Publié le : 21-04-2016 à 02:00:27 Synthèse, compilation et textes réunis (David N'DJA Boka)

MONDE/ CUBA/ POLITIQUE/ ECONOMIE/ GOUVERNANCE : M. Raul Castro réélu pour cinq ans à la tête du PC cubain

 

0.1 – « CUBA/ Raul Castro réélu pour cinq ans à la tête du PC cubain : Le président cubain Raul Castro effectuera un deuxième mandat de cinq ans à la tête du Parti communiste cubain. Prenant la parole à la clôture du congrès du parti, Raul Castro a souligné que cette réunion était la dernière conduite par les dirigeants historiques de la révolution. Le Parti communiste cubain a annoncé que Raul Castro avait été réélu au poste de premier secrétaire tandis que José Ramon Machado Ventura, 85 ans, était maintenu à celui de deuxième secrétaire. »

 

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0.2 – « CUBA/ POINTS FORTS : Rétablissement des relations américano-cubaines, Secteur médical de qualité, Secteurs touristique et minier (nickel, cobalt) et potentiel agricole (sucre, tabac), Main d’œuvre qualifiée et peu onéreuse, Indicateurs sociaux relativement satisfaisants, Faible criminalité et lutte contre la corruption, Accord préférentiel avec le Venezuela sur l’importation de pétrole. » 

CUBA/ POINTS FAIBLES : Vulnérabilités extérieures (climat, prix des matières premières, aide vénézuélienne), Accès réduit aux financements extérieurs, Faiblesse de l’investissement et infrastructures défaillantes, Economie de rationnement, contrôle des prix, marché noir, Faible productivité du secteur public et de l’agriculture. »


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1 - Raul Castro est réélu premier secrétaire du PCC

 

Le président Raul Castro, a été réélu aujourd'hui premier secrétaire du PCC, le Parti Communiste de Cuba. José Ramon Machado Ventura a également été réélu comme second secrétaire du PCC. Ces trois derniers jours, les délégués, presque un millier, et les 280 invités ont analysé et adopté les documents et les résolutions issus des quatre commissions de travail. Lundi, les participants ont adopté une résolution sur le rapport central présenté par le chef de l'État cubain à l'ouverture du Congrès. En sa qualité de premier secrétaire du PCC, Raul Castro a présenté ce matin les 17 membres du nouveau Bureau politique.

 

La journée d'aujourd'hui a été marquée par la participation de Fidel Castro, leader historique de la Révolution cubaine dont l'arrivée a été saluée par des acclamations. Fidel a adressé ses félicitations aux nouveaux membres du Bureau politique du PCC : «Je vous félicite tous et notamment le camarade Raul Castro pour ses efforts magnifiques.»

 

La Havane, 19 avril, (RHC/ACN)/ Edité par Francisco Rodríguez Aranega/ Publié dans cuba / Publié le par anonyme

 

http://mouvementcommuniste.over-blog.com/2016/04/raul-castro-est-reelu-premier-secretaire-du-pcc.html


Le président cubain Raul Castro (au centre) et l'ex-président Fidel Castro, durant le 7e congrès du Parti communiste cubain, le 19 avril à La Havane.


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2 - Raul Castro réélu pour cinq ans à la tête du PC cubain

 

Le président cubain Raul Castro effectuera un deuxième mandat de cinq ans à la tête du Parti communiste, dont la direction ne change pas, a annoncé mardi le parti unique au terme de son congrès. Agé de 84 ans, Raul Castro, ministre de la Défense de 1959 à 2008, a pris les rênes du PC cubain en avril 2011. Il a succédé à son frère aîné Fidel à la présidence cubaine en 2008. Prenant la parole à la clôture du congrès du parti, Raul Castro a souligné que cette réunion, dont la prochaine aura lieu dans cinq ans, était la dernière conduite par les dirigeants historiques de la révolution. "Ce septième congrès est le dernier mené par la génération historique", a-t-il dit. Lors de la cérémonie de clôture, Fidel Castro, 89 ans, qui était présent, a été ovationné par les congressistes. Le "comandante" a fait allusion à la mort, disant: "Bientôt, j'aurai 90 ans... Bientôt, il m'arrivera ce qui arrive à tout le monde..." 


