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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

DOSSIERS (Textes pdf et autres)


Publié le 07/02/2016 à 21:22:47
Afrique



 

AFRIQUE/ TERRORISME/ PAIX ET DEVELOPPEMENT : Le président nigérian appelle à une union mondiale contre le terrorisme

 

 

0.1 – « Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari s'est exprimé, ce mercredi 3 février, devant le Parlement européen, réuni à Strasbourg en session plénière. « Depuis mon accession au pouvoir l'année dernière, a-t-il notamment déclaré, nous avons réorganisé les forces armées du Nigeria. Nous les avons repositionnées pour qu'elles puissent affronter efficacement les terroristes de Boko Haram ». « D'ailleurs, poursuit-il, tous les secteurs qui étaient naguère sous le contrôle de Boko Haram dans les Etats d'Adamawa, de Borno et de Yobe, dans le nord-est du Nigeria, sont à nouveau sous notre contrôle. Les déplacés reviennent progressivement chez eux ».
Muhammadu Buhari l'affirme, « le gouvernement est déterminé à rebâtir les écoles, les hôpitaux et les infrastructures détruites par les terroristes. Aujourd'hui, les opérations de Boko Haram sont cantonnées à la zone de la forêt de Zambissa et leurs capacités à lancer des offensives de grande ampleur sont réduites. Boko Haram en est réduit à s'attaquer à des cibles telles que les marchés, des mosquées, des églises, et à utiliser des enfants innocents pour faire exploser des bombes artisanales ». »

 

 

 

0.2 – « La Libye, autre préoccupation du Nigeria : Enfin, le président nigérian a voulu mettre en garde la communauté internationale contre la « bombe à retardement stratégique» constituée par l'instabilité en Libye. « Le sud de la Libye, qui n'est soumis à aucune autorité, est devenu un "souk" d'armes qui menace la sécurité de la région du Sahel ainsi que la région d'Afrique du nord, et au-delà », a-t-il indiqué. « Nous devons par conséquent redoubler d'efforts pour trouver une solution durable à la crise libyenne », a encore insisté M. Buhari devant les eurodéputés. »

 

 

 

0.3 – « La Chine invite Maurice à rejoindre l'initiative "Nouvelle Route de la Soie maritime du XXIe siècle" : Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, au cours d'une visite de courtoisie au Premier ministre mauricien, Anerood Jugnauth, à Port-Louis mardi, a inivité l'île Maurice à rejoindre l'initiative chinoise "Nouvelle Route de la Soie maritime du XXIe siècle". Les discussions ont également porté sur le renforcement des relations entre la Chine et l'île Maurice, sur la perspective d'utiliser Maurice comme passerelle pour les entreprises chinoises à accéder au continent africain, comme une plate-forme pour les services financiers ainsi qu'un centre important pour la formation des ressources humaines. Wang Yi a salué le gouvernement mauricien pour avoir réussi un développement économique bien diversifié avec la création d'industries innovantes. Il s'est dit confiant que l'île Maurice est sur la bonne voie dans son ambition d'atteindre le second miracle économique grâce à la mise en œuvre de la Vision 2030 qui devrait aider le pays à atteindre le niveau d'une économie à revenu élevé. »

 

 

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1 - Boko Haram : Buhari devant le parlement européen

 

Dans le discours qu’il a prononcé mercredi à Strasbourg, le chef de l’Etat nigérian a présenté les œuvres entreprises par son gouvernement pour lutter contre le terrorisme. Le président nigérian Muhammadu Buhari s'est adressé au Parlement européen ce mercredi 3 février à Strasbourg. Dans son discours, il a remercié l'Union européenne pour son aide dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique en Afrique de l'ouest, anciennement appelé Boko Haram. Malgré les attaques meurtrières des insurgés dans le nord de son pays, il a décrit les efforts entrepris par son gouvernement, des efforts qui commenceraient à porter leurs fruits.

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari s'est exprimé, ce mercredi 3 février, devant le Parlement européen, réuni à Strasbourg en session plénière. « Depuis mon accession au pouvoir l'année dernière, a-t-il notamment déclaré, nous avons réorganisé les forces armées du Nigeria. Nous les avons repositionnées pour qu'elles puissent affronter efficacement les terroristes de Boko Haram ». « D'ailleurs, poursuit-il, tous les secteurs qui étaient naguère sous le contrôle de Boko Haram dans les Etats d'Adamawa, de Borno et de Yobe, dans le nord-est du Nigeria, sont à nouveau sous notre contrôle. Les déplacés reviennent progressivement chez eux ».

Muhammadu Buhari l'affirme, « le gouvernement est déterminé à rebâtir les écoles, les hôpitaux et les infrastructures détruites par les terroristes. Aujourd'hui, les opérations de Boko Haram sont cantonnées à la zone de la forêt de Zambissa et leurs capacités à lancer des offensives de grande ampleur sont réduites. Boko Haram en est réduit à s'attaquer à des cibles telles que les marchés, des mosquées, des églises, et à utiliser des enfants innocents pour faire exploser des bombes artisanales ».


_ La Libye, autre préoccupation du Nigeria
Enfin, le président nigérian a voulu mettre en garde la communauté internationale contre la « bombe à retardement stratégique» constituée par l'instabilité en Libye. « Le sud de la Libye, qui n'est soumis à aucune autorité, est devenu un "souk" d'armes qui menace la sécurité de la région du Sahel ainsi que la région d'Afrique du nord, et au-delà », a-t-il indiqué. « Nous devons par conséquent redoubler d'efforts pour trouver une solution durable à la crise libyenne », a encore insisté M. Buhari devant les eurodéputés.

 

General News of Thursday, 4 February 2016

 

http://www.cameroonweb.com/CameroonHomePage/NewsArchive/Boko-Haram-Buhari-devant-le-parlement-europ-en-356698

 

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2 - Boko Haram au coeur du discours du Président Buhari au Parlement Européen

 

Dans son adresse aux parlementaires européens à Strasbourg mercredi, le président nigérian a réaffirmé son engagement dans les recherches des écolières enlevées en avril 2014 au nord du Nigeria ; un enlèvement qui avait provoqué l‘émoi international. Le chef de l’Etat a appelé la communauté internationale à fournir davantage de soutien aux personnes dans la région du lac Tchad, touchée par l’insurrection du groupe terroriste depuis plus de six ans.  

 

« Tous les secteurs qui étaient naguère sous le contrôle de Boko Haram dans les Etats d’Adamawa, de Borno et de Yobe, dans le nord-est du Nigeria, sont à nouveau sous notre contrôle. Les déplacés reviennent progressivement chez eux », a précisé un Muhammadu Buhari enthousiaste. Il a par ailleurs invité l’Europe à coopérer plus activement avec le Nigeria afin d‘éradiquer la corruption et les activités criminelles.

Le leader de la première puissance économique africaine conclura sa tournée européenne par une visite à Londres ce jeudi.

 

http://fr.africanews.com/2016/02/04/boko-haram-au-coeur-de-la-tribune-du-president-buhari-au-parlement-europeen/

 

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3 - Pour le président nigérian, l'instabilité en Libye est une «bombe à retardement»

 

Le chef-d'Etat du Nigeria, Muhammadu Buhari, a mis en garde la communauté internationale contre la «bombe à retardement stratégique» que constitue l'instabilité en Libye, l'exhortant le 3 février à «trouver une solution durable à la crise libyenne».

