Publié le : 27-06-2019 à 16:41:28 Synthèse, compilation et textes réunis (David N'DJA Boka)

CHINE-AFRIQUE/ ECONOMIE/ INVESTISSEMENTS : réalités, consolidation et perspectives

  

« Chine-Afrique/ le commerce entre la Chine et l'Afrique a progressé de 2,2% au cours du premier trimestre 2019 : Dans un contexte aujourd'hui marqué par des incertitudes sur l'issue de la bataille commerciale avec les Etats-Unis, les chiffres de la douane chinoise indiquent que le commerce de la deuxième économie du monde avec le continent africain, a atteint 47,6 milliards $ au terme du premier trimestre 2019. Il est en progression de 2,2% comparé à la même période en 2018.

Cette performance ne devrait cependant pas conduire à des réjouissances de la part des pays africains, ou à conclure que la conjoncture du commerce international n'impacte pas la relation commerciale entre les deux blocs de partenaires. Déjà on note que derrière ce chiffre global, la part des exportations des pays africains vers la Chine a reculé de 1,5% sur la même période. La Chine est la grande gagnante, car elle a vendu 6,5% de plus de produits dans la région. Aussi, on remarque des chiffres, que seuls les pays pétroliers ou miniers affichent des excédents commerciaux dans leurs relations avec la Chine. »

 

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1 - Chine : ouverture de la première édition de l'Exposition économique et commerciale Chine-Afrique

 

La première édition de l'Exposition économique et commerciale Chine-Afrique s'est ouverte jeudi à Changsha, capitale de la province chinoise du Hunan (centre). L'événement de trois jours a attiré plus de 10.000 invités et négociants venant notamment de 53 pays africains, a-t-on appris du comité d'organisation. Des organisations internationales, dont l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel, le Programme alimentaire mondial et l'Organisation mondiale du commerce, ont également envoyé des représentants.


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Des conférences, des séminaires, des forums et des salons sur les thèmes tels que l'agriculture, le commerce, l'investissement et la construction d'infrastructures seront organisés au cours de l'événement, et des experts partageront leurs points de vue sur le renforcement des échanges bilatéraux. L'événement propose une superficie d'exposition de plus de 40.000 m², dont des pavillons nationaux et des zones d'exposition pour les entreprises, présentant les résultats et opportunités de la coopération économique et commerciale sino-africaine.

 

French.xinhuanet.com / Publié le 2019-06-27/ CHANGSHA, 27 juin (Xinhua)

 

http://french.xinhuanet.com/2019-06/27/c_138178105.htm/


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2 - La coopération Chine-Afrique donne une nouvelle impulsion au développement africain (diplomates africains)

 

Plusieurs responsables africains chargés des affaires étrangères, venus en Chine pour participer à la réunion des coordinateurs de l'application des résultats du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA), ont fait l'éloge de la coopération entre la Chine et l'Afrique et des contributions chinoises au développement de leur continent. La ministre des Affaires étrangères de l'Afrique du Sud, Naledi Pandor, a indiqué que les bonnes relations africo-chinoises reposaient sur les efforts pratiques déployés par les deux parties, alors que la coopération sino-africaine dans la nouvelle ère appelle également à des actions.

 

Selon Mme Pandor, le continent africain possède une jeunesse abondante, ce qui assure un énorme potentiel de développement. La coopération sino-africaine en matière d'éducation permet aux jeunes africains d'explorer leurs capacités et offre des opportunités de développement aux pays africains. Le développement de la Chine est un modèle pour l'Afrique, a indiqué Seydou Sinka, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération du Burkina Faso, ajoutant que l'Afrique était devenue un continent doté d'une forte croissance économique. Les technologies avancées et le soutien financier de la Chine sont complémentaires au développement durable de l'Afrique.


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Depuis le rétablissement des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la Chine en 2018, la coopération bilatérale est très dynamique, a constaté M. Sinka. La Chine a aidé à réhabiliter et à construire des hôpitaux locaux, et des médecins du Burkina Faso sont en stage en Chine. Quant aux "huit initiatives majeures" annoncées au Sommet de Beijing 2018 du Forum sur la coopération sino-africaine, M. Sinka a fait savoir que son pays accordait une importance particulière au renforcement des capacités, ce qui permettra d'offrir à la jeunesse des opportunités de formation technique et professionnelle.