A l'ouverture du congrès samedi, Raul Castro a proposé l'instauration de limites d'âge et de limites du nombre de mandats pour les hauts dirigeants du parti. Il a toutefois précisé que ces changements ne se feraient pas dans la précipitation car le pays adopte une approche méthodique en matière de réformes. "Nous allons mener les changements nécessaires mais sans précipitation et sans improvisation car cela ne pourrait conduire qu'à l'échec", a-t-il dit.

 

Le PC cubain a annoncé que Raul Castro avait été réélu au poste de premier secrétaire tandis que José Ramon Machado Ventura, 85 ans, était maintenu à celui de deuxième secrétaire. Aucun jeune n'a accédé à la direction du parti lors de ce congrès. Raul Castro compte se retirer de la présidence de l'Etat en 2018 et l'on ignore si de ce fait il restera à la tête du PC pendant la totalité de son nouveau mandat de cinq ans. Son numéro deux, Machado Ventura, a combattu aux côtés de Fidel Castro et d'Ernesto "Che" Guevara dans la Sierra Maestra dans les années 1950. Le premier vice-président Miguel Diaz-Canel, âgé de 55 ans, est considéré par beaucoup comme un possible successeur de Raul Castro à la tête de l'Etat.

 

LA HAVANE (Reuters)/ (Frank Jack Daniel et Nelson Acosta ; Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français)/ Mardi 19 avril 2016

 

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN0XG26G


Fidel Castro, sitting sixth from right, listens to his brother, Cuba's President Raul Castro, who speaks during the closing ceremony ...  


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CUBA-HAVANA-POLITICS-CONGRESS

 

3 - Raul Castro réélu pour cinq ans à la tête du PC cubain

 

Le président cubain Raul Castro effectuera un deuxième mandat de cinq ans à la tête du Parti communiste cubain. Prenant la parole à la clôture du congrès du parti, Raul Castro a souligné que cette réunion était la dernière conduite par les dirigeants historiques de la révolution. Le Parti communiste cubain a annoncé que Raul Castro avait été réélu au poste de premier secrétaire tandis que José Ramon Machado Ventura, 85 ans, était maintenu à celui de deuxième secrétaire.

 

(VOVworld)/ Mercredi 20 avril 2016/

 

http://vovworld.vn/fr-CH/Actualites/Raul-Castro-reelu-pour-cinq-ans-a-la-tete-du-PC-cubain/429293.vov


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4 - La Chine a félicité mercredi Raul Castro pour sa réélection en tant que premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba.

 

"Le président Raul Castro est un dirigeant jouissant de la profonde admiration du peuple cubain et du respect du peuple chinois", a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, lors d'une conférence de presse régulière. "Nous le félicitons chaleureusement pour sa réélection. Nous sommes convaincus que Cuba continuera d'atteindre de nouvelles et plus grandes réussites dans sa cause de la construction du socialisme sous le leadership du président Raul Castro", a-t-elle ajouté.


Raul Castro a été réélu mardi au poste de premier secrétaire du Comité central du Parti, lors de la dernière session plénière du 7e Congrès du Parti communiste de Cuba, d'après l'agence de presse d'Etat Prensa Latina. Il avait remplacé son frère Fidel Castro à ce poste lors du précédent Congrès du Parti organisé en 2011.