Devant le Parlement européen réuni en session plénière à Strasbourg, le président Muhammadu Buhari a souhaité exprimer ses «graves préoccupations à propos de la situation alarmante dans le sud de la Libye» qui est en train de devenir selon lui «une bombe à retardement stratégique pour l'Afrique et l'Europe aussi». «Le Sud de la Libye, qui n'est soumis à aucune autorité, est devenu un "souk" d'armes qui menace la sécurité de la région du Sahel, ainsi que la région d'Afrique du Nord, et au-delà», a averti le président nigérian qui a appelé à «redoubler d'efforts pour trouver une solution durable à la crise libyenne».

 

Depuis la chute de Mouammar Kadafi en 2011, la Libye est plongée dans le chaos et livrée à des groupes armés. Deux de ces groupes s'y disputent le pouvoir depuis la prise de la capitale Tripoli par des milices islamistes à l'été 2014. L'Etat islamique a profité de cette instabilité pour prendre le contrôle de la ville de Syrte et de ses environs, à environ 450 km à l'est de Tripoli.

 

Le 1er février à Tobrouk (Nord-Est), le Parlement libyen reconnu par la communauté internationale a quitté le gouvernement d'union nationale qui avait été formé le 19 janvier dernier à Tunis, sous l'égide de l'ONU, par les représentants des deux parlements libyens pour mettre fin au chaos dans le pays. En décembre dernier, des négociations sous l'égide de l'ONU entre les factions libyennes rivales avaient permis la signature d'un accord pour former un gouvernement d'unité nationale.

 

Aux yeux de la communauté internationale, seul un gouvernement d'unité nationale peut constituer un interlocuteur fiable, susceptible de lutter contre Daesh et de mieux controler l'immigration à destination de l'Europe qui transite par la Libye.

L'Union européenne a promis une d'aide de 100 millions d'euros «dès le premier jour» où le gouvernement siégera, afin de l'aider à asseoir son autorité. Les 28 envisagent même des sanctions contre les responsables qui entraveraient ce processus.

 

International / 4 févr. 2016/ Avec AFP

 

https://francais.rt.com/international/15077-muhammadu-buhari-instabilite-libye

 

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4 - Le Parlement libyen rejette le gouvernement d'union nationale, selon des députés

 

Le Parlement libyen reconnu par la communauté internationale a rejeté lundi le gouvernement d'union nationale récemment formé dans le cadre de l'accord parrainé par l'ONU pour mettre fin au chaos dans ce pays, ont indiqué des députés à l'AFP.

«Nous avons voté le refus de la confiance au gouvernement et nous demandons [...] que soit présenté un nouveau gouvernement», a déclaré le député Ali al-Gaydi, à l'issue d'une session du parlement réuni à Tobrouk.

 

L'accord pour un gouvernement d'union nationale en Libye avait été décidé le 19 janvier dernier à Tunis, sous l'égide de l'ONU, par les représentants des deux parlements libyens. «Des 104 députés présents aujourd'hui, 89 ont dit non» à un cabinet de 32 ministres proposé par le conseil présidentiel dirigé par l'homme d'affaires tripolitain Fayez el-Sarraj, a indiqué Ali al-Gaydi. Le gouvernement de Fayez el-Sarraj aurait dû recueillir 119 voix, soit les deux tiers plus un, pour obtenir la confiance des parlementaires.

 

Le nombre de ministres jugé trop important est la raison avancée par le député el-Salhine Abdelnabi pour justifier le refus du parlement. Il a réclamé qu'un nouveau gouvernement plus restreint lui soit proposé. Le 19 janvier, les factions rivales libyennes, réunies dans la capitale tunisienne, avaient annoncé avoir conclu un accord de principe. Des représentants du pouvoir de l'est de la Libye, et du parlement de Tripoli dominé par les milices d'Aube de la Libye, avaient précédemment déclaré rejeter ce gouvernement d'unité mis en place sous la médiation des Nations unies.

 

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011 après l'intervention occidentale menée par la France et le Royaume-Uni, la Libye est en proie à une guerre civile destructrice. L'organisation terroriste Etat islamique a également profité du chaos ambiant pour installer de solides bastions dans l'ouest et le sud du pays, notamment dans la ville de Syrte.

 

25 janvier 2016/

 

https://francais.rt.com/international/14555-parlement-libyen-rejette-gouvernement-dunion

 

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5 - L'ONU condamne des attaques terroristes par Boko Haram au Nigeria

 

NEW YORK (Nations Unies), 2 février (Xinhua) -- Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné mardi "dans les termes les plus forts" les attaques terroristes du 30 janvier attribuées à Boko Haram contre le village de Dalori, proche de la ville nigériane de Maiduguri (nord-est).

Au moins 85 personnes ont été tuées dans cet attentat. Les assaillants auraient tiré sur les habitants avant de mettre le feu au village. Dans une déclaration à la presse, les membres du Conseil de sécurité ont présenté leurs condoléances aux familles et aux amis des victimes, ainsi qu'au peuple et au gouvernement du Nigeria.

Ils ont salué les efforts de la région, notamment à travers la Force multinationale mixte, pour combattre de manière efficace Boko Haram et ont encouragé à davantage de progrès à cet égard. Ils ont souligné la nécessité de traduire en justice les auteurs de ces attaques terroristes.

Maiduguri, qui compte environ 2,6 millions d'habitants, dont 1,6 million de déplacés selon l'ONU, a été frappée par de nombreux attentats ces derniers mois. Le groupe islamiste radical Boko Haram est apparu dans cette ville en 2002, avant de déclencher en 2009 une insurrection qui a fait plus de 17.000 morts au Nigeria et 2,6 millions de déplacés. Les insurgés ont essayé de reprendre Maiduguri à plusieurs reprises après en avoir été chassés il y a trois ans.

 

02-03-2016 09:26

 

http://fr.cntv.cn/2016/02/03/ARTInVBIK9R7SNcrbQZDj74Z160203.shtml

 

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6 - Communiqué de la 571eme réunion de la CPS au niveau des chefs d'État et de gouvernement sur la situation au Soudan du Sud

 

Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA), en sa 571ème réunion tenue le 29 janvier 2015, au niveau des Chefs d’Etat et de Gouvernement, a adopté la décision qui suit sur la situation au Soudan du Sud :

 

Le Conseil,

1. Prend note des communications faites par la Présidente de la Commission, le Secrétaire Général des Nations unies, le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, l'Ambassadeur Smail Chergui, le Haut Représentant de l'Union africaine sur le Soudan du Sud, l’ancien Président Alpha Oumar Konaré, le Président de la Commission conjointe de suivi et d'évaluation (JMEC), l'ancien Président Festus Gontebanye Mogae, sur leurs efforts en cours visant à aider les parties sud-soudanaises à mettre pleinement en œuvre l’Accord sur le règlement du conflit en République du Soudan du Sud, signé en août 2015. Le Conseil prend également note des déclarations faites par les représentants de la République du Soudan du Sud et de l’Ethiopie, en sa qualité de pays assumant la présidence de l’Autorité intergouvernementale pour le développement(IGAD);

 

2. Rappelle ses communiqués et communiqués de presse antérieurs sur la situation au Soudan du Sud, y compris le communiqué PSC/AHG/COMM.1 (DXXVII), adopté, lors de sa 547ème réunion tenue le 26 septembre 2015, à New York;

 

