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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

LEADERSHIP ET BUSINESS


Publié le 03/10/2016 à 01:23:58
AFRIQUE/ INFRASTRUCTURES/ GRANDS TRAVAUX/ AFFAIRES : quelques nouvelles avancées importantes



  

0.1 – « Ethiopie, pays des millionnaires africains : L'Éthiopie compte le plus grand nombre de millionnaires du continent, selon des données compilées par le cabinet sud-africain New World Wealth en 2015. C'est ce que révèle Jeune Afrique. Il faut voir, dans ce chiffre, le succès de la croissance économique de ce pays qui a beaucoup misé sur la sous-traitance. En Éthiopie, le nombre de millionnaires (en dollars) a augmenté de 108 % entre 2007 et 2013 pour atteindre 2.700 personnes. Une hausse plus rapide que dans tout autre pays du continent. Pour Zemedeneh Negatu, partenaire fondateur du cabinet d’audit EY Ethiopia, ceci n’est guère surprenant lorsque l’on tient compte de la croissance du PIB du pays, qui a été à deux chiffres pendant une grande partie de la dernière décennie, cité par Jeune Afrique. Le journal ajoute que «d’après cette étude, le nombre de millionnaires (en dollars) dans le pays a augmenté de 108 % entre 2007 et 2013 pour atteindre 2 700 personnes. Une hausse plus rapide que dans tout autre pays du continent». » 

 

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0.2 – « Togo/ Des agences de grands travaux et d'électrification créées : Le gouvernement togolais a annoncé la création de deux agences à but utilitaire dans le pays. Il s’agit de l’Agence Togolaise des grands projets (ATGP) et de l’Agence togolaise d’électrification rurale et des énergies renouvelables. La création des deux agences est l’une des décisions issues du Conseil des ministres tenu le 11 mai dernier à Lomé. »


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1 - Côte d’Ivoire : Le gouvernement annonce le début des travaux du 5e pont d’Abidjan avant fin 2016

 

Les travaux de construction du 5e pont devant relier Yopougon (Ouest d’Abidjan) au Plateau (centre des affaires) vont être lancés avant fin 2016, a annoncé vendredi le Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan, lors d’une cérémonie. Des “projets d’envergure vont être lancés à Abidjan. Il s’agit entre autres de la construction du pont Yopougon-Plateau”, a dit M.Duncan ajoutant que ces travaux visent à “hisser la capitale économique au rang des grandes métropoles”. Le chef du gouvernement a indiqué que d’autres projets d’infrastructures financés à hauteur de “180 milliards Fcfa vont être lancés”, entre autres “l’aménagement des sorties de N’Dotré (Ouest d’Abidjan), la construction de l’autoroute de contournement et l’élargissement du boulevard de Marseille”.

 

M. Duncan s’exprimait en marge de l’inauguration des voies d’accès à l’hôpital général d’Angré (Est d’Abidjan), longues de 5,7 km et dotées d’un pont pour un coût global de 11 milliards Fcfa. En présence des membres du gouvernement dont le ministre des Infrastructures Achi Patrick, il a inauguré plutôt dans la journée la bretelle d’accès au boulevard Latrille (Est d’Abidjan), qui devrait permettre la fluidité du trafic routier dans la commune de Cocody (Est d’Abidjan). Un 4e pont devant relier Yopougon à l’île Boulay ( Ouest d’Abidjan) dans le cadre des travaux d’extension du Port autonome d’Abidjan est en cours de réalisation. Ces travaux qui s’inscrivent dans le cadre du Projet de renaissance des infrastructures de Côte d’Ivoire (PRCI) bénéficient du financement conjoint de l’Etat ivoirien et de la Banque mondiale. Dans la volonté du gouvernement ivoirien de “répondre aux besoins des populations” plusieurs travaux routiers ont été réalisés dont le 3e pont d’Abidjan (Henri Konan Bédié) reliant Cocody à Marcory (sud abidjanais) d’un coût de 125 milliards Fcfa et l’autoroute Abidjan-Bassam.

