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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

RETROSPECTIVES


Publié le 10/07/2016 à 01:49:09
AFRIQUE/ SAHARA OCCIDENTAL/ POLITIQUE : M. Brahim Ghali a été élu secrétaire général du front Polisario et président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD)




0.1 – « Sahara occidental/ le front Polisario élit son nouveau chef : Le front Polisario a élu samedi à sa tête Brahim Ghali, ancien représentant à Alger du mouvement indépendantiste qui se bat depuis 40 ans pour l'indépendance du Sahara occidental, lors d'un congrès extraordinaire dans le sud-ouest de l'Algérie, a annoncé l'agence APS.  Il succède au dirigeant historique du Polisario, Mohamed Abdelaziz, décédé fin mai des suites d’un cancer. Seul candidat en lice, M. Ghali a été élu secrétaire général du front Polisario et président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD, proclamée par le Polisario) par près de 2.300 délégués réunis à Dakhla dans les camps de réfugiés sahraouis dans la région de Tindouf, a précisé l’agence. »

 

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0.2 – « Conflit du Sahara occidental : Le Sahara occidental est un territoire de 266 000 km2 du Nord-Ouest de l'Afrique. Territoire non autonome selon l'ONU, cette ancienne colonie espagnole n'a toujours pas trouvé de statut définitif sur le plan juridique depuis le départ des Espagnols, en 1976. Le territoire est revendiqué à la fois par le Maroc et par la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée par le Front Polisario en 1976. Celui-ci est un mouvement dont l'objectif est l'indépendance totale du Sahara occidental, revendication soutenue par l'Algérie3. Le Maroc fonde sa revendication sur les accords de Madrid et sur la base de liens d'allégeance passés entre les tribus sahraouies et les sultans du Maroc. Depuis le cessez-le-feu de 1991, le Maroc contrôle et administre environ 80 %5 du territoire, tandis que le Front Polisario en contrôle 20 % laissés par le Maroc derrière une longue ceinture de sécurité, le « mur marocain »6,7 devenu aujourd'hui la frontière de facto. La Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental patrouille l'ensemble du territoire. »

 

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1 - Sahara occidental : le front Polisario élit son nouveau chef

 

Le front Polisario a élu samedi à sa tête Brahim Ghali, ancien représentant à Alger du mouvement indépendantiste qui se bat depuis 40 ans pour l'indépendance du Sahara occidental, lors d'un congrès extraordinaire dans le sud-ouest de l'Algérie, a annoncé l'agence APS.  Il succède au dirigeant historique du Polisario, Mohamed Abdelaziz, décédé fin mai des suites d’un cancer. Seul candidat en lice, M. Ghali a été élu secrétaire général du front Polisario et président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD, proclamée par le Polisario) par près de 2.300 délégués réunis à Dakhla dans les camps de réfugiés sahraouis dans la région de Tindouf, a précisé l’agence.

 

Mohamed Abdelaziz, un indépendantiste intransigeant, était depuis 1976 la tête du front Polisario, fondé trois ans auparavant pour défendre, avec le soutien de l’Algérie, l’indépendance de l’ancienne colonie espagnole, annexée par le Maroc en 1976. Le président du Conseil national sahraoui (Parlement) Khatri Addouh assurait l’intérim depuis son décès. M. Ghali, 67 ans, est l’un des membres fondateurs du Polisario. Il avait notamment représenté le mouvement indépendantiste à Madrid et Alger. Un plan de l’ONU pour un référendum d’autodétermination du Sahara occidental est bloqué depuis 1992 par le Maroc qui milite en faveur d’une large autonomie sous sa propre souveraineté. Une Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso) y supervise depuis un cessez-le-feu formellement proclamé par le front Polisario en septembre 1991.

 

09 juillet 2016 / Mis à jour le 09 juillet 2016/ Par AFP

 

http://www.jeuneafrique.com/depeches/340455/politique/sahara-occidental-front-polisario-elit-nouveau-chef/


Congrès du Front Polisario: Brahim Ghali élu Secrétaire général du Front et président de la RASD avec 93,16% des voix


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2 - Sahara Occidental : l’Union Africaine critique le Maroc

 

Un mois après l’expulsion par le Maroc de membres de l’ONU stationnés au Sahara Occidental, l’Union Africaine a critiqué ces mesures et déploré « qu’aucun progrès n’ait été accompli » sur l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Après Washington, le Maroc subit les foudres de l’Union Africaine. Un mois après l’expulsion par le Maroc de membres de l’ONU stationnés au Sahara Occidental, l’Union Africaine a critiqué ces mesures et déploré « qu’aucun progrès n’ait été accompli » sur l’organisation d’un référendum d’autodétermination.

 

Joaquim Chissano, envoyé spécial de l’Union Africaine pour le Sahara Occidental, a pressé, ce mardi 26 avril 2016, l’ONU de résoudre ce conflit et a critiqué les mesures prises par Rabat envers la mission de l’ONU (MINURSO). France 24 revient sur le conflit entre le royaume et le Secrétaire général de l’ONU, précisant qu’irrité par des propos de Ban Ki-moon sur « l’occupation » du territoire par le Maroc, Rabat a expulsé en mars 84 membres civils de la mission, les empêchant ainsi de remplir leur mandat. Un mois après ce départ, Joaquim Chissano a « déploré » ces expulsions estimant qu’elles « constituaient un très dangereux précédent » pour d’autres missions de paix de l’ONU. L’ancien Président mozambicain a insisté que « le Sahara Occidental peut apparaître comme un petit problème mais n’oublions pas qu’une étincelle peut mettre le feu à la forêt ».

 

Joaquim Chissano s’est dit « consterné » par cette querelle, soulignant « la frustration croissante dans les camps de réfugiés » sahraouis et les risques d’accroissement des tensions régionales, déplorant « qu’aucun progrès n’ait été accompli » sur l’organisation d’un référendum d’autodétermination du territoire, une des tâches assignées à la MINURSO. Pour lui, « il faut donner au peuple du Sahara occidental l’occasion de choisir librement son destin ».

