Publié le : 31-05-2019 à 11:17:01 Synthèse, compilation et textes réunis (David N'DJA Boka)

MINES/ DIAMANTS/ BOTSWANA : bonne gouvernance, diamants et miracle économique en Afrique…


« BOTSWANA/ DIAMANTS/ 3e producteur mondial de diamants : Pays le moins corrompu du continent, devant l’Espagne et l’Italie, avec l’une des économies les plus prospères, le Botswana est souvent présenté comme un "miracle africain". La richesse de son sol, qui fait de lui le troisième producteur mondial de diamants, lui a permis d’avoir une croissance annuelle moyenne de 9 % entre 1970 et 2000 et de sortir en 1994 du groupe des pays les moins avancés (PMA). Contrairement au Nigeria, l’Angola ou la République démocratique du Congo, le "pays des Tswanas" n’a pas succombé à la "malédiction des matières premières" qui a déstabilisé tant de pays africains. Conscient que les diamants ne sont pas éternels, le Botswana a créé en 1994 un fonds souverain, le Pula fund, qui investit les revenus de l’industrie diamantifère pour les générations futures. »

 

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1 - BOTSWANA : Economie, perspectives politique, économique et sociale

 

_ POPULATION : 2,3 MILLIONS

_ PIB PAR HABITANT : 7584 $US

 

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_ PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES

 

2016

2017

2018 (e)

2019 (p)

Croissance PIB (%)

4,3

2,4

4,5

4,2

Inflation (moyenne annuelle, %)

2,8

3,3

3,8

4,0

Solde public / PIB (%) *

0,7

0,2

-3,7

-3,0

Solde courant / PIB (%)

13,7

12,3

8,7

7,7

Dette publique / PIB (%)

15,6

14,0

13,2

13,5

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dernière année fiscale d’avril 2019 à mars 2020.

 

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_ POINTS FORTS

·         Ressources naturelles abondantes (diamant en particulier)

·         Dettes publique et extérieure réduites

·         Réserves de change substantielles

·         Stabilité politique et niveau de gouvernance plaçant le pays dans le peloton de tête des pays d’Afrique subsaharienne dans les classements internationaux en matière d’environnement des affaires

·         Membre de l’Union douanière d’Afrique australe (en anglais, SACU)

 

_ POINTS FAIBLES

·         Dépendance envers le secteur du diamant (plus de 80 % des exportations)

·         Insuffisance des infrastructures (production et distribution d’eau et d’électricité)

·         Inégalités et chômage élevés. Stagnation de la pauvreté à un niveau relativement élevé

  

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_ APPRÉCIATION DU RISQUE

_ Une croissance drainée par l’industrie minière et l’investissement public

Bien que moindre, la croissance atteindra un niveau confortable en 2019. Elle est essentiellement liée aux industries extractives (20 % du PIB), alors que de nouvelles initiatives assureront la bonne performance du secteur. En ce sens, la compagnie canadienne Lucara Diamond, exploitant la mine de diamant Karowe, et l’entreprise d’État Morupule Coal Mine (MCM), des mines de charbon, ont toutes les deux annoncé une augmentation de leur production. L’agriculture, en revanche, pourrait pénaliser l’activité économique, ayant subi une forte sécheresse en 2018. Les autres secteurs d’activité, dont la construction d’infrastructures, seront soutenus par l’investissement public, second moteur de l’économie.

 

Le gouvernement ambitionne de poursuivre sa politique de diversification de l’économie et continuera ses dépenses dans l’éducation, la santé et la construction de routes et d’infrastructures électriques. Dans ce cadre, l’entreprise d’État Botswana Railways (BR) entreprendra la construction de 520 km additionnels au réseau ferroviaire du pays (pour améliorer les connexions avec l’Afrique du Sud et la Zambie), et l’entreprise d’État Botswana Power Corporation (BPC) étendra ses lignes électriques au nord-est du territoire.

 

L’investissement privé sera toujours favorisé par la politique monétaire accommodante comprenant un faible taux à l’emprunt (5 % depuis 2017, soit un taux historiquement bas). En revanche, le pouvoir d’achat des ménages pourrait être affecté par la légère accélération de l’inflation à la suite de la hausse des prix des matières premières, mais surtout par le chômage substantiel (18 % en 2017), pénalisant la consommation privée.

