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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

RETROSPECTIVES


Publié le 17/04/2015 à 02:47:13
AFRIQUE/ DETRESSE ET MAUVAISE GOUVERNANCE/ REFUGIES ECONOMIQUES : ces pays en difficulté étouffés par des milliers de réfugiés économiques et politiques




0.1 – « Un record de migrants secourus en février : Pour la seule journée du dimanche 15 février, les secours italiens ont sauvé 2 164 migrants en provenance des côtes libyennes en direction de l’Europe via l’Italie. Une vaste opération de sauvetage au large de l'île de Lampedusa avait permis de recueillir sains et saufs tous les migrants répartis dans douze canots de fortune. Cette journée fut un record puisque la moyenne journalière des derniers mois se chiffre à 400. Deux jours plus tôt, le 13 février, 600 autres migrants avaient été secourus tout près des côtes de la Libye alors que 330 autres ont perdu la vie. Cette hausse du nombre de migrants coïncide avec le chaos qui règne comme jamais en Libye, pays dirigé par deux gouvernement rivaux. Les passeurs profitent de cette situation pour multiplier les voyages en direction de l'Europe. Un marché très lucratif pour ces derniers, mais souvent mortel pour les migrants. »


 

0.2 – « Dans beaucoup de pays africains, l’immigré est perçu comme propagateur de fléaux aussi bien sociaux qu’économiques. C’est toujours l’étranger qui est accusé d’avoir introduit le sida : à Brazzaville, ceux qui ont été accusés étaient les ressortissants de la République démocratique du Congo (toujours appelés “Zaïrois” par les Brazzavillois). De même pour le vol : “Presque tous les vols commis à Brazzaville étaient imputés à des Zaïrois car leur pays symbolisait le règne de la délinquance et de la criminalité urbaines.” En Afrique du Sud, les immigrés africains sont tenus responsables non seulement du vol des emplois mais également de la prostitution et du crime organisé. Ainsi, dans les sociétés d’accueil africaines, selon les mots d’un chercheur gabonais, “au mythe de la spoliation économique s’ajoute celui de la perversion sociale d’origine étrangère”. Même dans un pays d’émigration importante comme le Mali, où “l’aventure” et la vie migrante sont depuis longtemps des éléments intégrés au tissu social, les étrangers africains sont les premiers à être accusés d’activités sinistres de la plus absurde variété, une hystérie à l’égard des “rétrécisseurs de sexe” balaie ainsi périodiquement la région. Le mal arrive toujours d’Ailleurs. »

 

Des migrants arrivent au port d'Empedocle, en Sicile, le 13 avril 2015. 


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1 - L'Italie enregistre un nombre record de migrants clandestins venus d'Afrique par la mer

 

Le nombre de migrants clandestins qui ont traversé la Méditerranée entre l’Afrique et l’Italie a explosé au début de l'année 2015 : une hausse de 43 % par rapport à l’an dernier. Un bond spectaculaire qui s’explique, entre autres, par la situation chaotique en Libye. En janvier et février 2015, quelque 7 882 migrants en provenance d’Afrique ont débarqué sur les côtes italiennes, contre 5 512 l’année précédente. Il s’agit d'une hausse considérable de 43 %, selon les chiffres officiels du ministère italien de l’Intérieur. En 2014, plus de 165 000 migrants clandestins avaient débarqué sur les côtes italiennes. Un record qui pourrait être facilement battu en 2015...

Car les tentatives d'immigration clandestine se multiplient. En moins de 24 heures mardi, 7 opérations de secours ont été menées par les garde-côtes italien : 941 migrants ont été sauvés dans le canal de Sicile, entre la grande île italienne et la côte de l'Afrique du nord.



Un record de migrants secourus en février

Pour la seule journée du dimanche 15 février, les secours italiens ont sauvé 2 164 migrants en provenance des côtes libyennes en direction de l’Europe via l’Italie. Une vaste opération de sauvetage au large de l'île de Lampedusa avait permis de recueillir sains et saufs tous les migrants répartis dans douze canots de fortune. Cette journée fut un record puisque la moyenne journalière des derniers mois se chiffre à 400. Deux jours plus tôt, le 13 février, 600 autres migrants avaient été secourus tout près des côtes de la Libye alors que 330 autres ont perdu la vie. 

Cette hausse du nombre de migrants coïncide avec le chaos qui règne comme jamais en Libye, pays dirigé par deux gouvernement rivaux. Les passeurs profitent de cette situation pour multiplier les voyages en direction de l'Europe. Un marché très lucratif pour ces derniers, mais souvent mortel pour les migrants.