 

Pour Joaquim Chissano, le Conseil de sécurité devrait « inclure la protection des droits de l’Homme dans le mandat de la MINURSO, fixer une date pour tenir le référendum et dénoncer l’exploitation illégale des ressources naturelles du territoire par le Maroc. Il estime que l’Union africaine doit avoir un rôle dirigeant de l’Union Africaine pour résoudre le conflit », alors que Rabat la juge partiale. Le Maroc a pris le contrôle de la majeure partie du Sahara Occidental en 1975 lorsque la puissance coloniale, l’Espagne, s’en est retirée, ce qui a poussé le Polisario à mener une guérilla jusqu’en 1991, année où l’ONU a réussi à obtenir un cessez-le-feu et a déployé la MINURSO.


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Rabat, qui a quitté en novembre 1984 l’Organisation de l’Unité Africaine, l’ancêtre de l’Union Africaine, pour protester contre l’admission de la République arabe sahraouie démocratique proclamée par le Polisario, propose depuis 2007 une large autonomie sous sa souveraineté pour ce vaste territoire peu peuplé mais riche en minéraux. De son côté, le Polisario, soutenu par Alger, réclame un référendum d’autodétermination. Le Conseil doit renouveler avant fin avril le mandat de la MINURSO…

 

jeudi 28 avril 2016 / par Abubakr Diallo

 

http://www.afrik.com/sahara-occidental-l-union-africaine-critique-le-maroc


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3 - Sahara Occidental : le Maroc charge l’Union Africaine, l’Algérie et le Polisario

 

Le Maroc, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, a exprimé le « rejet le plus ferme des tentatives répétées d’interférence » de l’Union Africaine dans l’examen de la question du Sahara Occidental par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Le royaume dénonce l’« absence totale de neutralité » de l’Union Africaine dont la position « reprend celle de l’Algérie et du Polisario complètement à l’opposé des résolutions du Conseil de sécurité ».

 

Le Maroc reçoit des pressions multiples s’agissant de la question du Sahara Occidental. Ce sont les Etats-Unis qui ont ouvert le bal avec l’avant-projet de résolution présenté, mardi 26 avril 2016 au soir, par Washington au Conseil de sécurité sur la question du Sahara Occidental, et qui insiste sur le retour immédiat des éléments de la composante civile et politique de la MINURSO expulsés par le Maroc, en mars. Ce projet précise, par ailleurs, que la principale mission onusienne au Sahara est d’abord l’organisation du référendum au Sahara Occidental et non pas uniquement la surveillance du cessez-le-feu de septembre 1991 entre le Maroc et le Polisario, comme réclamé depuis des années le royaume.


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Ce point rejoint le paragraphe 92 du rapport de Ban Ki-moon remis aux Quinze le 19 avril. Le Secrétaire général de l’ONU précisait que « le Conseil de sécurité a créé la MINURSO pour surveiller le cessez-le-feu entre les parties, pour maintenir le statu quo militaire et, sous réserve de l’accord des parties, pour organiser un référendum d’autodétermination ».

 

Outre Washington qui a chargé le royaume, l’Union Africaine s’est aussi attaquée au Maroc, et n’y est pas allée avec le dos de la cuiller. Joaquim Chissano, envoyé spécial de l’Union Africaine pour le Sahara Occidental, a pressé, ce mardi 26 avril 2016, l’ONU de résoudre ce conflit et a critiqué les mesures prises par Rabat envers la mission de l’ONU (MINURSO). Rabat a en effet expulsé, au mois de mars, 84 membres civils de la mission de l’ONU.

 

Un mois après ce départ, Joaquim Chissano « déplore » ces expulsions estimant qu’elles « constituaient un très dangereux précédent » pour d’autres missions de paix de l’ONU. Pour l’ancien Président mozambicain, « le Sahara Occidental peut apparaître comme un petit problème mais n’oublions pas qu’une étincelle peut mettre le feu à la forêt », soulignant « la frustration croissante dans les camps de réfugiés » sahraouis et les risques d’accroissement des tensions régionales, déplorant « qu’aucun progrès n’ait été accompli » sur l’organisation d’un référendum d’autodétermination du territoire, une des tâches assignées à la MINURSO. Mieux, Joaquim Chissano insiste qu’« il faut donner au peuple du Sahara occidental l’occasion de choisir librement son destin ».


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Pour sa part, le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, campe sur sa position et réitère l’« opposition catégorique du Maroc à toute implication ou rôle de l’Union Africaine dans le dossier du Sahara marocain ». Mezouar a exprimé le « rejet le plus ferme des tentatives répétées d’interférence » de l’Union Africaine dans l’examen de la question du Sahara Occidental par le Conseil de Sécurité. Le ministre rappelle également au SG de l’ONU que cette « position claire et ferme » du Royaume a déjà été affirmée à plusieurs reprises, notamment dans une lettre du roi Mohammed VI adressée à Ban Ki-moon en juin 2013, ou encore plus récemment en avril 2015.

 

Le ministre marocain a notamment évoqué l’« absence totale de neutralité » de l’Union Africaine dont la position « reprend celle de l’Algérie et du Polisario complètement à l’opposé des résolutions du Conseil de sécurité ». Et d’enfoncer en soulignant que pour Rabat, cela suffit pour considérer comme compromise, la crédibilité de l’Union Africaine sur ce dossier, dénonçant la volonté de l’Union Africaine de « faire échouer les efforts onusiens en cours pour résoudre ce différend ».

