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MODELE DE PAIX ET MODELE DE DEVELOPPEMENT QUELQUES REFERENCES AFRICAINES OU MONDIALES

RETROSPECTIVES


Publié le 05/02/2014 à 04:02:02
LIBERATION DU MALI : La France libère le Mali



« Quelle était la situation du Mali aux premiers jours de l’an dernier ? Depuis plusieurs mois, toute la moitié nord du pays était livrée aux groupes djihadistes (Aqmi, Mujao, Ansar Dine) qui y faisaient régner leur ordre, inspiré de l’idéologie d’Al Qaïda. Musique, tabac et alcool étaient strictement interdits. Les femmes cloîtrées chez elles. Au moins un couple adultère avait été lapidé à mort. Des tribunaux ordonnaient l’amputation des mains de voleurs. Des lieux saints de grande valeur artistique étaient détruits, parce qu’ils témoignaient de l’existence d’un islam traditionnel, moins sectaire. Les bandes armées régnaient sur la région, avec le cortège habituel de vols, viols et violences. Dans leur sanctuaire, les djihadistes stockaient des armes et préparaient à ciel ouvert des actions terroristes. Six otages français étaient détenus dans la région.

 

Dans le sud du Mali, la situation politique était désastreuse : le président élu, ATT, avait été renversé le 22 mars 2012 par un coup d’Etat militaire plutôt baroque et les nouveaux dirigeants du pays, autour du capitaine Sanogo dépassé par les événements, ne parvenaient pas à gouverner. Les militaires s’affrontaient les armes à la main, en fonction de la couleur de leur béret… Et ce Sud était directement menacé d’une opération militaire des groupes djihadistes du Nord, qui se préparaient à venir cueillir un pouvoir en lambeaux. Il y a un an, le Mali était un pays en pleine dérive. »


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1 - L’intervention au Mali, un succès pour la France

 

En un an, la situation a changé du tout au tout. Pour le meilleur. Les groupes djihadistes ont été empêchés d’envahir le Sud et ils ont pris des coups sévères

 

Les faits - Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a passé la nuit de la Saint-Sylvestre avec les soldats français encore déployés au Mali. Lancée le 11 janvier 2013 pour arrêter une offensive de djihadistes en direction de Bamako, l’opération Serval a presque un an. Le ministre a évoqué avec le président malien Ibrahim Boubacar Keïta le « renouvellement de la base légale de la coopération militaire entre la France et le Mali ». Il y a encore 2 500 soldats français au Mali mais leur nombre devrait être ramené « rapidement » à un millier d'hommes, qui conduiront des « actions de contre-terrorisme » et contribueront à la formation de l'armée malienne, explique le ministère.


« Etre lucide n’a jamais empêché d’être fier ». Comme le président François Hollande l’a rappelé, dans ses vœux du 31 décembre, il y a en effet tout lieu de l’être, fier, au moins quant à l’intervention militaire au Mali de 2013. Alors que le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian achève, ce jeudi, une tournée africaine, l’opération Serval fêtera son premier anniversaire le 11 janvier. Un simple regard en arrière, à peine douze mois, permet de mesurer le chemin parcouru.

 

Quelle était la situation du Mali aux premiers jours de l’an dernier ? Depuis plusieurs mois, toute la moitié nord du pays était livrée aux groupes djihadistes (Aqmi, Mujao, Ansar Dine) qui y faisaient régner leur ordre, inspiré de l’idéologie d’Al Qaïda. Musique, tabac et alcool étaient strictement interdits. Les femmes cloîtrées chez elles. Au moins un couple adultère avait été lapidé à mort. Des tribunaux ordonnaient l’amputation des mains de voleurs. Des lieux saints de grande valeur artistique étaient détruits, parce qu’ils témoignaient de l’existence d’un islam traditionnel, moins sectaire. Les bandes armées régnaient sur la région, avec le cortège habituel de vols, viols et violences. Dans leur sanctuaire, les djihadistes stockaient des armes et préparaient à ciel ouvert des actions terroristes. Six otages français étaient détenus dans la région.

 

Dans le sud du Mali, la situation politique était désastreuse : le président élu, ATT, avait été renversé le 22 mars 2012 par un coup d’Etat militaire plutôt baroque et les nouveaux dirigeants du pays, autour du capitaine Sanogo dépassé par les événements, ne parvenaient pas à gouverner. Les militaires s’affrontaient les armes à la main, en fonction de la couleur de leur béret… Et ce Sud était directement menacé d’une opération militaire des groupes djihadistes du Nord, qui se préparaient à venir cueillir un pouvoir en lambeaux. Il y a un an, le Mali était un pays en pleine dérive.


