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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

MINES, HYDROCARBURES ET ENERGIE


Publié le 21/12/2014 à 00:17:53
AFRIQUE/ ECONOMIE/ HYDROCARBURES/ DEVELOPPEMENT MINIER : Des perspectives bonnes, malgré les incertitudes et les cas de corruption




« De tous les secteurs économiques touchés pas la corruption, celui de l’énergie représente une part importante. Parce que des milliards y circulent et que l’Afrique est le nouvel El Dorado des hydrocarbures plus particulièrement. Ce n’est malheureusement pas circonscrit au continent africain puisque l’ensemble de la planète y goûte.  De l’Europe aux Amériques, en passant par l’Orient, il n’est pratiquement pas d’ententes juteuses qui soient passées sans « un petit geste ». L’Afrique ne fait que suivre une tendance mais pourrait et devrait s’en détacher car il y règne une forte opacité qui gangrène les milieux politiques. Rien de très surprenant car le flux de production et les recettes des hydrocarbures, pétrole en tête, est tellement important qu’il influence régulièrement un certain nombre de décisions politiques. Et plus le secteur énergétique est important dans un pays, plus sont grands les risques de corruption, en grande partie politique. »

  

 


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1 - Économie africaine : mines et énergie en développement  

 

Énergie

En Algérie, le groupe américain General Electric a remporté un marché de 2,7 milliards de dollars pour la construction de 9 nouvelles centrales électriques censées augmenter la production d'électricité algérienne de plus de 70%.

 

Au Cameroun, le groupe américain AES Corporation a annoncé en novembre la cession de la totalité de sa participation (56%) dans la société camerounaise d’électricité, AES Sonel, au capital-investisseur Actis. Une transaction estimée à 220 millions de dollars.

 

En Côte d'Ivoire, le producteur d'électricité Ciprel a complété le financement de sa centrale thermique. D'un montant de 200 millions d'euros, cette opération lui permettra d'accroître sa capacité de production de 111 mégawatts.

 

Au Maroc, le coréen Daewoo Engineering & Construction réalisera une centrale électrique à charbon d'une capacité de 1 320 MW pour 1,8 milliard de dollars à Safi, au Maroc. C'est la commande de centrale électrique la plus importante à ce jour pour le pays.

 

En septembre, le Nigeria a complété la cession de la majeure partie de son parc électrique au secteur privé (soit 15 compagnies d'électricité publiques) pour un total de 2,5 milliards de dollars. En parallèle, le gouvernement nigérian a levé 1,6 milliard de dollars sous forme de prêts et de dette pour étendre son réseau électrique.

Le président américain Barack Obama a annoncé en juin l'initiative "Power Africa". Ce plan entend mobiliser 7 milliards de dollars venant des institutions gouvernementales américaines et 9 milliards venant de sociétés privées sur cinq ans afin de doubler l'accès à l'électricité en Afrique subsaharienne.

 

Le voyage du président français François Hollande en Afrique du Sud a été fructueux. Hormis le contrat de 4 milliards d'euros remporté par Alstom (voir plus bas), le groupe énergétique français GDF Suez a signé un accord avec Pretoria pour la construction d'une centrale thermique à hauteur de 1,5 milliard d'euros, ainsi que celle d'une centrale solaire.

 

Dans le domaine des énergies renouvelables, l'Éthiopie a inauguré en octobre Ashegoda, la plus grande ferme éolienne d’Afrique sub-saharienne. Cette nouvelle centrale dispose d'une puissance de 120 MW, soit 400 GWh distribués par an. Elle a coûté 210 millions d’euros, un financement réalisé grâce à l’Agence française de développement (AFD) et un pool de banques françaises.

 

Tandis que le Maroc a obtenu un prêt de 654 millions d'euros auprès de la banque de développement allemande KfW, pour la construction de deux centrales solaires dans le cadre de la seconde phase du projet de 500 MW de Ouarzazate.



Hydrocarbures

En Libye, l’embellie du secteur a duré à peine un an. Après avoir pratiquement retrouvé, en septembre 2012, son niveau de production quotidienne d’avant la révolution – 1,5 à 1,6 million de barils par jour (b/j) –, le secteur pétrolier libyen (90% de la richesse de l'État) a subi un brusque coup d’arrêt durant la seconde moitié de 2013. La production a chuté à 250 000 barils par jour. Les autorités estiment les pertes totales du secteur à quelque 9,7 milliards d'euros.