 

jeudi 28 avril 2016 / par Malick Hamid

 

http://www.afrik.com/sahara-occidental-le-maroc-charge-l-union-africaine-l-algerie-et-le-polisario


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4 - Le Sahara occidental, dernière colonie d’Afrique

 

Le 29 avril 2016, le Conseil de sécurité de l'Onu adopte une résolution prorogeant jusqu'au mois d'avril 2017 le mandat de la Mission des Nations unies pour le maintien de la paix au Sahara occidental, conformément au vœu formulé par son secrétaire général Ban Ki-moon, qui a activement plaidé en faveur de sa reconduction. La résolution 2285 réhabilite donc la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso). Après la querelle diplomatique l'opposant au secrétaire général de l'Onu, Rabat décide d'expulser 83 membres du personnel civil de cette mission suite aux propos de Ban Ki-moon sur l'« occupation du Sahara ».

 

41 ans après le début du conflit déclenché par l'octroi au Maroc (et pour un temps à la Mauritanie) du Sahara occidental sans consultation des Sahraouis qui subissent les modalités d'une décolonisation espagnole imposée, les positions apparaissent irréconciliables. Cependant, l'approche sous l'angle exclusif des relations internationales ou des rivalités politiques entre l'Algérie et le Maroc brouille encore trop souvent la perception de la nature d'un conflit dont l'enjeu central demeure celui du droit à l'autodétermination d'un peuple. La tentative de délégitimation des revendications sahraouies, présentées comme du séparatisme par la monarchie marocaine, n'est certainement pas étrangère à l'opération idéologique de construction d'un récit mythique autour des droits historiques « naturels » du Maroc sur le Sahara occidental.

 

Ce récit s'enracine dans la fiction d'un « grand Maroc » (qui comprendrait le Sahara espagnol, la Mauritanie, le nord du Mali, la région de Tindouf et l'Ouest algérien) et donne une tonalité expansionniste à la politique régionale du royaume. Ainsi, l'examen des véritable enjeux d'un conflit qui empoisonne les relations intermaghrébines et hypothèque l'avenir de la coopération régionale dans un contexte sécuritaire instable ne peut faire l'économie d'une analyse des lacunes et des contradictions que renferme le discours d'une souveraineté « historique incontestable » de Rabat sur le Sahara occidental.

 

Elle impose également une réflexion plus profonde sur la responsabilité de la communauté internationale à travers l'ambivalence d'une position qui, sans reconnaître la souveraineté du Maroc, tend à nier la nature « coloniale » du conflit, en prenant part aux logiques perverses d'humanitarisation du problème des réfugiés sahraouis, ou d'aide au Maroc en matière de coopération économique pour le développement de la région. Les pesanteurs historiques et les intérêts économiques des grandes puissances expliquent l'abandon progressif de l'option référendaire qui, pourtant, réglerait définitivement le sort de la dernière colonie d'Afrique.

 

Ce dossier tente de revenir sur les raisons de la persistance du blocage de tout processus de règlement à travers l'analyse de la position du droit international, et la fausse dichotomie intégrité territoriale /droit à l'autodétermination. Il resitue l'importance des enjeux internes de cette question pour la stabilité politique de la monarchie, ainsi que l'impact des enjeux économiques qui aiguisent les appétits de puissance.

 

 

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Lire dans ce dossier spécial :

 

_ Intégrité territoriale vs droit à l'autodétermination

Le Front populaire de libération de la Saguia el-Hamra et du Rio de Oro (Polisario, dont le premier congrès constitutif s'est tenu le 10 mai 1973) fonde ses revendications sur le principe inaliénable du droit à l'autodétermination, principe qui est en profonde contradiction avec les prétentions « souverainistes » de Rabat et ses visées hégémoniques sur la région. Lire la suite

 

 

_ Un enjeu de survie pour la monarchie marocaine

Au lendemain de la décision rendue par la CIJ, le Maroc organise une marche verte, qui devait faire pression sur l'Espagne pour l'amener à négocier, mais les principaux enjeux étaient internes : permettre à une monarchie fragile de construire sa légitimité sur l'unité nationale. Lire la suite

 

 

_ Les appétits commerciaux et le droit international

Avec ses 1 700 km de côtes, son accès à l'océan Atlantique et la richesse des ressources halieutiques qu'il recèle, le Sahara occidental recouvre une importance capitale pour le dynamisme de l'économie marocaine et pour les partenaires économiques et commerciaux du Maroc. Lire la suite

 

 

_ Et notre chronologie ici

 

 * Politologue de formation, Tayeb el-Mestari est l'auteur, notamment, d'« Analyse sociopolitique des intellectuels francophones algériens, problème d'approche théorique ». Sa réflexion porte sur la problématique des intellectuels et leur relation au pouvoir en Algérie.

** Chafik Gaouar est journaliste web, coauteur notamment de « L'Algérie, une nation toujours à la recherche de ses institutions » et « La problématique de la citoyenneté à travers la pensée et la pratique politique dans le monde arabe ».

 

Lire aussi : Sahara occidental : retour sur un conflit de plus de 50 ans

 

Lina KENNOUCHE, Tayeb EL-MESTARI* et Chafik GAOUAR**/ OLJ/ 27-05-2016

 

http://www.lorientlejour.com/article/988018/le-sahara-occidental-derniere-colonie-dafrique.html#

 

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5 - Maroc : le Conseil de sécurité planche sur l’épineuse question du Sahara occidental

 

Un projet de résolution sur le Sahara occidental présenté par les États-Unis au conseil de sécurité, le 27 avril, demande à ce que la Minurso retrouve pleinement sa capacité d’intervention et donne quatre mois au secrétaire général de l'ONU pour négocier avec les Marocains afin de réaliser cet objectif. Dures tractations en vue !

 

On est loin encore de la fin de ce bras de fer sur le Sahara occidental ! Les États-Unis ont proposé le 27 avril à leurs partenaires du Conseil de sécurité une résolution qui souligne la nécessité urgente pour la mission de l’ONU au Sahara occidental (Minurso) de fonctionner pleinement et donne quatre mois aux Nations unies et à Rabat pour y parvenir. En attendant, le mandat de la Minurso serait prolongé de 12 mois sans modification. Le Conseil votera ce projet de résolution le 29 avril, un jour plus tard que prévu pour permettre aux pays membres d’en débattre plus longuement, selon des diplomates.

