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LEADERSHIP ET BUSINESS


Publié le 16/07/2015 à 00:30:59
MONDE/ IRAN/ NUCLEAIRE CIVIL/ ENERGIE ET RECHERCHES AVANCEES : le nucléaire civil au profit de tous, l’atome au profit de tous




0.1 – « L’objectif de cet accord est de garantir que le programme nucléaire iranien ne peut avoir de débouchés militaires, en échange d’une levée des sanctions internationales imposées depuis une dizaine d'années par les Etats-Unis, l’Union européenne et l’ONU, et qui étouffent l’économie du pays, pour l'obliger à négocier. En avril, à Lausanne, les négociateurs avaient obtenu à l’arraché un accord-cadre qui a fixé les grands principes du texte final. L’adoption de cette résolution par le Conseil de sécurité de l’ONU , préalable indispensable à l’entrée en vigueur du texte, est «une affaire quelques de jours», a assuré quant à lui Laurent Fabius. Les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité ont participé à la négociation de l’accord. »


L'Iran et les grandes puissances sont parvenus à un compromis sur le nucléaire iranien.


0.2 – « Un choix décisif pour la stabilité et la coopération : Le président russe Vladimir Poutine a également salué mardi l'accord historique en estimant que la communauté internationale pouvait désormais pousser « un grand soupir de soulagement » après de longues années de pourparlers. Les participants aux négociations entre l'Iran et le groupe des 5+1 « ont fait un choix décisif pour la stabilité et la coopération », a déclaré M. Poutine dans un communiqué du Kremlin. « Nous sommes convaincus que le monde a poussé aujourd'hui un grand soupir de soulagement. » De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, estime que cet accord « peut faciliter une normalisation des rapports internationaux de l'Iran ». Il permettra, selon lui, qu"'un certain nombre de crises dans lesquelles il est impliqué directement ou indirectement puissent être résolues plus facilement ». »


  

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Photo de groupe, mardi à Vienne, en Autriche, des représentants des pays signataires avec l'Iran de l'accord sur son programme nucléaire.

 

1 - Nucléaire iranien : "L'accord multilatéral le plus innovant jamais conclu"

 

L'accord signé à Vienne sur le nucléaire iranien, le 14 juillet, met fin à douze ans de crise et plus de 35 ans d'ostracisation de l'Iran. Ali Vaez, responsable du dossier iranien à l'International Crisis Group, livre son analyse.

 

_ En quoi l'accord de Vienne est-il historique ? 

L'accord est historique, parce que c'est l'accord multilatéral le plus innovant jamais conclu. Il établit le mécanisme de vérification et d'inspection les plus rigoureux possibles; il annule l'un des régimes de sanctions les plus étendus jamais imposés à une nation; enfin c'est la première fois qu'un tel dossier, négocié en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, est refermé sans guerre ni changement de régime. 



_ On a l'impression que la question du nucléaire a rassemblé en Iran et dans la diaspora un consensus très large, y compris chez les opposants au pouvoir. Pour quelle raison ? 

Le consensus existe parce que tout le monde comprend combien le statu quo a été dommageable pour le pays et combien son maintien aurait pu encore aggraver la situation des Iraniens. 

  

_ Quels obstacles pourraient entraver l'application de l'accord, aux Etats-Unis, en Iran ou ailleurs ? 

La mise en oeuvre de l'accord n'est pas encore réglée; Il est aussi fragile que les forces contre lui sont redoutables. L'accord de Vienne a de sérieux adversaires en Iran, aux Etats-Unis et dans la région. Ses opposants les plus redoutables sont les membres du Congrès américain qui soutiennent que l'accord ne limite pas suffisamment les activités nucléaires de Téhéran. L'adoption d'une nouvelle loi visant à contrecarrer l'accord - même si le président Obama s'est engagé à opposer son veto - entraverait l'élan diplomatique et nuirait à la position internationale des Etats-Unis. 