 

DEK/ Alerte info/Connectionivoirienne.net/ Mis en ligne par La Rédaction/ dimanche 28 Fév 2016 / Par Déborah Kimou

 

http://www.connectionivoirienne.net/116653/cote-divoire-le-gouvernement-annonce-le-debut-des-travaux-du-5e-pont-dabidjan-avant-fin-2016


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2 - Côte d’Ivoire : 25 milliards de dollars pour financer de grands projets entre 2016 et 2020

 

La Côte d’Ivoire a présenté à ses partenaires un portefeuille de 94 projets d’un montant de 25 milliards de dollars à financer sur la période 2016-2020, a indiqué le Premier ministre ivoirien Kablan Duncan, qui conduisait la délégation ivoirienne aux assemblées annuelles du groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire internationale en fin de semaine dernière. Ces projets contenus dans le Plan national de développement, PND 2016-2020, en cours d’élaboration, sont qualifiés de « projets structurants » destinés à relever le niveau des infrastructures économiques du pays et à renforcer sa compétitivité.


Au cours d’une conférence qu’elle a animé à cette occasion sur l’expérience ivoirienne en matière d’infrastructure, le ministre ivoirien en charge de l’Economie et des Finances, Nialé Kaba, a affirmé que ces investissements visent à « résorber les contraintes et goulots d’étranglement, permettant ainsi à l’économie ivoirienne de devenir plus compétitive, plus intégrée, et plus résiliente. » Parmi ces projets, l’on note par exemple les autoroutes Abidjan-Lagos et Abidjan-Ouagadougou, les quatrième et cinquième ponts d’Abidjan, dont celui reliant Yopougon au Plateau, le quartier des affaires, le Train urbain d’Abidjan et la construction de deux barrages hydroélectriques (en amont de celui de Soubré en construction).

 

 

_ Financement

En termes de financement, selon le ministre, outre les ressources internes et le recours au marché financier, le pays entend solliciter le soutien des partenaires au développement. Il s’agit notamment de négocier d’une part des investissements privés dans le cadre de partenariats PPP (42 projets d’une valeur de 14 milliards de dollars y sont éligibles). Et d’autre part, le pays compte obtenir l’appui du MIGA (Multilateral Investment Guarantee Agency), l’agence spécialisée du groupe de la Banque mondiale en charge des garantis des investissements en faveur des pays en développement, pour attirer d’avantages d’investisseurs.  

La Côte d’Ivoire qui porte d’ambitieux programmes de développement, doit relever le défi de la mobilisation des financements. Le plan national de développement PND 2011-2015, estimé à un peu plus de 10 000 milliards de francs CFA, n’a pas en effet encore vu la réalisation de certains chantiers faute ressources financières. Selon certains observateurs, le bon déroulement de l’élection devrait être la clé pour rassurer définitivement bien de bailleurs de fonds et ouvrir les vannes au profit d’une économie en pleine croissance.

 

Par Jean-Mermoz KONANDI / 12 octobre, 2015

 

http://www.financialafrik.com/2015/10/12/cote-divoire-25-milliards-de-dollars-pour-financer-de-grands-projets-entre-2016-et-2020/#.V_Foxn1VIy4


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3 - Infrastructure/L’Algérie lancera en 2016 “le plus grand projet depuis l’indépendance du pays”

 

C’est le Premier ministre, Abdelmalek Sellal qui l’a annoncé en personne : “l’Algérie lancera en 2016 le plus grand projet depuis l’indépendance du pays”. Il s’agit d’un nouveau Port commercial de la région centre du pays qui sera situé entre les villes de Cherchell (Tipaza) et de Ténès (Chlef). “On va réaliser ce port, considéré comme l’un des plus grands projets de l’Algérie, en 2016”, a expliqué mercredi Sellal lors de 18ème tripartite (gouvernement-patronat-UGTA) organisée à Biskra, au sud-est du pays. Ce futur port devra sera équipé d’une immense zone industrielle qui permettra à l’Algérie de booster sa production nationale, annonce également le Premier ministre d’après lequel grâce à ce futur projet, l’Algérie pourra, entre autres, acheminer les marchandises “vers l’Afrique après son raccordement aux axes autoroutiers”. Ce nouveau port du centre devrait s’étendre sur une superficie de plus de 1.000 hectares et sera accompagné d’une zone logistique s’étalant sur 300 hectares, précise Sellal  selon lequel  les travaux de réalisation nécessiteront un investissement de près de 200 milliards de DA, à savoir plus de deux milliards de dollars.

