Publié le : 03-06-2014 à 02:30:10 Synthèse, compilation et textes réunis (David N'DJA Boka)

AFRIQUE/ MALAWI/ POLITIQUE/ GOUVERNANCE/ ECONOMIE : Mutharika a prêté serment comme président au Malawi

1 – « M. Peter Mutharika a prêté serment, samedi, comme le nouveau président du Malawi devant la Cour suprême de Blantyre après que la présidente sortante, Joyce Banda, arrivée 3e à l'élection présidentielle avec 20,2 % des voix, a reconnu sa défaite, a constaté sur place la PANA. M. Mutharika a remporté cette élection par 36,4 % des voix alors que son plus proche challenger, le prêtre devenu politicien de 59 ans, Lazarus Chakwera du «Malawi Congress Party» (MCP), est sorti deuxième avec 27,8 % des voix. «Je veux inviter les onze autres candidats qui étaient en compétition avec moi de se joindre à moi dans la reconstruction de ce pays», a déclaré le nouveau président après avoir prêté serment. »



  


2 – « La croissance du PIB réel du Malawi est estimée à 5 % en 2013 et devrait s’accélérer à 6.1 % en 2014 et 6.2 % et 2015, sous l’effet des exportations de tabac et de la poursuite de la croissance des secteurs clés que sont l’agriculture, l’industrie manufacturière et les services. À court terme, le Malawi devra principalement consolider sa stabilité macroéconomique et renforcer sa gouvernance, tout en rendant son environnement des affaires plus propice à l’investissement du secteur privé pour parvenir à une croissance soutenue et inclusive. Si le pays est en bonne voie pour atteindre quatre des huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), il peine à atteindre les cibles des OMD relatives à l’éducation primaire universelle ainsi qu’à faire reculer les inégalités hommes-femmes et la mortalité maternelle. »

   


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1 - Politique: Mutharika a prêté serment comme président au Malawi

 

Blantyre, Malawi - M. Peter Mutharika a prêté serment, samedi, comme le nouveau président du Malawi devant la Cour suprême de Blantyre après que la présidente sortante, Joyce Banda, arrivée 3e à l'élection présidentielle avec 20,2 % des voix, a reconnu sa défaite, a constaté sur place la PANA. M. Mutharika a remporté cette élection par 36,4 % des voix alors que son plus proche challenger, le prêtre devenu politicien de 59 ans, Lazarus Chakwera du «Malawi Congress Party» (MCP), est sorti deuxième avec 27,8 % des voix.


 


«Je veux inviter les onze autres candidats qui étaient en compétition avec moi de se joindre à moi dans la reconstruction de ce pays», a déclaré le nouveau président après avoir prêté serment. «Nous faisons face à des problèmes graves dans ce pays, aucune personne ne peut les résoudre seule, ce pays est presque sur le bord de l'effondrement», a-t-il déclaré dans un discours bref après avoir prêté serment devant le juge en chef, Anastansia Msosa. 


Banda qui n'a pas assisté à la brève cérémonie prestation de serment du nouveau président, Mutharika, a félicité le nouvel élu dans un communiqué. «Je profite de cette opportunité pour féliciter sincèrement le président élu, le Pr Arthur Peter Mutharika et le vice-président élu, Saulo Klaus Chilima, pour leur victoire dans une élection âprement disputée», a déclaré Mme Banda, deuxième femme présidente en Afrique, dans un communiqué. 'Je souhaite tout le succès au président élu et au vice-président élu, du fait qu'ils prennent le manteau de dirigeants de la nation malawite. Je prie pour que le nouveau président et son gouvernement guident avec succès notre nation aux plus hauts sommets de la prospérité», a-t-elle ajouté.  «Je voudrais exhorter tous les Malawites d'avancer comme une seule nation, de rester unis, de soutenir la primauté du droit et de continuer à être pacifiques et calmes à la veille des prochaines cinquante années du Malawi», a-t-elle dit.