  

_ L'accord peut-il renforcer la main du camp des modérés en Iran, notamment dans la perspective des prochaines législatives ? 

Il peut donner aux centristes un coup de pouce qui leur permettrait d'avancer sur d'autres volets de leur programme, les réformes socio-politiques, en particulier. Il peut également améliorer les chances électorales des centristes lors des élections pour le prochain Parlement ainsi que l'Assemblée des experts (l'organisme chargé de choisir le successeur du leader suprême), prévues en 2016. Mais la perspective d'un Rohani triomphant et d'une faction centriste renforcée peut aussi exacerber les craintes des conservateurs de perdre trop de terrain politique, et les inciter à contrecarrer les réformes économiques, sociales et politiques que le président pourrait vouloir instaurer. 

  

_ Quel sera, en Iran, l'impact de la levée des sanctions ? 

L'allégement des sanctions va certainement améliorer la situation économique du peuple iranien. Son impact sera toutefois ressenti avec un certain retard, puisque les sanctions ne seront levées qu'après que l'Iran aura achevé ses engagements nucléaires-clés, quelques mois après l'entrée en vigueur de l'accord. Je crois que l'enthousiasme à propos de l'accord et la déception quant à la lenteur de la reprise vont rapidement s'équilibrer. 

  

_ Dans la région, beaucoup craignent que le retour dans les caisses de l'Etat des fonds iraniens bloqués à l'étranger ne serve à financer l'expansionnisme de la République islamique (Syrie, Liban, Irak Yémen)... 

Aucun accord n'était possible sans l'allégement des sanctions contre l'Iran. Mais les conséquences régionales de l'accord et les ressources supplémentaires dont Téhéran va bénéficier sont encore inconnues. A court terme, au moins, la nouvelle donne est susceptible de renforcer, dans les capitales régionales, le sentiment que l'étoile de l'Iran est en pleine ascension, ce qui pourrait exacerber les affrontements sur les lignes de failles régionales actuelles. 

Plus largement, l'Iran comme l'Occident peuvent être tentés d'adopter des mesures provocatrices afin de démontrer à leurs extrémistes nationaux et à leurs partenaires régionaux que leurs préoccupations fondamentales n'ont pas changé. Pour réduire de telles répercussions négatives, les pays qui ont défendu l'accord nucléaire devraient - en coopération avec d'autres partenaires régionaux - engager le dialogue avec l'Iran sur les questions d'intérêt commun: restaurer la stabilité en Afghanistan et en Irak et mettre fin à l'effusion de sang en Syrie et au Yémen. Pour sa part, Téhéran devrait prendre des mesures concrètes pour convaincre ses voisins que, même s'il est réhabilité politiquement et économiquement, il ne cherche pas la domination dans la région. 

 

Propos recueillis par Catherine Gouëset, publié le , mis à jour à


http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/nucleaire-iranien-l-accord-multilateral-le-plus-innovant-jamais-conclu_1699020.html


 


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2 - Accord sur le nucléaire iranien : «C'est un moment historique»

 

Après douze ans de négociations, l'Allemagne, les Etats-Unis, la Chine, la France, le Royaume-Uni, la Russie et Téhéran ont trouvé un accord ce mardi, à Vienne. «C’est un moment historique». La phrase est de Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères, qui l'a prononcée en ouvrant la réunion plénière concluant plus de 17 jours de négociations à Vienne. A son côté, la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, s’est réjouie d’un «signe d’espoir pour le monde entier». L’accord destiné à mettre fin à douze ans de tensions autour du dossier nucléaire iranien a été formellement conclu mardi à Vienne entre l’Iran et les grandes puissances, a annoncé à la mi-journée la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, sur son compte Twitter.

