre candidats sur 44 pour la présidentielle d’octobre 2020.

 

Guillaume Soro n’est pas le seul à avoir été inquiété en se séparant de l’alliance RHDP. Jean-Louis Billon, un cadre du PDCI qui a été ministre sous Alassane Ouattara, entrepreneur et l’une des premières fortunes du pays, a subi de nombreuses pressions depuis que son nom a été cité pour être candidat en 2020. Président du Conseil régional du Hambol élu au suffrage universel, il a été suspendu par arrêté ministériel en 2017, une décision dénoncée comme illégale. Son groupe agro-industriel (la première entreprise privée ivoirienne), SIFCA, a été, selon Billon, victime d’«harcèlement fiscal».

 

Concernant le Front populaire ivoirien, Laurent Gbagbo depuis mai 2020 est légalement autorisé à rentrer en Côte d’Ivoire, mais l’administration consulaire en Belgique n’a pas répondu à sa demande de passeport pour retourner dans son pays, une mesure largement perçue pour gagner du temps et éviter son retour avant les présidentielles. L’ancien président est menacé de condamnations judiciaires en Côte d’Ivoire.

 

Côte d'Ivoire: Ouattara en quête d'un 3e mandat lors d'un scrutin émaillé d'incidents  - Libération


Depuis 2011, le secteur de la sécurité a été profondément affecté par la dette politique envers les anciennes Forces nouvelles, ce qui l’a profondément divisé. Le « retour de l’État » dans les politiques de sécurité a bien été une priorité dans les premières années de la sortie de conflit. Entre 2012 et 2019, les dépenses de sécurité intérieure ont augmenté de 64 %, et les dépenses de défense de 28%. Le secteur de la sécurité a été secoué par les mutineries de 2017  : le chef d’état-major des Armées et le ministre de la Défense furent congédiés. Pour répondre aux demandes financières des mutins, l’application de la loi de programmation militaire a dû être revue pour payer des primes exubérantes de plus de 20000 dollars canadiens pour chacun des 8400 mutins.

 

Face à cette situation, le nouveau ministre de la Défense Hamed Bagayoko a lancé un plan de départ volontaire pour restructurer les ressources humaines, dont la mise en place a commencé à l’automne 2018. Ces réformes aussi ambitieuses soient-elles, ne peuvent être réalisées sans prendre en compte les réseaux de commandements militaires parallèles des ex- « ComZones». Mais jusqu’ici, force est de constater que les corps habillés sont fidèles au régime en place, ils ont d’ailleurs reçu une «  prime exceptionnelle» avec les soignants dans le cadre de la pandémie de COVID-19. La décision du président en août 2020 de briguer un troisième mandat a mis le feu aux poudres au pays, avec des violences électorales causant près d’une centaine de morts depuis.

 

La police se serait appuyée sur des supplétifs pour réprimer des manifestations contre la candidature à un troisième mandat. L’une des leaders de la société civile mobilisée contre le troisième mandat, Pulchérie Édith Gbalet de l’ONG Alternative citoyenne ivoirienne  et deux de ses collègues «  ont été arrêtés par des hommes armés dans un hôtel d’Abidjan» en août 2020 au moment des premières mobilisations. Elle a aussi été licenciée de la société d’État BNETD en septembre. La tension est montée d’un cran avec l’appel au «  boycottage actif  » de l’opposition lors de la campagne électorale. Le 17 octobre 2020, des individus ont brûlé la résidence d’Affi N’Guessan, un des leaders de cette opposition et candidat à la présidentielle.

 

En Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara candidat à sa succession ?


_ RESSERREMENT AUTORITAIRE ET LEGITIMITE POLITIQUE

Le premier pilier du programme politique présenté par le RHDP concernait «  la consolidation de la paix, de la sécurité et de la cohésion sociale». Le thème de la stabilité était omniprésent dans les discours de campagne du président. Le secrétaire général de la présidence Patrick Achi déclarait par exemple pendant la campagne que «  le développement n’aime ni le bruit ni les palabres». Cette stratégie rhétorique est en fait une pratique courante sur le continent, y compris dans des pays connaissant peu de violences politiques.

 

La logique de resserrement autoritaire à la suite de la contestation grandissante contre le régime a eu des effets positifs pour rapprocher l’opposition politique. Le refus d’Affi N’Guessan de faire activement campagne comme en 2015 fait suite à la disqualification de nombreux candidats par le Conseil constitutionnel le 14 septembre, en particulier Guillaume Soro, Laurent Gbagbo, Marcel Amon-Tanoh, Albert Toikeusse Mabri, ou Mamadou Koulibaly. Tous ces acteurs ou leurs représentants ont participé à un rassemblement commun le 10 octobre avant l’élection.

