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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

DOSSIERS (Textes pdf et autres)


Publié le 04/04/2014 à 17:20:53
QUATRIEME SOMMET UE-AFRIQUE 2-3 AVRIL 2014, BRUXELLES DÉCLARATION




Introduction 
1.  Nous, Chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne (UE) et de l'Afrique, Président du Conseil européen, Président de la Commission européenne, Présidentde l'Union africaine (UA) et Présidente de la Commission de l'Union africaine (CUA), nous nous sommes réunis les 2 et 3 avril  2014  à  Bruxelles.  Nous  avons  choisi  pour  thème  "Investir  dans  les  populations,  la prospérité et la paix", l'objectif étant de relever desdéfis communs et d'apporter des avantages concrets à nos citoyens, conformément à notre Stratégie conjointe  Afrique-Union européenne. Conscients de la forte interdépendance entre l'Afrique et l'Europe, guidés par les principes que nous  partageons  de  partenariat  d'égal  à  égal  et  de  responsabilité  commune,  nous  sommes particulièrement fiers de l'étendue et de la profondeur de notrepartenariat, qui est profondément ancré dans les valeurs partagées de la démocratie, du respectdes droits de l’homme, d'Etat de droit, de bonne gouvernance, ainsi que du droit au développement. 
2.  Nous réaffirmons notre attachement aux objectifs définis dans la Stratégie conjointe Afrique-UE adoptée lors de notre Sommet de Lisbonne en 2007. Nous prenons acte des  progrès bien réels qui ont été accomplis, y compris dans la déclaration de Tripoli adoptée lors de notre troisième Sommet en 2010, et réaffirmons notre détermination à donner un nouvel élan à notre partenariat. Nous convenons de mobiliser des ressources à cette fin. 
3.  Depuis 2010, des événements importants se sont produits sur nos deux continents. 
4.  L'Afrique  a  accompli  des  progrès  significatifs  dans  les  domaines  de  la  démocratie,  de  la gouvernance  et  des  droits  de  l’homme  qui  restent  cependant  à  consolider.  Elle  a  connu  une importante  croissance  économique :  de  plus  en  plus  de  pays  atteignent  un statut  de  pays  à revenu  intermédiaire  et  attirent  toujours  plus  d’investissements  étrangers.  Toutefois,  cette croissance n'a pas été suffisamment inclusive et reste inégale, que ce soit d'un pays à l'autre ou au sein des pays mêmes. Le continent continue à faire face à d'importants défis. L'Afrique  célèbre  le  cinquantième  anniversaire  de  l'Organisation  de  l'Unité  africaine/Union africaine.  L'occasion  existe  d'effectuer  une  transformation  au  niveau  continental,  régional  et national  qui  permettra  à  l'Afrique  de  réaliser  son  potentiel,  de  réussir  son  intégration économique de manière durable, comme le prévoit le plan stratégique de la CUA 2014-2017 et l'Agenda africain de Transformation 2063. Ceci devra permettre àl'Afrique de devenir un acteur essentiel sur la scène mondiale.
5.  L'économie de l'UE a subi une récession, mais elle a reprisle chemin de la croissance en 2013. La création d'emplois restera un défi majeur et une priorité importante, en particulier pour offrir des  possibilités  d'emploi  aux  jeunes.  L'UE  a  accompli  des  progrès  importants  dans  le renforcement de l'architecture de son Union économique et monétaire, l'approfondissement de son  marché  unique,  la mise  en  œuvre  du  traité  de  Lisbonne  et  l'adoption  de  réformes structurelles  par  ses  États  membres,  afin  de  poser  les  jalons  d'une  croissance  intelligente, durable et inclusive et aussi pour réglementer le secteur financier. 
6.  Nous  sommes  convaincus  que  la  croissance  sur  nos  deux  continents  sera  mutuellement bénéfique: nos économies restent étroitement liées et nous ferons en sorte que la croissance de l'une  contribuera  à  celle  de  l'autre.  Nous  sommes  également  convaincus  que  le  commerce  et l'investissement, ainsi qu'une intégration économique plus étroite sur chacun de nos continents permettra d'accélérer cette croissance. 
7.  Les  populations  doivent  rester  au  cœur  de  notre  partenariat;  aussi  nous  engageons-nous aujourd'hui à leur offrir les possibilités dont elles ont besoin.  Nous pourrons relever ces défis avec plus d'efficacité si nous agissons ensemble, dans l'intérêt de nos citoyens: telle est l'essence de  notre  partenariat.  Notre  programme  commun  aura  pour  raison  d'être  les  populations,  ainsi que la prospérité, la paix et la sécurité.