 

«Nous avons l’accord», a-t-elle déclaré, soulignant que les négociations étaient «achevées». Cet accord intervient au terme de 21 mois de pourparlers et au 18e jour de pourparlers acharnés dans la capitale autrichienne, l’une des plus longs round de ce type depuis un quart de siècle. «Si cet cet accord est appliqué correctement (...) nous pouvons peu à peu éliminer la méfiance», a affirmé le président iranien Rohani, en faisant allusion aux relations jusqu’alors extrêmement tendues avec les pays occidentaux. «Nous sommes convaincus que le monde a poussé aujourd’hui un grand soupir de soulagement», a de son côté affirmé le président russe Vladimir Poutine.

 

L’objectif de cet accord est de garantir que le programme nucléaire iranien ne peut avoir de débouchés militaires, en échange d’une levée des sanctions internationales imposées depuis une dizaine d'années par les Etats-Unis, l’Union européenne et l’ONU, et qui étouffent l’économie du pays, pour l'obliger à négocier. En avril, à Lausanne, les négociateurs avaient obtenu à l’arraché un accord-cadre qui a fixé les grands principes du texte final. L’adoption de cette résolution par le Conseil de sécurité de l’ONU , préalable indispensable à l’entrée en vigueur du texte, est «une affaire quelques de jours», a assuré quant à lui Laurent Fabius. Les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité ont participé à la négociation de l’accord.

 


Un accès limité à des sites militaires iraniens

L’Iran a notamment accepté un accès limité à des sites militaires dans le cadre du Protocole additionnel qui permet un contrôle renforcé du programme nucléaire iranien, a déclaré mardi un officiel iranien. «Nos sites militaires ne sont pas ouverts aux visiteurs car chaque pays a le droit de protéger ses secrets. L’Iran n’est pas une exception. Néanmoins, l’Iran va appliquer le protocole additionnel (au Traité de non prolifération nucléaire, ndlr) et, sur cette base, fournir un accès programmé» à certains sites militaires définis par ce texte, a déclaré ce responsable.

 

L’Iran s’est également engagé à réduire des deux tiers, pendant dix ans, le nombre de ses centrifugeuses servant à enrichir l’uranium. «Pendant 10 ans, le nombre des centrifugeuses sera limité à 5 060 machines qui procéderont à de l’enrichissement sur le site de Natanz», et «1 044» autres seront conservées en état de marche, sans toutefois être exploitées, sur le site de Fordo, précise ce document. L’Iran dispose actuellement de plus de 19 000 centrifugeuses, dont moins de 10 000 en activité, des équipement qui peuvent potentiellement servir à la fabrication de matière fissile pour une bombe atomique. L’accord conclu permettra en outre de lever progressivement les sanctions contre Téhéran à partir du début 2016, et prévoit de les rétablir en cas de violation par la République islamique de ses engagements, selon un diplomate français. Les premières sanctions ne pourront être levées qu’après une réunion de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) prévue à la mi-décembre pour faire le point sur le respect de ses engagements par l’Iran.

 


«Aucun accord ne peut être parfait»

Le texte, qui autorise l’Iran à poursuivre son programme nucléaire civil, ouvre la voie à une normalisation des relations économiques et diplomatiques de l’Iran avec la communauté internationale, une perspective qui hérisse Israël et les puissances régionales sunnites au Moyen-Orient. Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a d'ailleurs immédiatement qualifié d'«erreur historique» l’accord. «D’après les premiers éléments qui nous parviennent, il est déjà possible de dire que cet accord est une erreur historique pour le monde», a déclaré Benyamin Nétanyahou avant une rencontre à Jérusalem avec le ministre des Affaires étrangères néerlandais Bert Koenders.

A minuit, les ministres des grandes puissances ont participé à une réunion plénière, juste après un nouvel échange entre l’Américain John Kerry et le Russe Sergueï Lavrov, au centre des débats. Les négociateurs ont bataillé jusqu’à la dernière minute pour résoudre de derniers «points de désaccord», selon les termes de Josh Earnest, porte-parole du président américain, Barack Obama.

