Publié le : 10-06-2020 à 12:13:56 Synthèse, compilation et textes réunis (David N'DJA Boka)

AFRIQUE/ SOCIAL/ SANTE : avancées médicales et fragilités persistantes du système sanitaire africain


« Afrique/ Gouvernance médicale à corriger : l’Afrique indépendante peine encore à asseoir globalement une politique de santé satisfaisante. Les populations urbaines et rurales du continent, qui désormais dépassent le milliard d’habitants, sont mal soignées malgré les efforts consentis et les budgets étatiques qui explosent. Constat gravissime, les hauts responsables du continent sont contraints de se soigner en occident, du fait des réponses médicales non satisfaisantes au niveau local…

En cause : des gouvernances problématiques, des politiques mal définies, des sommes faramineuses budgétaires utilisées de façon ostensiblement non efficaces, des politiques d’entretiens des infrastructures inexistantes ou insuffisantes…


Décès de Pierre Nkurunziza, président du Burundi : Kaleida Health Gates Vascular Institute / Cannon Design | ArchDaily


Face à ces incohérences, des réponses sont attendues en ces termes : définir des politiques gagnant en maturité et en responsabilité ; relever les dotations budgétaires consacrées à la santé ; multiplier les centres hospitaliers universitaires au niveau des grandes régions ; construire des centres de santé de proximité en nombre suffisant ; construire des hôpitaux spécialisés et des centres médicaux à dimension internationale pour les élites africaines ; entretenir efficacement les infrastructures construites ; évaluer sérieusement l’utilisation des sommes affectées à la santé et sanctionner plus sévèrement les irrégularités financières et les détournements de deniers publics ; éduquer et former les populations en matière de santé, etc. »

 

Source : la rédaction, www.paixetdeveloppement.org/ Juin 2020

 

Top 10 Best Hospitals in the World; South African Hospital Ranked ...


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Children run radio station at South African hospital


1 - SANTE/MEDECINE : Le dynamisme de la médecine sud-africaine

 

Le lent accaparement des richesses de l’Afrique du Sud par son président Jacob Zuma et la famille d’origine hindoue les Gupta est certes une réalité, c’est la tentative de possession par un clan comme dans d’autres pays d’Afrique, par exemple le clan Kabila en RDC. Au fond, on en revient à la tribu.


NHI's success hinges on improving infrastructure at all hospitals


Mais la résistance s’organise en Afrique du Sud et les institutions tiennent bon malgré tout. Elles sont établies depuis des décennies et les citoyens sud-africains ont une opposition bien organisée. Son système de santé est très performant par rapport au reste du continent, car il avait accueilli des personnalités médicales juives fuyant l’Allemagne nazie.

 

En 1967 déjà, le monde apprend avec stupéfaction que le professeur Barnard a réalisé la première transplantation cardiaque à l’hôpital Groote Schuur au Cap. Bien que l’Union Africaine (OUA à l’époque) ait interdit à des Africains hauts placés de se rendre au pays de l’apartheid, de nombreux ministres et autres personnalités africaines  allaient se faire soigner dans les hôpitaux sud-africains, gratuitement souvent, tant les médecins sud-africains étaient heureux de leur rendre ce service et n’ont rien divulgué. D’autres personnalités, du Zimbabwe par exemple, ont fait leurs études par correspondance avec UNISA (University of South Africa)…



Malheureusement aujourd’hui, il y a une des plus fortes prévalences au monde du VIH, avec une propagation de la tuberculose qui tue chaque année 33 000 personnes et un diabète qui alarme les autorités. L’Afrique du Sud fait face à un énorme défi. Malgré cela, elle peut compter sur un avantage majeur : un secteur de la recherche médicale dynamique qui aboutit sur de nombreuses avancées reconnues dans le monde entier.

 

« Etant donné les fonds limités à disposition, ce que nous avons réussi en matière de recherche est remarquable », explique le docteur Dorsamy Pillay, directeur adjoint du pôle de recherche et soutien de l’innovation à la Fondation nationale pour la recherche. Une des grandes figures de la recherche médicale sud-africaine, est la professeure Glenda Gray, élue cette année parmi les cent personnes les plus influentes au monde par le Time Magazine.

 

Ses recherches ont sauvé des milliers de vies en prévenant la transmission du VIH entre mère et enfant, grâce à l’introduction de thérapies  antirétrovirales. En quinze ans, le taux de transmission est passé de 22 % à 2 %. « Si mes travaux ont abouti, c ‘est parce que j’avais derrière moi une longue histoire militante de lutte contre l’apartheid, puis contre le VIH, explique-t-elle. En tant que pédiatre, je voyais mères et enfants mourir devant moi, j’étais outrée : le gouvernement avait tourné le dos à sa propre population ». A cette époque, en effet, le successeur de Mandela, Thabo Mbeki, avait refusé d’établir le lien entre VIH et Sida. Il avait retardé l’entrée du traitement anti-VIH qui aurait pu éviter des dizaines de milliers de nouvelles infections…


 These are the 20 best hospitals in South Africa according to ...


Les combats scientifiques et éthiques de Glenda Gray l’ont conduite aujourd’hui à devenir la première femme présidente du Conseil médical de la recherche en Afrique du Sud ((SAMRC). Elle fait partie de l’équipe qui étudie actuellement un vaccin expérimental contre le Sida, le plus ambitieux à ce jour, testé sur 5 000 volontaires sud-africains.

 

Il y a d’autres personnalités médicales dignes d’être mentionnées : la professeure Karen Sliwa-Hahnle, spécialiste des maladies du cœur chez les femmes enceintes et le professeur Kit Vaughan en génie biomédical au Cap qui a créé sa propre entreprise biomédicale à sa retraite en 2009. Il cherche à fabriquer la première machine de dépistage du cancer du sein combinant échographie et mammographie.

 

Tout cela semble avoir trouvé un écho favorable auprès du gouvernement sud-africain qui a annoncé en avril dernier faire passer le pourcentage du PIB  consacré à la recherche et développement  de 0,78 à1,5 % d’ici à 2020. Une bonne nouvelle dans ce grand pays digne d’être soutenu, politiquement surtout, pour qu’il ne tombe pas dans les mains d’un clan avide d’argent.