 

BEIJING, 20 avril 2016 (Xinhua)

 

http://french.xinhuanet.com/2016-04/20/c_135297569.htm


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5 - Raul Castro réélu à la tête du PC cubain

 

Le président cubain effectuera un deuxième mandat de cinq ans à la tête du Parti communiste. Agé de 84 ans, Raul Castro, ministre de la Défense de 1959 à 2008, a pris les rênes du PC cubain en avril 2011. Il a succédé à son frère aîné Fidel à la présidence cubaine en 2008. La direction de ce dernier ne change pas, a annoncé mardi le parti unique, au terme de son congrès. Prenant la parole à la clôture du congrès du parti, Raul Castro a souligné que cette réunion, dont la prochaine aura lieu dans cinq ans, était la dernière conduite par les dirigeants historiques de la révolution. «Ce septième congrès est le dernier mené par la génération historique», a-t-il dit. A l'ouverture du congrès samedi, Raul Castro a proposé l'instauration de limites d'âge et de limites du nombre de mandats pour les hauts dirigeants du parti. Il a toutefois précisé que ces changements ne se feraient pas dans la précipitation car le pays adopte une approche méthodique en matière de réformes. Le PC cubain a annoncé que Raul Castro avait été réélu au poste de premier secrétaire tandis que José Ramon Machado Ventura, 85 ans, était maintenu à celui de deuxième secrétaire.

 

 

_ Pas de jeune

Aucun jeune n'a accédé à la direction du PC lors de ce congrès. Aucun congrès ne devrait désormais se tenir avant 2021. Raul Castro compte se retirer de la présidence de l'Etat en 2018 et l'on ignore si de ce fait il restera à la tête du PC pendant la totalité de son nouveau mandat de cinq ans. Son numéro deux, Machado Ventura, a combattu aux côtés de Fidel Castro et du «Che» dans la Sierra Maestra dans les années 1950. Le premier vice-président Miguel Diaz-Canel, âgé de 55 ans, est considéré par beaucoup comme un possible successeur de Raul Castro à la tête de l'Etat.

 

 

_ Fidel !

L'ex-président cubain Fidel Castro, âgé de près de 90 ans, est apparu en clôture du congrès, deux semaines après avoir effectué sa première apparition publique depuis neuf mois, ont rapporté les médias cubains. Vêtu d'un survêtement, le père de la révolution cubaine est arrivé aux côtés de son frère Raul, sous les acclamations de près de 1000 délégués présents à ce congrès pour lequel la presse étrangère n'a pas été conviée, a rapporté l'agence d'Etat ACN.

Au Palais des conférences de La Havane, les délégués se sont levés et scandé «Fidel, Fidel !» dès son apparition à la tribune, a encore rapporté ACN. Le 7 avril dernier, Fidel Castro était réapparu en public après une longue absence dans une école de La Havane, où il s'était exprimé sur les générosités du système scolaire cubain. Sa précédente apparition remontait à juillet 2015, mais Fidel Castro reçoit régulièrement à son domicile personnalités et chefs d'Etat amis, des rencontres toujours accompagnées de photos publiées par les médias d'Etat.

 

(ats/nxp)/ Créé : 19.04.2016/

 

http://www.tdg.ch/monde/Raul-Castro-reelu-a-la-tete-du-PC-cubain/story/25426228

 

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6 - Fidel Castro, 89 ans, fait ses «adiós» au congrès du Parti communiste cubain

 

Est-ce le dernier discours d’une vie qui en a compté des centaines ? Fidel Castro a donné une tonalité testamentaire à son intervention en clôture du VIIe congrès du Parti communiste de Cuba, mardi à La Havane. «Bientôt, j’aurai 90 ans, a-t-il lancé à la tribune.

Cette possibilité ne m’avait jamais effleuré et ne résulte d’aucun effort. C’est un caprice du hasard. Bientôt, je serai comme les autres. Notre tour viendra à tous, mais resteront les idées des communistes cubains comme preuve que, sur cette Terre, en travaillant avec ferveur et dignité, on peut produire les biens matériels et culturels dont les humains ont besoin.» Le père de la Révolution cubaine a aussi parlé du système solaire, des dinosaures et d’alimentation.