 

Le Gabon a procédé cette année à la phase technique de l'attribution de 13 nouveaux blocs pétroliers off-shore. Parmi les 11 companies pétrolières retenues on retrouve notamment Ophir, Exxon, Eni et Repsol. Les deux opérateurs historiques Total et Shell sont repartis les mains vides.

Parallèlement, le tribunal arbitral de la Chambre de commerce internationale (CCI) de Paris a donné raison au Gabon contre Addax Petroleum, au sujet du retrait de la concession d'exploitation du champ pétrolier d'Obangué. Gabon Oil Company (GOC), l'opérateur pétrolier national créé en 2011 à qui le champ a été confié, a débuté l'exploitation du site à son propre profit et devrait produire son premier baril de pétrole dès 2014.

 

Au Nigeria, la saga ConocoPhillips continue. Le groupe américain a cédé en 2012 ses actifs dans le pays au groupe d'énergie nigérian Oando. Ce dernier éprouve néanmoins de nombreuses difficultés à lever les 1,79 milliard de dollars nécessaires au rachat. Les filiales malgaches de la major américaine Exxon Mobil ont quant à elles obtenu l'extension de leurs licences de partage de production. Le géant américain va reprendre ses activités d'exploration, suspendues en 2009.

 

En Algérie, la compagnie nationale Sonatrach a découvert un gisement pétrolier non-conventionnel aux réserves estimées à 1,3 milliard de barils. De fait, le pays accélère sa marche vers l'exploitation de ses gisements de gaz de schiste, dont les réserves sont officiellement estimées à 700 milliards de m3, pour se préparer à l'après pétrole et gaz conventionnels dont le déclin est annoncé pour 2025. La nouvelle loi algérienne sur les hydrocarbures a été amendée, un appel d'offres international devrait être lancé dans le courant de 2014 pour la recherche et l'exploitation d'hydrocarbures non conventionnels et l'identification des périmètres à offrir à la concurrence a été confiée à un groupe de travail.

 

Par ailleurs, selon un rapport publié par la Banque africaine de développement (BAD), l'exploitation des gaz non-conventionnels en Afrique pourrait conduire à une baisse du cours du gaz, à une plus large consommation de gaz naturel et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les retombées économiques pourraient être considérables.


 


Mines

L'année 2013 a démarré avec l'irruption d'un nouveau géant du secteur minier. Conclu pour 24 milliards d'euros en novembre 2012, le rachat du minier suisse Xstrata par son compatriote Glencore, a donné naissance en janvier au quatrième groupe minier mondial, doté d'un chiffre d'affaires de 150 milliards d'euros. Glencore-Xstrata contrôle désormais 75 % du zinc, 50 % du cuivre, 40 % du cobalt et 38 % de l'alumine négociés sur la planète.

 

En RD Congo, la Générale des Carrières et des Mines (Gécamines), la société nationale minière congolaise a annoncé son intention de céder sa participation de 20% dans Kamoto Copper Company (KCC), l'exploitant de la mine de cuivre de Kamoto.

 

La Guinée et Guinée Alumina Corporation (GAC), une co-entreprise détenue par Mubadala et Dubai Aluminium, ont signé un accord de 5 milliards de dollars d'investissements pour le développement de la mine de bauxite de Sangarédi. Les progrès réalisés dans le développement de cette mine marquent néanmoins un contraste avec le blocage de l'exploitation de la mine de fer de Simandou. Les soupçons de corruption continuent de peser sur l'attribution des droits d'exploitation du nord du gisement de fer du Simandou, le plus important du genre en Afrique, à BSGR, la société de l'homme d'affaires israélien Beny Steinmetz.

 

Dans le cadre de cette affaire, Ibrahima Sory Touré, et Issaga Bangoura, respectivement vice-président et responsable de sécurité de BSGR en Guinée ont été détenus pendant 7 mois à Conakry, entre avril et novembre 2013. Une enquête fédérale est par ailleurs en cours aux États-Unis.

Bien que les découvertes minières aient été peu nombreuses sur le continent, la Société nationale industrielle et minière de la Mauritanie (Snim) a pourtant mis à jour un gisement de minerai de fer sur le site de Tizerghaf, aux ressources probables estimées à 830 millions de tonnes.

 

Par ailleurs, de nombreux gouvernements africains ont tenté, tout au long de l'année, de remodeler leurs relations avec les sociétés minières. Alors que le contrat liant le Niger au groupe Areva arrive à son terme fin 2013, Niamey a annoncé l'ouverture d'un audit sur l'exploitation des mines d'uranium du pays par l'opérateur français. Au Mali, le nouveau président Ibrahim Boubacar Keïta a demandé un inventaire complet des contrats en cours dans l'industrie extractive.