Paix et sécurité

8.  Sans la paix et la sécurité, il ne saurait y avoir de développement ni de prospérité. En Afrique et en  Europe,  les  conflits  et  l'instabilité  peuvent  ruiner  tous  les efforts  que  nous  faisons  pour réduire la pauvreté et accélérer la croissance. Nous nous engageons à garantir un environnement transparent, démocratique, responsable, pacifique pour ceux que nous représentons et à défendre nos valeurs et objectifs communs dans la poursuite de la bonne gouvernance, de la démocratie et de l'Etat de droit. Nous nous engageons à adopter et à respecter tous les droits et les principes énoncés dans les traités et chartes que nous avons respectivement signés -et ratifiés- et à œuvrer ensemble pour le respect de l'exigence de justice de nos peuples, de réconciliation, de respect du droit international, des droits de l'homme, d'égalité des sexes et de dignité. 
9.  Nous réaffirmons notre attachement à la paix et sécurité sur nos deux continents en conformité avec les buts et principes de la Charte des Nations Unies. 
10. Nous confirmons notre rejet de l'impunité et réaffirmons notre engagement à lutter contre celleci, au niveau national et international. Nous nous engageons à renforcer le dialoguepolitique sur la  justice  pénale  internationale  y  compris  la  question  de  la  juridiction  universelle,  dans  les instances convenues entre les deux parties. 
11.  Nous  soutenons  fermement  la  vocation  et  l'engagement  africain  à  assurer  paix,  sécurité  et stabilité en Afrique dans le cadre de l'Architecture africaine pour la Paix et la sécurité (AAPS). En vue de renforcer les capacités africaines à prévoir et à prévenir ou répondre aux crises, nous nous  engageons  à  opérationnaliser  la  Force  africaine  en  attente  et  à  reconnaître  la  Capacité Africaine  de  Réponse  Immédiate  aux  Crises  (CARIC)  comme  un  dispositif  transitoire  et complémentaire  à  la  Force  africaine  en  attente,  en  vue  de  renforcer  d'avantage  la  capacité  de l'UA à répondre rapidement aux crises, ainsi que de renforcer le soutien au Système continental d'Alerte précoce. Nous apprécions le progrès accomplit dans le  renforcement des capacités de l'UA et des organisations régionales dans la gestion des crises  sur le continent. Nous saluons le déploiement de missions de soutien à la paix par l'UA au Darfour (Soudan), en Somalie, au Mali et en République Centrafricaine, ainsi que les efforts collectifs visant à réduire les conflits dans la région des Grands Lacs et au Soudan du Sud. Nous rendons hommage à ceux  qui ont perdus leur vies dans la lutte pour préserver la paix ou ceux qui ont souffert en tant que victimes de ces conflits. 
12.  Nous convenons de soutenir ces efforts visant à renforcer les capacités africaines en matière de paix et sécurité à travers l'ensemble des moyens à notre  disposition, en mettant l'accent sur le développement  des  capacités.  Cela  devra  permettre  aux  partenaires  africains  comme  par exemple  l'UA,  les  organisations  régionales  et  des  pays  individuels,  de  mieux  assurer  paix  et sécurité dans leurs régions respectives. La Facilité de Paix pour l'Afrique a joué un rôle crucial dans le soutien apporté aux missions de l'UA et à l'AAPS, c'est pourquoi nous nous accordons à maintenir  le  niveau  de  ressources  disponibles  à  cet  instrument  et d'étudier  les  possibilités  de réorienter ses objectifs, tout en le complétant à travers des ressources africaines. Conformément à  son  approche  globale  pour  gérer  les  crises  et  leurs  causes,  et  prenant  en  compte  les expériences  des  missions  et  opérations  Politique  de  sécurité  et  défense  commune  (PSDC) comme  celles  au  Mali,  au  Niger,  en  République  démocratique  du  Congo,  en  Somalie  et  en République centrafricaine, l'UE  réaffirme son  engagement  à  travailler en étroite  collaboration avec l'Afrique dans le cadre de l'AAPS en soutien aux opérations  africaines de maintien de la paix et plus généralement en appui aux efforts africains dans des domaines comme la réforme des secteurs de sécurité, la gestion des frontières, la consolidation de la paix, la reconstruction post-conflit ou la réconciliation, en fournissant du conseil, mentorat et formation. En outre, la fourniture d'équipements est une option soit en tant qu'action complémentaire aux missions et opérations PSDC soit comme mesure autonome. 