3. Félicite le Président de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), le Premier Ministre Hailemariam Desalegn de l'Ethiopie, et les dirigeants de l'IGAD, en particulier le Président Uhuru Kenyatta, de la République du Kenya, le Président Yoweri Museveni de la République d'Ouganda, le Président Omar al-Bashir de la République du Soudan, pour leur engagement et leur soutien aux efforts de la JMEC et leur rôle actif à la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité au Soudan du Sud. À cet égard, le Conseil souligne qu’on ne peut parvenir à la stabilité et à la sécurité dans la région, qu’à travers une unité de vues pour aider le Soudan du Sud à relever ses défis;

 

4. Félicite le Président et les membres de la JMEC pour leur soutien continu et sans faille à la mise en œuvre de l'Accord. Le Conseil se félicite en outre de l'esprit collégial qui a présidé jusqu’ici aux délibérations des réunions de la JMEC, afin d’unir les parties autour de l’intérêt supérieur du peuple du Soudan du Sud. Le Conseil note avec satisfaction la détermination affichée par le JMEC à continuer d'interagir avec les parties, même pendant les périodes les plus difficiles du processus de mise en œuvre;

 

5. Salue l'engagement continu du Haut Représentant de l'UA à aider les parties sud soudanaises à surmonter leurs défis, ainsi que de l'engagement des partenaires régionaux et internationaux à appuyer le processus. À cet égard, le Conseil souligne l'engagement indéfectible de l’UA, en général, et du Haut Représentant de l'UA, en particulier, à aider les Sud-soudanais à relever les défis auxquels ils sont confrontés et à réaliser leur potentiel en tant que pays jeune et prospère désireux de répondre aux besoins de ses citoyens;



6. Exprime sa gratitude à la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS) pour son rôle important et son leadership dans le maintien de la paix et de la sécurité au Soudan du Sud dans des conditions difficiles. Le Conseil exprime également sa gratitude pour l’appui apporté à la MINUSS par les pays contributeurs de troupes et de personnel de police et les exhorte à poursuivre cet appui en ces moments où le peuple du Soudan du Sud traverse une période de transition critique dans son histoire;

 

7. Note avec une profonde préoccupation que les Parties sud-soudanaises n’ont pas respecté le délai fixé pour la formation du Gouvernement d'unité nationale de transition (TGoNU), tel que prévu dans l'Accord. Le Conseil appelle, par conséquent, les Parties, avec la facilitation de la JMEC et du Haut Représentant de l'UA, à surmonter d’urgence les obstacles qui ont empêché la formation du TGoNU. Compte tenu de l’importance que revêt le TGoNU pour la mise en œuvre réussie de l’Accord, le Conseil appelle fermement les Parties sud-soudanaises à le former d’urgence sans délai, et ses conditions préalables. Le Conseil exhorte en outre fermement Dr. Riek Machar Teny, Président de l’Armée du Mouvement de libération du peuple du Soudan- dans l’opposition (SPLM/A-IO) à retourner à Juba, afin de reprendre son poste, comme Premier Vice-Président du Soudan du Sud. En ce qui concerne la décision du GoSS de créer 28 États, le Conseil exhorte les parties à soumettre la question à une Commission nationale inclusive et participative chargée des frontières comprenant toutes les parties à l'Accord, qui devrait examiner les États proposés et leurs frontières, et, à cet égard, le Conseil souligne que cet examen ne doit pas empêcher la formation du TGoNU ;

 

8. Exprime en outre sa vive préoccupation face à la poursuite des violations de l'Accord de cessez-le, tel que rapporté par le Mécanisme de surveillance du cessez-le feu et des arrangements sécuritaires transitoires (CTSAMM), et encourage les parties à renoncer à ces violations susceptibles de compromettre la situation sécuritaire actuelle. Le Conseil souligne en outre qu’il n’y a pas de solution militaire aux défis auxquels le Soudan du Sud est confronté. Le Conseil appelle à la formation rapide du CTSAMM, doté de toutes les ressources humaines et de tous les équipements nécessaires et sous bonne protection, afin qu’il puisse s’acquitter, efficacement et rapidement, de ses missions. À cet égard, le Conseil appelle en outre à un appui international pour assurer que le CTSAMM est entièrement fonctionnel et en mesure d’accomplir son mandat;

 

9. Exhorte la Commission à conclure rapidement les arrangements nécessaires, y compris la mobilisation de ressources et le recrutement du personnel, afin de permettre la mise en place de la Mission de l'UA au Soudan du Sud (AUMISS). Le Conseil exhorte en outre la Commission à entreprendre les préparatifs nécessaires pour permettre à la Mission de s’acquitter, rapidement et efficacement, des tâches qui lui ont été confiées aux termes de l'Accord. À cet égard, le Conseil demande à la Commission de l'UA de mettre en œuvre, de toute urgence, les conclusions de l'Atelier du Comité ad hoc de haut niveau de l’UA tenu le 2 novembre 2015;

 

10. Félicite le Bureau de liaison de l'UA au Soudan du Sud, en particulier la Représentante spéciale, pour l’appui qu’il continue d’apporter aux efforts des Sud-soudanais, notamment à travers leur appui au Haut Représentant de l'UA, en application de l'Accord, et encourage le Bureau à continuer de travailler avec constance jusqu'à la mise en place de l'AUMISS;

 

11. Exhorte la communauté internationale à apporter son appui à la mise en œuvre de l'Accord d'une manière coordonnée, conformément aux mécanismes établis par l'Accord, en particulier la JMEC. Le Conseil se félicite de la création du forum des Partenaires de la JMEC, et exhorte à ce que ce mécanisme soit ouvert, afin de permettre à d'autres donateurs et amis d’apporter un appui financier au processus de mise en œuvre des différentes composantes de l'Accord;

 

12. Note avec préoccupation la situation économique en constante évolution au Soudan du Sud, en particulier avec la baisse des prix du pétrole sur le marché international, et note en outre que cette situation risque d'affecter le bon fonctionnement du Gouvernement, en particulier en ce qui concerne la fourniture de l'aide humanitaire aux populations affectées. À cet égard, le Conseil lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle apporte d'urgence l'assistance pour faire face à la situation humanitaire dans le pays. Le Conseil souligne en outre la nécessité de centrer l'assistance sur la stabilisation et la reconstruction à long terme du Soudan du Sud;

 

13. Exhorte fermement les Parties sud-soudanaises à lever immédiatement toutes les restrictions à l'accès humanitaire, et à assumer pleinement leurs responsabilités pour assurer la sûreté et la sécurité des travailleurs et des opérations humanitaires;

 

14. Appelle en outre les Parties et toutes les parties prenantes concernées à faciliter le retour volontaire, la réinstallation et la réhabilitation de tous les Sud-Soudanais déplacés et exilés de leurs foyers, afin qu'ils puissent reprendre leur vie en tant que citoyens libres;

 

15. Note avec appréciation le rapprochement entre les Présidents Omar Hassan Al Bashir et Salva Kiir Mayardit, des Républiques du Soudan et du Soudan du Sud respectivement, et leur accord pour normaliser les relations entre leurs pays. Le Conseil félicite la République du Soudan du Sud d’avoir retiré ses troupes à cinq miles (8 km) au sud de la frontière. Le Conseil félicite également la République du Soudan pour avoir convenu de réduire les frais de transit pour le pétrole et de rouvrir les points de passage frontaliers vers le Soudan du Sud. Le Conseil note que ces décisions faciliteront la communication, le commerce et les relations entre les deux pays et contribueront à stabiliser le Soudan du Sud;

 