 

Par / 20 avril 2016

 

http://www.liberation.fr/planete/2016/04/20/fidel-castro-89-ans-fait-ses-adios-au-congres-du-parti-communiste-cubain_1447532

 

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7 - Cuba : Raul Castro maintient le cap économique et exclut toute "thérapie de choc"

 

Ni "thérapie de choc", ni "privatisations": le président cubain Raul Castro a prévenu samedi que l'Etat garderait la main sur l'économie de l'île, douchant les espoirs nourris ces derniers mois par le rapprochement spectaculaire engagé avec les Etats-Unis. A l'ouverture du Congrès du parti communiste de Cuba (PCC), grand-messe du parti unique qui doit définir la ligne politique des cinq prochaines années, Raul Castro a prévenu que les réformes économiques en cours se poursuivraient, mais sans s'écarter du chemin tracé lors du précédent Congrès de 2011.   

"Cuba ne pourra jamais se permettre l'application de ce qu'on appelle les thérapies de choc, souvent appliquées au détriment des classes les plus défavorisées de la société", a prévenu M. Castro, 84 ans, dans un discours de plus de deux heures prononcé moins d'un mois après la visite historique du président américain Barack Obama.  "Les formules néolibérales qui prônent la privatisation accélérée du patrimoine d'Etat et des services sociaux, comme l'Education, la Santé et la Sécurité sociale, ne seront jamais appliquées sous le socialisme cubain", a encore asséné le président cubain, qui a succédé à son frère Fidel en 2008.
 

       

_ Un modèle à bout de souffle

Dans la foulée du précédent Congrès, les 1.000 délégués du parti doivent évaluer l'avancée des 313 mesures économiques approuvées en 2011 pour "actualiser" un modèle à bout de souffle, calqué sur celui de l'ex-URSS. Mais le président cubain a prévenu que l'économie d'Etat, qui concentre 80% de l'activité sur l'île, "continuerait de constituer la forme principale de l'économie nationale et du système socio-économique", et que le développement des structures privées demeurerait sous contrôle. Les formules néolibérales qui prônent la privatisation accélérée du patrimoine d'Etat et des services sociaux, comme l'Education, la Santé et la Sécurité sociale, ne seront jamais appliquées sous le socialisme cubain"/ (Raul Castro)


"L'entreprise privée évoluera dans des limites bien définies et constituera un élément complémentaire du cadre économique du pays", a-t-il martelé, prédisant l'échec des "aspirations de puissantes forces extérieures" désirant déstabiliser la "révolution" en encourageant le développement du secteur privé. Réunis à huis clos jusqu'à mardi, les caciques du PCC doivent aussi approuver un programme de développement économique et social qui sera appliqué bien après le départ de Raul Castro, prévu pour 2018, puisqu'il couvre la période 2016-2030.
        
Pour moderniser son économie, Cuba s'est dotée d'une loi favorisant les investissements étrangers dans un cadre strict, et a ouvert son économie aux petits entrepreneurs indépendants. Selon les médias officiels, 21% des 313 mesures économiques ont déjà été menées à bien et 77% sont encore en phase de mise en place. Restent 2% mises de côté pour l'instant, "pour diverses raisons".
   

     

_ L'ouverture annoncée devrait prendre du temps

En parallèle, la diplomatie cubaine s'est activée, menant un spectaculaire rapprochement avec les Etats-Unis et établissant un cadre de dialogue avec l'Union européenne. Mais l'ouverture annoncée par beaucoup devrait prendre du temps, vu la prudence affichée par les autorités et la lenteur de certaines réformes programmées, comme la suppression du système de double monnaie qui perdure depuis 2004.
        
Le Congrès du PCC devrait aussi se pencher sur une réforme électorale prévue à l'horizon 2018, qui prévoit de limiter les plus hautes fonctions de l'Etat à deux mandats de cinq ans. Enfin, le PCC devra élire son nouveau Comité central (116 membres actuellement) et son organe directeur, le Bureau politique (14 membres), saint des saints du pouvoir cubain. Les observateurs vont scruter sa nouvelle composition, qui devrait fournir des enseignements sur l'orientation idéologique et générationnelle du parti en vue de la transition à venir.