13. Nous  nous  engageons  à  renforcer  nos  efforts  communs  pour  lutter  contre  le terrorisme international, ses menaces connexes et la criminalité transnationale organisée, y compris la traite des êtres humains, le trafic d'espèces sauvages, de ressources naturelles et le trafic de drogue. 
14.  Nous restons déterminés à combattre la dissémination d'armes légères et de petit calibre, ainsi que la prolifération des armes de destruction massive. 
15. Nous continuerons à travailler ensemble pour lutter contre la pêche illégale et le déversement de déchets toxiques. 
16.  Nous nous engageons à coopérer plus étroitement afin de prévenir les crises et convenons par ailleurs  de  l'importance  de  s'attaquer  aux  racines  de  l'instabilité,  de  la  fragilité  et  des  conflits pour  éviter  leur  résurgence  et  accélérer  le  redressement  durable.  conformément  au  Dialogue international sur la consolidation de la paix et le renforcement  de l'Etat ainsi qu'aux initiatives de  l'UA  dans  ces  domaines.  Nous  soutenons  la  reconstruction  de  la  paix post-conflit  afin  de garantir qu'après chaque conflit des efforts soient entrepris pour que les populations bénéficient des dividendes de la paix. 
17. Nous  soulignons  l'importance  d'intégrer  tous  les  aspects  du  cycle du  conflit,  des  actions préventives  à  la  reconstruction  post-conflit  et  de  développement.  Nous nous  accordons  sur  le fait que la justice et la réconciliation nationale inclusive sont  cruciales pour une paix durable et nous  nous  engageons  à  soutenir  les  efforts  des  partenaires  africains et  des  organisations régionales à cet effet. 
18.  Nous réaffirmons notre  volonté de protéger les femmes et les enfants touchés par les conflits armés, de prévenir les violences sexuelles qui affectent en particulier les femmes et les enfants et de promouvoir les politiques d'égalité entre hommes et femmesdans la prévention, la gestion et  la  résolution  des  conflits  et  des  crises  et  lors  de  toutes  les  étapes  du  processus  de consolidation  de  la  paix,  conformément  à  la  Résolution  du  Conseil  de  Sécurité  des  Nations Unies 1325. 
19.  Nous  sommes  conscients  qu'il  importe  tout  particulièrement  de  lutter  contre  les  menaces croissantes  qui  pèsent  sur  la  sécurité  maritime,  incluant  la piraterie.  Nous  reconnaissons  les efforts  internationaux  déployés  au  large  des  côtes  de  la  Corne de  l'Afrique,  parmi  lesquels l'opération  navale  de  l'UE  ATALANTA  joue  un  rôle  essentiel.  A  cet  égard,  nous  nous accordons à reconnaître qu'il importe de mettre également l'accent sur la lutte contre la pauvreté et  le  sous-développement  en  tant  que  causes  possibles  de  la  piraterie.  De  plus,  nous  nous sommes  engagés  à  travailler  ensemble  pour  soutenir  la  constitution  de  capacités  locales maritimes  et  judiciaires  en  mesure  de  faire  face  à  ces  menaces,  conformément  à  la  stratégie maritime africaine intégrée 2050 et à la politique maritime intégrée de l’UE, à travers la mission PSDC EUCAP NESTOR et le renforcement de la coopération sousrégionale à la fois dans la Corne  de  l'Afrique  et  dans  le  Golfe  de  Guinée,  afin  de  parvenir  à  des  résultats  concrets. L’Afrique  et  l’UE  reconnaissent  et  encouragent  les  initiatives  prises  par  les  Etats  africains riverains de l’Atlantique en vue de promouvoir la paix et la sécurité dans cet espace. 
20.  Dans  la  lutte  contre  ces  menaces  pour  la  paix  et  la  sécurité  sur  nos  deux  continents,  nous sommes conscients qu'il est d'une importance capitale que la communauté internationale agisse de concert. Par conséquent, nous réaffirmons que nous sommes déterminés à  faire en sorte que les  institutions  multilatérales  et  les  régimes  prévus  par  les  traités  constituent  les  principaux cadres de la coopération internationale dans le domaine de la paix et de la sécurité. Une clé du succès réside dans une coopération étroite entre nous, ainsi qu'avec les organisations régionales et  sous  régionales  concernées,  avec  l'ONU  et  ses  agences  et avec  d'autres  mécanismes internationaux de coordination, comme le groupe de travail "G8++ Africa Clearing House". 