 

(Avec AFP) / 05/03/2015 / Par Jeune Afrique


http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20150305154105/italie-immigration-lampedusa-immigration-clandestinel-italie-enregistre-un-nombre-record-de-migrants-clandestins-venus-d-afrique-par-la-mer.html


 


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Xenophobia

 

2 - Afrique du Sud : le président Zuma appelle à l’arrêt des violences xénophobes

 

Le président sud-africain Jacob Zuma a lancé jeudi un appel au calme et à la fin des attaques xénophobes, alors que, après Durban ces derniers jours, des magasins tenus par des étrangers ont été attaqués mercredi soir à Johannesburg. «Nous condamnons les violences dans les termes les plus forts. Nous appelons au calme et à l’arrêt des violences», a lancé le chef de l’Etat lors d’une allocution solennelle au parlement, retransmise en direct à la télévision. «Aucun niveau de frustration ou de colère ne peut justifier des attaques contre les ressortissants étrangers et le pillage de leur commerces», a insisté le chef de l’Etat. 


Les violences xénophobes dans les faubourgs de Durban, le grand port sud-africain sur l’Océan indien, ont fait au moins six morts depuis début avril. Les émeutiers accusent souvent les étrangers de prendre le travail des Sud-Africains, ou de faire une concurrence déloyale aux commerçants locaux, dans des townships où le taux de chômage atteint voire dépasse 40%. De fait, plusieurs millions de migrants africains ont afflué depuis des années en Afrique du Sud, l’économie la plus structurée du continent, pour fuir soit des conflits, soit la misère. Les communautés zimbabwéenne, mozambicaine, malawite et du RDCongo sont particulièrement nombreuses.

Mercredi dans la soirée, c’est à Johannesburg que des magasins tenus par des étrangers ont été attaqués et pillés. Plusieurs dizaines de personnes ont trouvé refuge pour la nuit au commissariat de police le plus proche et nombre d’immigrés africains, terrorisés par les messages et les photos qui circulent sur les réseaux sociaux, se terrent chez eux depuis quelques jours.

 

«Les suspects sont entrés dans des magasins tenus par des étrangers et deux personnes ont été blessées dans ces incidents», a indiqué la police, précisant que six personnes avaient été arrêtées pour violences publiques et violation de domicile. Jeudi, au moins 4.000 personnes ont marché contre la xénophobie à Durban, à l’appel des autorités locales, qui avaient loué des bus pour l’occasion afin de permettre aux habitants des townships de venir manifester. Au départ de la marche, la police a dû faire usage de gaz lacrymogènes pour disperser quelques dizaines de contre-manifestants. L’incident a duré quelques minutes. «Nge xenophobia Phansi!» et «Hlanganai maAfrika!» («A bas la xénophobie» et «Afrique unie» en zoulou), ont scandé les manifestants, sous des pancartes proclamant «peace and love» et autres slogans pacificateurs.

 


- 'Régulièrement, ça explose' -

Venu dans l’un des mini-bus spécialement affrétés, Eric Machi, 34 ans, se désole d’autant plus de la situation qu’il louait des logements à quatre familles de Zimbabwéens et Malawites, pour un revenu total de 6.000 rands par mois (466 euros). «Nous essayons de faire la paix avec ces gens qui viennent d’Afrique», dit-il, «ils étaient mes locataires et maintenant ils sont partis. Certains la semaine dernière, d’autres depuis lundi. Ils travaillaient. Je ne sais pas ce qu’ils faisaient mais ils payaient régulièrement» dit cet électricien au chômage, père de deux enfants. Cette démonstration de bonne volonté n’a cependant pas convaincu tout le monde. «C’est de la propagande. Ils ne sont pas pour la paix, ils nous tuent beaucoup» dit en français Aicha Nibigira, une Burundaise de 20 ans, debout devant sa porte au passage du cortège.


Sany Singh, 75 ans et membre de l’ANC, le parti au pouvoir, espère en revanche que cette manifestation «lancera un signal fort et clair que les attaques xénophobes ne peuvent pas continuer». Des incidents similaires avaient endeuillé Soweto, la banlieue de Johannesburg, en janvier, faisant six morts. Et personne n’a oublié les quelque 60 personnes tuées dans les pires émeutes xénophobes d’Afrique du Sud en 2008. «Régulièrement, ça explose», observe Ali Abdi, un vendeur de vêtements somalien de Durban, 38 ans. «En ce moment c’est calme, mais à tout moment, cela peut arriver. Il n’y a pas juste une seule raison à ça. En partie, c’est la haine de l’étranger, surtout Africain. En partie c’est de la jalousie».