 

M. Sinka a aussi salué l'initiative de l'Exposition économique et commerciale Chine-Afrique, dont la première édition sera organisée du 27 au 29 juin à Changsha, capitale de la province chinoise du Hunan (centre). Pour lui, l'événement permettra aux investisseurs de la Chine et de son pays de faire connaissance et de découvrir des opportunités de collaboration, en particulier dans les secteurs de l'agroalimentaire, des infrastructures, de l'énergie, de l'eau et de la santé.

 

Le ministre des Affaires étrangères de la Côte d'Ivoire, Marcel Amon-Tanoh, a noté pour sa part que la Chine n'imposait pas de mode de développement aux pays africains, ce qui permet à ces derniers d'adapter librement la coopération d'une façon répondant à leurs propres besoins et en harmonie avec leurs plans nationaux. Parmi les "huit initiatives majeures", le ministre ivoirien a souligné l'importance de l'interconnexion entre les pays, une clé pour le développement africain, alors que l'accord de libre-échange africain devrait stimuler le commerce intra-Afrique à l'avenir.


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Au niveau des relations bilatérales, il a indiqué que la Chine était un partenaire commercial principal de la Côte d'Ivoire et le premier investisseur étranger dans le pays. En avril 2019, la Côte d'Ivoire est devenue membre de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (BAII), une avancée majeure après son adhésion à l'initiative "la Ceinture et la Route". La Côte d'Ivoire est un partenaire privilégié de la Chine en Afrique de l'Ouest, selon le ministre.

 

La Chine est très présente dans tous les secteurs locaux, a confirmé le ministre, ajoutant que la Côte d'Ivoire comptait moderniser l'industrie de la transformation de matières premières et établir des joint-ventures pour fabriquer sur place des produits semi-finis ou finis. Il a invité à cette occasion les investisseurs chinois à investir dans les secteurs de ce genre et à exploiter la demande chinoise en produits ivoiriens.

 

L'Afrique représente une part de plus en plus importante du marché mondial, alors que l'initiative chinoise "la Ceinture et la Route" offre de nouvelles opportunités de croissance en Afrique, a-t-il expliqué, exprimant l'espoir de voir le taux de croissance économique de son pays bénéficier aux habitants les plus démunis.


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Le Congo aspire ardemment au développement, a affirmé le ministre congolais des Affaires étrangères, Jean-Claude Gakosso, ajoutant que la Chine n'avait aucun intérêt à piéger les pays africains et que cela n'était pas dans la philosophie du pays. Le soi-disant piège de la dette chinoise avancé par certains pays ne correspond pas à la réalité. Il n'y a pas de piège de la dette chinoise. "Ces chansonnettes veulent tenter d'endiguer le développement de la Chine et celui de l'Afrique", a noté le ministre.

 

Les "huit initiatives majeures" ont été proposées sur la base des dix plans de coopération Chine-Afrique. Ces initiatives vont de pair et constituent un seul et même ensemble visant à faire face à la complexité de notre monde. Selon lui, l'initiative "la Ceinture et la Route" est cruciale pour le développement du Congo, car le développement est impossible sans les infrastructures de base. Grâce à l'aide de la Chine, une série de projets d'infrastructures ont été réalisés, dont des hôpitaux, des logements sociaux, des routes et des infrastructures sportives.

 

French.xinhuanet.com/ Publié le 2019-06-26/ BEIJING, 26 juin (Xinhua)

 

http://french.xinhuanet.com/2019-06/26/c_138175881.htm/


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3 - Chine-Afrique : « Les nouvelles routes de la soie seront aussi militaires »

 

Une semaine après le sommet de Pékin, 45 gradés africains se sont rendus sur des bases de l’Armée populaire de libération pour renforcer les liens avec les forces chinoises, observe notre chroniqueur.