 

La1ere.fr (avec AFP)/ Publié le 17/04/2016/ Mis à jour le 17/04/2016

 

http://la1ere.francetvinfo.fr/cuba-raul-castro-maintient-le-cap-economique-et-exclut-toute-therapie-de-choc-350873.html

 

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8 - Le nouveau Cuba prend réforme

 

Le Parti communiste cubain, réuni en congrès à partir de ce samedi, devrait faire un nouveau pas vers l’économie de marché, sans céder sur le terrain politique.

 

 

_ Le nouveau Cuba prend réforme

Samedi s’ouvre à La Havane le VIIe congrès du Parti communiste cubain. Avec à sa tête Raúl Castro, le PCC, seule formation politique du pays, exerce un pouvoir sans partage. C’est de lui que dépendent les organisations de masse qui quadrillent la société socialiste : le syndicat unique (CTC), l’Union des femmes (UMC) et celle des jeunes communistes (UJC), l’organisation des Pionniers qui embrigade les enfants, la fédération des étudiants (FEU) ou le rassemblement des petits agriculteurs (Anap). Et bien sûr les fameux comités de défense de la révolution (CDR), un pour chaque pâté de maisons, qui revendiquent 7,6 millions d’adhérents. Soit près de 100 % des Cubains de plus de 14 ans. Hégémonique, le PCC n’est guère habitué à la transparence.

 

Les travaux préparatoires au congrès ont été menés en secret et le document d’orientation sur lequel plancheront les quelque mille délégués n’a pas été rendu public. Quatre jours durant, les débats auront lieu à huis clos. Et on ignore sous quelle forme ses conclusions seront présentées. Cuba doit pourtant prendre des décisions. Son économie a besoin d’oxygène et ses 11 millions d’habitants d’évolutions qui leur permettent d’élever un niveau de vie très bas. Après la visite de Barack Obama sur l’île le mois dernier, c’est au régime de faire preuve d’initiative. Ce sera sans doute le cas en matière économique ; sur le terrain des libertés individuelles, il n’y a en revanche guère d’avancées à attendre.

 

 

_ Les dissidents toujours au ban

Le sujet risque d’être le grand absent du congrès : pour les Cubains, le problème n’existe pas. Le 22 mars à La Havane, dans sa conférence de presse conjointe avec Obama, Raúl Castro avait affirmé que Cuba respectait «47 des 61 droits humains et civils». Comme à son habitude, le régime met en avant les droits à la santé et à l’éducation gratuites. Et néglige l’absence de liberté de la presse, des partis politiques, de réunion ou d’association.

 

Le président cubain avait montré son irritation quand un reporter de CNN l’avait interrogé sur les prisonniers politiques. Des images que la télévision officielle n’avait pas diffusées. Pour Cuba, les dissidents ne sont pas emprisonnés pour avoir exprimé des idées contraires au socialisme mais pour troubles à l’ordre public ou rébellion contre l’autorité. Des délits suscités par le régime lui-même : les Dames en blanc, épouses de détenus qui défilent pacifiquement chaque dimanche, sont victimes de provocateurs qui provoquent des heurts. Ce qui motive des arrestations arbitraires souvent violentes.

 

Très minoritaires, les opposants ne sont guère soutenus par la population. En raison de la propagande officielle, mais aussi des financements qu’ils reçoivent des Etats-Unis. Il y a des atteintes aux droits moins médiatiques : voler un sac de farine pour le revendre au marché noir, ou subtiliser une batterie dans une voiture de fonction est puni de plusieurs années de prison. Des peines prononcées par un système judiciaire opaque et inféodé au pouvoir. Pourtant, la survie au quotidien de la grande majorité passe par la débrouille et les petits trafics. Au milieu des slogans et des grands principes («le socialisme est immortel») s’impose une réalité où l’argent prend une part grandissante. Le tissu social résistera-t-il longtemps à des pressions aussi contradictoires ? En filigrane, la question sera au centre des débats du PCC.