 

Source : //blogs.letemps.ch/christine-von-garnier/ 30 août 2017/ Christine von Garnier

 

https://blogs.letemps.ch/christine-von-garnier/2017/08/30/le-dynamisme-de-la-medecine-sud-africaine/

 

South Africa has more than 800 ICU beds - but exactly how many is ...


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Dr. Christiaan Barnard: Heart Of The Matter - Pioneering Minds


2 - Afrique du Sud/Médecine avancée : Il y a cinquante ans, en Afrique du Sud, la première transplantation cardiaque mondiale

 

L’hôpital Groote Schuur, qui perpétue l’héritage du pionnier Christiaan Barnard, a mis au point un protocole révolutionnaire pour opérer les personnes atteintes de valvulopathie. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1967, Louis Washkansky, 53 ans, a reçu le cœur d’une jeune femme de 25 ans, Denise Darvall, en état de mort cérébrale après avoir été renversée par un camion. Cette prouesse médicale, la première transplantation cardiaque au monde, a été réalisée il y a exactement cinquante ans par un chirurgien inconnu dans un pays inattendu : l’Afrique du Sud.


In 50 years, heart transplant surgery hasn't changed significantly ...


« Le samedi [d’avant l’opération], j’étais un chirurgien anonyme dans mon pays. Le lundi, j’étais mondialement connu », avait coutume de raconter Christiaan Barnard, décédé en 2001. Le Sud-Africain est immédiatement propulsé dans un tourbillon médiatique, et devient presque aussi célèbre que Nelson Mandela. Elevé au rang d’icône de la médecine moderne, le télégénique médecin de 45 ans fait les gros titres de la presse internationale, alors que pour la première fois le monde entier se passionne pour un événement médical.

 

Au sein de la communauté des chirurgiens en revanche, on estime que le professeur Barnard a volé la vedette à l’Américain Norman Shumway. Depuis plusieurs années, celui-ci s’exerçait sur des animaux et avait mis au point les principales techniques opératoires de greffe cardiaque. En toute logique, il aurait dû être le premier à réaliser une transplantation d’humain à humain. Mais, aux Etats-Unis, où la mort d’un patient était alors définie par l’arrêt du cœur et non par l’état de mort cérébrale, l’opération aurait fait du chirurgien un criminel.

 

Christiaan Barnard, the Pioneer of Heart Transplants | OpenMind


_ Coup de chance

Avec de l’audace et un grand coup de chance, Christiaan Barnard a su tirer profit de lois sud-africaines plus souples. Et l’accident qui a coûté la vie à Denise Darvall a pu sauver momentanément la vie d’un patient compatible. Le chirurgien a attendu que le cœur de la jeune femme s’arrête complètement de battre avant de le transplanter. « C’était la première greffe cardiaque et il ne voulait pas qu’on puisse lui reprocher d’avoir pris le cœur battant d’un patient », se remémore Dene Friedmann, l’une des infirmières qui a participé à l’opération historique, interrogée par l’Agence France-Presse. Au bout de presque cinq heures au bloc opératoire, le cœur, « choqué » deux fois, est reparti. Le patient s’est réveillé peu de temps après et est même parvenu à s’asseoir. 

Louis Washkansky, un épicier de 53 ans a reçu le cœur de Denise Darvall, 25 ans, lors de la première transplantation cardiaque réalisée en 1967 en Afrique du Sud. AFP


31 Best Suid-Afrika: Dokter Christiaan Barnard images | Christiaan ...


A l’époque, cette première historique a suscité de profonds débats éthiques sur la transplantation de l’organe, sacré s’il en est, vu comme le siège des émotions et de la vie. « Le professeur Barnard a reçu des lettres horribles le qualifiant de boucher », ajoute l’infirmière, désormais septuagénaire. « Vautour », « sadique », « anormal », les insultes ont plu du monde entier, comme on peut désormais le constater au musée de l’hôpital Groote Schuur au Cap, où certaines de ces lettres sont affichées et le bloc opératoire original reconstitué.

 

Louis Washkansky est mort dix-huit jours après l’opération, d’une pneumonie, à cause d’un système immunitaire affaibli par les médicaments antirejet. Depuis, dans l’hôpital du Cap où Christiaan Barnard a bouleversé l’histoire de la médecine, 537 cœurs ont été transplantés. « Les chirurgiens d’aujourd’hui utilisent pratiquement la même procédure que celle suivie par Barnard », explique Peter Zilla, qui dirige le département de médecine cardiothoracique qui porte le nom du précurseur, à l’Université du Cap. « Ce qui a changé, ce sont les avancées des immunosuppresseurs grâce auxquels 70 % des patients survivent au moins dix ans, poursuit-il. C’est phénoménal ! »

 

Tough choices about who gets ICU access: the ethical principles ...


. 33 millions de personnes concernées

Cinquante ans plus tard, le département Christiaan-Barnard cherche à perpétuer l’esprit de pionnier du chirurgien et à continuer de révolutionner la médecine cardiaque. Sur trois étages, au cœur de la faculté de médecine, une équipe de 32 ingénieurs, sous la direction du professeur Zilla, dispose de toutes les machines, d’un bloc opératoire expérimental et de l’équipement nécessaire pour mener à bien leur mission. Les chercheurs ont jeté leur dévolu sur une pathologie longtemps négligée, presque éradiquée en Occident, qui sévit dans les pays très pauvres et touche d’abord les enfants : la maladie des valves cardiaques (en anglais : Rheumatic heart disease). 

Le chirurgien Christiaan Barnard, ici à Paris, en mars 1970, a été propulsé au rang d’icône de la médecine moderne après avoir réalisé la première greffe du cœur en 1967. AFP

 

« Les valvulopathies cardiaques affectent le plus fréquemment des personnes qui vivent dans des zones surpeuplées avec un accès limité à la santé, explique le doyen de la faculté de médecine, le professeur Bongani Mayosi. Une infection initiale non traitée de la gorge par la bactérie du streptocoque, une angine par exemple, entraîne une réponse immunitaire du corps qui attaque également les valves cardiaques du patient. »


SA again pioneers world's first surgical procedure - YouTube


En mai 2017, après un intense lobbying des cardiologues, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé de faire de cette maladie une priorité mondiale : 33 millions de personnes seraient atteintes de valvulopathie dans le monde, et 275 000 en meurent chaque année. A titre de comparaison, 37 millions de personnes vivent avec le VIH et un million de personnes en sont mortes en 2016.

