Publié le : 17-01-2016 à 22:35:00 Synthèse, compilation et textes réunis (David N'DJA Boka)

MONDE/ TAIWAN/ POLITIQUE/ GOUVERNANCE/ ECONOMIE : Dr Tsai Ing-wen élue première femme présidente de Taïwan

 

0.1 – « Taïwan : Tsaï Ing-wen élue première femme présidente : Pour la première fois dans l'histoire de Taïwan, une femme a été élue présidente. Elle s'appelle Tsaï Ing-wen et elle est partisane d'une indépendance de l'île. Tsaï Ing-wen inscrit son nom dans l’histoire en devenant la première femme qui dirigera Taïwan. A 59 ans, l’ancienne professeure d’université, chef de l’opposition, s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre très attendu par les dix-huit millions de Taïwanais qui ont voté en masse pour elle. Selon la commission électorale, elle a remporté 56,12% des voix contre 31,04% pour son principal adversaire, le candidat nationaliste du Kuomintang. Ce raz-de-marée vert ouvre une période d’incertitude sur l’île du détroit de Formose. La victoire de Tsaï Ing-wen marque une rupture avec la politique des nationalistes. Pendant huit ans, le Kuomintang a en effet joué la carte de la conciliation avec Pékin. »

  

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0.2 – « La Chine avertit Taïwan après la victoire des indépendantistes : L'opposition indépendantiste a remporté les élections présidentielles à Taïwan. Pékin a rappelé qu'il restait attaché à sa souveraineté sur l'île rebelle. La Chine continuera à s'opposer aux activités de Taïwan visant à l'indépendance, a déclaré samedi le Bureau chinois des Affaires taïwanaises après la victoire à l'élection présidentielle dans l'île de la candidate de l'opposition, Tsaï Ing-wen, favorable à l'indépendance. La détermination de la Chine en ce qui concerne la protection de son territoire et de sa souveraineté est "aussi dure qu'un roc", a déclaré le Bureau chinois dans un communiqué diffusé via l'agence de presse Chine nouvelle. La Chine considère l'île autoadministrée comme une simple province rebelle. Dès l'annonce de sa victoire samedi, la nouvelle présidente taïwanaise, du Parti progressiste démocratique (DPP) a déclaré qu'elle ne provoquerait pas la Chine. »

 

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1 - Taïwan : Tsai Ing-wen, première femme élue présidente, défaite historique pour le Kuomintang

 

INTERNATIONAL - Historique. La candidate de l'opposition à Taïwan, Tsai Ing-wen, a enregistré samedi une victoire électorale écrasante pour devenir la première femme présidente de l'île, le parti au pouvoir du Kuomintang favorable au rapprochement avec Pékin ayant concédé sa défaite. "Je suis désolé... Nous avons perdu. Le KMT a subi une défaite électorale. Nous n'avons pas travaillé assez dur et nous avons déçu les attentes des électeurs", a déclaré Eric Chu, candidat du Kuomintang, au siège du parti alors que le comptage se poursuivait, plus de trois heures après la clôture du scrutin.

 

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_ Contre un rapprochement avec Pékin

D'après les chiffres communiqués en direct par la télévision, la victoire de Tsai Ing-wen prenait la forme d'un raz-de-marée, avec quelque 60% des voix contre 30% à Eric Chu, dont le parti enregistre une défaite historique.

En votant massivement pour le Parti démocratique progressiste (PDP) de Mme Tsai, le principal parti d'opposition, les Taïwanais ont clairement exprimé leur souhait de tourner le dos à des années de rapprochement avec la Chine. Le KMT a mené depuis huit ans une politique inédite de réchauffement avec Pékin sous l'égide de Ma Jing-jeou. Mme Tsai, une ancienne universitaire de 59 ans, a vraisemblablement bénéficié du malaise croissant suscité par les relations bilatérales avec Pékin et de la frustration d'une partie des 18 millions d'électeurs face à la stagnation économique.

 

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_ Censuré en Chine continentale

Du côté de Pékin, on semble d'ailleurs peu apprécier ce raz-de-marée. Après la victoire de la candidate de l'opposition, son nom était censuré samedi 16 janvier sur Weibo, le principal réseau social de Chine, Pékin tentant de limiter le traitement médiatique de son élection et les discussions en ligne. Les internautes chinois qui cherchaient sur Weibo, la très populaire plateforme de microblogs chinoise, le nom de Tsai Ing-wen ou même la simple expression en mandarin "élections de Taïwan" en étaient pour leurs frais. Ils obtenaient pour toute réponse un message signalant le blocage des censeurs: "En raison des lois, règlements et politiques en vigueur, les résultats pour cette recherche ne peuvent être affichés".

