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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

RETROSPECTIVES


Publié le 26/04/2015 à 22:42:02
MONDE/ GENOCIDE ARMENIEN / CRIME CONTRE L’HUMANITE : au-delà du négationnisme, quelle approche constructive pour les milliers de victimes et leurs descendants ?




1 – « Un siècle s’est écoulé depuis l’horrible massacre qui fut un véritable martyre de votre peuple, dans lequel beaucoup d’innocents sont morts en confesseurs et martyrs pour le nom du Christ (cf. Jean-Paul II et Karekin II, Déclaration commune, Etchmiadzin, 27 septembre 2001). Il n’y a pas de famille arménienne, encore aujourd’hui, qui n’a pas perdu un être cher dans ces évènements : ce fut vraiment le « Metz Yeghern », le « Grand Mal », comme vous avez appelé cette tragédie. En cette occasion, j’éprouve un sentiment de grande proximité envers votre peuple et je désire m’unir spirituellement aux prières qui s’élèvent de vos cœurs, de vos familles, de vos communautés. »

 

 


2 – « Les commémorations officielles du centenaire du génocide arménien ont lieu ce vendredi dans la capitale arménienne, Erevan. Ce 100ème anniversaire du génocide de 1915, perpétré par les Turcs ottomans, est organisé au lendemain de la canonisation par l'Eglise arménienne des 1,5 million de morts dans ces massacres et malgré les critiques de la Turquie qui rejette le terme de génocide. La ville, elle, est prête pour ce jour du souvenir. Des myosotis partout dans la capitale arménienne, sur des banderoles, en autocollants à l'arrière des voitures, ou encore en affiches géantes. Myosotis, une fleur appelée ici "ne m’oubliez pas", symbole de la commémoration du génocide, elle porte cinq pétales. Cinq comme autant de continents où la diaspora s’est établie.»

 


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1 - MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS AUX ARMÉNIENS

 

Chers frères et sœurs Arméniens,

Un siècle s’est écoulé depuis l’horrible massacre qui fut un véritable martyre de votre peuple, dans lequel beaucoup d’innocents sont morts en confesseurs et martyrs pour le nom du Christ (cf. Jean-Paul II et Karekin II, Déclaration commune, Etchmiadzin, 27 septembre 2001). Il n’y a pas de famille arménienne, encore aujourd’hui, qui n’a pas perdu un être cher dans ces évènements : ce fut vraiment le « Metz Yeghern », le « Grand Mal », comme vous avez appelé cette tragédie. En cette occasion, j’éprouve un sentiment de grande proximité envers votre peuple et je désire m’unir spirituellement aux prières qui s’élèvent de vos cœurs, de vos familles, de vos communautés.

 

Une occasion favorable nous est donnée de prier ensemble dans cette célébration d’aujourd’hui, au cours de laquelle nous proclamons saint Grégoire de Narek, Docteur de l’Église. J’exprime ma vive gratitude, pour leur présence, à Sa Sainteté Karekin II, Patriarche Suprême et Catholicos de tous les Arméniens, à Sa Sainteté Aram Ier, Catholicos de la Grande Maison de Cilicie, et à Sa Béatitude Nerses Bedros XIX, Patriarche de Cilicie des Arméniens Catholiques.

 

Saint Grégoire de Narek, moine du Xème siècle, a su exprimer plus que tout autre la sensibilité de votre peuple. Donnant une voix au cri, qui devient prière, d’une humanité souffrante et pécheresse, opprimée par l’angoisse de sa propre impuissance mais illuminée par la splendeur de l’amour de Dieu et ouverte à l’espérance de son intervention salvifique, capable de transformer toute chose. « Dans l’attente certaine de sa puissance, je crois avec une indubitable espérance, me confiant dans la main du Tout Puissant… que je le verrai, Lui en personne, grâce à sa miséricorde et à sa pitié, et que j’hériterai du Ciel » (Saint Grégoire de Narek, Livre des Lamentations, XII).