Mercredi, l’ANC, le parti au pouvoir, avait condamné dans des termes virulents cette nouvelle explosion de violence. «Nous, Sud-Africains, qui sommes pour notre grande majorité enracinés dans des valeurs d’humanité, de solidarité et de fraternité, nous sommes contraints une fois de plus de baisser la tête de honte face à ces attaques malveillantes et injustifiées».

 

AFP 16 avril 2015/ Mis à jour : 16 avril 2015

 

http://www.liberation.fr/monde/2015/04/16/manifestation-a-durban-contre-la-xenophobie-nouveaux-incidents-a-johannesburg_1242814


 


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3 - Afrique du Sud : Durban se mobilise contre la xénophobie

 

Ils sont plusieurs milliers à manifester jeudi à Durban pour dénoncer la vague d'attaques contre les ressortissants étrangers installés dans la ville.

 

Mobilisation

Des milliers de Sud-Africains défilaient jeudi 16 avril dans le centre de Durban pour manifester contre la vague de violence xénophobe. Plusieurs ministres participaient à cette marche organisée par la municipalité. Ils ont pris la parole lors d'un meeting qui a lieu en marge de la manifestation. L'Union nationale des mineurs (NUM) s'est associée à la mobilisation. Son porte-parole a dénoncé la "violence xénophobe" appelant "l'État à la juguler". Depuis deux semaines en Afrique du Sud, des ressortissants étrangers installés dans la ville de Durban, en majorité des Africains, sont la cible d’attaques répétées. Plusieurs dizaines de commerces tenus par des Somaliens ont été pillés lundi 13 avril. Le bilan de la police fait état de 4 morts. En réaction, le Kenya a annoncé qu'il envisageait de rapatrier ses concitoyens.



Provocations

Une première poussée de violence avait mis à la rue quelque 250 immigrés, pour la plupart venus de République démocratique du Congo, le 31 mars au sud de Durban. Des événements survenus quelques jours après que le roi des Zoulous, Goodwill Zwelithini, la plus haute autorité traditionnelle du KwaZulu-Natal - la province où est située Durban -, eut appelé les étrangers à "faire leurs bagages et quitter" l'Afrique du Sud.

Le propre fils du président Jacob Zuma, Edward, lui a donné raison quelques jours plus tard. Les exactions contre les étrangers sont courantes en Afrique du Sud. Une explosion de violences avait fait 62 morts en 2008. La situation s'est nettement calmée depuis, mais des incidents sporadiques n'ont jamais cessé dans les townships, visant surtout des Bangladais, des Somaliens et des Éthiopiens, dont les magasins sont régulièrement pillés.

 

Plusieurs centaines de boutiques tenues par des immigrés ont notamment été mises à sac en janvier à Soweto, le grand township de Johannesburg, des troubles qui ont fait une demi-douzaine de morts. Les petits commerçants étrangers sont très nombreux dans les quartiers populaires sud-africains, où ils tiennent des épiceries et toutes sortes d'échoppes. Les agresseurs sont souvent des concurrents locaux - qui les accusent de casser les prix - ou des chômeurs leur reprochant de voler le travail des Sud-Africains.



Réaction du gouvernement

Le gouvernement a mis du temps à réagir. Le président sud-africain Jacob Zuma a lancé un appel au calme et à la fin des violences xénophobes dans son pays, jeudi lors d'un allocution solennelle devant le Parlement. "Nous condamnons les violences dans les termes les plus forts. Nous appelons au calme et à l'arrêt des violences", a-t-il dit devant les députés. "Aucun niveau de frustration ou de colère ne peut justifier des attaques contre les ressortissants étrangers et le pillage de leur commerces", a insisté le chef de l'Etat. "Ces attaques violent toutes les valeurs qu'incarne l'Afrique du Sud, (...) notre pays se dresse contre toutes les intolérances: le racisme, la xénophobie, l'homophobie, le sexisme", a-t-il ajouté.

 

Avant lui, le 12 avril, Mac Maharaj, porte-parole du président Zuma, avait appelé les Sud-Africains à condamner ces violences : "Le président condamne avec fermeté toute violence contre les étrangers, les destructions et les pillages de commerces à Durban. Les étrangers ne vivent pas tous illégalement dans notre pays. De nombreux étrangers ont des papiers en règle et contribuent de façon significative à l'économie et au développement de l'Afrique du Sud, et respectent les lois de ce pays."