 

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_ Déséquilibre budgétaire et compte courant excédentaire

En 2019, le compte public présentera encore un déficit, induit par la poursuite de la politique budgétaire expansionniste. Toutefois, les recettes issues des industries minières (environ un tiers des recettes totales) augmenteront avec la production et excéderont le déclin des recettes douanières versées par la SACU (aussi équivalentes à un tiers du total), d’où la baisse du déficit public par rapport à l’année précédente. Plutôt que d’augmenter la collecte d’impôts afin d’équilibrer le budget, les pouvoirs publics laisseront le déficit public perdurer jusqu’aux élections générales de 2019, pour ne pas perdre en popularité.

 

Concernant les comptes extérieurs, l’excédent structurel du compte courant devrait diminuer en raison d’un déficit commercial plus important. Les exportations de diamant augmenteraient moins rapidement (en raison d’un ralentissement de la demande en provenance des États-Unis) que les importations de biens d’équipement. Le déficit commercial est la seule contribution négative au compte courant et sera largement compensé par l’excédent de la balance des services liés au tourisme (4,5 % du PIB en 2017), et les transferts en provenance de la SACU (6,3 % du PIB).

 

Cette situation favorable des comptes extérieurs permet au Botswana de disposer de réserves de change élevées (plus de 10 mois d’importations en 2017). Le surplus de réserves restant, après le prélèvement de la Banque Centrale pour son activité, est transféré dans un fonds souverain (créé en 1994), le Pula Fund. Ce dernier permet de financer une grande partie du déficit budgétaire. Aussi, le recours à l’endettement domestique et extérieur demeurera limité : la dette devrait donc rester faible de même que sa part extérieure (15 % en 2017).

 

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_ Dans l’attente des élections générales d’octobre 2019

Le président Mokgweetsi Masisi, arrivé au pouvoir en avril 2018 à la suite de la démission de Ian Khama, représentera son parti, le Parti démocratique du Botswana (BDP), aux élections générales planifiées pour octobre 2019. Bien que le BDP soit au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1966, le soutien au gouvernement semble s’effriter depuis plusieurs années. La tendance est plus marquée depuis la fermeture de l’entreprise d’État Bamangwato Concessions Limited (BCL) en 2016, qui employait une part importante de la population locale.

 

Dans un contexte de forte pauvreté et de chômage persistant, elle a ravivé les reproches adressés au gouvernement quant au manque d’efficacité de la diversification de l’économie, censée remédier à ces deux problèmes chroniques. Toutefois, l’opposition, représentée par le Collectif pour le changement démocratique (UDC), une coalition entre quatre partis (le BNF, le BCP, le BPP et le BMD), souffre de conflits internes et peine à offrir une alternative crédible au BDP.


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La désorganisation de l’opposition, la hausse des dépenses budgétaires pré-électorales et la volonté affirmée du président Masisi de dynamiser la création d’emplois pourraient favoriser le BDP et contrebalancer l’érosion de la popularité du parti au pouvoir.

Régulièrement en bonne position parmi ses pairs d’Afrique subsaharienne dans les classements internationaux (86e sur 190 pays au classement Doing Business de la Banque Mondiale), le Botswana a, toutefois, encore des progrès à réaliser pour améliorer son environnement des affaires et soutenir le développement du secteur privé.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

 

https://www.coface.com/fr/Etudes-economiques-et-risque-pays/Botswana/


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2 - Le Botswana et les diamants : une économie qui brille sur la scène internationale

 

Plusieurs pays en voie de développement concentrent leurs activités économiques sur l'exploitation de ressources naturelles. La lucrative industrie minière peut cependant être tout autant source de revenus que de conflits pour les pays. Heureusement pour le Botswana, l'exploitation du diamant et de minéraux autres s'opère dans le cadre d'une certaine stabilité politique, ce qui lui permet aujourd'hui d'incarner un modèle de développement pacifique.

 

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_ De l'indépendance politique à l'essor économique

Le Botswana, une ancienne possession britannique, acquiert l'indépendance en 1966 (1). Elle figure, cette même année, parmi les États les plus pauvres du monde avec un revenu par habitant de 90 $ US par an (2). Principale source de main-d'œuvre bon marché pour l'Afrique du Sud, le Botswana voit son destin se transformer à la suite de la découverte successive de trois mines diamantaires : Orapa en 1967, Letlhakane en 1973 et Jwaneng, communément appelé « le prince des mines », l'une des dix les plus riches au monde (3).