 

Le HuffPost avec AFP / Publication : 16/01/2016/ Mis à jour: 16/01/2016  

 

http://www.huffingtonpost.fr/2016/01/16/taiwan-femme-presidente-defaite-kuomintang_n_8997644.html


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2 - Taïwan : Tsaï Ing-wen élue première femme présidente

 

Pour la première fois dans l'histoire de Taïwan, une femme a été élue présidente. Elle s'appelle Tsaï Ing-wen et elle est partisane d'une indépendance de l'île.

Tsaï Ing-wen inscrit son nom dans l’histoire en devenant la première femme qui dirigera Taïwan. A 59 ans, l’ancienne professeure d’université, chef de l’opposition, s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre très attendu par les dix-huit millions de Taïwanais qui ont voté en masse pour elle. Selon la commission électorale, elle a remporté 56,12% des voix contre 31,04% pour son principal adversaire, le candidat nationaliste du Kuomintang. Ce raz-de-marée vert ouvre une période d’incertitude sur l’île du détroit de Formose. La victoire de Tsaï Ing-wen marque une rupture avec la politique des nationalistes. Pendant huit ans, le Kuomintang a en effet joué la carte de la conciliation avec Pékin.

 

 

_ Comparée à Angela Merkel

Cette politique est donc largement sanctionnée par les Taïwanais attachés à leur identité. Tsaï Ing-wen est une souverainiste favorable au statu quo avec la Chine. Une position inacceptable pour Pékin qui considère qu’il n’y a "qu’une seule Chine et pas plusieurs". Mais la jeune démocratie taïwanaise se montre sereine, rassurée par Madame Tsaï Ing-wen qui, une fois élue, a appelé Pékin a respecter "le système démocratique, l’identité nationale et l’intégrité territoriale de Taïwan" a lancé à la tribune celle que beaucoup comparent avec Angela Merkel.

 

Par Rédaction de France Info/ samedi 16 janvier 2016  

 

http://www.franceinfo.fr/actu/monde/article/taiwan-tsai-ing-wen-elue-premiere-femme-presidente-759047

 

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3 - La Chine avertit Taïwan après la victoire des indépendantistes

 

L'opposition indépendantiste a remporté les élections présidentielles à Taïwan. Pékin a rappelé qu'il restait attaché à sa souveraineté sur l'île rebelle. La Chine continuera à s'opposer aux activités de Taïwan visant à l'indépendance, a déclaré samedi le Bureau chinois des Affaires taïwanaises après la victoire à l'élection présidentielle dans l'île de la candidate de l'opposition, Tsaï Ing-wen, favorable à l'indépendance.

 

La détermination de la Chine en ce qui concerne la protection de son territoire et de sa souveraineté est "aussi dure qu'un roc", a déclaré le Bureau chinois dans un communiqué diffusé via l'agence de presse Chine nouvelle. La Chine considère l'île autoadministrée comme une simple province rebelle. Dès l'annonce de sa victoire samedi, la nouvelle présidente taïwanaise, du Parti progressiste démocratique (DPP) a déclaré qu'elle ne provoquerait pas la Chine. Le Kuomintang, le parti du nationaliste Tchang Kaï-chek, qui s'était réfugié à Taïwan face à l'avancée des troupes communistes, était au pouvoir dans l'île depuis 1949.

 

(Avec AFP)/ Par latribune.fr / 16/01/2016

 

http://www.latribune.fr/economie/international/la-chine-avertit-taiwan-apres-la-victoire-des-independantistes-543301.html


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4 - Du rôle de Taiwan dans l'apaisement des tensions en mer de Chine

 

Comment apaiser les tensions en mer de Chine méridionale ? Taiwan a un rôle à jouer.

Les eaux qui entourent Taiwan sont autant d'opportunités et de défis pour les pays voisins. Des ressources abondantes, en plus de la liberté de navigation, ont largement contribué à la croissance et à la vitalité de la région. Néanmoins, des différends de souveraineté sur ces eaux menacent la stabilité et la prospérité régionales. Le récent regain de tension dû à des démonstrations de force de certains acteurs en mer de Chine méridionale, et aux échanges de critiques qui ont suivi entre les Etats-Unis et la Chine continentale, pourrait déclencher une confrontation militaire s'il était laissé sans contrôle. La montée des hostilités en Asie de l'Est mérite une meilleure attention et plus d'efforts de la part de toutes les parties concernées.