 

Votre vocation chrétienne est très ancienne et remonte en 301, année où saint Grégoire l’Illuminateur a conduit l’Arménie à la conversion et au Baptême, la première parmi les nations qui, au cours des siècles, ont embrassé l’Évangile du Christ. Cet événement spirituel a marqué de manière indélébile le peuple arménien, sa culture et son histoire dans lesquelles le martyre occupe une place prééminente, comme l’atteste de manière emblématique le témoignage sacrificiel de saint Vardan et de ses compagnons du Vème siècle.

 

Votre peuple, illuminé de la lumière du Christ et avec sa grâce, a surmonté beaucoup d’épreuves et de souffrances, animé par l’espérance qui vient de la Croix (cf. Rm 8, 31-39). Comme vous l’avait dit saint Jean-Paul II : « Votre histoire faite de souffrance et de martyre est une perle précieuse dont l’Église universelle est fière. La foi au Christ, rédempteur de l’homme, vous a infusé un courage admirable sur le chemin, souvent semblable à celui de la croix, sur lequel vous avez avancé avec détermination, dans le but de conserver votre identité de peuple et de croyants» (Homélie, 21 novembre 1987).

 

Cette foi a accompagné et soutenu votre peuple également dans le tragique événement d’il y a cent ans « que l’on considère généralement comme le premier génocide du XXème siècle» (Jean-Paul II et Karekin II, Déclaration commune, Etchmiadzin, 27 septembre 2001). Le Pape Benoît XV qui condamna comme « inutile massacre » la Première Guerre Mondiale (AAS, IX [1917],429), s’efforça jusqu’au bout de l’empêcher, reprenant les efforts de médiation déjà accomplis par le Pape Léon XIII face aux « funestes événements » des années 1894-96. Il écrivit pour cela au sultan Mahomet V, implorant que tant d’innocents soient épargnés (cf. Lettre du 10 septembre 1915), et ce fut encore lui qui, lors du Consistoire secret du 6 décembre 1915, affirma dans un vibrant désarroi : « Miserrima Armenorum gens ad interitum prope ducitur » (AAS, VII [1915], 510).

 

Faire mémoire de tout ce qui est arrivé est un devoir, non seulement pour le peuple arménien et pour l’Église universelle, mais aussi pour toute la famille humaine, afin que l’avertissement qui vient de cette tragédie nous évite de retomber dans des horreurs semblables qui offensent Dieu et la dignité humaine. Aujourd’hui également, en effet, les conflits dégénèrent parfois en violences injustifiables, attisées par l’instrumentalisation des diversités ethniques et religieuses. Tous ceux qui sont placés à la tête des Nations et des Organisations internationales sont appelés à s’opposer à de tels crimes avec une ferme responsabilité, sans céder aux ambiguïtés ni aux compromis.

 

Que cette douloureuse occasion devienne pour tous un motif de réflexion humble et sincère, et d’ouverture du cœur au pardon qui est source de paix et d’espérance nouvelle. Saint Grégoire de Narek, interprète formidable de l’âme humaine, semble prononcer pour nous des paroles prophétiques : « Je me suis volontairement chargé de toutes les fautes, depuis celle de notre premier père jusqu’à celles du dernier de ses descendants, et je me suis considéré comme responsable » (Livre des Lamentations, LXXII).

 

Combien ce sentiment de solidarité universelle nous touche ! Comme nous nous sentons petits face à la grandeur de ses invocations : « Souviens-toi, [Seigneur,]… de ceux aussi qui, parmi la race humaine sont nos ennemis, mais pour leur faire du bien : accorde leur pardon et miséricorde (…) N’extermine pas ceux qui me mordent, mais change-les ! arrache-leur la mauvaise conduite terrestre, enracine la bonne et en moi et en eux » (ibid. LXXXIII).