21. Nous nous engageons à relever les menaces à la paix et la sécurité dans des domaines tels que le changement climatique, l'eau, l'énergie et la cyber sécurité qui ont une influence grandissante sur le développement économique et social. 
22. De  plus,  nous  reconnaissons  le  besoin  de  poursuivre  la  réforme  des  principaux  organes  des Nations  Unies  afin  de  rendre  le  système  de  l'ONU  dans  son  ensemble  plus  efficient  et transparent  et  l'adapter  aux  changements  substantiels  intervenus  au  sein  de  la  communauté internationale et pour les Membres des Nations unies. 
Prospérité 
23. Nous nous engageons à mener des politiques, en associant les partenaires sociaux, qui créeront des emplois et qui stimuleront une croissance compatible avec laprotection de l'environnement, inclusive, durable et de long terme sur les deux continents. 
24.  En  Afrique,  ces  politiques  doivent  promouvoir  la  transformation  économique  basée  sur l'agriculture, la croissance verte, l'industrialisation, l'apport de valeur ajoutée, le développement d'infrastructures  économiques  et  le  secteur  des  services.  Nous  soulignons  l’importance  de  la bonne gouvernance au plus haut niveau et d'un environnement international favorable, incluant les  institutions  économiques  et  financières  internationales,  comme  éléments  contribuant  à  un développement et une croissance économique inclusifs et durables. 
25. Nous coopérerons plus étroitement dans le domaine de la politique maritime, spécialement la croissance  bleue,  la  protection  de  l'environnement  et  de  la  biodiversité  marins,  le  transport maritime et de la sécurité et de la sûreté maritime. 
26.  L'UE  et  l'Afrique  sont  déterminées  à  adopter,  à  Paris  en  2015,  un  accord  juste,  équitable  et juridiquement contraignant dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le changement climatique et guidé par ses principes qui s'appliquera à toutes les parties et entrera en vigueur en 2020 au plus tard. Cet accord devrait avoir une portée plus universelleet plus efficiente pour produire des résultats en termes d'atténuation, d'adaptation, de financement, de mise au point et de  transfert  de  technologies,  de  transparence  des  mesures  ainsi  que  de  soutien  et  de renforcement des capacités. L'UE et l'Afrique s'engagent à initier ou intensifier leurs préparatifs domestiques  pour  leurs  contributions  prévues  et  déterminées  au  niveau  national  en  vue d'atteindre l'objectif ultime de la Convention et de les communiquer suffisamment en amont de la 21ieme session de la Conférence des Parties pour le premier trimestre 2015, pour les parties prêtes à le faire. L'UE est déterminée à soutenir l'Afrique a cet égard. 
27. L'UE  reconnait  que  les  pays  développés  devraient  continuer  à  mobiliser  des  financements publics  à  des  niveaux  croissants  depuis  la  période  de  financement  du  démarrage  rapide conformément  à  leur  engagement  conjoint  de  mobiliser  100  milliards  de  dollars  par  an  à l'horizon  2020  à  partir  d'une  large  variété  de  sources  de  financement,  publiques  et  privées, bilatérales et multilatérales, y compris de sources alternatives, dans le contexte de l'adaptation et de l'atténuation, et de la transparence dans la mise en œuvre. 
28.  L'UE continuera à soutenir les pays africains à préparer desstratégies nationales et régionales pour  un  développement  résilient  au  changement  climatique  et  sobre  en  émissions  de  carbone afin de renforcer la résilience de leurs économies au changementclimatique, en particulier dans des  secteurs  comme  l'agriculture  et  l'accès  aux  énergies  durables  et  renouvelables  dans  le contexte de l'initiative des Nations Unies "Energie durable pour tous". 
29. Nous reconnaissons la vulnérabilité et les défis spécifiques auxquels sont confrontés les petits Etats insulaires en voie de développement (SIDS) dont certains sonten Afrique. Nous prenons note  de  la  tenue  prochaine  de  la  Conférence  internationale  organisée  en  leur  faveur  par  les Nations Unies à Samoa et nous œuvrerons ensemble pour qu'elle soit une réussite. 
30.  Nous  reconnaissons  que  les  investissements  dans  la  recherche,  la  science,  la  technologie  et l'innovation  sont  fondamentaux  pour  atteindre  ces  objectifs  en  particulier  et  pour  le développement  durable  de  nos  sociétés  en  général.  Avec  cette  préoccupation  à  l'esprit,  nous saluons le Dialogue politique de haut niveau sur la science, la technologie et l'innovation, entre nos deux continents. 