Les autorités ont ensuite envoyé un groupe de travail à Durban pour tenter de juguler les violences.

 

(Avec AFP) / 16/04/2015 / Par Jeune Afrique

 

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20150416113332/



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4 - Insécurité : le témoignage d'une expatriée en Afrique du Sud

 

Le plus dynamique des pays africains est gangréné par une criminalité de nature à effrayer les étrangers et plus particulièrement les expatriés. Mais en prenant des précautions et en acquérant des réflexes, on peut s’habituer à une telle réalité, ainsi que l’explique Sophie Ferrand-Hazard, conseiller à l'Assemblée des Français de l’étranger à Johannesburg. Le Niger, où des bandes armées ont enlevé cinq expatriés au service de groupes français, fait partie des pays en proie à des risques de nature politique. Des barils de poudre, où la situation peut s’avérer, soudain, explosive.


Mais il est d’autres pays réputés dangereux, où les étrangers et les expatriés sont cernés par des menaces qui n’ont rien à voir avec des tensions politiques ou idéologiques. Au Brésil, au Venezuela, en Afrique du Sud, entre autres pays, se développe une criminalité alimentée par la pauvreté et le chômage. Autour de nouveaux de îlots de prospérité subsistent des poches de misère (favelas, bidonvilles, townships, selon les pays) grouillantes de gens qui n’arrivent pas à s’en sortir et dont certains ne peuvent survivre qu’en transgressant, violemment, les barrières sociales ainsi érigées. Ces forts contrastes génèrent une insécurité latente pour les autochtones comme pour les gens venus d’ailleurs. De tels pays, admettons-le, souffrent d’une très mauvaise image de marque (exacerbée par les médias occidentaux). Les étrangers qui s’y fixent à titre professionnel doivent s’habituer à une réalité sociale parfois déstabilisante au quotidien.




«Les étrangers ne sont pas la cible exclusive»
«Il s’agit d’une criminalité d’opportunité», intervient Sophie Ferrand-Hazard. Consultante, participant à l’organisation de salons professionnels, Sophie Ferrand-Hazard vit depuis treize ans à Johannesburg, où de surcroît elle a été élue conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger. En fait, elle est née en Afrique, mais dans un tout autre pays, à Abidjan. Cette expatriée s’empresse de préciser: «Les étrangers ne sont pas la cible exclusive des voyous de tout poil, qui s’attaquent aussi aux populations locales.» 

Sophie Ferrand-Hazard se définit comme «optimiste, réaliste, et cependant toujours en alerte». Certes, la petite criminalité qui prolifère sur place est une réalité incontournable. Mais les expatriés peuvent apprendre à apprivoiser leurs appréhensions et à dompter leurs craintes. Il suffit, affirme Sophie Ferrand-Hazard, d’acquérir certains réflexes. «La nuit, par exemple, je m’arrange pour ne jamais m’arrêter à un feu rouge quand j’aborde un carrefour.»

Autre conseil : «Si un chauffeur est attaqué par des voleurs ou des gangs, il ne doit pas regarder ses agresseurs dans les yeux. Il faut qu’il descende sa ceinture – pour l’ouvrir - sans jamais cacher ses mains car les assaillants, dans le cas contraire, pourraient penser qu’il a l’intention de se défendre au moyen d’une arme.» La consigne, en somme, est de ne jamais susciter de provocations inutiles face à des voleurs susceptibles de recourir à la violence. D’autant plus que le port d’arme, dans un pays comme l’Afrique du Sud, est peu contrôlé. Mieux vaut se faire voler sa voiture plutôt que de perdre la vie en essayant d’opposer une résistance à ses détrousseurs.


 


Des bandits armés jusqu’aux dents
A Johannesburg en particulier, une nouvelle forme de banditisme est apparue ces dernières années : des gangs organisés, qui n’ont rien à voir avec les voleurs habituels de sacs à main ou de Rolex dans les rues. Il arrive que de riches familles, aussi bien des expatriés que des Sud-Africains appartenant à une bourgeoisie en plein essor, reçoivent la visite de bandits chez elles. Armés jusqu’aux dents, les intrus prennent les occupants en otage, afin de faire une moisson de bijoux, de biens personnels de valeur et de cartes de crédit.