 

Depuis le week-end, tous les acteurs assuraient que l’accord était quasi bouclé mais que des «décisions politiques» restaient nécessaires. «Aucun accord ne peut être parfait», a rappelé le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, revenu spécialement dans la capitale autrichienne, pour les dernières heures de la négociation aux côtés de l’ensemble de ses homologues. L’accord, s’il est confirmé, se sera fait attendre : il était initialement prévu pour le 30 juin, mais cette date a été repoussée à plusieurs reprises en raison de l’importance des enjeux.

 

 

Des voisins méfiants

L’Iran est soupçonné d’avoir mis en œuvre, jusqu’en 2003 et peut-être au-delà, un programme nucléaire militaire sous couvert d’activités civiles, ce qu’il a toujours nié. Les pourparlers n’ont pourtant vraiment commencé qu’en 2013 après l’élection du président Hassan Rohani sur la promesse d’une levée des sanctions. L’Iran a notamment accepté de réduire le nombre de ses centrifugeuses et son stock d’uranium enrichi, ce qui doit rendre quasi impossible la fabrication rapide d’une bombe atomique. Il a également autorisé mardi une enquête sur son programme nucléaire passé. En prévision de l’accord, le ministre iranien de l’Intérieur a demandé aux autorités locales de se préparer à des scènes de liesse dans les rues, la population espérant que la levée des sanctions internationales permette une amélioration de ses conditions de vie en cas d’accord.

Les discussions se sont éternisées en raison de désaccords sur la durée de l’accord, le rythme de la levée des sanctions ou l’accès aux sites militaires iraniens. Les négociations ont également buté sur la levée de restrictions sur le programme balistique et le commerce des armes, réclamée par Téhéran avec le soutien de Moscou. Une demande que les Occidentaux jugent délicate, en raison de l'implication iranienne dans plusieurs conflits, notamment en Syrie et en Irak.

 

Les voisins de l’Iran, notamment Israël et les puissances sunnites, s’opposent d’ailleurs à un accord qui ouvre la voie à une normalisation pour Téhéran sur la scène internationale. «D’après les premiers éléments qui nous parviennent, il est déjà possible de dire que cet accord est une erreur historique pour le monde», a déclaré le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Aux Etats-Unis, où le souvenir de la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran en 1980 reste vivace, l’accord rencontre aussi une forte opposition. «Il faut que cet accord soit robuste et réversible et que l’Iran se prête aux inspections nécessaires pour éviter tout retour en arrière sur la non-prolifération», a estimé pour sa part le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, sur RTL, mardi matin.

 

LIBERATION 14 juillet 2015 à 10:42 (Mis à jour : 14 juillet 2015 à 14:13)

 

http://www.liberation.fr/monde/2015/07/14/un-accord-sur-le-nucleaire-iranien-a-ete-trouve_1347659



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Iranians celebrate in northern Tehran, on July 14, 2015, after Iran's nuclear negotiating team struck a deal with world powers in Vienna

 

3 - Les Iraniens descendent dans les rues de Téhéran pour fêter l'accord nucléaire

 

C'était un jour particulier pour la grande majorité des Iraniens. Ce matin, ils étaient déjà enthousiastes après avoir appris à la télévision la signature de l'accord sur le nucléaire iranien. Ce soir, ils étaient encore plus nombreux à vouloir célébrer cette avancée historique pour leur pays. Peu après la rupture du jeûne du ramadan, des centaines de personnes sont descendus dans les rues de Téhéran et ont commencé à se rendre sur la plus longue avenue de la ville, Valiye Asr, en faisant retentir les klaxons de leurs véhicules. «Regardez les rues ce soir, nous sommes heureux», lance, radieuse, une femme de 42 ans se faisant appeler Giti ayant vécu au Canada et aux Etats-Unis et qui songeait à y retourner avant l'accord. «Peut-être» que la situation économique «va changer, spécialement pour les jeunes», espère-t-elle, ajoutant: «Je pensais partir, mais maintenant je vais rester pour voir ce qui arrive». Dans les quartiers plutôt aisés du nord de Téhéran, les grands axes ont été envahis à la nuit tombée par des automobilistes dont les autoradios crachaient de la musique et qui soufflaient dans des trompettes qui n'ont habituellement droit de cité que lorsque l'Iran se qualifie pour la Coupe du monde de football.