31. Nous  voulons  assurer  une  croissance  intérieure  forte  et  utiliser  efficacement  nos  ressources respectives,  afin  que  nos  populations  tirent  parti  de  la  mondialisation  économique.  La transformation  du  secteur  agricole,  qui  vise  à  améliorer  la  résilience  alimentaire,  la  sécurité alimentaire  et  nutritionnelle  et  le  dynamisme  du  secteur  commercial  revêtent  une  importance particulière pour l'Afrique. A cette fin, nous convenons de soutenir le  Programme détaillé du développement de l'agriculture africaine (PDDAA) dans le cadre du NEPAD, dont l'objectif est notamment d'atteindre un taux de croissance supérieur en développantun marché des produits agricoles qui fonctionne mieux et en assurant plus de sécurité alimentaire pour la région. Nous prenons note de l’évolution de la Politique agricole commune de l’UE et  nous œuvrerons à la réalisation  d’avancées  en  matière  de  cohérence  avec  les  objectifs  de  développement  de l’agriculture en Afrique. 
32. Des  mesures  proactives  seront  nécessaires  pour  remédier  aux  problèmes  que  constituent  la dégradation  des  sols,  la  désertification  et  la  sécheresse,  qui  touchent  de  nombreuses  régions d'Afrique.  Nous  prenons  note  de  la  signature  d'un  accord  de  coopération  par  les  deux Commissions  sur  l'utilisation  de  la  science  et  technologie  européenne  de  l'espace  afin  de surveiller les écosystèmes, à travers l’initiative "Surveillance Mondiale pour l'Environnement et de la Sécurité (GMES) et l’Afrique". 
33.  Nous reconnaissons que préserver les emplois existants et en créer de nouveaux, en particulier dans  le  secteur  manufacturier,  est  une  haute  priorité  sur  les  deux  continents.  Une industrialisation plus rapide et la modernisation du secteur des entreprises sont essentielles pour beaucoup de pays africains pour lesquels la création de valeurajoutée par la transformation à la base des matières premières est inter-alia catalyseurde développement industriel et nécessaire pour atteindre un niveau de revenu intermédiaire. Nous nous engageons à assurer une gestion prudente  et  transparente  de  nos  ressources  naturelles  respectives  dans  l’intérêt  de  nos populations  en  particulier  dans  les  zones  de  conflit  et  dans  le  respect  des  principes  de  bonne gouvernance.  L'UE  rappelle  son  approche  en  matière  d'approvisionnement  responsable  en minerais et propose un dialogue sur ces questions.  Afin de compléter les politiques africaines dans les domaines susmentionnés, l'UE rappelle son approche en matière d'approvisionnement responsable en minerais et propose un dialogue sur ces questions. 
34.  Nous continuerons notre coopération pour préserver la biodiversité  et  les écosystèmes sur les deux continents. 
35. Nous  prêtons  une  attention  particulière  aux  moyens  de  favoriser  un  accroissement  des investissements  au  sein  de  nos  pays,  entre  nos  deux  continents  et  en  provenance  du  reste  du monde.  Il  y  a  un  besoin  d'améliorer  le  climat  des  affaires  pour le  rendre  plus  favorable  pour attirer  les  investisseurs  nationaux  et  étrangers,  ainsi  que  pour  les  entreprises  existantes,  y compris  les  petites  et  moyennes  entreprises  (PME),  qui  jouent  un  rôle  particulièrement important pour la création d'emplois. L'accès au crédit abordable, la stabilité de l'environnement politique,  juridique  et  réglementaire,  et  des  marchés  du  travail  respectant  les  normes internationales du travail constituent autant de facteurs importants dans tous nos pays. Il en va de même de la responsabilité sociale des entreprises et du renforcement de la transparence dans le secteur financier, qui doivent faciliter la lutte contre la corruption et contre les flux financiers illicites, y compris par la mise en place de systèmes fiscaux équitables et efficaces. 
36.  Afin de rendre possibles les économies d'échelle nécessaires pour stimuler l'investissement et la croissance,  nous  réaffirmons  notre  conviction  profonde  qu'une  intégration  économique  plus poussée est nécessaire. A cette fin, les éléments importantscomprennent le développement des capacités de production et d'approvisionnement pour profiter d'un commerce plus équitable et ouvert,  le  développement  des  marchés  pour  le  faciliter  et  mettre  en  place  l'infrastructure nécessaire  et  les  réformes  de  gouvernance  pour  que  les  investissements  portent  leurs  fruits. Nous attendons du secteur privé, en partenariat avec les gouvernements, de jouer un rôle plus important dans la croissance et le développement.
