Publié le : 19-11-2016 à 01:06:58 Synthèse, compilation et textes réunis (David N'DJA Boka)

MONDE/ MOLDAVIE/ POLITIQUE/ ECONOMIE : En Moldavie, le candidat prorusse remporte l’élection présidentielle

 

0.1 – « La Moldavie et la Bulgarie ont élu des présidents socialistes et pro-russes : Igor Dodon vient d'être élu président de Moldavie, et Roumen Radev président de Bulgarie. Tous deux socialistes, ils partagent la volonté de se rapprocher de la Russie. Un nouveau coup dur pour l'Union européenne. Des élections présidentielles se tenaient le dimanche 13 novembre en Moldavie et en Bulgarie. Les électeurs ont choisi deux candidats de gauche qui ont en commun leur défiance vis à vis de l'Union européenne, et de prôner un rapprochement avec la Russie.

En Moldavie, Igor Dodon, candidat socialiste et pro-russe, a remporté la victoire avec 55% sur sa rivale, Maïa Sandu, ancienne employée de la Banque mondiale et favorable à l'entrée de la Moldavie dans l'Union européenne. Igor Dodon se distingue par ses idées très marquées à gauche : il est une des figures de proue du mouvement anti-privatisation en Moldavie. En outre, il s'oppose à l'adhésion de son pays à l'Union européenne et a promis de renégocier l'accord économique en vigueur depuis 2014 entre cette dernière et la Moldavie. »

 

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0.2 – « Moldavie/ Le contexte économique : Les performances économiques de la Moldavie ont été relativement fortes ces dernières années, ponctuellement entravées par une situation mondiale défavorable ou de mauvaises conditions climatiques. En 2015, l’économie moldave a pâti de la récession économique russe. La Russie constitue en effet une source importante de revenus, grâce aux transferts des travailleurs expatriés qui constituent un quart du PIB, et demeure l’un des principaux débouchés des exportations. Après la baisse de l’activité de 2015 (-1%), la croissance moldave devrait légèrement se redresser en 2016 (1,5%) portée par le secteur des services (finance, services aux entreprises, commerce et transports). En 2015, la Moldavie a connu une forte instabilité politique qui a perturbé l’économie du pays. »

 

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1 - En Moldavie, le candidat prorusse remporte l’élection présidentielle

 

Igor Dodon profite de la faillite des partis proeuropéens au pouvoir depuis 2009. Sa rivale, Maia Sandu, a obtenu 42 % des suffrages. La victoire annoncée d’Igor Dodon, candidat ouvertement prorusse à l’élection présidentielle moldave, a bien eu lieu. Dimanche soir 13 novembre, les premiers résultats donnaient au dirigeant du Parti des socialistes moldaves un score de 56,5 %, contre 43,5 % à sa rivale pro-européenne, Maia Sandu. Celle-ci a pu espérer un miracle avec une participation en forte hausse chez les jeunes, mais elle n’améliore que peu son résultat de 38 % obtenu lors du premier tour le 30 octobre. M. Dodon, lui, avait rassemblé 47 % des suffrages.

 

Signe de la polarisation extrême du scrutin, les deux candidats ont dénoncé, en début de soirée, des fraudes, et le manque de bulletins disponibles pour les nombreux électeurs de la diaspora, réputés plus favorables à l’intégration européenne du pays et donc à Mme Sandu. Ancien ministre de l’économie et du commerce qui a commencé sa carrière en soutenant le rapprochement de la Moldavie avec l’Union européenne, M. Dodon, 41 ans, entend convoquer « rapidement » un référendum consultatif sur « l’orientation géopolitique » de la Moldavie, qui pourrait menacer l’accord d’association signé entre Bruxelles et Chisinau à la fin de 2013. Cet homme à poigne, président de la fédération nationale d’échecs, voit en Vladimir Poutine un modèle, veut « ramener l’ordre » dans son pays et y défendre les « valeurs traditionnelles », expliquait-il au Monde avant le premier tour, depuis son quartier général de campagne tapissé de clichés le montrant en compagnie du président russe ou du patriarche orthodoxe de Moscou.