Les associations françaises sur place, en concertation avec les services des consulats et de l’ambassade, veillent à donner aux nouveaux arrivants de judicieux conseils pour prévenir tout danger. «Et puis, ajoute Sophie Ferrand Hazard, les cadres et les dirigeants opérant pour le compte de multinationales (200 groupes tricolores investissent en Afrique du Sud) se voient offrir, par leur employeur, des expertises quant à la sécurité dans leur résidence. Des spécialistes vérifient si les systèmes d’alarme fonctionnent correctement, si les portes ferment bien, si les faisceaux lumineux dans les jardins se déploient normalement, etc.»


Le bon côte des choses…
Malgré tout, certaines sociétés et administrations françaises sur place ont du mal à attirer les expatriés dont elles auraient besoin, en raison de la phobie qu’une telle insécurité peut inspirer. Il arrive même que certains, n’arrivant pas à se faire à leur nouvelle terre d’accueil, repartent prématurément en France.

Mais en général, les Français qui vont travailler dans un pays tel que l’Afrique du Sud se laissent subjuguer par les nombreux avantages qu’offrent une économie émergente allant de pair avec une culture fondée sur d’autres valeurs. Cet état, convient-il de rappeler, concentre 40 % du PIB africain. «Ici, il y a de l’espace, revendique Sophie Ferrand Hazard, et on sent bien que le pays tout entier est en train de croître, avec un appel d’air pour les compétences que peuvent apporter les étrangers. En Afrique du Sud, les entrepreneurs sont bien vus.»

 

Par Yann Le Houelleur - Publié le 17 septembre 2010, à 16h34

 

http://www.usinenouvelle.com/article/insecurite-le-temoignage-d-une-expatriee-en-afrique-du-sud.N138460



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5 - Repli sur soi et ouverture vers l’autre dans l’Afrique du Sud contemporaine

 

Cet article met en perspective deux recherches menées au sein d’un même quartier de Johannesburg, Yeoville, qui a connu des transformations sociales et urbaines majeures dans la période post-apartheid. Les nouvelles migrations africaines venues de la République démocratique du Congo, du Congo-Brazza, du Cameroun, du Sénégal, du Mali, de Côte d’Ivoire, du Ghana, du Nigeria, du Kenya, d’Ouganda, de Somalie, d’Éthiopie et d’Érythrée transitent et résident ici comme dans la majorité des autres quartiers centraux de Johannesburg. Omniprésents dans les discours et les représentations médiatiques ou dans les conversations des Sud-africains, a fortiori lors de la multiplication des violences à leur encontre en mai dernier, ces étrangers sont rendus visibles par le vêtement, les lieux de sociabilité, les étals, les enseignes et les langues qu’ils emploient.



Nous proposons d’éclairer les relations entre ces migrants – et entre étrangers et sud-africains – dans un contexte urbain où la classique opposition entre établis et outsiders prend un tour d’autant plus complexe qu’une partie des migrants rencontrés envisage Johannesburg comme une étape tandis qu’une partie des autochtones sont nouveaux venus dans la ville (naguère officiellement réservée au Blancs) en provenance des campagnes et des anciens bantoustans.

Menées dans le cadre du programme Mitrans, cette enquête de C. Ludl se fonde sur une démarche ethnographique, dans le prolongement de ses recherches sur les migrants venus de la Vallée du Fleuve Sénégal. Associant enquête ethnographique et entretiens non-préstructurés, elle met au jour les représentations que Sénégalais et Maliens ont de l’Afrique du Sud, du quartier et de ses habitants, à partir desquelles ils développent des stratégies de contrôle de l’espace et des relations sociales. Tout en développant ces stratégies, certains migrants cherchent à partir ailleurs dans la poursuite d’objectifs liés à leurs représentations de la réussite.

 

Christine Ludl// Représentation(s) de la mobilité et insertion des migrants sénégalais et maliens à Johannesburg1

 

http://transcontinentales.revues.org/790


(ISRAEL : Des migrants africains manifestent devant le centre de détention de Holot, en février 2014)


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6 - Insécurité existentielle et boucs émissaires

 

Un peu partout sur le continent africain, les immigrés originaires d’Afrique de l’Ouest sont victimes de violences et de discriminations. En Afrique du Sud, en Côte d’Ivoire ou en République du Congo, le ressentiment monte parmi les populations autochtones. Dans un contexte de crise économique, elles reprochent aux migrants d’accaparer les emplois. C’est le cas à Brazzaville, où il est difficile pour les Ouest-Africains de s’intégrer. Plongés dans une société qui les rejette, ces migrants vivent une insécurité aux multiples visages.