 

Deuxième producteur mondial de diamants, le Botswana renferme aussi cuivre, nickel, carbonate de sodium, potasse, sel, charbon, fer et argent (4). Certains économistes justifient le succès émanant de l'exploitation du diamant par la stabilité politique et l'administration prudente des mines (5). Existant depuis 1971, le partenariat entre le Botswana et De Beers procure en 2017 85 % des revenus du diamant au gouvernement (6), et 15 % au conglomérat De Beers (7). De 1974 à 1994, les exportations de diamants ont crû en moyenne de 30 % par an en valeur (8), alors que de 1984 à 1994 le secteur minier représentait près de 40 % du produit intérieur brut (PIB)(9).


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Tout aussi active en 2017, l'industrie du diamant a produit 20 millions de carats (10), alors que sa production annuelle est en moyenne de 10,6 millions de carats, soit 2 100 kilos (11). D'ailleurs, la différence entre le PIB de 1960, d'un peu plus de 30 millions de dollars US, et celui de 2017, qui s'élevait à 17 milliards de dollars US, témoigne d'une progression économique importante (12). À l'aide des données de l'Agence nationale des statistiques du Botswana, il est intéressant de constater que le secteur du diamant procure près de 89 % des revenus d'exportation du pays (13), équivalant à 36 % du PIB (14).

 

Lors des dernières années, 2016 semble plus favorable à la production de diamants puisqu'on y enregistre une augmentation de 0,3 %, contre une diminution de production de 15,6 % l'année précédente (15). Cela s'explique, entre autres, par les prix du diamant brut et poli s'étant accrus respectivement en 2016 de 13,2 % et 2,1 % (16).

 

Le réinvestissement d'une partie des revenus du diamant dans le domaine de la santé et de l'éducation a permis à plus de 80 % de la population d'avoir accès à un établissement de santé situé à moins de 15 kilomètres de son domicile, et ce, dès 1985 (17). Sans oublier une montée importante des inscriptions à l'école primaire entre 1970 (59,4 %) et 2014 (105,4 %) (18). En 2017, le Botswana continue de prioriser l'éducation puisqu'elle y consacre 9,6 % du PIB (19).

 

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_ Source de richesses intarissables ?

Avec plus d'un tiers du PIB provenant de l'industrie diamantaire, l'économie est vulnérable face à la fin du diamant prévu dans moins de 15 ans (20). Ces dernières décennies, on observe un déclin d'activités économiques dans plusieurs secteurs. Lors de l'indépendance, l'agriculture représentait plus de 40 % du PIB, et elle ne représente plus en moyenne que 2,2 % du PIB sur la décennie 2000 (21). Quant à l'élevage devenu marginal, il constitue 4 % du PIB (22).

 

Malgré la bonne santé de l'industrie du diamant actuelle et la création de nouveaux emplois engendrés par l'implantation d'environ 20 usines de transformation (23), incluant la plus récente à Garabone en 2016 (24), le taux de chômage en 2017 reste élevé (17,7%) (25). Bien que classé comme le pays le moins corrompu d'Afrique, le Botswana détient aussi l'une des disparités les plus accrues dans le monde (26). Pour pallier le problème, plusieurs options sont envisagées, comme la création d'une main-d'œuvre qualifiée et la réforme concernant les recettes fiscales botswanaises. Le Fonds monétaire international insiste sur la nécessité d'accélérer ces réformes (27).

 

Vanessa Exama (analyste en formation)/ 18 septembre 2018

 

Références :http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays?codePays=BWA/

 

http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays?codePays=BWA/


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3 - Botswana : un diamant bleu exceptionnel découvert dans la mine d'Opara

 

Un très rare diamant bleu a été présenté cette semaine au public dans la capitale botswanaise, Gaborone. Baptisé « Bleu Okavango », il fait 20,46 carats et est le plus gros jamais trouvé dans ce pays. Cette découverte vient renforcer la production diamantifère du Botswana qui en est l'un des principaux producteurs au monde.

 

De 20,46 carats, le plus gros diamant bleu jamais trouvé au Botswana a été présenté aux amoureux de pierres précieuses mercredi dernier. Dans le pays d'Afrique australe, on salue une découverte exceptionnelle. Marcus ter Haar, dont la société qu'il dirige, Okavango Diamond Company (ODC), est propriétaire du diamant, ne s'est pas empêché de s'extasier. « C'est incroyablement rare de trouver une pierre de cette couleur et de cette nature. C'est une découverte unique, aussi rare que de découvrir une étoile dans la Voie lactée », a-t-il déclaré.