Chronique. L’Afrique a occupé tous les esprits lors du deuxième sommet des Routes de la soie, fin avril à Pékin. C’est en effet le continent qui accapare aujourd’hui l’essentiel des investissements et concentre les plus gros défis que pose ce gigantesque chantier d’infrastructures à l’échelle mondiale. Le chemin déjà parcouru est important, puisque sur les 54 pays du continent, seuls quinze ne sont pas encore membres du club des « nouvelles routes de la soie », alors qu’ils n’étaient que deux à en faire partie lors de son lancement, en 2013.


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_ Plus de 3 000 projets d’infrastructures

Plus de 3 000 projets d’infrastructures, 1 000 milliards de dollars de budget (soit près de 900 millions d’euros) et une montagne de dettes… Preuve que ce « piège de la dette », comme l’appelle la diplomatie américaine, est bien réel, le président chinois a dû annuler une bonne partie des créances, essentiellement en Afrique. Et ce n’est pas la première fois. Entre 2000 et 2018, l’Afrique est en effet le continent qui a connu le plus de défauts de remboursements. 


Résultat : 72 cas d’annulations de dettes ont été recensés dans une trentaine de pays, représentant plus de 2,2 milliards de dollars de créances annulées par la Chine. En tête, le Cameroun, qui, depuis 2001, a connu quatre effacements de dettes, pour un montant total de 174 millions de dollars, dont 78 millions en 2019. La Zambie, le Ghana, le Soudan et le Zimbabwe figurent aussi parmi les pays africains les plus concernés par ces annulations de dettes chinoises, car ce sont également les pays les plus endettés et les plus fragiles sur le plan économique. Si ces suppressions paraissent conséquentes, elles sont en fait trois fois moins élevées que celles consenties par la France… C’est peut-être ce qui explique que le sommet de Pékin a été l’occasion de signer une nouvelle série d’accords.


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_ Une stratégie à long terme

La Chine fait mine d’avoir entendu les critiques. A ceux qui s’inquiètent du poids trop lourd de la dette, elle annonce une nouvelle feuille de route, ainsi que des chantiers plus respectueux des questions sociales et environnementales, plus d’ouverture dans les appels d’offres et davantage d’efforts pour lutter contre la corruption. Mais peut-elle réellement se mettre au diapason des normes internationales sans perdre tous les bénéfices d’un programme qui sert avant tout ses intérêts ? Neuf projets sur dix sont en effet réalisés par des entreprises chinoises et il serait bien naïf de ne pas voir que le président Xi Jinping pave ici les routes de ses grandes ambitions.


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_ Rencontre militaire sino-africaine

Pour Pékin, en effet, cette initiative s’inscrit dans une stratégie à long terme permettant d’asseoir le poids de la Chine en Afrique, tant au niveau économique que politique… et militaire. Une semaine après le sommet de Pékin, 45 représentants d’armées africaines ont ainsi participé – plus discrètement – à la deuxième rencontre militaire sino-africaine. Huit mois seulement après la première édition, les gradés du continent se sont rendus à Tianjin, Pékin et sur plusieurs bases militaires de l’Armée populaire de libération afin de renforcer les liens entre l’armée chinoise et les forces africaines.

 

Cela entre dans le cadre d’un projet encore secret de « routes de la soie de la sécurité » dans lequel la Chine et l’Afrique s’engagent à renforcer leur coopération et la sécurisation des chantiers d’infrastructures négociés en grande pompe une semaine plus tôt à Pékin. Une façon d’amener aussi des soldats dans les bagages des ouvriers chinois.

 

Sébastien Le Belzic/ Publié le 08 mai 2019/ Mis à jour le 09 mai 2019/

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/05/08/chine-afrique-les-nouvelles-routes-de-la-soie-seront-aussi-militaires_5459742_3212.html/


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4 - « L’investissement de la Chine en Afrique du Nord et au Moyen-Orient est devenu spectaculaire »

 

Les grands groupes d’Etat chinois investissent massivement dans les projets d’infrastructures de ces deux régions, Egypte en tête, décrypte notre chroniqueur.