 

 

_ Des intermédiaires pour développer le petit commerce

En 2011, le précédent congrès avait marqué une rupture avec les dogmes économiques. Ce fut «le point d’inflexion le plus important depuis la victoire de la révolution en 1959», définit Juan Carlos Palacios Civico, professeur d’économie dans les universités de Barcelone et de Blanquerna Ramon Llull. Trois ans après avoir reçu les rênes du pouvoir de son frère Fidel, Raúl Castro entérinait le recours à l’auto-entreprenariat comme solution à l’hypertrophie du service public, chiffrée à 1 million d’emplois improductifs (un quart de la population active).

 

Fin 2015, 470 000 personnes avaient adopté ce statut, qui concerne plus de 300 professions. Les cuentapropistas versent chaque mois un impôt de 10 % de leur chiffre d’affaires et peuvent avoir des salariés en payant un autre impôt. Mais leur développement se heurte à l’absence de commerce de gros : l’Etat vend aux auto-entrepreneurs au même tarif qu’aux particuliers. C’est-à-dire très cher, pour les produits importés payables en monnaie forte. Intenable, cette situation force les petits commerçants à se fournir au marché noir. La refonte du système, avec l’apparition d’intermédiaires entre les commerçants et l’Etat, serait un pas de plus vers une économie où les prix sont fixés par le marché. Mais elle ouvrirait la porte à des inégalités qui sont à l’opposé des valeurs proclamées du socialisme, sur lesquelles veille la vielle garde du PC.

 

 

_ Vers la suppression de la double monnaie ? 

Cuba vit sous le régime de la dualité monétaire : le peso cohabite avec un équivalent du dollar, le CUC, échangé par l’Etat à 24 pesos. A ce taux, un salaire mensuel moyen équivaut à 15 dollars, soit le revenu horaire minimum qui devrait se généraliser aux Etats-Unis. Une situation absurde, même en considérant que les Cubains ne paient ni l’éducation de leurs enfants, ni la santé, ni loyer dans de nombreux cas, et qu’ils bénéficient de certains produits alimentaires ou sanitaires à très bas prix grâce à un carnet de rationnement.

Mais pour acheter des biens de consommation de base (frigo, téléviseur, ventilateur), ils doivent payer en CUC, à des prix plus élevés qu’aux Etats-Unis ou en Europe. La population n’y a accès que dans la mesure où elle bénéficie des remesas : l’argent envoyé de l’étranger par des membres de la famille expatriés. Toujours évoquée et sans cesse repoussée, la réforme monétaire devrait garantir aux Cubains un meilleur pouvoir d’achat, mais l’opération est risquée : s’ils achètent davantage, ils provoqueront pénurie et inflation.

 

 

_ Des sociétés mixtes pour les capitaux étrangers 

Cuba n’a pas les moyens de financer son développement par ses revenus propres. Ils proviennent d’abord du prêt de personnel qualifié (médecins, ingénieurs) à des pays idéologiquement proches (Venezuela, Brésil, Equateur, Bolivie…). Cette activité a rapporté à Cuba 7 milliards de dollars en 2014. Les remesas (fonds envoyés par les Cubains de l’étranger à leurs familles restées au pays) auraient atteint entre 2 et 3 milliards de dollars la même année. Le tourisme apportait 2 milliards, mais il a connu une forte progression l’année dernière, passant de 3 millions de visiteurs à 3,5 millions. Ces ressources en monnaie forte, le pays les consacre à 70 % à l’achat de produits basiques (aliments, combustible, médicaments). Il ne reste donc pas grand-chose pour investir dans les infrastructures ou l’industrie. Cuba a ainsi défini les domaines où elle souhaite accueillir des capitaux étrangers, par le biais de sociétés mixtes où l’Etat conserve 51 % des parts. Le secteur qui attire le plus de capitaux est le tourisme, avec la construction ou la rénovation d’hôtels. Les biotechnologies et la pharmacie peuvent aussi séduire, le niveau de la recherche scientifique étant élevé. Ce qui intéresse le moins les étrangers reste l’agriculture.