 

La «  société civile  » ivoirienne (organisations sur les droits humains, artistes, personnalités intellectuelles, publiques, et du monde de la recherche) a pour l’instant peu d’influence sur cette contestation du troisième mandat, mais le climat politique hostile et les pratiques autoritaires du pouvoir expliquent en grande partie leurs difficultés. L’opposition a maintes fois demandé le report du scrutin pour négocier, tout comme des organisations comme l’International Crisis Group, ainsi que la diplomatie française. Face à cette logique, la question de jusqu’où les élites politiques au pouvoir sont prêtes à aller dans leur volonté de réprimer les contestations est centrale, et pose celle de la légitimité du président à l’avenir.

 

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L’élection a finalement bien eu lieu le samedi 31 octobre, mais dans de mauvaises conditions. Au moins cinq personnes ont été tuées, ces décès s’ajoutant au lourd bilan préélectoral. Plutôt que de répondre par une répression totale, le pouvoir politique a joué une forme d’apaisement avec l’opposition le jour du vote. Dans une stratégie de «  boycottage actif  », cette dernière a réussi à empêcher l’ouverture de 23% des bureaux de vote selon des observateurs. La participation électorale a été très disparate selon les quartiers et les régions. Le taux de participation annoncé par la Commission électorale indépendante de 53,90% (similaire à 2015) est un chiffre clairement fantaisiste étant donné la fermeture de nombreux bureaux de vote et les conditions du scrutin.

 

À la suite de l’annonce de la réélection du président avec plus de 94% des voix, l’opposition n’a pas reconnu cette élection, observant une vacance du pouvoir, et a créé un Conseil national de transition, dirigé par l’ancien président Henri Konan Bédié. Le pouvoir a immédiatement réagi en arrêtant de nombreuses figures de l’opposition ou en imposant des résidences surveillées. Affi N’Guessan a cherché à fuir vers le Ghana, et a été arrêté près de la frontière.

 

Le procureur de la République Richard Adou a ouvert une information judiciaire contre plusieurs dizaines d’opposants arrêtés pour notamment «  actes de terrorisme » et « complot contre l’autorité de l’État». L’opposition réprimée par le pouvoir est aussi divisée sur la stratégie à venir, sa marge de manœuvre étant limitée. Depuis la Belgique, Laurent Gbagbo ne semble pas être dans une stratégie d’opposition frontale de type « transition », et chercherait avant tout à négocier avec le pouvoir.

 

Après ce resserrement autoritaire manifeste, va-t-on observer un desserrement ? Il est bien possible que le régime Ouattara cherche à faire baisser la pression après l’élection présidentielle. En 2018, un premier geste majeur avait été réalisé en libérant 800 prisonniers politiques, dont Simone Gbagbo, Alassane Ouattara refusant d’appliquer le mandat d’arrêt lancé contre elle par la Cour pénale internationale. Le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire pourrait être une opportunité pour calmer les tensions, tandis que le président a récemment ouvert un dialogue avec Henri Konan Bédié. Comme au temps d’Houphouët, la carotte et le bâton sont utilisés stratégiquement. Mais les problèmes profonds ne sont toujours pas résolus, soulignant manifestement une forme de continuité68, dans un régime politique qui s’enfonce de plus en plus dans une logique d’« autocratie électorale» de plus en plus risquée.

 

En Côte d’Ivoire, les échéances électorales constituent un moment d’angoisse et d’incertitude, mais engendrent aussi passion et violence. Durant ces moments, la religion devient un refuge et une référence pour les imaginaires en quête de repères et de morale. Toutefois, la profusion de discours prophétiques controversés, allant jusqu’à la dramatisation des compétitions politiques et les prises de position de certains leaders religieux peuvent être sources de tension. Cette situation amène à s’interroger sur le sens et les enjeux des interférences des figures religieuses dans les affaires politiques.

 

En effet, les relations entre politique et religion ont une historicité en Côte d’Ivoire. Ces interventions du religieux dans le politique et vice versa se présentent sous différentes formes. Le développement d’un marché des prophéties concernant le champ politique est particulièrement visible. Lors des élections de 2020, les relations ont été particulièrement tendues entre l’Église catholique et les soutiens du pouvoir en place. Les discours prophétiques ont participé à une dramatisation de l’échéance électorale dans un contexte difficile.

