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SCIENCE, TECHNOLOGIE ET DEVELOPPEMENT


Publié le 24/05/2014 à 01:19:29
RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET TECHNOLOGIQUE/ INNOVATION : l’ouverture des données publiques est en marche




« Prônée depuis quelques années maintenant, l’ouverture des données publiques est en marche. L’open data fait partie de « l’Agenda digital » de Neelie Kroes, Commissaire européenne à la Société numérique. Le but ? Générer quelques 40 milliards d’euros par an et faciliter la recherche et l’innovation. Grâce au partage des données publiques, les secteurs de l’internet, des transports, de l’énergie, de l’environnement ou encore de la santé devraient connaître une véritable révolution. »

 

  

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_ Open data : la nouvelle révolution scientifique ?

  

Prônée depuis quelques années maintenant, l’ouverture des données publiques est en marche. L’open data fait partie de « l’Agenda digital » de Neelie Kroes, Commissaire européenne à la Société numérique. Le but ? Générer quelques 40 milliards d’euros par an et faciliter la recherche et l’innovation. Grâce au partage des données publiques, les secteurs de l’internet, des transports, de l’énergie, de l’environnement ou encore de la santé devraient connaître une véritable révolution.

 

 


Une mine d’or

L’open data concerne toute les informations que les pouvoirs publics produisent, collectent ou financent. Font partie de l’open data : les informations statistiques, géographiques ou climatiques, les résultats des projets de recherche financés par des fonds publics ainsi que les livres numérisés détenus par les bibliothèques nationales. A l’heure actuelle, la Commission européenne, mais aussi des pays comme le Royaume-Uni ou la France et des régions comme la Catalogne, se sont lancés dans l’aventure open data, ouvrant donc à leurs citoyens leurs informations publiques. D’un point de vue strictement démocratique, les avancées sont patentes. Il s’agit par exemple d’un nouvel outil permettant, du moins à ceux qui prennent le temps de chercher, d’évaluer l’utilisation des deniers publics par les autorités.

 

D’un point de vue économique, les potentialités sont également très importantes. Tel qu'il est présenté, l’open data doit être une mine d’or pour l’économie, facilitant et allégeant les coûts de la recherche et de l’innovation. Et les développeurs d’applications pour Smartphones ne sont pas les seuls à avoir à y gagner. Par exemple, ces derniers pourront en effet créer des outils encore plus précis pour organiser les transports urbains, notamment pour les personnes à mobilité réduite. Mais d’autres domaines devraient également bénéficier de l’open data. Avoir accès aux statistiques environnementales et de consommation énergétique contribuera notamment à la lutte contre le changement climatique et à la promotion de la transition écologique. De même que mettre en commun toutes les informations disponibles concernant la lutte contre le cancer aidera sans aucun doute les chercheurs à obtenir des résultats plus rapides et probants.

 En bref, la société européenne dans son intégralité cherche à se mettre à l’heure de l’open data. 40 milliards d’euros par an sont en jeu. Les entreprises comme les universités ont comme intérêt commun de participer à l’ouverture des données publiques et à les utiliser pour accroître leur savoir et alléger leurs coûts d’accès aux informations

 

 


Vers la e-science

Comme le rappelle Robbert Dijkgraaf, professeur de physique mathématique à l’Université d’Amsterdam et de Princeton, au XVIIe siècle, « la science était en accès libre et les informations voyageaient dans le monde par le biais des universités. L’open data du XXIe siècle est donc un moyen de réinventer notre passé grâce aux nouvelles technologies ».

 

Le fait est que nombre de chercheurs sont freinés par des difficultés d’accès à des données cruciales, soit parce qu’elles sont difficilement trouvables, soit parce que leur coût est prohibitif. Il en va de même pour de nombreuses petites et moyennes entreprises dont le développement est entravé par ce manque d’accès à des données publiques. La politique de l’open data doit résoudre ces problèmes.

L’open data a pour vocation de permettre le libre accès aux publications scientifiques, au stade le plus précoce possible, ainsi que l’utilisation et la réutilisation des résultats des recherches. Le libre accès aux données scientifiques doit réduire la duplication des efforts, limiter le temps passé à la recherche d’informations et faciliter le progrès scientifique par la coopération des chercheurs européens.