 

Que Dieu accorde que soit repris le chemin de la réconciliation entre le peuple arménien et le peuple turc, et que la paix advienne aussi au Nagorno Karabakh. Ce sont des peuples qui, par le passé, malgré les divergences et les tensions, ont vécu de longues périodes de cohabitation pacifique, et même dans le tourbillon des violences ont connu des cas de solidarité et d’aide réciproque. C’est seulement dans cet esprit que les nouvelles générations pourront s’ouvrir à un avenir meilleur et que le sacrifice de beaucoup pourra devenir semence de justice et de paix.

 

Pour nous, chrétiens, que ceci soit surtout un temps fort de prière, pour que le sang versé, par la force rédemptrice du sacrifice du Christ, opère le prodige de la pleine unité entre ses disciples. Qu’il renforce en particulier les liens d’amitié fraternelle qui déjà unissent l’Église Catholique et l’Église Arménienne Apostolique. Le témoignage de tant de frères et sœurs qui, sans défense, ont sacrifié leur vie pour leur foi, rapproche les diverses confessions : c’est l’œcuménisme du sang qui a conduit saint Jean-Paul II à célébrer ensemble, durant le Jubilé de l’an 2000, tous les martyrs du XXème siècle.

 

La célébration d’aujourd’hui également se situe dans ce contexte spirituel et ecclésial. Des représentants de nos deux Églises participent à cet événement ; et de nombreux fidèles dispersés partout dans le monde s’unissent spirituellement, en un signe qui reflète sur la terre la communion parfaite qui existe entre les esprits bienheureux du ciel. Avec un cœur fraternel, j’assure de ma proximité, à l’occasion de la cérémonie de canonisation des martyrs de l’Église Arménienne Apostolique qui aura lieu le 23 avril prochain en la cathédrale d’Etchmiadzin, et des commémorations qui se tiendront à Antelias en juillet.

 

Je confie à la Mère de Dieu ces intentions avec les paroles de saint Grégoire de Narek :

« O pureté des Vierges, reine des bienheureux,
Mère de l’édifice indestructible de l’Église,
Mère du Verbe immaculé de Dieu,
(…)

nous réfugiant sous la défense des ailes immenses de ton intercession,
nous levons les mains vers toi,
et avec une invincible espérance nous croyons que nous serons sauvés ».
(Panégyrique à la Vierge)

Du Vatican, 12 avril 2015

Franciscus

 

© Copyright - Libreria Editrice Vaticana

  

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/messages/pont-messages/2015/documents/papa-francesco_20150412_messaggio-armeni.html



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2 - De Strasbourg à Moscou, soutien au pape sur le « génocide arménien »

 

Le président Poutine a salué les propos du pape François sur le génocide ayant frappé le peuple arménien il y a cent ans. Plus tôt, les députés européens ont voté une résolution sur ce même sujet, mentionnant aussi le pape François. Il est rare que le Parlement européen et le Kremlin s’accordent sur un sujet. De même, il est reste exceptionnel que le pape François soit mentionné dans ces deux enceintes. Mais ses propos du dimanche 12 avril sur le génocide arménien y ont trouvé le même écho favorable. Alors qu’Ankara ne cesse depuis de dénoncer, au plus haut niveau, cette qualification des événements, le président Vladimir Poutine a estimé que le pape est « la seule autorité à pouvoir parler à n’importe qui sur la planète ». Le président russe réagissait, en direct à la télévision, à une question sur la crise diplomatique entre Ankara et le Saint-Siège, la première du pontificat de François. Il avait déjà salué positivement le rôle de ce pape pour empêcher une intervention occidentale en Syrie en septembre 2013 et est venu ensuite le rencontrer à Rome.

 

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« Esprit de paix et de réconciliation »

Les députés européens, qui avaient applaudi debout le pape François dans leur hémicycle à Strasbourg le 25 novembre, ont mentionné ses propos sur le génocide arménien dans une résolution votée à une large majorité le 15 avril, lors d’une brève session plénière à Bruxelles. Les élus européens conseillent à la Turquie de reconnaître le génocide arménien afin de poser les jalons d’une véritable réconciliation et saluent la manière dont le pape François « commémore le centenaire du génocide arménien dans un esprit de paix et de réconciliation ». 