 

La vitrine d’une île ouverte au commerce international est la zone spéciale de développement (ZED) de Mariel, un port à 40 km de la capitale, destinée à être une des installations les mieux équipées des Caraïbes. En pleine construction, la ZED peine pourtant à trouver des clients. Côté cubain, les dossiers sont acceptés au compte-gouttes, et de nombreux acteurs économiques attendent un climat plus sûr pour s’engager : l’embargo américain n’est en effet toujours pas levé. Tant qu’il sera en vigueur, toute entreprise faisant du commerce avec Cuba se verra interdite d’activités aux Etats-Unis.

 

 

_ Le tourisme en phase de décollage 

Dès septembre, les liaisons avec les Etats-Unis vont se multiplier : escales des paquebots de croisières, ferries et trajets aériens. L’administration Obama a assoupli au maximum les conditions de voyage pour les citoyens américains, mais pour respecter l’embargo, elles doivent obéir à des motifs familiaux ou relever d’échanges culturels, éducatifs, religieux ou humanitaires. Il faudra attendre la levée du blocus américain pour voir exploser le nombre de touristes des Etats-Unis.

 

Le pays va-t-il être débordé, comme certains le craignent ? L’économiste Juan Carlos Palacios Civico ne le pense pas : «Le taux de remplissage des hôtels n’a pas dépassé 55 % l’an dernier. Il reste une marge confortable.» Les chambres chez l’habitant se développent mais ne représentent que 18 000 lits. Les autorités tablent sur la construction de plusieurs d’hôtels, qui feraient passer la capacité hôtelière de 60 000 lits actuellement à 85 000 en 2020. L’expert espagnol pense cependant que Cuba, pour des raisons idéologiques, fixera des limites à l’afflux touristique et n’adoptera pas le modèle de la République dominicaine, avec des clubs de vacances à bas coût coupés de tout contact avec la réalité du pays.


François-Xavier Gomez

 

http://www.liberation.fr/planete/2016/04/15/le-nouveau-cuba-prend-reforme_1446572

 

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9 - Cuba : économie, perspectives socioéconomiques et politiques

 

_ Population 11,2 millions

_ PIB par habitant 7330 $US

 

 

_ Principaux Indicateurs économiques

 

 

2013

 2014 (e)

2015(p)

 2016 (p)

Croissance PIB (%)

2,7

1,3

4,0

4,4 

Inflation (moyenne annuelle)

6,0

 5,3

4,4

 3,9

Solde budgétaire / PIB (%)

-3,0

-2,2

-4,1

-3,2 

Solde courant / PIB (%)

 -1,4

2,4

-0,4

-1,0

Dette publique / PIB (%)

35,2

34,6

32,4

31,0

 

(e) Estimations (p) Prévisions

 

 

_ POINTS FORTS

. Rétablissement des relations américano-cubaines

. Secteur médical de qualité

. Secteurs touristique et minier (nickel, cobalt) et potentiel agricole (sucre, tabac)

. Main d’œuvre qualifiée et peu onéreuse

. Indicateurs sociaux relativement satisfaisants

. Faible criminalité et lutte contre la corruption

. Accord préférentiel avec le Venezuela sur l’importation de pétrole

 

 

_ POINTS FAIBLES

. Vulnérabilités extérieures (climat, prix des matières premières, aide vénézuélienne)

. Accès réduit aux financements extérieurs

. Faiblesse de l’investissement et infrastructures défaillantes

. Economie de rationnement, contrôle des prix, marché noir

. Faible productivité du secteur public et de l’agriculture

 

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_ Appréciation du risque

La poursuite des réformes internes combinée à la suppression progressive des sanctions américaines devraient soutenir l’activité en 2016.

En 2015, le rebond de la croissance cubaine s’explique principalement par les bonnes performances du secteur manufacturier (mines), de la construction, de la distribution (ventes au détail), ainsi que par la hausse de la fréquentation touristique. En 2016, la poursuite des réformes internes visant à la libéralisation graduelle de l’économie ainsi que l’assouplissement progressif des sanctions américaines devraient continuer à favoriser la croissance du pays.