 

 

_ Passes d’armes à l’ONU

L’ambassadeur russe, Vitali Tchourkine, a estimé devant des journalistes que les discussions sur ce texte ne seraient pas faciles. Après une première discussion du projet à huis clos au Conseil, il a estimé qu’il y avait une marge d’amélioration et que certains pays membres cherchaient à durcir le texte. Selon des diplomates, la résolution est un compromis soigneusement pesé. Le Maroc, soutenu notamment par la France, souhaitait un renouvellement pour 12 mois du mandat de la Minurso sans condition, alors que plusieurs membres du Conseil (États-Unis, Royaume-Uni, Venezuela, Angola, Uruguay, Nouvelle-Zélande) voulaient s’assurer que la mission soit à même de remplir pleinement son mandat originel.

Rabat est en conflit avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, depuis que ce dernier a traité la situation dans la région du Sahara « d’occupation ». En signe de représailles, le Maroc a expulsé 72 membres de la composante civile de la Minurso. 

 

 

_ Aucune sanction ni mesure coercitive

Estimant que la Minurso ne pourra pas accomplir sa mission, l’ONU a demandé au Maroc de se conformer à ses obligations internationales et de permettre au personnel civil expulsé de rejoindre ses postes. À la suite de quoi, le Maroc a répondu que sa décision était « souveraine et irrévocable ». « Le Maroc reste attaché au respect du cessez-le-feu et refuse tout changement de la nature de ce conflit comme il s’oppose à toute tentative visant à occulter les efforts du Maroc et à saper son projet d’autonomie pour ses provinces sahariennes », a affirmé le porte-parole du gouvernement marocain, Mustapha El Khalfi, le 21 avril.

Le projet de résolution soumis au Conseil de sécurité est donc défavorable au Maroc puisqu’il demande à ce que la Minurso retrouve sa capacité à fonctionner pleinement et donne mandat à Ban Ki-moon pour mener les négociations sur quatre mois afin d’arriver à cet objectif.  Le texte ne prévoit cependant aucune sanction ni mesure coercitive pour forcer le Maroc à revenir sur sa décision.

 

28 avril 2016/ Par Jeune Afrique avec AFP

 

http://www.jeuneafrique.com/321515/politique/maroc-conseil-de-securite-planche-lepineuse-question-sahara-occidental/

 

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6 - Sahara occidental

 

Le Sahara occidental (arabe : الصحراء الغربية) est un territoire de 266 000 km2 du Nord-Ouest de l'Afrique, bordé par la province marocaine de Tarfaya au nord, l'Algérie au nord-est, la Mauritanie à l'est et au sud, tandis que sa côte ouest donne sur l'Atlantique. Territoire non autonome selon l'ONU, cette ancienne colonie espagnole n'a toujours pas trouvé de statut définitif sur le plan juridique depuis le départ des Espagnols, en 1976.

 

Le territoire est revendiqué à la fois par le Maroc et par la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée par le Front Polisario en 1976. Celui-ci est un mouvement dont l'objectif est l'indépendance totale du Sahara occidental, revendication soutenue par l'Algérie3. Devenu un enjeu global illustrant la rivalité entre le Maroc et l'Algérie, le dossier saharien bloque toujours la construction de l'Union du Maghreb arabe (UMA). Le Polisario s'appuie sur un « consensus écrasant parmi les Sahraouis vivant sur le territoire en faveur de l'indépendance et en opposition à l'intégration avec tout pays voisin », tel que décrit dans un rapport de l'ONU en 19754. Le Maroc fonde sa revendication sur les accords de Madrid et sur la base de liens d'allégeance passés entre les tribus sahraouies et les sultans du Maroc.


Depuis le cessez-le-feu de 1991, le Maroc contrôle et administre environ 80 %5 du territoire, tandis que le Front Polisario en contrôle 20 % laissés par le Maroc derrière une longue ceinture de sécurité, le « mur marocain »6,7 devenu aujourd'hui la frontière de facto. La Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental patrouille l'ensemble du territoire.

 

 

_ Période précoloniale

En 1048, des Berbères sanhadjas de l'ouest du Sahara (actuelle Mauritanie) se coalisent sous l'impulsion d'un prédicateur malikite, Abdullah Ibn Yassin et d'un chef local et fondent le mouvement almoravide. Ils conquièrent et unifient les tribus du Sahara occidental entre 1042 et 1052, puis s'emparent du Maroc actuel (alors éclaté en petits émirats à la suite de la chute de l'empire chérifien des Idrissides) et d'une grande partie de la péninsule Ibérique (Al-Andalus). Les Almoravides ont pour capitale et base Marrakech. À leur chute aux mains des Almohades (1147), le territoire perd son organisation.

 

À partir de 1514, avec l'avènement de la dynastie marocaine des Saadiens, l'ascendant marocain devient effectif sur le Sahara occidental8. Aux XVe et XVIe siècles, les Portugais et les Espagnols installent des forts sur la côte, mais en sont chassés après quelques décennies.

 

 

_ Sahara espagnol

En 1884 l'Espagne place ce territoire sous son protectorat ; la prise de contrôle est confirmée par la conférence de Berlin de 1884-1885. Elle établit des comptoirs commerciaux et une présence militaire. Les frontières ne sont pas clairement définies, jusqu'au traité entre la France et l'Espagne, datant du début du XXe siècle. Les tribus locales luttent contre la puissance coloniale avec l'aide du sultan marocain. Cet appui cesse lorsque ce dernier est soumis à un protectorat franco-espagnol en 1912. Le Sahara espagnol est créé à partir des territoires de Río de Oro et de Saguia el-Hamra en 1924. Il est administré en commun avec le territoire de Cap Juby (Tarfaya), séparément des territoires marocains sous protectorat espagnol.