 

Par voie de conséquence, « la qualité, la pertinence, l’acceptabilité et la durabilité de l’innovation » seront accrus, estime la Commission européenne. En un mot comme en mille, l’Europe cherche à mettre en place la « e-science ». La recherche scientifique actuelle ne peut se passer d’internet et cherche à bénéficier de l’apport de nouvelles technologies.

 En outre, du point de vue de la conservation des données, l’open data apparaît également comme une solution. L’accroissement des produits de la recherche est tel que les bibliothèques nationales, chargées de cette conservation, ne peuvent faire l’économie de la numérisation. Dans ce processus, il importe de créer de nouvelles « (e)infrastructures » pour assurer la conservation des données scientifiques sur le long terme ainsi que pour faciliter leur interconnexion au sein de l’Union européenne.


  



Les portails open data ne suffiront pas

L’argumentaire en faveur de l’open data est donc rodé, et fondé. S’il est toujours possible de contester les chiffres de gains estimés, il est plus difficile de contester l’apport scientifique potentiel. Du point de vue de la recherche médicale seule, partager d’innombrables données statistiques sur le cancer ou les maladies cardiovasculaires, venant de nombreux Etats, européens ou non, pourrait faire progresser la science de manière tout à fait spectaculaire.

Cet avis de la Commission européenne est en tout cas partagé par Harold Varmus, directeur de l’Institut National du Cancer américain, et Prix Nobel de médecine en 1989. « Les progrès accomplis par les différents centres de recherche ne peuvent porter leur fruit que si les médecins et les infirmiers du monde entier peuvent en profiter »

 

Toutefois, cette stratégie n’en n’est encore qu’à ses balbutiements. Projet louable, et concrètement lancé par des portails centralisant les données publiques, la politique de l’open data souffre encore de problèmes juridiques et d’une trop faible communication. Comme dans beaucoup d’autres domaines, pour que la politique de l’open data soit efficace, cela suggère une harmonisation des législations européennes. Le Royaume-Uni et la France peuvent être considérés comme des pionniers en la matière mais le risque d’écarts entre les pays est grand. La raison d’être de l’open data est de traverser les frontières, tant pour les perspectives économiques que pour la recherche.

 

Par ailleurs, l’open data pose de sérieuses questions en ce qui concerne la protection des données privées, la propriété intellectuelle et la sécurité nationale. Sans cadre législatif précis et partagé par l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne, ces principes risquent d’entrer en conflit avec la politique de l’open data, pouvant alimenter la méfiance des pouvoirs publics ou des fournisseurs d’informations. En l’état actuel des choses, la Commission se borne à rappeler que toute donnée publique a vocation à être diffusée, utilisée et réutilisée librement. Les contribuables sont en effet la première source de financement pour les projets de recherche européens et il est donc logique que ces derniers puissent bénéficier des résultats obtenus.

 

Enfin, et tous les observateurs s’accordent sur ce point, la communication et la promotion de l’open data doivent être améliorées. Assez largement, l’open data est méconnu. De nombreuses entreprises dont l’activité pourrait bénéficier de l’open data ignorent ses possibilités. De plus, les universitaires devraient être incités à mettre les fruits de leurs travaux dans le domaine public et à partager leurs recherches et résultats. Cela pourrait par exemple être pris en compte dans leur avancement au sein de leur université. L’open data est un projet nouveau, à la pointe de la technologie, qui doit être explicité et défendu tant auprès des premiers intéressés, que sont les chercheurs et les entreprises, que du plus grand nombre.

 

En bref, l’open data présente d’innombrables potentialités, qu’elles soient démocratiques ou économiques. L’Union européenne, tout comme certains pays membres, se sont résolument lancés sur cette voie. Certains domaines comme l’environnement, la santé ou l’économie liée à l’internet ont énormément à gagner de l’open data, pouvant entrainer de substantiels gains en termes de croissance et d’emploi. Toutefois, pour que l’open data soit une réalité en Europe, il faudra une nouvelle fois dépasser les frontières, promouvoir la coopération ainsi que l’harmonisation des législations.

 

Par Jules Lastennet/ Vendredi 12 avril 2013

 

http://www.nouvelle-europe.eu/open-data-la-nouvelle-revolution-scientifique


 


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Avis des internautes

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