 

Sur le plan domestique, l’adoption de la loi sur la régulation des investissements étrangers qui permet désormais la prise de participation dans les entreprises cubaines (à l’exception de celles opérant dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la défense) devrait permettre de stimuler l’investissement privé. Le désengagement progressif de l’Etat cubain au profit du secteur privé devrait aussi avoir des effets positifs en termes de productivité et sur les salaires, à moyen/long terme.

 

Sur le plan externe, le retour des relations avec les Etats Unis devrait permettre d’alléger les contraintes de financement extérieur. De plus, l’assouplissement de certaines sanctions a d’ores et déjà un effet positif sur l’activité touristique et sur la confiance des entreprises et des ménages. Le gouvernement cubain devrait continuer par ailleurs à appliquer une politique de contrôle des prix administrés (70% de la consommation alimentaire de base est importé) afin d’éviter une hausse de l’inflation qui pénaliserait la croissance. Le projet d’unification des deux monnaies cubaines, le peso convertible (CUC) aligné sur le dollar (dédié aux touristes et aux transferts des émigrés), et le peso domestique (CUP qui s’échange au cours de 1 CUC pour 24 CUP) dans lequel les salaires et les biens produits localement sont libellés, reste incertain.

 

 

_ Une gestion prudente des comptes publics et extérieurs

En 2015, le déficit budgétaire a été pénalisé par le poids important des subventions (produits de base, électricité, santé, éducation) qui représentent un quart des dépenses publiques). Il restera encore élevé en 2016. Le désengagement progressif de l’Etat, grâce notamment à la mise en place des réformes libérales en faveur du secteur privé, devrait néanmoins contribuer à réduire le déficit en 2016. La réduction des effectifs publics conjuguée au développement du secteur privé permettrait en effet de réduire les dépenses tout en dégageant des recettes supplémentaires (seuls les revenus des activités non étatiques sont imposables). L’endettement public devrait se réduire au fur et à mesure que des accords de rééchelonnement sur la dette sont signés.

 

Sur le plan du commerce extérieur, Cuba est très dépendant de ses exportations de services (tourisme et services médicaux) et est fortement tributaire des importations alimentaires et énergétiques. Les échanges de marchandises sont traditionnellement déficitaires, affectés notamment par l’insuffisance de la production locale, qui souffre du manque d’investissement en raison du coût financier important provoqué par l’embargo. L’ouverture progressive de l’économie cubaine en 2016 devrait s’accompagner de la hausse du déficit du compte courant en raison de l’augmentation attendue des importations nécessaires à la relance de la production locale et pour combler le déficit en infrastructures accumulé par le pays depuis plusieurs décennies. La reprise des relations avec les Etats-Unis et l’adoption de la loi sur les investissements étrangers devrait néanmoins encourager les entrées de capitaux étrangers, facilitant ainsi le financement du déficit.

 

 

_ Vers une normalisation des relations avec les Etats-Unis

Initiée en décembre 2014, la reprise des relations diplomatiques et commerciales avec les Etats-Unis est de bon augure pour Cuba. Le calendrier pour la levée définitive de l’embargo reste incertain, la communauté internationale espère toutefois qu’elle intervienne avant la fin du mandat du président Barack Obama prévu en 2017. Le Venezuela demeure le principal allié de Cuba sur le plan politique, financier et commercial. La dégradation de la situation économique vénézuélienne pourrait ainsi affecter Cuba, mais leur proximité idéologique laisse à penser que Cuba serait moins susceptible d’être touché par une éventuelle rupture des livraisons de pétrole vénézuélien.

 

Sur le plan intérieur, le système politique cubain est dominé par un parti unique, le parti communiste cubain (PCC). La levée des sanctions américaines et la poursuite des réformes pour la libéralisation de l’économie sont néanmoins susceptibles de provoquer des changements politiques (renforcement de l’opposition) lors des prochaines élections prévues en 2018.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2016

 

http://www.coface.ma/Etudes-economiques/Cuba


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