 


_ Première élection au suffrage universel en 20 ans

« C’est dans l’intérêt de la Moldavie d’avoir des relations proches avec la Russie, mais surtout avec son marché », expliquait-il, alors que le Kremlin a largement fermé la porte aux importations moldaves depuis la signature de l’accord. Moscou est aussi le principal soutien de la République de Transnistrie, amputée au territoire moldave depuis 1991.

Hormis cette menace de référendum, les pouvoirs du président sont limités. Mais le nouvel élu bénéficiera d’une légitimité populaire immense, cette élection étant la première au suffrage universel depuis vingt ans. « Face à une classe politique à bout de souffle, Dodon dispose de des leviers pour faire dérailler le processus d’intégration européenne », estime le politologue Dionis Cenusa. Reste toutefois une incertitude : la volonté russe de s’impliquer en Moldavie. « Moscou veut évidemment conserver de l’influence en Moldavie, estime un diplomate occidental, mais le pays n’a toujours été qu’une pièce rapportée dans l’empire, pour laquelle les Russes ne veulent pas trop investir. Ils en ont déjà assez de devoir financer la Transnistrie. »

 

Devant l’importance de l’enjeu, plusieurs candidats proeuropéens s’étaient retirés de la course avant même le premier tour, laissant le champ libre à Maia Sandu, figure de la contestation antigouvernementale de 2015 et ancienne ministre de l’éducation formée à Harvard et passée par la Banque mondiale. Sa probité unanimement reconnue – une incongruité dans le paysage politique moldave – n’a pas suffi à combler le déficit de notoriété dont elle souffrait. Mais surtout, le soutien très mou dont elle a bénéficié de la part du gouvernement proeuropéen a soulevé des doutes quant à la réalité de ce ralliement. Pour nombre d’observateurs, l’élite proeuropéenne au pouvoir s’accommoderait mieux d’un président certes prorusse, mais avant tout populiste et en bons termes avec l’oligarchie, que de cette candidate résolument opposée aux pratiques opaques de la classe dirigeante.

 

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_ Coup de tonnerre dans le ciel européen

Quoi qu’il en soit, la victoire de M. Dodon, en même temps que celle d’un autre candidat prorusse en Bulgarie, sonne comme un coup de tonnerre dans le ciel européen et constitue, s’il en fallait, un nouvel avertissement pour Bruxelles. La désillusion est d’autant plus forte qu’au fil des ans, l’ancienne république soviétique de Moldavie s’était imposée comme le « meilleur élève » du partenariat oriental, et un modèle régional.

 

Le pays a aussi largement bénéficié des fonds européens, Bruxelles lui octroyant plus de 800 millions d’euros pour la seule période 2010-2015. Cela n’a pas empêché le soutien de l’opinion à l’Union européenne, supérieur à 70 % il y a quelques années, de devenir minoritaire. Les ingrédients de la méfiance moldave sont en partie les mêmes que pour le reste du continent. Après un voyage de Mme Sandu à Berlin, la presse tabloïde avait par exemple assuré que la candidate avait accepté la demande insistante de la chancelière allemande, Angela Merkel, d’accueillir 30 000 réfugiés syriens. A cela s’ajoutent la présence d’une importante minorité russophone (plus de 20 %) et la diffusion importante des télévisions russes, populaires au-delà de cette seule minorité.

Mais l’explication principale du désamour est ailleurs. Elle tient à la faillite des partis politiques proeuropéens, au pouvoir depuis 2009. L’épisode le plus saillant de cette faillite fut la découverte, à la fin de 2014, de la disparition des caisses de trois banques du pays de 1 milliard d’euros, soit 15 % du PIB, qui vont durablement plomber le budget national. Le « casse du siècle » a profondément choqué un pays où 40 % de la population vit avec moins de 5 dollars par jour.