 

« Tout le monde parle du sida, qui concerne à peu près le même nombre de patients, et pour lequel il existe désormais un traitement, avance Peter Zilla, un chirurgien autrichien à la tête du département depuis vingt ans. Pour les valvulopathies, il n’y a pas le choix, il faut une opération. » Or une chirurgie de remplacement de valve, effectuée à cœur ouvert, nécessite un cardiologue spécialisé, un chirurgien cardiothoracique, une machine cœur-poumon et une salle d’opérations sophistiquée. Dans un pays comme le Nigeria, illustre-t-il, qui possède 250 centres hospitaliers pour 200 millions d’habitants, un seul est capable de mener des opérations cardiaques.


Mechanical heart devices save 10-year-old's life


_ Une valve cardiaque pour les pays pauvres

« On s’est demandé comment simplifier l’approche pour qu’un chirurgien général puisse accomplir l’opération », poursuit-il, avec un sourire malicieux. Leur solution ? Une valve en plastique, qui ne se dégénère pas, introduite et mise en place par une simple incision entre les côtes. Une représentation en trois dimensions de la valve cardiaque artificielle développée par l’équipe de Peter Zilla au Cap, en Afrique du Sud, pour sauver les patients atteints de valvulopathie. Département Christiaan-Barnard, Hôpital Groote Schuur.

 

Avec un budget de 12 millions d’euros, l’équipe du professeur Zilla a mis au point une valve contenant un ballon à noyau creux, qui n’interrompt pas le flux sanguin et peut donc s’installer sans avoir à arrêter le cœur par un chirurgien non spécialisé. « Ces valves peuvent être produites en masse à coûts réduits. Les tests montrent une durabilité équivalente à vingt ans dans le corps d’un patient », ajoute t-il. Pour l’instant expérimentées sur des moutons, elles devraient être posées sur des patients humains « dans les prochains mois », assure t-il. Début octobre, le produit a reçu le prix de l’innovation de l’Association européenne des chirurgiens cardiaques (EACTS) et suscite l’intérêt de médecins russes et chinois.

 

Peter Zilla entend profiter du cinquantenaire de la prouesse de son prédécesseur et des trois jours de célébrations prévus au Cap pour convaincre ses confrères : « J’espère que ce sera un tournant qui permettra d’apporter des opérations médicales cruciales à des millions de patients dans les pays en voie de développement ».

 

Source : www.lemonde.fr/ Par Adrien Barbier/ Publié le 03 décembre 2017/ Mis à jour le 04 décembre 2017/

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/12/03/il-y-a-cinquante-ans-en-afrique-du-sud-la-premiere-transplantation-cardiaque-mondiale_5224010_3212.html/

 

Kidney Transplant in South Africa: Costs, Doctors, and top ...


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South African team performs second successful penis transplant


3 - Afrique du Sud/Médecine avancée : des médecins réussissent une seconde transplantation de pénis

 

Cette opération devrait permettre au patient transplanté de retrouver un organe pleinement fonctionnel à terme. Trois ans après un premier essai réussi, la même équipe médicale sud-africaine vient de réitérer son exploit : transplanter un pénis. Ces praticiens venus du Tygerberg Academic Hospital et de l'Université Stellenbosch en Afrique du Sud avaient fait sensation en annonçant le succès d’une transplantation effectué le 11 décembre 2014. Comme le premier patient greffé, le second patient à bénéficier de cette transplantation avait perdu son pénis en raison de complications après une circoncision.


South African Doctor Cures Deafness With First-Ever Middle Ear ...


"Il va remarquablement bien. Il n'y a aucun signe de rejet et toutes les structures reconnectées semblent bien guérir", a expliqué le professeur André van der Merwe, un des membres de l’équipe pionnière sud-africaine cité par BFM-TV, "on s'attend à ce qu'il retrouve ses fonctions urinaires et reproductives dans les six mois suivant la transplantation". Peu de temps après la première opération, l’heureux élu avait même annoncé qu’il attendait un enfant avec sa compagne en 2015.


 Black man who lost penis in botched circumcision to have ...


Une véritable prouesse chirurgicale

La transplantation du pénis constitue encore une prouesse chirurgicale. Pour cette dernière opération, le pénis du donneur a été minutieusement disséqué pour préserver les vaisseaux sanguins, les nerfs ou encore les muscles de l’organe du donneur. Grâce à la microchirurgie, l’organe peut ainsi être parfaitement greffé aux tissus du receveur. La circulation sanguine et l’excrétion sont alors rétablies, mais aussi la transmission nerveuse. "La présentation diversifiée des vaisseaux sanguins et des nerfs rend l'opération très difficile et signifie que chaque cas est unique", précise le docteur Alexander Zühlke, spécialiste en chirurgie plastique, sur BFM-TV.


Une première greffe


Une pigmentation micro-cutanée peut également être pratiquée, comme dans le cas présent, pour réduire la différence couleur de peau entre le donneur et le receveur. Pour éviter tout risque de rejet, le patient transplanté doit également prendre un traitement immunosuppresseur, afin que l’organe greffé ne soit pas perçu comme un corps étranger. Le patient suit également un accompagnement psychologique. Une première greffe de pénis avait déjà été pratiquée en Chine en 2006. Malgré la réussite chirurgicale de l'opération, l'organe avait dû être retiré en raison de "problèmes psychologiques du patient".

 

Source : www.rtl.fr/ Geoffroy Lang / PUBLIÉ LE 29/05/2017/

 

https://www.rtl.fr/actu/international/afrique-du-sud-des-medecins-reussissent-une-seconde-transplantation-de-penis-7788755848/


 Transplant Team [image] | EurekAlert! Science News


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Santé : Une révolution sanitaire en Côte d'Ivoire | FratMat


4 – SANTÉ/ Côte d’Ivoire : un système de santé encore à la peine malgré les réformes engagées

 

Vétusté des services, sous-effectifs, désorganisation… Malgré les réformes en cours, le système de santé accuse encore d’importants déficits financiers, techniques et humains. Dans le couloir des urgences, le directeur du centre hospitalier universitaire (CHU) de Cocody fait patiemment mais fermement passer son message. « Ne vous asseyez pas par terre, allez sur les bancs à l’accueil », répète-t‑il au groupe de femmes et d’hommes venus accompagner leurs parents. Le matin même, il s’était déjà arrêté pour demander aux gens allongés dans le hall de sortir. Mais le docteur Djoussoufou Méité a conscience que rien n’est fait pour accueillir les familles dans de bonnes conditions.