Chronique. Il faut se pencher avec minutie sur le détail des investissements chinois à l’étranger pour tenter de comprendre où va le vent. Alors que la Chine s’englue dans une guerre économique sans fin avec les Etats-Unis et qu’elle annonce à grand renfort de propagande et de sommets internationaux une nouvelle enveloppe pour financer ses routes de la soie, les algorithmes du China Tracker de l’American Entreprise Institute montrent clairement dans quel sens vont les investissements de l’Empire du milieu.

 

En 2018, les investissements de la Chine hors de ses frontières ont baissé de 110 milliards de dollars (98,5 milliards d’euros) par rapport à l’année précédente, ramenant le total des investissements de 2018 au niveau de ceux de 2014-2015. Le nombre de pays membres des « nouvelles routes de la soie » a beau augmenter chaque année, le flux d’investissements est resté stable avec même une baisse significative au dernier trimestre 2018.


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Une baisse générale, sauf pour une région : l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient qui s’impose, selon les termes du chercheur Afshin Molavi de l’Institut John Hokins aux Etats-Unis, comme le partenaire clef « géo-économique » de la Chine. En 2018, la région MENA (pour Middle Est and North Africa) est devenue la deuxième zone dans laquelle investit Pékin, juste derrière l’Union européenne, avec 28,11 milliards de dollars. On parle là des investissements directs hors « routes de la soie ».

 

A titre de comparaison, l’Afrique subsaharienne a reçu, en 2018 toujours, 21,34 milliards de dollars d’investissements chinois. En trois ans, la progression de la région MENA est spectaculaire. Il s’agit pour l’essentiel d’investissements dans les infrastructures via les grands groupes d’Etat chinois. Les trois quarts sont allés à l’Egypte, les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite. Trois pays qui font partie de ce que les économistes appellent le « club des 20 milliards », c’est-à-dire les pays ayant reçu plus de 20 milliards de dollars d’investissements chinois ces quinze dernières années. A noter également dans ce club la présence de l’Iran et de l’Algérie.


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_ « Club des 20 milliards »

En Egypte, c’est surtout la construction de la nouvelle et ambitieuse capitale qui concentre les investissements. Ce sont en effet les entreprises chinoises qui bâtissent cette ville nouvelle de plus de 6 000 hectares coûtant 58 milliards de dollars. C’est la Chine qui en tire l’essentiel des bénéfices avec la construction d’un réseau ferré entre Le Caire et cette nouvelle capitale et la construction du quartier des affaires par China State Construction Engineering Corp (CSCEC), soit 21 gratte-ciel, dont le plus haut d’Afrique, qui comptera 85 étages. Un projet aussi stratégique pour l’Egypte que pour la Chine qui souhaite conforter son rôle de bâtisseur du continent. Une zone économique spéciale autour du canal de Suez va compléter ce pharaonique projet sino-égyptien.

 

Car Pékin a évidemment compris l’importance stratégique de cette zone à la fois comme base pour exporter ses marchandises via le port de Dubai et le canal de Suez, mais surtout pour ses importations de pétrole et de gaz naturel. Les importations chinoises augmentent à un rythme régulier depuis cinq ans dépassant de loin maintenant la consommation américaine, et rien ne devrait remettre en cause cette boulimie d’or noir venu des pays du Golfe et de l’Afrique. La dépendance de la zone MENA à son principal client chinois expliquant en retour l’importance des investissements chinois dans les infrastructures régionales.

 

Afshin Molavi estime que les exportations d’hydrocarbures en provenance de la région MENA comme de l’ensemble de l’Afrique vont encore croître vers la Chine alors qu’elles diminuent vers les Etats-Unis et l’Europe. La géopolitique du pétrole continue d’aiguiller les investissements chinois vers le continent africain comme dans le Golfe. A l’échelle mondiale, ces investissements sont cinq fois plus importants dans le secteur de l’énergie que dans celui de l’agriculture et vingt fois plus que dans celui de la santé. Deux secteurs, dont l’Afrique notamment, a pourtant cruellement besoin.

 

Sébastien Le Belzic/ Publié le 22 mai 2019/

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/05/22/l-investissement-de-la-chine-en-afrique-du-nord-et-au-moyen-orient-est-devenu-spectaculaire_5465512_3212.html/


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5 - La Chine cherche un second souffle pour ses « routes de la soie » en Afrique

 

Pour encadrer les investissements à l’étranger et limiter les défauts de paiement, le Conseil d’Etat chinois a mis en place de nouvelles règles, décrypte notre chroniqueur.