Le pape François a repris le terme de génocide déjà utilisé par Jean-Paul II en 2001 dans une déclaration. En le reprenant au cours d’une célébration en la basilique Saint Pierre pour le centenaire de cette tragédie, en présence du président arménien, il lui a donné une emphase inédite. Le Saint-Siège a «pris acte des réactions » que cela suscite en Turquie mais se défend de vouloir « créer une polémique ». Selon une source diplomatique européenne à Rome, Ankara risque l’isolement à trop réagir aux propos du pape.

Sébastien Maillard (à Rome)/ 17/4/15 - 16 H 03

 

http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/Rome/De-Strasbourg-a-Moscou-soutien-au-pape-sur-le-genocide-armenien-2015-04-17-1303550



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François Hollande et Vladimir Poutine, aux commémorations du génocide arménien ce vendredi

  

3 - 100ème anniversaire du génocide arménien de 1915 : Poutine et Hollande côte à côte

 

Les commémorations officielles du centenaire du génocide arménien ont lieu ce vendredi dans la capitale arménienne, Erevan. Ce 100ème anniversaire du génocide de 1915, perpétré par les Turcs ottomans, est organisé au lendemain de la canonisation par l'Eglise arménienne des 1,5 million de morts dans ces massacres et malgré les critiques de la Turquie qui rejette le terme de génocide. La ville, elle, est prête pour ce jour du souvenir.

 

Des myosotis partout dans la capitale arménienne, sur des banderoles, en autocollants à l'arrière des voitures, ou encore en affiches géantes. Myosotis, une fleur appelée ici "ne m’oubliez pas", symbole de la commémoration du génocide, elle porte cinq pétales. Cinq comme autant de continents où la diaspora s’est établie. Ils sont d’ailleurs nombreux les Arméniens de l’étranger à s’être rendus à Erevan pour ce 24 avril. Les hôtels de la capitale sont complets depuis longtemps. Les commémorations ont commencé ce jeudi avec un hommage populaire : à 19h15 comme en 1915 année du génocide toutes les églises de la capitale ont fait sonner leurs cloches. Entre silence et recueillement des Arméniens de tous âges sont venus y allumer des bougies du souvenir.

 

 

_ Commémorations officielles

Ce vendredi 24 avril place aux commémorations officielles. Une procession jusqu’au mémorial du génocide sur les hauteurs de la ville et une cérémonie avec 60 délégations et quatre chefs d’État. Plusieurs dirigeants mondiaux, parmi lesquels François Hollande et Vladimir Poutine, ont rendu hommage aux victimes du génocide arménien à l'occasion des cérémonies du centenaire, promettant que les victimes "ne seraient pas oubliées". Au mémorial du génocide, construit sur les hauteurs de la capitale arménienne, les chefs des délégations étrangères avaient d'abord remonté un à un "l'Allée du deuil" pour retrouver le couple présidentiel arménien, avant de poser une fleur jaune pour composer le cœur d'une gerbe commune formant un myosotis, la fleur du souvenir.

 

Après avoir observé une minute de silence, devant une tribune sur laquelle Vladimir Poutine et François Hollande étaient assis côte à côte, seulement séparés par la première dame arménienne, le président arménien, Serge Sarkissian, a ensuite remercié "tous ceux qui sont présents ici, pour dire que rien n'est oublié". "La reconnaissance du génocide n'est pas l'hommage rendu par le monde au peuple arménien et à nos martyrs, la reconnaissance du génocide est un triomphe de la conscience humaine et de la justice sur l'intolérance et la haine", a-t-il déclaré dans son discours.

 

 

_ « Commémorer un génocide n'est pas rouvrir un procès »

Le président français a affirmé "s'incliner devant la mémoire des victimes", expliquant que la France "n'oubliera jamais les tragédies" traversées par le peuple arménien.