Aux premiers jours de 2014, la situation est radicalement différente, preuve qu’en Afrique aussi, le pire n’est pas toujours sûr. Les groupes djihadistes ont été empêchés d’envahir le Sud et ils ont pris des coups très sévères : plusieurs centaines de combattants ont été tués, leur sanctuaire détruit, leur capacité d’action sérieusement réduite. L’un de leurs principaux chefs, Abou Zeid, a été tué. Les pratiques sectaires (amputation, lapidation, etc.) ont cessé. La légalité a été rétablie et des élections démocratiques ont été organisées, permettant l’arrivée au pouvoir d’un nouveau président, Ibrahim Boubacar Keïta, dont la légitimité n’est pas contestée par ses opposants. La communauté internationale a promis une aide de plus trois milliards d’euros pour ce pays qui reste l’un des plus pauvres du monde.

 

Certes, des difficultés subsistent. La question de l’autonomie des populations du nord (Touaregs, Maures, Arabes, Peuls…) n’a toujours pas été réglée, mais elle se pose depuis cinquante ans. La construction d’une grande route désenclavant le nord pourrait constituer une partie de la solution. Des groupes terroristes continuent d’opérer – on l’a vu avec l’assassinat des deux journalistes de RFI - mais ils sont traqués de manière très pressante par les services de renseignement et les forces spéciales français. Ils prennent des coups très durs : dix-neuf morts en décembre.

 

Ce bilan positif est, pour l’essentiel, à mettre au crédit de la France. Préparée à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, l’intervention au Mali a été une priorité de l’action de François Hollande dès son élection, comme il l’annonçait durant l’été 2012. Chacun dans leur rôle, le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius et celui de la Défense Jean-Yves Le Drian ont conçu puis mis en œuvre cette politique. Les choses se sont accélérées dans la deuxième semaine de janvier 2013 lorsque le renseignement français a repéré les colonnes djihadistes – plusieurs centaines de véhicules –descendant vers le sud. Le vendredi 11 janvier, cinq heures après que l’Elysée a approuvé l’opération, les hélicoptères de combat ouvraient le feu… On connaît la suite. L’action de l’armée française a suscité l’admiration de tous les professionnels – en particulier des militaires américains et britanniques.

 

L’intervention au Mali n’est toutefois pas seulement un succès français. Africains, Européens et Américains ont été entraînés dans le sillage de Paris. En quelques jours, une dizaine de pays africains de la région ont ainsi accepté de fournir des contingents militaires pour contribuer à la sécurisation du Mali. Les Tchadiens, excellents soldats, ont combattu aux côtés des Français dans les batailles des Ifoghas. Regroupés au sein de la Minusma, une force des Nations Unies commandée par un général rwandais, ces Africains sont aujourd’hui environ 6 000. L’ONU avait promis 12 000 hommes : on en est loin, mais les contingents africains sont très sollicités ailleurs, par exemple en Somalie ou désormais en Centrafrique.

 

Contrairement à l’idée d’une France seule, Européens et Américains ont appuyé l’opération Serval en fournissant les moyens militaires qui faisaient défaut à nos armées (transport, ravitaillement en vol, renseignement) : ainsi, près d’un tiers du transport aérien a été assuré par nos alliés. L’Union européenne a rapidement mis en place une mission de formation de l’armée malienne (EUTM-Mali), dont le quatrième bataillon, sur les huit prévus, est actuellement entre les mains d’instructeurs venus de toute l’Europe. Enfin, les Pays-Bas fournissent des moyens importants – dont des hélicoptères Apache et des forces spéciales – à la force des Nations Unies au Mali.

 

2 500 militaires français sont toujours présents dans le pays, moitié moins qu’au moment le plus dur de la guerre. Le désengagement n’a pas été aussi rapide que François Hollande l’avait initialement promis, parlant de 1 000 hommes début janvier. Le ministre de la Défense évoque désormais « le printemps » pour atteindre ce chiffre.

En 2013, l’opération Serval coûtera environ 650 millions – soit à peine 2 % du budget de la Défense. Sept militaires français y sont morts.

 

Le 20 janvier, un accord de défense sera signé entre la France et le Mali : il donnera un cadre juridique stable à la présence militaire française, notamment une grande liberté d’action dans la traque contre les groupes terroristes. Cet accord s’inscrit dans une réorganisation du dispositif française au Sahel, où, à terme, près de 3 000 hommes devraient rester présents (Mali, Tchad, Niger, Sénégal, Mauritanie, Burkina…). Des annonces devraient intervenir dans les prochaines semaines. D’une logique de coopération par Etat, l’idée générale est celle d’une approche plus régionale, où les forces basées dans un pays peuvent intervenir chez le voisin – ce qui se pratique déjà. Une sorte d’Africom, le commandement américain pour l’Afrique, à la française.