 

Côte-d'Ivoire : flambée de violence à l'approche de la présidentielle |  Ivoirebusiness.net


_ HISTORICITE DES RELATIONS ENTRE LE POLITIQUE ET LE RELIGIEUX EN COTE D’IVOIRE

En Côte d’Ivoire, le religieux et le politique entretiennent des relations ambivalentes, en dépit du principe de laïcité constitutionnelle. Ainsi, de Félix Houphouët-Boigny, « le père fondateur de la nation  », ayant une conception philo-cléricale de la laïcité, et fervent catholique qui bâtit une basilique à la gloire de Dieu, à Laurent Gbagbo, un chrétien évangélique pentecôtiste, jusqu’à Alassane Ouattara, un président issu d’une famille musulmane originaire du nord du pays, en passant par le général Guéï Robert, adepte des religions traditionnelles, les relations théologico-politiques en Côte d’Ivoire ont été notables.

 

Elles furent parfois tendues lors des crises sociopolitiques. Par exemple, les prophètes tels que William W. Harris et Papa Nouveau ont émergé dans le contexte colonial, au moment de l’effondrement des prix des « produits de survie ». Dans les années 1980, le prophète Koudou Gbahié Jeannot s’est fait connaître dans un contexte de paupérisation et de pandémie du sida. De 1990 à 2010, Kacou Severin et Koné Malachie sont apparus lors de la « brutalisation » de la vie socio-politique.

 

Présidentielle en Côte d'Ivoire: nouvelles violences contre le 3e mandat de  Ouattara - Le360afrique.com


_ CONTROVERSES POLITICO-RELIGIEUSES ET MARCHE DES PROPHETIES

Au cours des élections présidentielles de 2010, certains religieux ont été mis au banc des accusés, à cause de leurs prophéties ou positions jugées partisanes dans le choix des candidats. En témoignent les controverses  entre Monseigneur Lézoutié ou Koné Antoine et des guides musulmans supposés être partisans d’Alassane Ouattara, d’une part, et le prophète Koné Malachie, ainsi que Monseigneur Agré, accusés de bienveillance à l’égard de Laurent Gbagbo, d’autre part. Cette situation a fortement divisé et fragilisé le milieu religieux.

 

Depuis 2020, avant même les élections, certains leaders religieux semblaient déjà critiquer la gestion paternaliste de la diversité sociale et religieuse du pouvoir en place, perçue comme favorisant les musulmans. À l’annonce de la candidature du président Ouattara alors qu’il avait déclaré publiquement ne pas se représenter pour un troisième mandat, le cardinal Jean-Pierre Kutwa a souligné son désaccord en déclarant « ce n’est pas nécessaire ». Cette déclaration a provoqué l’ire de certains cadres du parti d’Alassane Ouattara qui se sont rendus à la cathédrale du Plateau et ont violemment critiqué le prélat ainsi que l’ensemble du corps ecclésiastique.

 

Il existe aussi un véritable marché de prophéties ou révélations « divines »2 dans l’espace public. En effet, les prophètes, se faisant porte-paroles de Dieu, s’adressent au segment le plus riche de la classe politique. Selon la générosité de l’homme politique, ils peuvent le déclarer ou non « l’élu  » de Dieu et donc gagnant de l’élection avant même le vote. Par exemple, au cours des élections présidentielles de 2010, certains ont désigné Laurent Gbagbo, et d’autres, au contraire, Alassane Ouattara comme «élu» de Dieu pour diriger le pays. En 2020, certains prophètes ont prédit la mort de son dauphin, et la « chute » d’Alassane Ouattara même s’il était élu : « Le Seigneur n’approuve pas ce troisième mandat qui sera catastrophique». D’autres prédisent le retour et la victoire de Laurent Gbagbo : «Dieu le ramènera triomphalement au pays et le réinstallera au pouvoir ».

 

Il arrive que des hommes politiques eux-mêmes, trouvant le terrain dangereux, se fassent former par des prophètes qui ne sont pas désintéressés. Dès lors, les prophéties fournissent, les « moyens et lieux de production et de consommation des miracles», favorisant l’offre et la demande.

 

Cette logique de marché donne un gain de «  commercialité  » aux prophéties et fait des prophètes des rentiers de révélations divines ayant un impact sur le comportement politique des populations et leur perception de la crise, puisqu’elles sont adossées à une théologie manichéenne plaçant la Côte d’Ivoire au centre d’un vaste « complot international » opposant les forces du Bien aux forces du Mal coalisées. Ainsi, les prophètes, comme dans une mise en scène très élaborée, procèdent à la dramatisation de l’enjeu des élections.