16. Exhorte les deux Présidents à maintenir la dynamique créée par ces développements et à travailler étroitement avec le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’UA pour le Soudan et le Soudan du Sud présidé par l’ancien Président Thabo Mbeki. Dans ce contexte, le Conseil renouvelle son appui aux efforts du Groupe de haut niveau visant à aider le Soudan et le Soudan du Sud à trouver des solutions aux questions pendantes dans la mise en œuvre de l’Accord de coopération de 2012;

 

17. Décide de rester activement saisi de la question.

 

Last Updated on Friday 29 January 2016

 

http://www.peaceau.org/fr/article/communique-de-la-571eme-reunion-de-la-cps-au-niveau-des-chefs-d-etat-et-de-gouvernement-sur-la-situation-au-soudan-du-sud

 

 

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7 - La 571ème réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'UA, au niveau des chefs d'État et de Gouvernement, sur la prévention et la lutte contre le terrorisme en Afrique

 

Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA), en  sa 571ème réunion tenue le 29 janvier 2016, à Addis Abéba, en Ethiopie, au niveau des chefs d'État et de Gouvernement, après avoir examiné les efforts de l'UA contre le terrorisme, a adopté la décision qui suit sur la prévention et la lutte contre le terrorisme en Afrique:

Le Conseil,

 

 

1. Prend note de la mise à jour faite par la Commission de l'UA, conformément au communiqué PSC/AHG/COMM. (CDLV) sur le terrorisme et l'extrémisme violent en Afrique, adopté par le Conseil lors de sa 455ème réunion tenue le 2 Septembre 2014, au niveau des chefs d'État et de Gouvernement à Nairobi, au Kenya. Le Conseil prend en outre note des déclarations faites par l’Algérie, le Burkina Faso, le Cameroun, le Tchad, l’Egypte, la Gambie, le Kenya, la Libye, le Mali, le Nigéria et l’Afrique du Sud;

 

2.    Rappelle ses communiqués et communiqués de presse antérieurs sur la question du terrorisme et de l'extrémisme violent en Afrique, et souligne une fois encore l'importance cruciale que revêtent les dispositions du communiqué PSC/AHG/COMM.(CDLV) de sa 455ème réunion. Le Conseil rappelle également le communiqué PSC/PR/COMM.(DXLIII) et le communiqué de presse PSC/PR/BR.2 (DLX) adoptés lors de ses 543ème et 560ème réunions tenues, le 11 septembre 2015 et le 26 novembre 2015, respectivement, qui formulent un cadre global pour la mise en œuvre des instruments de l'UA et internationaux de lutte contre le terrorisme en Afrique;


3.    Souligne la nécessité d’efforts renouvelés pour lutter contre les interprétations religieuses extrémistes et obscurantistes qui favorisent la radicalisation et l’intolérance. Le Conseil note que ces interprétations qui sont promues par des prédicateurs étrangers et autres acteurs, constituent une menace à la sécurité et à la stabilité en Afrique et doivent être fermement combattues;


4.    Réaffirme la pertinence continue des instruments adoptés par l'OUA/UA au cours des dernières années pour la lutte contre le fléau du terrorisme et de l'extrémisme violent, notamment la Convention sur la prévention et la lutte contre le terrorisme, adoptée par la 35ème session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de Gouvernement de l'OUA, tenue du 12 au 14 juillet 1999, à Alger, en Algérie, et son Protocole additionnel, adopté par la 3ème Session ordinaire de la Conférence de l'Union, tenue du 6 au 8 juillet 2004, à Addis Abéba, ainsi que le Plan d'action de l'UA de 2002, adopté par la 1ère réunion intergouvernementale de haut niveau de l'UA sur la prévention et la lutte contre le terrorisme, tenue du 11 au 14 septembre 2002,  à Alger, et la Loi-modèle de l'UA sur la lutte contre le terrorisme, adoptée par la 17ème session ordinaire de la Conférence de l'Union, tenue à Malabo,  du 30 juin au 1er juillet 2011;


5.    Exprime sa profonde préoccupation face à la propagation du terrorisme en Afrique, notamment en Afrique du Nord, dans la région sahélo-saharienne, en Afrique centrale et de l’Est, et également à l’échelle mondiale avec des attaques terroristes perpétrées par Al-Qaïda et ses branches, y compris Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), Al Shabaab, Al-Mourabitoun, et Ansar Dine, et le soi-disant État islamique (IS) et ses branches, y compris Boko Haram et Majlis Choura Shabab Al-Islam. Le Conseil note que ces attaques connaissent une forte expansion géographique, avec des tactiques, des cibles, des acteurs, des méthodes de recrutement et de financement en constante évolution;


6.    Réitère sa profonde préoccupation face à la capacité croissante des organisations terroristes à assurer le financement de leurs activités à travers divers moyens liés à la criminalité transnationale organisée, tels que la piraterie, les enlèvements contre paiement de rançon, le trafic de drogue et la traite des êtres humains, le commerce illicite des antiquités, l'exploitation et le commerce illicites des ressources naturelles. Le Conseil souligne la nécessité de prendre toutes les mesures nécessaires en vue de lutter contre le financement du terrorisme et, pour les États membres, d'œuvrer à l'élaboration de normes communes, afin de mieux suivre le financement du terrorisme et ses sources, conformément aux instruments africains et internationaux pertinents. À cet égard, le Conseil attend avec intérêt la tenue urgente d'une réunion de haut niveau des États membres sur la question du financement du terrorisme, en vue d'identifier des dispositions pratiques à prendre pour faire face plus efficacement à ce défi. Dans ce contexte, le Conseil se félicite de la proposition de l'Algérie d'accueillir la réunion. Le Conseil se félicite en outre des mesures prises en vue d’opérationnaliser le Mécanisme africain de coopération policière (AFRIPOL), dans le cadre des efforts visant à lutter contre la criminalité transnationale organisée et le terrorisme;


7.    Réitère sa ferme condamnation des attaques terroristes qui continuent d'être perpétrées contre des lieux publics, y compris les établissements d'enseignement, les hôtels, les marchés et les lieux de culte, causant des centaines de victimes, davantage de blessés et entraînant des déplacements de millions de personnes. Le Conseil note que les récentes attaques au Burkina Faso, au Cameroun, au Tchad, au Kenya, en Libye, au Mali, au Nigéria et en Somalie sont survenues dans le contexte d'une recrudescence globale des activités terroristes;


8.    Note avec une profonde préoccupation le fait que les diverses attaques perpétrées récemment sur le continent rappellent la dure réalité des actes terroristes brutaux, qui causent des pertes massives, remettent en cause les capacités des États membres à assurer adéquatement la sécurité de l’État et des citoyens. Le Conseil note en outre que le phénomène des combattants terroristes étrangers constitue une source particulière de préoccupation croissante, du fait du nombre de plus en plus important d'Africains rejoignant les rangs du soi-disant IS, et appelle les partenaires internationaux à renforcer leur assistance en partageant avec les États membres de l'UA les listes de leurs ressortissants identifiés comme combattants terroristes étrangers;


9.    Réitère en outre l'indignation de l'UA face à l'utilisation ignoble d’enfants par des groupes terroristes pour perpétrer des attaques, ainsi que le rejet total par l'UA de tous les actes de terrorisme et d'extrémisme violent et sa détermination à débarrasser l'Afrique de ce fléau qu’ aucune circonstance ne saurait justifier;