1.658 milliards pour la santé en Côte d'Ivoire - Eburnie Today


« Culturellement, c’est en plus très difficile pour elles de ne pas se déplacer en nombre pour marquer leur soutien », explique-t‑il. Du coup, la salle d’attente ne désemplit jamais, et des dizaines de personnes dorment chaque nuit à même le sol autour de l’établissement. Le regard fatigué, une femme d’une quarantaine d’années attend d’être rejointe par sa sœur. Son mari a été admis il y a vingt-quatre heures pour traiter son hypertension. Faute de chambres bien équipées dans les étages, les patients restent fréquemment quarante-huit heures, parfois plus, aux urgences. Pourtant Cocody fait figure de vitrine pour la médecine hospitalière ivoirienne.

 

En 2014, le décès aux urgences du mannequin Awa Fadiga avait suscité un vif émoi et alimenté la polémique sur l’état de déliquescence du système de santé. Dans la foulée du scandale, la présidence de la République avait ordonné la rénovation du service. Échographie, radiologie, laboratoire d’analyses, réfection des bâtiments… Au total, 3 milliards de F CFA (plus de 4,5 millions d’euros) ont été investis pour mettre à niveau les urgences, qui voient chaque année défiler près de 40 000 patients. 


« Nous disposons maintenant de l’essentiel en matière d’équipement. C’est sur l’organisation que nous devons poursuivre nos efforts », estime Djoussoufou Méité. Actuellement, les équipes du professeur Kignelman Horo, responsable des urgences, expérimentent des chariots sur lesquels sont proposés en accès libre les médicaments indispensables au traitement des cas les plus graves.


Les urgences des Chu de Cocody, Yopougon et Treichville/ Ce que l ...


20 % DES PATIENTS ADMIS AUX URGENCES DE COCODY Y DÉCÈDENT

Cela évite aux familles d’avoir à se rendre à la pharmacie de l’hôpital avec leur ordonnance. Ce qui ralentissait d’autant plus la prise en charge médicale. L’amélioration de l’efficacité du système reste un impératif : 20 % des patients admis aux urgences de Cocody y décèdent. « Cela s’explique par la gravité des cas, par les retards de diagnostic quand il s’agit de maladies comme le cancer, par des temps de transport très longs et aussi parfois par un retard dans la prise en charge », admet le directeur.


SANTÉ : PLUS DE 600 CENTRES DE SANTE A CONSTRUIRE OU REHABILITER


Un manque de moyens financiers

Si l’amélioration du fonctionnement est un objectif affiché du gouvernement, les contraintes budgétaires sont un frein permanent.

PAR MANQUE DE MOYENS, TOUT SE DÉGRADE PLUS VITE », CONSTATE, INQUIET, LE DR MÉITÉ.

Sur un budget annuel de 10 milliards de F CFA, 70 % des dépenses du CHU de Cocody sont consacrées aux frais de personnel de ses 1 200 salariés, quand cela ne devrait pas dépasser 30 %, estime le directeur.

Résultat, l’an dernier, seulement 1,5 milliard de F CFA ont été réservés à la maintenance et à l’entretien des bâtiments et des équipements. « Par manque de moyens, tout se dégrade plus vite », constate, inquiet, le Dr Méité.

 

Fermeture du Chu de Yopougon: Voici où les services seront ...


SUR LES 495 LITS THÉORIQUEMENT DISPONIBLES, SEULS 350 SONT FONCTIONNELS

Au CHU de Yopougon, la situation est encore plus critique. Inauguré au début des années 1980, l’hôpital est aujourd’hui vétuste. Sur les 495 lits théoriquement disponibles, seuls 350 sont fonctionnels. Bâti en périphérie de la commune la plus peuplée de la capitale économique, son service d’urgences ne disposait au moment de sa conception que de trois lits. 

 

Aujourd’hui, près d’une dizaine de patients sont en permanence entassés dans une ancienne salle d’attente. Quant aux accidentés – nombreux en raison de la proximité de l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro –, on les a remisés dans un local sans confort situé au niveau de la sortie. De l’autre côté du couloir, le CHU a aussi aménagé à la va-vite un petit espace pour les urgences pédiatriques.

 

« Cela fait quatre ans que j’entends parler du projet de réhabilitation, je ne sais plus si je dois y croire », observe amèrement le professeur Dick Rufin, président de la commission médicale de l’établissement. Que ferait-il si lui ou sa famille avait un problème ? « J’irai dans une clinique privée », confie-t‑il sans détour. Les problèmes financiers touchent aussi les hôpitaux de proximité comme celui de Port-Bouët, situé à la sortie d’Abidjan. Composé de modestes pavillons réhabilités à la fin des années 1990, l’établissement a enregistré près de 80 000 consultations en 2016, soit une augmentation de sa fréquentation de 100 % en six ans.

 

Quand il lui faudrait 300 millions de F CFA pour fonctionner normalement, il n’obtient que 100 millions. « Nos équipements se sont néanmoins améliorés ces dernières années. Depuis la fin de la crise, nous avons obtenu la création de trois blocs opératoires, auxquels sont venus s’ajouter un gros stérilisateur, des appareils de radio numériques et des lits. Nous avons pu créer des consultations de diabétologie et de cardiologie », explique le docteur Ernest Atté Boka, directeur de l’hôpital général de Port-Bouët depuis 2010.

 

Santé Publique- Le CHU d'Angré inauguré, Ouattara annonce plus de ...


Une volonté politique qui ne suffit pas

Dans son bureau, Raymonde Goudou Coffie, ministre de la Santé depuis 2012, n’ignore rien des difficultés que rencontrent les hôpitaux ivoiriens. « Nous avons trouvé un système de santé plus bas que terre où rien n’avait été fait pendant plus de dix ans », rappelle-t‑elle. « Au plus fort de la crise, ce sont souvent les structures communautaires qui ont assuré la continuité des soins », explique le Dr Djoussoufou Méité.