 

Entre octobre 1957 et avril 1958, le Maroc à la suite de l'indépendance de sa partie nord, tenta de libérer Ifni, Tarfaya et le Sahara occidental de l'occupation espagnole[réf. nécessaire], à travers la guerre d'Ifni, sans succès.

 

Dès 1965, l'ONU pousse l'Espagne à décoloniser ce territoire ainsi que Cap Juby et l'enclave d'Ifni, et dans ce but engager des consultations avec le Maroc. Mais l'Algérie est alors en conflit ouvert avec le Maroc au sujet du tracé de leur frontière commune (guerre des sables, 1963). De plus, le Maroc et la Mauritanie ont aussi des revendications territoriales opposées sur ce territoire, le Maroc refuse de reconnaître la Mauritanie. De ce fait, les trois voisins du Sahara occidental ne parviennent pas à créer un front commun face à l'Espagne qui perpétue ainsi sa domination. Le règlement du conflit algéro-marocain et un accord conclu entre le Maroc et la Mauritanie permettent d'unifier le front anti-espagnol. Parallèlement, plusieurs groupes locaux se lancent dans la résistance armée aidé par l'armée de libération nationale marocaine9 issue de la lutte populaire marocaine contre l'occupation hispano-française du Maroc.

 

 

_ Guerre du Sahara occidental

En 1975, un avis consultatif de la Cour internationale de justice confirme l'existence de liens historiques entre les populations du Sahara occidental et le Maroc, ainsi que l'ensemble mauritanien : « Les éléments et renseignements portés à la connaissance de la Cour montrent l'existence, au moment de la colonisation espagnole, de liens juridiques d'allégeance entre le sultan du Maroc et certaines des tribus vivant sur le territoire du Sahara occidental. Ils montrent également l'existence de droits, y compris certains droits relatifs à la terre, qui constituaient des liens juridiques entre l'ensemble mauritanien, au sens où la Cour l'entend, et le territoire du Sahara occidental. »

 

Cependant, l'avis conclut qu'ils ne sont pas de nature à empêcher un référendum d'autodétermination, en y rendant inapplicable la notion de terra nullius. Dans son avis, la Cour précise : « (...) En revanche, la Cour conclut que les éléments et renseignements portés à sa connaissance n'établissent I'existence d'aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara occidental d'une part, le Royaume du Maroc ou l'ensemble mauritanien d'autre part. »

 

Quelques jours après cet avis, Hassan II, Roi du Maroc organise la marche Verte (6 novembre 1975) pour marquer la volonté d'une souveraineté marocaine sur ce territoire. Ceci amène l'Espagne à signer les accords de Madrid avec le Maroc et la Mauritanie, le 14 novembre 1975, pour officialiser le partage du territoire. Le Maroc obtient les deux tiers nord, et la Mauritanie le tiers sud ; l'Algérie et les Sahraouis ne sont pas consultés. Le retrait des troupes espagnoles, décidé peu avant la mort de Franco, s'effectue entre 1975 et 1976.

 

Le 27 février 1976, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) est proclamée par le Front Polisario à Bir Lehlou10, au lendemain du départ du dernier soldat espagnol du territoire. Dans le même temps, la lutte armée du Front Polisario attaque par des incursions éclairs les forces marocaines et mauritaniennes qu'il considère comme de nouvelles forces d'occupation. La bataille d'Amgala en 1976 entre forces marocaines et algériennes sur le territoire du Sahara occidental montre le soutien actif de l'Algérie au Polisario. Entre fin 1975 et 1976, des dizaines de milliers de Sahraouis quittent le Sahara occidental, fuyant la guerre vers les camps de réfugiés de Tindouf en Algérie, encadrés par le Polisario.

 

Après le putsch en Mauritanie qui renverse Moktar Ould Daddah en juillet 1978, le Front Polisario déclare un cessez-le-feu unilatéral avec Nouakchott11. Le cessez-le-feu est approuvé par l'ONU12 et le 10 août 1979 un traité de paix est signé dans lequel la Mauritanie cède sa partie du Sahara au Front Polisario11. Le 14 août 1979, le Maroc annonce l'annexion de l'ancien territoire mauritanien.

 

Dans les années 1980, le Maroc érige un mur de défense qui sépare le territoire en deux, les 20 % à l'est du mur étant désormais sous le contrôle du Front Polisario6. Une guerre d'embuscades avec le Front Polisario prend fin en 1991 à la suite d'un cessez-le-feu favorisé par la médiation de l'Organisation des Nations unies ; un référendum organisé par les Nations unies sur le statut final a été reporté à plusieurs reprises.

 

 

_ Statut légal

Le Sahara occidental figure sur la liste des territoires non autonomes selon l'ONU depuis 196313, à la suite d'une demande du Maroc14. Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu de 1991, le statut final du Sahara occidental reste à déterminer. Depuis le départ des Espagnols, l'ONU considère que le Sahara occidental est un territoire sans administration. En 2002, un avis de droit de Hans Corell, vice-secrétaire général aux questions de droit, conclut que le Maroc n'est pas la puissance administrante du territoire. Le document S/2002/161 indique15 : « Le 14 novembre 1975, une déclaration de principes sur le Sahara occidental a été signée à Madrid par l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie (l’accord de Madrid).

 

En vertu de cette déclaration, les pouvoirs et responsabilités de l’Espagne, en tant que puissance administrante du territoire, ont été transférés à une administration tripartite temporaire. L’accord de Madrid ne prévoyait pas de transfert de souveraineté sur le territoire ni ne conférait à aucun des signataires le statut de puissance administrante, statut que l’Espagne ne pouvait d’ailleurs unilatéralement transférer. Le transfert des pouvoirs administratifs au Maroc et à la Mauritanie en 1975 n’a pas eu d’incidence sur le statut du Sahara occidental en tant que territoire non autonome. »

 

À partir de 2003, certains documents de l'ONU qualifient le Maroc d'« autorité administrante », ce qui lui donnerait le droit d'exploiter les ressources naturelles du territoire, par exemple d'autoriser des concessions pétrolières16. Le gouvernement de la RASD se réclame lui aussi puissance administrante du territoire. Dans un rapport publié en 2006 par Kofi Annan, alors secrétaire général des Nations unies, il est indiqué qu'aucun État membre de l'ONU (hormis le seul Royaume du Maroc) ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental17.