 

Les financements pour la réalisation de cette infrastructure d’envergure, qui devra être réalisée en 3 étapes dans un délai de 10 ans, ne seront pas supportés par l’Etat, promet le Premier ministre. Le ministère des Transports étudie actuellement les modes de financement possibles sans pour autant recourir au Trésor public, tente de rassurer le chef de l’exécutif qui n’a fourni aucune précision détaillée au sujet des sources de financement de ce nouveau méga-projet.

 

Eco-Business/ 14 octobre 2015/Abdou Semmar

 

http://www.algerie-focus.com/2015/10/infrastructurelalgerie-lancera-le-plus-grand-projet-depuis-lindependance-du-pays/


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4 - Gabon : Les 463 milliards FCFA de la CAN 2017

 

La co-organisation de la Coupe d’Afrique des nations 2012 (CAN 2012) avait couté au Gabon 400 milliards FCFA selon les chiffres officiels. La CAN 2017 que le pays s’apprête à organiser coutera encore plus cher. 463 milliards FCFA seront dépensés pour l’édition 2017 de la CAN. Ainsi en l’espace de 5 ans le Gabon aura-t-il dépensé 863 milliards FCFA pour l’organisation de compétitions sportives, un montant 3 fois supérieur au budget 2016 de la République centrafricaine (259 milliards FCFA) et représentant plus de 85% du budget national du Togo (1 006 milliards FCFA). Des dépenses particulièrement importantes dans un contexte où les ressources budgétaires de l’Etat sont en baisse, affectées par le recul des prix du pétrole.(…)

 

Par Mays Mouissi/ 28 avril 2016

 

http://www.mays-mouissi.com/2016/04/28/gabon-463-milliards-fcfa-de-can-2017/


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5 - En Afrique, la multiplication des barrages fait le lit du paludisme

 

Plus de 2 000 grands barrages ont été bâtis et plus de 200 sont actuellement en construction ou en projet en Afrique sub-saharienne. L’objectif principal de ces grands travaux vise à améliorer la sécurité alimentaire, à augmenter la production hydroélectrique, à gérer la variabilité des précipitations et à soutenir la croissance économique. En 2012, les chefs de gouvernement et les Etats du continent ont mis sur pied un ambitieux plan sur le long terme pour rattraper le retard africain en matière d’infrastructures. L’Ethiopie s’est ainsi dotée de plusieurs barrages au cours des dernières années pour satisfaire des besoins énergétiques grandissants. La République démocratique du Congo a quant à elle lancé la construction de plusieurs édifices le long de la rivière Congo, aux chutes d’Inga. Au Malawi, le barrage de Kamuzu a été agrandi. Le renouvellement récent d’aides internationales au développement dans le domaine des ressources en eau a encouragé des études de faisabilité, actuellement en cours, pour bien d’autres barrages à travers le continent. Mais la construction de ces barrages a un effet inattendu : une augmentation des cas de paludisme dans les zones environnantes.

 

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_ Le risque de paludisme autour des barrages

L’Afrique abrite 90 % des cas de paludisme dans le monde, avec 174 millions de personnes touchées par cette maladie. Une estimation prudente évalue à plus d’un million par an le nombre de cas induits par la présence de barrages en Afrique. Des exemples précis de cette recrudescence à proximité de ces installations ont été rapportés au Cameroun, en Ethiopie, au Ghana, au Kenya, au Sénégal et au Zimbabwe. On peut aussi évoquer la situation du réservoir de Koka, dans le centre de l’Ethiopie. L’eau retenue dans les réservoirs conduit à l’augmentation du nombre de sites – et les flaques en premier lieu – où les larves du moustique Anopheles porteur du paludisme prospèrent. Ceci conduit à une augmentation considérable du nombre de moustiques adultes. Ces derniers piquent en général en soirée et au cours de la nuit, multipliant le taux de transmission de la maladie parmi les populations vivant à quelques kilomètres des réservoirs.