Côte d'Ivoire : nouvelle mission de chirurgie réparatrice | La ...

LA CÔTE D’IVOIRE AFFICHE UN MÉDIOCRE RATIO D’UN MÉDECIN POUR PRÈS DE 6 000 HABITANTS

 

Malgré le retour de la croissance, la ministre n’est pas parvenue à faire décoller significativement la part des dépenses publiques attribuée à la santé. La Côte d’Ivoire, qui affiche un médiocre ratio d’un médecin pour près de 6 000 habitants, reste loin de l’engagement pris à Abuja en 2001 de consacrer 15 % du budget national à la santé. En 2017, cette part ne représentait que 6 % avant d’être rabotée pour tenir compte des problèmes de trésorerie du pays. « Il reste beaucoup à faire », reconnaît Raymonde Goudou Coffie, tout en soulignant les nombreux chantiers déjà menés.

 

Ces cinq dernières années, le gouvernement a débloqué le salaire des médecins, embauché plus de 10 000 professionnels de santé, construit une centaine d’établissements sanitaires de premier contact, lancé le chantier du nouveau CHU d’Angré, sans oublier la mise en place de la gratuité ciblée, qui n’existait pas avant 2010. Cette dernière mesure permet aux citoyens d’être soignés gratuitement lorsqu’ils se rendent aux urgences. Mais sa mise en œuvre suscite de nombreuses incompréhensions. Très souvent, les patients doivent tout de même payer leurs médicaments, car le stock dévolu aux gratuités est épuisé.

 

Pour réconcilier les Ivoiriens avec leur système de santé, le gouvernement doit enfin améliorer la gouvernance des hôpitaux. Selon de nombreux témoignages recueillis, réclamer aux patients un bakchich pour accélérer leur prise en charge, y compris pour les cas les plus graves, est une pratique toujours en vigueur.

 

La Côte d'Ivoire inaugure son premier centre d'ophtalmologie ...


Vers une meilleure couverture dès 2018 ?

Djoussoufou Méité, directeur du CHU de Cocody, en est persuadé, la couverture maladie universelle (CMU) voulue par le président Ouattara est la seule solution pour offrir une meilleure prise en charge médicale aux Ivoiriens. En échange d’une contribution de 1 000 F CFA (1,52 euro) par mois, ce dispositif donnera accès à un certain nombre de soins, dont 70 % seront pris en charge par la Caisse nationale d’assurance maladie. L’enrôlement des bénéficiaires, démarré en 2015, est pourtant bien plus lent qu’espéré.

 

Sur une base de 2,15 millions de personnes recensées, seules 735 000 se sont effectivement inscrites. « Nous devons davantage communiquer », reconnaît Raymonde Goudou Coffie, la ministre de la Santé. Fin avril, le gouvernement a lancé une première phase expérimentale couvrant 150 000 étudiants pour six mois. La généralisation de la CMU est toujours prévue pour début 2018.

 

Source : www.jeuneafrique.com/ RÉSERVÉ AUX ABONNÉS/ 26 juillet 2017/ Par Julien Clémençot/

 

https://www.jeuneafrique.com/mag/457283/societe/cote-divoire-un-systeme-de-sante-encore-a-la-peine-malgre-les-reformes-engagees/

Visite de l`Ambassadeur de l`Union Européenne à l`Hôpital Mère ...


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VIH Sida : le combat est voué à l'échec sans une action d ...

  

5 - VIH/sida

 

Principaux faits

·         Le VIH reste un problème majeur de santé publique de portée mondiale, qui a entraîné jusqu’ici plus de 32 millions de décès. Mais grâce à un meilleur accès à une prévention, à un diagnostic, à un traitement et à des soins efficaces, concernant aussi les infections opportunistes, l’infection à VIH est devenue une pathologie chronique qui peut être prise en charge avec l’assurance de vivre longtemps et en bonne santé.

·         On comptait environ 37,9 millions de personnes vivant avec le VIH à la fin de 2018.

·         À la suite d’efforts internationaux concertés, la couverture des services a régulièrement augmenté. En 2018, 62 % des adultes et 54 % des enfants vivant avec le VIH dans les pays à revenu faible ou intermédiaire recevaient un traitement antirétroviral (TAR) à vie.

·         La grande majorité (82 %) des femmes enceintes et allaitantes vivant avec le VIH recevaient aussi un TAR qui non seulement protège leur santé mais prévient aussi la transmission du virus au nouveau-né.


New York state could end its AIDS epidemic by end of 2020 ...


·         Tout le monde n’a cependant pas encore accès aux tests de dépistage, au traitement et aux soins. En particulier la cible prioritaire pour 2018 visant à ramener à 40 000 le nombre de nouveaux cas pédiatriques n’a pas été atteinte. Les cibles mondiales pour 2020 risquent aussi d’être manquées si des mesures ne sont pas prises rapidement.

·         En raison de services lacunaires contre le VIH, on a compté 770 000 décès en 2018 liés au virus et 1,7 million de nouvelles infections.

·         En 2018, pour la première fois, les membres de groupes clés et leurs partenaires sexuels ont représenté plus de la moitié des nouveaux cas d’infection dans le monde (54 % selon les estimations). En Europe orientale, en Asie centrale, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ces groupes représentaient environ 95 % des nouveaux cas.

·         Les groupes clés sont notamment : les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes ; les consommateurs de drogue par injection ; les personnes détenues en prison et dans d’autres milieux fermés ; les travailleurs du sexe et leurs clients ; et les transgenres.

·         En outre, du fait de leurs conditions de vie, toute une série d’autres personnes peuvent être particulièrement vulnérables et exposées à un risque accru d’infection par le VIH, comme les adolescentes et les jeunes femmes en Afrique australe et orientale et les populations autochtones dans certaines communautés.

·         La vulnérabilité accrue face au VIH est souvent associée à des facteurs juridiques et sociaux qui aggravent l’exposition au risque et érigent des obstacles entravant l’accès à des services de prévention, de dépistage et de traitement efficaces, abordables et de qualité.