37. Dans  la  perspective  d'une  intégration  économique  plus  poussée,  nous  allons  coopérer  pour développer les transports, l’accès à l’eau potable et l'accès à l'énergie durable et financièrement accessible,  en  mettant  l'accent  en  particulier  sur  les  énergies  renouvelables  et  l'efficacité énergétique.  Nous  reconnaissons  l’importance  stratégique  de  promouvoir  les  interconnexions dans les domaines de l’énergie et du transport entre les deux continents. 
38.  Nous sommes également conscients de l'importance et du rôle stratégique des infrastructures "virtuelles"  que  permettent  de  développer  les  nouvelles  technologies de  l'information  et  de  la communication (TIC), en particulier de l'internet. Nous convenons de promouvoir davantage les TIC et l'édification d'une société de l'information, inclusive, ouverte et sûre qui contribue à la croissance,  au  développement  et  à  la  pleine  jouissance  des  droits  de  l'homme.  Nous reconnaissons  l'importance  de  la  protection  et  la  promotion  des  droits  de  l'homme  en  ligne conformément à la Déclaration universelle des droits de l'homme et des traités internationaux des  droits  de  l'homme  pertinents  y  compris  le  Pacte  international  relatif  aux  droits  civils  et politiques et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. 
39. Nous nous engageons pleinement pour le succès de l’adoption du Programmede Doha pour le Développement et la préparation du programme de travail post Bali de l’Organisation mondiale du  commerce  (OMC)  qui  contribue  à  une  meilleure  intégration  des  pays  en  voie  de développement  dans  le  système  commercial  multilatéral.  Nous  prendrons  toutes  les  mesures nécessaires pour la mise en œuvre de l’engagement conformément  aux mandats respectifs sur les  questions  des  pays  en  voie  de  développement.  L’UE  reste  déterminée  à  soutenir  les  pays africains engagés dans le processus d’adhésion à l'OMC et nous sommes attachés à mettre en œuvre de l’accord OMC de facilitation des échanges. 
40. L’UE assure de son appui à la décision de l'UA de rapidement créer en Afrique une zone de libre-échange à l'échelle continentale, et propose de mettre à profit l'expérience qu'elle a tirée de la  création  du  marché  unique  pour  renforcer  les  capacités  nécessaires  à  cette  initiative.  Nous continuerons  à  travailler  en  vue  des  Accords  de  Partenariat  Economique  (APE)  qui  doivent soutenir les efforts d’intégration commerciale intra africaine  et régionale et en vue de la zone continentale de libre-échange prévue. Dans ce  contexte, les deux  parties devraient poursuivre leurs négociations sur les APE en utilisant toutes les possibilités de conclure des APE orientés vers  le  développement  et  compatibles  avec  l’OMC,  qui  soutiennent l’intégration  africaine,  la transformation économique et l’industrialisation et assurent la prospérité des nations au bénéfice des deux continents. Il est important que l'Afrique et l'Europe sedotent d'industries compétitives sur  le  plan  international  capables  de  réussir  sur  les  marchés  mondialisés  d'aujourd'hui  et contribuant  à  un  développement  durable.  Les  APE  devront  être  structurés  pour  contribuer  à dynamiser  les  échanges  commerciaux  réciproques  et  soutenir  la  croissance  des  échanges commerciaux internes à l'Afrique. 
41. L’UE  et  les  pays  d’Afrique  du  nord  concernés  s’engagent  également  à  poursuivre  les négociations  d’accords  de  zone  de  libre-échange  complète  et  approfondie  qui  permettront d’améliorer l’accès aux marchés dans des domaines pas encore complètement ouverts. 
42.  Nous  explorerons  les  modalités  pour  assurer  un  échange  d’information  sur  la  mise  en  œuvre d’accords commerciaux et leurs implications pour l’agenda africain d’intégration régionale et de développement industriel. 
43. Le moment est venu d'opérer un changement fondamental et de privilégier à l'aide, le commerce et  l'investissement,  comme  moyens  de  réduire  la  pauvreté  et  de favoriser  la  croissance  et l'emploi. Cela étant, l'aide au développement n'en perd pas pourautant toute son utilité, bien au contraire,  et  nous  prenons  acte  de  la  décision  de  l'UE  de  maintenir  le  niveau  de  son  aide  au développement  et  notamment  l'aide  pour  le  commerce.  Nous  nous  engageons  à travailler  de concert pour rendre l'aide au développement plus efficace. 