Chronique. Après le rouleau compresseur des dix dernières années qui ont vu le commerce bilatéral augmenter de 226 % entre la Chine et l’Afrique, les projets d’infrastructures se multiplier et la dette africaine gonfler, le Conseil d’Etat chinois a mis en place des règles pour encadrer les investissements à l’étranger et limiter les risques de défaut de paiement.

 

Un signe de sagesse après des années d’emballement qui ont vu par exemple l’assureur crédit Sinosure amortir des pertes d’un milliard de dollars (888,7 millions d’euros) pour les entreprises chinoises sur la ligne de chemin de fer reliant Djibouti à l’Ethiopie. Il ne faut pas y voir un essoufflement, mais la fin d’une folle croissance et le début d’une nouvelle stratégie qui doit permettre à la Chine de rester le partenaire incontournable de l’Afrique.

 

Car, depuis les débuts en fanfare il y a six ans de ce « plan Marshall chinois » pour les infrastructures, les déboires ont fini par effacer les réussites. Et pourtant, les succès sont nombreux : plus de soixante-dix pays y participent dont une grande partie en Afrique – ce qui n’était pas à l’origine prévu dans le programme. Du Kenya à l’Algérie, c’est tout le pourtour africain qui s’inscrit désormais dans ce projet. De nombreuses infrastructures ont vu le jour grâce aux financements chinois : voies ferrées, ports et aéroports, autoroutes, centrales 
électriques…

 

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_ Diplomatie des infrastructures

Cette diplomatie des infrastructures a englouti en Afrique une bonne moitié des 1 000 milliards de dollars de ce programme des « nouvelles routes de la soie ». Mais la question de la dette a fini par s’imposer. La faute aux pays occidentaux, Etats-Unis en tête, qui ont pointé là où ça fait mal : la Chine détiendrait à elle seule près de 20 % des dettes publiques africaines ; 40 % des prêts accordés par la Chine ont servi à payer la construction d’infrastructures destinées à la production électrique ou à la transmission d’énergie et un tiers ont réglé les infrastructures de transport. Ces programmes auraient donc d’abord servi les intérêts chinois dans la région : ports en eaux profondes pour accueillir les conteneurs chinois, routes et rails pour désenclaver les exploitations minières, barrages hydroélectriques pour alimenter en électricité les mines exploitées par les entreprises chinoises, etc. Ce beau projet ne serait-il donc qu’un leurre, un « piège », comme l’affirme Washington ?

 

Non, à en croire les pays africains eux-mêmes qui se succèdent tous à Pékin pour demander toujours plus de financements et d’investissements. Le président du Kenya vient en Chine renégocier ce mois-ci l’échelonnement de sa dette, mais surtout obtenir de nouveaux prêts. Même chose pour l’Ethiopie qui espère un étalement de ses remboursements et de nouvelles lignes de crédit pour financer la ligne Addis-Abeba-Djibouti inaugurée il y a un an à peine. L’Ethiopie a déjà reçu plus de 12 milliards de dollars de prêts des banques chinoises depuis 2000, mais elle en veut encore plus !

 

Une vingtaine d’autres pays africains font la même démarche, signe certain qu’il y a un besoin crucial de liquidités sur le continent. Un financement d’autant plus attractif qu’il échappe aux conditions très strictes imposées par les traditionnels grands argentiers de ce monde. FMI, Banque mondiale, Bruxelles et Washington n’ont plus le monopole des crédits. Certes d’autres pays sont en embuscade : le Japon, la Russie, la Turquie, l’Inde ou l’Indonésie investissent sur le continent et créent les conditions d’une concurrence saine. Mais ils sont loin de pouvoir concurrencer les grandes banques chinoises telles l’Exim Bank et la Banque de développement.