Banda a félicité ses compatriotes pour l'avoir soutenu au cours de ses deux années au pouvoir, déclarant que c'était «une période délicate de transition». «Je suis heureuse que le pays soit à une place meilleure que celle dans laquelle il était quand je prenais les rênes du pouvoir en 2012», a-t-elle indiqué. Agée de 64 ans, Banda a assumé le pouvoir à la suite de la mort du président Bingu wa Mutharika de complications d'un arrêt cardiaque dans son bureau, le 5 avril 2012.



Au moment où elle a pris fonction, elle a été exclue du «Democratic Progressive Party» (DPP) au pouvoir d'alors, pour avoir refusé d'approuver l'onction du frère du président, Peter, de lui succéder quand il était prévu qu'il se retire après les élections du 20 mai 2014. A la suite de la mort soudaine, à l'âge de 78 ans de l'économiste devenu politicien, Peter, âgé maintenant de 74 ans, a repris les rênes du pouvoir au sein du DPP et a commencé immédiatement à combattre Banda.



Banda a déclaré que «malgré quelques incidents perturbateurs isolés, les Malawites ont généralement adopté la paix au cours de la période des élections et sont restés patients attendant les conclusions des élections. Les élections malawites de 2014 ont été les plus âprement disputées depuis le début de l'instauration du multipartisme en 1994. Le chef de la Commission électorale, Maxon Mbendera a annoncé les résultats après que la Cour suprême a refusé d'arrêter leur publication et a finalement déclaré Mutharika président élu.

Pana 01/06/2014

 

http://www.afriquejet.com/afrique-sud/8254-politique-mutharika-a-prete-serment-comme-president-au-malawi.html

 

 


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2 - Malawi : Le chef de l’opposition Mutharika élu président

 

Le chef de l’opposition, Peter Mutharika, a remporté, vendredi soir, l’élection présidentielle particulièrement contestée du Malawi. La Commission électorale indépendante du Malawi (MEC) a annoncé que Mutharika, chef du Parti démocratique progressiste (DPP) de l’opposition, a obtenu un score de 1,9 million de voix représentant 36,4% des votes. Mutharika a ainsi battu la présidente en fonction Joyce Banda, première femme à avoir été élue à la fonction suprême dans le pays et leader du Parti du peuple. Les citoyens malawites se sont rendus aux urnes le 20 mai pour élire un nouveau président, 193 membres de l’Assemblée nationale et 400 conseillers d’arrondissements municipaux.

 

Douze candidats étaient en lice pour la fonction de chef de l’Etat malawite, notamment Mutharika, Banda, Atupele Muluzi du Front uni démocratique et Lazarus Chakwera du Parti du congrès du Malawi. L’annonce des résultats a été effectuée vendredi à minuit, au Centre national de dépouillement, situé dans la capitale de la Région Sud, Blantyre, après un délai de huit ordonné par la Haute cour du Malawi pour permettre un nouveau décompte des votes suite aux plaintes d’irrégularités constatées dans une soixantaine de bureaux de vote. A l’expiration de ce délai, vendredi, la Haute cour a ainsi décidé que la Commission pouvait procéder à l’annonce publique des résultats de l’élection du 20 mai, comme prescrit par la loi.

 

31 Mai 2014 (Dernière mise à jour 31 Mai 2014)

 

http://www.aa.com.tr/fr/politique/338323--malawi-le-chef-de-l-opposition-mutharika-elu-president


   


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3 - Malawi : Economie politique

 

La croissance du PIB réel du Malawi est estimée à 5 % en 2013 et devrait s’accélérer à 6.1 % en 2014 et 6.2 % et 2015, sous l’effet des exportations de tabac et de la poursuite de la croissance des secteurs clés que sont l’agriculture, l’industrie manufacturière et les services. À court terme, le Malawi devra principalement consolider sa stabilité macroéconomique et renforcer sa gouvernance, tout en rendant son environnement des affaires plus propice à l’investissement du secteur privé pour parvenir à une croissance soutenue et inclusive. Si le pays est en bonne voie pour atteindre quatre des huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), il peine à atteindre les cibles des OMD relatives à l’éducation primaire universelle ainsi qu’à faire reculer les inégalités hommes-femmes et la mortalité maternelle.