 

Les flaques qui offrent des sites de reproduction aux moustiques sont situées dans des zones d’infiltration en aval des barrages, autour des rives des réservoirs et dans les zones construites par les hommes, tels les canaux d’irrigation. Nos travaux indiquent que les berges constituent les sites de reproduction les plus importants pour les moustiques porteurs de la maladie. Les réservoirs créent ces flaques lorsque le niveau de l’eau baisse, ces dernières devenant alors l’endroit idéal pour se reproduire.

 

 

_ Que faire ?

De multiples approches pour lutter contre la maladie existent. Celles-ci comprennent des mesures conventionnelles et non conventionnelles. Si ces dernières ont été employées ponctuellement, ou pouvaient l’être, elles ne le sont pas encore de manière systématique. L’incidence globale du paludisme sur le continent a décru ces dernières années. En Afrique sub-saharienne, des efforts importants entrepris pour lutter contre la maladie depuis le début du XXIe siècle ont permis la réduction de 45 % de la mortalité liée au paludisme. On a ainsi compté 1,6 million de morts en moins entre 2001 et 2015. Ces chiffres montrent à quel point les mesures conventionnelles, quand elles sont conduites correctement, offrent une base solide pour lutter contre la propagation de la maladie. Cependant, la prévalence du paludisme à proximité des barrages où ces mêmes efforts ont été conduits suggère que les stratégies conventionnelles ne sont peut-être pas suffisantes. C’est pour cette raison qu’il devient essentiel de considérer des options inédites et de les associer aux approches qui ont déjà fait leurs preuves.

 

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_ Localisation

La décision de placer un barrage à tel ou tel endroit d’un bassin hydrographique peut avoir une incidence sur le paludisme, l’effet de la construction d’un barrage variant en fonction de la présence de la maladie dans la région concernée. L’eau qui se trouve retenue dans des zones de transmission moins forte, plus irrégulière ou saisonnière de la maladie aura ainsi un effet négatif plus marqué que dans le cas d’une eau conservée dans des zones où la transmission est plus soutenue et plus régulière tout au long de l’année. Cette dimension peut être aisément prise en compte dans le choix du site d’installation.

 

 

_ Conception et taille

La conception des barrages et la taille des réservoirs auront un effet sur la propagation du paludisme dans les communautés avoisinantes, influençant, par exemple, le degré de suintement en aval. La hauteur des futures constructions peut par ailleurs avoir une incidence sur la réduction des flaques propices au développement des larves dans les berges des réservoirs. Quant à la taille des réservoirs, elle commandera celle des berges permettant aux moustiques de nicher, les barrages plus petits possèdent des berges plus étroites que les ouvrages plus imposants ce qui diminue d’autant la propagation de la maladie.

 

 

_ Gestion des réservoirs

Les niveaux d’eau des réservoirs peuvent être ajustés pour offrir un environnement le moins favorable possible au développement des larves de l’anophèle. Ainsi une décharge d’eau plus soudaine au cours de la haute saison de transmission de la maladie permet-elle d’éradiquer la propagation des moustiques en desséchant les flaques présentes sur les berges. Des actions menées en ce sens autour du réservoir de Koka, en Ethiopie, ont montré qu’il était possible d’améliorer la gestion des infrastructures pour lutter contre le paludisme.

 

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_ Prédateurs

Introduire un prédateur de l’anophèle est aussi une option. Certaines espèces de poissons se nourrissent de ses larves. L’Inde en a fait un élément clé de son programme de lutte antipaludique.

 

 

_ Envisager le problème sous un nouveau jour

La lutte pour l’éradication du paludisme est un défi majeur. De tels outils devraient être systématiquement intégrés aux stratégies globales de long terme. Pour ce faire, il faut promouvoir cette nouvelle approche et s’assurer qu’elle retienne toute l’attention au moment de la planification, de la conception et de la réalisation de ces ouvrages. Les options ne manquent pas pour intégrer la question du paludisme dans de tels projets. Il est grand temps de les mettre en œuvre.