  

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_ Rassurer les pays africains

Le débat au sujet du poids de la dette jette cependant une lumière crue sur les dérapages possibles. Si l’Afrique est encore relativement épargnée et bénéficie du soutien inconditionnel de Pékin, d’autres pays en Asie comme le Sri Lanka, la Malaisie, les Maldives ou la Birmanie ont dû revoir à la hâte leurs projets. Incapables de payer leurs nouvelles infrastructures, ils risquaient d’en abandonner la concession au créancier chinois.

 

Beaucoup estiment que le prix à payer est bien trop élevé. Tokyo a ainsi demandé un code de conduite concernant les investissements chinois dans le cadre de ce programme. Le Japon présentera fin juin, lors du prochain G20 à Osaka, une feuille de route permettant selon lui d’éviter ce « piège de la dette ». Mais le G20 ne pourra dicter leur conduite aux pays africains et le sommet de Pékin organisé ce mois-ci sera d’abord l’occasion de rassurer les pays membres de ce programme, notamment les Africains. La Chine continue donc sa route et compte profiter de ce deuxième sommet officiellement nommé « Belt and Road Initiative » (« Initiative Une ceinture, Une route ») pour faire un pied de nez aux pays occidentaux.

 

Sébastien Le Belzic (chroniqueur Le Monde Afrique)/ Publié le 18 avril 2019/ Mis à jour le 08 mai 2019/

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/04/18/la-chine-cherche-un-second-souffle-pour-ses-routes-de-la-soie-en-afrique_5452210_3212.html/


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6 - CHINE/AFRIQUE/ ROUTE DE LA SOIE : quels intérêts pour l’Afrique ?

 

En Septembre 2013, le président chinois Xi Jinping révélait au monde un nouveau projet qui pourrait à terme bouleverser le paysage commercial mondial : le « Belt and Road » Initiative (initiative « La ceinture et la route »). Estimé à plusieurs milliers de milliards de dollars, il vise à relier la Chine à l’Europe en passant par l’Afrique. Aujourd’hui de nombreuses interrogations surgissent quant au rôle que pourrait jouer le continent, dans ce projet.


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_ De nouvelles opportunités pour l’Afrique

La mise en œuvre de la nouvelle route de la soie a été accompagnée d’une vague de financements en faveur des pays africains. Entre 2000 et 2015, la Chine a accordé pas moins de 94,4 milliards $ de prêts aux pays africains. Avec la Chine, « les projets peuvent être signés en un an, alors qu’ils pourraient mettre 10 ans à voir le jour avec des bailleurs internationaux comme la Banque mondiale » confiait à France24, l’économiste Jean-Joseph Boillot. En septembre dernier, un nouveau portefeuille de financement et d’investissement de 60 milliards $ a d’ailleurs été annoncé pour l’Afrique, par le président Xi Jinping.

 

Le projet One Belt One Road contribue également à l’agenda 2063 de l’Union africaine (UA). Il offre de nouvelles perspectives de financement pour les grands projets d’intégration en gestation sur le continent depuis six décennies. En effet, la Chine envisage de construire 30 000 km de nouvelles routes en Afrique. Ces investissements devraient permettre au continent d’améliorer la densité de son réseau routier, qui est la plus faible au monde avec 7km de route pour 100km².

 

D’après Qian Keming, vice-ministre chinois du commerce, le continent africain sera également doté d’une capacité portuaire de 85 millions de tonnes grâce à la nouvelle route de la soie. A cela devrait s’ajouter plus de 30 000 km de lignes de transmission et de transformation d’énergie. Ces investissements pourraient permettre à l’Afrique de réduire un déficit infrastructurel qui lui coûte chaque année entre 87 et 112 milliards $, selon les estimations de la BAD.


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_ Ces investissements pourraient permettre à l’Afrique de réduire un déficit infrastructurel qui lui coûte chaque année entre 87 et 112 milliards $, selon les estimations de la BAD.

La modernisation des ports, aéroports, routes et chemins de fer du continent, permettront surtout de réduire les coûts des transports sur le continent, qui sont parmi les plus élevés au monde. En 2016, un rapport du cabinet Infothep indiquait par exemple que « le transport d’un conteneur entre Kampala (Ouganda) et Mombasa au Kenya peut prendre deux fois plus de temps et d’argent que le transporter de Londres à Mombasa ». D’après la Banque mondiale, l’absence d’infrastructures de qualité, limite de 40% la productivité des entreprises africaines. La nouvelle route de la soie pourrait donc contribuer à réduire ce manque à gagner.