 

Présidentielle ivoirienne: conférences de presse et manifestations à Paris


_ LA DRAMATISATION DE L’ENJEU DES ELECTIONS DE 2020

La dramatisation s’observe à travers le transfert des peurs ou opinions des prophètes dans le corps social. Ces derniers mettent en scène une guerre programmée dans leur imagination. En ce sens, un prophète prédit : «  Je vois des milliers de morts joncher les rues». Pour un autre, « il y aura une grande famine dans le pays. Une désolation totale, car tout Abidjan sera vidée de sa population», tandis qu’un autre prophète annonce que «  la guerre civile en Côte d’Ivoire sera de très courte durée, elle sera une guerre éclair comme la guerre des six jours d’Israël». Un autre prophète a annoncé que «  les forces antagonistes et protagonistes vont créer toutes les conditions d’un chaos : il y aura la répression des manifestations et le pouvoir en place fera une mobilisation extraordinaire des moyens militaires et paramilitaires qui seront présentés comme une nouvelle doctrine du maintien de l’ordre».

 

Le caractère fortement métaphorique de ces prophéties annonce une République menacée, en situation d’arrêt et de blocage. Ici, la violence du langage prophétique invente un climat de peur dans laquelle la Côte d’Ivoire s’est enfermée, donnant ainsi l’impression que les prophéties se réalisent au fur et à mesure que le contexte électoral devient violent et incertain. Pour les vainqueurs des élections de 2020, les prophéties se sont réalisées en leur faveur, car les élections se sont effectivement tenues, tandis que la Commission électorale indépendante et la Cour constitutionnelle ont déclaré leur candidat gagnant. Au contraire, pour l’opposition, les prophéties sont en voie de réalisation au fur et à mesure que la contestation gagne du terrain.

 

Diaspora : Plusieurs milliers d'ivoiriens marchent à Paris contre un 3e  mandat de Ouattara | Ivoirebusiness.net


_ CONCLUSION

Dans un pays comme la Côte d’Ivoire qui traverse une crise de légitimité politique depuis plusieurs décennies, et qui est à la fois confronté aux injustices et aux inégalités sociales, les prophéties sont une manière de produire du sens. Elles fabriquent des peurs et influencent le comportement des individus. Elles servent aussi d’exutoires aux problèmes et aux dilemmes majeurs de la société ivoirienne, à savoir la peur de l’incertitude et de l’avenir tout en permettant à certains hommes de Dieu de se positionner socialement dans l’espace public.

 

Fondamentalement, ces prophéties posent, dans un État laïc, la question des rapports entre le religieux et le politique ou entre la religion et l’État. En fait, ces institutions jouissent toutes deux d’une légitimité, mais sont en principe séparées au nom du principe de laïcité. De ce point de vue, des interventions (in)appropriées dans la vie politique, violant le principe de séparation, ouvrent la porte à une instrumentalisation politique du religieux et vice versa, mais aussi participent à la production des imaginaires.

 

Source : BulletinFrancoPaix, Vol. 5, n°9, NOVEMBRE 2020

 

Source : www.africanewsquick.net/ By africanewsquick / 18 novembre 2020/

 

https://www.africanewsquick.net/crise-ivoirienne-le-canada-sen-mele-luniversite-de-quebec-a-montreal-fait-des-revelations-sur-le-regime-ouattara-rhdp-ventre-et-maux-de-ventre/

 

Ivory Coast's Ouattara wins 3rd term, amid rising tensions - Huron Daily  Tribune


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Rwanda genocide remembered 25 years later - ABC News


8 - Top 12 des pires dictateurs dans le monde

 

Mao Tsé-Toung, Hitler, Pol Pot, Tito, Saddam Hussein, Gengis Khan, toutes les époques ont connu leurs dictateurs et la nôtre ne fait pas exception. Voici les portraits de 12 dictateurs qui règnent présentement sur leurs pays en maîtres absolus, aussi cruels et avides les uns que les autres, au détriment de leur peuple souvent miséreux et misérable.


North Korea may allow a Western hamburger chain in Pyongyang — Quartz

 

1 - Kim Jong-un : Dirigeant de la Corée du Nord

Kim Jong-un, né en 1983 (ou 1984), est le plus jeune dictateur vivant. Il est au pouvoir depuis la mort de son père, en 2011. Son père a appauvri son peuple, a laissé la famine se répandre et a jeté des centaines de milliers de personnes dans des camps de prisonniers (il y en a environ 200 000 encore aujourd’hui), tout en dépensant les rares ressources du pays sur un programme nucléaire. Kim Jong-un continue allègrement sur les traces de ce père et gouverne le pays avec un culte de la personnalité poussé à l’extrême.