·         Plus des deux tiers des personnes vivant avec le VIH se trouvent dans la Région africaine de l’OMS (25,7 millions). Si le VIH est prévalent dans la population générale dans cette Région, on constate un nombre croissant de nouvelles infections dans les groupes clés.

·         Le VIH peut être diagnostiqué au moyen de tests rapides donnant des résultats le même jour, ce qui facilite beaucoup le diagnostic et les liens avec le traitement et les soins.


En Afrique subsaharienne, beaucoup meurent encore du SIDA, même ...


·         Il n’existe pas de moyen de guérir l’infection par le VIH. En revanche, des médicaments antirétroviraux (ARV) efficaces peuvent permettre de maîtriser le virus et contribuer à éviter sa transmission à des personnes non infectées.

·         À la fin de 2018, on estimait que 79 % des personnes vivant avec le VIH se savaient infectées, que 23,3 millions de personnes vivant avec le VIH (62 % du nombre total) recevaient un traitement antirétroviral (TAR) et que la suppression de la charge virale avait été obtenue chez 53 % d’entre elles qui ne présentaient plus de risque infectieux pour autrui.

·         Entre 2000 et 2018, les nouvelles infections à VIH ont diminué de 37 % et les décès liés au virus de 45 %, le TAR ayant permis de sauver 13,6 millions de vies. Ce résultat a été obtenu grâce aux efforts considérables consentis par les programmes nationaux de lutte contre le VIH appuyés par la société civile et les partenaires internationaux du développement.

 

Source : www.who.int/fr/ 15 novembre 2019

 

https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/hiv-aids/

 

Philanthropists join forces to fund Africa's cash-strapped health ...


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Sida : la discrimination, un frein à l'accès aux soins dans l ...


6 – Afrique/ Santé/ Sida : point de la situation et perspectives

 

Outre les autres épidémies qui ravagent l'Afrique, le Sida reste un mal à combattre. Même si des progrès ont été enregistrés dans certains pays du continent, la prise en charge médicale et sociale constituent pour d'autres un éternel combat. Sur une population mondiale de 37 millions de sidéens, l'Afrique concentre à elle-seule plus de 25 millions (67%) là où sa partie ouest et centre comptent 5 millions de personnes (13%) vivant avec le VIH en 2018. Ces chiffres de l'ONU-Sida n'ont pas beaucoup bougé en 2019, même si « l'évolution de l'épidémie a été ralentie » dans le continent grâce à l'implication des communautés.

 

Dakar 28 novembre, le bureau sous-régional de l'organisme des Nations unies chargé de la lutte contre le Sida lance son rapport sur l'évolution de cette maladie en prélude à la célébration de la journée mondiale du dimanche 1er décembre prochain. Autour d'un panel que partagent deux fonctionnaires onusiens (ONU-Sida et Unicef), en service en Afrique de l'ouest et du centre, avec la représentante de l'Etat du Sénégal et deux acteurs de la société civile sénégalaise, on continuait de discuter sur le rapport 2019 de l'ONU-Sida qui n'était toutefois pas disponible pour les nombreux journalistes.

 

Mais selon Dr Mamadou Sakho, conseiller régional de l'ONU-Sida et chargé de le présenter, il dénote justement que « l'évolution de l'épidémie a été ralentie ». « Il y a une réduction des nouvelles infections au Sénégal et un peu partout dans la sous-région, ajoute le médecin sénégalais. Mais on n'a pas encore trouvé de vaccin pour cette maladie ».

 

Ainsi dans la zone de couverture (ouest et centre), « cinq millions de personnes vivent l'épidémie et les deux tiers sont des femmes ». Pendant ce temps, « les jeunes filles sont particulièrement très vulnérables et exposés aux risques, de même que les prostitués (hommes ou femmes), les injecteurs de drogue », déplore Dr Sakho, appelant à aller vers « ces groupes (à risque) et essayer de leur donner les soins et l'information ».

 

The 2017 diary: December | The Guardian Nigeria News - Nigeria and ...


_ Le Nigéria, un cas problématique

Mais « pour le moment, le Nigéria nous pose problème. C'est un grand pays avec 1,5 million de personnes infectées », a-t-il poursuivi notant qu'il « y a aussi la Côte d'Ivoire, le Cameroun, la RDC ». « Si nous maîtrisons l'épidémie dans ces grands pays et qu'ils parviennent à couvrir 95% de leur population en termes de connaissances, de statuts, d'accès au traitement, de suppression de la charge virale, l'épidémie peut être jugulée en Afrique de l'ouest et du centre. Ce sont des pays où nous concentrons nos efforts, même si chaque pays constitue une problématique où nous avons un représentant qui essaie d'apporter une réponse ».

 

Au Sénégal, le taux de prévalence est de 0,5% et un dépistage national de l'ordre de 80% a été effectué, se réjouit Dr Safiétou Thiam, secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS). Saluant les « avancées » de son pays dans ce domaine « grâce à la mobilisation des communautés », elle veut aujourd'hui « casser le plafond de verre » en atteignant le taux de dépistage de 90% en 2020. En 2018, les nouvelles infections liées au VIH en Afrique de l'ouest et du centre sont de 280.000 personnes là où 160.000 décès ont été déplorés, tandis que 2,6 millions d'individus ont accédé au traitement.

 

En Afrique de l'est et du sud par contre, les chiffres ont crû de manière exponentielle. 20,6 millions de sidéens y vivent et les nouvelles infections ont touché 800.000 personnes, avec 310.000 décès liés à la maladie. Par ailleurs, 13,8 millions de malades avaient accès au traitement.

 

Dying from lack of medicines | Africa Renewal


_ « Retard »

Ainsi malgré les « efforts », constate Mamadou Sakho, l'Afrique de l'ouest et du centre est « en retard par rapport à l'Afrique de l'est et du sud » où la maladie s'est d'abord développée bien sûr. Ce retard concerne, selon l'expert, la couverture des antirétroviraux dans laquelle « on est une personne sur deux ». En Afrique de l'ouest et du centre, recommande-t-il, on doit « ajuster et calibrer nos actions et nos budgets là où il faut »… surtout vis-à-vis des communautés auxquelles la journée mondiale de 2019 rend d'ailleurs hommage pour leur rôle dans la riposte au Sida au niveau international, national et local.