  

_ D’après la Banque mondiale, l’absence d’infrastructures de qualité, limite de 40% la productivité des entreprises africaines. La nouvelle route de la soie pourrait donc contribuer à réduire ce manque à gagner.

Aussi, elle pourrait favoriser une augmentation du PIB par habitants en Afrique, de 1,7 à 2,6 points de pourcentage par an, selon les données de l’institution de Bretton-Woods. Enfin, tous ces investissements devraient se répercuter de façon positive sur le secteur de l’emploi et contribuer à réduire le chômage sur le continent. D’après un rapport du cabinet McKinsey, près de 300 000 emplois ont déjà été crées en Afrique par des sociétés chinoises.


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_ La multiplication de nouveaux chantiers

L’Afrique de l’Est et l’Afrique australe ont enregistré un nombre important d’investissements chinois dans le domaine des infrastructures, ces dernières années. Près de 4 milliards $ ont ainsi permis à l’empire du milieu de relier Djibouti à l’Ethiopie sur près de 756 km de voies ferrées. Au Kenya, la China Eximbank a financé à hauteur de 90% la construction d’une ligne ferroviaire reliant la ville portuaire de Mombasa à Nairobi. Près de 13 milliards $ sont consacrés par la Chine à l’agrandissement du réseau ferroviaire dans le pays.

 

Au Mozambique et en Angola, de grands projets infrastructurels sont financés et développés par Pékin. En 2018, les autorités mozambicaines ont inauguré un pont suspendu de plus de 680 mètres de long au dessus de la baie de Maputo pour un coût total de 725 millions $. Financé à 95% par la Chine, l’ouvrage devait faire partie d’un tronçon routier destiné à assurer « la connexion entre le nord et le sud de l’Afrique par la route », indique le président mozambicain Filipe Nyusi. Entre 2000 et 2014 la Chine a investi près de 2,28 milliards $ dans les infrastructures mozambicaines.

 

En Angola, la valeur des projets d’infrastructures mis en place par la Chine en 2017 a dépassé les 10 milliards $ d’après Cui Amin, l’ambassadeur de Chine à Luanda. Les ports font également l’objet d’investissements intenses de la part du géant chinois. Pékin a ainsi fourni 85% des 580 millions $ nécessaires pour la construction du port polyvalent de Doraleh à Djibouti. Le pays asiatique détient par ailleurs 23,5% du capital de l’autorité portuaire Djiboutienne. Avec la multiplication de ces financements, c’est « plus de la moitié des investissements prévus par la Chine dans le cadre de cette nouvelle Route de la soie qui iront à l’Afrique » indique Le Monde.


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_ Les débuts d’une nouvelle dépendance ?

Cette offensive d’investissements sur le continent, n’a pas toujours rencontré un accueil favorable. Certains accusent la Chine de vouloir réaliser une nouvelle colonisation de l’Afrique. Avec un volume d’échange de 170 milliards $ en 2017, la Chine est devenue pour la 9ème année consécutive, le principal partenaire commercial du continent africain.

Au fil des années, le continent africain est devenu un fournisseur important de ressources naturelles pour une économie chinoise très gourmande en énergie et en matières premières. Plus de 80% des exportations africaines vers la Chine sont constituées de matières premières. D’après des statistiques, le pays absorbe à lui seul environ 75% des exportations congolaises de cuivre et près de 70% des exportations sud-africaines de fer. Près de 40% du pétrole angolais est exporté vers la Chine.


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_ D’après des statistiques, le pays absorbe à lui seul environ 75% des exportations congolaises de cuivre et près de 70% des exportations sud-africaines de fer. Près de 40% du pétrole angolais est exporté vers la Chine.

Pékin veut donc importer ces matières premières à moindre coût, mais également relancer ses activités d’exportations. Cela explique les nombreux investissements dans les infrastructures de transport, et dans la construction portuaire, sur les côtes africaines. « Elle [la Chine, ndlr] a compris l’importance des mers pour redevenir une puissance maritime de premier ordre via ses grands ports » commentait le géopolitique Pierre Picquart, cité par le journal La Liberté.