10.    Reconnait les progrès accomplis sur le terrain par les pays contributeurs de troupes à la Force multinationale mixte (FMM) dans la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram. Le Conseil note également que les zones qui étaient auparavant sous le contrôle de ce groupe ont été totalement reprises par les forces armées nigérianes. Le Conseil salue le Nigéria pour sa contribution financière antérieure à la FMM et pour sa décision annoncée d’apporter une nouvelle contribution à la Force;


11.    Salue les efforts de la Commission de l'UA, visant à assurer la poursuite de l'assistance aux États membres dans la mise en œuvre effective du Cadre de l'UA pour la lutte contre le terrorisme. À cet égard, le Conseil salue également l'appui apporté aux États membres dans la révision de leurs législations nationales; le renforcement de la coordination régionale, notamment dans le cadre du Processus de Nouakchott sur le renforcement de la coopération sécuritaire et l'opérationnalisation de l’Architecture africaine de paix et de sécurité dans la région sahélo-saharienne, de l’Unité de Fusion et de Liaison (UFL) du Sahel, de la mise en place du Processus de Djibouti pour l'Afrique de l’Est et de l'Unité de Fusion et de Liaison de l’Afrique de l'Est (UFL-AE). Dans ce contexte, le Conseil exhorte également la Commission à renforcer les partenariats avec les institutions compétentes des Nations unies, l'Union européenne et les partenaires bilatéraux;


12.    Encourage la Commission de l’UA à poursuivre et à intensifier ses efforts visant à appuyer la mise en place de mécanismes de coopération régionale pour les régions de l'Afrique centrale et de l'Afrique australe, pour faire face aux menaces transnationales spécifiques dans ces régions. Le Conseil prend note de l'appui apporté par la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) à l'élaboration d'une stratégie régionale de lutte contre le terrorisme, telle qu’approuvée par le 35ème Sommet des chefs d'État et de Gouvernement de la SADC, tenu les 17 et 18 août 2015, à Gaborone, au Botswana;


13.    Se félicite des efforts déployés par les États membres à l’effet de poursuivre leurs efforts visant à renforcer leurs capacités en matière de prévention et de lutte efficaces contre le terrorisme, et les encourage à prendre des mesures orientées vers l’action pour renforcer les institutions nationales, la coopération et le partage d'informations et de renseignements, ce qui témoigne de leur engagement renouvelé à lutter contre le terrorisme et l'extrémisme violent;


14.    Exprime sa préoccupation devant le fait que, malgré les efforts soutenus déployés et les progrès accomplis dans la prévention et la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent, le phénomène du terrorisme continue de se répandre en divers endroits du continent, aussi bien d’un point de vue géographique qu’au regard du niveau de violence. Le Conseil relève, toutefois, que des lacunes importantes subsistent dans la mise en œuvre et le suivi, sapant ainsi l'efficacité de la réponse de l'Afrique à la menace du terrorisme et de l'extrémisme violent. A cet égard, le Conseil souligne la nécessité d’un ensemble de réponses politiques coordonnées visant à renforcer les capacités des États à faire face aux causes sous-jacentes de la propagation du terrorisme et de l'extrémisme violent en Afrique. À cet égard, le Conseil:

(i)    souligne la nécessité d'efforts renouvelés et d’une mobilisation accrue pour lutter contre le terrorisme et l'extrémisme violent,

(ii)    encourage les États membres à effectivement honorer leurs obligations en vertu des différents instruments régionaux et internationaux de lutte contre le terrorisme. Le Conseil réitère en outre son appel aux États membres, qui ne l'ont pas encore fait, à prendre d'urgence les mesures nécessaires pour devenir parties à la Convention de l'OUA de 1999 sur la prévention et la lutte contre le terrorisme et à son Protocole additionnel de 2004, ainsi qu’aux instruments internationaux pertinents adoptés sous les auspices des Nations unies,

(iii)    encourage les États membres à approfondir les efforts mutuels dans la coopération sécuritaire et dans la lutte contre le terrorisme, sur la base d'une vision unifiée de la sécurité collective, de la responsabilité et de la transparence partagées, réitérant l'impératif d'une action collective et coordonnée dans la prévention et la lutte contre le terrorisme,

(iv)    réitère son appel à une collaboration renforcée entre l'UA et les partenaires internationaux dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent, rappelant que ce fléau est un phénomène mondial et constitue une grave menace à la paix et à la sécurité internationales,

(v)    encourage la Commission à continuer de travailler avec les partenaires et la communauté internationale dans son ensemble pour appuyer  et faciliter le renforcement des capacités techniques et opérationnelles des États membres à prévenir et à lutter efficacement contre le terrorisme, dans les domaines, tels que la collecte et l’analyse du renseignement, la protection des infrastructures essentielles et des sites sensibles, la détection et la neutralisation des explosifs, la sécurité aérienne et maritime, la lutte contre le financement du terrorisme. Le Conseil demande à la Commission d’élaborer des programmes et des manuels généraux de formation des formateurs sur la lutte contre le terrorisme et d’organiser des exercices régionaux centrés sur la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière. Le Conseil demande en outre à la Commission d’élaborer un module intégré de lutte contre le terrorisme dans la formation de pré-déploiement des opérations de soutien à la paix,

(vi)    demande à la Commission d’accélérer la mise en œuvre des tâches qui lui ont été confiées aux termes du communiqué PSC/AHG/COMM.(CDLV), avec un accent particulier sur l’évaluation de l’état de mise en œuvre du Plan d’action sur la prévention et la lutte contre le terrorisme de 2002, l’élaboration d’une liste africaine des groupes, entités et individus terroristes, et l’élaboration d’un mandat d’arrêt africain pour les personnes accusées ou reconnues coupables d’actes terroristes,

(vii)    encourage le Centre africain d’étude et de recherche sur le terrorisme (CAERT) et le Comité des Services de renseignements et de sécurité de l’Afrique (CISSA) à continuer de fournir l’alerte rapide, afin de permettre une réponse rapide par les pays et les régions,     

(viii)    souligne l'importance que revêt la tenue du Forum consultatif annuel avec les partenaires internationaux concernés, tel que prévu dans le communiqué PSC/AHG/COMM.(CDLV), afin de permettre l'harmonisation des stratégies existantes, de promouvoir la collaboration et la coordination tournées vers l’action,

(ix)    renouvelle son appel à tous les États parties aux instruments africains et internationaux pertinents à mettre pleinement en œuvre toutes les dispositions qui y sont contenues, y compris les mesures législatives et judiciaires, le contrôle des frontières, la surveillance des flux financiers, le partage de l’information et du renseignement, le renforcement des capacités des organismes compétents, ainsi que la coopération et la coordination aux niveaux régional, continental et international. À cet égard, le Conseil exhorte, une fois encore, les États membres à soumettre à la Commission de l'UA leurs besoins en matière d’appui technique;


15.     Lance un appel aux États membres pour qu’ils apportent des contributions financières à la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent en Afrique, et appelle les partenaires de l'UA à poursuivre leur appui financier et technique aux efforts de l'Afrique contre le terrorisme et l'extrémisme violent, y compris pour le CAERT;


16.    Souligne la nécessité pour les États membres de lutter contre toutes les causes pouvant contribuer à la propagation du terrorisme et de l'extrémisme violent, notant que les groupes terroristes exploitent les vulnérabilités causées par des conditions, telles que la pauvreté, les conflits non résolus qui perdurent, la discrimination, l'exclusion politique, la marginalisation socio-économique et la mauvaise gouvernance, comme source de recrutement et de radicalisation des individus. Le Conseil souligne toutefois qu'aucune de ces conditions ne saurait excuser ou  justifier un acte de terrorisme;


