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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

MINES, HYDROCARBURES ET ENERGIE


Publié le 16/05/2015 à 22:42:24
AFRIQUE/ MINES/ ECONOMIE MINIERE : découvertes, projets et perspectives




0 1 - « Prise de conscience des compagnies : Comment parvenir à un partage plus équitable des revenus provenant des métaux et pierres précieuses ? En 2009, l’Union africaine a adopté une « Vision minière pour l’Afrique ». À la tête du nouveau Centre africain des ressources naturelles de la Banque africaine de développement, Sheila Khama doit favoriser la transposition des principes de cette feuille de route au niveau des États. « Il faut absolument que les revenus générés aujourd’hui profitent aux générations futures » rappelle la directrice botswanaise, « nos experts vont aider les autorités nationales à maximiser le potentiel de leurs richesses minières ». Pour Lisa Sachs, directrice du Centre pour l’investissement durable de l’Université américaine de Columbia, « il ne suffit pas de taxer les compagnies minières, il faut aussi transformer ces revenus en réalisations sur le terrain ». Le Botswana est régulièrement cité en exemple. Depuis 1983, 42 % des revenus liés à l’extraction des diamants ont été investis dans l’éducation, 14 % dans la santé et 44 % dans les infrastructures. »


 

 

0.2 – « Dossier mines : c'est le moment d'investir en Afrique !

Bien que les cours de nombreux minerais soient en chute libre, les majors continuent d'investir dans des mégaprojets. Et de nouveaux investisseurs, notamment indiens, sont en chasse pour rafler des gisements à bas coût en Afrique. Panorama d'un paysage minier africain en plein bouleversement, mais pas si mal en point. Il faut pardonner aux Cassandre qui pleurent sur le sombre avenir du secteur minier. La conjoncture actuelle leur donne quelques arguments. L'économie mondiale semble patiner, la croissance de la Chine, grande consommatrice de minerais, est moins forte ; l'Europe et le Japon sont en récession ; et les États-Unis sont privés des effets stimulants de la planche à billets. L'addition de tous ces éléments ne donne pas le moral, particulièrement sur le continent, où le secteur minier représente près d'un tiers du PIB. Si la demande pour les ressources minières vient à flancher, beaucoup imaginent un impact majeur : baisse des taxes et des impôts, diminution importante de la dépense publique, pertes d'emplois... mais aussi annulation ou report dans le temps de l'entrée en production des projets. Pourtant, la réalité est bien plus nuancée. »


 

  

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1 - Coup de blues dans le secteur minier africain

 

Dans les allées du Mining Indaba, les professionnels venus d’une centaine de pays ont la gueule de bois. Après plus d’une décennie d’euphorie grâce au « super-cycle », l’heure est au retour sur terre au plus grand salon de l’industrie minière en Afrique qui se tient cette semaine au Cap, à la pointe de l’Afrique du Sud. Les cours des minerais ont baissé en moyenne de près de 10 % en un an. La faute au ralentissement de la croissance chinoise. Le géant asiatique a moins besoin d’or, de cuivre ou encore de fer, sur un continent dont le sous-sol recèle un tiers des réserves mondiales de minerais. Pour limiter leurs pertes, les compagnies minières réduisent leurs coûts en licenciant et en coupant dans leurs projets d’exploration.



Une plus grosse part du gâteau

L’inquiétude des entreprises s’est accrue avec l’annonce par certains gouvernements de leur volonté d’augmenter la taxation sur les activités d’extraction. Une façon de compenser l’impact de la chute des cours sur leur budget. Riche en cuivre, la Zambie a déjà triplé le montant de sa redevance sur les minerais. Les autorités sud-africaines sont aussi en train de réviser leur législation. « Le fossé entre les riches et les pauvres se creuse à un rythme alarmant » rappelait mardi à la tribune le ministre sud-africain des mines, Ngoako Ramatlhodi, « nous sommes ouverts à l’investissement, mais nos ressources minières doivent aussi davantage profiter au pays et aux communautés locales »

« Il y a quelques années, l’industrie gagnait beaucoup d’argent, mais c’est au moment où nous avons des difficultés que les gouvernements veulent une plus grosse part du gâteau » regrette Tom Albanese, PDG de la compagnie indienne Vedanta Resources. Pour l’économiste britannique, Jim O’Neill, « les pays africains riches en matières premières devraient surtout davantage tirer profit des bonnes années pour alimenter une croissance durable, et ne pas se retrouver vulnérable à chaque coup de déprime des cours mondiaux ».