  

_ Enfin, l’Afrique représente également un énorme marché de consommateurs pour les produits chinois avec une population de plus d’1,2 milliard d’individus prévue pour doubler d’ici 2050.

Enfin, l’Afrique représente également un énorme marché de consommateurs pour les produits chinois avec une population de plus d’1,2 milliard d’individus prévue pour doubler d’ici 2050. Et les prix assez bas des produits chinois facilitent leur pénétration sur le marché continental.


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_ Néanmoins des risquent subsistent…

Aujourd’hui, l’omniprésence des cadres et des entreprises chinoises sur des projets financés par Pékin, au détriment des compétences locales disposant pourtant parfois d’un certain savoir-faire dans le domaine, empêche un transfert de technologies et de compétences. D’après un rapport du cabinet McKinsey, plus de 10 000 entreprises chinoises sont présentes sur le continent. Cependant seuls 44% des gestionnaires locaux des entreprises chinoises sont des Africains.

  

_ D’après un rapport du cabinet McKinsey, plus de 10 000 entreprises chinoises sont présentes sur le continent. Cependant seuls 44% des gestionnaires locaux des entreprises chinoises sont des Africains.

Et si la mise en œuvre de la nouvelle route de la soie facilitera l’accès au marché africain pour les entreprises chinoises, l’inverse pourrait être moins évident pour les entreprises africaines.

 

Moutiou Adjibi Nourou/ Vendredi, 15 février 2019/ (Ecofin Hebdo) -

 

https://www.agenceecofin.com/hebdop3/1502-64013-la-nouvelle-route-de-la-soie-quels-interets-pour-l-afrique/


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7 - Le commerce entre la Chine et l'Afrique a progressé de 2,2% au cours du premier trimestre 2019, mais ...

 

Dans un contexte aujourd'hui marqué par des incertitudes sur l'issue de la bataille commerciale avec les Etats-Unis, les chiffres de la douane chinoise indiquent que le commerce de la deuxième économie du monde avec le continent africain, a atteint 47,6 milliards $ au terme du premier trimestre 2019. Il est en progression de 2,2% comparé à la même période en 2018.

 

Cette performance ne devrait cependant pas conduire à des réjouissances de la part des pays africains, ou à conclure que la conjoncture du commerce international n'impacte pas la relation commerciale entre les deux blocs de partenaires. Déjà on note que derrière ce chiffre global, la part des exportations des pays africains vers la Chine a reculé de 1,5% sur la même période. La Chine est la grande gagnante, car elle a vendu 6,5% de plus de produits dans la région.


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Aussi, on remarque des chiffres, que seuls les pays pétroliers ou miniers affichent des excédents commerciaux dans leurs relations avec la Chine. Trois d'entre eux seulement ont un surplus commercial qui dépasse le milliard $, dont 5,6 milliards $ et 2,3 milliards $ pour l'Angola et l'Afrique du Sud respectivement, qui sont des exceptions dans ce tableau. Les moteurs économiques régionaux (Nigeria, Algérie) et sous-régionaux (Maroc, Egypte, Kenya) figurent dans le top dix des déficits commerciaux avec l'empire du milieu. 

 

Difficile de savoir si la Chine atteindra encore les 5,6 milliards $ d'excédents qu'elle a réalisé en l'Afrique en 2018. Les faibles importations chinoises impactent négativement les revenus des pays de la région et cela se traduit par une baisse des dépenses de consommation ou d'investissement au sein de leurs économies. Mais avec un volume des échanges qui représente seulement 5% de son commerce international, pas sûr que Pékin soit pressé de régler le problème de ses consommateurs africains.

 

Idriss Linge/ Date de création: 15 mai 2019/ Dernière modification le: 07 juin 2019/ Agence Ecofin)

 

https://www.agenceecofin.com/finances-publiques/1505-66174-le-commerce-entre-la-chine-et-lafrique-a-progresse-de-2-2-au-cours-du-premier-trimestre-2019-mais/


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