 

Source : Jeune Afrique.com/ 2013

 

http://direct.economie.jeuneafrique.com/dossiers-2/566-2013--le-bilan-economique-de-ja/20934-economie-africaine-ce-quil-faut-retenir-de-2013.html


 


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2 - COTE D'IVOIRE : Un gisement exceptionnel de classe mondiale découvert près de Kossou

 

Gisement "cossu" à Kossou!  

Un gisement exceptionnel de classe mondiale a été découvert à Yaouré, près du barrage de Kossou (entre Baouflé et Yamoussoukro) par la société minière britannique "Amara Mining". Cette information a été livrée par le ministre des Mines et de l'Industrie, Jean-Claude Brou, alors qu'il accompagnait une délégation de la compagnie Britannique "Amara Mining", reçu en audience par le Président de la République.

 

Installée en Côte d'Ivoire depuis 2004, "Amara Mining" a, de juin 2011 à décembre 2013, investi dans la recherche minière 11 milliards CFA (22 millions USD). «Cet investissement et les activités minières se sont soldés par un succès car le groupe a découvert 6 millions d'onces de ressources minières dans le cadre de son projet Yaouré d'or en Côte d'Ivoire qui représentent 30% des ressources minières de la Côte d'Ivoire. Cette quantité représente une importante découverte, comparée à la base des ressources minières existantes en Côte d'Ivoire», a indiqué le président de ce groupe, John Mc Gloin.

 

Selon ce dernier, la Côte d'Ivoire est largement sous explorée dans le secteur minier alors qu'elle détient 35% de la ceinture éburnéenne qui contient les ressources en thème d'or. «Sur ces 35%, la Côte d'Ivoire, à ce jour, n'a que 8% de la proportion des ressources découvertes. Tandis que le Ghana qui n'a que 19% de la ceinture éburnéenne détient au niveau des ressources découvertes 62%. C'est un gisement qui va nécessiter un investissement de 200 milliards CFA et généré près de 1300 emplois», s'est réjoui le ministre Jean-Claude Brou, ajoutant qu'avec cette découverte la recherche va s'intensifier dans notre pays.

 

Cette Société Britannique cotée à la bourse de Londres, qui a déjà travaillé au Ghana et au Mali, se focalise sur la recherche et l'exploitation de l'or principalement en Afrique de l'Ouest. C'est pourquoi son président estime que la Côte d'Ivoire a des potentialités supplémentaires et peut faire davantage, grâce aux ressources minières dont elle dispose. «Le Ghana et le Mali ont expérimenté la croissance grâce au secteur minier, la Côte d'Ivoire peut rejoindre le train de ces pays et occuper une place prépondérante grâce au potentiel dont elle dispose pour devenir un acteur important dans le secteur minier en Afrique de l'Ouest», conclura-t-il.

 

Mardi, 28 Janvier 2014 05:34

 

http://www.africanouvelles.com/varietes/evenements/7805-cote-divoire-un-gisement-exceptionnel-de-classe-mondiale-decouvert-pres-de-kossou.html

 

 

   

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3 - Sierra Leone : extraction minière, locomotive de la croissance

 

(Africa Diligence) La Sierra Leone est dotée de ressources minières considérables (diamant, or, rutile, bauxite, fer, pétrole et gaz) et de ressources agricoles (riz, cacao, huile de palme, noix de kola et millet) qui fournissent une grande part des recettes publiques. En 2013, le PIB a atteint 4,61 milliards USD, dont 56,7 % pour l’agriculture et 8,3 % pour l’industrie  minière. Pour les spécialistes d’Africa Diligence, l’essor de l’économie sierra-léonaise passe par la diversification de ses exportations.

 

L’agriculture demeure le secteur qui contribue le plus au PIB, soit 56,7 %. On prévoit une croissance soutenue en 2014 grâce à de nouveaux projets financés par des capitaux étrangers, notamment un important programme de production de bioéthanol, et à la volonté du gouvernement de parvenir à l’auto-suffisance en riz, avec des retombées positives sur la productivité du secteur et les moyens de subsistance des agriculteurs. Le riz, qui occupe environ 70 % des terres cultivées, constitue la principale culture vivrière (693.000 tonnes en 2013). Le pays exporte aussi d’autres produits issus des plantations, localisées essentiellement dans les régions côtières : huile et fibres de palme (36.000 tonnes en 2013), café, cacao (15.000 tonnes en 1999), millet (37.000 tonnes en 2013), sorgho (30.000 tonnes en 2013) et noix de kola.