À long terme, les perspectives sont toutefois encourageantes. « Les besoins des pays émergents sont en forte croissance, et les compagnies minières n’auront d’autres choix que de se tourner vers l’Afrique pour extraire quantité de minerais » prédit Tom Albanese de Vedanta Resources.

 


Prise de conscience des compagnies

Comment parvenir à un partage plus équitable des revenus provenant des métaux et pierres précieuses ? En 2009, l’Union africaine a adopté une « Vision minière pour l’Afrique ». À la tête du nouveau Centre africain des ressources naturelles de la Banque africaine de développement, Sheila Khama doit favoriser la transposition des principes de cette feuille de route au niveau des États. « Il faut absolument que les revenus générés aujourd’hui profitent aux générations futures » rappelle la directrice botswanaise, « nos experts vont aider les autorités nationales à maximiser le potentiel de leurs richesses minières ».

Pour Lisa Sachs, directrice du Centre pour l’investissement durable de l’Université américaine de Columbia, « il ne suffit pas de taxer les compagnies minières, il faut aussi transformer ces revenus en réalisations sur le terrain ». Le Botswana est régulièrement cité en exemple. Depuis 1983, 42 % des revenus liés à l’extraction des diamants ont été investis dans l’éducation, 14 % dans la santé et 44 % dans les infrastructures.

 

« Aujourd’hui, les États s’intéressent davantage à des politiques de ‘contenu local’» note John Anyanwu, économiste à la Banque africaine de développement, « ils exigent qu’une partie de la transformation des minerais soit faite directement sur place et non plus seulement à l’étranger, et que des emplois soient réservés aux habitants du pays, en particulier les plus défavorisés ».


L’industrie minière doit se plier à ces nouvelles obligations. « Il y a tout de même une prise de conscience chez les compagnies qu’elles ne vivent plus sur une île et que ce qu’elles faisaient avant pour les communautés locales n’était pas suffisant, surtout quand le chômage des jeunes y est massif » admet Themba Mkhwanazi, responsable de la filiale charbon d’Anglo American en Afrique du Sud. Quelques manifestants sont d’ailleurs venus chaque jour devant le centre de conférence du Cap pour dénoncer « le pillage par les multinationales des richesses qui appartiennent au peuple ». Organisée par des organisations de la société civile, une contre-conférence (Mining Indaba Alternative) s’est aussi tenue cette semaine dans la cité côtière. Les participants ont renvoyé dos à dos les gouvernements et les compagnies. Les premiers étant accusés d’être trop laxistes et corrompus. Les seconds d’essayer d’échapper à l’impôt grâce à leurs filiales installées dans les paradis fiscaux. Les îles anglo-normandes de Jersey et Guernesey avaient cette année encore leurs stands au Mining Indaba.

 

Par Sébastien Hervieu/ Le Cap, envoyé spécial/ Le Monde.fr Le 13.02.2015  

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/02/13/coup-de-blues-dans-le-secteur-minier-africain_4576239_3212.html



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2 - Économie/ De grands chantiers économiques pour le Burkina Faso en 2015

 

L’année 2015 s’annonce comme une année de grands chantiers économiques au Burkina Faso où, en plus des préoccupations liées à la lutte contre la corruption, l’égale répartition des richesses, la réduction du chômage, le financement des initiatives des jeunes et des femmes, c’est surtout la capacité du gouvernement de la transition à poursuivre et achever les grands chantiers économiques, qui sera la plus scrutée. Il s'agit de la réhabilitation du chemin de fer Ouagadougou-Kaya-Tambao, en vue d'exploiter le manganèse de Tambao, la mise en place du Pôle de croissance du Sahel (PCS), de la grappe huilerie de Bobo-Dioulasso, la mobilisation des concours extérieurs pour le financement de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (Scadd 2011-2015) et l'élaboration de son second cycle.