 

(…) Les immigrés ouest-africains à Brazzaville vivent aujourd’hui dans ce que j’appelle un état d’insécurité existentielle. Pour eux, l’étranger africain ne peut jamais être à l’aise sur le sol congolais. Sa vie sera peut-être un jour interrompue de manière insolite et arbitraire simplement à cause de son statut d’étranger. Une relance de la guerre, un changement de gouvernement ou même un match de football… L’émigré risque à tout moment de perdre tous ses biens et de se voir expulsé du pays. “Pour un Congolais, tout immigré dans son pays peut être chassé n’importe quand. Il faut s’attendre au rapatriement à tout moment”, affirme Tiékoro, immigré malien de 70 ans. “Ceux qui sont venus récemment ne comprennent pas, mais moi j’ai vécu les évènements de 1977, je comprends.

 

Il n’y a aucun document et aucun processus de naturalisation qui puisse totalement dissoudre cette insécurité, qui se transmet d’ailleurs de génération en génération. Pour beaucoup d’enfants et petits-enfants d’immigrés africains, l’intégration à la société congolaise reste toujours partielle, sinon inaccessible. KadiFatou, 44 ans, fille d’un père sénégalais et d’une mère congolaise, se trouve bloquée dans sa carrière de fonctionnaire. “Quand tu es étranger [sic] travaillant dans une administration, il y a toujours une différence, tu vois ? …Tu peux mériter une position à la direction, mais la première chose qu’ils verront, c’est que tu es étranger. Même avec la nationalité congolaise, avec ton nom… quelqu’un avec un nom congolais aura plus de chance que toi.

 

L’influence croissante des appartenances ethniques et régionales sur la gestion de l’État fait que la nationalité et la citoyenneté moderne au Congo sont aujourd’hui presque dénuées de signification. De plus en plus, l’identité nationale se base non pas sur un fond bureaucratique (documents officiels, etc.) mais sur l’autochtonie. C’est le sang et pas le passeport qui fait le Congolais, surtout quand ce sang s’accompagne d’un patronyme du pays.

 

Les Ouest-Africains de Brazzaville savent bien que cette question dépasse les frontières congolaises. Confrontés à l’impossibilité de l’intégration, ils s’attendent à des mauvais traitements un peu partout sur le continent. “Tu sais, j’ai vécu au Togo, au Ghana, c’est toujours la même chose entre les immigrés et les indigènes”, affirme Fanta, Malienne de 22 ans, déjà forte de dix années d’expérience de vie émigrée. “S’il y a une dispute entre toi et un Ghanéen [au Ghana] et tu te plains aux autorités, rien n’arrivera. C’est pareil au Togo et au Bénin”.



Dans beaucoup de pays africains, l’immigré est perçu comme propagateur de fléaux aussi bien sociaux qu’économiques. C’est toujours l’étranger qui est accusé d’avoir introduit le sida : à Brazzaville, ceux qui ont été accusés étaient les ressortissants de la République démocratique du Congo (toujours appelés “Zaïrois” par les Brazzavillois)16. De même pour le vol : “Presque tous les vols commis à Brazzaville étaient imputés à des Zaïrois car leur pays symbolisait le règne de la délinquance et de la criminalité urbaines17.” En Afrique du Sud, les immigrés africains sont tenus responsables non seulement du vol des emplois mais également de la prostitution et du crime organisé18. Ainsi, dans les sociétés d’accueil africaines, selon les mots d’un chercheur gabonais, “au mythe de la spoliation économique s’ajoute celui de la perversion sociale d’origine étrangère19”. Même dans un pays d’émigration importante comme le Mali, où “l’aventure” et la vie migrante sont depuis longtemps des éléments intégrés au tissu social, les étrangers africains sont les premiers à être accusés d’activités sinistres de la plus absurde variété, une hystérie à l’égard des “rétrécisseurs de sexe” balaie ainsi périodiquement la région20. Le mal arrive toujours d’Ailleurs.