 

Parmi ces communautés, l'Alliance nationale des communautés pour la santé (ANCS), une organisation « faîtière » de la société civile sénégalaise s'activant dans la lutte contre le Sida, mène une action remarquable « depuis plus de 20 ans ». « Notre action a été la mobilisation communautaire, l'accompagnement, faire en sorte que les populations accèdent au traitement, informer chaque communauté sur la prévention de la maladie, la distribution communautaire de préservatifs, le dépistage démédicalisé etc. », explique son directeur technique, Massogui Thiandoum.

 

Et pour Patrick Brenny, directeur régional de l'ONU-Sida, « les communautés sont toujours au fond et au cœur de la lutte. Elles s'assurent que les voix les plus importantes qu'on n'entend pas souvent soient entendues. Elles sont les plus proches des plus démunis, des plus isolés et ceux qu'on a besoin de plus toucher par rapport à notre réponse du VIH, si nous sommes sérieux à mettre fin à l'épidémie du Sida d'ici 2030 ».

 

2. Conférence internationale sur le Sida en Afrique du Sud - RFI


 _ « Agenda politique »

Cependant, précise M. Thiandoum, les ressources publiques dédiées aux communautés « ne sont pas suffisantes » même si « nous avons des bailleurs de fonds qui viennent compléter l'enveloppe de l'Etat ». Par ailleurs, le Sida « est une maladie qui mérite un agenda politique, dès qu'on baisse la garde la politique ne suit plus. C'est pour cela les financements, comparés aux autres pays, sont extrêmement faibles. Les partenaires et les gouvernements doivent s'engager à donner plus de moyens que par le passé », a invité Dr Mamadou Sakho, notant que « les techniciens aussi devront être formés et les services disponibles ».

 

Pour sa part, l'ANCS s'appuie sur un personnel de 33 personnes, avec des points focaux dans chaque région du Sénégal. « Nous avons aussi plus de 240 médiateurs de santé qui sont tous des salariés de l'ANCS », a ajouté Massogui Thiandoum. Très motivé par ailleurs, il note que « si nous faisons des efforts, nous pouvons atteindre l'objectif d'élimination du VIH d'ici 2030 » dans le monde et en Afrique particulièrement.

 

Source : //apanews.net/ ODL/Dng/APA/ APA-Dakar (Sénégal)/ Par Oumar Dembélé

 

http://apanews.net/mobile/uneInterieure.php?id=4933545/

 

Des femmes porteuses du VIH stérilisées de force dans des hôpitaux ...


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Coronavirus : quelles sont les fausses nouvelles en Afrique? - BBC ...

 

7 - Covid-19: l’exception africaine propulsée au dessus de la barre des 140 000 cas

 

Le nombre de cas confirmés de COVID-19 sur le continent africain a atteint 141.535 dont 4069 décès au 31 mai 2020. Bien loin des USA avec 1 825 970 infectés et 105 773 morts. Le continent, objet de rapports alarmants de la part de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), fait part d’une résilience remarquable qui bouscule jusqu’au Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) un temps aligné sur les prévisions internationales.


Coronavirus: Les hôpitaux guinéens disposent-ils d'une capacité ...


_ Un top ten africain instructif

Le virus s’est jusqu’à présent propagé dans 54 pays africains, a noté l’agence continentale CDC Afrique. Par ailleurs, 59.212 personnes infectées par le COVID-19 se sont rétablies à travers le continent en date de dimanche matin.

 

En valeur absolue, le pays le plus touché par la pandémie est l’Afrique du Sud avec 32 680 cas positifs et 683 décès, suivie par l’Egypte (24 985 cas positifs et 959 décès), le Nigeria (10 162 cas positifs; 287 décès), l’Algérie (9 394; 653 décès), le Ghana (8070 cas; 36 décès), le Maroc (7 819 cas; 205 décès), le Cameroun (5 904 cas; 191 décès), le Soudan (5026 cas; 286), la Guinée (3 706 cas; 23 décès), le Sénégal (3645 cas; 41 décès). A noter que plus de la moitié des décès (56%) recensés en Afrique ont lieu dans trois pays que sont l’Afrique du Sud, l’Egypte et l’Algérie.

 

Source : www.financialafrik.com/ Par Zeinab Filali -1 juin, 20202/

 

https://www.financialafrik.com/2020/06/01/covid-19-lexception-africaine-propulsee-au-dessus-de-la-barre-des-140-000-cas/


Covid-19/Côte d'Ivoire : Le nombre de cas passe à 101 malades


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RDC - Goma : Nouveau centre « Espoir » à l'hôpital Heal Africa ...


8 - Afrique/ santé : Un rapport de l’OMS montre que la mauvaise qualité des prestations menace les acquis dans le domaine de la santé en Afrique

 

Selon un nouveau rapport du Bureau régional de l’Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), on assiste à une embellie notable de l’état de santé au niveau de la Région, cette tendance ne pouvant être maintenue et consolidée que si les pays améliorent sensiblement la qualité des prestations de services de santé essentiels au profit des personnes qui en ont le plus besoin.

 

Le Rapport sur l’état de la santé en Afrique donne une vue d’ensemble de l’état de santé de la Région africaine et la situation des services apparentés dont les populations ont besoin. Il évoque en outre le rôle joué par les performances des systèmes de santé et analyse leur impact sur la santé des populations au niveau de la Région. Ce rapport a été lancé à Dakar par le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS, à l’occasion d’un événement parallèle organisé en marge de la soixante-huitième session du Comité régional de l’Afrique.

 

COVID-19: Africa′s health workers at risk | Africa | DW | 06.05.2020


_ Aperçu de l’état de santé de la Région africaine

L’état de santé des populations de la Région s’est considérablement amélioré, ce qui se traduit par un relèvement de l’espérance de vie en bonne santé - temps passé en pleine santé - de 50,9 à 53,8 ans entre 2012 et 2015, la progression la plus notable enregistrée dans toutes les régions du monde. Et cette tendance se poursuit, les nouvelles données sur l’espérance de vie en bonne santé montrant une amélioration continue. « Je suis fière que les Africains vivent maintenant plus longtemps et en meilleure santé », a déclaré la Directrice régionale. « Près de trois ans de santé de plus, c’est un cadeau qui fait notre fierté à tous. Naturellement, nous espérons pouvoir préserver ces acquis et voir la Région se hisser au niveau des normes mondiales ».