Le secteur de l’extraction minière et de l’exploitation des carrières est en plein essor. Le pays dispose en effet d’un important potentiel minier (diamant, rutile, or, bauxite, fer) dont l’exploitation soutient aussi la hausse du PIB. Depuis la récente découverte de gisements de minerai de fer, d’importants investissements réalisés par les groupes African Minerals ou London Mining expliquent cette croissance. Les trois grands projets miniers (Tonkolili, Marampa et Bembeye) lancés en 2012 ont stimulé les exportations de minerai de fer en 2013 et en 2014. Le projet Tonkolili, par exemple, est l’un des plus grands gisements de magnétite au monde, renfermant 12,8 milliards de tonnes de ressources. Ce qui à coup sûr, lorsque les exploitations des mines de fer auront atteint leur rythme de croisière, feront de la Sierra Leone l’un des premiers producteurs de fer du continent africain.

 

Le pays a élargi la base de ses exportations qui était presque exclusivement concentrée sur les diamants au cours des dernières années en se tournant vers le rutile, la bauxite. En 2010, le pays se classait 10e au monde pour la production de diamants en volume, ainsi que 3e producteur mondial de rutile. Les diamants sierra-léonais sont réputés pour leur qualité, leur pureté et leur bonne couleur. Ses exportations avaient atteint près de 2 millions de carats par an dans les années 1960. Au lendemain de la guerre civile qui a ravagé le pays, les productions en 2010 et en 2011 étaient de 400.000 carats (diamants gemmes et diamants industriels). Les gisements diamantifères sont situés vers les frontières guinéennes et libériennes, et le long de la rivière Sewa. Mais Koidu, situé dans la région de Kono à l’est du pays est réputée pour ses réserves d’or et de diamants alluviaux qui comptent parmi les plus importantes au monde. À côté des exploitations artisanales qui amplifient les importants revenus au pays, il existe des entreprises plus structurées, comme la compagnie minière locale Koidou Holdings. La compagnie appartient à des israéliens qui ont investi plus de 110 millions d’euros pour un nouveau complexe, comprenant un centre de traitement de kimberlite, roche réputée pour sa teneur en diamant, issue des deux mines qu’elle possède.

 

Un certain nombre de découvertes d’hydrocarbures en mer ont été annoncées en 2009 et 2010. Cependant la mise en valeur de ces réserves, qui pourraient être importantes, sont soient en cours d’exploitation, soient inexploitées. Dans le domaine pétrolier, le Russe Lukoil, qui avait acquis un champ en eaux profondes en novembre 2012, a lancé les premiers forages en juin 2013. En octobre 2012, l’Américain Chevron et plusieurs « juniors » africaines avaient également obtenu des licences d’exploration. La Sierra Leone dispose de vastes réserves de pétrole offshore, évaluées à plusieurs milliards de barils.

 

Après un contrat de concession signé avec les autorités du pays en octobre 2013 et ratifié par le parlement du pays en février 2014, Oryx Energies s’apprête à construire une jetée pétrolière ultra-moderne au terminal pétrolier de Kissy, principal terminal d’import-export de Sierra Leone situé dans sa capitale Freetown. Cette jetée permettra à la filiale locale d’Oryx Energies, Petrojetty Company Limited, et à toutes les sociétés du secteur, d’importer et d’exporter des produits pétroliers, des huiles comestibles et du bioéthanol. Le projet, qui représente un investissement de 40 millions de dollars, sera terminé début 2015, permettant à la Sierra Leone d’accueillir de nouvelles classes de pétroliers.

 

Le projet fournira également les infrastructures nécessaires à l’export du bioéthanol de sa société sœur, Addax Bioenergy, qui commencera la production de bioéthanol à partir de canne à sucre sous peu. La compagnie entend produire 85.000 m3 de bioéthanol d’ici fin 2016 dans son projet d’énergie renouvelable. Pour cela, la société envisage le développement d’une plantation de 10.000 ha, la construction d’une usine de bioéthanol et d’une centrale électrique à biomasse qui fournira de l’électricité renouvelable à l’usine et 20 % des besoins du pays d’Afrique de l’Ouest, soit 15 mégawatts.