 

On observe davantage en Afrique une “tendance croissante vers l’autochtonie comme critère décisif pour les droits sous l’État postcolonial21. Étant donné l’écroulement de la citoyenneté dans beaucoup de ces pays, on peut être citoyen dans tous les sens du terme – bénéficier de la sécurité durable, participer à la vie politique, devenir candidat – uniquement là où l’on réussit à démontrer une affiliation dite ancestrale. L’insécurité existentielle des immigrés africains aujourd’hui découle surtout de cette tendance à favoriser l’autochtonie. De là, un paradoxe fondamental pour un grand nombre de migrants sur le continent : si la vie chez soi est rendue impossible par la sécheresse, le conflit ou le manque d’emploi, c’est seulement “là-bas” que l’on peut vraiment se considérer… “chez soi”.(…)

 

Bruce Whitehouse

 

http://hommesmigrations.revues.org/317



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7 - Naufrage en Méditerranée : au moins 400 migrants africains disparus, selon des survivants

 

Quelque 400 migrants seraient morts dans le naufrage d'une embarcation de fortune dimanche en mer Méditerranée, selon les témoignages des survivants. Une tragédie qui pourrait être encore plus grande que celle de Lampedusa en 2013. Le nombre de migrants africains qui sombrent dans les eaux de la Méditérannée ne cesse d'augmenter... Dimanche, 400 personnes auraient péri dans le naufrage de leur embarcation au large des côtes libyennes. C'est ce qu'ont rapporté des survivants débarqués mardi en Italie et interrogés par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l'ONG Save the Children.

 

"Selon les témoignages recueillis ces dernières heures parmi les 150 survivants débarqués à Reggio Calabria, parmi lesquels quelques mineurs, il y aurait environ 400 victimes dans ce naufrage intervenu 24 heures après le départ des côtes libyennes", a annoncé l'ONG dans un communiqué. Selon les premiers témoignages, entre 500 et 550 personnes se trouvaient à bord du bateau qui s'est renversé. "Nous sommes en train d'enquêter pour comprendre la dynamique du naufrage", a expliqué à l'AFP Flavio Di Giacomo, porte-parole de l'OIM en Italie. Ce nouveau drame pourrait porter à 900 le nombre de morts enregistrés par l'OIM depuis le début de l'année, contre 47 pour la même période en 2014. 


 


Une mer cimetière

Si l'enquête confirme les dires des survivants, le bilan de cette tragédie serait encore plus lourd que celui de Lampedusa. En octobre 2013, 366 migrants se sont noyés dans la Méditerranée, devenue un véritable cimetière de candidats à l'immigration clandestine. Mardi, les garde-côtes italiens ont annoncé avoir secouru près de 8 000 migrants en Méditerranée depuis vendredi 10 avril. Pour les seuls jours de dimanche et lundi, ils ont porté secours à 42 bateaux chargés au total de plus de 6 500 migrants. Ils avaient annoncé avoir secouru 144 personnes et retrouvé 9 corps après le naufrage de l'une des embarcations. Depuis le début du mois d'avril, plus de 10 500 arrivées ont été enregistrées en Italie.



La réaction d'Amnesty International

Ce nouveau naufrage, s'il est avéré, rappelle avec "horreur" que "rien n'est réglé en Méditérranée", déplore Amnesty International. L'ONG accuse l'Union européenne d'avoir tourné le dos à ses responsabilités en remplaçant l'opération de sauvetage Mare Nostrum, qui avait sauvé 17 000 vies, par une simple mission de surveillance. "Seule une opération de sauvetage coordonnée au niveau européen est à même de répondre aux défis immédiats qui se posent : sauver des vies de la noyade. Aucune autre proposition ne peut être une solution ! Nous en appelons d'ailleurs à François Hollande", s'indigne Jean-François Dubost, responsable du programme Personnes déracinées à Amnesty International France.

 

(Avec AFP) / 15/04/2015/ Par Jeune Afrique

 

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20150415094424/naufrage-immigration-clandestine-m-dit-rran-e-italienaufrage-en-m-diterran-e-au-moins-400-migrants-africains-disparus-selon-des-survivants.html



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8 - « Pourquoi leurs citoyens ne sont-ils pas dans leurs pays ? »  : Jacob Zuma sur la xénophobie en RSA

 

Alors que son pays est montré du doigt après les violences xénophobes, le président sud-africain Jacob Zuma a interpellé lundi ses voisins africains, leur imputant les causes de l’immigration massive en Afrique du Sud. « Mon opinion, c’est que ces problèmes doivent être discutés à l’UA (Union africaine), parce que si nous avons peut-être un problème de xénophobie, nos pays frères y ont contribué. Pourquoi leurs citoyens ne sont-ils pas dans leurs pays? », s’est interrogé le président sud-africain lors d’une allocution prononcée à Pretoria à l’occasion de la fête nationale.