La Banque africaine de développement(BAD) s'est déjà engagée à octroyer un montant de 40 milliards de francs CFA au pays, dans le cadre de son programme de coopération, afin d'appuyer les différentes initiatives de développement. Les challenges du secteur minier (qui constitue 20 % des recettes fiscales du pays) constitueront l'une des priorités.

Quatrième pays minier africain (derrière l'Afrique du sud, le Ghana et le Mali), le Burkina a enregistré en 2014, 986 autorisations et titres miniers valides, 8 mines industrielles d'or en production, une mine de zinc et de nombreux projets de recherche géologique et minière prometteurs.
Cinq nouvelles mines sont en construction à Karma, au nord du pays, Houndé et Niankorodougou à l'ouest, et Batié dans le sud.
Le nouveau code minier devrait également être adopté par le parlement de transition, dans le premier semestre de 2015.

 

Publié le jeudi 8 janvier 2015/ Agence de Presse Africaine

 

http://news.aouaga.com/h/40430.html


 


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3 - Arrivée de la holding sud-africaine Assore Ldt dans le secteur du fer gabonais

 

Assore Ltd, holding sud-africaine spécialisée dans l’extraction minière et la fabrication d’alliages, est la nouvelle venue du secteur. En effet, elle vient d’acquérir le 12 février dernier, 29,9% des parts de la compagnie Iron Ridge Resources LTD, tout comme le conglomérat japonais Sumitomo Corporation qui, lui, a acquis 12%. L'ouverture du capital de Iron Ridge Resources LTD en bourse lui a donc permis de lever, par placement, 9,7 millions d'euros afin de réaliser des travaux de cartographie, d’échantillonnage et un programme de forage pour ses trois importants projets gabonais d’exploitation minier que sont le fer de Bélinga Sud, Tchibanga et Tchibanga Nord. Ce qui ouvre également l’accès à Assore Ltd.

Cette opération boursière intervient quelques jours après la conférence internationale Mining Indaba qui s’est déroulée à Cape Town en Afrique du Sud.


23/02/2015 Gabon Minier

 

http://www.legabon.org/l-actualite/toute-l-actualite/26083/arrivee-de-la-holding-sud-africaine-assore-ldt-dans-le-secteur?destination=node%2F26240%3Fpage%3D0%252C2



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4 - L'Afrique ne démarre pas : il est urgent de dire la vérité à l'Afrique

 

La chute des cours des matières premières a fait éclater la bulle afro-optimiste artificiellement gonflée par les médias. Après les emballements de l'année 2014, le retour à la réalité est donc cruel. Aujourd'hui, les compagnies minières réduisent leurs investissements pour se concentrer sur les parties du monde dans lesquelles les coûts de production sont les moins élevés, l'Australie par exemple. Pour toutes l'objectif est désormais de ne conserver que les projets les plus rentables ; or, et il faut bien être conscient de cela, l'Afrique est mal placée pour quatre grandes raisons qui sont le manque d'infrastructures, la corruption, l'insécurité et l'absence d'industries de transformation.

 

La désaffection pour l'Afrique, réalité prenant l'exact contre-pied des discours afro-optimistes ressassés par les médias, est actuellement amplifiée par une erreur économique majeure : pour compenser les pertes, la plupart des pays producteurs augmentent les taxes ou souhaitent le faire, ce qui entraîne automatiquement l'accélération du mouvement de retrait. La Zambie a ainsi multiplié par trois les taxes sur l'extraction du cuivre, avec pour résultat, la fuite des investisseurs. La société multinationale Vedanda Resources a ainsi annoncé une révision profonde de son implication dans le pays. Or, le cuivre représente 70% des recettes à l'exportation de la Zambie.