 

Cet article a d’abord été publié sur le site The Conversation// Par Jonathan Lautze, Matthew McCartney et Solomon Kibret / LE MONDE Le 26.08.2016 /

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/08/26/en-afrique-la-multiplication-des-barrages-fait-le-lit-du-paludisme_4988354_3212.html


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6 - Immobilier et grands travaux transforment l'Ethiopie

 


L’AFD, qui a ouvert ses portes à Maputo en 1985 et a depuis prêté ou donné plus d’un milliard d’euros au Mozambique, n’octroie déjà plus de prêts directement à l’Etat mozambicain ou aux entreprises publiques depuis deux ans. « Nous suivons une directive du ministère [français] des finances, qui nous empêche de prêter à un pays classé à haut risque d’endettement par le FMI, ce qui est le cas du Mozambique depuis juin 2013 », explique la directrice. Depuis cette date, les sommes accordées par la coopération française ont fondu. Aucun prêt n’a ainsi pu être engagé en 2015 et 2016. L’agence reste néanmoins intéressée par les projets liés aux énergies renouvelables. « Nous réfléchissons à des manières de structurer les montages financiers pour que la dette d’EDM ne s’en trouve pas alourdie », précise la directrice.

 

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_ La Chine sur les rangs du financement

Car, en parallèle, EDM est asphyxiée financièrement. « L’entreprise est techniquement en faillite, concède l’administrateur Isaias Rabeca. L’électricité au Mozambique est subventionnée : notre prix de vente est moins élevé que le coût auquel nous l’achetons. » Le prix de l’électricité est fixé par le gouvernement, qui rechigne à l’augmenter par crainte d’une explosion sociale. Et parce que l’entreprise doit racheter l’électricité en Afrique du Sud au prix fort, les pertes annuelles avoisinent des dizaines de millions de dollars, comme le montre un rapport de décembre 2014 du Centre d’intégrité publique, un cercle de réflexion basé à Maputo.

 

Dans un compte rendu au vitriol, celui-ci pointe une gestion « politique et non transparente ». « EDM est instrumentalisée par le pouvoir politique qui pratique des cadeaux à certaines entreprises, ce qui affecte négativement sa soutenabilité financière et sa capacité à réaliser des investissements de manutention et de modernisation », peut-on y lire. Face au lâchage des pays occidentaux, Maputo serait-il tenté de se tourner vers Pékin, où le président Nyusi est arrivé, lundi 16 mai, en compagnie d’une forte délégation de ministres et d’entrepreneurs ? Alors que la presse mozambicaine se gausse d’une visite programmée après que le scandale de la dette cachée a éclaté, les économistes rappellent déjà les conditions attachées aux emprunts chinois, qui profitent d’abord et avant tout aux entreprises chinoises.

 

EDF, Vinci : on ne peut s’empêcher de constater que les projets financés par l’AFD font aussi appel à des entreprises françaises. « Au titre de la diplomatie économique, on s’engage à travailler en bonne intelligence avec les entreprises françaises et à mettre en valeur l’expertise française, argumente la directrice de l’AFD. Mais il s’agit uniquement d’un travail d’information, on veille à les informer le plus tôt possible des projets qui se préparent. » L’administrateur d’EDM, lui, voit la différence : « Les financements indiens ou chinois peuvent paraître plus simples à obtenir et moins chers, mais la qualité n’est clairement pas la même. Et, pour un barrage, il vaut mieux que ça tienne. »

 

Par Adrien Barbier (contributeur Le Monde Afrique, Chimoio, envoyé spécial) / LE MONDE Le 18.05.2016/ Mis à jour le 19.05.2016/

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/05/18/le-mozambique-future-pile-electrique-de-l-afrique_4921698_3212.html


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10 - Le Mozambique veut booster son potentiel hydroélectrique

 