 


« Certaines des questions soulevées par les représentants des ressortissants étrangers doivent vraiment être discutées, d’abord à la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe, ndlr), et aussi à l’Union africaine », a relevé le chef d’État, qui a consulté à tout-va ces derniers jours après les violences qui ont fait au moins sept morts depuis début avril à Durban et Johannesburg. « Certains d’entre eux ont eu de très graves accusations à l’encontre de leurs propres pays, expliquant pourquoi ils sont en Afrique du Sud », a souligné M. Zuma. « Certains d’entre eux nous ont même averti qu’il est presque certain qu’une nouvelle vague de réfugiés va arriver, vu l’évolution de la situation dans leurs pays », a-t-il ajouté. « Je ne crois pas qu’il faille avoir l’air critique envers d’autres gouvernements, nous ne le pouvons pas », a modéré le président.


Les réactions ont parfois été violentes dans le reste du continent après la vague d’agressions contre les étrangers en Afrique du Sud, qui ont majoritairement ciblé des Africains. Des appels au boycott des produits sud-africains se sont multipliés, tandis que le Nigeria a rappelé son ambassadeur à Pretoria. Condamnant une fois de plus ces débordements, Jacob Zuma a rappelé que les immigrés contribuaient à l’activité économique du pays. Il a cependant dénoncé un renforcement de l’immigration clandestine, les sans-papiers étant souvent accusés d’accepter du travail moins bien payé. « Nous devons nous attaquer aux causes profondes de la violence et des tensions, qui sont l’héritage de la pauvreté, du chômage et des inégalités dans notre pays et sur notre continent, et de la concurrence pour des ressources limitées », a relevé le chef de l’Etat.

 

Les violences xénophobes qui ont secoué les agglomérations de Durban et de Johannesburg pendant les trois premières semaines d’avril ont fait officiellement sept morts et des milliers de déplacés. Aucun incident sérieux n’a été signalé depuis une semaine, alors que l’armée sud-africaine a été déployée sur certains points chauds pour prévenir tout débordement. Elle a encore effectué deux raids avec la police lundi à Johannesburg.

 

AFP/ Coralie Kienge

 

http://coraliekiengeshow.com/2015/04/27/pourquoi-leurs-citoyens-ne-sont-ils-pas-dans-leurs-pays-jacob-zuma-sur-la-xenophobie-en-rsa/


 


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9 - Violences xénophobes en Afrique du Sud : le Président Zuma se défend

 

A l’occasion des 21 ans d’élections démocratiques en Afrique du Sud, le Président Jacob Zuma s’est défendu contre les critiques des pays africains sur son impuissance à empêcher les émeutes xénophobes. Le Président sud-africain Jacob Zuma a vanté l’évolution positive de la situation en Afrique du Sud, depuis la fin de l’apartheid. Le chef de l’Etat s’est défendu contre [les attaques de nombres de pays africains le critiquant au sujet de sa gestion des émeutes xénophobes. Il s’exprimait, lundi, au siège du gouvernement, à Pretoria, à l’occasion des 21 ans d’élections démocratiques dans le pays.

Jacob Zuma a attaqué les pays africains qui avaient critiqué l’Afrique du Sud et sa gestion des violences xénophobes de ces dernières semaines. Il leur a indiqué que ces pays devraient se demander pourquoi leurs ressortissants quittent leur propre pays. « Il est certainement vrai que nous avons un problème, mais nos pays frères y contribuent également. (...) Pourquoi leurs ressortissants ne sont-ils pas dans leur pays ? », s’est-il demandé, rapporte Xinhua.

 


Supprimer la colère qui l’anime

Il a invité son peuple à supprimer la colère qui l’anime. « Nous avons besoin d’un traitement psychologique au niveau du pays pour tourner le dos à cette colère », a-t-il précisé. Il a insisté sur les « grands succès » que rencontrent le pays depuis 1994 tout en reconnaissant le fort taux de chômage qui est de plus de 24% et le fait qu’un cinquième des 54 millions d’habitants du pays vivent sous le seuil de pauvreté.

Jacob Zuma a mis en place le Comité interministériel sud-africain sur les migrations (IMC), qui regroupe plusieurs ministères, pour enquêter sur les causes fondamentales des attaques xénophobes. Le ministre de la Présidence, Jeff  Radebe, a indiqué, mardi, que le gouvernement poursuivra ses efforts jusqu’à ce que tous les criminels responsables des émeutes xénophobes soient derrières les barreaux.

 

mercredi 29 avril 2015 / par Frédéric Schneider

 

http://www.afrik.com/violences-xenophobes-en-afrique-du-sud-le-president-zuma-se-defend




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