 

 

_ Un précédent à succès

Face au différend actuel, il est utile de rappeler un succès antérieur. Le gouvernement de la République de Chine (Taiwan) a présenté en août 2012 une Initiative pour la Paix en mer de Chine orientale concernant le différend de souveraineté sur les îles Diaoyutai entre le continent chinois, les Japonais et les Taiwanais. Nous avons proposé des négociations bilatérales et multilatérales pour que toutes les parties tirent un bénéfice à mettre de côté les questions de souveraineté, partager les ressources naturelles et sauvegarder la liberté et la sécurité de la navigation maritime et aérienne. Cette initiative pour la paix a donné de fructueux résultats.

 

Adoptant les idéaux et l'esprit de cette initiative, l'Accord sur la Pêche signé en avril 2013 entre Taiwan et le Japon a renforcé la cause de la paix et il offre une leçon constructive pour l'application de moyens pacifiques à la résolution d'un conflit. Cette initiative pour la paix ainsi que la manière de Taiwan de régler les différends régionaux a reçu l'appui des principales puissances dans le monde, comme les Etats-Unis, l'Union européenne et ses Etats membres, ainsi que l'Australie.



 

_ L'Initiative pour la Paix en mer de Chine méridionale

Dans le but de désamorcer la montée des tensions en mer de Chine méridionale, le Président Ma Ying-jeou a lancé une autre initiative pour la paix en mai de cette année, demandant à toutes les parties concernées d'observer la plus grande retenue et d'agir avec la plus grande précaution de façon à éviter un conflit. Nous proposons que toutes les parties prenantes discutent à la mise en place d'un mécanisme de coopération dans le domaine maritime et l'établissement d'un code de bonne conduite comprenant des engagements conjoints pour la protection de l'environnement, la recherche scientifique, la lutte contre la piraterie, l'aide humanitaire et les missions de secours après une catastrophe naturelle.

 

En mettant l'accent tout particulièrement sur le partage des ressources naturelles, nous mettons en avant l'idée de mettre en place d'abord un plan de développement régional, et de s'occuper dans un deuxième temps des questions de développement local. Le principe et l'esprit du droit international doivent être observés et respectés, notamment la Charte des Nations Unies et la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Taiwan et les Philippines ont dans ce domaine joué un rôle de pionniers en arrivant à un consensus sur l'adoption de lois relatives au franchissement des limites des zones économiques exclusives entre les deux pays. Cela peut être une voie à suivre pour trouver une solution aux questions de souveraineté et poser les jalons de la voie à suivre.



_ Quelles perspectives ?

Précurseur et pacificateur dans la région, Taiwan a proposé ses deux initiatives pour la paix dans l'idée de réduire les tensions et de promouvoir la stabilité face aux différends territoriaux autour de lui. On peut sentir à présent un mouvement grandissant à pousser toutes les parties impliquées à agir concrètement et à discuter avant que les choses ne s'aggravent. Les moyens pacifiques sont la façon la plus légitime pour traiter les différends internationaux. Nous appelons donc toutes les parties concernées à entamer des négociations sur une base multilatérale, en respectant les principes d'égalité et de réciprocité, pour résoudre les problèmes que nous avons en commun et renforcer la stabilité. Travaillons ensemble pour faire de la mer de Chine méridionale une mer de paix et de coopération.

 

Francis Yi-hua Kan/ 28/08/2015  (Par Francis Yi-hua Kan, Chercheur associé à l'Institut des Relations internationales, Université nationale Chengchi, Taipei, Taiwan)

 

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/du-role-de-taiwan-dans-l-apaisement-des-tensions-en-mer-de-chine-501154.html

 

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5 - Taiwan : la dépendance économique à la Chine, enjeu majeur des élections

 

Taiwan a souffert en 2015 du ralentissement chinois. L’imbrication croissante de son économie avec celle de la Chine continentale fait partie des sujets préoccupants à la veille du scrutin présidentiel prévu samedi sur l’île nationaliste.

En 2015 Taipeh tablait sur plus de 3 % de croissance. On serait finalement plus proche des 1 %. Comme tous les dragons de l’Asie, Taiwan encaisse le ralentissement de la Chine. Car depuis 2008, sous l'impulsion du président Ma, l’homme de Pékin, l'ancienne Formose a signé une série d’accords pour faciliter ses échanges commerciaux avec la Chine continentale.

 

Ce rapprochement économique était censé améliorer les relations toujours compliquées entre les deux entités chinoises, l'une attachée à sa tradition démocratique, l'autre communiste cherchant toujours à récupérer ce bout de Chine. Cela a profité au commerce, mais cela a aussi accru la dépendance à l'égard de Pékin. Aujourd'hui environ 40 % des exportations taiwanaises sont destinées à la Chine continentale et à Hong Kong. Quand la demande baisse, cela fait mal, les exportations de Taiwan ont reculé de plus de 10 % en 2015.