 

(Knowdys Database, avec Banque mondiale, Perspectives économiques en Afrique, EITI et AGEFI) / 28 mai, 2014

 

http://www.africadiligence.com/sierra-leone-extraction-miniere-locomotive-de-la-croissance/

 

 


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4 - Hydrocarbures : L’explosion africaine 

 

Le surnom de « scandale géologique » autrefois attribué à la République démocratique du Congo devrait en fait s’appliquer désormais à tout le continent africain. Il ne se passe pas un mois sans que chaque pays, ou presque ne fasse état des ressources précieuses de son sous-sol. Dans cette foison de richesses, les hydrocarbures tiennent le haut du classement. Un rapport de l’Union Africaine a récemment fait état de la structure du profil énergétique commercial de l’Afrique et indiquait : le pétrole à 63%, le gaz à 15%, le charbon à 19%, l’hydro-électricité à 2,3%, et autres sources à 0,7%.

 

Alors que les géants traditionnels trônaient depuis plus de quatre décennies, plusieurs puits mis à jour du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest ont mis de nouveaux joueurs sur la carte. En 2008, l’Afrique produisait 10,3 millions de barils/jour contre 5,7 millions en 1988, soit une croissance moyenne en 20 ans de 3% par an. Cinq pays, le Nigeria, l’Algérie, l’Angola, la Libye et l’Égypte, représentaient à eux-seuls 84% de la production, le reste étant réparti entre une dizaine de pays.

 

À la fin de 2011, selon la très sérieuse BP Statistical Review of World Energy, la liste des principaux pays producteurs de pétrole s’élargissait et comprenait désormais l’Algérie, l’Angola, le Tchad, le Congo Brazzaville, l’Égypte, la Guinée équatoriale, le Gabon, la Libye, le Nigeria, le Soudan et le Sud Soudan, ainsi que la Tunisie. L’année suivante, d’autres profils sont apparus. En faisant un rétrospective de l’année 2012, le constat s’est imposé de lui-même sur deux pôles.


 


D’abord, l’Afrique de l’Est fait a naître de grands appétits au niveau de l’or noir et du gaz naturel. En mars 2012, au Kenya le britannique Tullow oil annonçait la découverte du premier gisement pétrolier dans ce pays. Enfoui à plus de 1000 mètres de profondeur, les tests encourageants ont déclenché une mutation du paysage énergétique sur le continent. La Tanzanie, le Mozambique et Madagascar ont tout à tour annoncé des réserves importantes de gaz dont nous faisions état hier. Un peu plus enclavé, l’Ouganda est également devenu très intéressant pour des majors pétroliers. En mars 2012, Kampala annonçait la découverte de réserves plus de 2,5 milliards de barils de pétrole dans le nord du pays. Depuis, les communiqués se sont multipliés et porté le potentiel ougandais à 3,5 milliards de barils  grâce surtout à des puits localisés au Lac Albert.

 

En parallèle sur la côte occidentale, et après la Côte d’ivoire et le Ghana, la Sierra Leone apparaît comme un futur producteur au potentiel respectable. La face du pays pourrait en effet changer avec la découverte de gisements prometteurs de pétrole au large du pays. En 2010, Anadarko Petroleum (USA) avait découvert une nappe de très haute qualité probablement liée avec une autre au large du Ghana et estimée à 1 milliard de barils de réserve.

Ces nouvelles options ont également poussé des pays producteurs à opérer un changement stratégique avec des explorations offshores tous azimuts. Les pays du Golfe de Guinée, Cameroun, Gabon et Guinée équatoriale on progressivement lancé des appels d’offres pour mousser et produire les ressources de haute mer.  C’est dire donc que le continent en entier est en chantier pour l’exploration et la production des précieux produits que sont le pétrole et le Gaz. Désormais, l’émergence de producteurs tout neufs assure au continent une croissance durable et des revenus d’importance grâce à cette diversification. Reste à savoir ce que les politiques sauront en faire.

 

Vendredi, 22 Mars 2013 17:25 Léopold Nséké

 

http://www.afriqueexpansion.com/hydrocarbures-/8128-hydrocarbures--lexplosion-africaine-.html

 


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5 - Hydrocarbures : Demain l’Afrique de l’Est ?

 

La fièvre des hydrocarbures concerne désormais tout le continent africain. Et puisque l‘exclusivité n’appartient plus à aucune des régions, deux pays font régulièrement l’actualité du côté de l’Océan Indien. La Tanzanie et le Mozambique font partie maintenant du club des pays à très haut potentiel gazier.