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La pierre baptisée « Bleu Okavango » en référence au delta de l'Okavango au Botswana, a été extraite de la mine d'Orapa, laquelle est considérée comme la plus grande à ciel ouvert de diamants au monde. Selon les sources proches de Gaborone, le « Bleu Okavango » qui entre dans la catégorie des « fancy blue », sera proposé à la vente d'ici la fin de cette année 2019.

 

Au Botswana, on s'attend à réaliser de bonnes recettes financières avec le nouveau joyau. On se rappelle encore la vente en 2016 du célèbre diamant bleu Oppenheimer qui avait battu tous les records à Genève (Suisse) lors d'enchères de la maison Christie's. D'un poids de 14,62 carats (près de 6 carats de moins que le Bleu Okavango) et d'un bleu vif exceptionnel, ce diamant avait été vendu à 57,54 millions de dollars soit environ, 611,65 millions de Pula botswanais. Avec le « Bleu Okavango », il faut s'attendre donc à plus d'intérêt encore.

 

Par Emmanuel Atcha/ 19/04/2019/

 

https://afrique.latribune.fr/afrique-centrale/2019-04-19/botswana-un-diamant-bleu-exceptionnel-decouvert-dans-la-mine-d-opara-814809.html/


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4 - Le Botswana, "miracle africain", change de président

 

Le Botswana investit dimanche son nouveau président, Mokgweetsi Masisi, après la démission de Ian Khama. Une transition exemplaire, dans ce pays souvent présenté comme "l’exception du continent". Alors qu’en Égypte, le maréchal Sissi est réélu avec un score soviétique, qu’Idriss Déby s’enracine encore plus au Tchad et que le dialogue avec l’opposition au Togo est au point mort, un discret pays d’Afrique entame une transition politique exemplaire.

 

 Le Botswana, frontalier de l’Afrique du Sud et du Zimbabwe, perpétue dimanche 1er avril sa tradition de stabilité démocratique. L’actuel vice-président, Mokgweetsi Masisi, s'apprête à être investi à la tête du pays qu’il dirigera jusqu’aux élections générales de 2019. Jusqu’à aujourd’hui, il était à la tête du Parti démocratique du Botswana, au pouvoir depuis l'indépendance.


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Le président Ian Khama, au pouvoir depuis 2008, a démissionné samedi, dix-huit mois avant la fin de son mandat, comme le dicte la Constitution qui limite la durée du pouvoir présidentiel à deux mandats de cinq ans. Le président âgé de 65 ans a conclu mardi 27 mars à Serowe (est) sa tournée d’adieux dans la totalité des 57 circonscriptions du pays.

 

Dans la ville natale de l'artisan de l’indépendance, son père Seretse Khama, il a annoncé qu’il quittait la vie publique. "J’étais un soldat, je n’avais aucun intérêt à entrer en politique", a-t-il déclaré aux milliers de personnes de la cour traditionnelle massées devant lui. Cet ancien pilote de l’armée de l’air a affirmé que son prédécesseur Festus Mogae avait dû le persuader de le remplacer en 2008.

 

La république d’Afrique australe, grande comme la France mais 30 fois moins peuplée (2,2 millions d’habitants), jouit d’une bonne gouvernance depuis son indépendance du Royaume-Uni, en 1966. Festus Mogae avait lui aussi démissionné en 2008, après 10 ans de règne, comme son prédécesseur avant lui, jusqu’à Seretse Khama, décédé en 1980.

 

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_ Troisième producteur mondial de diamants

Pays le moins corrompu du continent, devant l’Espagne et l’Italie, avec l’une des économies les plus prospères, le Botswana est souvent présenté comme un "miracle africain". La richesse de son sol, qui fait de lui le troisième producteur mondial de diamants, lui a permis d’avoir une croissance annuelle moyenne de 9 % entre 1970 et 2000 et de sortir en 1994 du groupe des pays les moins avancés (PMA).