North Korea unveils new residential complex in Pyongyang


La Corée du Nord est aujourd’hui l’état le plus totalitaire et isolationniste au monde. Ses violations des droits de l'homme sont difficiles à déterminer parce que le gouvernement de Kim Jong-un musèle violemment tous les médias du pays. Il n’y a aucune liberté d’expression, de religion ou de voyage, et en tant que pays du monde le plus homogène ethniquement, les droits des minorités sont inexistants. La peine de mort est largement répandue, sans trop de processus judiciaires.


In Pyongyang, Gangnam-style development


En 2013, à la suite d’exercices militaires communs entre les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud, Kim Jong-un les a menacés de guerre nucléaire. En octobre 2013, il a fait fusiller son ex-petite amie et onze membres de son groupe de danseuses à cause d’une vidéo où elles étaient légèrement vêtues. Le 12 décembre 2013, il a fait exécuter son oncle, numéro deux du régime, soi-disant pour des actes criminels et une faction contre-révolutionnaire. Le régime nord-coréen ne punit pas seulement l’individu dissident, mais condamne toute sa famille, parents, grands-parents, enfants, tous sont envoyés dans des camps de travail forcé. Kim Jong-un serait responsable de la mort d’au moins 31 officiers et officiels depuis septembre 2010. 

 

Au Turkménistan, une campagne présidentielle parfaitement sous contrôle


2 - Gurbanguly Berdimuhamedow - Président du Turkménistan

Gurbanguly Berdimuhamedow, né le 29 juin 1957, est depuis le 14 février 2007 le président du Turkménistan, un pays d'Asie centrale entouré par l'Afghanistan, l'Iran, la mer Caspienne, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Dentiste de formation, Berdimuhamedow a succédé à l’excentrique tyran Saparmurat Niyazov (qui a fait renommé les mois de l’année d’après son propre nom et celui de sa famille), dont il a conservé les politiques répressives pour la simple raison, a-t-il expliqué, qu'il lui ressemble beaucoup physiquement. C’est lui qui a organisé en 2004, alors qu’il était vice-président, la politique de santé imaginée par son prédécesseur  en supprimant les hôpitaux de campagne et 15 000 emplois médicaux pour faire des économies budgétaires.


Turkmenistan: 'The Gate to Hell'


Le régime de Gurbanguly Berdimuhamedow est considéré par plusieurs organismes indépendants comme une dictature : en effet, le culte de la personnalité, les scores soviétiques aux élections, les projets pharaoniques comme le soi-disant « Palais du bonheur » inauguré en grande pompe pour les 20 ans de l'indépendance pour des sommes sans commune mesure avec la richesse du pays sont autant d'indices qui convergent vers cette conclusion. 


Culture Saudi Arabia - Easyvoyage

 

3 - Abdallah ben Abdelaziz al-Saud — Roi d’Arabie saoudite

Le roi Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud, né en 1924, est le roi d’Arabie saoudite depuis 2005. (Son nom complet est Abdallah ben Abdelaziz ben Abderrahman ben Fayçal ben Turki ben Abdallah ben Mohammed ben Saoud). Il est, selon le classement de Forbes, la septième personne la plus influente au monde et l’un des souverains les plus riches avec une fortune estimée à 21 milliards de dollars.


Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud — Wikipédia


Le 6e roi d’Arabie saoudite contrôle les plus grands champs pétroliers du monde et il est le leader du monde musulman. Son pays est gouverné selon la loi islamique. Les dissidents politiques et religieux sont souvent condamnés à des punitions issues des siècles passés. Les femmes sont enfermées et n’ont pas le droit de conduire. L’homosexualité est punie par la mort. Les médias sont censurés par le gouvernement et les partis politiques y sont interdits. L’Arabie saoudite est l’une de ces nations qui ne connaissent pas d’élections (sauf au niveau municipal). Les femmes n’ont pas le droit de voter, de voyager, de travailler ou de subir des interventions médicales sans la permission d’un homme de la famille, et ne peuvent pas témoigner en leur propre nom lors des procédures de divorce. Devant la justice, le témoignage d’un homme égale celui de deux femmes. 


Le clan Assad se déchire pour les « dépouilles » de la Syrie | Les Echos

 

4 - Bachar al-Assad — Président de la Syrie

Bachar al-Assad, né en 1965, est le président de la Syrie depuis 2000. Il a succédé à son père qui a dirigé le pays pendant les 30 années précédentes. On le décrit comme un despote prétentieux qui essaie de rentrer dans les souliers de son père, qui seraient trop grands pour lui. Al-Assad a dépensé une fortune dans des pays comme le Liban et l’Iraq, tout en négligeant les besoins de son peuple. Al-Assad est accusé par les États-Unis et Israël de soutenir le Hezbollah, le Hamas et le djihad islamique.