Sous un ciel chargé des derniers nuages de la saison des pluies, la concentration des ingénieurs est palpable. Malgré l’inconfort des casques de chantier qui accentuent la moiteur ambiante, ils conduisent sans ciller, au millimètre près, la descente d’une gigantesque turbine dont l’alignement doit être parfait pour s’enchâsser sans casse dans le logement de béton. L’opération est un succès, mais il faudra attendre la fin de la rénovation du barrage de Chicamba, prévue pour novembre, et la remise en eau pour se féliciter du travail accompli. Les travaux, débutés en 2015, s’inscrivent dans un plan de développement du potentiel hydraulique du Mozambique conduit par la compagnie nationale, Electricidade de Moçambique (EDM). Un potentiel important puisque 90 % de l’électricité produite par ce pays d’Afrique australe provient de l’hydroélectricité. De quoi faire rêver les adeptes des énergies renouvelables, même si ces derniers temps, le pays retient surtout l’attention des investisseurs pour ses immenses réserves de gaz.

 

Dans la salle de contrôle du barrage de Chicamba, l’équipe de suivi des travaux explique les changements à venir. « L’intégralité de cette salle sera remplacée par un seul poste d’ordinateur », s’amuse Quentin Le Mière, le directeur adjoint du consortium qui assure la rénovation. Le côté rétro de la salle ferait un décor parfait pour un film d’espions façon années 1960 : placards de commandes verts, gros boutons rectangulaires et cadrans à fond noir. Sur l’un des murs, un kit de secours en allemand rappelle qu’au sous-sol les anciennes turbines provenaient de l’ex-RFA. Modernité oblige, tout cela fera bientôt partie du passé. « Une seule personne suffira pour contrôler toute l’installation », ajoute l’ingénieur français.

 

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_ « Rénover est un véritable défi »

Construit en 1966, près de la frontière avec le Zimbabwe, le barrage de Chicamba, associé à celui de Mavuzi, à quelques kilomètres en aval, alimente tout le centre du pays. Le potentiel hydroélectrique de cette région au relief accidenté a été découvert par les Portugais, au temps de la colonisation. Au total, quatre barrages devaient être construits sur la rivière Revue. Mais l’indépendance et le départ massifs des colons, en 1975, a changé la donne. Paul Rutherford, qui surveille l’avancée des travaux pour le compte d’EDM, s’extasie devant la bâtisse. « L’ouvrage force le respect », déclare-t-il. L’ingénieur britannique, qui a l’allure d’un conservateur de musée passionné, pose sa main sur le béton. « La qualité de construction est exceptionnelle, on dirait qu’il a été fini l’année dernière. » A l’époque, tous les matériaux ont été importés, jusqu’au ciment, qui provient d’Angleterre. Mais la vétusté des machines et les dommages causés par la guerre civile (1977-1992) ont fait que les barrages ne fonctionnaient plus au maximum de leur capacité. « Rénover est un véritable défi, parfois il est plus simple de partir de zéro », remarque Rutherford. Les travaux concernent surtout la machinerie, qui a tenu le coup malgré le manque d’entretien. « On doit refonder une centrale électrique à partir de plans papiers. Et, entre-temps, le système de mesure a changé, on est passé de l’impérial anglo-saxon au métrique. »

 

Pour cette rénovation, les Européens sont de nouveau à l’œuvre. D’abord, au niveau du financement : l’Agence française de développement (AFD, partenaire du Monde Afrique) a mis à disposition en 2012, sous forme d’emprunt, la moitié des fonds nécessaires, lesquels s’élèvent à 102 millions d’euros. Le reste est assuré par les coopérations allemande et suédoise. Côté constructeurs, le consortium qui assure les travaux est dirigé par Cegelec, une filiale du français Vinci.

 

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_ Trois fois plus d’énergie que nécessaire