44.  Nous reconnaissons pleinement la contribution positive apportée à nos débats dans le cadre du forum des affaires UE-Afrique qui s'est tenu en marge de notre Sommet. En conséquence, nous soutenons  la  collaboration  sur  une  base  régulière  entre  les  secteurs  privés  de  nos  deux continents. 
Populations 
45.  Défendre  les  droits  de  l'homme  en  Afrique  et  en  Europe  constitue  notre  devoir  et  nous travaillerons ensemble afin que l'année africaine des droits de  l'homme en 2016 soit un succès. Conscients que la vision de l'UA est "la réalisation d'une Afriqueintégrée, prospère et en paix, soutenue  par  ses  propres  citoyens  et  représentant  une  force  dynamique  au  niveau  global"  et prenant  également  en  considération  les  dynamiques  nationales  propres  à  chacun  des  pays africains,  nous  intensifierons  notre  coopération  pour  soutenir  les  droits  internationaux humanitaire  et  des  droits  de  l'homme.  Nous  organiserons  des  consultations  régulières  sur  les droits  civiques,  politiques,  économiques,  sociaux  et  culturels.  Nous  attacherons  une  attention particulière  à  l'égalité  des  genres  et  aux  droits  des  groupes  les  plus  vulnérables  dont  les personnes handicapées, les personnes âgées et les refugiés, ainsi qu'aux droits des femmes, des jeunes et des enfants. 
46.  Dans  le  cadre  de  notre  coopération  culturelle,  nous  nous  engageons  à  poursuivre  nos  efforts dans la lutte contre le  commerce illicite de biens culturelset à œuvrer pour la protection des archives nationales. 
47.  Nous nous engageons à poursuivre nos efforts pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement d’ici l’année prochaine (2015). Nous sommes convaincus que l’agenda pour le développement  pour  l’après-2015  fournit  une  opportunité  unique  de  réaliser  notre  vision commune  d’un  monde  en  paix,  juste  et  équitable,  exempt  de  pauvreté  et  respectueux  de l'environnement.  Nous  travaillerons  en  partenariat  durant  les  négociations  à  venir,  afin  de soutenir l’élaboration et la mise en œuvre d'un agenda pour le développement pour l’après-2015 qui soit ambitieux, inclusif et universel, et qui devrait renforcerl’engagement de la communauté internationale  en  faveur  de  l’éradication  de  la  pauvreté  et  du  développement  durable.  Nous soulignons  qu’il  est  nécessaire  d’adopter  une  approche  cohérente  qui englobe  les  trois dimensions  du  développement  durable  –  sociale,  économique  et  environnementale  –  d’une manière  plus  équilibrée  et  intégrée  basée  sur  la  paix  et  la  sécurité  et  des  institutions démocratiques, réactives et responsables. Dans l’esprit de notrepartenariat, nous continuerons à coopérer étroitement dans ce domaine.
48.  Chacun devrait pouvoir jouir de la dignité que confère le travail. Nous  insistons sur le fait que des  emplois  assortis  de  droits  du  travail,  d'une  sécurité  sociale  et  avec  des  rémunérations décentes contribuent à une croissance plus stable, renforcent la  cohésion sociale et réduisent la pauvreté. Nous avons pour objectif de libérer le potentiel d'entreprise de nos populations, avec un  accent  particulier  sur  les  femmes  et  les  jeunes,  et  de  favoriser  l'innovation  dans  leurs entreprises, au bénéfice de leur propre développement, ainsi que de celui de leurs communautés et  de  l'économie  toute  entière.  Nous  confirmons  que,  comme  affirmé  ci-dessus,  ces  objectifs seront  atteints  en  investissant  dans  la  recherche,  la  science,  la  technologie  et  l’innovation,  et nous nous engageons à soutenir la coopération dans ces domaines. 
49. Nous  nous  engageons  à  faire  en  sorte  que  nos  citoyens  acquièrent  dans  toute  la  mesure  du possible les connaissances et les qualifications requises et bénéficient des services nécessaires pour tirer parti des possibilités qu'offre la croissance et  aider ceux qui en ont le plus besoin à sortir  de  la  pauvreté.  À  cette  fin,  nous  mènerons  des  politiques  qui  favoriseront  la  création d'emplois  ouverts  à  tous,  une  attention  particulière  étant  portée  aux  jeunes  et  aux  femmes,  y compris au moyen de l'enseignement et de la formation professionnels. 
50.  L'enseignement supérieur a un rôle particulièrement importantà jouer pour renforcer les valeurs démocratiques et citoyennes et doter un pays des travailleurs, des cadres et des administrateurs compétents  dont  il  a  besoin  pour  favoriser  le  développement  durable,  le  commerce  et  les investissements nécessaires. Nous sommes convenus d'encourager les programmes d'échanges d'étudiants entre nos deux continents et à l'intérieur de l'Afrique. 