 

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_ Oligarques corrompus

Plus généralement, le champ politique « pro-européen » a été monopolisé par des oligarques corrompus qui ont profité de leur accès au pouvoir pour faire main basse sur de larges pans de l’économie nationale et prendre le contrôle des institutions de l’Etat, en premier lieu la justice. L’un d’eux, Vladimir Plahotniuc, dont le Parti démocrate dirige les différentes coalitions gouvernementales depuis 2009, a focalisé l’essentiel des attaques durant la campagne présidentielle, jusqu’à son vrai-faux ralliement à MmeSandu. « Ce sont ces gens qui ont décrédibilisé l’idée européenne, tempête un diplomate occidental. L’Europe est devenue ici synonyme de cette prédation organisée. Et les Européens eux-mêmes ont une part de responsabilité, pour les avoir laissé faire leurs affaires au nom de la sacro-sainte stabilité, et parce qu’ils brandissaient un drapeau européen. »

Alexei Tulbure, ancien représentant de la Moldavie à l’Organisation des Nations unies et au Conseil de l’Europe, qui fut un temps dans le parti de M. Plahotniuc, partage cette vision, et évoque même « l’épouvantail » de la menace russe : « Cette opposition géopolitique a été gonflée pour éviter que les sujets délicats soient abordés. Plahotniuc et ses gens vont continuer à jouer de cette menace en tentant de se présenter en uniques recours face aux prorusses. »

LE MONDE/ 13.11.2016/ Mis à jour le 14.11.2016/ Par Benoît Vitkine

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/11/13/moldavie-le-candidat-prorusse-en-tete-de-la-presidentielle_5030508_3214.html


Moldova, Europe, Gates of Chisinau city Afficher l'image d'origine


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2 - Président moldave élu : «la Crimée est de facto un territoire russe»

Est-ce que la Moldavie va reconnaître la Crimée russe ? Une question qui se pose de plus en plus souvent après qu’Igor Dodon ait obtenu la victoire à la présidentielle moldave. Bien que la péninsule ne soit pas encore reconnue comme russe par l’Occident, elle est de facto russe, a estimé M. Dodon dans un entretien à Sputnik France. Le président élu moldave n'est pas à court de mots pour expliquer sa position sur les sujets internationaux. Tout juste élu président, Igor Dodon s'exprime notamment sur le statut de la Crimée, les relations entre la Moldavie et l'Europe, la Moldavie et la Russie. Contacté par Sputnik France, le président nouvellement élu a expliqué pourquoi la Moldavie devait aborder prudemment le dossier criméen et a réaffirmé sa position quant au statut de la péninsule : « Je me suis déjà exprimé sur ce point, mais je pense qu'en prenant la décision il faut partir également du fait que nous avons des problèmes avec la Transnistrie.


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C'est pourquoi il faut être très attentif en abordant cette question et ne pas faire de pas importants afin de ne pas perdre la Transnistrie », a affirmé M. Dodon. « J'ai déjà dit que la Crimée était de facto un territoire russe qui de jure n'était pas encore reconnu par l'Occident. » Dans le même temps, la Moldavie a l'intention d'obtenir la modification de l'accord d'association avec l'UE. Mais dans quelle direction cette modification devra-t-elle s'opérer ? Et plus globalement quel avenir pour l'euro-intégration ? « Nous devons préserver de bons rapports avec l'Europe mais nous devons aussi rétablir le partenariat stratégique avec la Fédération de Russie », a souligné le président.

 

La Crimée et Sébastopol ont été rattachés à la Russie à la suite d'un référendum tenu en mars 2014. 96,77 % des Criméens et 95,6 % des habitants de la ville de Sébastopol (ville criméenne avec un statut particulier) ont voté pour le rattachement à la Russie. La péninsule avait été « offerte » à l'Ukraine par Nikita Khrouchtchev en 1954. Aujourd'hui, l'Ukraine continue de considérer ce territoire comme le sien. La majorité des pays occidentaux soutiennent la position de Kiev et ont introduit des sanctions antirusses en 2014. Selon le président russe Vladimir Poutine, la question de la Crimée est « close une fois pour toutes ».

International 14.11.2016/ Mis à jour 14.11.2016/

 

https://fr.sputniknews.com/international/201611141028686034-crimee-russie-moldavie/


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3 - La Moldavie et la Bulgarie ont élu des présidents socialistes et pro-russes

 

Igor Dodon vient d'être élu président de Moldavie, et Roumen Radev président de Bulgarie. Tous deux socialistes, ils partagent la volonté de se rapprocher de la Russie. Un nouveau coup dur pour l'Union européenne. Des élections présidentielles se tenaient le dimanche 13 novembre en Moldavie et en Bulgarie. Les électeurs ont choisi deux candidats de gauche qui ont en commun leur défiance vis à vis de l'Union européenne, et de prôner un rapprochement avec la Russie.