 

En Afrique du Sud, à la suite des mouvements de grève qui, en 2014, ont paralysé la production durant de longs mois, le géant Anglo-American a fermé trois de ses sept mines de platine pour investir ailleurs que dans la « nation arc-en-ciel ». Dans le domaine des hydrocarbures, l'effondrement des cours a fait que plusieurs projets de recherche ont été purement et simplement abandonnés. Quant aux gisements devenus non rentables avec un baril aux environs de 50 dollars, leur maintien en exploitation est l'objet de bien des interrogations, ce qui place une « épée de Damoclès » sur plusieurs pays africains.

 

La baisse des cours décourage en effet les prospections, notamment les plus prometteuses, mais également les plus coûteuses, à savoir celles à très grande profondeur maritime. Les conséquences pourraient être dramatiques pour les anciens pays producteurs dont les champs arrivent à épuisement et qui comptaient sur de nouvelles découvertes pour relancer leur production. 

 

Trois pays sont particulièrement concernés, le Congo Brazzaville, le Gabon et la Guinée équatoriale. Au Congo-Brazzaville le pétrole représente 67,2% du PIB, plus de 90% des exportations et 79% des recettes publiques ; au Gabon, le pétrole représente 45% du PIB, plus de 90% des exportations et environ 60% des recettes budgétaires cependant qu'en Guinée équatoriale, il assure 76% du PIB et 99% des exportations. Or, dans les trois pays, des découvertes pétrolières ou gazières ont été faites en offshore profond. Leur mise en production nécessitant de gros investissements, le problème est une fois de plus de savoir où se situe leur seuil de rentabilité.

 

Publié par Administrateur/ mardi 31 mars 2015/ L'Afrique Réelle N°64 - Avril 2015

 

http://bernardlugan.blogspot.com/2015/03/sommaire-actualite-libye-la-partie-se.html




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5 - Dossier mines : c'est le moment d'investir en Afrique !

 

Bien que les cours de nombreux minerais soient en chute libre, les majors continuent d'investir dans des mégaprojets. Et de nouveaux investisseurs, notamment indiens, sont en chasse pour rafler des gisements à bas coût en Afrique. Panorama d'un paysage minier africain en plein bouleversement, mais pas si mal en point. Il faut pardonner aux Cassandre qui pleurent sur le sombre avenir du secteur minier. La conjoncture actuelle leur donne quelques arguments. L'économie mondiale semble patiner, la croissance de la Chine, grande consommatrice de minerais, est moins forte ; l'Europe et le Japon sont en récession ; et les États-Unis sont privés des effets stimulants de la planche à billets.

 

L'addition de tous ces éléments ne donne pas le moral, particulièrement sur le continent, où le secteur minier représente près d'un tiers du PIB. Si la demande pour les ressources minières vient à flancher, beaucoup imaginent un impact majeur : baisse des taxes et des impôts, diminution importante de la dépense publique, pertes d'emplois... mais aussi annulation ou report dans le temps de l'entrée en production des projets.

 

Pourtant, la réalité est bien plus nuancée. Tout d'abord, contrairement au reste des matières premières, certains cours de minerais et de métaux ont progressé ces derniers mois. Alors que le fer perdait plus de 40 % de sa valeur durant l'année 2014, entraînant le gel des projets ouest-africains trop coûteux, les prix de l'aluminium, du zinc, mais aussi du nickel, étaient quasi stables ou en hausse. Un pays comme le Burundi, dont le sous-sol recèle de belles réserves de ce dernier minerai, a vu croître l'intérêt des investisseurs. La mine de nickel de Musongati est ainsi enfin entrée en exploitation fin 2014... après quarante ans de tergiversations des différents partenaires privés du projet.