"Commémorer un génocide n'est pas rouvrir un procès, a-t-il dit. C'est reconnaître une tragédie qui, par son ampleur, a frappé l'humanité toute entière (...) Le centenaire du génocide arménien c'est un appel à la paix et à la réconciliation."

"Il y a en Turquie des mots importants qui ont déjà été prononcés mais d'autres sont encore attendus pour que le partage du chagrin puisse devenir le partage d'un destin", a ajouté François Hollande, qui a souhaité la réouverture prochaine de la frontière entre la Turquie et l'Arménie, à l'heure où Ankara se refuse toujours à reconnaître les massacres de 1915 en tant que génocide. Le président français a ensuite élargi son propos aux chrétiens du Moyen-Orient, aujourd'hui victimes de massacres perpétrés par les extrémistes de l'Etat islamique, et appelé à la défense de ces minorités.

 

 

_ Se souvenir du passé et "rester optimistes pour notre avenir"

Le suivant à la tribune, le président russe, a rappelé que "rien, pour la Russie, ne peut justifier des massacres de masses". "La communauté internationale doit tout faire pour que les peuples ne connaissent par les horreurs de la xénophobie, de l'hostilité religieuse, du nationalisme agressif", a précisé le président russe dans une allusion voilée au conflit ukrainien, alors que Moscou accuse régulièrement Kiev de menacer les russophones vivant sur le territoire ukrainien. "Mais en nous souvenant des événements tragiques des années passées, nous devons rester optimistes pour notre avenir et croire dans les idéaux de l'amitié et (...) du soutien mutuel", a-t-il ajouté.


La Belgique est représentée à la cérémonie d'hommage par un ambassadeur. Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders rejoindra Erevan dimanche et lundi en sa qualité de président du Comité des ministres du Conseil de l'Europe. Rappelons que les Arméniens estiment qu'un million et demi des leurs ont été tués de manière systématique entre 1915 et 1917, pendant les dernières années de l'Empire ottoman, et une vingtaine de pays, parmi lesquels la France et la Russie, ont reconnu qu'il s'agissait là d'un génocide. La Turquie récuse ce terme et évoque pour sa part une guerre civile en Anatolie, doublée d'une famine, dans laquelle 300 000 à 500 000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.

 

RTBF avec agences/ Mis à jour le vendredi 24 avril 2015 à 15h18

 

http://www.rtbf.be/info/monde/detail_l-armenie-commemore-le-100eme-anniversaire-du-genocide-de-1915?id=8964026

 

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4 - L’Arménie commémore dans l’émotion le génocide de 1915

 

Les Arméniens commémoraient vendredi le génocide perpétré en 1915 par les Turcs ottomans contre leurs ancêtres au cours d’un hommage solennel qui a notamment rassemblé à Erevan Vladimir Poutine et François Hollande, le président français appelant la Turquie à reconnaître le génocide arménien. Des manifestations ou rassemblements à la mémoire des victimes se sont également déroulés dans plusieurs capitales et grandes villes du monde, y compris à Istanbul où une centaine de personnes se sont symboliquement réunies devant l’ancienne prison, où furent détenus les premiers Arméniens arrêtés le 24 avril 1915 lors de l’opération considérée comme le coup d’envoi des massacres. Lors d’un discours, François Hollande, chef du premier grand Etat européen à avoir reconnu le génocide arménien en 2001, a appelé la Turquie à enfin reconnaître le caractère génocidaire des massacres de 1915.