 

 

_ Situation politique

. Revendications marocaines

Le Sahara occidental est considéré par le Maroc comme faisant partie de ses provinces du Sud (la superficie du Sahara occidental étant de 266 000 km2 et celle des provinces du Sud de 416 474 km218, le Sahara occidental représente environ 64 % des provinces du Sud). Ce pouvoir est revendiqué comme historique et légal par le Maroc sur cette partie du Sahara. Le Maroc rejette les conclusions de l'avis consultatif de la Cour internationale de justice de 1975 : selon lui, la cour a commis une erreur d'interprétation en cherchant à utiliser un cadre juridique occidental. Les liens d'allégeance exprimés, à des périodes pré-coloniales, par des chefs sahraouis seraient constitutifs de la nation marocaine comme de l'appartenance du Sahara occidental au Maroc, et il n'existerait pas d'autre source historique de souveraineté. Pour Rabat, la cour ne peut pas reconnaitre les liens qui existent entre la monarchie et les sahraouis, et rejeter la souveraineté du Maroc19.

 

La question du Sahara occidental est également un facteur majeur de stabilité politique au Maroc : selon les autorités, le rattachement du territoire fait l'objet d'un consensus national, et un gouvernement qui agirait à l'encontre de ce consensus se heurterait immédiatement à une forte hostilité de la population. Paris et Washington sont d'ailleurs très sensibles à cet argument de stabilité19. Un responsable marocain[Lequel ?] déclare : « Ce n'est pas seulement le roi qui dicte sa décision (sur le Sahara occidental), c'est aussi l'expression d'un sentiment populaire très profond. Aucun homme politique marocain ne peut hésiter sur la question. C'est un véritable consensus national imbrisable. Aucun gouvernement ne survivrait à la remise en cause de ce principe. C'est une question de vie ou de mort »20.

 

Loin de considérer le Polisario comme un acteur indépendant, le Maroc considère qu'il n'est que l'outil de l'Algérie (y référant parfois par le terme « Algérisario »). Toujours selon Rabat, sans l'aide diplomatique, financière, militaire et logistique de l'Algérie, il n'y aurait pas de question sahraouie. De plus d'après la monarchie, Alger utiliserait le Polisario pour affaiblir son rival régional, faire diversion sur les questions relatives à ses frontières, s'offrir un accès à l'Atlantique via un État sahraoui à son service et enfin exploiter les ressources naturelles du Sahara occidental19. Plus récemment[Quand ?], les marocains se sont concentrés sur un nouveau risque. Celui de voir un nouvel état évoluer dans un contexte instable et marqué par le Djihadisme religieux. Le Maroc pense, d'ailleurs, qu'il existe des liens entre les djihadistes d'AQMI et les chefs sahraouis19.

 

Après des contacts officieux, le Maroc a accepté de traiter directement et officiellement avec le Polisario en 2007 en tant qu'un des protagonistes du conflit. Malgré cela près de 8000 Sahraouis installés auparavant dans les Camps de réfugiés de Tindouf ont rallié le Maroc, soit à partir des Îles Canaries (Espagne), ou par la Mauritanie21. Parmi eux, des cadres du Polisario22. En 2006, le Maroc a décidé de donner à ce qu'il considère comme son territoire une autonomie interne, et a confié au Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS) l'étude des possibles statuts d'autonomie dans la région. Cependant, le Polisario refuse toute solution qui ne comporte pas un référendum d'autodétermination.

 

Le Maroc préconise une large autonomie dans le cadre de la souveraineté du royaume alaouite pour résoudre le conflit du Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole sous contrôle de Rabat depuis 1975. La proposition d’autonomie du Sahara occidental est selon Rabat une démarche « moderniste, démocratique et crédible », tenant compte du processus politique que connaît le royaume chérifien ces dernières années. Ce projet est soutenu par plusieurs pays comme les États-Unis23, la France24 et l'Espagne25.

 

La justice européenne ayant annulé un accord agricole passé avec le Maroc au motif qu’il s’appliquait aussi au Sahara occidental, le Maroc a annoncé le jeudi 25 février 2016 le gel de ses contacts avec les institutions européennes26.

 

 

. Découpage administratif marocain

Selon le découpage administratif marocain, trois régions font partiellement ou entièrement partie du territoire du Sahara occidental:

Guelmim-Es Semara (partiellement)

Laâyoune-Boujdour-Sakia el Hamra (la majeure partie de la région)

Dakhla-Oued Ed Dahab (intégralement)

Ce découpage régional n'est pas reconnu internationalement, et les régions marocaines couvrent également le territoire situé au-delà du mur marocain, qui est sous contrôle effectif du Front Polisario.

 

 

_ Revendications du Polisario

Pour le Polisario, le conflit du Sahara occidental est avant toute chose une question d'autodétermination des peuples. Il a toujours affirmé que sa seule et unique demande est l'application du droit international et en particulier le droit à l'autodétermination des peuples. En outre, l'ONU a, à plusieurs reprises, affirmé que la résolution 1514(XV) s'appliquait au Sahara occidental27. Selon Khalil Ahmed, observateur des droits de l'Homme pour la République arabe sahraouie démocratique : « Le référendum est un moyen reconnu de résolution des conflits liés à la décolonisation. Si les sahraouis décident d'être marocains, nous respecterons leur décision, mais seul un référendum d'autodétermination peut régler le problème »28 Cette solution ayant également été acceptée par le Maroc, le Polisario ne voit aucune raison de changer sa position. Il considère, d'ailleurs, que le Maroc, réalisant que cela nuirait à ses intérêts, a manqué à sa parole en n'organisant pas de référendum. De plus, l'invocation de prétendus droits historiques par le Maroc ne serait qu'une couverture pour ses ambitions ultra-nationalistes. Il faudrait donc replacer les revendications marocaines dans un contexte plus large, celui du Grand Maroc revendiqué par l'Istiqlal dans les années 1950 et repris par Mohammed V et ses successeurs27.