 

Les plus importants acteurs du secteur minier en Afrique - Anglo American, Rio Tinto et Vale - confirment le développement de leurs grands projets dans la région. Autre marché qui semble plutôt bien orienté, celui du cuivre. Même si son cours a perdu 14 % de sa valeur sur l'ensemble de l'année 2014, la majorité des analystes prévoient une pénurie du minerai dans les prochains mois. Le 10 décembre 2014, lors de sa journée "investisseurs", Ivan Glasenberg, patron du géant du négoce et des mines Glencore, qui dispose d'exploitations parmi les plus rentables au monde dans la ceinture de cuivre en Zambie et en RD Congo, allait dans ce sens et affirmait la poursuite de ses investissements dans cette filière. Quant à l'or, son cours progresse depuis novembre dernier, même s'il n'a toujours pas rattrapé son niveau de début 2014. Par ailleurs, la forte baisse des prix du pétrole entraîne mécaniquement une baisse des coûts de transport et d'électricité des mines, ce qui améliore les marges.

 



Temporaire

Si l'on creuse un peu plus, d'autres éléments penchent en faveur d'une analyse moins pessimiste. Les plus importants acteurs du secteur sur le continent - Anglo American, Rio Tinto et Vale - confirment le développement de leurs grands projets africains. Moins sensibles à la volatilité des prix que les "juniors", car plus solides financièrement, ils sont habitués aux cycles miniers. Ils savent qu'une bonne partie de la baisse provient d'une surcapacité, mais que celle-ci n'est que temporaire, puisque la demande en presque tous les minerais continue de progresser. Ces acteurs affirment même qu'il faut investir maintenant pour être prêts à produire au moment de la remontée des cours.

 

Toutefois, ils ont une approche plus sélective des nouveaux projets, privilégiant les "mégagisements" leur permettant des économies d'échelle et un meilleur étalement des investissements. C'est le cas de Rio Tinto, qui poursuit le développement de la mine de fer du Simandou, en Guinée, mais aussi de Vale, qui a démarré, en mai 2011, son exploitation de charbon de Moatize, au Mozambique, fonctionnant à pleine cadence depuis 2014 avec la mise en place d'un corridor logistique optimisé. Et ce en dépit de cours du fer et du charbon déprimés.

 

Dans cette conjoncture incertaine pour les miniers, petits ou grands, l'analyse des risques politiques et logistiques est passée au premier plan. Du coup, l'attitude des investisseurs varie énormément d'un pays à l'autre. Pour s'en rendre compte, il suffit de noter le contraste entre la Côte d'Ivoire, où le secteur extractif est encore embryonnaire, et l'Afrique du Sud, première puissance minière du continent. Dans la nation Arc-en-Ciel, AngloGold et Anglo American, pourtant nés dans le pays, ont adopté une position extrêmement frileuse du fait de différends sociaux et fiscaux avec les syndicats et le gouvernement, mais aussi de leurs inquiétudes sur leur approvisionnement en électricité. Ils préfèrent lancer de nouveaux projets ailleurs sur le continent et dans d'autres pays émergents, notamment en Amérique latine.

  

Dans cette conjoncture incertaine pour les miniers l'analyse des risques politiques et logistiques est passée au premier plan. A contrario, les investissements à destination de la lagune Ébrié sont, eux, en nette progression. En témoigne l'entrée en production en janvier 2014 de la quatrième mine d'or ivoirienne, à Agbaou, gérée par le canadien Endeavour Mining, qui produit chaque année 3 tonnes du métal précieux. Le bon état des infrastructures du pays et sa législation ont séduit les dirigeants de groupes miniers, tel Mark Bristow, le patron de Randgold, dont l'entreprise gère la mine de Tongon. "Le gouvernement ivoirien a su écouter les investisseurs en renonçant à mettre en place un système fiscal trop contraignant tant que les projets n'avaient pas démarré. Et aujourd'hui, le pays a l'un des codes miniers les plus attractifs du continent !" se félicite le Sud-Africain, qui détient également plusieurs licences d'exploration aurifère en Côte d'Ivoire, alors qu'il n'investit plus dans son pays natal.