 

Alors que le Maghreb pouvait encore se prévaloir de représenter un réservoir exceptionnel, voici qu’un Rapport d’Ernst & Young, « Gaz naturel en Afrique : Les frontières de l’âge d’or », affirme que l’avenir du gaz africain est à l’Est du continent. « Cette zone représente le grand avenir du gaz africain grâce aux gisements considérables découverts en mer, en particulier au large du Mozambique et de la Tanzanie » peut-on y lire.

Les découvertes se multiplient depuis plusieurs mois et pas plus tard que cette semaine, on apprenait une autre découverte majeure. L’Agence France Presse relayait alors l’information selon laquelle les compagnies norvégienne Statoil et américaine ExxonMobil « avaient découvert un gros gisement de gaz naturel au large de la Tanzanie, la troisième découverte importante réalisée par les deux groupes dans ce pays en l'espace d'un an. »

 

Le gisement Tangawizi 1 contient entre 712 millions et 1,07 milliard de barils équivalent-pétrole (bep), portant les réserves totales de Statoil et ExxonMobil sur ce bloc à un volume compris entre 2,67 et 3,03 milliards de bep, a indiqué le norvégien dans un communiqué. Il est situé à 2300 mètres sous la surface à 10 km des gisements Zafarani et Lavani sur lesquels de grosses ressources ont été découvertes ces derniers mois. Selon Statoil, le volume de gaz récupérable de ces gisements pourrait atteindre jusqu'à 2,32 milliards de bep. Le norvégien est l'opérateur du bloc 2 au nom de la compagnie Tanzania Petroleum Development Corporation et possède une part de 65%, les 35% restant étant détenus par ExxonMobil.



 

Cela plante le décor pour de longues batailles car le gouvernement tanzanien est encore empêtré dans des questions d’attribution de licences. Les annonces se multiplient également pour le Mozambique qui affichait déjà un énorme potentiel de réserves gazières à la fin de l’année dernière. Aujourd’hui, les observateurs n’hésitent plus à parler d’un miracle énergétique qui va radicalement transformer la vie de ce pays classé parmi les plus pauvres d’Afrique.


 Principales compagnies pétrolières présentes dans le pays, ENI (Italie) et Anadarko (Etats-Unis) ont mis en valeur des gisements situés au nord du pays, au large des villes de Pemba et Nacala. Ils seront exploités en 2018 et rapporteront, à terme, plus de 4 milliards d’euros par an au pays, soit plus d’un tiers de l’actuel PIB. Des recettes qui vont grimper d’autant plus qu’au mois de février dernier, la compagnie ENI a fait une nouvelle découverte sur le prospect offshore Coral 3. Un potentiel situé entre 120 et 2120 millions de mètres cube de gaz. Il s’agit du huitième puits foré dans la zone 4 à rencontrer sur 17 mètres un gaz de haute qualité. Ce qui, avec les autres poches, fait du Mozambique le troisième pays du monde en termes de réserves gazières, après le Qatar et l’Australie.

 

Ce qui fait que l’État mozambicain pourrait résolter 5,2 milliards $ par an grâce au gaz d'ici à 2026. Mais déjà le gouvernement a annoncé avoir perçu 175 millions $ en appliquant une taxe de 12,8 % sur la vente de Cove Energy au thaïlandais PTTEP. Lourdement marqués par des années de troubles sociaux et défavorisés dans les circuits économiques, le Mozambique (aujourd’hui 3600 milliards de m3) et la Tanzanie (800 milliards m3) sont maintenant convoités par de nombreuses multinationales. Dans la course aux ressources énergétiques, ils viennent de tous les continents et à Dar-es-Salaam ou à Maputo, on semble avoir l’embarras du choix. On y détient enfin ce que quelques cyniques ont appelé, le privilège des riches. Il ne restera plus qu’à savoir répartir cette manne et ça, ce n’est pas souvent le fort des riches.

 

Jeudi, 21 Mars 2013 15:59 Léopold Nséké

 

http://www.afriqueexpansion.com/hydrocarbures-/8105-hydrocarbures--demain-lafrique-de-lest-.html

 

 


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6 - Corruption : L’Énergie et les vautours

 

De tous les secteurs économiques touchés pas la corruption, celui de l’énergie représente une part importante. Parce que des milliards y circulent et que l’Afrique est le nouvel El Dorado des hydrocarbures plus particulièrement. Ce n’est malheureusement pas circonscrit au continent africain puisque l’ensemble de la planète y goûte.  De l’Europe aux Amériques, en passant par l’Orient, il n’est pratiquement pas d’ententes juteuses qui soient passées sans « un petit geste ». L’Afrique ne fait que suivre une tendance mais pourrait et devrait s’en détacher car il y règne une forte opacité qui gangrène les milieux politiques.