Syrie : grand revirement diplomatique en faveur de Bachar al-Assad – Jeune  Afrique


En 2011, quand un « printemps arabe » s’est soulevé en Syrie, la réponse d’al-Assad a été de lui opposer la répression par la police et les militaires. Ces violences ont donné naissance à l’Armée syrienne libre, composée d’opposants et de déserteurs de l’armée. Al-Assad a été accusé d’avoir utilisé des armes chimiques à plusieurs reprises sur les opposants à son régime. 


From Episode #4: What we're reading this week – Ufahamu Africa

 

5 - Yahya Jammeh - Président de la Gambie

Ce militaire qui a accédé au pouvoir à la faveur d’un coup d’État en juillet 1994, renversant ainsi un autre dictateur, Dawda Jawara, a déclaré qu’il allait régner pendant 40 ans. Jammeh a été réélu pour un quatrième mandat de cinq ans en 2011, en obtenant 71,5 % des voix. Son règne est dominé par la censure des médias. Il est classé comme un prédateur de la liberté de la presse par Reporters sans frontières. L’homme a déclaré avoir découvert le remède au sida et à l’asthme, grâce à des herbes médicinales.


Google Map of Banjul, The Gambia - Nations Online Project

 

Il prétend avoir également développé un remède pour soigner l’hypertension artérielle avec des plantes pouvant soigner la maladie avec une seule dose, ce dont témoignent plusieurs de ses ministres. Il a aussi déclaré qu’il avait des pouvoirs magiques et qu’il allait transformer la Gambie en pays producteur de pétrole. Ce qui tarde toujours à arriver. Plutôt narcissique, le dictateur insiste pour qu’on l’appelle Son excellence le scheik professeur Alhaji Dr Yahya Abdul-Azziz Jemus Junkung Jammeh. En 2008, Jammeh a exigé que tous les homosexuels quittent le pays, en ajoutant que ceux qui protégeaient les homosexuels s’exposeraient à des conséquences terribles. 

 

Lukashenko's Biggest Election Opponent: the Internet | Voice of America -  English


6 - Alexandre Loukachenko — Président de Biélorussie

Alexandre Loukachenko, né en 1954, est le président de Biélorussie. Il a été élu en 1994, puis réélu en 2001, 2006 et 2010. Mais comme l’opposition n’a pas le droit de parole, la communauté internationale conteste ces élections. Loukachenko est souvent qualifié de « dernier dictateur d’Europe », à cause de la continuelle restriction des libertés publiques dans son pays. Il est interdit de séjour dans l’Union européenne et aux États-Unis.


Belarus energy profile – Analysis - IEA


Son pouvoir est appuyé par la Russie, qui le soutient malgré les accusations des pays occidentaux. Ouvertement pro-nucléaire iranien, antihomosexuels et antisémite, il se défend par le fait que son pays est une démocratie et que donc chacun a le droit à la liberté d’expression. 

 

Eritrea President Isaias Afwerki 'both charismatic and brutal' - BBC News


7 - Isaias Afewerki — Président de l’Érythrée

Isaias Afewerki, né en 1946, est le président de l’Érythrée depuis son indépendance, en mai 1993. Il est le premier et le seul président de la courte histoire de ce pays. Cet ancien secrétaire général du Front populaire de libération de l’Érythrée était au départ considéré comme un libérateur. Afewerki a plutôt fait de son pays une prison où les médias indépendants ont été fermés, les élections rejetées et le service militaire sans fin est obligatoire. Des messages diplomatiques révélés par Wikileaks en décembre 2010 ont brossé un portrait peu flatteur du gouvernement d’Afewerki. « Les jeunes Érythréens fuient leur pays, l’économie se meurt, les prisons débordent et le dictateur reste cruel et méfiant. Est-ce que le pays frôle le désastre ? », se demandait l’ambassadeur américain Ronald McMullen.


Landmark Peace Declaration Between Ethiopia and Eritrea | Time


Plus de la moitié de la population souffre de malnutrition, ce qui n’a pas empêché le pays de refuser les offres d’aides alimentaires étrangères, car, comme l’a déclaré l’ambassadeur érythréen aux médias : « l’aide alimentaire extérieure diabolise les locaux et les rend paresseux ». Dans un rapport publié en 2013, Amnesty International décompte plus de 10 000 prisonniers politiques en Érythrée, arrêtés arbitrairement et détenus sans jugement dans d’atroces conditions. Le gouvernement d’Afewerki est accusé d’« autoritarisme ». 