 

 

_ Plus fort déclin enregistré depuis 2009
 
C'est le plus fort déclin jamais enregistré à Taiwan depuis 2009. De surcroît, son principal client est devenu son concurrent. La Chine préfère de plus en plus fabriquer elle-même les produits électroniques qu'elle importait auparavant de Taiwan. Dans les années 1980, l’île a connu une croissance ultra rapide basée sur cette industrie d'exportation. Les produits électroniques sont encore la principale composante des marchandises vendues par Taiwan sur les marchés extérieurs, mais avec l'essoufflement du marché des smartphones, et la transition chinoise, Taipeh sera conduite à revoir son modèle de développement.
 

 

_ La favorite du scrutin présidentiel, Tsaï Ing-wen, fait campagne sur le thème de la diversification des partenaires commerciaux
 
Elle plaide notamment pour plus d'échanges avec l'Asie du Sud-est en général, et l'Inde en particulier, c'est-à-dire avec le grand rival de la Chine communiste. Une telle évolution évidemment irrite Pékin qui a les moyens de faire pression. Avant le scrutin de 2007, les exportations chinoises de gravier vers Taiwan avaient été stoppées, ce qui avait complètement gelé le secteur du bâtiment. Aujourd'hui Pékin pourrait suspendre les visas permettant à ses ressortissants de se rendre sur l'île. Une décision qui aurait des conséquences catastrophiques pour le tourisme. Car avec le réchauffement des relations entre les deux entités chinoises, le tourisme a explosé. La moitié des 10 millions de visiteurs venus l'année dernière sur l'île sont des Chinois.
 

 

_ L'autre versant de l'imbrication économique croissante entre les deux pays, c'est la présence des entreprises taiwanaises sur le sol chinois
 
On pense bien sûr à Foxconn, qui fabrique les portables de Apple dans les usines de Chine continentale. Au total 80 000 entreprises originaires de Taiwan ont des antennes sur le continent. Pour profiter du marché chinois et des bas coûts salariaux. Mais la Chine n'attire plus seulement les entreprises bien établies, elle aimante de plus en plus les jeunes diplômés taiwanais. Chez eux les salaires stagnent, le coût de l'immobilier explose, c'est pourquoi ils sont de plus en plus nombreux à venir tenter leur chance dans la deuxième puissance économique mondiale pour créer une entreprise. Le gagnant du scrutin devra remédier à cette érosion du pouvoir d'achat s’il veut stopper une tendance inquiétante pour un pays vieillissant.

 

Par Dominique Baillard / Diffusion : jeudi 14 janvier 2016

 

http://www.rfi.fr/emission/20160114-taiwan-dependance-economique-chine-enjeu-majeur-elections

 

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6 - Taïwan  : économie, perspectives sociopolitiques

 

_ Population 23,431 millions

_ PIB 505,452 milliards $US

 

_ Principaux Indicateurs économiques

 

2012

2013

 2014

2015(p)

Croissance PIB (%)

1,5

2,1

3,1

3,9

Inflation (moyenne annuelle)

1,9

0,8

1,4

2,0

Solde budgétaire / PIB (%)

 -4,2

 -3,1

 -2,3

-2,1

Solde courant / PIB (%)

 10,6

 11,7

11,9

11,3

Dette publique / PIB (%)

 41,0

 41,1

440,0

38,9

 

(e) Estimations (p) Prévisions

 

 

_ POINTS FORTS

. Situation financière externe robuste

. Soutien à la R&D par les dépenses publiques

. Consensus sur les acquis démocratiques

. 4ème producteur d’électronique au monde

. Amélioration des relations avec la Chine continentale

 

 

_ POINTS FAIBLES

. Commerce extérieur trop concentré sur la Chine continentale et les Etats-Unis

. Délocalisations massives fragilisant l’emploi industriel

. Manque de compétitivité du secteur des services

. Retard en termes d’infrastructures par rapport aux autres économies asiatiques avancées

 

 

_ Appréciation du risque

 

_ Une croissance soutenue en 2015 du fait de l’accélération de la croissance mondiale

Après avoir accéléré en 2014, la croissance devrait rester soutenue en 2015. L’économie taïwanaise étant tirée par les exportations, sa croissance est dépendante de la vigueur de la demande externe et devrait donc profiter de l’accélération de la croissance aux Etats-Unis et dans une moindre mesure en Europe. Si l’Union Européenne, les Etats-Unis et le Japon absorbent toujours plus de la moitié de ses exportations, Taïwan exporte de plus en plus vers l’Asie émergente de manière à réduire sa dépendance à la conjoncture des économies avancées. Le secteur électronique continue de tirer les exportations, en bénéficiant notamment de la demande croissante de technologies de l’information, mais il perd en compétitivité par rapport aux concurrents régionaux.