 

«Il y a en Turquie des mots, et des mots importants, qui ont déjà été prononcés mais d’autres sont encore attendus pour que le partage du chagrin puisse devenir le partage d’un destin», a affirmé M. Hollande devant les délégations de près de 60 pays réunis à Erevan au Mémorial aux victimes du génocide. «Je m’incline devant la mémoire des victimes et je viens dire à mes amis arméniens que nous n’oublierons jamais les tragédies que votre peuple a traversées», a ajouté le président français. Vladimir Poutine a pour sa part déclaré que «rien ne peut justifier des massacres de masse» et que le peuple russe «se recueillait aux côtés du peuple arménien», avant de dénoncer la montée des «nationalismes radicaux» dans une référence à peine voilée à l’Ukraine. Plus tôt dans la journée, le président arménien Serge Sarkissian avait «remercié» les dirigeants étrangers venus prendre part aux commémorations, promettant que «rien ne sera oublié». «Nous nous souvenons et nous exigeons» la reconnaissance du caractère génocidaire des massacres perpétrés par les Turcs ottomans, a ajouté le chef de l’Etat arménien.


Après la cérémonie officielle, des centaines de milliers d’Arméniens ont participé à une procession au Mémorial du génocide, l’endroit le plus visité du pays, pour y déposer bougies et fleurs près de la flamme éternelle. Des cérémonies commémoratives organisées par de nombreuses diasporas arméniennes auront également lieu de Los Angeles à Stockholm, en passant par Paris et Beyrouth.

 

En Iran, plus d’un millier de personnes ont protesté vendredi devant l’ambassade turque à Téhéran pour demander la reconnaissance du génocide, tandis que près de 500 personnes se sont rassemblées pour une messe à Jérusalem avant d’aller protester aux cris de «Honte à la Turquie» devant le consulat turc. Les Arméniens estiment qu’un million et demi des leurs ont été tués de manière systématique entre 1915 et 1917, pendant les dernières années de l’Empire ottoman, et une vingtaine de pays, parmi lesquels la France et la Russie, ont reconnu qu’il s’agissait là d’un génocide. La Turquie récuse ce terme et évoque pour sa part une guerre civile en Anatolie, doublée d’une famine, dans laquelle 300.000 à 500.000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.

 

 

- Canonisation des victimes -

Ces cérémonies interviennent au lendemain de la canonisation par l’Église arménienne des 1,5 million de morts dans ces massacres, pendant la plus importante canonisation en nombre jamais décidée par une Église chrétienne. L’Allemagne, par la voix de son président Joachim Gauck, a reconnu jeudi soir pour la première fois le génocide arménien, soulignant sa «coresponsabilité» dans ce crime attribué à son allié ottoman pendant la Première guerre mondiale. Le président américain Barack Obama ne s’est de son côté risqué jeudi qu’à évoquer un «terrible carnage» dans un communiqué aux mots soigneusement choisis, évitant d’employer le mot «génocide».

 

Ces derniers jours, le gouvernement turc avait été très irrité par les déclarations du pape François, qui a prononcé pour la première fois le mot de «génocide» des Arméniens, et par le Parlement européen qui a demandé à la Turquie de le reconnaître. L’Arménie, ex-république soviétique, et sa nombreuse diaspora à travers le monde luttent depuis des décennies pour que les massacres perpétrés par les forces ottomanes entre 1915 et 1917 soient reconnus en tant que génocide.

 

La Turquie moderne, héritière de l’Empire ottoman, rejette catégoriquement ce terme. Toutefois en avril 2014, Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre, avait fait un geste inédit, en présentant ses condoléances pour les victimes arméniennes de 1915, sans pour autant cesser de contester toute volonté d’extermination. La Turquie célèbre pour sa part en grande pompe le 100e anniversaire de la bataille de Gallipoli, un épisode meurtrier de la Première guerre mondiale. L’anniversaire du début historique des combats devrait être le 25 avril, soit samedi, mais les autorités ont avancé les cérémonies d’une journée, obligeant certains chefs d’Etat ou de gouvernement à choisir entre Gallipoli et le génocide arménien.

 

AFP 24 avril 2015 / Mis à jour : 24 avril 2015

 

http://www.liberation.fr/monde/2015/04/24/l-armenie-celebre-le-100e-anniversaire-du-genocide-de-1915_1263354




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