 

Selon les estimations, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel a rebondi à 5 % en 2013, contre 1.8 % en 2012, principalement grâce à une bonne récolte de tabac et une solide reprise de la croissance des activités manufacturières, de la construction, ainsi que du commerce de gros et de détail. La production de tabac s'est accrue, passant de 79.8 à 168.6 millions de kilogrammes, sous l'effet de la hausse des prix d'enchères qui asuivi la dépréciation de la monnaie nationale, le kwacha malawien (MWK). La vive reprise de la production de tabac a stimulé la croissance de l'ensemble du secteur agricole, passée à 5.7 % après une contraction de 2.3 % en 2012. La croissance de la production des industries manufacturières a augmenté pour atteindre 6.2 %, contre - 1.3 % l'année précédente, grâce à une amélioration de la disponibilité des devises.

 

L'expansion de la production agricole a contribué à la reprise des activités manufacturières, en particulier de l'agroalimentaire. Selon les projections, la croissance du PIB réel du Malawi devrait ressortir à 6.1 % en 2014 et s'accélérer encore à 6.2 % en 2015. Ces perspectives favorables présupposent que les indicateurs macroéconomiques restent stables, que les cours du tabac soient élevés, qu'il y ait suffisamment de devises disponibles, que les conditions météorologiques soient favorables et que climat des affaires continue de s'améliorer.

 

Les réformes macroéconomiques mises en oeuvre par le Malawi dans le cadre du Plan de redressement économique (PRE) ont commencé à porter leurs fruits, comme en témoignent la plus grande disponibilité des devises et l'amélioration des incitations pour les producteurs de biens d'exportation. Malgré les gains, le pays continue de subir des tensions macroéconomiques : inflation, volatilité du taux de change et endettement intérieur excessif. Pour endiguer l'inflation, la Banque de réserve du Malawi (Reserve Bank of Malawi - RBM) a poursuivi une politique de rigueur monétaire. Si l'inflation a commencé de refluer, le rythme de la désinflation est plus lent que prévu en raison de la vive dépréciation du kwacha.

 

Les défis macroéconomiques que le pays doit relever ont été amplifiés par la révélation, en septembre 2013, du pillage de fonds publics à travers le Système d'information intégré sur la gestion financière (Ifmis), affaire qualifiée de " cashgate ". Les donneurs ont suspendu leur appui budgétaire, ce qui a creusé le déficit. En réaction au scandale, le gouvernement met en place, avec l'aide des donneurs, un plan d'action complet destiné à corriger les faiblesses de la gestion des finances publiques. Ce scandale financier a souligné combien il était urgent que le Malawi améliore la reddition de comptes et la transparence dans son secteur public.

 

Le pays se prépare à organiser, en mai 2014, les cinquièmes élections démocratiques multipartites de son histoire, qui constitueront un nouveau test de la maturité de sa démocratie. Le panier d'exportations du Malawi est dominé par les biens primaires, mais la mondialisation a fait apparaître des opportunités d'exportation de produits transformés. Le pays ne s'est pas encore repositionné de manière à exploiter les opportunités qui lui permettront de s'intégrer aux chaînes de valeur mondiales (CVM).Les obstacles à l'intégration aux CVM sont la mauvaise qualité des infrastructures, la faiblesse des compétences et un climat des affaires peu propice. Les autorités nationales sont en train de mettre en oeuvre la Stratégie nationale pour les exportations dans le but de renforcer la compétitivité des exportations et de promouvoir celles de produits agricoles transformés en vue d'une intégration dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.