L’économie taiwanaise bénéficie également du renforcement des liens commerciaux avec la République Populaire de Chine (RPC) et notamment de l’Accord-Cadre de Coopération Economique (ACCE). Suite à la signature d’accords de libre-échange en 2013 avec Singapour et la Nouvelle-Zélande, l’île tente de poursuivre une dynamique d’ouverture. Les difficultés dans l’établissement de zones de libre-échange ralentissent cependant son expansion économique. Par ailleurs, l’activité devrait bénéficier de la croissance de la demande interne et de l’investissement privé, respectivement soutenus par la confiance des consommateurs et les bonnes perspectives d’exportation.


Comme en 2014, l’inflation devrait croître légèrement en 2015. La hausse des prix de l’électricité et des transports, combinée à l’élévation des coûts de production due à l’augmentation des salaires devraient être à l’origine de pressions inflationnistes modérées. Celles-ci seront néanmoins limitées par la modération des prix des matières premières, notamment des hydrocarbures.

 

 

_ Une situation financière solide

Le déficit budgétaire, en baisse continue depuis 2012, devrait continuer à se réduire en 2015, quoiqu’à un rythme moindre. La consolidation budgétaire passe notamment par une diminution des dépenses publiques et contribue à réduire la dette publique, déjà à un niveau soutenable. L’excédent courant restera à un niveau élevé. Il résulte notamment d’un fort excédent commercial, à hauteur de 7,5% du PIB en 2014, mais aussi d’un excédent de la balance des services en progression continue grâce à l’afflux toujours plus important de touristes venus de Chine continentale depuis 2009.

 

La position extérieure de Taïwan est par ailleurs solide : l’île est l’un des principaux créditeurs mondiaux et le niveau de réserves reste très élevé (440 Mds USD en 2014, soit 16 mois d’importation de biens et services). Soutenu par l’important excédent courant et les entrées de capitaux, le dollar taïwanais devrait s’apprécier en 2015 par rapport au dollar américain. Alors que sa politique monétaire était jusqu’en 2014 assez accommodante pour limiter l’appréciation de la monnaie et préserver la compétitivité-prix des exportations, la banque centrale envoie des signaux indiquant qu’elle serait moins encline à intervenir désormais.

 

 

_ Un gouvernement mis à l’épreuve par les protestations sociales

Réélu en 2012, le président Ma Ying-Jeou (Kouomintang, KMT) est conscient du besoin d’accords économiques internationaux pour pallier l’absence de relations diplomatiques officielles de Taïwan. Il poursuit ainsi une politique de libéralisation économique et d’ouverture à l’étranger, notamment vers la Chine. Si la politique de rapprochement avec la RPC avait été initialement bien accueillie par les Taïwanais, ces derniers ne semblent pas désireux d’étendre cette collaboration au domaine politique et le font savoir.


En mars 2014, le mouvement étudiant des « Tournesols », s’opposant au projet TISA (Trade In Services Agreement) et plus généralement à l’emprise croissante de la Chine sur Taïwan, a culminé avec le blocage du Parlement pendant 3 semaines. Ces manifestations ont mis en lumière la peur d’une dépendance économique accrue et de l’ouverture de pourparlers pour l’unification. En mécontentant la Chine, elles réduisent également les chances de réalisation d’autres projets d’intégration régionale soumis à la bonne volonté de Pékin.


Les manifestations contre la normalisation des relations avec Pékin, la libéralisation économique ou encore le développement de l’énergie nucléaire déstabilisent le gouvernement du KMT, parfois forcé de faire marche arrière. Au centre des critiques du mouvement des Tournesols, le parti a paradoxalement manifesté son soutien aux manifestations de Hong-Kong, suivies de près à Taïwan, tout en ménageant les critiques à l’encontre des autorités chinoises. Du fait de la baisse de popularité du KMT, les élections de 2016 pourraient être favorables au principal parti d’opposition, le Parti Démocratique Progressiste (DPP), dont la position est plus dure envers la RPC. La victoire du DPP aux élections locales de fin novembre 2014 a d’ailleurs poussé Ma Ying-Jeou à démissionner de son poste de chef du KMT et pourrait freiner le rapprochement avec Pékin.

 

http://www.coface.com/fr/Etudes-economiques-et-risque-pays/Taiwan

 

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