17.    Relève qu'un certain nombre d'aspects du communiqué PSC/AHG/COMM.(CDLV) du 2 septembre 2014, restent encore pendants, et demande à la Commission d'accélérer la mise en œuvre des tâches qui lui sont confiées aux termes dudit communiqué et d’informer régulièrement le Conseil sur les progrès accomplis à cet effet;



18.    Décide de rester activement saisi de la question. 

 

Last Updated on Friday 29 January 2016/

 

http://www.peaceau.org/fr/article/la-571eme-reunion-du-conseil-de-paix-et-de-securite-de-l-ua-au-niveau-des-chefs-d-etat-et-de-gouvernement-sur-la-prevention-et-la-lutte-contre-le-terrorisme-en-afrique

 

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8 - La Chine invite Maurice à rejoindre l'initiative "Nouvelle Route de la Soie maritime du XXIe siècle"

 

PORT-LOUIS, 2 février (Xinhua)/ Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, au cours d'une visite de courtoisie au Premier ministre mauricien, Anerood Jugnauth, à Port-Louis mardi, a inivité l'île Maurice à rejoindre l'initiative chinoise "Nouvelle Route de la Soie maritime du XXIe siècle".

 

Les discussions ont également porté sur le renforcement des relations entre la Chine et l'île Maurice, sur la perspective d'utiliser Maurice comme passerelle pour les entreprises chinoises à accéder au continent africain, comme une plate-forme pour les services financiers ainsi qu'un centre important pour la formation des ressources humaines.

 

Le ministre chinois a également souhaité que les relations entre la Chine et Maurice aillent plus vers l'est, dans la poursuite du développement économique de manière à relier le continent asiatique pour des bénéfices mutuels en particulier dans les domaines de l'économie bleue qui, selon lui, représentent d'énormes possibilités, tout en stimulant en même temps les secteurs du tourisme et de l'aviation.

 

Wang Yi a salué le gouvernement mauricien pour avoir réussi un développement économique bien diversifié avec la création d'industries innovantes. Il s'est dit confiant que l'île Maurice est sur la bonne voie dans son ambition d'atteindre le second miracle économique grâce à la mise en œuvre de la Vision 2030 qui devrait aider le pays à atteindre le niveau d'une économie à revenu élevé. Wang Yi est en visite officielle de deux jours à l'île Maurice en vue de renforcer davantage les relations bilatérales et les relations amicales entre les deux pays.

 

French.xinhuanet.com/ Publié le 2016-02-03

 

http://french.xinhuanet.com/2016-02/03/c_135069186.htm

 

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9 - Afrique/ banque mondiale : économie et perspectives socioéconomiques

 

La croissance de l’Afrique subsaharienne devrait atteindre 4,2 % en 2015, contre 4,6 % en 2014. La baisse de 0,4 point de pourcentage s’explique par une révision à la baisse des projections de croissance pour l’Angola, le Nigéria et l’Afrique du Sud.

Cependant, en dépit du ralentissement observé dans les principales économies du continent, le produit intérieur brut (PIB) de la région devrait repartir à la hausse en 2016 et 2017, avec une croissance moyenne de 4,6 % et 5 % respectivement. Cette progression sera tirée par la demande intérieure, elle-même portée par la poursuite des investissements d’infrastructure et la consommation des ménages, laquelle bénéficie de la baisse des prix pétroliers. Elle sera également soutenue par la demande extérieure, en raison de l’amélioration des perspectives de croissance dans les pays à revenu élevé.

 

L’évolution de la consommation différera selon que les pays sont exportateurs ou importateurs de pétrole. Chez les premiers, la croissance de la consommation des ménages devrait ralentir dans la mesure où les coupes opérées dans les subventions afin d’atténuer les pressions budgétaires entraîneront une hausse des coûts du carburant. Le pouvoir d’achat des ménages devrait également fléchir en raison de la faiblesse des monnaies, celle-ci ayant pour conséquence de faire augmenter le coût des importations dans les monnaies locales.

 

À l’inverse, on anticipe que la baisse des prix pétroliers entraînera une baisse de l’inflation dans les pays importateurs, ce qui aura pour effet de renforcer le pouvoir d’achat des consommateurs et de soutenir la demande intérieure. Un effet qui pourrait toutefois être en partie neutralisé par la dépréciation monétaire et son incidence sur le niveau des prix.

 

Le montant des transferts d’argent des migrants à destination de l’Afrique subsaharienne devraient ralentir en 2015, sous l’effet notamment de l’appréciation du dollar, avant de grimper à nouveau progressivement en 2016–17. Quant aux investissements directs étrangers (IDE), ils ne devraient guère contribuer à la croissance en raison du ralentissement des investissements chinois et du bas niveau des prix des produits de base.

 

Dans les pays exportateurs de pétrole, la situation budgétaire devrait rester tendue tout au long de l’année 2015. Si l’on observe dans les budgets révisés de l’Angola et du Nigéria que les dépenses en capital sont la première cible des économies budgétaires, on note aussi une réduction des dépenses courantes. En dépit de ces ajustements, et en raison du faible niveau des recettes, les déficits budgétaires de ces pays risquent toutefois de rester élevés. Il devrait en être de même pour les pays importateurs de pétrole, où la hausse persistante des dépenses en biens, en services et en salaires grèvera le budget.

 

Les perspectives économiques de la région continuent d’être exposées à des risques de révision à la baisse. Les principales menaces endogènes qui pèsent sur l’Afrique subsaharienne en 2015 relèvent de facteurs politiques, avec la tenue d’élections dans un certain nombre de pays alors que d’autres sont le théâtre de mouvements insurrectionnels ou terroristes.

 

En outre, la précarité des systèmes de santé demeure préoccupante. L’épidémie d’Ebola a démontré l’urgence de disposer de systèmes sanitaires plus efficaces, mieux financés et plus résilients sur le continent, afin d’enrayer les maladies contagieuses comme le paludisme, la tuberculose et le VIH/sida. Le développement de services de santé de base de qualité fait toujours partie des priorités. Sur le plan extérieur, un ralentissement plus marqué que prévu en Chine, la poursuite de l’effondrement des cours du baril, un coup d’arrêt à la reprise en Europe ou une brusque détérioration de la liquidité mondiale constituent les principaux risques.

Dernière mise à jour: 28 sept. 2015

 

http://www.banquemondiale.org/fr/region/afr/overview#1

 

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10 - Aide militaire russe à l’Algérie

 

Les sources sécuritaires font part de la décision de Moscou de livrer 14 chasseurs à Alger. Selon un contrat signé en avril dernier avec l’Algérie, la Russie va livrer de 2016 à 2017, 14 chasseurs Su-30MKA à l’Algérie. Alors que la situation s’aggrave dans la région du Sahel où les groupes takfiris sont actifs et les daechistes dépassent les frontières libyennes, les pays du Maghreb occidental achètent des armements sophistiqués pour préserver leur sécurité nationale.

 

Selon un rapport du Centre international de recherches sur la paix à Stockholm, l’Algérie a été entre les années 2010 et 2015, le plus grand importateur d’armements en Afrique.

 

13 septembre 2015/

 

http://reseauinternational.net/aide-militaire-russe-a-lalgerie/

 

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11 - Comment l’Etat islamique est parti à l’assaut de l’Afrique

 

C’est le résultat le plus dangereux de l’effondrement du pouvoir de Mouammar Kadhafi. Depuis la disparition du Guide libyen, en 2011, au terme d’une révolution devenue guerre civile, appuyée militairement par une coalition réunissant pays occidentaux (France en tête), pays du Golfe (Qatar en première ligne) avec l’assentiment de pays voisins ayant un compte à régler avec le vieux dictateur de Tripoli (comme le Soudan), la Libye a explosé.