 

Sudan's Omar al-Bashir vows to stay in power as protests rage | News | Al  Jazeera


8 - Omar el-Béchir — Président du Soudan

Omar Hassan Ahmed el-Béchir, né en 1944, est un chef militaire et politicien soudanais, chef de l’État de 1989 à 1993, puis président de la République du Soudan, le plus grand des états africains, depuis 1993. El-Béchir est « célèbre » pour avoir causé une guerre civile complexe qui a ravagé le pays pendant 20 ans, causant deux millions de morts et quatre millions de réfugiés. Ses milices ont peut-être arrêté leurs massacres au Darfour, mais ils continuent à faire le trafic des Soudanais noirs comme esclaves (Bashir a été accusé d’en avoir lui-même plusieurs).

 

Khartoum: the most selfish city? | Cities | The Guardian


L’homme s’est emparé du pouvoir grâce à un coup militaire, à la suite duquel il a suspendu la constitution, aboli l’Assemblée législative et interdit les partis politiques et les syndicats. Il a toujours insisté pour que le pays soit gouverné selon la Charia, même dans le Soudan du Sud où la population est en majorité chrétienne. En 2009 et 2010, des mandats d’arrêt internationaux ont été émis contre el-Béchir, l’accusant de crimes de guerre, de crime contre l’humanité et de génocide dans le cadre de la guerre civile au Darfour, dans le sud du pays. El-Béchir devient ainsi le premier chef d’État en exercice à faire face à un mandat d’arrêt international, même si les pays arabes et africains ne donnent pas suite à ce mandat, pas plus que la Chine. 


President Islam Karimov of Uzbekistan dies at age 78

 

9 - Islom Karimov — Président de la République d’Ouzbékistan

Islom Karimov, né en 1938, est le président de la République d’Ouzbékistan depuis 1990, juste avant la tombée de l’Union soviétique. Après avoir monté tous les échelons sous le régime communiste de l’URSS, Islom Karimov est à la tête de l’Ouzbékistan depuis l’indépendance du pays. Il a gagné depuis toutes les élections de ce pays de 28 millions d’habitants, grand comme l’Espagne, avec des pourcentages allant de 80 % à 100 %. La répression est forte en Ouzbékistan. 


Uzbekistan | CaravanTravel


Les Nations Unies ont déclaré que le gouvernement de Karimov était responsable de tortures et d’autres traitements cruels, inhumains et dégradants, en violation avec les accords internationaux des droits de l’homme. On dit de Karimov qu’il a exécuté des prisonniers politiques en les faisant bouillir jusqu’à ce que mort s’ensuive.


Tashkent City: is 'progress' worth the price being paid in Uzbekistan? |  Cities | The Guardian


Tous ceux qui s’opposent à lui sont des « terroristes islamistes » qui ne méritent que la torture. En mai 2011, la fille cadette de Karimov a attaqué le journal français Rue89 pour « diffamation » de son père, notamment pour l’avoir qualifié de « dictateur ». À la fin juin 2011, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris a relaxé rue89.fr de toutes les accusations de la fille du président. Ce qui nous rassure pour le présent article. 

 

Zimbabwe : l'ancien président Robert Mugabe est mort | Les Echos


10 - Robert Mugabe — Président du Zimbabwe

Robert Gabriel Mugabe, né en 1924, en Rhodésie du Sud, a fêté ses 90 ans cette année. Mugabe a commencé son règne en 1987 avec un large soutien national et international. Après avoir dirigé une guerre de libération anticoloniale, il a été élu le premier président du nouvel état indépendant, le Zimbabwe, qui remplaçait l’ancienne colonie britannique la Rhodésie du Sud. Au fil des années, le président Mugabe a démontré des tendances de plus en plus dictatoriales.


6 Reasons Why Harare Is The Best City To Live In - Youth Village Zimbabwe


Selon Amnesty International, en 2002 uniquement, le gouvernement de Mugabe a tué ou torturé 70 000 personnes. Le taux de chômage est au-dessus de 70 %. Mugabe a été accusé de bloquer la livraison de nourriture destinée aux groupes et aux régions qui soutiennent le parti de l’opposition. Il a continué à tenir des élections, mais a limité la capacité de l’opposition à faire campagne et a fermé les médias qui ne le supportaient pas. Quand le chef de l’opposition, Morgan Tsvangiral a gagné 42 % des votes, Mugabe l’a fait arrêté et accusé de trahison. Mugabe a aussi confisqué des fermes appartenant à des Blancs, sans compensation financière, pour les distribuer à ses partisans. Six mandats présidentiels et 25 ans d’un régime soutenu par la fraude et la violence font de Robert Mugabe un despote qui a contribué surtout à faire du Zimbabwe un pays affligé d’une profonde crise économique, sans liberté de presse et d’expression, un pays envahi par la violence et l’intolérance, où la violence sexuelle contre les femmes est une arme politique.