51.  Proposer  des  soins  de  santé  abordables,  durables  et  de  qualité  qui soient  accessibles  à  tous, y compris  pour  ce  qui  est  de  l'accès  aux  médicaments,  constitue  un  enjeu  particulier.  Nous sommes convenus de nous y attacher, en intensifiant la coopération bi- et multilatérale existante, qui met l'accent nécessaire sur, entre autre, le développement des capacités productives, et en particulier la responsabilisation des jeunes, des femmes et l'égalité des genres, l'éradication de la pauvreté, l'éducation pour développer le  capital  humain et l'accès équitable et universel à des systèmes de santé de qualité. 
52. La  migration,  la  mobilité  et  l’emploi  constituent  pour  toutes  les  parties  une  question  clé. L'impact  humain  et  social  de  la  migration  irrégulière  devrait  être  contrecarré  efficacement  de manière  globale,  y  compris  en  s'attaquant  aux  racines  du  phénomène  et  en  s'assurant,  entre autres  moyens,  d'une  politique  de  retours  efficace  et  concertée entre  les  pays  d’origine,  de transit et de destination. 
53. Nous  sommes  consternés  par  les  pertes  en  vies  humaines  provoquées  par  la  migration irrégulière et demeurons plus que jamais déterminés à poursuivre notre action pour éviter que de telles  tragédies  ne  se  reproduisent  à  l'avenir.  Nous  réaffirmons  notre  engagement  sans équivoque à lutter contre le trafic d'êtres humains qui est une nouvelle forme d'esclavage. 
54. Nous nous engageons à assurer que les droits humains de tous les migrants y compris ceux de la diaspora  et  des  victimes  de  trafics  soient  pleinement  respectés.  Nous  reconnaissons  l'apport positif d'une migration et d'une mobilité bien gérées pour lespays d'origine, de destination et les migrants eux-mêmes. Nous travaillerons ensemble pour mobiliserle potentiel des migrants au service du développement et pour réduire les coûts des transferts de fonds, y compris à travers la consolidation de l'Institut africain sur les envois de fonds. Nous exposonsnotre approche plus en détail dans la déclaration figurant en annexe. 
55.  Nous  nous  engageons  à  combattre  toutes  les  formes  de  discrimination,  de  racisme,  de xénophobie et tous les actes d’intolérance sur les deux continents. 
56.  Nous nous engageons à unir nos efforts pour atteindre les objectifs des politiques de l'UE et de l'Afrique sur l'emploi et la protection sociale, en mettant en  particulier l'accent sur les petites et moyennes entreprises. 
57.  Nous  prenons  note  de  la  tenue  de  la  réunion  du  forum  des  organisations  de  la  société  civile d'Europe et d'Afrique en octobre 2013 et du forum de la jeunesse en avril 2014. 
Mise en œuvre 
58.  Nous avons pris acte de la portée et des avancées de notre partenariat. 
59.  Nous  réaffirmons  notre  volonté  de  tenir  régulièrement  des  réunions  de  dialogue  politique  au niveau ministériel, notamment en marge d'évènements internationaux. 
60. Nous  avons  entériné  la  Feuille  de  route  qui  définit  nos  priorités  stratégiques  et  identifie  les moyens  de  les  mettre  en  œuvre  dans  les  domaines  d'intérêt  mutuel et  avons  décidé  que  nos priorités pour la période 2014-2017 sont : 
•  Paix et sécurité •  Démocratie, bonne gouvernance et droits de l'homme •  Développement humain •  Développement et croissance durables et inclusifs et intégration continentale •  Questions globales et émergentes 
61.   Nous  poursuivrons  ensemble  l’identification  des  mécanismes  et  structures  de  travail nécessaires, en fonction de nos besoins, pour la mise en œuvre des actions agréées et l’atteinte des résultats escomptés. 
62. Nous  notons  que  la  mise  en  œuvre  des  priorités  fera  appel  à  un  large  éventail  d'initiatives politiques  et  d'instruments  de  financement.  Pour  la  période  2014-2020,  plus  de  28  milliards d'euros  seront  alloués  à  l'Afrique  par  l'UE,  auxquels  s’ajoutera la  coopération  bilatérale  des Etats membres de l’UE. 
Conclusion 
63.  Nous  convenons  de  nous  rencontrer  à  nouveau  lors  de  notre  cinquième  sommet,  en  Afrique, en 2017.


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