  


Tableau 1 : Indicateurs Macroéconomiques

 

2012

2013(e)

2014(p)

2015(p)

Croissance du PIB

1.8

5

6.1

6.2

Taux de croissance du PIB réel par habitant

-1.1

2.2

3.3

3.4

Inflation

21.3

28.4

15.2

8.4

Solde budgétaire (% PIB)

-7

-1.1

-3.6

-3.9

Compte courant (% PIB)

-14.9

-15

-14.3

-12.1

Source : Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).

 

http://www.africaneconomicoutlook.org/fr/pays/afrique-australe/malawi/


   


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4 - Perspectives économiques au Malawi

 

La croissance du PIB réel du Malawi est estimée à 5 % en 2013 et devrait s’accélérer à 6.1 % en 2014 et 6.2 % et 2015, sous l’effet des exportations de tabac et de la poursuite de la croissance des secteurs clés que sont l’agriculture, l’industrie manufacturière et les services.

À court terme, le Malawi devra principalement consolider sa stabilité macroéconomique et renforcer sa gouvernance, tout en rendant son environnement des affaires plus propice à l’investissement du secteur privé pour parvenir à une croissance soutenue et inclusive.

 Si le pays est en bonne voie pour atteindre quatre des huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), il peine à atteindre les cibles des OMD relatives à l’éducation primaire universelle ainsi qu’à faire reculer les inégalités hommes-femmes et la mortalité maternelle.

 

Selon les estimations, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel a rebondi à 5 % en 2013, contre 1.8 % en 2012, principalement grâce à une bonne récolte de tabac et une solide reprise de la croissance des activités manufacturières, de la construction, ainsi que du commerce de gros et de détail. La production de tabac s’est accrue, passant de 79.8 à 168.6 millions de kilogrammes, sous l’effet de la hausse des prix d’enchères qui a suivi la dépréciation de la monnaie nationale, le kwacha malawien (MWK). La vive reprise de la production de tabac a stimulé la croissance de l’ensemble du secteur agricole, passée à 5.7 % après une contraction de 2.3 % en 2012.

 

La croissance de la production des industries manufacturières a augmenté pour atteindre 6.2 %, contre -1.3 % l’année précédente, grâce à une amélioration de la disponibilité des devises. L’expansion de la production agricole a contribué à la reprise des activités manufacturières, en particulier de l’agroalimentaire. Selon les projections, la croissance du PIB réel du Malawi devrait ressortir à 6.1 % en 2014 et s’accélérer encore à 6.2 % en 2015. Ces perspectives favorables présupposent que les indicateurs macroéconomiques restent stables, que les cours du tabac soient élevés, qu’il y ait suffisamment de devises disponibles, que les conditions météorologiques soient favorables et que climat des affaires continue de s’améliorer.

 

Les réformes macroéconomiques mises en oeuvre par le Malawi dans le cadre du Plan de redressement économique (PRE) ont commencé à porter leurs fruits, comme en témoignent la plus grande disponibilité des devises et l’amélioration des incitations pour les producteurs de biens d’exportation. Malgré les gains, le pays continue de subir des tensions macroéconomiques : inflation, volatilité du taux de change et endettement intérieur excessif. Pour endiguer l’inflation, la Banque de réserve du Malawi (Reserve Bank of Malawi – RBM) a poursuivi une politique de rigueur monétaire. Si l’inflation a commencé de refluer, le rythme de la désinflation est plus lent que prévu en raison de la vive dépréciation du kwacha.

 

Les défis macroéconomiques que le pays doit relever ont été amplifiés par la révélation, en septembre 2013, du pillage de fonds publics à travers le Système d’information intégré sur la gestion financière (Ifmis), affaire qualifiée de « cashgate ». Les donneurs ont suspendu leur appui budgétaire, ce qui a creusé le déficit. En réaction au scandale, le gouvernement met en place, avec l’aide des donneurs, un plan d’action complet destiné à corriger les faiblesses de la gestion des finances publiques.