 

Affrontements entre les factions, coalitions à géométrie variable, Etat introuvable. Au cours de l’année 2015, un nouvel arrivant a montré qu’il menaçait de bousculer encore plus profondément le pays : l’organisation Etat islamique (EI) en Libye, dont l’apparition avait été formalisée par sa déclaration d’allégeance à Abou Bakr Al-Baghdadi, en novembre 2014. D’autres groupes, en Algérie, en Egypte, en Tunisie ou au Nigeria, ont eux aussi procédé à la même baya (serment d’allégeance).

 

 

_ Progression numérique spectaculaire

Mais la Libye fait figure de nœud régional, avec un potentiel plus global, une forme de plate-forme physique et symbolique pour Daech (acronyme arabe d’Etat islamique). Il y avait déjà dans le pays un important foyer de djihadistes à l’histoire complexe liée aux groupes Ansar Al-Charia, qui ont connu des destins divers face à l’émergence de l’EI. Certains vont se fondre dans ce nouveau groupe, comme à Syrte ; s’y opposer, comme à Derna ; d’autres vont faire front commun contre leurs ennemis (les forces alliées du Parlement de Tobrouk et du général Haftar), à Benghazi. Autant de villes, autant de réalités particulières, brouillées par de nombreuses inconnues.

 

Que deviendra, par exemple, le groupe implanté à Sabratha si près de Tripoli ? La frontière avec la Tunisie est-elle en voie de « daechisation » ? Quid, aussi, des relations avec les affiliés d’Al-Qaida ? La Libye, c’est aussi une série de zones servant de bases de repli pour des katibas (bataillons) d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), notamment dans le Sud, mais aussi à Ajdabiya.

 

Mais la progression la plus spectaculaire est d’abord numérique. Et elle est le fruit d’une grande migration de combattants menant le djihad dans d’autres pays et arrivés, selon de bonnes sources, par voie terrestre. Huit cents Libyens qui se battaient en Syrie ou en Irak dans les troupes de l’EI seraient, selon un rapport des Nations unies, rentrés au pays en 2015. En douze mois, le groupuscule est devenu l’embryon d’une force de premier plan – au niveau libyen – avec environ 3 000 hommes. Même les milices de Misrata, réputées les meilleures du pays, ont été humiliées par Daech.

 

 

_ La Tunisie, l’« homme malade » du Maghreb

Pendant l’année écoulée, ces derniers ont commencé à pousser vers le Sud, et ont installé des camps d’entraînement vers l’oasis de Jouffra. Mais c’est aussi en Libye que les exécutants des attentats commis en Tunisie voisine et revendiqués par l’Etat islamique ont été entraînés et qu’ont été conçues plusieurs attaques, celle du musée du Bardo, en mars, puis en juin, celle de la plage de Port-Al-Kantaoui, près de Sousse. Or, en Tunisie, les nouveaux « représentants » du califat, membres du groupe Ajnad Al-Khilafa, dont l’allégeance a signifié une scission avec leur formation d’origine, affiliée à Al-Qaida, ne sont qu’une partie de ce puzzle de l’EI dans le pays. La Tunisie, selon une source sécuritaire, est l’« homme malade du djihadisme » au Maghreb. D’autres éléments sont en effet infiltrés vers les frontières. Celles de la Libye et de l’Algérie. Des groupes dispersés qui rendent les opérations de contre-insurrection complexes.

 

Dans le même temps, les factions libyennes, coalisées autour de deux Parlements rivaux (Tripoli et Tobrouk), ont passé de longs mois à s’affronter, même si, fin 2015, un accord pour créer un gouvernement d’union nationale suscitait un timide espoir. L’une des priorités de cette entité encore virtuelle, en résumé, serait d’unir les forces libyennes contre l’EI. « Dans toute cette confusion, l’Etat islamique a repéré une opportunité », explique le chercheur Charlie Winter, de la Fondation Quilliam, dans un rapport d’étude des phénomènes djihadistes de cette organisation, notant qu’il « est devenu évident que certains groupes djihadistes en Libye, après avoir prêté allégeance à Abou Bakr Al-Baghdadi, le calife autoproclamé, ont reçu de l’assistance de l’EI ».

 

A l’appui de sa démonstration, il cite un document en arabe émanant de cercles proches de l’EI à destination des djihadistes du monde entier. Y sont recensés les avantages de la Libye : permettre de « réduire la pression sur le pays du califat, en Al-Cham (Syrie) et en Irak », cœur de Daech, mais aussi tirer profit de la « situation géographique stratégique » du pays, qui « s’ouvre sur la mer, sur le désert, des montagnes, et six Etats : l’Egypte, le Soudan, le Tchad, le Niger, l’Algérie et la Tunisie ».

La Libye serait donc à la fois un pôle de substitution à la pression sur l’EI dans son aire d’origine, mais aussi un pôle de développement, avec une côte « qui peut être atteinte même avec un bateau rudimentaire », permettant « l’exploitation du trafic d’êtres humains », sans parler des ressources pétrolières et des stocks d’armes. Tout ceci constituant, au final, « une plate-forme de lancement sans égale pour attaquer des Etats européens et des bateaux ».

 

 

_ Force d’attraction

A ce stade, ceci ne constitue qu’un rêve. La percée de Daech vers la zone côtière où se trouvent les terminaux des puits de pétrole exploités dans le désert piétine. La perspective de voir s’implanter en Libye un porte-avions djihadiste des sables apparaît en revanche comme une menace réelle. Manuel Valls, le premier ministre français, affirmait sur France Inter, fin décembre 2015 : « Nous avons un ennemi, Daech, que nous devons combattre, et écraser, en Irak et en Syrie et demain sans doute en Libye. » Cela faisait plus d’un an que le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, était arrivé aux mêmes conclusions.

 

De leur côté, l’Algérie, l’Egypte, le Niger et le Tchad s’effraient à la fois de la force d’attraction de Daech sur leurs djihadistes locaux, mais aussi de la perspective d’être à portée de colonnes de pick-up, capables de livrer des armes ou de frapper à travers le Sahara, comme lorsque Mokhtar Belmokhtar, le djihadiste le plus recherché de cette partie du monde, avait attaqué en janvier 2013 le complexe gazier algérien d’In Amenas, situé à la frontière libyenne.

 

Les attaquants étaient partis de Libye pour frapper dans le sud de l’Algérie, signifiant au pouvoir algérien que, désormais, « le cœur de son économie pouvait être touché », note Kader Abderrahim, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), qui estime qu’il « n’est pas impensable que l’EI, pour passer à la vitesse supérieure, décrète son propre califat en Libye ». La France, avec son opération « Barkhane », tente de créer un rideau d’endiguement depuis les cinq pays où ses forces sont déployées : de la Mauritanie au Tchad en passant par le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Mais, demain, il faudra l’appui des deux puissances de la région, l’Algérie et l’Egypte, pour contrer les visées de Daech à travers le Sahara. Tout ceci pour 3 000 hommes dispersés en Libye ?