En Moldavie, Igor Dodon, candidat socialiste et pro-russe, a remporté la victoire avec 55% sur sa rivale, Maïa Sandu, ancienne employée de la Banque mondiale et favorable à l'entrée de la Moldavie dans l'Union européenne. Igor Dodon se distingue par ses idées très marquées à gauche : il est une des figures de proue du mouvement anti-privatisation en Moldavie. En outre, il s'oppose à l'adhésion de son pays à l'Union européenne et a promis de renégocier l'accord économique en vigueur depuis 2014 entre cette dernière et la Moldavie.


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En Bulgarie, c'est le candidat socialiste Roumen Radev qui a créé la surprise en l'emportant avec 60% des voix face à son opposante du parti conservateur, Tsetska Tsatcheva, qui bénéficiait du soutien du gouvernement et du Premier ministre.  Roumen Radev, ancien chef de l'armée de l'air, est surnommé «le général rouge» : il se présentait en indépendant, soutenu par le Parti socialiste. Il s'est déjà déclaré à de multiples reprises favorable à la levée des sanctions de l'Union européenne contre la Russie et avait affirmé que, par l'Histoire, «la Crimée [était] de fait russe».

 

Ces victoires électorales marquent un nouveau coup dur pour l'Union européenne. Dans ces deux pays, la défiance envers l'Europe a considérablement augmenté ces dernières années, jusqu'à devenir majoritaire parmi la population, selon de récentes enquêtes d'opinion. La Moldavie comme la Bulgarie sont par ailleurs en proie à des scandales de corruption massive, ayant conduit à la démission du Premier ministre bulgare en 2009, et à l'arrestation du Premier ministre moldave en 2015.

 

International/ 14 nov. 2016/

 

https://francais.rt.com/international/28914-moldavie-bulgarie-ont-elu-presidents-socialistes-et-prorusses


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4 - Moldavie : Le contexte économique

_ Les indicateurs économiques

 

Les performances économiques de la Moldavie ont été relativement fortes ces dernières années, ponctuellement entravées par une situation mondiale défavorable ou de mauvaises conditions climatiques. En 2015, l’économie moldave a pâti de la récession économique russe. La Russie constitue en effet une source importante de revenus, grâce aux transferts des travailleurs expatriés qui constituent un quart du PIB, et demeure l’un des principaux débouchés des exportations. Après la baisse de l’activité de 2015 (-1%), la croissance moldave devrait légèrement se redresser en 2016 (1,5%) portée par le secteur des services (finance, services aux entreprises, commerce et transports).

 

En 2015, la Moldavie a connu une forte instabilité politique qui a perturbé l’économie du pays. En juin, le premier ministre, accusé d’avoir falsifié l’un de ses diplômes, a démissionné ; et cinq mois plus tard, le gouvernement de coalition pro-européen dirigé par Valeriu Strelets est tombé sous la pression de la rue et de l’opposition. Cette instabilité a conduit à une baisse brutale de la monnaie locale et à une hausse de l’inflation. Le déficit budgétaire a été revu à la hausse et la Moldavie court le risque d’un défaut de paiement. Les taux d’intérêts très élevés pratiqués par la Banque centrale bloquent le crédit.

 

Les réserves officielles sont en baisse, et devraient représenter 3,7 mois d’importation en 2016, rendant le pays de plus en plus vulnérable aux chocs extérieurs. Les banques, fragilisées par le scandale de corruption (1 milliard USD, soit 15% du PIB détournés), un taux de créances douteuses élevé et leur très faible capitalisation, font peser un risque sur les finances publiques. Des élections anticipées pourraient favoriser la montée au pouvoir d’un gouvernement pro-russe, entravant les négociations pour l’adhésion à l’UE. L’amélioration des performances économiques moldaves avait contribué à réduire la pauvreté et augmenter la prospérité du pays. Néanmoins, le chômage a augmenté en 2015 (7%) et la crise en Ukraine a exacerbé les revendications transnistriennes de reconnaissance de leur volonté d’indépendance.