 

Ce scandale financier a souligné combien il était urgent que le Malawi améliore la reddition de comptes et la transparence dans son secteur public. Le pays se prépare à organiser, en mai 2014, les cinquièmes élections démocratiques multipartites de son histoire, qui constitueront un nouveau test de la maturité de sa démocratie. Le panier d’exportations du Malawi est dominé par les biens primaires, mais la mondialisation a fait apparaître des opportunités d’exportation de produits transformés. Le pays ne s’est pas encore repositionné de manière à exploiter les opportunités qui lui permettront de s’intégrer aux chaînes de valeur mondiales (CVM).

 

Les obstacles à l’intégration aux CVM sont la mauvaise qualité des infrastructures, la faiblesse des compétences et un climat des affaires peu propice. Les autorités nationales sont en train de mettre en oeuvre la Stratégie nationale pour les exportations dans le but de renforcer la compétitivité des exportations et de promouvoir celles de produits agricoles transformés en vue d’une intégration dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.

 

Source: Perspectives économiques en Afrique (PEA) 2014

 

http://www.afdb.org/fr/countries/southern-africa/malawi/malawi-economic-outlook/

 

 blantyre Blantyre  


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5 - Au Malawi, un programme communautaire aide les femmes à épargner et investir

 

LES POINTS MARQUANTS

Au Malawi, un programme de travaux publics a débouché sur la création d’une coopérative d’épargne et d’investissement communautaire, le COMSIP, qui compte aujourd’hui plus de 99 000 membres dans les zones rurales du pays. Grâce à cette coopérative, hommes et femmes peuvent accroître leur épargne et investir dans la création d’une petite entreprise, dans l’éducation ou dans d’autres priorités qui transforment leur vie. L’objectif ultime est d’aider les populations rurales à faire face à une perte de revenus soudaine et à préserver leur sécurité alimentaire

  

MALAWI, le 1er avril 2014 - « Quand ma fille et mon gendre sont morts et que j’ai dû m’occuper de mes quatre petits-enfants, je ne savais pas quoi faire », raconte Gilaselia Denesi. « J’étais pauvre, je n’avais rien, on n’avait même pas assez pour faire tous un repas une fois par jour. »

C’était avant que cette habitante du village de Bongera, dans le district de Mchinji, au centre du Malawi, participe au Programme d’épargne et d’investissement communautaire (COMSIP), un projet financé par le Groupe de la Banque mondiale.

« Et puis le programme de travaux publics a démarré dans notre région et j’ai pu devenir membre du groupe d’épargne », explique Gilaselia. « Peu à peu, avec ce que j’ai économisé sur mon salaire, j’ai pu emprunter auprès de la coopérative pour ouvrir un petit magasin d’alimentation dans mon village. »

 

Par une journée ensoleillée de septembre, Gilaselia lisse fièrement sa robe en kitenge et prend la parole lors d’une réunion du COMSIP dans son village.

« Regardez-moi, dit-elle. Dieu soit loué, maintenant mes petits-enfants vont à l’école, ils mangent à leur faim et j’ai même le temps de prendre le thé chez moi. Vous vous rendez compte ? Aujourd’hui, je porte une robe neuve et j’ai le temps de prendre le thé ! »

 

"Regardez-moi. Dieu soit loué, maintenant mes petits-enfants vont à l’école, ils mangent à leur faim et j’ai même le temps de prendre le thé chez moi. Vous vous rendez compte ? » Close Quotes Denesi Resident of Bongera village"

 

« Mama Denesi » a un certain talent d’oratrice et les autres membres du groupe d’épargne dont elle fait partie, principalement des femmes dont beaucoup ont des enfants en très bas âge, l’écoutent avec amusement. Mais le propos n’en est pas moins des plus sérieux. Dans tout le pays, les participants au COMSIP utilisent l’argent qu’ils ont économisé pour réaliser des investissements qui améliorent leur revenu.