 

Toujours selon Khalil Ahmed : « Cette idéologie transforme le Royaume chérifien en un État expansionniste qui a successivement réclamé des droits sur la Mauritanie, l'ouest de l'Algérie, Ceuta et Melilla et même une partie du Mali en plus du Sahara Occidental. Si tous les pays réclamaient des territoires qu'ils ont à un moment de l'histoire contrôlé, ce serait la guerre de tout le monde contre tout le monde. C'est une vision très particulière de l'Histoire. »28 Pour le Polisario, Rabat utilise son idéologie nationaliste surtout pour des raisons de politique intérieure, afin de créer une union autour du roi en maintenant un sentiment d'encerclement et de peur. En installant un tel environnement, le régime marocain s'offrirait la possibilité d'agir de façon répressive et supprimerait la critique en l'assimilant à une tentative de rompre la nation27. La critique du Polisario de la position marocaine consiste à mettre en évidence sa nature « contradictoire et instable », en le forçant à accepter un jour ce qu'il refuse dans le simple but de gagner du temps. Un membre du Polisario déclare, d'ailleurs : « Le Maroc était l'un des partisans du référendum jusqu'à ce qu'il ait manqué à sa parole, puis il a bloqué les tentatives de définition d'un électorat, pour enfin rejeter l'idée même d'un référendum. »27

 

 

_ Position algérienne

Après le retrait de l'Espagne et l'annexion par le Maroc et la Mauritanie, l'Algérie soutient le principe d'autodétermination des peuples et accueille une majorité des réfugiés sahraouis. Elle est pour la mise en application des résolutions (1754 (2007), 1783 (2007), 1813 (2008), 1871 (2009), 1920 (2010), 1979 (2011), 2044 (2012) et 2099 (2013) de l'ONU concernant l'organisation d'un référendum du peuple sahraoui sous les auspices de l'ONU29.

 

L'Algérie soutient le Sahara occidental au nom des droits des peuples à l'autodétermination et l'inviolabilité des frontières coloniales. Sa position officielle est « qu'elle n'a pas de revendications territoriales sur le Sahara occidental, qu'elle n'est pas partie prenante dans le conflit qui oppose la RASD et le royaume du Maroc, et que son soutien aux indépendantistes sahraouis relève de ses principes d'aide à tous les peuples qui luttent pour la décolonisation de leur pays à travers le monde »30. L'Algérie réaffirme, à chaque attaque médiatique, qu'elle n'est pas concernée par le conflit et qu'elle se contente de soutenir les résolutions de l'ONU. Pour autant, Mohammed VI persiste dans ses déclarations : « la dernière résolution du Conseil de sécurité met particulièrement l’accent sur la dimension régionale de ce différend et souligne la responsabilité de l’Algérie en tant que partie concernée par ce litige ». Et ce malgré le fait que l'ONU n'a jamais considéré l'Algérie comme partie prenante du conflit31. Côté algérien, on considère que la stratégie de communication marocaine vise à faire croire que les revendications viennent d'ailleurs que du Sahara occidental. Selon Alger, en impliquant l'Algérie, le Maroc crée l'illusion que le peuple sahraoui adhère à son projet.

 

 

_ Position de l'ONU

En 1963, le Sahara occidental a été inscrit, à la demande du Maroc32,33, sur la liste des territoires non autonomes selon l'ONU, alors qu'il était encore une colonie espagnole. Le territoire a toujours conservé ce statut depuis. L'ONU est directement impliquée depuis 1988, lorsque le Maroc et le Polisario se sont mis d'accord pour la tenue d'un référendum d'auto-détermination, afin d'obtenir une issue pacifique au conflit. En 1991, l'ONU a obtenu un cessez-le feu entre les belligérants, selon un calendrier qui stipulait la tenue du référendum l'année suivante. À la suite de désaccords incessants sur la composition des listes électorales, ce référendum n'a pas encore eu lieu.

 

En avril 2007, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une nouvelle résolution (no 1754) qui engage les parties à négocier « en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara occidental »34. Ces négociations directes se déroulent depuis à Manhasset dans l'État de New York. Le 21 avril 2008, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU, Peter van Walsum déclare que l'indépendance du Sahara occidental, n'était, à ses yeux, pas « un objectif atteignable ». Il estime en effet qu'en l'absence de « pression sur le Maroc pour qu'il abandonne sa revendication de souveraineté », un « Sahara occidental indépendant n'était pas une proposition réaliste »35.

 

Le 30 avril 2008, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1813 qui renouvelle en substance le mandat de la MINURSO jusqu'au 30 avril 2009, réitère les principes fondamentaux énoncés lors des résolutions précédentes mais surtout « fait sienne la recommandation formulée dans le rapport selon laquelle il est indispensable que les parties fassent preuve de réalisme et d’un esprit de compromis afin de maintenir l’élan imprimé au processus de négociation »36. Ceci est un appel à l'acceptation par le Maroc d'organiser un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui comme il s'y était engagé en 198937,38. Le principal problème concernant le référendum est la composition du corps électoral : selon la FAO, la population du territoire était d'environ 80 000 habitants en 1975. Cependant, beaucoup d'entre eux étaient nomades depuis toujours et passaient librement sur des territoires maintenant sous souveraineté algérienne, marocaine, mauritanienne et malienne ; d'autre part, l'état civil de ces populations restaient élémentaires et il est très difficile de déterminer un lieu de naissance et une résidence fixes, informations indispensables pour constituer des listes électorales39.

