Publié le : 30-12-2014 à 23:57:49 Synthèse, compilation et textes réunis (David N'DJA Boka)

AFRIQUE/ DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE/ GOUVERNANCE : réflexions prospectives pour 2015


1 - « En réalité, les crises et menaces nouvelles ne peuvent être résorbées si facilement quand elles sont déclenchées. C’est le cas de la plus civilisée, la crise économique. L’Afrique doit le savoir. Car au cœur de l’occident, s’enfoncent des pays, dans des crises économiques et financières durables et sans perspective immédiate de résorption. Les plans de sortie de crise et d’aides financières et monétaires se succèdent et sont sans succès véritable. Les régimes sont instables et les démocraties vacillantes. Et pourtant chaque jour, sont exportées les mêmes recettes, pimentées par des exhortations démocratiques. A l’évidence, ce qui est en jeu est le refus de l’émergence d’une forme d’alternative au développement actuel, qui ne marche pas. Les pays africains (francophones) se développent difficilement et sont confrontés à des crises économiques et financières de longue durée. A croire que les modèles de développement qui ne marchent pas, ou sont peu efficaces, sont appelés à se pérenniser… »

 

 


2 – « Nelson Mandela, avec l’appui de l’ANC, a réussi malgré les difficultés à stabiliser l’Afrique du Sud, par un régime démocratique et des institutions crédibles et fonctionnelles. Aujourd’hui, le pays qu’il a légué aux Sud-Africains (et aux Africains) est un modèle de démocratie et un pays industrialisé, avec des entreprises de dimension mondiale. L’une d’elles, la SASOL, est même une entreprise de premier ordre dans le domaine hautement pointu des technologies énergétiques avancées. Cet homme-là, qui a véritablement aidé et sauvé son pays à un moment critique, mérite d’être suivi et 2015, doit nous y engager… »

 

 

 

--------------------------------------------

 

  

Réflexions prospectives pour 2015

 

Encore une année nouvelle sans Nelson Mandela. L’Afrique semble avoir perdu quelque chose depuis le décès de son leader historique. Quel enseignement tirer de la vie politique de Nelson Mandela et quelle perspective nouvelle aujourd’hui ?   

Nelson Mandela a contribué à mettre fin à l’apartheid (système politique colonial raciste basé sur le développement séparé des races, avec d’une part les Blancs, propriétaires vivant dans un monde riche et développé, et de l’autre, les Noirs (Noirs, Métis et Indiens), opprimés et sans droit politique, contraints de vivre dans un environnement pauvre et sous-développé).

 

Nelson Mandela, Chef d’Etat, a rassemblé tous les Sud-Africains pour construire un pays commun, avec les mêmes droits pour tous les citoyens. Il a ainsi réussi à réconcilier tous les Sud-Africains, mais n’a pas engagé les Noirs dans une politique de haine et de revanche vis-à-vis des Blancs, qui continuent de jouer un rôle économique prépondérant. La justice, qui a recherché la vérité, n’a pas condamné au pénal individuellement les Blancs, garantissant ainsi la vérité et la réconciliation et non la revanche…  

 

Nelson Mandela, avec l’appui de l’African National Congress (ANC), a réussi malgré les difficultés à stabiliser l’Afrique du Sud, par un régime démocratique et des institutions crédibles et fonctionnelles. Aujourd’hui, le pays qu’il a légué aux Sud-Africains (et aux Africains) est un modèle de démocratie et un pays industrialisé, avec des entreprises de dimension mondiale. L’une d’elles, la SASOL, est même une entreprise de premier ordre dans le domaine hautement pointu des technologies énergétiques avancées. Cet homme-là, qui a véritablement aidé et sauvé son pays à un moment critique, mérite d’être suivi et 2015, doit nous y engager…

 



2015 : qu’attendre de l’année nouvelle ? En réalité beaucoup de choses ici : paix, développement économique et technologique, croissance économique, coopération, aide au développement, lutte contre les nouvelles menaces. Elle doit enfin nous permettre d’esquisser des perspectives porteuses de renouveau, surtout en Afrique…

  

1 – Développement socioéconomique et technologique :

 

Le chemin à parcourir par l’Afrique pour atteindre les objectifs de développement économique et social est encore long. Mais les perspectives sont bonnes et portent sur ces aspects : stabilisation des institutions à travers des avancées démocratiques lentes mais indéniables (cas récent du Burkina Faso), renforcement des forces de défense et de sécurité et bonne perception des enjeux sécuritaires, amélioration inexorable des gouvernances au niveau des Etats, rôle politique et économique important des institutions multilatérales et panafricaines, assainissement de la gestion des finances publiques, lutte contre la corruption, coopération importante avec les puissances émergentes malgré les difficultés, développement important de la coopération technologique, rôle important accordé au développement local à travers des institutions quasi-étatiques crédibles, engagement dans la politique des grands travaux, développement des unions économiques ou douanières, création de zones de libre échange, etc.   

  

2 – Crises multiformes, déstabilisation de pays et modèles de développement :

 

Les efforts mis en œuvre par les pays africains pour garantir la stabilité politique sont de plus en plus plombés par des menaces nouvelles : grand banditisme, terrorismes, narco-trafics, déstabilisation de régimes sous prétexte d’avancées démocratiques, crise économique brutale provoquée par des milieux spéculatifs puissants, envahissement de pays par des bandes armées et rebelles, etc. Les crises et menaces, nombreuses et précises, qui peuvent saboter les maigres acquis en matière de développement, vont se multiplier. Les pays africains doivent s’y préparer, par des moyens militaires conséquents, par la démocratie et le dialogue et par la sensibilisation et l’éducation.  