Le programme a été mis en place dans le cadre du Fonds d’action sociale au Malawi. Financé par la Banque mondiale, il encourage ses adhérents à épargner et à investir pour faire face à une perte de revenus soudaine et à l’insécurité alimentaire dans une région où l’agriculture pâtit souvent de mauvaises conditions météorologiques. La coopérative prévoit également le versement de subventions de contrepartie à ses membres. Ces aides peuvent servir à des formations et à de petits investissements dans divers domaines, notamment pour améliorer la santé et la nutrition ou pour créer des micro-entreprises.  

 

Avec l’appui d’agents de vulgarisation employés par le ministère du Genre, de l’Enfance et du Bien-être social, le programme COMSIP a mobilisé 99 153 personnes sur de grands chantiers publics. Ces participants ont constitué 4 457 groupes d’épargne, dans 28 conseils de district. En moyenne, chaque individu épargne une vingtaine de dollars.L’épargne ainsi mobilisée sert à prêter à des membres du groupe et, dans certains cas, à réaliser des investissements collectifs, par exemple dans le commerce, l’apiculture, l’élevage porcin ou l’agriculture irriguée. Les membres du groupe peuvent utiliser l’épargne pour investir dans de petites entreprises : achat et vente de produits agricoles, investissement dans du bétail, des cultures de rapport ou dans une autre activité de production, telle que la boulangerie, la viticulture ou la culture de champignons.

 

Au total, 1 275 groupes, comptant 27 252 bénéficiaires, dont 65 % de femmes, ont appris à gérer un budget et une entreprise. Ces nouvelles compétences leur ont permis de travailler avec une plus grande efficacité et d’accroître leur épargne. Fossy Mkozombo est membre du COMSIP de Zatonse, dans le district de Thyolo. Grâce à la coopérative, cette agricultrice a pu améliorer son revenu, augmenter le nombre de vaches qu’elle élève et épargner davantage. Et sa laiterie est devenue un modèle dans son village. Elle a pu développer son savoir-faire, financer la scolarité de ses enfants et petits-enfants, et mieux nourrir sa famille.

 

« Le COMSIP offre des opportunités d’épargne et d’investissement dans des moyens de subsistance qui permettent aux populations de ne plus dépendre des filets de protection sociale », explique Maniza Naqvi, chef d’équipe du projet à la Banque mondiale. « Ce dispositif peut aider les gens à améliorer et à accroître leur revenu et, ainsi, à mieux résister aux chocs. » « Il s’agit in fine de faire en sorte que la plupart des personnes ne dépendent plus de l’aide alimentaire et des transferts sociaux, de réduire le risque d’insécurité alimentaire et de promouvoir d’autres formes de revenu et d’emploi parmi les membres des coopératives », ajoute-t-elle.

 

Dans le district de Zomba, dans le sud du Malawi, Mme Mwanyali et d’autres membres de la coopérative COMSIP créée à Sakata ont mis à profit leur épargne pour investir dans un commerce. Dans le nord du pays, Mme Chilani, qui vit à Mzuzu, a investi ses économies dans une entreprise de taxi et a réussi à acheter une voiture grâce à la coopérative. Joyce Sichali, membre de la même coopérative, a de son côté créé une petite entreprise de tricot. « Le COMSIP est un exemple de programme d’autonomisation : ses bénéficiaires n’ont plus besoin de filets sociaux, précise Maniza Naqvi. Nous sommes fiers des changements positifs que ce programme apporte sur le plan de l’amélioration concrète des conditions de vie. » 

 

31 mars 2014

 

http://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2014/03/31/a-community-savings-program-in-malawi-is-helping-women-build-savings-invest-in-businesses-and-provide-for-their-families-future

 

  


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