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_ Indicateurs de croissance

2012

2013

2014

2015

2016 (e)

PIB (milliards USD)

7,28

7,99

7,96

6,19

6,50

PIB (croissance annuelle en %, prix constant)

-0,7

9,4

4,6

-1,0e

1,5

PIB par habitant (USD)

2.046

2.243

2.238

1.740

1.829

Endettement de l'Etat (en % du PIB)

24,5

23,8

31,5

44,8

44,9

Taux d'inflation (%)

4,6

4,6

5,1

8,4

7,4

Taux de chômage (% de la population active)

5,6

5,1

3,9

7,0

6,0

Balance des transactions courantes (milliards USD)

-0,54

-0,40

-0,29

-0,38

-0,42

Balance des transactions courantes (en % du PIB)

-7,4

-5,0

-3,7

-6,2

-6,4

 

Source : FMI - World Economic Outlook Database 2016// Note : (e) Donnée estimée

 

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_ Les principaux secteurs économiques

Le secteur agricole représente 15% du PIB et emploie près de 30% de la population active. Les principales productions de la Moldavie sont les fruits et légumes, le tabac et le vin. Le secteur secondaire représente 17% du PIB et emploie près de 18% de la population. L'industrie nationale doit faire face à un double défi : la perte de son industrie lourde depuis l'indépendance auto-proclamée de la Transnistrie (région pro-russe) et la situation de dépendance économique relevant d'une absence de ressources énergétiques sur le territoire. La structure du PIB s'oriente progressivement vers les services, au détriment de l'industrie lourde et de l'agriculture. Le secteur représente près de 68% du PIB et emploie plus de la moitié de la population active. Il est tiré par les assurances, le conseil juridique et les télécommunications.

 

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Répartition de l'activité économique par secteur

Agriculture

Industrie

Services

Emploi par secteur (en % de l'emploi total)

28,8

17,7

53,5

Valeur ajoutée (en % du PIB)

13,8

17,9

68,2

Valeur ajoutée (croissance annuelle en %)

-13,4

3,2

3,3

Source : Banque Mondiale, 2016. En raison de l'arrondi, la somme des pourcentages peut être inférieure ou supérieure à 100%.

 

https://www.tradesolutions.bnpparibas.com/fr/explorer/moldavie/le-contexte-economique


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5 - Moldavie : économie, perspectives sociopolitiques

 

_ Population : 3,6 millions

_ PIB par habitant : 2238 $US


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_ Principaux Indicateurs économiques

2013

2014

2015 (p)

 2016(p)

Croissance PIB (%)

9,4

4,8

-1,0

0,0

Inflation (moyenne annuelle)

4,5

5,0

8,4

7,3

Solde budgétaire / PIB (%)

-1,7

-1,7

-3,8

-3,7

Solde courant / PIB (%)

-4,9

-3,6

-6,1

-6,4

Dette publique / PIB (%)

23,7

31,5

44,8

44,9

(p) Prévisions

 

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_ POINTS FORTS

. Renforcement des relations avec l’UE

. Petite économie ouverte qui attire les investissements étrangers

. Main d’œuvre relativement peu coûteuse.

 

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_ POINTS FAIBLES

. Forte émigration et contraction de la population

. Dépendance à l’égard des transferts des travailleurs expatriés

. Instabilité politique et tensions sociales

. Corruption et faible gouvernance.

 

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_ Appréciation du risque

 

_ Une économie affaiblie par la récession Russe, mais moins qu’en 2015 

Après la baisse de l’activité de 2015 notamment en raison de la récession économique russe, la croissance moldave devrait légèrement se redresser en 2016. La Russie constitue une source importante de revenus pour les moldaves, grâce aux transferts des travailleurs expatriés qui constituent un quart du PIB, et demeure l’un des principaux débouchés des exportations. Après avoir pâti de la crise du système bancaire en 2015, le secteur des services devrait soutenir la croissance en 2016. Il devrait être principalement porté par la finance, les services aux entreprises, le commerce et les transports, au détriment du secteur de l’industrie lourde dont la contribution à la formation du PIB s’affaiblit.