 

 

_ Position de l'Union africaine

Pour l'Union africaine (ancienne Organisation de l'unité africaine), la RASD est un État membre avec toutes ses prérogatives. La décision de l'OUA d'accepter la RASD comme membre en 1982 a conduit le Maroc à quitter l'organisation en 1985. Le Maroc reste le seul pays africain non membre de l'UA pour sa non-adhésion à l'Uti possidetis (principe de l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation).

 

 

_ Position de la Ligue arabe

La Ligue arabe soutient explicitement l'intégrité territoriale du Maroc, et ne reconnaît ni le Polisario ni la RASD. Elle considère que le dossier du Sahara occidental relève de la compétence de l'ONU et soutient l'intégrité territoriale des pays arabes40. L'Algérie, pays membre de l'organisation, ne remet pas pour autant en cause son appartenance à la Ligue arabe, acceptant le principe de compétence de l'ONU sur la question.

 

 

_ Médiation de l'ONU

Après l'impasse des quatre rondes de négociations à Manhasset (États-Unis), l'agence de presse espagnole EFE a rapporté que les discussions « informelles » entre le gouvernement marocain et le Front Polisario ont débuté à Vienne, en présence de l'envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies, Christopher Ross, le lundi 10 août 200941.

 

 

_ Géographie

Le Sahara occidental est frontalier de l'Algérie sur 42 kilomètres, de la Mauritanie sur 1 561 kilomètres et du Maroc sur 443 kilomètres. Les zones de contrôle du Maroc et du Polisario sont séparées par un mur de sable, construit par les Marocains avec l'aide d'experts israéliens et américains42. La zone sous contrôle marocain se trouve à l'ouest du mur, la zone sous contrôle du Polisario à l'est. Le mur mesure plus de deux mille kilomètres de long et permet de bloquer les véhicules. Il est composé d'une série de barrières fait de deux remblais de sable de trois mètres de haut protégés par des champs de mines et de fortifications placées tous les cinq kilomètres43.

 

 

_ Réfugiés

Selon la direction générale de l'aide humanitaire (ECHO) de la commission européenne, 155 430 réfugiés sahraouis se trouvent dans les camps de Tindouf, en Algérie44. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en nourrit 90 00045. Le Maroc conteste ces chiffres, et un ancien membre du Front Polisario parle de 25 000 réfugiés46.

 

Les quatre principaux camps sont nommés El Aaiun, Awserd, Smara et Dakhla, d'après des villes du Sahara occidental. Les réfugiés, les rescapés parlent de prisonniers47, sont connus pour vivre dans des conditions inhumaines, en raison du traitement du Polisario48. Il existe également des communautés réfugiées en Mauritanie, aux îles Canaries, en Espagne métropolitaine et à Cuba[Informations douteuses] [?]

 

 

_ Économie

Les principales sources de revenu sont le pastoralisme, la pêche et l'extraction de phosphate, qui représentent plus de 60 % des exportations51,52. Les réserves de phosphate du Sahara occidental qui sont concentrées autour de Bou Craa sont importantes, ainsi selon l'USGS53, le Maroc (en incluant le Sahara occidental) détient les deuxièmes plus grandes réserves prouvées de phosphate du monde, avec 5 700 milliards de tonnes (Chine : 6 600), et les plus grandes réserves potentielles, avec 21 000 milliards de tonnes (Chine : 13 000). Cependant la mine de Bou Craa, ne représente que 7 % à 8 % de la production globale du Maroc et, selon les chiffres de l'International Fertilizer Development Center, 1,6 % de ses réserves54.

 

Les Espagnols auraient également découvert des dépôts de minerai de fer[réf. nécessaire].

Malgré la pluviosité minime, qui ne permettait pas de production agricole durable en dehors de quelques oasis où on pratiquait une agriculture de subsistance, la culture sous serre a connu un grand développement dans la région de Dakhla passant à plus de 450 ha fin 2009 avec une production de plus de 31 000 tonnes de primeurs ce qui permet des productions hors sol avec un grand rendement à l'hectare et une qualité gustative particulière, cette superficie atteindra 1 000 ha à l'horizon 2020 et l'augmentation de la production de ces cultures qui devrait passer à 76 000 tonnes en 2013 et à 116 000 tonnes en 202055.

 

Le commerce et l'activité économique sont contrôlés par le Maroc. Des sociétés marocaines du secteur énergétique ont signé en 2001 des contrats d'exploration de pétrole au large de la côte, ce qui a provoqué la colère du Front Polisario.

 

 

_ Transports

Le territoire dispose de 6 200 km de routes, dont 1 350 km sont goudronnées; ainsi il comporte une route qui longe la côte atlantique et qui représente une importante partie de la route nationale 1 (Maroc) qui relie Tanger à la frontière avec la Mauritanie. D'autres villes comme Smara, Aousserd et Gueltat Zemmour sont desservies56. Afin d'améliorer la jonction entre deux pôles économiques importants : El Marsa, dont le développement est centré sur le port et la ville de Laâyoune, métropole régionale, grand centre de main d’œuvre et de services, la voie rapide Laayoune - El Marsa (23 km) a été réalisée.

 

Il n'y a aucun chemin de fer au Sahara occidental. La région du Sahara dispose de ports dans les principales villes : Dakhla, Boujdour et Laâyoune57. La plus grande bande transporteuse du monde (96 km) transporte le phosphate des mines de Boukraa à la côte près de Laâyoune58.

Les villes de Laâyoune, Dakhla et Smara disposent d'aéroports les desservant :

. Aéroport international Laâyoune - Hassan 1er,

. Aéroport de Dakhla,

. Aéroport de Smara.

 

 

_ Monnaie

Deux monnaies sont utilisées, le dirham marocain (dans le cadre du Sahara marocain) et la peseta sahraouie (RASD)59,60 monnaie commémorative frappée occasionnellement et non utilisée dans les échanges commerciaux61

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sahara_occidental

 

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