 

 

_ Démultiplier la puissance de Daech en Afrique

En réalité, l’implantation libyenne de l’EI, même si elle est modeste, a déjà commencé à se roder à l’échelle d’une plate-forme continentale. Les Nigérians du groupe Boko Haram, devenus la wilaya d’Afrique de l’Ouest depuis leur allégeance à l’Etat islamique en mars 2015, y envoient des hommes à travers le Tchad. Ces derniers, confirment des sources dans l’Etat de Borno, au Nigeria, vont s’entraîner en Libye, et s’y fournir en armes, au moment même où l’armée nigériane les a chassés des villes qu’ils tenaient en 2014 dans le nord-est de leur pays.

 

Le Nigeria n’est pas le seul pays concerné. Une source française affirme que « le président tchadien, Idriss Déby, nous demande de renforcer notre dispositif. Il craint la jonction entre Boko Haram et l’Etat islamique (en Libye) plus que tout ». Cette jonction pourrait démultiplier la puissance de Daech en Afrique. On a déjà repéré la présence – marginale – de Somaliens en Libye, même s’il est impossible d’établir s’il s’agit de francs-tireurs, d’hommes en rupture avec le groupe des Chabab (techniquement affilié à Al-Qaida, dont la direction est très hostile à Daech), ou si des alliances contre-nature entre les deux formations sont en train d’être étudiées.

 

Certaines sources ont également signalé la présence de Maliens ou de Mauritaniens ainsi que d’autres ressortissants de pays d’Afrique de l’Ouest qui pourraient devenir les précurseurs de Daech dans leurs pays où, jusqu’à présent, n’existent que des groupes liés à Al-Qaida. En décembre 2015, il y avait aussi cinq Français dans l’EI en Libye.

 

Cette irruption de Daech est la seconde vague djihadiste en Afrique. Petit rappel : pendant une grosse décennie, des groupes armés de cette mouvance se sont enracinés dans trois zones du continent africain : dans la Corne, avec un berceau en Somalie, où est apparu le mouvement Chabab (Harakat Al-Chabab Al-Moudjahidin, « le mouvement des moudjahidin de la jeunesse »), né vers 2006 dans la continuité de formations salafistes passées à la guerre, avant d’être affiliées à Al-Qaida puis de développer des extensions dans les pays voisins (Kenya mais aussi Tanzanie) ; dans la bande entre Sahara et pays du Sahel (depuis la Mauritanie jusqu’à Djibouti) ; et, enfin, dans le bassin du lac Tchad, où le groupe Boko Haram a essaimé depuis le nord du Nigeria vers le Tchad, le Niger et le Cameroun.

 

 

_ Fin du laisser-aller des forces régulières

Boko Haram n’est pas le nom que les membres de ce groupe avaient choisi à l’origine, mais un sobriquet donné dans la région, signifiant que « l’éducation occidentale », issue de la colonisation, doit être « proscrite ». Le groupuscule religieux des débuts avançait aussi des revendications sociales et se faisait financer en sous-main par les politiciens locaux. Sa nature « locale » était évidente. Il a fini par se rêver en réincarnation des grands empires de la région, sultanat de Sokoto ou du royaume de Kanem-Bornou (dont l’un des fondateurs se disait yéménite, et dont l’influence s’étendait jusque dans le Fezzan libyen). Cette forme d’inspiration est en réalité la « réécriture » d’une histoire « recomposée ». Une illusion, historiquement parlant, mais un concept à l’œuvre ailleurs sur le continent.

 

Chacun des groupes djihadistes africains est fait de ces histoires particulières, dont les racines plongent dans des réalités locales. A l’origine, des cellules d’Al-Qaida installées en Somalie avançaient masquées derrière les groupes djihadistes. On retrouvera la même tactique au Sahel. L’expansion des Chabab a culminé à l’été 2010 lorsque leurs combattants en keffieh rouge ont été à deux doigts de prendre la présidence, à Mogadiscio, butant sur l’Amisom, une force de l’Union africaine équipée, entraînée et financée par les Occidentaux, dont l’Union européenne.

 

Les Chabab, entre-temps, ont développé une relation avec Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA), au Yémen voisin. Des boutres traversent l’océan Indien pour faire circuler des armes, des combattants et des artificiers. Sans que soit inversée une tendance lourde, les Chabab ont perdu beaucoup de terrain, notamment les villes principales qu’ils tenaient, dont les ports, essentiels à leur fonctionnement. Comme Boko Haram. Mais ce n’est pas leur fin, tant s’en faut.

 

Pendant une longue phase, l’incapacité opérationnelle de l’armée et les compromissions de responsables locaux ont été la véritable force des djihadistes au Nigeria. En faisant allégeance à l’Etat islamique, les ex-Boko Haram ont d’abord gagné en technique de propagande, mais sur le terrain cette flambée a coïncidé avec la fin du laisser-aller des forces régulières. Il n’a fallu que quelques mois pour les chasser des villes qu’ils tenaient. Depuis, ils adoptent une stratégie de terreur pure, multipliant les attentats, utilisant des femmes, des jeunes filles, des enfants, et même des chevaux ou des ânes pour amener des charges au plus près des concentrations de population, comme les marchés, avant de les faire exploser à distance. Il y a peu de chances que cela mène leur expansion très loin. A moins que leur fractionnement ne finisse par menacer la stabilité d’un pays fragile.

 

 

_ Une galaxie fractionnée

De la même manière, les groupes du nord du Mali, après l’assaut des forces françaises de l’opération « Serval », en 2013, se sont dispersés (quand leurs membres n’ont pas été tués) : certains, toujours affiliés à Al-Qaida, ou proches de cette mouvance, sont réfugiés en Libye. D’autres se terrent dans leurs bastions du nord du Mali (Ansar Eddine, le groupe d’Iyad Ag Ghali), et désormais agissent aussi dans le centre (Front de libération du Macina), dans la région de Tombouctou (AQMI), ou dans la bande proche des frontières du Burkina Faso et du Niger (Mujao). Ansar Eddine-Sud est même à l’œuvre vers la frontière avec la Côte d’Ivoire. Les attentats de Bamako sont venus montrer la capacité de frappe de certains de ces groupes, malgré l’émiettement de leurs forces.

 

« Au-delà de leur détermination commune à faire le djihad, les liens qui unissent ces mouvements sont complexes, pas nécessairement coopératifs et sûrement pas figés », note Yvan Guichaoua, maître de conférences travaillant sur les conflits internationaux à l’université de Kent, dans « L’impasse du contre-terrorisme au Sahel », article paru sur le site The Conversation le 16 décembre. Le spécialiste de la région du Sahara tire, au sujet de cette dernière, une conclusion qui pourrait s’appliquer ailleurs sur le continent : « Les composantes de la nébuleuse djihadiste ne répondent pas au même commandement et ne sont pas à l’abri de dysfonctionnements organisationnels. Le nombre de leurs combattants, puisés à des viviers distincts, est faible et leur niveau d’équipement variable. (…) Les ériger en machine de guerre uniforme et irrépressible satisferait probablement leur appétit de reconnaissance mais ne correspondrait pas à la réalité. »

 

L’irruption de l’Etat islamique dans cette galaxie fractionnée menace-t-elle d’unifier les troupes dispersées au point de changer la nature du djihadisme en Afrique ? Peut-être la question est-elle aussi artificielle que cette unité introuvable, diluée sans cesse dans les dynamiques locales.

 

Par Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)/ Le Monde.fr / Le 22.01.2016 / Mis à jour le 26.01.2016

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/01/22/comment-l-etat-islamique-est-parti-a-l-assaut-de-l-afrique_4852085_3212.html

 

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