 

L’économie devrait toujours souffrir de la crise bancaire qui devrait affaiblir la confiance des investisseurs et inciter la banque centrale à déployer des fonds d’urgence afin de recapitaliser le système, réduisant ainsi les financements prévus pour l’investissement public. Dans ce contexte la consommation des ménages serait pénalisée, par le biais de la réduction des prêts octroyés, la réduction des transferts des expatriés ainsi que par une inflation élevée, et ce même si le salaire minimum progresse. En 2015 l’inflation a fortement augmenté du fait de la dépréciation du leu (hausse des prix à l’importation). En 2016, l’inflation resterait au-dessus de 5 %, cible de la Banque centrale.

 

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_ Une dégradation des comptes publics et courants 

Le déficit budgétaire s’est creusé en 2015 en raison du ralentissement de l’activité et devrait se stabiliser en 2016. Le gouvernement devrait geler les dépenses dites non-essentielles à la suite de la décision du FMI et des institutions européennes d’interrompre les financements. Néanmoins, le scandale de corruption qui a éclaté en 2015, devrait avoir des répercussions négatives sur les finances publiques car les 1 milliard de dollars détournés (soit 12,5 % du PIB) n’ont pas été restitués et pourraient être intégrés dans la dette publique. De plus, les trois banques qui détiennent la majorité des actifs du pays, continuent à se fragiliser compte tenu de l’importance de leurs taux de créances douteuses et de leur très faible capitalisation et sollicitent une intervention de l’Etat ce qui fait peser un risque sur les finances publiques.  

 

Le solde du compte courant s’est dégradé en 2015. Malgré l’appréciation du leu par rapport au rouble russe réduisant la valeur des importations, la baisse des exportations vers la Roumanie, couplée à une baisse des transferts provenant de la Russie a creusé le déficit courant. Par ailleurs, l’embargo sur les produits agroalimentaires imposé par la Russie en réponse à la signature d’accords commerciaux entre l’UE et la Moldavie, pénalise davantage les exportations moldaves. Dans un contexte de conjoncture toujours dégradée, le déficit courant resterait élevé en 2016. Les réserves officielles sont en baisse, et devraient représenter 3,7 mois d’importation rendant le pays de plus en plus vulnérable aux chocs extérieurs.

 

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_ Une instabilité politique croissante dans un environnement complexe 

Le mandat du gouvernement mis en place en juillet 2015 et dirigé par Mr Valeriu Strelet est marqué par une instabilité politique grandissante. En effet, trois partis proeuropéens étaient sortis victorieux des législatives de novembre: le Parti libéral-démocrate de Moldavie (PLDM), le Parti démocrate de Moldavie (PDM) et le Parti libéral (PL), ce dernier étant l’avocat le plus fervent de l’avancée des réformes sur la voie européenne. Le gouvernement disposait de 55 sièges sur 101, une majorité lui permettant de mettre en place un gouvernement proeuropéen.

 

Cependant, en octobre 2015 l’ancien Premier ministre et dirigent du Parti libéral-démocrate Mr Vlad Filat a été arrêté dans l’enceinte même du Parlement pour affaire de corruption et de détournement de fonds. Cette arrestation a confirmé l’instabilité politique croissante et a mis en évidence les tensions sociales, affaiblissant davantage le gouvernement Strelet. Dans ce contexte,  une élection anticipée pourrait favoriser la montée au pouvoir d’un gouvernement pro-russe, entravant les négociations pour l’adhésion à l’UE.

 

La situation intérieure est également marquée par les revendications sécessionnistes de la Transnistrie, région de la Moldavie située le long de la frontière avec l’Ukraine majoritairement peuplée de russophones. La crise en Ukraine a exacerbé les revendications transnistriennes de reconnaissance de leur volonté d’indépendance. De plus, des « élections » dans cette région sont prévues en 2016. Dans un environnement marqué par de fortes tensions, la Moldavie restera touchée par une grande pauvreté et un climat des affaires peu satisfaisant. En outre, le pays continue d’afficher de faibles performances en matière d’octroi de permis de construire et de raccordement à l’électricité. Le rapport Doing Business classe le pays 52ème sur 189 pays. Néanmoins des améliorations portant notamment sur la création d’entreprises sont à noter.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2016/

 

http://www.coface.com/fr/Etudes-economiques-et-risque-pays/Moldavie


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