 

Rien de très surprenant car le flux de production et les recettes des hydrocarbures, pétrole en tête, est tellement important qu’il influence régulièrement un certain nombre de décisions politiques. Et plus le secteur énergétique est important dans un pays, plus sont grands les risques de corruption, en grande partie politique.

Dans un chapitre sur les tendances de corruption au Maghreb et dans les pays du Golfe (MENA), Transparency International (TI) rappelait que la corruption pouvait prendre des formes différentes entre les pays dotés de fortes richesses minérales, comme la Libye, et les autres. Un rapport de Revenue Watch de 2011 portant sur les richesses pétrolières et la stabilité dans la région MENA indique que les revenus pétroliers « encouragent le clientélisme, nourrissent la corruption et fragilisent les institutions publiques ».

 

À ce sujet, les observateurs s’accordent pour dire que les richesses pétrolières favorisent les régimes autoritaires, dans la mesure où les gouvernements centralisent les pouvoirs pour garder le contrôle des bénéfices. De nombreuses publications avancent l’idée que les richesses pétrolières dans les pays de la région MENA vont souvent de pair avec des privations de liberté, une polarisation des inégalités et une propension limitée de l’État à rendre des comptes, dans la mesure où elles dépendent de recettes externes (comme les royalties payées par les multinationales) plus que de sommes collectées au niveau de l’État (au travers des impôts par exemple).

 

De plus, les enquêtes de TI indiquent la pratique largement répandue de confier des marchés publics à d’anciens fonctionnaires, à des membres de leur famille ou à un nombre restreint d’entreprises privées est un autre élément de confusion entre le secteur privé et le secteur public. Des agissements qui empêchent l’accès équitable et ouvert à ces contrats à toutes les entreprises privées.

 

Des cas que l’on relève au sud du Sahara dans des pays comme le Nigeria, dont nous avons déjà parlé, ou encore l’Angola. Si Abuja essaie de mettre de l’ordre dans ses affaires tant bien que mal avec une démocratie réelle mais plus ou moins viciée, Luanda est encore sous la coupe d’un président à la poigne féroce qui y contrôle tous les mouvements miniers et pétroliers. Une bonne part de la corruption tient également de la rude concurrence entre les compagnies multinationales qui multiplient les offres sur et sous la table afin de décrocher les meilleurs champs pétroliers ou terrains miniers. Cette corruption transnationale est le facteur le plus aggravant dans l’instauration et la prolifération des « enveloppes brunes ».


 


Face à ce système, l’Afrique dispose-t-elle d’armes conséquentes ? La meilleure réponse est que nous reviendrons encore aux normes législatives et leur application pour assainir le milieu. Cela suppose un personnel, une volonté politique et une société qui décident tous d’avancer vers une plus grande transparence. Parce que quand bien même des lois existent et des institutions créées pour lutter contre la corruption, l’application des textes fait bien souvent défaut. Des pots de vin courant au népotisme, la rigueur administrative et une haute forme de morale citoyenne sont essentiels pour renverser la tendance… Mais à quel prix ? D’ici là, les vautours poursuivent leur vol au dessus des sources.

 

Jeudi, 11 Décembre 2014 / Léopold Nséké

 

http://www.afriqueexpansion.com/corruption/18443-2014-12-12-02-55-19.html

 

 

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7 - RICHESSES ET PAUVRETE EN AFRIQUE/ AUTRE APPROCHE : Le saccage impérialiste des richesses de l’Afrique

  

L’agression de l’OTAN contre la Libye (productrice de pétrole), l’intervention de la France au Mali (or et uranium), la construction d’une base militaire étasunienne au Niger (uranium) et l’encerclement de l’Algérie (pétrole et gaz) sont des chaînons de la stratégie qui vise, devant la crise du capitalisme mondial, à intensifier l’exploitation des travailleurs et le pillage des ressources naturelles de l’Afrique.