 

Publié le mercredi 01 janvier 2014

 

Par Jean-Dominique Merchet, Journaliste

 

http://www.lopinion.fr/1-janvier-2014/l-intervention-mali-succes-france-7729



 

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 2 - Mali et Centrafrique: la France revient en force en Afrique

 

Avec deux opérations militaires majeures en 2013 au Mali et en Centrafrique, la France est revenue en force en Afrique, où elle rencontre d’importantes difficultés, notamment en RCA, et réorganise son dispositif pour renforcer sa présence et l’inscrire dans la durée.

 

Satisfaction au Mali, doute en Centrafrique. Lors de sa récente tournée africaine, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian s’est félicité du travail accompli au Mali, un an après le début de l’opération Serval, lancée le 11 janvier 2013. Le pays a été «libéré» des jihadistes qui contrôlaient le nord du pays et le «succès» français «est reconnu unanimement sur la scène internationale», s’est-il réjoui à Bamako.

 

Changement de ton à Bangui, où il s’agissait surtout de booster le moral des troupes empêtrées dans le bourbier centrafricain : «J’entends dire que cette mission est dure. Mais est-ce que, parce qu’elle est dure, la France n’aurait pas sa place ?».

 

Un mois après le début de l’opération Sangaris, les violences se poursuivent à Bangui, le désarmement des milices n’a fait que commencer et les 1.600 soldats français engagés ne semblent pas en mesure de contrôler la situation.

 

Au total, près de 7.000 soldats français ont été déployés en quelques mois au Mali et en RCA. Objectifs affichés : lutter contre le «terrorisme» au Sahel et rétablir un minimum de stabilité en Centrafrique. Des interventions à la fois sécuritaires et humanitaires, avec l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU.

 

«On a la coïncidence de deux opérations lourdes, mais ce n’est pas un changement de ligne. Ce sont deux interventions dont la France se serait volontiers passé», souligne Bruno Tertrais, de la Fondation de la recherche stratégique.



La France, «gendarme malgré elle»

Après une tentative pour alléger le dispositif français sous Nicolas Sarkozy, l’Afrique est à nouveau considérée comme une priorité stratégique pour Paris. «Globalement, on peut dire qu’aujourd’hui, et c’est déjà le cas depuis pas mal de temps, la France intervient de manière contrainte et se trouve être le gendarme malgré elle en Afrique», poursuit Bruno Tertrais.

Les forces françaises interviennent dans l’urgence pour pallier l’incapacité des Etats africains et de leurs armées à assurer la stabilité. Un vide sécuritaire au coeur de l’Afrique menaçant, selon Paris, la sécurité de la France et plus globalement de l’Europe.

 

Avec plus de 5.000 hommes stationnés en permanence en Afrique, la France dispose d’un outil unique qui lui permet d’agir vite. Un dispositif organisé autour de deux pôles principaux, Libreville à l’ouest (940 hommes) et Djibouti à l’est (2.000), avec des bases au Tchad (950), au Sénégal (350) et en Côte d’Ivoire (450). Sans oublier les Forces spéciales - stationnées notamment au Niger, d’où opèreront les drones Reaper récemment acquis aux Etats-Unis -, qui ont montré leur efficacité lors de l’intervention au Mali.

 

La réduction du contingent français dans ce pays, de 2.500 hommes actuellement à un millier au printemps, contraint Paris à adapter son dispositif. D’autant que la France est, selon un proche du ministre, engagée pour des années au Sahel et que l’armée ne peut pas être partout en période de difficultés budgétaires.

 

Paris veut en particulier «pérenniser» sa relation de défense avec le Mali et Jean-Yves Le Drian doit signer un accord en ce sens le 19 ou le 20 janvier à Bamako.

«Nous sommes en phase de réorganisation, de régionalisation de notre présence dans cette partie de l’Afrique. Et dans cette réorganisation, la plateforme de N’Djamena aura un rôle central, parce qu’il nous faut anticiper, dissuader les menaces qui pèsent sur cette région», a déclaré le ministre français vendredi au Tchad.

 

Le but est de rapprocher le dispositif français de la zone où la menace jihadiste est la plus forte, la bande sahélienne, en développant notamment des points d’appui dans le nord du Tchad et du Niger.

 

Paris compte en outre sur une forte implication de ses alliés africains. D’autant que ses partenaires européens ne se bousculent pas pour lui venir en aide quand il s’agit d’envoyer des troupes. L’un des effets pervers de l’interventionnisme français en Afrique étant, selon un spécialiste, d’accréditer l’idée selon laquelle «de toute façon, la France sera là».

 

AFP/  7 janvier 2014

 

http://www.liberation.fr/monde/2014/01/07/mali-et-centrafrique-la-france-revient-en-force-en-afrique_971077


 

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