A une heure et demie de piste de là, dans un hôtel de Chimoio, la capitale provinciale, EDM tient une réunion trimestrielle avec ses contractants. Leurs interlocuteurs sont anglais, allemands, français et ou encore norvégiens. Certains ont fait le voyage depuis l’Europe. Tous fourmillent d’excitation face au challenge. « Le projet est très technique, il demande d’établir une base vie sur la zone, il n’y a pas d’hôtel, pas de réseau téléphonique », explique Josselin Bayol, chef de projet pour le consortium. Ils ont mis les bouchées doubles pour pouvoir finir dans les temps, fin 2016. « EDM a fait des efforts pour redispatcher son réseau, mais c’est quand même un nœud important pour la production électrique », précise-t-il. Le réseau électrique, souvent surchargé, connaît de nombreuses coupures. « Avec l’arrêt des barrages, l’électricité vient de plus loin, sa qualité est moindre », explique Isaias Rabeca, l’administrateur exécutif d’EDM. Paradoxalement, le Mozambique n’est pourtant pas en manque d’électricité. Le pays produit presque trois fois plus d’énergie qu’il n’en consomme, soit près de 900 mégawatts (MW) en pic de consommation, selon EDM. L’essentiel de la production est exporté à son voisin, l’Afrique du Sud. C’est le cas du gigantesque barrage de Cahora-Bassa, plus au nord, dont la puissance installée est de 2 075 MW. A lui tout seul, il représente 83 % de l’énergie produite par le Mozambique.

  

L’édifice est de tous les superlatifs. Plus grand barrage en volume de béton construit en Afrique, il représente le plus grand projet d’infrastructure de l’ancien Empire portugais, dont il incarne aussi le legs le plus controversé. Commencée en 1969, en pleine guerre de décolonisation, sa construction a toujours été vue comme l’œuvre d’une stratégie conjointe du Portugal et de l’Afrique du Sud visant à empêcher la progression de la guérilla mozambicaine au sud du fleuve Zambèze. Achevé à l’indépendance, ce n’est qu’en 2006 que le Portugal a concédé à rétrocéder l’ouvrage à l’Etat mozambicain, pour près d’un milliard de dollars (881 millions d’euros). Dans la presse portugaise, l’épisode a été vécu comme la coupure du « cordon ombilical », un peu tardive, avec le Mozambique. « Cahora-Bassa é nossa ! » (« Cahora-Bassa est à nous ! ») s’était alors écrié Armando Guebuza, le président mozambicain, qui selon les révélations de WikiLeaks en 2010, aurait empoché entre 35 et 50 millions de dollars de pots-de-vin au moment de la transaction.

 

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_ Projets de construction de cinq barrages

L’opposition et la société civile dénoncent régulièrement les termes du contrat qui lie le barrage à Eskom, la compagnie d’électricité sud-africaine, comme une injustice. Celle-ci a droit à 75 % de l’électricité produite. « Nous achetons 300 MW à 3 centimes de dollar le kilowattheure, au même prix que l’Afrique du Sud. Au-delà, Eskom nous revend l’électricité entre 15 et 20 centimes, détaille l’administrateur d’EDM. A l’époque, Eskom était le seul client qui pouvait apporter le capital de départ et acheter autant d’électricité. A l’indépendance, la consommation du Mozambique avoisinait les 50 MW. Il y avait aussi la crainte que, si nous obtenions le contrôle du barrage trop précipitamment, nous ne saurions pas comment le faire tourner. » Les Portugais sont partis du jour au lendemain, sans avoir conduit de véritable processus de décolonisation dans la plupart des secteurs d’activité qui aurait permis d’assurer la relève. D’ici à la renégociation du contrat en 2029, EDM doit donc trouver des sources d’énergie alternatives. La consommation du Mozambique augmente de 10 % annuellement, le résultat d’une politique volontariste d’électrification conjugué au lancement de mégaprojets d’exploitation minière. « Le complexe hydroélectrique de Mavuzi-Chicamba représente justement 10 % de notre consommation totale, ce qui nous permettra de faire face à la demande en 2017. »


Au-delà, le gouvernement s’est lancé dans un ambitieux programme qui fait la part belle à l’hydroélectricité, malgré l’abondance du gaz et du charbon. En 2015, la construction de cinq barrages a été annoncée, pour une capacité énergétique installée supplémentaire de 3 600 MW. De quoi garder un mix énergétique « vert » encore plusieurs années.

 

Par Adrien Barbier (contributeur Le Monde Afrique, Chicamba, Chimoio, envoyé spécial) / LE MONDE Le 23.05.2016/ Mis à jour le 23.05.2016/ 

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/05/23/le-mozambique-veut-booster-son-potentiel-hydroelectrique_4924657_3212.html


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Avis des internautes

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