 

AIDS Watch Africa on Twitter:


Ce qui rend les Africains malades est en train de changer. Les infections des voies respiratoires inférieures, le VIH et les maladies diarrhéiques demeurent les principales causes de mortalité, et les pays ont systématiquement mis l’accent sur la prévention et le traitement de ce trio, souvent grâce à des programmes spécialisés. Il en a résulté une baisse importante des décès imputables à ces pathologies. La charge de morbidité provoquée par les dix maladies les plus mortelles a diminué de 50 % depuis 2000 ; et la mortalité liée à ces pathologies a reculé, passant de 87,7 à 51,1 décès pour 100 000 personnes entre 2000 et 2015.

 

Cependant, pour que la couverture sanitaire universelle devienne réalité, il est nécessaire d’améliorer la situation en ce qui concerne toutes les pathologies - et pas seulement les maladies prioritaires - qui ont une incidence sur la santé des populations. Les affections chroniques telles que les maladies cardiaques et le cancer font maintenant plus de victimes, une personne sur cinq âgée de 30 à 70 ans étant plus susceptible de mourir d’une maladie non transmissible.


Africa's health care system in need of more financing - AFRIC


En particulier, les pays ne parviennent pas à fournir des services essentiels à deux groupes d’âge importants, à savoir les adolescents et les personnes âgées. Avec le vieillissement de la population en Afrique, les personnes âgées ont besoin de soins de santé qui leur soient destinés. Cependant, près d’un tiers des personnes interrogées dans le cadre de l’élaboration du rapport susmentionné ont souligné le fait que les services destinés aux personnes âgées étaient inexistants dans leurs pays.

 

« Les services de santé doivent suivre l’évolution des tendances en matière de santé dans la Région », a déclaré le Dr Moeti. « Par le passé, nous nous sommes concentrés sur certaines maladies dans la mesure où celles-ci étaient à l’origine d’un nombre anormalement élevé de décès. Nous avons réussi à mettre un terme à ces menaces, mais la santé des populations est maintenant remise en cause par un large éventail d’affections.  Aussi devons-nous mettre au point une approche nouvelle et plus globale de la santé ».

 

Africa Health IT News


_ Mauvais fonctionnement des systèmes de santé

Le rapport constate que l’état de santé est davantage lié à la performance des systèmes de santé - mieux ils fonctionnent, plus l’état de santé est durable. Cependant, les systèmes de santé ou les personnes, les institutions et les ressources nécessaires pour fournir des services liés à la santé ne sont utilisés qu’à 49 % de la capacité potentielle de la Région.

 

La performance de la Région - une mesure intégrée de la capacité des pays à améliorer l’accès aux services, la qualité des soins, la demande communautaire de services et la résilience aux flambées - est faible dans toutes ces dimensions, mais surtout dans les domaines de la garantie de l’accès aux services et de la résilience aux flambées. Les systèmes de santé ne fournissent toujours pas aux populations la gamme des services dont elles ont besoin, et ils ne sont pas en mesure de résister aux chocs, lorsqu’ils font face à des flambées.

 

Des investissements plus importants dans le personnel de santé et la proximité des établissements de santé avec les patients sont essentiels pour obtenir un bon niveau d’accès. Malheureusement, l’on enregistre en moyenne seulement 2 médecins et 15,5 lits d’hôpital pour 10 000 personnes.


US $22m medical school and hospital to be constructed in Kenya ...


Un examen du lien entre les dépenses de santé et le bien-être montre également une faible association entre le financement et une vie en bonne santé. Treize pays ont dépensé moins de US $300, mais avaient une espérance de vie en bonne santé comparable à celle de certains pays qui dépensent plus de US $500. En outre, un certain nombre de pays dépensent plus de US $500, mais leur niveau de santé est similaire à celui de pays dépensant un montant inférieur. Cette situation met en évidence la nécessité de se concentrer sur la façon dont les pays investissent leurs fonds destinés à la santé.

 

À l’heure actuelle, en moyenne 39 % des budgets consacrés à la santé sont utilisés pour l’achat de produits médicaux, alors que les dépenses consacrées au personnel de santé (14 %) et aux infrastructures (7 %) sont faibles. Une analyse des habitudes de dépenses suggère que les pays ayant des systèmes de santé performants consacrent jusqu’à 40 % de leurs investissements au personnel et 33 % aux infrastructures.

 

China officially hands over 7-year hospital project to Kenya ...


_ Objectifs de développement dans le domaine de la santé

Les pays se sont engagés à assurer une vie en bonne santé et à promouvoir le bien-être pour tous à tout âge, ainsi qu’à atteindre une série d’objectifs sanitaires à l’horizon 2030. Selon le rapport, les pays mettent davantage l’accent sur la performance de leurs systèmes, afin d’obtenir des améliorations transversales et durables dans la couverture sanitaire universelle et d’autres objectifs de développement durable et cibles influant sur la santé.

 

Covid-19 : Une partie des patients de l'hôpital ENT transférés à ...


Le rapport mentionne également des pays dont les pratiques optimales peuvent être envisagées dans différentes domaines de la santé, y compris l’Algérie (bonne couverture des services de santé disponibles), le Cabo Verde (bonne demande communautaire de services essentiels et résilience des systèmes de santé), le Kenya (gamme appréciable des services essentiels disponibles), Maurice (bon accès aux services), la Namibie (bonne protection contre les risques financiers), les Seychelles (bonne couverture des services liés à la santé) et l’Afrique du Sud (bonne sécurité sanitaire).

 

Le rapport formule des recommandations précises pour chacun des 47 pays de la Région. Il cite également les pays dont les pratiques optimales peuvent servir d’exemple dans les différentes dimensions de la couverture sanitaire universelle et d’autres cibles sanitaires des objectifs de développement durable.

 

Source : www.afro.who.int/fr/ 29 août 2018/ DAKAR/BRAZZAVILLE, 29 août 2018/

 

https://www.afro.who.int/fr/news/un-rapport-de-loms-montre-que-la-mauvaise-qualite-des-prestations-menace-les-acquis-dans-le/

 

HEAL Africa's hospital in Goma is a center of excellence


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