 

En réalité, les crises et menaces nouvelles ne peuvent être résorbées si facilement quand elles sont déclenchées. C’est le cas de la plus civilisée, la crise économique. L’Afrique doit le savoir. Car au cœur de l’occident, s’enfoncent des pays, dans des crises économiques et financières durables et sans perspective immédiate de résorption. Les plans de sortie de crise et d’aides financières et monétaires se succèdent et sont sans succès véritable. Les régimes sont instables et les démocraties vacillantes. Et pourtant chaque jour, sont exportées les mêmes recettes, pimentées par des exhortations démocratiques. A l’évidence, ce qui est en jeu est le refus de l’émergence d’une forme d’alternative au développement actuel, qui ne marche pas. Les pays africains (francophones) se développent difficilement et sont confrontés à des crises économiques et financières de longue durée. A croire que les modèles de développement qui ne marchent pas, ou sont peu efficaces, sont appelés à se pérenniser… 


 

 

3 – Les perspectives peuvent être bonnes pour l’Afrique :

 

3.1 – Ces preuves indirectes :

 

Les perspectives ne sont pas si mauvaises pour l’Afrique en matière de développement. Elles peuvent être bonnes, bien qu’il s’agisse de preuve indirecte. Hormis Nelson Mandela, c’est le succès certain de la Présidence Obama aux Etats-Unis d’Amérique qui mérite un minimum d’attention. Car si Obama a réussi là-bas, c’est que les Africains peuvent réussir ici à construire leur continent, avec les mêmes recettes.

 



A l’actif de la Présidence Obama, on peut citer :

_ situation économique globalement satisfaisante du pays, réaffirmation de la puissance économique et commerciale du pays, grandes entreprises profondément en crise ayant renoué avec les profits, baisse importante du chômage ;

_ renouveau des technologies militaires et grande offensive commerciale, désengagement partiel ou total des Etats-Unis des guerres extérieures importantes ;

_ leadership au niveau des technologies nouvelles informatiques et électroniques,  grande percée scientifique, technologique ou industrielle concernant des domaines nouveaux et porteurs (biotechnologie, imprimante 3 D, nanotechnologies, robotique avancée, intelligence artificielle, etc.) ;

_ parité stratégique avec la Russie concernant les technologies pointues (espace, nucléaire civil et militaire, recherches scientifiques et technologiques avancées et sécrètes), développement des technologies énergétiques, essor des sciences et technologies non conventionnelles, etc. ;  

_ relations stratégiques quasi-normales avec la Chine, identité de vues avec l’Union européenne (et avec la France) sur les questions d’intérêt commun ;

_ quasi-indépendance énergétique des Etats-Unis, mise en œuvre de diverses grandes réformes (dont celle portant sur le système de santé), etc.   

 

Certes, cette réussite indéniable de la Présidence Obama, jalousée, est actuellement occultée par des combats malveillants d’arrière-garde : agitations raciales et racistes suscitées ; perte de popularité contrastant avec les réussites politiques, économiques et stratégiques ; déstabilisation suspecte des relations internationales ; conflits larvés (stériles) avec la Russie sur des questions strictement internes et européennes, etc. Mais ces perturbations ne peuvent globalement ternir l’action politique et économique et la gouvernance d’un homme politique d’origine africaine, qui a le privilège de diriger un grand pays et un grand peuple...

Tout comme Barack Obama, l’Afrique peut s’en sortir, en mettant l’accent sur son avenir, c’est-à-dire déployer efficacement un processus global de développement, axé sur la technologie, l’énergie, le commerce et l’expansion économique, les grands travaux, la gouvernance, la démocratie, l’unité politique et économique du continent, etc.  

 


3.2 – Les perspectives :

 

En conclusion, il faut rappeler que tous ces axes de développement ci-dessus énumérés constituent avant tout des attentes pressantes des populations africaines.

Il s’agit de :  

_ renforcer ou d’améliorer la gouvernance, la démocratie, les formes d’Etat (par le choix des modèles porteurs de développement), le dialogue et les consensus politiques ;

_ accroître la coopération avec les puissances amies de l’Afrique (notamment l’Union européenne, la Russie, la Chine, les Etats-Unis d’Amérique, l’Inde, le Brésil, les pays arabes émergents et Israël, etc.), en mettant l’accent sur les transferts de technologies, l’ouverture des marchés, le financement des petits et grands projets de développement ;  

_ engager l’Afrique à réduire les conflits entre grandes puissances, lesquels agissent négativement sur le développement du continent et assèchent ses sources d’aide et de financement ;

_ développer et d’accroître l’intégration politique, économique et linguistique des pays africains (en renforçant également l’usage de ces langues : l’Arabe (qui est une langue africaine avant tout), le Français, l’Anglais, etc.) ;

_ combattre activement les menaces nouvelles et les maladies émergentes, etc.

  

Bonne et heureuse année 2015.

  



 

Paix et développment.net/

Paix et développment.com/

N’DJA Boka/ Fonctionnaire/

Cadre du PDCI-RDA (RHDP).