 


«Ne renoncez jamais à l'espoir»

Une Iranienne jointe par téléphone sur la place Vanak, dans le nord de la capitale, a raconté à Reuters que les habitants achetaient des sucreries qu'ils distribuaient aux passants. Des jeunes, les épaules recouvertes du drapeau iranien, brandissaient le portrait du président Hassan Rohani quand d'autres tenaient des panneaux sur lesquels on pouvait lire «Ne renoncez jamais à l'espoir», le mot d'ordre de Mir Hossein Moussavi, un des deux chefs de ville de la «révolution verte» avortée de 2009, qui vit en résidence surveillée depuis quatre ans.

 

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Même des policiers ont participé aux festivités

Les Iraniens, qui ont subi de plein fouet l'effet des sanctions sur leur vie quotidienne, notamment ces trois dernières années depuis que Téhéran n'a plus accès au système bancaire international, ont écouté Hassan Rohani saluer «la fin des actes de tyrannie contre notre pays et le début de la coopération avec le monde». «Les gens peuvent enfin voir leur vote se concrétiser», a réagi Behrouz Janfada, responsable informatique d'un institut d'éducation, qui avait voté en 2013 pour le chef de l'Etat, présenté comme le candidat le plus «modéré» lors de la dernière présidentielle.

 

«Rohani avait promis pendant sa campagne électorale de résoudre la question nucléaire, il a été élu et il a réussi à sauver l'Iran des sanctions et de la menace d'une guerre. Cela nous donne de l'espoir et le sentiment que l'on a notre mot à dire», a-t-il confié. Même si les conservateurs, qui contrôlent l'appareil sécuritaire, sont loin de partager cet enthousiasme, la police avait indiqué qu'elle n'empêcherait pas les Iraniens de faire la fête tant que les lois et la morale religieuse sont respectées. Selon des habitants du nord de Téhéran, des policiers ont même participé aux festivités dans la soirée.

 

Avec agences Reuters et AFP/ Par lefigaro.fr / Publié le 14/07/2015  

 

http://www.lefigaro.fr/international/2015/07/14/01003-20150714ARTFIG00257-les-iraniens-descendent-dans-les-rues-de-teheran-pour-feter-l-accord-nucleaire.php


 


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4 - Les quatre points-clés de l'accord sur le nucléaire iranien

 

Après huit jours de discussions, le groupe des « 5+1 » (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l'Iran se sont mis d'accord jeudi 2 avril sur un accord-cadre « historique » au sujet du nucléaire iranien. Le texte, obtenu après des mois de tensions, établit les « paramètres clés » d'un futur accord définitif. Il doit être rédigé d'ici au 30 juin. Les négociateurs ont dévoilé plus de détails sur cet accord que les observateurs n'en attendaient. Un communiqué diffusé par la Maison Blanche donne les principaux engagements pris par Téhéran. Les autorités américaines ont toutefois souligné que « les détails de leur mise en œuvre sont encore à négocier » et que « rien n'est accepté tant que tout n'est pas accepté .»


 

 

- Deux tiers de centrifugeuses en moins

L'Iran a accepté de réduire des deux tiers le nombre de ses centrifugeuses, les machines servant à transformer l'uranium qui, enrichi à 90 %, sert à la fabrication d'une bombe. Téhéran maintiendra ainsi 6 104 centrifugeuses en activité (contre 19 000 actuellement). Sur ces 6 104, seules 5 060 auront le droit de produire de l'uranium enrichi pendant dix ans. Il s'agira de centrifugeuses de première génération.