 

Le journaliste Dan Glazebrook, qui écrit dans des journaux comme The Guardian, The Independent et The Morning Star, a publié un article dans l’hebdomadaire cairote Al-Ahram Weekly dans lequel il dénonce cette conspiration. Dan Glazebrook commence par rappeler que l’Occident draine chaque année des milliers de millions de dollars provenant du service de la dette, des bénéfices provenant des investissements et des prêts liés au régime de la corruption des secteurs des bourgeoisies compradores. Une autre façon de dominer l’Afrique consiste à mettre à sac ses richesses naturelles. On peut citer le cas connu du Congo, où des bandes armées contrôlées par ses voisins ougandais, rwandais et burundais pratiquent à l’est du pays le vol de minéraux pour revendre ces derniers à des entreprises étrangères… qui sont elles-mêmes complices du forfait.

 

L’Afrique finance également les classes dominantes occidentales en fixant le prix de ses matières premières à des tarifs défiant toute concurrence, mais aussi en versant des salaires misérables aux travailleurs qui s’échinent dans les mines ou aux champs. En somme, le capitalisme impose au continent africain le rôle de fournisseur de matières premières et de main d’œuvre à bas coûts. Mais, afin que cette situation se perpétue, il fait en sorte que l’Afrique continue d’être pauvre et divisée, les coups d’État et des guerres contribuant largement à cette situation.

 

Selon Dan Glazebrook, la création en 2002 de l’Union africaine, animée par Mouammar Kadhafi, a soulevé les préoccupations des stratèges occidentaux. Pour Washington, Londres et Paris, le plan de l’Union de créer une banque centrale africaine et une monnaie unique était tout bonnement inacceptable. Pis, il était inconcevable de voir cette même Union développer une charte de défense et de sécurité communes pouvant déboucher sur une force militaire unifiée.

En outre, les États-Unis, face à la récession économique et à la « menace » que constituait déjà à l’époque la Chine, avaient échafaudé les plans pour recoloniser l’Afrique. La création en 2008 de l’Africom, le commandement militaire que le président Bush voulait installer sur le territoire africain, s’inscrit naturellement dans cette démarche. Mais l’Union africaine s’est fermement opposée à ce projet et l’Africom a dû finalement établir son état-major en Allemagne. 



La plus grande humiliation pour les États-Unis était de voir Kadhafi élu président de l’Union africaine en 2009 et la Libye devenir le principal soutien de l’organisation panafricaine. L’Empire ne tolérait bien évidemment pas les propos de l’Union qui vont dans le sens d’un processus d’intégration africaine. Après avoir justifié l’agression contre la Libye avec « un paquet de mensonges encore plus grands que ceux qui ont servi de prétexte à l’invasion de l’Irak », comme l’écrit Glazebrook, l’OTAN a détruit le pays, l’a placé dans les conditions d’autres États africains en faillite, se libérant au passage de son adversaire bien trop fier à son goût en l’assassinant. La guerre contre le colonel Kadhafi a détruit son régime. Mais la paix et la sécurité se trouvent depuis menacées dans toute l’Afrique du nord.

 

Le dirigeant libyen avait organisé depuis 1998 la communauté des États sahélo-sahariens, centrée sur la sécurité régionale, en bloquant l’influence des milices salafistes et en essayant de pacifier les chefs de tribus touaregs. Avec la chute de Kadhafi, les islamistes radicaux de la région ont fait main basse sur les arsenaux d’armes - avec l’aimable autorisation de l’OTAN - et les frontières méridionales de la Libye se sont disloquées. La première victime de la déstabilisation régionale a été le Mali. L’avancée islamiste, concomitante de l’agression de la Libye, a servi de prétexte à l’intervention militaire française.



L’Algérie se trouve désormais dans le collimateur de l’impérialisme. Elle est aujourd’hui entourée par les islamistes radicaux à l’est (frontière libyenne) et au sud (frontière malienne), où se sont également installées les troupes françaises. L’impérialisme a des raisons de ne pas pactiser avec l’Algérie, le seul pays d’Afrique du nord encore gouverné par le parti qui a lutté pour l’indépendance (FLN). Alger soutient l’Union africaine, a assumé des positions internationales dignes et, comme l’Iran et le Venezuela, vend son pétrole et son gaz à des tarifs « normaux ». Ce « nationalisme des ressources » pousse les géants pétroliers occidentaux à ne plus cacher le fait qu’ils « en ont marre de l’Algérie », comme l’écrit le Financial Times. Ce même journal avait, un an avant l’agression de l’OTAN, accusé la Libye du « crime » de protéger ses ressources naturelles.


Capitaine Martin / Vendredi 28 juin 2013

  

http://www.resistance-politique.fr/article-le-saccage-imperialiste-des-richesses-de-l-afrique-118770854.html

 

  


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