  

Autre territoire qui séduit : l'Éthiopie, appréciée des juniors minières pour ses réserves de potasse, de platine et d'or... et pour les encouragements fiscaux du gouvernement, qui souhaite tripler les revenus miniers du pays d'ici à 2024 (actuellement de 600 millions de dollars par an, soit 518 millions d'euros). Depuis 1992, Addis-Abeba a accordé pas moins de 209 licences. Il vient d'en révoquer 56 fin 2014, arrivées à échéance, qui seront à nouveau proposées aux investisseurs.

 

  

Climat politique

La RD Congo et la Zambie sont deux pays où les investisseurs hésitent, là encore principalement pour des raisons politiques et logistiques. Les groupes miniers ne peuvent passer outre les réserves faramineuses de cuivre de la RD Congo - Glencore et Freeport McMoRan y ont dopé leur production en 2014 - malgré sa piètre réputation en matière de gouvernance. Ils s'intéressent aussi aux gisements de coltan (le Kivu en détient 70 % des réserves mondiales) et de cassitérite (dont on tire l'étain), deux filières qui pourraient se développer si elles se structuraient, mais qui ont fait l'objet de trafics par des groupes armés.

 

Le volume des investissements miniers dans le pays dépendra essentiellement du climat politique à l'approche des élections présidentielles de 2016, mais aussi de la disponibilité en électricité, notamment au Katanga, ce qui handicape les industriels qui veulent augmenter leurs cadences. À Lusaka, la mort du président zambien Michael Sata pourrait changer la donne en profondeur pour les groupes miniers. Quand il était au pouvoir, le chef de l'État avait augmenté les royalties, relevé la TVA sur les produits miniers et aboli la plupart des exemptions fiscales exceptionnelles.

"Au moment du décès du président, en octobre 2014, Glencore et l'indien Vedanta étaient vent debout contre ces mesures, menaçant de suspendre leurs investissements dans le pays. Aujourd'hui, ils s'activent en coulisses pour que les candidats en lice reviennent sur ces dispositions", note Marc Guéniat, enquêteur pour l'ONG suisse La Déclaration de Berne, fin connaisseur du pays.

 

 


Opportunités

Ailleurs sur le continent, des reventes de projets miniers en difficulté à cause de la baisse des cours pourraient se multiplier, ce qui les relancerait. L'homme d'affaires australo-­roumain Frank Timis, qui s'est constitué un véritable empire dans le fer en Afrique de l'Ouest, a ainsi racheté la mine sierra-léonaise de Marampa à London Mining, placé en redressement judiciaire. Il devrait l'adosser à son exploitation de Tonkolili, également en Sierra Leone, pour réaliser des économies d'échelle.

Randgold, l'un des rares groupes aurifères encore en bonne santé financière, indique aussi être à l'affût d'opportunités, attendant que de bons projets soient mis en vente à prix cassés. Et des groupes indiens sont également en quête de gisements africains : Rio Tinto, qui avait acquis à prix d'or - 3,9 milliards de dollars - une participation dans des mines de charbon au Mozambique, non rentable en raison d'une logistique inopérante, a fini par revendre une partie de ces actifs à International Coal Ventures, une société appuyée par New Delhi, pour 50 millions de dollars...

  

"Quand les cours des minerais sont au plus bas, c'est le moment d'acheter !" rappelle un banquier d'affaires londonien. Selon lui, plusieurs capital-risqueurs, comme Mick Davis, l'ancien directeur général de Xstrata (désormais absorbé par Glencore), appuyés par des compagnies et fonds indiens et japonais étudient attentivement les opportunités africaines. "Mick est en chasse en Afrique, mais il aura des compétiteurs féroces : les Indiens ont des portefeuilles bien garnis", conclut le banquier. Les plus importants acteurs du secteur sur le continent - Anglo American, Rio Tinto et Vale - confirment le développement de leurs grands projets africains

 

mercredi 11 février 2015 / Par Honoré Banda,Christophe Le Bec

 

http://economie.jeuneafrique.com/dossiers-2/573-mines--cest-le-moment-dinvestir-en-afrique-/23972-mines-cest-le-moment-dinvestir-en-afrique-.html


 


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