Téhéran va par ailleurs réduire son stock d'uranium faiblement enrichi (LEU) de 10 000 kg à 300 kg enrichi à 3,67 % pendant quinze ans et a accepté de ne pas enrichir d'uranium à plus de 3,67 % pendant au moins la même période. Le matériel excédentaire sera entreposé sous surveillance de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), et ne pourra servir qu'à des remplacements.

 

 


- Pas de nouveaux sites d'enrichissement

Téhéran a accepté de ne pas construire de nouvelles installations d'enrichissement d'uranium pendant quinze ans. En ce qui concerne les sites existants, l'Iran a accepté de ne plus enrichir d'uranium pendant la même durée dans le site de Fordo, enfoui sous la montagne et de ce fait impossible à détruire par une action militaire. Le site restera ouvert mais n'enrichira pas d'uranium, tandis qu'environ deux tiers des centrifugeuses de Fordo seront retirées du site.

Natanz, la principale installation d'enrichissement iranienne — avec quelque 17 000 centrifugeuses IR-1 de la première génération, un millier d'IR-2M plus rapides et une capacité d'en accueillir au total 50 000 — sera l'unique installation d'enrichissement du pays, selon les paramètres de l'accord. Elle devra être dotée de seulement 5 060 centrifugeuses IR-1 de la première génération pendant dix ans. Les centrifugeuses IR-2M seront enlevées et placées sous contrôle de l'AIEA.

 

Le cœur du réacteur à eau lourde, qui aurait pu produire du plutonium, sera détruit ou sera déplacé en dehors du territoire iranien. Le réacteur sera reconstruit pour se limiter à la recherche et à la production de radioisotopes médicaux, sans production de plutonium à capacité militaire. Enfin, le combustible utilisé sera envoyé à l'étranger pendant toute la vie du réacteur. Téhéran s'est engagé à ne pas construire de nouveau réacteur à eau lourde pendant quinze ans.

 



- Sous contrôle de l'AIEA

L'AIEA sera chargée de contrôler régulièrement tous les sites nucléaires iraniens. Ses inspecteurs pourront accéder aux mines d'uranium et aux lieux où l'Iran produit le yellowcake (un concentré d'uranium) pendant vingt-cinq ans.

 

- Les sanctions levées si l'Iran respecte ses engagements

Sur la très délicate question de la levée des sanctions, l'accord prévoit que les mesures unilatérales américaines et européennes seront suspendues dès que le respect de ses engagements par l'Iran aura été certifié par l'AIEA. Elles seront rétablies si l'accord n'est pas appliqué. Tout accord final devra enfin être endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU, qui a lui même voté plusieurs trains de sanctions contre le pays depuis 2006.

 

Le ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, a rappelé qu'il s'agissait d'un « accord d'étape, qui comporte des avancées positives, incontestables, mais il reste encore du travail à faire ». Interrogé sur Europe 1, le chef de la diplomatie française a admis que la question du calendrier de levée des sanctions « est un point qui est encore très compliqué ». De nombreux détails techniques doivent encore être négociés jusqu'en juin, qui ne relèvent pas seulement de l'ingénierie mais exigent une négociation politique.

 

Le Monde.fr avec AFP et Reuters/ 02.04.2015/ Mis à jour le

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/04/02/nucleaire-iranien-un-accord-se-profile_4608769_3218.html


 


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5 - L'accord sur le nucléaire iranien fait l'unanimité, sauf en Israël

 

Alors que les principaux dirigeants mondiaux saluent un "accord historique", Benjamin Netanyahu évoque de son côté une "erreur historique pour le monde".