 

En 2003, Mugabe a déclaré vouloir devenir le décuple de Hitler. En 2005, il a affirmé que son peuple ne mourait pas de faim, mais qu’il refusait plutôt de changer de régime alimentaire et de manger des patates ou du riz. Son peuple serait en fait très heureux selon lui, son seul problème serait sa dépendance au maïs. « Nous avons des tonnes de patates, mais les gens ne sont pas des mangeurs de patates… Ils ont du riz, mais cela ne les attire pas », a-t-il déploré. Mugabe a été réélu en juillet 2013 pour un nouveau mandat de 5 ans à la tête du Zimbabwe. 

 

King Mswati III of Swaziland blows $24.4m on his 15 wives


11 - Mswati III — Roi du Swaziland

Mswati III, né en 1968, est le roi du Swaziland, un petit pays africain de 1,2 million d’habitants. Il a succédé à son père en 1986 et est actuellement le dernier monarque absolu d’Afrique. Parce qu’il a été élevé en Angleterre, on a cru qu’il allait moderniser le royaume, mais il a montré plutôt qu’il ne détestait pas les coutumes de son pays. Le 15 septembre 2012, il a regardé des milliers de filles et de jeunes femmes danser les seins nus lors d’une tête traditionnelle pour choisir celle qui deviendrait sa 10e femme (son père a en eu 100).


King Mswati III orders men to marry five wives or face jail - Eagle Online


La mère de la fille choisie a lancé une poursuite contre le roi, en l’accusant d’avoir enlevé sa fille. Mswati, qui règne par décret, a alors annoncé que les cours de justice de Swaziland n’avaient plus le droit d’émettre des règlements qui limitaient le pouvoir du roi. Alors que son pays fait partie des pays les plus pauvres du monde et que 25,9 % de sa population est victime du sida (chiffres de 2011) et de la sécheresse, le roi Mwsati III a acheté pour lui et ses femmes 20 BMW et une Daimler-Chrysler d’un demi-million de dollars. Le roi a déclaré en 2013 que seule la mort peut défaire une union traditionnelle, même si la culture swazie permet la fin des mariages. 

 

Le Président Obiang Nguema Mbasogo reçoit son homologue Sud-africain Ciryl  Ramaphosa au palais du peuple de Malabo


12 - Teodoro Obiang Nguema - Président de la Guinée équatoriale

Teodoro Obiang Nguema, né en 1942, a pris la tête de la République de Guinée équatoriale en 1979 à la faveur d’un coup d’État contre son oncle. Il a été réélu plusieurs fois avec des scores frisant les 100 %. La Guinée équatoriale, qui ne compte que 750 000 habitants, était une dictature qui passait plutôt inaperçue jusqu’à ce qu’on y découvre des réserves de pétrole en 1995. Depuis, les compagnies pétrolières américaines ont déversé des milliards de dollars dans le pays. Le revenu annuel par tête est de 4 472 $, 60 % des Équatoguinéens gagnent moins de 1 $ par jour. L’argent du pétrole va directement au président Obiang, qui a déclaré qu’il n’y avait pas de pauvreté en Guinée et que les gens étaient surtout habitués à vivre d’une façon différente. Selon le magazine Forbes, Obiang est l’un des chefs d’État les plus riches du monde, avec une fortune estimée à 600 millions de dollars.


Guinée Équatoriale économie - Holding Guinea Ecuatorial


Dans son pays, il n’y a pas de transport public, pas de journaux et seul 1 % du revenu du gouvernement va à la santé. Quand on lui demande pourquoi il garde pour lui tant d’argent de son pays dans son compte personnel, Obiang explique qu’il garde l’absolu contrôle de l’argent pour éviter la corruption. La radio d’État a déjà annoncé que le président Obliang est en contact permanent avec le « Tout-Puissant » et qu’il pouvait donc « commettre des meurtres sans avoir à rendre des comptes à qui que ce soit et sans aller en enfer ». 

 

Source : http://www.sympatico.ca/ Novembre 2020

 

http://www.sympatico.ca/actualites/decouvertes/histoire/pires-dictateurs-monde-1.1484464/

 

The Cambodian Genocide - Tribunal 1965


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Rwanda Genocide