 

Contrairement au Nigeria, l’Angola ou la République démocratique du Congo, le "pays des Tswanas" n’a pas succombé à la "malédiction des matières premières" qui a déstabilisé tant de pays africains. Conscient que les diamants ne sont pas éternels, le Botswana a créé en 1994 un fonds souverain, le Pula fund, qui investit les revenus de l’industrie diamantifère pour les générations futures. Le pays tente aussi de diversifier son économie, notamment à travers l’exportation de viande bovine et le tourisme de luxe. Cette dernière activité, qui doit s’élargir à une clientèle de classe moyenne, emploie plus de 200 000 personnes.


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Sous la présidence d’Ian Khama, le Botswana s’est illustré comme modèle africain de la protection de l’environnement, salué par les ONG. Le pays, particulièrement riche en faune sauvage, applique une "tolérance zéro" pour les crimes contre l’environnement et est le seul véritable sanctuaire du continent pour les éléphants. "Si nous ne prenons pas soin de l’espèce, qui va le faire ? Nous sommes leur voix", affirmait en 2015 le ministre de l’Environnement et du Tourisme Tshekedi Khama II, frère du président démissionnaire.

 

Le 16 mars, Ian Khama avait aussi fustigé la décision des États-Unis d’autoriser l’importation de trophées de chasse. "Je pense que cette administration sape nos efforts et encourage aussi le braconnage, car elle sait que nos lois interdisent la chasse au Botswana [depuis 2014]", avait-il lancé.

 

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_ Président moralisateur

Le franc-parler d’Ian Khama n'a pas épargné ses homologues africains dont le Congolais Joseph Kabila, qui refuse de quitter le pouvoir alors que son mandat a expiré en décembre 2016. "Nous continuons d'assister à une crise humanitaire qui empire dans ce pays principalement parce que son dirigeant a sans cesse repoussé la tenue d'élections", alertait un communiqué officiel de Gaborone le 26 février 2018.

 

Le président sortant avait aussi réclamé en novembre 2017 le départ du Zimbabwéen Robert Mugabe, au pouvoir depuis 29 ans, affirmant que "personne ne devrait rester président pendant une si longue période. (…) Nous sommes des présidents, nous ne sommes pas des monarques. C’est simplement du bons sens".

 

"Sur le plan international, il se présente volontiers en leader moral de la région, en exemple de président qui respecte les lois et les coutumes en démissionnant et se permet d'inviter les présidents Kabila et Mugabe à respecter la démocratie et l'État de droit", note l'analyste Matteo Vidiri, du cabinet BMI Research, à l’AFP.

 

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_ Fortes inégalités

Stable, riche et modèle de réussite en matière de développement, le Botswana fait néanmoins face ces dernières années à la baisse des cours mondiaux du diamant dont il est encore trop dépendant. Officiellement, 17,8 % de la population est au chômage, malgré des dépenses en faveur de l’éducation parmi les plus élevées de la planète. La rente diamantaire ne profite pas à tout le monde : en 2010, 19 % des Botswanais vivaient encore sous le seuil de pauvreté et 30 % à peine au-dessus.

 

En conséquence, selon un rapport de la Banque mondiale d’octobre 2017, "l'inégalité des revenus au Botswana est l'une des plus élevées au monde". "Le modèle économique actuel a généré une forte dépendance envers l’État (en tant que principal investisseur et employeur), et a peu investi dans l’industrie manufacturière ou les services à valeur ajoutée. Surtout, il n’a pas facilité la création d’emplois par le secteur privé, ce qui a exacerbé les inégalités."


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Ses adversaires politiques vont jusqu'à reprocher à Ian Khama d'avoir favorisé une société de "mendiants". "Il a tué l'esprit d'autonomie en créant une dépendance à l'aumône", regrette Kesitegile Gobotswang, le vice-président du Parti du Congrès du Botswana (BCP), rappelant que "l'économie a perdu des emplois sous son règne".

 

Par ailleurs, le pays souffre depuis longtemps de l’épidémie de sida, qui touche un habitant sur cinq et réduit significativement l’espérance de vie. "Le ralentissement de l'économie et la grogne croissante de sa population écornent la belle image du ‘président spécial’", ajoute Matteo Vidiri. Jeudi à Serowe, la cour traditionnelle a pourtant couvert de cadeaux le président sortant, qui est à présent propriétaire de 143 vaches, de centaines de poulets, d'un 4*4 et d'une caravane.

 

Texte par : Rémi CARLIER/ Première publication : 30/03/2018/ Dernière modification : 01/04/2018/

 

https://www.france24.com/fr/20180330-botswana-miracle-africain-ian-khama-demission-president-constitution-masisi-diamant/


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