C'est un accord historique. Après des jours de négociations acharnées, l'Iran et les grandes puissances sont parvenus à un compromis sur le nucléaire iranien, mardi matin, alors que le dossier empoisonne les relations internationales depuis douze ans. La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, l'a annoncé à la mi-journée sur son compte Twitter. L'objectif principal de l'accord est de mettre en place des restrictions afin de garantir que le programme nucléaire iranien n'aura pas de débouchés militaires. En échange, les sanctions économiques qui étouffent l'économie iranienne seront levées. Pour le président iranien, Hassan Rohani, cet arrangement ouvre de « nouveaux horizons ».

 

 


« Un choix décisif pour la stabilité et la coopération »

Le président russe Vladimir Poutine a également salué mardi l'accord historique en estimant que la communauté internationale pouvait désormais pousser « un grand soupir de soulagement » après de longues années de pourparlers. Les participants aux négociations entre l'Iran et le groupe des 5+1 « ont fait un choix décisif pour la stabilité et la coopération », a déclaré M. Poutine dans un communiqué du Kremlin. « Nous sommes convaincus que le monde a poussé aujourd'hui un grand soupir de soulagement. » De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, estime que cet accord « peut faciliter une normalisation des rapports internationaux de l'Iran ». Il permettra, selon lui, qu"'un certain nombre de crises dans lesquelles il est impliqué directement ou indirectement puissent être résolues plus facilement ».

 

Même son de cloche de la part du ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond, qui a évoqué une signature « historique » de l'accord, espérant un « changement significatif » dans les relations entre l'Iran, ses voisins et la communauté internationale. « Après plus d'une décennie de négociations difficiles, nous avons conclu un accord historique qui imposera des limites strictes et des inspections au programme nucléaire iranien », a déclaré M. Hammond dans un communiqué. 

L'accord sur le programme nucléaire iranien démontre que « le monde avance », s'est aussi félicité le président français François Hollande. « C'est un accord très important qui a été signé cette nuit, décidément le monde avance », a souligné le chef de l'Etat lors d'une interview télévisée à l'occasion de la fête nationale en France. Cet accord conclu à Vienne prévoit que Téhéran limite ses ambitions nucléaires pendant plusieurs années, en échange d'une levée progressive et réversible des sanctions internationales.

 


Un accord « fondé sur les vérifications »

Barack Obama a quant à lui affirmé que « cet accord répond à tous les critères que nous avons fixés ». « Cet accord montre que la diplomatie américaine peut produire des changements réels et significatifs », a aussi déclaré le président américain. « Cet accord n'est pas fondé sur la confiance. Il est fondé sur les vérifications. Les inspecteurs auront un accès 24 heures sur 24 aux installations nucléaires iraniennes clés », a-t-il ajouté, lors d'une déclaration solennelle à la Maison-Blanche, accompagné de son vice-président, Joe Biden.

 

Toutefois, l'accord conclu à Vienne ne fait pas l'unanimité. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié mardi d'« erreur historique » l'accord nucléaire finalisé entre l'Iran et les grandes puissances. « D'après les premiers éléments qui nous parviennent, il est déjà possible de dire que cet accord est une erreur historique pour le monde », a déclaré M. Netanyahu avant une rencontre à Jérusalem avec le ministre des Affaires étrangères néerlandais Bert Koenders. Et d'ajouter : « L'Iran va recevoir des centaines de milliards de dollars qui vont lui permettre de faire fonctionner sa machine de terreur, son agression et son expansion au Moyen-Orient et dans le monde entier », a accusé M. Netanyahu. Le ministre de la Défense Moshé Yaalon a lui aussi dénoncé une « tragédie pour tous ceux qui aspirent à la stabilité régionale et craignent un Iran nucléaire ».

 

6Medias( avec AFP)/ Publié le 14/07/2015 / Modifié le 14/07/2015 / Le Point.fr

 

http://www.lepoint.fr/monde/l-accord-sur-le-nucleaire-iranien-ne-fait-pas-l-unanimite-14-07-2015-1944301_24.php




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